19/05/2010 à 11h05

Berlin, paradis du vélo. Les villes françaises n'ont qu'à se rhabiller


La France a beau pétarader avec ses vélos en libre-service, elle est loin d'égaler Berlin, championne européenne de la petite reine.


(De Berlin) En France, la bicyclette n'est pas encore un véritable mode de déplacement. La capitale allemande, malgré sa taille, son climat frisquet et ses charmants pavés, est, avec Copenhague, Amsterdam ou Munster, le paradis des cyclistes.

Le tout sans grandes déclarations du maire en faveur de ce mode de transport non polluant et bon pour la santé. Voici dix raisons, testées par moi, pour lesquelles le vélo au pays d'Angela Merkel, c'est « sehr gut » [bon] !

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Les pistes cyclables pullulent

A l'exception de Strasbourg, aucune des villes françaises que j'ai visitées ne considère la bicyclette comme un mode de déplacement à part entière.

Bien sûr, chaque maire se doit de faire une petite génuflexion devant Saint Développement durable. Ainsi, beaucoup d'agglomérations développent des réseaux cyclables, malheureusement souvent piteux et morcelés. Peu efficaces et un peu flippants, ils sont tout logiquement peu empruntés.

A Berlin, les pistes cyclables sont légion : en site propre ; à contresens ; sur les trottoir ; dans des voies partagées avec les bus... Plus rapide, plus confortable, plus sécurisant. Qui a parlé d'efficacité allemande ?


2

La ville est plate

Il est vrai que pédaler à Lisbonne, à la Croix-Rousse à Lyon, dans les quartiers Nord de Marseille est possible... pour les maillots à pois. Pas pour le commun des mortels. Malgré sa grande taille, 39 kilomètres sur 45, Berlin n'a pas l'inconvénient de nous infliger trop d'efforts ni de passages de vitesse.

3

Les immeubles disposent de parkings à vélo aménagés


Des vélos à Berlin (Lionel Guérin/Flickr)

Visionnaire, mon propriétaire -je vis en France, dois-je le préciser ? - m'a menacé de mettre fin mon bail. Mon crime ? Je m'entêtais, vilain subversif que je suis, à rentrer chaque soir mon vélo dans la cour spacieuse et vide de mon immeuble. Autant vous dire que mes amis allemands me regardent avec une ironique commisération lorsque je leur raconte ma mésaventure « typisch fransözich ».

Et pour cause. Les cours d'immeuble berlinoises, dans leur immense majorité, sont dotées de parkings à vélo, notamment à la faveur de la rénovation du parc immobilier de l'est de la ville au lendemain de la réunification allemande. Et leurs habitants d'une tournure d'esprit un peu plus évoluée que celle de mon propriétaire -fort gentil au demeurant.

Ces parkings sont même parfois couverts d'un auvent. Ainsi, votre fidèle destrier est protégé des intempéries, des voleurs ou des dégradations. Si toutefois un immeuble ne dispose pas de places de stationnement ad hoc, personne ne viendra vous enquiquiner si vous laissez votre bicyclette à l'abri dans la cour ou le hall d'entrée. Autre pays, autres normes.

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Les vélos peuvent prendre les transports en commun

Vous avez bien lu. Et c'est la règle, pas l'exception. Les S-Bahn (RER), U-bahn (métros), Strassenbahn (tramway) ou Regionalbahn (TER) disposent d'emplacements réservés spacieux dans lesquels on peut transporter son vélo, moyennant un ticket supplémentaire coûtant 1,50 euro (un ticket normal se paye 2,10 euros).

Rien à voir avec les deux pauvres crochets minables et peu fonctionnels que la SNCF met à disposition dans quelques-uns de ses trains. Pratique, on peut ainsi venir jusqu'à la station à vélo puis, une fois arrivé à destination, finir son trajet en deux roues. Optimal en termes de temps de transport. Pas mal non plus pour caser une poussette.

Autant vous dire que dans les trains régionaux qui mènent aux lieux de baignades des alentours de Berlin lors des week-ends estivaux, les vélos sont entassés de façon totalement ubuesque. Mais grâce à l'organisation de nos amis allemands, même le bordel se régule sans encombre.

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On peut rouler dans les parcs

Contrairement à des nombreux jardins publics français, les parcs berlinois sont ouverts la nuit. On peut même y faire des barbecues. Et comble de la folle liberté qui règne dans la capitale teutonne, on peut marcher sur l'herbe sans se faire siffler par un gardien. Et oui. A Berlin, l'espace public appartient à tout le monde tandis que chez moi, j'ai souvent l'impression qu'il n'appartient à personne.

Résultat : vous pouvez traverser un parc à vélo sans avoir le sentiment d'être un dangereux délinquant. A Paris, vous risquez théoriquement une amende de 38 euros.

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Les automobilistes ne veulent pas votre mort

Ne croyez pas que les automobilistes français soient mal intentionnés (quoique parfois...). Simplement, leur congénères berlinois sont souvent eux-mêmes des cyclistes.


Le métro berlinois (Lionel Guérin/Flickr)

Ils maîtrisent donc les réflexes de prudence permettant d'éviter les accidents, comme par exemple jeter un coup d'œil en arrière au moment de tourner à droite. Et plus les cyclistes sont nombreux, plus les automobilistes sont habitués à leur présence.

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Des taxis qui vous les embarquent

Seule Copenhague permet, à ma connaissance, de pouvoir transporter son vélo par taxi moyennant un demi euro supplémentaire par course (le chauffeur ne peut pas refuser d'embarquer votre monture sous peine d'amende).

Ce qui est fort pratique quand vous vous rendez à une fête à vélo et qu'entre boire ou conduire votre vélo, vous avez choisi de lever le coude. Nulle n'est parfaite, Berlin pas plus qu'une autre ville.

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Des déviations, même pour les vélos

En cas de travaux, les déviations incluent également les voies vélo. Tant de considération pour les cyclistes, ça en devient presque émouvant !

9

Des tas d'endroits pour se garer

Les arceaux permettant d'accrocher les vélos sont nombreux. Mais surtout, ils sont placés là où ils sont nécessaires, à proximité des transports en commun, des centres d'affaire ou des universités par exemple. Un élément de sécurisation en plus face au risque de vol.

Hélas, en France, les services de la voirie les disposent le plus souvent... un peu au pif -quand ils prennent la peine de le faire.

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Les beaux mollets

Heureusement que l'hiver berlinois est long, car autant vous dire que lorsque se découvrent les beaux mollets galbés des forçats du cyclisme que sont les Berlinois-e-s, ça déconcentre. Et je ne vous parle même pas des belles cuisses bien fermes... C'est sans doute là la plus belle des réussites.

L'air de faire du développement durable, Berlin fait en réalité... du développement désirable !


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  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 12h04 le 19/05/2010
    • Internaute
      Roboticien utopiste

    Il manque un élément. Pour avoir vécu à Paris et à Berlin, mon vécu Parisien est que si vous allez à une soirée en vélo, au retour à 3h du mat il vous manquera la selle, ou le guidon ou une roue. À Berlin, certains vélos ne sont pas attachés.

    À Paris, changer un vélo qui vient de se faire voler vous coutera au bas mot 50 euros. À Berlin c'est tout juste s'ils vous payent pas pour les en débarasser.

  • Warung Kopi
    Warung Kopi
    Perdu à la traduction
    • Posté à 12h06 le 19/05/2010
    • Internaute
      Perdu à la traduction

    C'est un tableau un peu idyllique à mon goût... Tous les immeubles ne disposent pas de parkings à vélos, même quand ils disposent de cours spacieuses. C'est mon cas et les voisins ne sont pas spécialement compréhensifs avec les cyclistes (bisbilles à propos d'une jonquille piétinée ou d'une portière de voiture prétendument éraflée...). Bref, ça n'est pas « typisch französisch » !

    De même, il y a nettement plus de pistes cyclables qu'à Paris mais ça dépend des quartiers : j'ai l'impression que dans l'ex Est il y en a moins, hormis sur les avenues très larges et tout le monde roule un peu n'importe où, en particulier sur les trottoirs où, parfois, il ne fait pas forcément bon être piéton. En outre, en hiver, les pistes cyclables situées sur les trottoirs ne sont pas déneigées, les cyclistes doivent donc emprunter les mêmes routes que les voitures.

    Dernier bémol, même si c'est un cliché, les Berlinois boivent de la bière dans la rue, dans le métro, au ciné, parfois même au théâtre. Or, généralement disciplinés, ils laissent les bouteilles vides au pied des poubelles publiques. Le problème, c'est que des petits malins, passablement éméchés, cassent souvent lesdites bouteilles, dont les bris se retrouvent... sur les pistes cyclables, ce qui occasionne quelques embardées.

    Bref, le vélo à Berlin, ça donne peut-être de jolis mollets galbés (qu'on montre parfois ostensiblement en relevant son pantalon pour éviter que la chaîne ne s'y frotte en pédalant), mais ça ne protège pas du Bierbauch, dont l'amour immodéré des habitants pour les grillades estivales (pas autorisées dans tous les parcs, loin de là) est aussi un facteur décisif.

  • jpouille
    jpouille
    En crise
    • Posté à 12h16 le 19/05/2010
    • Internaute
      En crise

    AH Berlin ville magique. plus de 60% d ela ville sont des espaces verts. Les parcs sont immenses, les forets font parois plus de 20kms et les lacs sont grands. On y fait du patin a glace l'hiver on s'y baigne l'ete....

    Alors une comparaison avec l'Angleterre... Comme je suis un habitue de la ptite reine, je me dois de decrire les joies du velo en UK.
    Ici, il faut etre aventureux et avoir une grande gueule comme moi pour profiter du velo, il faut savoir utiliser pele mele trottoir et route. En ville, interdiction de pedaler sur la rue pietonne sous peine d'amende de £30. En gros lorsque vous etes en territoire pieton, vous vous faites conspuer, lorsque vous etes sur la route, on vous klaxonne. Dans cette jungle urbaine je me faufile, et je file un grand coup sur les portieres de conducteurs qui pensent que la route est a eux. En particulier les connards en 4x4.
    Les anglais n'ont pas fait de progres pour les velo, a Reading il y a tres peu de pistes cyclables, idem pour le reste de l'Angleterre. certains trains locaux sur de ters petites lignes autorisent les velos mais tous.
    A Reading, autre probleme de taille, le vol de velo. J'en suis a mon 3eme, ils y passent tous, c'est une hecatombe.
    Mais bon, dans un pays ou la plupart des locomotives fonctionnent encore au diesel, on se dit que l'ecologie ne s'est pas encore en UK... Dommage.

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 12h21 le 19/05/2010
    • Internaute
      Etudiant apolitique

    En tant que piéton, j'ai surtout l'impression que ce sont ces ... de cyclistes qui veulent ma mort. J'habite à Strasbourg, et j'ai manqué 10 fois de me faire renverser par des vélos (contre 0 pour une voiture). On ne les entends pas arriver, ils roulent vite et ne songent pas un instant à s'arrêter parce qu'on traverse leur piste cyclable ou qu'on dépasse de la ridicule portion du trottoir attribuée dans certains cas aux piétons.

  • Clesarid
    • Posté à 12h49 le 19/05/2010
    • Internaute

    D'accord sur Berlin (tout est fait pour y faciliter la circulation à vélo). Mais je ne serais pas aussi systématiquement critique avec ce qui se fait en France. A Bordeaux, par exemple, il est également très agréable de circuler à vélo : le terrain est relativement plat, la circulation automobile réduite dans le centre-ville et il y a de nombreuses pistes cyclables, sans compter les quais.
    Quant aux vélibs, à Paris, ils ne sont pas si mal ! C'est quand même pratique de pouvoir rentrer à vélo quand il n'y a plus de métro ou de descendre de Ménilmontant à Beaubourg tranquillement quand il fait beau (c'est plus dur dans l'autre sens ! ). Le problème, c'est plus de trouver une place libre dans une station à l'arrivée, ou un vélo dans les endroits les plus fréquentés...

  • jeffrey
    • Posté à 12h54 le 19/05/2010
    • Internaute

    Je vis à Karlsruhe (ville Allemande juste á côté de Stasbourg) pour mes étude et je confirme, malgré un réseau de transport en commun hyper développé, le plan du réseau de tram rappelle celui de Londres, sauf que Karlsruhe fais 300 000 habitant environ, tout le monde utilise le vélo, moi y compris, même pour me rendre au boulot. 10km de piste cyclable dans la forêt, super bien indiqué, avec les beaux jours cela ne se refuse pas ! Sinon pour le point 5, on peut certes faire des barbeuk, mais on peut même boire de la biére avec... et oui en Allemagne on ne risque pas 70 euros d'amende pour boire une biere entre ami dans un parc ou tout autre lieu public...
    (par contre leur claviers sont vraiment pourris : p)