01/04/2010 à 12h24

Rapport Ollier : les éoliennes en mer sont-elles la solution ?

Lucie Crisa | Etudiante en journalisme


Une éolienne au large de la Grande-Bretagne (Andy S-D/Flickr)

L’éolien n’est plus en état de grâce. Mardi a été présenté, devant la Commission des affaires économiques et la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, le rapport de la mission parlementaire sur l’énergie éolienne, rédigé par Franck Reynier, député de la Drôme.

« Ce rapport est très anti-éolien » déclare Jean-Philippe Roudil, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Au fil des 134 pages du rapport, le député évoque tour à tour la technologie éolienne, son coût, la réglementation française et dévoile des pistes de réflexion sur la recherche d’un équilibre entre acceptabilité sociale et environnementale.

La question des éoliennes est d’une « extrême sensibilité » précise le député Franck Reynier. Le débat est permanent entre les détracteurs et les pro-éoliens. Dans le rapport, le député de la Drôme fait état de deux grandes causes principales de rejet.

Les éoliennes sont bruyantes

« Cette question est indissociable du problème plus général de leur implantation dans les zones rurales qui, à l’évidence, même dans une situation d’habitat dispersé, comptent de nombreux lieux d’habitation et d’activité préexistants à la production éolienne. »

La proximité des éoliennes provoquerait, selon un article paru dans Le Monde Magazine du 28 novembre 2009, du stress, des insomnies, des nausées, des vertiges, une irascibilité, etc.

Les éoliennes détruisent le paysage

La mission a ainsi remarqué que des situations « abusives et regrettables ont parfois abouti à des dégradations durables dans des espaces naturels ». La destruction du paysage, avoue le délégué général, Jean-Philippe Roudil, est « la seule vraie question ».

Blanches, de 140 à 150 mètres de haut avec leurs pales d’un diamètre de 80 à 100 mètres, les éoliennes se marient mal avec le paysage rural français.

D’autres griefs sont pourtant ajoutés à la lettre de doléance. Planète éolienne, la fédération des énergies du vent, explore 25 « fausses idées » répandues sur les éoliennes. Non seulement bruyantes et destructrices du paysage, elles seraient aussi :

  • Meurtrières d’oiseaux ;
  • Un repoussoir à touristes et à gibier ;
  • Une menace pour la valeur des propriétés environnantes, etc.

La solution des éoliennes en mer

Autre idée réfutée par Planète éolienne : l’éolienne offshore, pourtant évoquée dans le rapport qui semble accorder une importance particulière aux énergies maritimes.

Discutées lors des trois tables rondes du Grenelle de la mer en juillet 2009 et déjà développées au Danemark, en Allemagne ou au Royaume-Uni, les énergies éoliennes marines ne sont pas utilisées dans les mers françaises. Mais « la France ne peut pas être absente » écrit le rapporteur :

« La mission souhaite une forte présence de la recherche et de l’industrie dans le domaine des ressources marines et notamment l’éolien offshore afin de fédérer ce qui devra constituer, à terme, une filière française compétitive. »

Problème : « Ce n’est pas une technologie aussi mature que les éoliennes de terre » explique Jean-Philippe Roudil. Et le coût, malgré la possibilité de produire de façon plus régulière et intense, est double.

Les difficultés techniques (corrosion, maintenance, nécessité de positionnement en eaux peu profondes et problèmes de raccordement au réseau de transport) ajoutent à l’augmentation du coût financier d’une telle solution.

Alors que le rapport martèle que le consentement de la population est essentiel pour que les objectifs soient tenus, Jean-Philippe Roudil s’exclame :

« Il ne faut pas se faire d’illusion, l’éolienne offshore posera des problèmes avec les usagers de la mer. Il faut rester cohérent. »

Mise à jour le 01/04 à 12h59. Remplacement du mot « hydroliennes » par « énergies éoliennes marines » suite au commentaire d’un riverain.

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  • camille_17
    camille_17
    étudiant école d'ingénieur
    • Posté à 13h25 le 01/04/2010
    • Internaute 68135
      étudiant école d'ingénieur

    Quelques petites précisions concernant les arguments avancés par la mission

    « Les éoliennes sont bruyantes »,
    il suffit de se placer au pied d’une éolienne pour constater que c’est relativement silencieux, j’aimerai connaître des résultats de mesures exactes du bruit qu’elle génère, je pense qu’on est très loin du bruit d’une route par exemple.

    « Meurtrières d’oiseaux »
    Chaque implantation d’éolienne doit bénéficier d’un avis favorable de LPO (ligue de protection des oiseaux). On pourra s’étonner de l’amour soudain des oiseaux des militants anti-éoliens.

    « Un repoussoir à touristes et à gibier »
    Quelle étude montre que les gibiers désertent les éoliennes ?
    Si c’est le cas, est-ce vraiment un problème puisque la plupart des éoliennes se situent dans des champs et jamais dans des forets.
    Quelle étude montre que les touristes désertent les zones à proximités des éoliennes. On peut même s’autoriser à penser cela peut en attirer.

    « Une menace pour la valeur des propriétés environnantes »
    Le terme de « menace » montre clairement que ça n’a jamais fait baisser la valeur des propriétés. On reste dans de l’hypothèse.

    « La proximité des éoliennes provoquerait, du stress, des insomnies, des nausées, des vertiges, une irascibilité, etc. »
    On remarquera l’emploie du conditionnel. On croit lire les effets secondaires d’une chimiothérapie. Je ne pense pas que les danois constatent une progression de tous ces phénomènes malgré une présence très forte des éoliennes chez eux

    Passons à l’offshore

    « Il ne faut pas se faire d’illusion, l’éolienne offshore posera des problèmes avec les usagers de la mer. Il faut rester cohérent »

    On peut raisonnablement penser que le partage de l’espace maritime entre éoliennes et usagers n’est pas un obstacle insurmontable.
    Si on veut être cohérent, il va falloir m’explique comment on compte avoir une « filière française compétitive “ si nos politiques apportent autant de soutient au développement de l’off shore qu’à l’on shore. On n’est pas vraiment les leaders dans l’éolien terrestre, j’ai du mal à imaginer une ‘forte présence de la recherche et de l’industrie l’éolien offshore’ à moyen ou à long terme ” au regard des conclusions du rapport.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 13h31 le 01/04/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Bien sûr, le fait que la France soir leader européen du nucléaire, et que le Danemark soit le leader européen de l’éolien n’est pour rien dans cette analyse...

    D’ailleurs, c’est bien connu, lorsqu’une centrale nucléaire se construit :
    - ça attire le tourisme
    - l’immobilier se porte bien dans les parages
    - c’est très joli
    - ça n’est absolument pas stressant
    - c’est super-facile à démanteler
    - les oiseaux et les poissons sont super contents
    - avec leur 160 mètres de haut et leur 140 mètres de diamètre, les tours réfrigérantes se marient fort bien avec les châteaux de la Loire, les maisons bretonnes, les colombages alsaciens et les longères de Sologne.

    Juste une dernière chose :
    Une centrale nucléaire crée beaucoup plus d’emplois locaux qu’un parc éolien. Mais bien sûr, ça n’a sans doute pas influencé les députés qui ont fait l’étude...

  • Ermite
    Ermite
    Consultant IT
    • Posté à 13h41 le 01/04/2010
    • Internaute 37758
      Consultant IT

    Et les centrales nucléaires, elles ne nous pourrissent pas le paysage, les centrales nucléaires ? ? ?

    Quelque chose me dit que les détracteurs qui utilisent l’argument « esthétique » seraient sensiblement les mêmes personnes qui s’extasieraient devant un moulin à vent « si pittoresque ».

    La mentalité NIMBY (« Not In My BackYard », « Pas Dans Mon Jardin » mais ça fait un trés mauvais acronyme en français) pourrit la vie en société.
    Personne n’est jamais prêt à faire le moindre effort, à accepter le moindre « sacrifice ».
    Oui mais... que ça doit d’autres qui en supportent les conséquences.
    Je veux ma télé, mon frigo, mon chauffage électrique,... et je suis pour que mes petits-enfants ne commencent pas à crever en même temps que la planête MAIS je ne ferais personnellement aucun effort pour trouver/accepter des solutions aux problèmes ecolo-énergétiques.
    Telle est le comportement des détracteurs des héoliennes.
    Enfin, quand ils n’ont pas quelques arrières-pensées plus obscures, bien sûr...

    Certes, il convient de faire les choses correctement.
    En essayant de minimiser au mieux les inconvénients des héoliennes et de leur implantation.
    Mais nous pouvons de moins en moins nous payer le luxe de la mauvaise foi.