19/06/2010 à 13h53

Ruches dans la ville : « Ça ne se gère pas comme des lapins »

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

La disparition des abeilles est prise très au sérieux par les apiculteurs, les défenseurs de la biodiversité et tous ceux qui ont la fibre verte. En ville, on voit fleurir des ruches privées un peu partout, une forme d’« action écologique directe ». Comme chez Martine et Gérard, à Vitry, dans le Val-de-Marne.

Le couple pourrait bien faire des émules : il devrait y avoir du monde ce samedi aux journées Apidays, où apiculteurs amateurs et professionnels montreront aux curieux comment on prend soin des abeilles, ces insectes qui pollinisent 80% des fleurs et des fruits. Et dont dépend rien de moins que notre survie sur Terre.

L’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) a établi des constats alarmants :

  • deux tiers des pollens ont disparu en cinquante ans
  • 350 000 ruches ont été supprimées en dix ans
  • 1 000 apiculteurs cessent leur activité chaque année

« On ne gère pas un rucher comme des lapins »

Alors, chacun chez soi, des citadins participent au repeuplement du cheptel. A la tête d’un rucher-école dans le Val-de-Marne, Felix Gil prévient les candidats -nombreux- à l’accueil d’une ruche à la maison :

« Ce n’est pas si évident que ça, qu’on ne gère pas un rucher comme des lapins. »

Deux jeunes passionnés, Stéphane Bazin et Guillaume Charlot, ont monté voici deux ans leur association, « L’abeille du Grand Paris », qu’on peut contacter pour parfaire ses connaissances. Le premier est jardinier et le second, après une formation en électronique, s’est fait embaucher à l’Unaf fort d’un diplôme obtenu au rucher du jardin du Luxembourg. Il s’occupe aussi de la revue des apiculteurs.

A la dizaine de jardins privés de la banlieue Sud de Paris où ils ont installé des ruches, ils consacrent la moitié de leurs week-ends, histoire d’essaimer les bonnes pratiques. Où l’on apprend qu’il vaut mieux être à deux pour manipuler la ruche... et comment enlever un dard une fois qu’on a été piqué. (Voir la vidéo)

Toutes ces actions sont basées sur le bénévolat, et la structure se fait connaître uniquement par le bouche à oreille... jusqu’au jour où ils deviendront professionnels.

En prélevant 90% de la récolte de leurs protégés, ils rentrent déjà dans leurs frais. Ceux qui prêtent leur jardin gardent environ huit pots (500 grammes) à déguster par récolte, puisqu’une ruche produit en moyenne 30 à 45 kilos de miel chaque année.

« Il faut faire sa sauce à soi, observer et comprendre l’abeille »

Guillaume passe son temps à expliquer qu’« entre la théorie et la pratique, il faut faire sa sauce à soi, et ça veut dire observer l’abeille, la comprendre. »

Pour Martine et Gérard, retraités, prendre des abeilles en pension était presque naturel, après « deux tortues, un chien, des oiseaux, un chat sauvage, des coccinelles ».

En plus des cerises du jardin qu’ils mettent en pot, manger leur propre miel leur fait du bien. Et puis, il a ce goût multi-fleurs très fin et savoureux, typique du miel urbain : les abeilles des villes ont cette chance de butiner à une plus grande variété de fleurs encore qu’à la campagne.

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  • onestpasdesveaux
    onestpasdesveaux
    femme en colère
    • Posté à 14h06 le 19/06/2010
    • Internaute 116859
      femme en colère

    Est-ce que ça ne pose pas un problème avec les voisins dans les lotissements ? ayant un jardin 100% bio avec une très grande bio-diversité j’aimerais bien avoir une ruche en dépôt mais je doute vraiment très fort que cela soit apprécié dans le voisinage qui ne partage pas vraiment les mêmes convictions

  • Luc86
    Luc86 répond à onestpasdesveaux
    retaité
    • Posté à 16h45 le 19/06/2010
    • Internaute 36894
      retaité

    Petits « trucs » en tant qu’apiculteur amateur depuis + de 20 ans.Vis à vis des activités humaines, l’abeille ne supporte pas : 1 - d’être dérangée quand le temps est venteux, quand il pleut, qu’il y a de l’orage, quand il fait « froid » ;
    2- elles ne supportent pas non plus le bruit des tondeuses à gazon, débroussailleuses, enfin tous les « moteurs thermiques ». Donc en zone pavillonnaire vous risquez courir à la « catastrophe ». Et croyez moi 2 ou 300, voire plus, abeilles en colère, il ne vaut pas mieux être en face. Bien que protégé par une combinaison complète j’en ai fait une fois l’expérience, et malgré la protection et une « fuite » rapide j’ai été criblé par ces gentilles mouches. Ce ne sont pas comme on a tendance à le croire des insectes dociles que l’on peut manipuler n’importe quand et comment. Attention donc, certains sont allergiques au piqures qui peuvent dans quelques cas rares entrainer un oedème au niveau de la trachée , entrainant en 20 à 30 mn la mort par étouffement.Evitez donc les zones pavillonnaires et souscrivez auprès de l’UNAF une assurance pour chaque ruche. Cotisation très modeste.
    Trouvez dans un premier temps un « Vieil Apiculteur » comme mentor ou inscrivez vous dans un rucher école. Après cela renseignez vous si dans votre propre entourage, voire la mairie, il est possible d’avoir un emplacement pour y mettre vos ruches. Quelquefois sur les terrains communaux, loin des habitations, la mairie peut vous autoriser à installer un petit rucher. Vus les problèmes rencontrés sur le plan « sanitaire » démarrez par au moins 2 ruches, et demandez conseils pour les différents traitements contre le varroa qui sévit toujours, et contre ce nouveau danger qu’est le frelon asiatique (pose d’entrées de ruches permettant le passage des abeilles mais interdisant celui ci aux frelons qui sont plus gros)
    Bon courage, il vous faudra vaincre les premières fois cette « peur » quand tout tourbillonne autour de soi quand on ouvre les ruches, mais en travaillant avec des gestes précis et dans le calme tout se passe bien. Et puis quel régal quand vous dégustez votre première récolte. C’est la meilleure de toutes.
    Allez, n’oubliez pas de nous raconter vos premières armes.

  • Lupus Michaelis
    Lupus Michaelis
    Instantiation en cours...
    • Posté à 17h07 le 19/06/2010
    • Internaute 38642
      Instantiation en cours...

    « [les] abeilles, ces insectes qui pollinisent 80% des fleurs et des fruits. Et dont dépend rien de moins que notre survie sur Terre. »

    Une erreur et une idée reçue. Les fruits ne peuvent être polénisés, puisqu’issus des fleurs polénisées.

    Mais surtout, notre survie n’en dépend pas. Les contre-exemple évident sont les Esquimaux (ou les Lapons ?), qui survivent en ne mangeant pas de fruits.

    De toute façon, la culture de la vanille nous a prouvé qu’on pouvait se passer de l’insecte pollénisateur : la main de l’homme suffit à le remplacer. Oui, la disparition des abeilles va entraîner la disparition du chômage.

  • labeilledugrandparis
    labeilledugrandparis répond à Lupus Michaelis
    apiculteur
    • Posté à 18h39 le 19/06/2010
    • Internaute 117730
      apiculteur

    Nous n’avons jamais entendu de chose aussi choquante... Renseigne toi sur la chine, tu verras qu’il y a des endroits ou l’abeille à totalement disparu... Ils essaient de la remplacer par des humains :
    1 - Ça coute une fortune au pays...
    2 - Ils arrivent à un résultat de pollinisation qui est à peine 5% du travail de l’abeille ( donc totalement ridicule en efficacité)
    3 - ils sont tous très inquiet pour leur avenir à cause de la disparition de l’abeille.

    En plus si tu penses que cela réduira le chômage, nous croyons que c’est une erreur car cela coutera une fortune soit au pays soit à l’agriculteur qui ne pourra pas se permettre d’employé 200 gars pour polléniser son champs...

    Soit libre de tes pensées, mais sache que quand une espèce animale, végétale ou autre disparait (sans que ça soit naturel) ça n’est jamais bon signe...

    Guillaume & Stéphane
    l’Abeille Du Grand Paris

  • Shamash
    Shamash répond à Lupus Michaelis
    Ingénieur agro
    • Posté à 18h40 le 19/06/2010
    • Internaute 37818
      Ingénieur agro

    Bonjour,

    précisons quand même qu’on ne parle ici que de Apis melifera. Pour la pollinisation, il existe environ autres 1000 espèces d’abeilles en France, 2000 en Europe et 20 000 dans le monde.

    voir cet article de la Société Centrale d’Apiculture.
    Lien

    Par ailleurs, si on reste cantonnés aux espèces domestique, selon les données de la FAO analysée par la revue Current Biology, le nombre de colonies d’abeilles domestiques présentes à la surface du globe a augmenté de 45 % depuis 1961, on est donc loin de l’effondrement global a priori.

    Les problèmes de mortalités sont concentrés en Europe et aux USA.

    a+

  • Lohiel
    Lohiel répond à labeilledugrandparis
    http://twitter.com/Lohiel
    • Posté à 00h24 le 20/06/2010
    • Internaute 38391
      http://twitter.com/Lohiel

    voilà l’extrait du film National Geographic sur la Chine, ça risque effectivement de faire monter le prix du kilo de fruits à des hauteurs himalayennes

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