12/06/2010 à 10h07

Le « oui mais » de Bruxelles aux pêcheurs français de thon rouge

Sophie Caillat | Journaliste Rue89


Des pêcheurs de thon rouge au large de la Calabre enItalie, le 20 novembre 2009 (Tony Gentile/Reuters).

La Commission européenne a fini par céder au gouvernement et aux pêcheurs français : ils auront le droit de pêcher la fin de leur quota... mais à l’hameçon, et pas de manière industrielle. C’est la solution trouvée par Bruxelles pour ne pas perdre la face.

Après deux jours de tensions entre Paris et Bruxelles, la Commission européenne a pu consulter les « carnets de bord » français (les relevés de pêche à la tonne près) et vérifier les chiffres que soutenait Bruno Le Maire. Conséquence : 171 tonnes de thon rouge, cette espèce qui serait menacée de disparition, pourront être prélevés, soit environ 10% du quota alloué à la France.

Le risque était réel, si les pêcheurs s’estimaient lésés, qu’ils demandent à être indemnisés ... par le contribuable.

Seulement, Bruxelles, qui n’a pas confiance dans les méthodes des thoniers-senneurs, a fixé ses conditions. Les poissons devront être prélevés de manière artisanale, à l’hameçon. Ce qui ne veut pas dire que ce seront d’autres pêcheurs. Un connaisseur du secteur nous explique :

« Les thoniers-senneurs quitteront Malte où sont amarrés leurs gros bateaux et rentreront en France où leurs petits navires pêcheront dans le golfe du Lion, et ce jusqu’à la fin de l’année. »

Eviter le risque de surpêche

Le porte-parole de la commissaire à la pêche Olivier Drewes, explique à Rue89 :

« C’est le principe de précaution. Si ces pêcheurs industriels pêchaient un jour de plus, ils risquaient d’atteindre 110% ou 115% de leur quota, on voulait éviter cela. »

Bruno Le Maire est content, il s’est évité un conflit avec les pêcheurs. Ces derniers vont devoir changer leurs méthodes mais ont obtenu que les entreprises lésées retravaillent.

Greenpeace risque de n’être pas satisfaite, dans la mesure où l’ONG milite pour l’interdiction pure et simple de la pêche au thon rouge.

Mis à jour le 12 juin à 11h37. Ils iront pêcher dans le golfe du Lion et non le golfe de Gascogne, c’est plus près.

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  • expat
    • Posté à 10h18 le 12/06/2010
    • Internaute 25627

    Les pecheurs canadiens aussi ont obtenu de continuer de pecher jusqu’a ce qu’il n’y ait plus de poisson.

    Mainenant il ne leur reste que leurs yeux pour pleurer.

    L’approche, buisness d’abord, interet general quand c’est trop tard.

    Comment ne pas conclure que plus de 100 000 ans de communisme nous ont garde en vie et fait prosperer, 4000 ans de capitalisme et nous voila quasi au bout du rouleua pour la majorite, les autres mangeront ceux qui sont trop pauvres pour continuer a vivre, apres ? ? ? Ils se mangeront entre eux, le dernierr pourra se demander si vraiment ca en valait la peine.

    • jyeden
      jyeden répond à expat
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 11h24 le 12/06/2010
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      il faut bouffer du riche
      ça donne un peu de cholestérol mais c’est bon pour la planète

      ne rigolez pas, on y viendra

    • Napoupi
      Napoupi répond à expat
      Pfiouh...
      • Posté à 11h02 le 14/06/2010
      • Internaute 75093
        Pfiouh...

      Tu les as vus où tes 100,000 ans de communisme ? ?

      • Keldan
        Keldan répond à Napoupi
        Now future & karpe diem
        • Posté à 15h32 le 14/06/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Surement dans la partie « celui qui a raison est celui qui a la plus grosse matraque » : D

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 10h19 le 12/06/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)
  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 10h37 le 12/06/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Le risque était réel, si les pêcheurs s’estimaient lésés, qu’ils demandent à être indemnisés … par le contribuable ».

    Le contribuable, encore lui, bien sur !
    Déjà que pour ma part, je n’achète pratiquement jamais de thon rouge...
    ...il faut quand même que je continue à me faire du shushi pour le fisc !

    De toutes façons, très bientôt ça ne sera pas seulement le Thon rouge qui sera menacé. Déjà, nos poissons sont un peu toxiques.

    Faudra aller pêcher le Thon dans les eaux Haïtiennes :
    Il y a encore plein de thon-thons (macoutes) là bas !

    • Célia
      Célia répond à Yvon le Zébulon
      Etudiante
      • Posté à 10h52 le 12/06/2010
      • Internaute 114304
        Etudiante

      Quand il n’y aura plus de thons, ils pêcheront à ta thon.

  • Ylv
    Ylv
    ...
    • Posté à 11h50 le 12/06/2010
    • Internaute 25671
      ...

    sérieusement, qui mange du thon rouge ? c’est pas bon. : -/

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 13h35 le 12/06/2010
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Dire qu’il y a 30 ans nous étions une poignée de pêcheurs à défendre des projets réhabilitant les techniques de pêche ancestrales en proposant de nouvelles architectures de bateaux (leur remettant parfois des voiles) de façon à réduire leur budget carburant et inciter à moins de cette productivité qui met les stocks en péril...
    La gauche, alors au pouvoir, avec son ministre Lepensec, conseillée par ce qui est devenu IFREMER n’écoutait que les lobbies productivistes de la pêche intensive, plus « compétitifs afin d’augmenter nos capacités d’exportation » (sic !).
    Et les subventions de pleuvoir sur ces « laboureurs des mers » bardés de technologie lourde et coûteuse, au mépris de la gestion des stocks... tandis que nous étions, nous, acculés à la faillite, soumis au harcèlement des services administratifs des AFMAR et leurs contrôles de sécurité intempestifs du fait que les « catamarans se retournent » (re-sic !) et que « l’aluminium, ça brûle » (re-re-sic !).
    Le résultat est sous nos yeux aujourd’hui, avec des milliers d’emplois traditionnels et indispensables aux équilibres socio-économiques des régions côtières supprimés, depuis les petits chantiers de construction jusqu’aux conserveries, en passant évidemment par les matelots...
    Comme disait Coluche : « Donnez le désert du Sahara à des technocrates, et bientôt il faudra y remettre du sable » ! ! !

  • demabaignoire
    demabaignoire
    en reconversion
    • Posté à 20h09 le 12/06/2010
    • Internaute 76578
      en reconversion

    il faut vraiment que le roi nico flippe des mouvements sociaux pour dire oui amen à tout. Après tout, les thons ne votent pas...... quoi que ! ! ! ! ! ! !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 15h40 le 14/06/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Tant qu’on continuera cette politique pernicieuse de la préservation des emplois existant à tout prix, on continuera à s’enfoncer dans la merde...

    Ce qu’il faut ce n’est pas seulement un quota de poissons péchés, mais aussi un quota de pécheurs.
    C’est un peu un problème de maths de niveau CE1 : si on peut pêcher X poissons et qu’un pêcheur doit pêcher Y poissons pour vivre correctement, combien peut on avoir au maximum de pêcheurs vivant correctement sans pêcher plus que les quotas ?
    Putain... Trop dur...

    Car c’est quand même vachement plus simple d’extraire les gens de cette filière pour les insérer ailleurs quand on a encore une grande marge de manœuvre, plutôt que de tout faire en urgence et n’importe comment au moment où ils sont coincés.
    Bon forcément comme on est gouvernés par des mecs qui ont des diplômes sans avenir mais qu’en suçant les bonnes personnes ils ont en eu un, ils n’arrivent pas à comprendre les problèmes que ça pose.

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à Keldan
      Testeur de temps libre
      • Posté à 10h24 le 15/06/2010
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Le drame, pour la bonne gestion des affaires publiques, est que les équations qui sont imposées par les équilibres socio-économiques sont un peu plus complexes que le niveau CE1 alors qu’une partie des technocrates qui ont tenté de les résoudre ne dépassaient pas de beaucoup ce stade d’anticipation !
      Là où un artisan-pêcheur avec ses outils « de taille humaine » n’avait besoin de pêcher qu’un poisson pour vivre décemment et nourrir son entourage, on l’a incité à investir dans de la technologie lourde afin qu’il produise plus. Maintenant, les poissons qu’il pêche (de plus en plus loin et de moins en moins nombreux) ne nourrissent plus son village, de même que les revenus qu’il en retire ne compensent pas ce qu’il a emprunté au banquier.
      C’est la même dynamique qu’en agriculture ; et, au final : c’est le contribuable qui paye et la nature qui trinque !

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