
Dès la rentrée : « Tu vas pas passer ta vie à torcher des mômes »
Une saison passe. Les tours restent à leurs places. Vent, pluie, ciel gris, visages bronzés, mines réjouies presque enthousiastes : c'est la rentrée des classes. Dès la première récré, les anciens « baptisent » les nouveaux : « Eh ! Regardez ! Là-bas, c'est un sixième ! » A trente contre un, à tour de rôle. Le ton est donné.
Peu de choses ont changé au collège. Comme les élèves, les nouveaux profs font profil bas. Pas comme les cinquième que je garde en salle de travail ce matin. Ils commencent par exiger une révision des tables de multiplication. C'est trop beau pour être vrai.
Je les envoie, un par un, me décliner au tableau les multiples de trois, cinq, huit, ou, pour corser le jeu, onze et treize. Mais ce jeu lasse vite les sept garçons assis aux deux premiers rangs, qui préfèrent improviser un concours de vannes sur les mères. Les autres demandent encore sagement s'ils peuvent écrire la table de neuf, ou de quatre, en levant le doigt et en me donnant du « monsieur ».
Les sept agités doivent maintenant déclamer « leur » rap, un égotrip rudimentaire fortement influencé par le maître à rimer local, Sefyu, dont ils reprennent en chœur le titre « Molotov 4 ». Ce qui conduit Driss à narrer son dernier exploit, un « cocktail » inflammable au White Spirit :
« Tu mets dans la bouteille, après t'allumes la mèche, t'as vu… Non, j'ai pas jeté, moi j'ai juste fait rouler par terre. Après, ça a fait “boum ! ” et moi, j'ai couru, j'ai couru… »
Au moins, il a fait des progrès en chimie pendant les vacances.
Quelques heures plus tard, dans une salle de travail clairsemée, Chloé, qui redouble sa troisième, me raconte son père. Comment il l'a « corrigée » quand elle lui annonça ses premières heures de colle. Comment il a réagi quand elle lui révéla sa vocation d'institutrice-puéricultrice :
« Tu vas pas passer ta vie à torcher des mômes. Déjà que t'auras à t'occuper des tiens, alors en plus ceux des autres… »
C'est décidé, elle sera médecin, ou avocat, ou superfliquette, ça dépend. « Des fois, on regarde “Les Experts” à la télé et il me dit : “C'est ça que tu devrais faire.” Mais moi, c'est pas ça que je veux. » Aura-t-elle le choix ?
Peu de choses ont changé. Les élèves ont toujours autant besoin de repères et de réponses. Et toujours autant d'énergie à dépenser. Les surveillants, présumés planqués, ont fini cette première semaine sur les rotules, ramadan ou pas. Mais ça ne suffit pas. Le principal a réclamé plus de rigueur et d'efficacité que l'an dernier. Comment faire mieux alors que notre effectif a diminué ? « Vous serez plus productifs », a répondu le patron.
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De marie 75
11H04 | 08/09/2008 |
11 et 13 … toujours non crédible cette rubrique
à marie 75
De Teez-teez
Back in the USSR | 11H29 | 08/09/2008 |
pourquoi ?
à marie 75
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 12H05 | 08/09/2008 |
Plus que d'accord avec toi Marie !
A quand de vrais écrits ?
à eelisa
De Teez-teez
Back in the USSR | 12H14 | 08/09/2008 |
qu'est-ce qui vous dérange, dans cette chronique ?
à eelisa
De michel 13
| 22H39 | 08/09/2008 |
ça veut dire quoi ce genre de reamarques ?
à marie 75
De Atchoom
Dessinateur d'études | 12H34 | 08/09/2008 |
oui qu'est ce qui vous dérange ? ? je vois le compte rendu de la rentrée des classes du point de vue d'un surveillant, il à quand même le droit d'écrire pour exprimer ce qu'il voit.Moi ça m'intéresse, et si ce n'est pas votre cas et bien zaper mais n'écrivez pas ce genre de commentaires débiles !
à Atchoom
De Desiderio
16H06 | 08/09/2008 |
Je vois d'abord un défouloir personnel où tout le monde est mis en cause (élèves comme enseignants), pas de réflexion sur l'éducation.
à marie 75
De Ludik69
toxico de l'info | 12H42 | 08/09/2008 |
Salut marie75, ca serait pas mal si tu argumentais un peu plus.. Même si tu as deja du le faire auparavant.
à marie 75
De numahel
19H46 | 15/09/2008 |
2nd ° … ou bien, en français clair, second degré. Ce sont des tranches de vie, c'est un blog, pas un article documenté.
Replacez le récit dans son contexte …
De caro
délinquante avérée | 12H25 | 08/09/2008 |
perso, j'aime bien ces petits textes « tranche de vie », sans autre prétention que faire partager un moment vécu.
Et pourtant, il y a de quoi dire derrière ces mots ! la surpopulation des classes, la diminution de l'encadrement, les préoccupations de certains, le rap, les « jeux » plus important que ce qu'on peut apprendre en classe, le sort des filles.
Merci
De marmotte64
Super héros | 13H09 | 08/09/2008 |
Je crains que ce récit, pour véridique, ne s'attache à quelques cas « particuliers ».
Les 7 agités qui font du rap en scandant « molotov4 », le jeune con qui commence sans lente et directe chute vers la prison en s'essayant au dit cocktail, la fille qui s'est faite tancer par son gros relou de père, et ses projets de resilience…
Bref, je crois fort qu'en stigmatisant ainsi la banlieue, on ne nous donne finalement pas la chance d'avoir espoir en tout ceux qui ne se cantonnent pas à une sous-culture violente et qui attaquent courageusement et sérieusement leur rentrée scolaire.
Encore et toujours, on se focalise sur les 7 fauteurs de troubles, et c'est les 200 autres qui sont stigmatisés.
à marmotte64
De Teez-teez
Back in the USSR | 14H01 | 08/09/2008 |
« Encore et toujours, on se focalise sur les 7 fauteurs de troubles, et c'est les 200 autres qui sont stigmatisés. »
mais pourquoi parler de stigmatisation ? l'auteur ne tire pas de conclusion générale sur la banlieue ! il parle de quelques élèves d'un collège d'un quartier d'une banlieue, quelque part en France !
C'est un témoignage : il devrait faire quoi, déclarer « mais n'oublions pas qu'outre ces élèves dissipés, il y en a aussi 200 qui sont gentils et désireux d'apprendre » ?
Laissez-lui sa liberté d'expression, merde ! C'est quoi, cet utilitarisme permanent ? Tous ces discours qui DOIVENT absolument démontrer quelque chose, avoir un RESULTAT tangible, donner une LECON ! ben non, on peut aussi laisser le lecteur tirer les conclusions qu'il veut !
à marmotte64
De Ludik69
toxico de l'info | 14H51 | 08/09/2008 |
« le jeune con qui commence sans lente et directe chute vers la prison en s'essayant au dit cocktail »
vous voyez des délinquants en puissance là ou il a des gamins de cinquièmes qui reconte des conneries en salle d'étude … Deja il est evident que votre « ravachol » en herbe invente tout ca pour se la raconter avec ses potes.. Essayez de faire exploser un cocktail molotov avec uniquement du white spirit dedans et je vous paye un resto (et je donnerai aussi un peu de peau de mes fesses si besoin pour une greffe).
« la fille qui s'est faite tancer par son gros relou de père, et ses projets de resilience… » oui et ? on voit ça que dans « l'instit » ? ? ? Ca peux pas être vrai ? ? ?
« Bref, je crois fort qu'en stigmatisant ainsi la banlieue » Je ne comprends pas, a part votre interpretation de cet article il n'y a rien de « stigmatisant » sur cette page
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 14H36 | 08/09/2008 |
Pour ma part je trouve cet article trés bien fait, il me fait penser à ceux de Nestor Roméro écrits par quelqu'un d'autre.
On aime ou pas mais de là les démolir.
Ci-dessous le dernier de N. Roméro.
http://www.rue89.com/restez-assis/perigord-un-autre-troisieme-age-est-po…
De Andbeyond
Etudiant un peu utopiste passionné ... | 01H02 | 09/09/2008 |
This is the frightening truth of a country gone wrong.
De Brividi
Scribouillarde mais pas que | 09H36 | 10/09/2008 |
Eh bien, je vois que sur Rue89 aussi ça s'écharpe. Dommage.
Cet article est tout à fait intéressant à bien des égards. Cette phrase prononcé par un père qui, visiblement, ne crois plus en grand chose (et qui en plus a l'air d'avoir adoré « trocher le cul de ses gosses » ! ) donne le ton de la façon dont beaucoup de gens voient l'enseignement, en particulier destinés aux plus jeunes. C'est bien triste (et je ne suis même pas prof ! ). Cet article ne stigmatise personne, il donne le ton d'une réalité, point.
De plus, on peut y voir aussi l'impact de la télévision (je sais, c'est pas nouveau, mais comme nous continuons tous à la regarder…) qui oriente le désir des téléspectateurs quant à leur propre existence, pire celle de leurs enfants (et je suis certaine que ce monsieur n'est pas seul dans ce cas(ca)-là). Ce n'est pas que c'est mauvais en soi (la téloche peut aussi avoir quelques bons côtés), mais si ce monsieur savait combien Les Experts n'ont rien à voir avec la réalité d'un boulot de flic (et je ne suis même pas flic ! ).
Victor, bon courage et gardez à l'esprit sue, en effet, les enfants ont besoin de gens cérébrés autour d'eux, de gens qui leur résistent, dans un monde où presque tout part en cojones. Vives les pions (c'est parfois avec eux que l'on peut faire « échec au roi »).