Bientôt sur les écrans, « L'Affaire Nicolas Le Floch »

J'ai assisté à la projection en avant première du téléfilm « L'Affaire Nicolas Le Floch » coproduit par la Compagnie des phares et balises et France télévisions, pour France 2. 108 minutes à diviser en deux épisodes. Le téléfilm est tiré du roman éponyme de Jean-François Parot (Ed Jean-Claude Lattès), et réalisé par Nicolas Picard-Dreyfus.
De la fiction télévisuelle haut de gamme, très bien tournée, beaux paysages, beaux décors, beaux duels, belles cavalcades dans la forêt.

Le principal attrait de Parot, un diplomate gourmet devenu romancier un peu par hasard, réside dans la précision scrupuleuse apportée au tableau du Paris du XVIIIe siècle qu'il propose dans ses romans. Il y mêle avec talent événements historiques et intrigue policière solidement construite. On sent planer l'ombre de Dumas et de Balzac (Vidocq) dans ces histoires menées de main de maître. On songe aussi aux enquêtes du fameux Lecoq créé par Emile Gaboriau au XIXe siècle. Le film se situe dans cette droite ligne.

Une aventure rocambolesque sur fond de services secrets

Ici, dans cette « Affaire Nicolas Le Floch », c'est l'histoire d'un grand flic aux prises avec les ennemis du pays, essayant de se débattre dans les filets des manipulations subtiles développées par les agents secrets au service du pouvoir. Et à leur propre service. Ça vous rappelle bien sûr quelque chose ? …

Vous n'y êtes pas, nous ne sommes pas dans notre temps, mais au XVIIIe siècle. Nicolas Le Floch, aidé par une belle jeune femme maligne, La Satin, et un jeune et brillant commissaire au Châtelet (l'ancêtre de la Préfecture de police et de la police judiciaire), enquête pour le compte de M. de Sartine, lieutenant général de police du Roi, autrement dit le préfet de police.

A la fin du règne de Louis XV, sur fond de luttes de pouvoir, les complots et les meurtres vont bon train : disparitions mystérieuses, meurtres, vengeances, conspirations contre le Roi. Nicolas Le Floch apprend la mort de la très jolie Julie de Lastérieux, empoisonnée à la veille de son mariage. On soupçonne Nicolas d'avoir supprimé sa maîtresse par dépit amoureux.

Nicolas Le Floch est contraint d'enquêter pour son propre compte. Il apprend par monsieur de Sartine, que la belle Julie de Lastérieux, appartenait en fait aux services secrets du roi. En la supprimant, on a tenté d'entraîner Nicolas dans une sombre machination. Afin de l'éloigner provisoirement des périls de l'enquête, Louis XV, qui lui conserve toute sa confiance, le charge d'une mission très spéciale à Londres, où il s'agit de ramener à la raison monsieur de Morande, pamphlétaire peu reluisant qui veut publier « Les Mémoires d'une femme publique », lesquelles mettraient en cause le ban et l'arrière ban du Royaume.

Bien que la torture soit monnaie courante, Nicolas veut des preuves avant d'accuser. Des tripots aux salons feutrés de Versailles, de la Basse-Geôle aux bordels de la Paulet, il s'y attelle avec acharnement et parvient au bout de cette enquête des plus délicates. Malgré bien des obstacles il éclaircira l'énigme de la mort de Julie de Lastérieux, éventant un complot ourdi par Choiseul contre Louis XV qui devait laisser la place à son fils, le Dauphin.

Dans cette aventure rocambolesque le jeune commissaire croise le chevalier d'Eon, Beaumarchais, censé être le chef du Secret du Roi, les RG de l'époque. Beaumarchais, Yves Bertrand, même combat ? On est proche de l'histoire réelle… C'est l'occasion de rappeler que sous Louis XV la France a failli devenir la plus importante puissance du monde en matière de renseignement !

Outre le sémillant Jérôme Robart, en Nicolas Le Floch, très à l'aise en flic honnête et joli garçon, j'ai apprécié l'interprétation de Sébastien Thiery, en Beaumarchais chef du Secret du Roi -c'est à peu près avéré- et surtout la composition savoureuse de François Caron en Lieutenant général de police. Il est possible que Hugues Pagan, le scénariste, se soit inspiré pour tracer la figure du « chefs des flics » des figures de quelques préfets de police récents. En tout cas, ça m'a rappelé des souvenirs précis.

L'Affaire Nicolas Le Floch Au cinéma le 23 octobre, à la télévision le 28 octobre - Avec Jérôme Robart (Nicolas Le Floch) Mathias Mlekuz (Inspecteur Bourdeau) Vimala Pons (La Satin) François Caron (M. de Sartine) Claire Nebout (La Paulet) Philippe Demarle (Le chevalier d'Eon) Sébastien Thiery (Beaumarchais).

3 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de jyeden

De jyeden

khmer vert ( age des caverne, pierr... | 16H39 | 13/10/2009 | Permalien

Dommage que ce ne soit qu'un téléfilm,
le romancier s'ingénie à rendre le paris du XVIIIème siècle et campe magnifiquement sartine
j'espère qu'il ne sera pas trahi dans l'adaptation

Portrait de NELEPHANT

à jyeden Portrait de jyeden De NELEPHANT

10H08 | 14/10/2009 | Permalien

Presque d'accord avec vous.

Cependant, j'avais déploré dans le premier téléfilm une espèce d'uchronie , le réalisateur utiilisant une image sombre et proposant dans sa la mise en scène une atmosphère un peur glauque à la Olivier Marchal ( que j'apprécie beaucoup par ailleurs, bien sûr ).

Portrait de annesoso

De annesoso

étudiante | 15H10 | 15/10/2009 | Permalien

Bonjour à tous,

Je tenais à préciser que Nicolas le Floch sera diffusé les 23 et 30 octobre prochain sur France 2 à 20h35, contrairement à ce qu'à écrit Philippe Madelin.

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