05/07/2010 à 13h36

La Vélorution, défilé bobo ou vrai choix de société ?

Arnaud Paillard | Etudiant


Le week-end dernier avait lieu dans la capitale la « Vélorution universelle », premier événement du genre. « Encore une manif de bobos écolos qui vivent dans leur bulle et pensent que Paris leur appartient exclusivement », peut-on lire parmi les commentaires sur les sites qui publient des reportages.

Dans les rayons des manifestants, en réalité, bien peu d'habitants de la capitale et beaucoup de provinciaux, ou militants venus d'Espagne et d'Italie. Peu de jean slim et beaucoup d'adeptes de la décroissance.

L'idée de ce défilé était d'arriver à créer une « masse critique » face au cortège automobile.

« Masse critique », kesako ? Lors de ce type de manifs importées des Etats-Unis, les cyclistes espèrent être assez nombreux pour faire masse, exister, créer un groupe suffisamment imposant pour être pris en compte dans l'espace urbain où la norme est l'automobile.

Se montrer pour exister

Ce mouvement organisé s'apparente à l'idée anglo-saxonne de « pride ». Oui oui, comme une « gay pride »... Cela semblerait donner raison aux piétons qui saluaient le cortège par de bruyants « Allez les pédales ! ».


Un militant Vélorution interpelle un chauffeur de bus (Arnaud Paillard)

Dans le modèle communautaire américain, un groupe qui s'estime floué ou mal compris fait de sa visibilité dans l'espace public un enjeu fondamental. Se montrer permet alors d'exister. D'après, Philippe Colomb, le président de la Vélorution en Ile-de-France :

« Il est difficile en France de demander aux gens de manifester sans une cause, sans revendication. Samedi, l'idée, c'était simplement de dire qu'on existe, qu'on est nombreux, et qu'on est là. »

Et il faut bien avouer qu'on ne pouvait pas les louper : près de 2 000 cyclistes qui défilent en braillant des refrains souvent antibagnoles (« C'est la fin du pétrole ! C'est la fin de la bagnole ! »), parfois anticapitalistes (« La croissance c'est la pollution, la décroissance : la solution »), et au second degré (entendu rue du Bac : « Les riches, à vélo, on brûlera les socialos ! »), ça ne passe pas inaperçu.

Ambiance décroissance

Malgré les affirmations des organisateurs, l'ambiance était bien à la décroissance revendiquée, dont le vélo est un des symboles les plus forts. Certains participants profitaient des arrêts du cortège pour ouvrir des panneaux publicitaires et y écrire des slogans antipub, comme « Halte à la pubtréfaction des villes ! ».

Toujours d'après Philippe Colomb :

« Pour faire venir les gens, on a activé des réseaux, donc on a fait venir des gens assez militants à la base. »

Même si elle était déclarée en préfecture, la manifestation était largement autogérée, en accord avec l'idée d'autonomie véhiculée par la pensée libertaire et des face-à-face un peu musclés. A chaque gros carrefour, les vélos en tête du groupe se plaçaient devant les automobiles, leur interdisant tout mouvement sauf à volontairement écraser un cycliste.

Certains conducteurs tentaient tout de même de forcer le passage : au point culminant du parcours, sur la place de l'Etoile, un taxi a essayé de pousser doucement une cycliste pour la mettre à terre. Sur les Champs-Elysées, deux motards sont descendus de leur scooter avec la volonté manifeste de coller leur poing dans la figure de ceux qui les bloquaient, mais ont été neutralisés par les autres manifestants.

Jérôme Desquilbet, un ancien de la Vélorution parisienne, avait beau dire que « tout le monde avait la banane », la tension avec les badauds était palpable : pour beaucoup, les cyclistes étaient là simplement pour emmerder le monde, pas pour le changer.

Le vélo, un choix de société


Une jaguar entourée de militants de la Vélorution (Arnaud Paillard)

La pratique du vélo souffre en France d'un déficit d'image : le loisir lui colle aux rayons et empêche que soit reconnu son caractère utilitaire. De plus, comme le remarquait un participant venu de Grenoble, Ben Manzein, responsable d'une association de réinsertion par la formation à la mécanique cycliste :

« La voiture reste un marqueur social important pour les classes les moins aisées. Quand on a l'impression d'être dévalorisé dans la vie quotidienne, un des moyens d'exister passe par la possession d'une automobile. »

Quand le refus de la voiture devient un choix, on se fait un peu trop rapidement coller l'étiquette de « bobo ». Pourtant, cette Vélorution était surtout l'occasion de remettre en question nos modes de vi(ll)e ; l'occasion de montrer, qu'en un jour, on peut faire une ville différente.

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  • Peach78
    • Posté à 14h18 le 05/07/2010

    Article qui met largement l'accent sur les « confrontations », les tensions, les divisions entre les gens, les slogans les plus « politiques », etc.

    Participante de cette Vélorution, ça ne correspond pas tellement à ce que j'ai vécu mais ça dépend peut-être de l'endroit où j'étais située dans le cortège.

    Il est clair que le cortège rassemblait pas mal de militants, mais l'ambiance que j'ai vécue était plus joyeuse que revendicatrice.

    Les slogans entendus de mon côté était :
    « Une seule solution, la Vélorution ! »
    « Libérez les piétons enfermés dans les voitures ! »
    « On avance, on avance, on n'a pas besoin d'essence ! » et un qui m'a fait beaucoup rire
    « Ya bientôt plus de pétrole, préparez vos guibolles ! »

    Les réactions des passants, dans la très grande majorité, c'était des sourires, de l'étonnement, voire des rires, de la stupéfaction (surtout les enfants).

    Sur 4 heures de cortège, au niveau des tensions aux carrefours avec les « motorisés », j'ai vu un scooter qui a voulu rentrer dans un cycliste, un conducteur de camion qui remontait dans sa cabine en insultant, et deux autres moments de tension avec des cyclistes et des automobilistes qui se toisaient du regard et avec des « explications » vives.

    Il y a eu aussi des conducteurs de scooter qui rigolaient, et des automobilistes (sur la voie de gauche vers République) qui klaxonnaient (en mode coupe du monde de foot).

    Les sourires des uns et des autres, c'était l'écrasante majorité des visages, en tout cas de ce que j'en ai vu !

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 14h24 le 05/07/2010
    • Journaliste
      journaliste, auteur

    Je serais pour un moratoire sur l'utilisation de l'adjectif « bobo ». D'autant plus que pour des banlieusards effectivement contraint à l'utilisation des voitures ( et encore : combien n'ont ont pas les moyens et prennent le RER ) , n voit aussi une flopée de voitures bien 75, 4/4 de préférence, avec une seule personne dedans.. quant aux livreurs exaspérés, chacun son tour : quotidiennement ils mettent les cyclistes en danger en prenant les pistes cyclables pour des parkings, ou en tournant à droite en ignorant royalement le cycliste qui vient de leur droite et va tout droit...

  • Silver974
    Silver974
    Revolté ! ! !
    • Posté à 14h44 le 05/07/2010
    • Internaute
      Revolté ! ! !

    Article amusant pourrait on dire ... en fait l'article en lui même ne pose aucune problématique, tout juste sert-il d'introduction au débat qui suivra dans les commentaires ...
    Alors, « Bobo or not Bobo ? »
    Selon moi, c'est effectivement un rassemblement plutôt bobo (terme que j'emplois, ici, avec une tres legere connotation péjorative ), avec quelques composantes idéalistes probablement.
    Le vélo au quotidien, pourquoi pas, mais pour qui, et pour quoi ?
    Si l'on est citadin, travaillant a proximité de son lieu de résidence, et résidant a proximité de nombres de « facilités » ( magasins, ecole, administrations, transports en commun ...), on peut raisonnablement envisager de substituer « la petite reine » a l'utilisation d'un véhicule motorisé, pour 70% des trajets usuels ...
    Cependant, si l'on est « moins aisé », que l'on vit en banlieu et que l'on a une famille nombreuse, la problématique se « corse » ... Qui fait les courses de la semaine pour 6 personnes, en vélo ? A moins me direz vous de louer un mulet probablement, encore ne faut il pas être pressé, éviter les surgelés,etc.
    Ensuite, envisageons les 25 ou 30 kms qui vous séparent du bureau, le temps pas toujours au rendez-vous (soleil, ou pluie, ds les deux cas vous êtes « humides » et peu agréable a fréquenter).
    Pensons également aux achats quelques peu volumineux, difficile a transporter ... La livraison me direz vous ... Bien sur, mais la ce n'est qu'hypocrisie ! ! ! JE ne pollue pas, certes, mais bon je ne fais que transposer le pb ! ! !
    On pourrait énumérer ainsi des centaines de cas ou le vélo n'est pas une alternative raisonnable aux véhicules polluant ...
    Ainsi, il semble plus évident qu'on glisse tranquillement vers une « lubie » de gens socialement aisés ( Disons plus aisé que la moyenne ) qui peuvent se permettre ce genre de fantaisie « journaliere » de par leur mode de vie, leur residence,etc.
    Ensuite, viens « décroissance », idée séduisante, mais elle aussi limité !
    Oui nous pouvons consommer moins, surtout plus intelligemment et sans gaspillage. Cette piste est a explorer. Cependant, proner la décroissance en avançant que nombre de biens de consommations modernes, sont inutiles, que l'on peut aisément s'en passer, souvent avec des raisonnements du type « avant cela n'existait pas et les gens ... », ça c'est puéril, ce n'est plus de la decroissance, c'est une regression ! !
    Oui « avant il n'y avait pas de ... et les gens était plus heureux » Stupide, passéiste, ridicule ...
    Pourquoi ne pqs se passer du « feu » par exemple, attendu que son bilan carbonne n'est pas terrible ... Bah oui, avant sa découverte, on vivait ! ! !
    Des raisonnements tel que celui-ci sont courant, et marque du sceau de la stupidité ceux qui le tiennent, individus « perdus », colportant une image idyllique et utopique d'un passé qui n'existe que ds leur imagination ...
    Bref, oui on peut faire des efforts et réduire ce qui peut l'etre, non on ne peut du jour au lendemain faire disparaitre ce qui reste un moteur de nos sociétés !

  • Arnaud Paillard
    Arnaud Paillard répond à Silver974
    Auteur(e) de l'article Etudiant
    • Posté à 15h11 le 05/07/2010
    • Internaute
      Etudiant

    Voilà enfin un vrai débat.
    Tout d'abord, oui cet article est une introduction au problème de la mobilité urbaine. En 4 000 caractères, voyez-vous, il est difficile d'englober l'ensemble d'un problème aussi vaste et complexe, sur lequel plusieurs thèses de fin d'études en sciences sociales pourraient être (et sont) écrites.
    Ensuite, pourquoi avancer systématiquement l'argument du « mais dans un monde sans voitures, comment vont faire les pompiers ? ». La voiture reste indispensable pour nombre de déplacements, professionnels ou particuliers. Ces manifestants son peut-être un peu idéalistes, mais pas stupides. Leur discours porte essentiellement sur la remise en cause du monopole automobile, qui contribue à l'étalement urbain et étouffe les formes alternatives de mobilité. L'étalement urbain, en retour, contribue à renforcer le monopole de la voiture : c'est un cercle vicieux, que ces manifestants essaient de briser par une réponse radicale : l'occupation plus ou moins sauvage (mais ponctuelle) de la voie publique.

    Ensuite, oui, il est vrai que la ville étalée telle qu'elle s'est développée en France laisse place à de grandes inégalités devant la mobilité : les ménages les plus modestes sont ceux qui sont relégués les plus loin des centres urbains (et donc des activités) rendant leur utilisation de la voiture au quotidien indispensable. Lors de mes entretiens avec les responsables de la vélorution, ils m'ont en effet parlé de leurs revendications pour une ville plus juste, où le cercle vicieux de la dépendance automobile est atténuée.
    Pour faire bref, ce mouvement, malgré des slogans peut-être un peu simpliste, (mais la simplicité n'est-elle pas l'essence même d'un slogan ? ) ne rejette pas toute forme de motorisation. Comment les personnes à mobilité réduite se déplaceraient-elles sinon ? Ce mouvement rejette les abus d'une société automobile et son utilisation pour des trajets qui pourraient être couverts par d'autres moyens (la photo de la jaguar sur les Champs Elysées est parlante à cet égard).
    Les solutions pour une mobilité moins polluante et moins dépendante à l'automobile existent, et passent par la complémentarité des moyens de transports. L'usage de l'automobile peut être considéré comme abusif, lorsqu'on voit, par exemple, que 50 à 54% des Français HABITANT EN VILLE déclarent utiliser exclusivement leur voiture pour leurs déplacements. (Vous pouvez lire les parutions de Jean-Pierre Orfeuil à ce sujet : « Pour une approche laïque de la mobilité », et « mobilités urbaines : l'âge des possibles », parues dans les carnets de l'info).

    Quant au débat sur la décroissance, je ne suis pas expert en ce domaine, je laisse le soin aux internautes d'y répondre.

  • Fanch35
    Fanch35
    Breton
    • Posté à 15h31 le 05/07/2010
    • Internaute
      Breton

    Je me souviens d'un scientifique (dont j'ai oublié le nom) qui s'est amusé à mesurer la vitesse moyenne d'un véhicule en France. Il arrive à une vitesse moyenne de... 7 km/h !

    Son calcul est assez simple. Il rappelle que la vitesse est un rapport d'une distance sur la durée mise pour la parcourir : vitesse = distance / durée.
    Rien de bien nouveau. Sauf qu'il inclue dans le diviseur « durée », le temps passé à travailler pour pouvoir s'offrir la voiture et son utilisation. Soit :
    - l'amortissement de la bagnole
    - l'essence, l'assurance, l'entretien, les PVs, les parkings, les péages...
    - au niveau collectif : construction et entretien des routes, coût de la police routière, coût direct et social des accidents... (que taxes sur l'essence et PVs sont loin de couvrir, la voiture est largement subventionnée en France)
    - coût de l'espace utilisé pour les routes et autres échangeurs géants, coûts de nuisances et de la pollution sur la santé, part du coût des forces armées qui sert à sécuriser les approvisionnements en pétrole (je ne suis pas sûr qu'il va jusque là, mais on peut extrapoler)

    Etc. Cela rapporté au salaire moyen. Il arrive à 7km/h, concluant que pour un ouvrier ou un employé, il est plus rentable de travailler moins et d'utiliser une partie de ce temps économisé à se déplacer en vélo, au moins deux fois plus rapide (et meilleur pour la santé).

    On peut contester les détails du calcul, mais il faut admettre qu'il éclaire un aspect important du problème : la voiture généralisée est un luxe, une aberration économique qui peut faire plaisir, mais n'a aucune justification pratique. Sans faire le calcul, on sait bien que les ménages populaires consacrent une part assez incroyable de leurs revenus à leur bagnole (pas loin du tiers ? ).

    Voyons le comme une chance incroyable : tout n'est pas fait, tout est à changer, il reste une marge de progression énorme pour améliorer nos vies.

  • Anartoka
    Anartoka
    (être humain)
    • Posté à 15h32 le 05/07/2010
    • Internaute
      (être humain)

    Dommage qu'Arnaud utilise le mot Bobo juste pour faire booster son article et plus dramatiquement laisser placer un « doute » sur la manifestation.

    Car au final, arnaud écrit très clairement dans son article que la vélorution n'est pas du tout « bobo » mais bien un mouvement politique qui propose une alternative aux déplacements. La vélorution revendique d'ailleurs la gratuité des transports en commun, soutien au sans papier, antipub....

    L'article, plutôt neutre manque d'un passage important, justement sur les personnes venant d'ailleurs. Nous, Lien sommes venu à vélo en dormant à la belle étoile. Plus de 250km en trois jours. Les copains Lillois, Angevins, Belges, etc sont aussi venu en vélo. Cela est aussi une formidable aventure humaine.

    Bref, une titre plus réaliste de la manifestation (et des manifestants la composant) aurait été : La Vélorution, défilé décroissant ou vrai choix de société ?

    Vivement l'année prochaine ! Où nous pouvons être deux fois plus si les Parisiens viennent !

  • Ninotchka960
    Ninotchka960
    étudiant en droit
    • Posté à 15h59 le 05/07/2010
    • Internaute
      étudiant en droit

    Je voudrais profiter de cet article pour signaler ma révolte. Je suis étudiante, j'ai des parents aisés qui m'aident à financer mes études. Pour autant, j'habite en banlieue parisienne et pas en plein coeur de Paris, même si, c'est sûr, la banlieue limitrophe c'est pas la blanlieue du RER A.
    Je prends le vélo tous les jours, le Vélib. 29 euros par an, je dois dépasser la demi heure gratuite peut être une fois tous les 3 mois, et avec les minutes bonus qu'on gagne en déposant le vélo en haut d'une côte, ça ne me coûte rien.
    Je ne suis pas comme la plupart des cylcistes : j'emprunte les pistes cyclables, je double pas par la droite, j'attends aux feux, je ne monte pas sur les trottoirs, je suis une vraie girouette et je surveille toujours ce qui se passe derrière moi. Le vélo, c'est super : je prends l'air, je vais plus vite qu'en bus, je fais de l'exercice, je pollue pas, mais c'est aussi stressant et fatiguant.
    Pourquoi ? Parce que personne ne nous respecte ! J'essaye de convaincre les gens de s'y mettre, mais ils sont souvent sceptiques et pour cause ! A Paris, faire du vélo, c'est être un emmerdeur apparemment ! Résultat, je me fais crier dessus, insultée, coursée par tout le monde :
    _ les bus ne sont pas contents qu'on soit dans les couloirs (alors que pourtant, c'est pour notre sécurité qu'on y est, et c'est le code de la route). Alors que c'est nous qui stationnons derrière le gros pot d'échappement, nous accrochons au vélo quand la masse d'air nous double, sommes obligés de nous déporter aux arrêts de bus alors que les voitures ne nous laissent même pas la place
    _ les voitures : UN METRE POUR DEPASSER EN VILLE, ça ils connaissent pas, les clignotants, connaissent pas, les queues de poisson ça oui, les coups de klaxon bien stressant (c'est INTERDIT en ville sauf danger immédiat) parce qu'on va pas assez vite... Du coup, on est relayé dans le caniveau où la roue peut riper, on doit piler, etc... Et quand on râle parce qu'on a eu peur, qu'on s'est fait mal ou autre, c'est nous qui sommes des emmerdeurs !
    _ les piétons : ils marchent sur les pistes cyclables et ne bougent pas même au son de la sonnette, s'attendent à ce qu'on freine à tout moment et nous passe devant sans considération alors qu'on est en pleine vitesse (les passages piétons ça existe) et le pire, les branleurs qui se permettent de faire des réflexions débiles (« vas y pousse », « une deux une deux », « tu peux le faire »... mais de quel droit ils interfèrent dans ma vie) sans parler des insultes parfois ignobles qui me mettent les larmes aux yeux (« t'as un gros cul tu vas le casser ton vélo », « ça te bousillera la chat.. » et j'en passe)
    Mais qu'est ce qu'on vous a fait ? Et franchement je vous épargne le reste. Pourquoi les vélib sont ils massacrés ? Pourquoi, alors que nous n'avons pas le confort de la voiture et avons le danger bien en face mais souhaitons gagner du temps, faire un peu de sport, être un peu écolo, quelque soit la raison, êtes vous tous aussi agressifs ?
    Je pense que si nous étions respectés, nous serions irréprochables sur les routes, inciterions les gens à changer leur comportement, et tout le monde y gagnerait !
    Partagez-vous mon sentiment ?

  • Ginette Bouzigue
    • Posté à 16h18 le 05/07/2010

    La vélorution n'est pas la panacée des revendicateurs parisiens et encore moins des bobos ! ! J'habite à Toulouse, je ne circule qu'en vélo. Nous sommes de plus en plus nombreux à le pratiquer et à le revendiquer. Faire du vélo est avant tout un plaisir, que ce soit pour filer sur les berges du Canal du Midi, aller au centre ville faire ses courses, rejoindre les potes pour l'apéro. Quelque soit le temps, je circule en vélo.
    Je rêve d'une ville sans moteurs à essence : voiture, moto, scooter, vespa, mobylette. Je sais, je rêve....

  • Comment peut on être Persan
    • Posté à 16h59 le 05/07/2010

    Merci pour cet article nuancé et qui fait place aux divergences sur un sujet qui divise bien plus qu'il ne rassemble. Nous sommes hélas trop souvent habitués à l'unanimisme de la bienpensance qui idéalise le vélo et diabolise l'auto.
    Delanoe et son équipe ont une lourde responsabilité dans l'image dégradée du vélo. Ils ont tellement outrancièrement diabolisé la voiture, dont tout un chacun ou presque a bien besoin notamment pour travailler , qu'ils ont créé un rejet des cyclistes. Et dans le même temsp encouragé la fraction la plus simplette d'entr'eux à des comportements provocateurs et arrogants qui les ont rendus odieux aux gens. En croyant le favoriser ils l'ont paradoxalement isolé dans une image négative de petits profiteurs snobs et parasites. Justement les bobos. En accolant dans la tête des gens vélo à bobo ils n'ont certainement pas rendu aux cyclistes le service qu'ils imaginaient.

  • VinceDeg
    • Posté à 20h33 le 05/07/2010
    • Internaute

    J'ai du mal à comprendre les ayatolahs de la voiture pour la ville. Le truc, c'est que le vélo cumule quand même beaucoup d'avantages pratiques. Perso, reprendre les transports en commun ou la bagnole, ça me ferait bien chier. Et encore perso, j'ai mon permis, mais la voiture en ville me stresse énormément, je n'y vois aucun plaisir, plutôt l'impression d'être emprisonné dans une boite de conserve (à la campagne, par contre, avec de la bonne musique, ça passe bien). Enfin, y'à aucun intérêt à supprimer complètement la voiture, mais sa place pourrait énormément régresser sans problème.

    Les avantages du vélo en ville :
    - c'est rapide
    - ça coûte pas cher
    - on dépend de rien ni de personne à toute heure du jour et de la nuit, pas d'horaires
    - pas de problème de stationnement, du vrai porte à porte
    - c'est rigolo, on se fait pas chier en allant au boulot, ça met de bonne humeur
    - ça donne un sentiment de liberté
    - ça fait faire un peu de sport
    - on peut encore rouler bourré
    - on va moins vite, on maitrise quand même mieux ce qu'on fait et on a une meilleure vision panoramique

  • troch
    • Posté à 22h30 le 05/07/2010
    • Internaute

    hello
    ça fait 15 ans que je fais du vélo à Paris. J'ai une femme qui a horreur du vélo deux enfants scolarisés dans le 11ème. Oui je suis peut etre catégorisé dans le rang des bobos. J'ai une voiture aussi (achetée au deuxième enfant et utilisée pour sortir de paris). Je travaille dans tout Paris et franchement, entre me taper les odeurs de sueurs, les emmerdes du rer, du métro, ou les bouchons et les problèmes de place de parking, pour aller à la défense ou ailleurs, je préfère de loin être sur mon vélo qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il vente (je ne prends pas le vélo à cause de pluie trop violente maximum 10 jours par an).
    Par contre, je suis révolté que les quais sur seine et leur point de vue magnifique sur la tour eiffel ne soient réservés qu'aux bagnoles 11 mois sur 12, que l'axe la défense - centre de paris ne soit abordable qu'en voitures et pas du tout aux cyclistes (aussi beaucoup aux RERistes et aux metroïstes - mais à quel prix).
    Et enfin, j'ai travaillé à rueil malmaison, à joinville le pont ... et à chaque fois, ça a été une galère d'embarquer mon vélo dans le rer ou le train pour m'y rendre alors qu'il serait tellement plus simple de mettre en place une intermobilité train+vélo pour faciliter les déplacements. Donc aujourd'hui quand 90 % de mes collègues qui viennent de paris ou de banlieue prennent leur voiture, je comprends mais dommage pour eux de perdre tant de temps dans les bouchons.
    Par contre, en tant que parisien d'adoption, je regrette les nuisances sonores dégagées par tous ces deux roues.

  • Silver974
    Silver974
    Revolté ! ! !
    • Posté à 06h32 le 06/07/2010
    • Internaute
      Revolté ! ! !

    Le probleme dans ce débat est que l'on voit émerger une forme de manichéisme, de totalitarisme. On est « pour le vélo » ou bien « pour l'automobile » ...
    Le tout vélo est une utopie, pour de multiples raisons déja évoquées dans les commentaires. A moins de souhaiter une régression significative, l'utilisation d'une « force motrice mécanique » est un impératif.
    Substituer le vélo a l'automobile lorsque cela est raisonnablement possible, Oui, essayer de consommer raisonnablement et local lorsque c'est possible, encore Oui, imposer le vélo a tous, une forme de conso ou un mode de vie, Non, parce que la on franchit allegrement la ligne rouge du totalitarisme !
    Le vélo, de par ses insuffisances, n'est pas La Solution, tout au plus un moyen de freiner ou de limiter le probleme.
    Le vrai probleme, est quels véhicules pour demain, quelle(s) source(s) d'énergie pour alimenter nos sociétés, quelle organisation ?
    Alors, le vélo, me direz vous ? Pourquoi pas lorsque c'est possible, mais cela reste « de la poudre aux yeux », ou « un pansement sur une jambe de bois », le réel souci demeure, trouver une alternative durable et viable au pétrole ...