BP en Alaska : des installations « pourries et prêtes à casser »
Après la marée noire du golfe du Mexique, de nouveaux ennuis pourraient toucher BP. Ils viendraient cette fois d'Alaska, où BP exploite le troisième gisement pétrolier américain. La douzaine de salariés et les documents dévoilés par le site américain d'investigation TruthOut révèlent que ce site est « en danger ».
Pour ceux qui suivent l'actualité de BP, deux fuites de pétrole se sont produites à Prudhoe Bay en 2006 et 2009. D'innombrables problèmes de sécurité détectés à cette occasion « n'ont pas été résolus, signe que la culture de réduction des coûts peut mener à un nouveau drame environnemental », explique cette enquête.
Marc Kovac, un soudeur qui a travaillé pendant trente ans sur ce site situé au-delà du cercle polaire arctique, s'est décidé à parler au journaliste Jason Leopold « parce que des vies sont en jeu. » Ses déclarations sont alarmantes :
« Nous avons toujours des centaines de kilomètres de tuyaux pourris prêts à casser. Nous ne sommes pas du tout préparés à faire face à une large fuite. »
Des avertissements « pris au sérieux », dit BP
La fuite de 2009, découverte par un employé lors d'une inspection de routine, a fait l'objet d'une enquête du FBI, de l'Agence de la protection de l'environnement et des autorités de l'Etat d'Alaska. Mais BP, qui s'était engagé à revoir ses procédures de sécurité, ne l'a jamais fait. Les très basses températures auxquelles sont exposés ces oléoducs les rendent fragiles et BP ne s'est pas adapté aux normes de l'industrie dans ce cas précis.
Steve Rinehart, porte-parole de BP en Alaska, a assuré que les avertissements des employés étaient « pris au sérieux », mais les témoignages de salariés, y compris parmi les dirigeants de la société, sont accablants : les projets concernant la sécurité ont baissé de 30% en 2010 pour le site de l'Alaska. Et ce malgré les déclarations répétées du responsable du site BP en Alaska sur le fait que la sécurité était « prioritaire » pour l'entreprise.
Des salariés qui travaillent 16 à 18 heures par jour
En 2006, lors de la fuite de l'oléoduc BP en Alaska, près d'1 million de litres de pétrole se sont échappés. L'oléoduc a été reconstruit sur trois kilomètres mais, selon le soudeur Kovac, les jointures ne sont pas tout à fait solides.
Autre sujet d'inquiétude chez les salariés : les horaires de travail, qui peuvent aller jusqu'à 16-18 heures par jour. Des documents internes de BP signalent que les salariés qui travaillent plus de 16 heures sur une période de 24 heures peuvent manquer de réactivité face à des décisions importantes.
Le journaliste dit même avoir la preuve qu'un salarié de BP, en 2009, avait travaillé entre 16 et 18 heures par jour pendant 36 jours consécutifs, en violation des propres règles instaurées par la compagnie pétrolière.
Une surveillance du Congrès
La compagnie est sous surveillance plus étroite du Congrès depuis la fuite de 2006 en Alaska. Le médiateur imposé par l'administration américaine a enregistré quelque 202 sollicitations de la part d'employés. Parmi elles, plus de la moitié proviennent de personnes travaillant en Alaska.
BP a bien du mal à tenir ses promesses, remarque TruthOut : en ressortant des documents de 2001, où la compagnie fixait des points à améliorer, le journaliste relève que « près d'une décennie plus tard, les systèmes de détection du feu et du gaz n'ont toujours pas été révisés. » A quoi le responsable du site rétorque que « les installations sont sûres et leur révision est en cours ».
- Sur Rue89Marée noire : BP ou le dilemme de l'industrie pétrolière
- Sur truth-out.orgL'enquête de TruthOut (en anglais)
- Sur rue89.comTous nos articles sur les marées noires
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Suppot de satan
Suppot de satan
Pas besoin d'aller en Alaska pour voir une usine qui tombe en ruine, allez à Lavéra dans les bouches du Rhône.
Ayant connu des routiers qui y passaient occasionnellement, je peux vous dire que même eux (et pourtant ils sont pas censés être des experts en sécurité industrielle ou en chimie) avaient peur que tout pète. Je vous parle de ça, ça date du début des années 2000. Depuis rien n'a dû changer, à part les couches de rouilles qui ont dû s'épaissir.
Bon après, il faut dire aussi que l'on peut parfois y surprendre des ouvriers en train de se planquer derrière une cuve remplie de liquide inflammable pour cloper... parce que bon, en moyenne l'ouvrier n'en a également rien à foutre de la sécurité.




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