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Surveillant au collège
La tete dans le pion

Dès la rentrée : « Tu vas pas passer ta vie à torcher des mômes »

Une saison passe. Les tours restent à leurs places. Vent, pluie, ciel gris, visages bronzés, mines réjouies presque enthousiastes : c'est la rentrée des classes. Dès la première récré, les anciens « baptisent » les nouveaux : « Eh ! Regardez ! Là-bas, c'est un sixième ! » A trente contre un, à tour de rôle. Le ton est donné. La suite
La tete dans le pion

Nouveaux départs et bonnes vacances au collège

Il y a sept voitures garées au fond de la cour de récré. Face à l'affluence, il a fallu improviser. Profs, Atoss (personnels administratifs, techniques, ouvriers, sociaux et de santé), principal, CPE (conseiller principal d'éducation) et surveillants… ce soir, le collège Alfred-Nobel appartient aux adultes. Heureuse coïncidence, ce premier crépuscule de juillet est chargé de puissants effluves estivaux. Ça sent bon les vacances dans cette banlieue sinistre. La suite
La tete dans le pion

« Si c'était à refaire, je travaillerais dans le bâtiment »

On se croise souvent, on se parle peu. Sourires, politesses, banalités, rien qui engage vraiment. On ne fait pas le même métier, mais on bosse entre les mêmes murs, pour les mêmes mômes. On se complète : notre travail s'arrête sur le seuil de leur salle de classe. Derrière la porte, ils sont confrontés à la même réalité. Il suffit de lire leurs rapports d'exclusion. La suite
La tete dans le pion

« Vas-y, ouvre la porte, sale enculé d’ta race! »

Ça n'a rien de personnel, mais il est revenu. Deux fois. Par bonheur, ma mère « la pute » et ma grand-mère, « la pute » aussi, ont été épargnées ces coups-ci. Il y eut d'abord ce mardi après-midi quand, profitant sans doute d'une entrée légitime (parent ou professeur), il s'est introduit dans l'établissement, accompagné d'un pote. Lui, visiblement ravi d'être là, à l'intérieur, fier et droit dans son complet casquette-jeans-baskets, s'est d'emblée mis à hurler : « Nique le collège ! Nique le collège ! » La suite
La tete dans le pion

Confidences après cours: amour, tendresse et « film de boules »

« Tu peux me remplacer ? » Il est bientôt 16h30 et Violette doit récupérer sa fille chez sa nourrice. Comme je passais au bon endroit, au bon moment, j'hérite de ses gardés à vue. Ils sont sept -six garçons, une fille- exclus de cours ou collés, reclus dans une pièce exiguë, attenante à la chaufferie. La suite
La tete dans le pion

« Tu gagnes combien? Mille euros? Ouah, c'est beaucoup! »

Pause déjeuner. Tout le monde dans la cour, c'est le règlement. Déjà échaudé, je furète dans les couloirs et traque les ados récalcitrants dans les recoins. Entre l'infirmerie et le réfectoire -cachette bien connue de tous- j'en débusque quatre, dont deux assis sur le sol carrelé, adossés au mur, en mode « loque humaine ». La suite
La tete dans le pion

Collège: les méthodes éducatives d'une CPE déchaînée

Mme Mercier est une femme surprenante, d'une rare endurance. Il en faut, pour assurer le poste de conseillère principale d'éducation (CPE). Elles sont trois, au collège Alfred Nobel. Mme Mercier s'occupe essentiellement des classes de sixième. Vendredi dernier, elle a de nouveau déployé des trésors de spontanéité et démontré la puissance et la résistance de son organe. Elle s'est chauffé la voix toute la matinée, dans son bureau. Entendu entre 10 et 11 heures : La suite
La tete dans le pion

La foule de collégiens, les bergers et le camion de glaces

Le travail du surveillant emprunte beaucoup à celui du berger, à ceci près que les moutons ne doivent pas montrer patte blanche pour entrer et sortir de l'enclos. Question de sécurité, rapport à de fâcheux antécédents. Au collège Alfred-Nobel, deux gardiens sont postés au portail à chaque heure, qui s'assurent que les loups ne se faufilent pas dans le troupeau. La suite
La tete dans le pion

« C'est toi le nouveau surveillant? Tu vas souffrir! »

Quand le train marque l'arrêt, mieux vaut ne pas s'attarder sur le quai, ni même dans le centre commercial qui le surplombe. Le bruit court que cette gare compte parmi les moins sûres du réseau francilien. En sortant, suivre la rue sur 200 mètres. S'engager dans cette « zone urbaine sensible » notoire, longer les barres d'immeubles jusqu'au rond-point. La suite