30/04/2010 à 14h02

Fan des énergies renouvelables, je suis devenu anti-éolien



une ligne d'éoliennes (yelsnia/Flickr).

Il s'adresse à tous ceux « qui n'osent se défendre de peur de passer pour des emmerdeurs ». Le témoignage de ce militant anti-éolien en réaction à notre enquête sur les mots que souffle le lobby anti-éolien à ses sympathisants raconte comment cet écolo de cœur en est venu à créer le Collectif Allier Citoyen, qui s'oppose aux projets d'éoliennes.

Il n'est pas nécessaire d'être pronucléaire, retraité, avoir une résidence secondaire et plein d'argent pour ne pas vouloir subir des éoliennes industrielles de 150 mètres de haut.

J'habite avec ma femme et mes filles dans un petit village de l'Allier. Tout le monde dit que cet endroit est préservé : la nature est encore visible à perte de vue. C'est ce que nous sommes venus chercher, le calme, la tranquillité. Loin des villes, de la pollution.

Ce choix a un prix : peu de travail en milieu rural, des kilomètres pour voir un médecin, acheter à manger, emmener nos enfants à l'école, voir nos amis. Peu de loisirs : pas de théâtre, de musée, les cinémas sont à 35 kilomètres... en bref, bien pour les vacances mais un vrai choix de vie. Nous l'assumons, sans nous plaindre.

Vingt ans d'expérience dans les énergies renouvelables

J'ai travaillé dans les énergies renouvelables pendant une vingtaine d'années. J'ai commencé par installer mon premier chauffage solaire chez un client, depuis, j'ai fait la promotion et l'installation de chaudières bois, pompes à chaleur, solaires photovoltaïques, poêles à bois avec bouilleur, appareils de traitement de l'eau « naturelle ».

Actuellement, je travaille dans un centre de traitement des déchets qui utilise des filières « propres », par conviction.

En janvier 2009, quand j'apprends qu'ils vont installer des éoliennes industrielles en face de notre maison, ma première réaction est de penser « c'est une bonne chose, ça participe à la protection de la planète ». Puis un voisin me dit de consulter le site de la Fédération environnement durable (FED), et là, je ne décroche plus, je me mets à me poser plein de questions.

Je découvre combien la filière éolienne est opaque

Dès le lendemain, je passe plusieurs coups de téléphone à des contacts professionnels dans le milieu des énergies renouvelables, et je me rends compte, très vite, que les avis sont partagés.

Plus je demande des informations, plus je découvre combien cette industrie est très opaque. A croire les professionnels, tout est beau, sans nuisances pour l'homme. Que du bonheur, de la joie dans les villages, beaucoup d'argent pour fonctionner.

Certains me disent que l'éolien est un bon moyen pour sortir progressivement du nucléaire, que cela permettra de limiter l'utilisation des centrales thermiques.

D'autres me tiennent un discours différent sur l'éolien industriel :

  • Une énergie intermittente qui nécessite une relève que seules les centrales thermiques peuvent fournir, question de rapidité d'intervention
  • Une éolienne industrielle produit des infrasons, mauvais pour la santé humaine
  • Le bruit engendre des gênes et des gens en souffrent
  • Le coût supporté par les citoyens est énorme car le système est subventionné par une loi qui oblige EDF à racheter l'électricité très cher.

Tout le monde a de bonnes raisons de ne pas en vouloir

Je décide de visiter des parcs pour me forger ma propre opinion, durant une semaine je parcours l'Aveyron, la Haute-Loire, je descends dans le Sud. Pour tout vous dire, durant cette semaine, je suis parcouru par un sentiment que je ne connaissais pas :

  • Mon côté « écolo » me pousse à dire que c'est nécessaire
  • Ma perception de ce qui m'entoure, cette impression de voir toujours les mêmes paysages

A mon retour, je contacte plusieurs personnes sur le département qui ont commencé avant moi à s'intéresser à l'éolien. Ils ont tous de bonnes raisons de ne pas vouloir de cette industrie aux portes de leurs maisons :

  • Le bruit
  • La perte de valeur de leur maison (tout le travail d'une vie)
  • Le coût pour les consommateurs
  • Les dangers de proximité,
  • La façon de faire des promoteurs
  • L'impact sur la santé
  • Le changement radical de leur environnement
  • Le fait de leur imposer « ça », sans tenir compte de leur avis
  • Le refus de nos élus d'évoquer les raisons de leur choix

Sur ce dernier point, quand je dis « évoquer », je suis gentil : je devrais plutôt dire la peur de dire que leur seule motivation, c'est l'argent.

Un collectif de gens venus de tous horizons

Je décide de créer un collectif dans le département de l'Allier. L'idée est de regrouper toutes les associations qui existent déjà. Mes amis me disent que c'est impossible, ils avaient presque raison, mais pour tout vous dire, je suis né sous le signe du morpion dans l'horoscope chinois.

Tans pis pour ceux qui ne veulent pas nous rejoindre, j'ai pris mon bâton de pèlerin et j'ai battu la campagne. J'ai rencontré des gens formidables, de tous horizons, de tous les milieux, de toutes les conditions, de toutes tendances politiques.

Ensemble, nous avons constitué le Collectif Allier Citoyen, il est composé de 38 associations sur le seul département de l'Allier, encore deux associations et nous pourrons déposer le logo que nous avons imaginé au début : le CAC 40, un clin d'œil.

Nous avons voulu faire passer nos idées, simples, avec des revendications simples, ce qui nous gêne, la proximité, le bruit, la destruction de nos environnements, l'ouverture d'un vrai débat sur la nature même des choix énergétiques de notre pays.

Nous avons demandé simplement que les parcs éoliens soient à 1 500 mètres de nos habitations, dans des zones prévues pour des machines industrielles. La réponse est tombée comme une insulte : « Si nous ne pouvons pas les installer à 1 500 mètres des habitations, nous ne pourrons pas en mettre du tout. »

Les gens qui se défendent sont fatigués

Nous avons démontré que notre département n'est pas assez venté pour que cela soit rentable. Il n'y a pas d'ancien moulin à vent dans la plupart des zones où ils veulent faire des parcs, l'Ademe confirme que l'Allier est un des départements les moins ventés de France.

Depuis, nous avons obtenu le retrait de plusieurs parcs, mais malheureusement, la politique s'en mêle. Il faut de l'argent : le pouvoir central ne fait pas son boulot, beaucoup de nos élus sont de piètres gestionnaires, et surtout pas des visionnaires, peut-être là depuis trop longtemps.

Aujourd'hui, les gens qui se défendent sont fatigués, considérés comme des bêtes pestiférées. Dans nos villages, les rapports sont pourris : ceux qui sont pour les éoliennes touchent de l'argent pour la plupart, ceux qui sont contre vont perdre de l'argent pour la plupart.

Nous avons fait faire des estimations de nos maisons avec des parcs à côté : leur valeur perdra de 20% à 40% (je tiens les documents à disposition). Qui voudra acheter une maison dans la campagne avec des éoliennes autour ? Pas moi.

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  • umff
    • Posté à 14h18 le 30/04/2010

    La société Espace Eolien Developpement avait établi à la fin des années 1990 une carte détaillant le potentiel « techniquement installable » d'énergie éolienne en France métropolitaine (ci-dessous), et ce potentiel ne montait qu'à 10% de notre production électrique actuelle.

    L'Espagne offre une illustration intéressante de ce processus. Ce pays a installé environ 18 GW d'éolien dans un pays où la puissance appelée monte, en hiver, à environ 40 GW. Or la puissance éolienne effectivement fournie varie, selon le moment de l'année, et même selon l'heure, entre 1 et 15 GW !

    Ce que l'on voit clairement, c'est que la productivité du parc n'est pas constante d'un mois à l'autre, et en fait elle ne l'est même pas d'un jour à l'autre. Question : comment produit-on l'électricité qui n'est plus fournie par l'éolien quand celui-ci passe de 40% à 2% de la puissance appelée ? Par des importations ? Que nenni : par du gaz et du charbon...

    Et nos voisins espagnols auraient économisé bien plus d'émissions si ils avaient installé, à la place de leurs éoliennes, 10 à 15 GW de nucléaire (et corrélativement 10 GW de gaz en moins), nucléaire qui aurait produit 8000 heures par an pour un coût global bien inférieur par kWh, le gaz n'étant conservé que pour la partie de la pointe que l'hydraulique ne pouvait assurer. Avec cette option (pas d'éolienne, pas de gaz pour l'essentiel de la puissance installée, mais du nucléaire à la place de l'ensemble), ils auraient émis 50 millions de tonnes de CO2 en moins, en ordre de grandeur, soit 10% à 15% des émissions du pays.

    En France, un plan massif d'éolien raccordé au réseau signifiera(it) donc, dans les faits, une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (l'Enfer est pavé de bonnes intentions ! ). Par contre, si un pays fait déjà massivement son électricité de manière thermique, le bénéfice est réel mais... à condition de conserver des centrales thermiques (cas du Danemark et de l'Allemagne par exemple, ceci expliquant peut-être cela), et en acceptant l'idée que le coût complet du kWh éolien est à comparer au seul coût de combustible des centrales non utilisées quand le vent souffle.

  • aumusee
    aumusee
    en direct de l'élysée Montmartre (...)
    • Posté à 14h20 le 30/04/2010
    • Internaute
      en direct de l'élysée Montmartre (...)

    Je ne trouve pas les éoliennes plus moches que les pylones des lignes à haute tension, et dieu sait qu'il y en a partout.
    L'argent ? ? ? Mais l'argent a été créé par l'homme, et tant qu'il y aura des hommes, il y aura de l'argent. Tout est bon pour en faire. Ce n'est pas lié aux éoliennes.

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 14h31 le 30/04/2010
    • Internaute
      Inquiet

    Et bien pour quelqu'un qui a travaillé 20 ans dans les énergies renouvelables vous me semblez mal connaitre votre métier ou plutôt le fonctionnement de vos installations. On reprend un par un vos « arguments » déjà débattus des milliers de fois :

    * une énergie intermittente, qui nécessite une relève que seul les centrales thermiques peuvent fournir, question de rapidité d'intervention

    Une éolienne fonctionne entre 70 et 80% du temps. Les 25% annoncés régulièrement correspondent à l'équivalent pleine puissance rapporté sur l'année. Chaque kWh éolien produit c'est 1 kWh thermique ou nucléaire qui n'est pas produit. Si vous en doutez lisez les multiples rapports RTE à ce sujet.

    * une éolienne industrielle produit des infrasons, mauvais pour la santé humaine

    Aucun rapport n'a jamais montré cela, pas même celui de l'académie de médecine qui est surement votre source. Allez au pied d'une éolienne vous me direz si vous sentez le sol onduler ou trembler...

    * le bruit engendre des gênes et des gens en souffrent

    Allez frapper chez les riverains et parcs et demandez leur leurs avis parce qu'à part les reportages bidonnés de la FED et quelques parcs mal développés en France (rares) c'est pas le cas. Et la réglementation acoustique appliquée à l'éolien en France est assez draconienne. 5dB d'émergence de jour et 3dB la nuit. C'est autre chose que l'émergence qui résulte des 45dB qu'émet votre lave vaisselle ou des 80dB de la voiture qui passe dans votre rue... Sans parler de l'émergence du bruit du vent dans les arbres.

    * le coût supporté par les citoyens est énorme car le système est subventionné par une loi, qui oblige EDF à racheter l'électricité très cher.

    Étonnant qu'à chaque fois que ce mensonge est tenu par un anti-éolien curieusement le prix n'est jamais donné... Allez pour vous faire plaisir : tarif d'achat 8,2cts d'€ sur 10ans puis entre 2,8 et 8,2cts sur 5ans selon les sites puis plus rien donc au prix du marché. En moyenne sur 15 ans ça fait dans les 6 à 7cts d'€. C'est la moins chère des énergies renouvelables. Pour le coût du nucléaire et du thermique je vous laisse chercher on va rire.
    Lien

    Elle pourrait être encore moins cher si le marché de l'énergie n'avait pas été libéralisé et que les investisseurs de parcs n'exigeaient pas 10% de TRI qui est une véritable TVA annuelle payée par le consommateur (qui est aussi le contribuable puisque l'électricité est un bien de base qui était il n'y a pas si longtemps un service public).
    Mais la faute ici n'est pas à l'éolien mais bel et bien aux politiques, UMP en première ligne. Et aujourd'hui ce sont des députés UMP qui essayent de bloquer le développement de l'éolien en France car celà engendre des profits inouis pour les investisseurs.
    Alors M. Ollier serait-il pour la re-nationalisation du secteur de l'énergie afin d'en faire baisser le prix ? Ce serait bien, mais non il se contente de se plaindre des conséquences de son vote. Pathétique.

    Qu'est-ce qu'il faut pas entendre comme bêtises ou arguments mensongers...

  • azerty69
    • Posté à 14h40 le 30/04/2010

    Il est comme tout le monde ce monsieur : un démago.

    - Je suis contre les SDF, il faut des HLM ! Mais je ne veux pas payer plus d'impôts pour les financer, et ne les construisez pas à côté de chez moi.

    - Il faut revaloriser les métiers manuels ! Mais mon fils, il a des facilités et des facultés, il fera ingénieur, ça serait dommage de gâcher ces compétences.

    - Moi j'aime le sexe et les trucs lubriques ! Mais j'épouserais une femme sage et pudique, parce que quand même, faut pas déconner.

    - Il faut faire une autoroute pour désengorger la nationale ! Ah quoi on va la construire à côté de chez moi, halte au tout voiture, vive les transports en commun.

    Etc etc.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 14h50 le 30/04/2010
    • Internaute
      Chroniqueur Grolandais

    Vieux débat récurrent
    Nimby comme disent les anglo saxons (Not In My Back Yard) autrement dit « pas dans mon jardin »
    L'éolien a connu un certain succès grâce ou a cause des mouvements anti nucléaire qui vantent sans cesse la particularité de l'Allemagne, pays de cocagne pour ces moulins à vent.
    1) Il faut savoir que ce pays ne pourra jamais subvenir à ses besoins industriels avec l'éolien, mais simplement à ses besoins domestiques (éclairages,.....) et que pour palier à ce problème ; il est obligé de produire de l'électricité avec du charbon, voir à en importer
    2) Un aéro générateur de dernière génération possède une puissance de 4.5 MW et sa disponibilité est d'environ 40% (fonctionnement entre 5 et 90 km/h et maintenance)
    Une tranche de centrale nucléaire de dernière génération possède une puissance de 1600 GW et sa disponibilité est d'environ 80%
    Le nombre d'éoliennes pour remplacer 1 tranche d'EPR est d'environ 700, en mettant 3 éoliennes au kilomètres, on arrive à une barrière de 233 km de moulins à vent pour une tranche de centrale.
    L'éolien est nécessaire pour les régions très peu consommatrices en énergie de base (absence d'industrie ou de transport en commun électrique) comme les iles Françaises Corses, Réunion, Guadeloupe, ........).

    3)

  • pro eole
    • Posté à 15h17 le 30/04/2010

    Cher Pascal,
    Tu essaies, de manière touchante, de vendre ton produit (la FED).
    Malheureusement, une nouvelle fois, tu n'y arriveras pas. Plus que de la propagande pour une secte, on a l'impression de lire la confession d'un « repenti » qui veut décrocher mais qui n'y arrive pas ... et qui appelle à l'aide.

    Tu expliques longuement que tu n'es surtout pas un pro nucléaire, dont acte.
    Cela ne m'empêche pas de rappeler : 1) Que Butré lui est un pro nucléaire farouche ... et le chef des anti éoliens (hasard ? )
    2) Que refuser l'éolien c'est être en faveur du nucléaire : il y a une sorte de vase communicant entre eux : par exemple l'un avait deux euros l'autre que dalle (du coup les éoliennes sont danoises ou allemandes), maintenant c'est promis c'est un euro chaque (dixit Sarko himself), autre exemple avant on a construit 58 réacteurs nucléaires et zéro éoliennes, maintenant on ne construit plus que deux réacteurs et 8 000 éoliennes (çà c'est la PPI).

    Tu expliques longuement ta fuite vers ce paradis rural où, c'est logique, tu es encore plus NIMBY (tu l'étais déjà avant car tu as fuit la ville). Paradis ? Mais tu n'arrêtes pas de te plaindre (« peu de loisirs ... ») Tu es un néo rural triste.
    Les anciens habitants de la campagne, eux, sont heureux de vivre (et en général pour les éoliennes).
    Ta vie bascule non pas lorsque tu apprends que des éoliennes sont prévues « devant chez toi » (du NIMBY classique) mais ... en consultant le site internet de la FED, cette secte dont tu ne « décroches plus ».
    Tu es déjà perdu.
    Ainsi, tu fais la démarche, louable, de visiter des parcs éoliens, sans jamais parler du bruit d'ailleurs, et constate « toujours les mêmes paysages » : un parc éolien ressemble ... à un autre parc éolien.
    La FED te dit que cela fait du bruit et, sans jamais l'avoir constaté (il n'y a pas de parcs en Allier et, lors de ta visite vers le Sud tu n'en as rien dit), tu les crois (une secte, je vous dis).
    Toujours la secte : « Aujourd'hui les gens qui défendent la FED sont fatigués, considérés comme des pestiférés. »

    Décroche vite avant qu'il ne soit trop tard.

    Certaines sectes démarchent partout en France à deux, Pascal est tout seul ... et logiquement il fatigue.

    La FED le reconnait elle-même : trop peu nombreux pour manifester, les anti éoliens démarchent les Députés partout en France ... par mail pré formaté.

    Les pro éoliens, pendant ce temps, ils préparent plusieurs manifs et ils rassemblent comme jamais auparavant :
    Lien

    EXTRAITS : Industriels et écolos se lèvent tous pour l'éolien
    Que se passera-t-il le 4 mai lors de l'examen de la loi Grenelle 2 ? Il parait qu'une manif se prépare. En tous cas, les parlementaires qui ont voté les amendements anti-éoliens au projet de loi ont déjà perdu contact avec les bases. C'est quoi les « bases » ? C'est une bonne partie du pays : Les énergéticiens, les industriels de l'électricité, les entreprises qui veulent se reconvertir dans l'éolien, les jeunes et les moins jeunes qui ont déjà un emploi dans le secteur ou qui en espèrent un, les associations environnementales qui plébiscitent les éoliennes parce qu'elles ne rejettent ni CO2 ni déchets radioactifs, et tous les citoyens qui les aiment pour les mêmes raisons. Bref, ça fait du monde en faveur de l'éolien !
    Les anti-éoliens en embuscade, mais de moins en moins convaincants

    Quelques membres de la FED (Fédération Environnement Durable) distribuaient des tracts à l'entrée du point presse, mais leur argumentaire qui ressasse toujours les mêmes rengaines (affairisme, nuisances sanitaires des éoliennes, patrimoine en danger…), est de moins en moins convaincant.

    Au fait, les anti-éoliens combien de divisions ? »

    De moins en moins, je sens Pascal tout près d'abandonner. Le massacre en règle de l'éolien que nous a concocté Ollier ne le satisfait même pas (« et les 1500 m ? et le moratoire ? »), autre signe d'une secte.

  • Ukkel
    • Posté à 15h35 le 30/04/2010

    Concernant l'intermittence de l'éolien, c'est la même chose pour le nucléaire, les centrales ont du mal à fournir lors des pics (il faut plusieurs jours pour « allumer » une centrale nucléaire) et elles tournent la nuit alors que la demande est beaucoup plus faible. Pour cette différence entre production et consommation des centrales nucléaires, EDF a créé de nombreuses Stations de Transfert d'Energie par Pompage-turbinage (STEP) en France.

    Une STEP est constituée de deux bassins remplis d'eau, séparés par un dénivelé de 1000 m environ pour les stations les plus importantes. Entre les deux bassins se trouvent des pompes qui, la nuit, refoulent l'eau du bassin aval vers le bassin amont. Le jour, entraînées par l'eau provenant du bassin amont, des turbines produisent de l'électricité qui est injectée sur le réseau. L'eau circule en circuit fermé d'un bassin dans l'autre. Ces installations, situées en montagne, ne sont pas alimentées par des cours d'eau comme les barrages hydroélectriques traditionnels.

    Compte tenu des opérations de stockage et déstockage de l'énergie, le rendement des STEP est de 82 à 85 %. Cette méthode occasionne donc des pertes, auxquelles il faut ajouter les pertes en ligne lors de l'acheminement de l'électricité des centrales vers les STEP. Cependant, dans le cadre du parc électronucléaire, on a su s'en accommoder sans que personne n'y trouve rien à redire. Imaginons que le développement de l'éolien en vienne à nécessiter ce type de stockage : que n'entendrions-nous pas au sujet des pertes ?

    Six grandes unités totalisent 90% de la capacité totale des STEP : Grand Maison (Alpes), Montézic (Massif Central), Super Bissorte (Alpes), Revin (Ardennes), Le Cheylas (Alpes) et La Coche (Alpes). Et une unité est à venir : la STEP souterraine de Nouvelle Romanche (Alpes). La puissance totale des STEP actuellement installées en France est de 6 000 MW. En comparaison, les réacteurs nucléaires français les plus puissants ont une puissance unitaire de 1 495 MW...

    Lien (Attention Lien sur un site pro énergies renouvelables)

  • isotop4
    • Posté à 15h44 le 30/04/2010

    Article intéressant pour lancer un débat qui s'annonce enflammé.

    Cependant, j'aimerais avoir quelques précisions (car plusieurs points me paraissenent très vagues) et faire quelques remarques :
    « une énergie intermittente, qui nécessite une relève que seul les centrales thermiques peuvent fournir, question de rapidité d'intervention » : tout à fait d'accord, mais toute personne sérieuse vous dira que l'éolien n'est en aucun cas la solution miracle, car elle n'existe pas : la solution est un mix énergétique (la question est de savoir lequel)
    « une éolienne industrielle produit des infrasons, mauvais pour la santé humaine » : pourquoi pas, mais c'est tout de même un peu vague : quid des données scientifiques sérieuses ?
    « le bruit engendre des gênes et des gens en souffrent » : même remarque : de quel bruit parle-t-on ? A quelle distance ? Quelles études (je suis un peu fatigué de lire tout et son contraire) ?
    « le coût supporté par les citoyens est énorme car le système est subventionné par une loi, qui oblige EDF à racheter l'électricité très cher » : ok ; mais le développement de cette filière économique et énergétique justifie peut être ce coût ?
    « la perte de valeur de leur maison (tout le travail d'une vie) » : Ok, sans aucun doute.
    « les dangers de proximité » : de quels dangers parle-t-on ?
    « la façon de faire des promoteurs » : de quelle méthode parle-t-on ?
    « l'impact sur la santé » : ok, mais quelles études indépendantes ?
    « le changement radical de leur environnement » : ok, même si le terme « radical », me semble un peu... radical...
    « le fait de leur imposer “ ça ”, sans tenir compte de leur avis » : N'y a-t-il pas de débat public ? Aucun recours ?
    « le refus de nos élus d'évoquer les raisons de leur choix » : je suis un peu dubitatif sur cette dernière remarque : y'a t-il vraiment eu refus d'évoquer ces raisons (ce qui est grave je vous l'accorde), ou est-il possible que vous ayez manqué le débat ?