
Procès de Villiers-le-Bel : l'ordre au prix du désordre
En banlieue, le grand désordre risque d'être le prix à payer pour le rappel à l'ordre à tout prix.
Alors que les incidents se multiplient en banlieue entre « forces de l'ordre » et jeunes, le premier procès consacré aux violences qui ont éclaté à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, en novembre 2007 s'ouvre ce jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Pontoise.
Dix personnes sont jugées durant deux jours pour des jets de projectiles contre les forces de l'ordre. Ils comparaissent libres sous contrôle judiciaire et sont poursuivis pour violences volontaires. Plusieurs circonstances aggravantes ont été retenues, les faits ayant été commis avec armes, sur des fonctionnaires de police, en réunion, avec guets-apens. Les prévenus encourent jusqu'à sept ans de prison.
Le principe constitutionnel est que toute faute doit être sanctionnée, surtout quand les « forces de l'ordre » sont impliquées. Mais est-il bien raisonnable de se lancer dans une telle opération judiciaire alors que se multiplient les signes d'une aggravation des tensions entre les « jeunes » habitants des banlieues déshéritées et l'Ordre public ?
Est-il vraiment raisonnable de considérer comme des victimes des CRS cuirassés de pied en cap qui se sont déclarés « blessés légers » dans les affrontements. Peut-être pour obtenir quelques jours de « congé-maladie ».
Je parle de ces affaires de banlieue depuis vingt ans dans mes bouquins. J'ai visité la Cité des Bosquets à Montfermeil voilà trente ans, bien avant les « hautes autorités de l'Etat ». On y brûlait déjà des voitures de police.
J'ai patrouillé avec et sans les flics dans ces banlieues, sans attendre l'exemple du conseiller spécial et plume de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino : désirant participer à une ronde de nuit policière, il était à bord d'une voiture de la BAC (brigade anti-criminalité) qui a été la cible de jets de pierre à Montfermeil, justement.
Mes témoignages sont vains : ces messieurs de là-haut ne lisent pas.
Ne serait-il pas temps de considérer le problème par le bon bout, en traitant les causes, et non en se lamentant sur les effets ?
Sinon, on aura vraiment la guerre.
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à Enki
De Philem
16H45 | 02/07/2009 |
évidemment. d'où mon « d'accord avec le reste » qui sous entendait tout cela. de façon pas si évidente visiblement. Merci pour Brassens. à propos de textes, il y a des textes qu'il faut vraiment écouter même si les voix sont beaucoup moins, à mon gout, délicates aux oreilles et que se fader un album entier est un peu une épreuve. Je pense à Soprano (de marseilles), Sefyu Molotov (de bagneux) ou encore Koma. Hamé, lui, est hors concours…
a écouter, ou lire…
De sacrés articles d'expert ès banlieue que ces chansons …
à Enki
De kkadim
service public rhone alpes | 16H43 | 02/07/2009 |
juste pour aller un peu dans votre sens : il y avait, il y a un ou deux moins, un excellent article dans le monde diplomatique, où l'auteur reprenait la Guerre des boutons, et démontrait, à travers une analyse à la sauce judiciaire d'aujourd'hui que les heros de ce film, ou de cette nouvelle, n'était que des racailles, délinquants, y compris sexuel, et devrait être condamnés à plusieurs années de prisons. tpit celà pour dire que c'est plus une vision des actes que les actes en eux mêmes, bref leur perception ou celle que l'on veut leur donner, qui importe. et pour tout dire, vu mon age qui devient plus que certains, je peux vous dire que je plains les gamins d'aujourd'hui car « de mon temps » (ah le bonheur de jouer au vieux con) je ne récoltais qu'une paire de baffes, un coup de pied au cul, ou même une simple engueulade, quand ce n'était pas un « ah les gamins… » mi exaspéré, mi fataliste. aujourd'hui c'est la garde à vue, les flics, au moindre écart de conduite. je vous paris que le prochain scandale sera une palpation anale sur un gamin de 10 ans, à moins que ce ne soit un mioche de 10 mois retenu pour tapage diurne dans une gare (marseillaise par exemple, parait qu'il sont trés sensible de l'oreille par la bas).
à kkadim
De Enki
Alchimiste | 16H56 | 02/07/2009 |
Oui, c'était excellent de rappeller « La guerre des boutons », c'était un peu l'idée du Brassens plus haut : Relativiser.
Liger, plus haut, fait un bon tableau de l'incivilité rurale aussi. J'ai des vieux copains ardèchois que les cailloux font bien rigoler, quand ils décrivent les bastons inter-villages à chaque balloche (ce qui ne doit pas être propre à l'Ardèche).
Chez moi, c'était les corons…
Et dans les cités minières au début du siècle, pareil, la misère qui pète les plombs, les tournantes… On a rien inventé dans les cités.
à Enki
De KfC
struggling for life | 06H02 | 03/07/2009 |
http://www.monde-diplomatique.fr/2009/06/ROTHE/17241
Un apercu de l'article ici : P
Pour revenir à l'article, je n'ai pas vraiment (j'ai expérimenté tout au plus) la vie en banlieue, mais je sais que au delà de l'image négative qu'elle colporte, l'ambiance au sein de ces petites communautés est bonne et le respect est présent.
Ces « îlots » me posent un problème, enfin la raison de leur existence, fruit d'une politique sécuritaire, jouant sur la peur du bon père de famille.
Ils me font penser, à juste titre je crois, aux ghettos de Varsovie, et à ces « burakumin “, les mal-vus de la société japonaise (article ici > http://www.europe-solidaire.org/spip.php ? article13834)
Alors quand on voit tout ces reportages biaisés, le français moyen qui n'a que des aprioris sur le banlieusard s'en trouve conforté dans son opinion.
La psychologie a démontré que notre plus grande angoisse dans la mort, c'est la peur de l'inconnu, cette même peur qui anime le choix d'un électeur, et ça nos politiques l'ont bien compris.
Il ne reste plus qu'a espérer que ça change
à Philem
De Ph.Madelin
écrivain | 16H03 | 02/07/2009 |
Merci pour votre estime
à Ph.Madelin
De Philem
16H32 | 02/07/2009 |
estime sincère, estime sincère,mais, et en toute humilité croyez le bien, qui aime bien…
Parce que là, franchement, enfin…
Trois écran devant moi, dont un pour la rue, une vrai maladie, ça écrit vite sans trop réfléchir (moi en tout cas) et j'y dis des conneries aussi, un peu comme au bistrot et ce n'est pas très grave, la rue quoi ! Mais un article, on est censé s'être posé un peu plus. bref !
; -)
Et sinon, il fait chaud aujourd'hui…
à Philem
De Compte utilisateur bloqué
import-export | 06H17 | 03/07/2009 |
« Ils me font penser, à juste titre je crois, aux ghettos (sic) de Varsovie… » :
Oui, il fait chaud et l'on voit que cela affecte gravement vos neurones.
Mais le plus pathétique c'est de voir Philippe Madelin adhérer servilement à vos divagations…
De papy57
retraité | 14H50 | 02/07/2009 |
Est il normal de faire le C.. à xh00 de la nuit en scooter en faisant des infractions et d'emmerder les honnétes citoyens qui dorment ?
Ceci est la question mes enfants, mes petits enfants maintenant ne sortaient ou ne sortentt pas aprés une certaine heure.
à papy57
De Liger
liger.amsud.net | 15H54 | 02/07/2009 |
Famille mono-parentale (ou pas), parent(s) qui bosse de nuit, ou qui galère dans les transports en commun…
Et le choix entre Arthur à la télé, et une vie sociale.
La vie sociale, c'est sortir, et découvrir le monde aussi loin qu'on peut, tout en pouvant rentrer en RER avant qu'il ne ferme.
A Villiers-le-Bel, aussi loin qu'on peut, c'est en bas de l'escalier.
De kkadim
service public rhone alpes | 16H28 | 02/07/2009 |
c'est marrant : sur france inter, ce matin j'ai entendu un syndicaliste d'alliance ( syndicat de policiers pas particuliérement laxiste me semble t il ) appelé à la modération dans le style : oui il faut des sanctions, mais si elles étaient trop fortes celà serait plus néfaste qu'autre chose…
comme quoi si même les policiers en viennent à craindre les outrances de la justice sauce sarkozy, y a du soucis à se faire
De skalpa
actif et militant ? | 16H45 | 02/07/2009 |
Vu en Une de 20 minutes ce matin :
» Les leçons de Villiers-le-Bel(…) Depuis, la police a adapté ses méthodes ».
A l'intérieur, qu'est-ce qu'on lit ? extraits :
« les policiers ont désormais des boucliers de protection plus hauts de 20 cm » ; « les forces de l'ordre ont vu la portée de leurs flash-balls doublée. Ils ont aussi reçu de nouvelles lunettes et disposent désormais d'éclairages spécifiques pour les interventions de nuit » ;
« processus de militarisation de la police »
« Le préfet de police peut désormais utiliser les forces spécialisées de Paris »
« Reste un point, crucial, sur lequel les agents n'ont guère progressé : la prévention et le lien à tisser avec la population, pour éviter qu'une crise n'éclate. »
No comment….
http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De PdG. arrive a bon port
Expatrie | 17H04 | 02/07/2009 |
Je crois que vous en avez oublie une ! ! , extrait :
« L'utilisation de bouclier humain, type Guaino (voire prefet de la republique) est maintenant preconise pour la protection pendant les conflits urbains ! ! ! »
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 20H47 | 02/07/2009 |
Si je comprends bien ce que propose l'auteur de cet article c'est de ne pas poursuivre en justice les auteurs de délits dès lors que ces auteurs proviennent de quartiers dits « difficiles ». C'est bien ça ?
à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
De Bump23
- | 21H26 | 02/07/2009 |
Ouais, c'est aussi ce que je comprends en lisant ce petit article.
Un concentré de culture de l'excuse bien saupoudré de veulerie, à l'image de son auteur sans doute.
à Bump23
De Utilisateur désinscrit à sa demande 2
nc | 22H15 | 02/07/2009 |
D'autant plus que les émeutes de Villiers le Bel, on sait très bien ce que c'est. C'est une opération des mafias locales pour protéger leur territoire contre les incursions de la police.
Rien à voir avec une agitation sociale quelconque (qui déjà, en elle-même, n'excuserait rien).
La méthode Madelin pour lutter contre le crime organisé : tendre l'autre joue. Il n'y a pas de doute, c'est brillant. C'est perspicace.
Je ne croyais pas que ça existait encore des gens qui pensaient sincèrement des âneries pareilles. Comme quoi le sida mental fait toujours des ravages…
De anarchy
glandeur | 04H25 | 03/07/2009 |
ordre désordre…toujours la meme chose. Et si on s'interessait à ceux qui détiennent le pouvoir et qui se comportent comme des voyous , on pourrait peut etre aller plus loin dans ce débat des cités. Mais non les gens de droit(e) et de l'umps n'aiment pas critiquer les élites.
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 06H46 | 03/07/2009 |
Aujourd'hui, pour risquer la très forte amende et la prison, il faut écrire dans la presse ou faire connaitre certaines vidéos.
° Les destructeurs réels de la société sont à l'abri des sanctions
simplement parce que leur pouvoir de nuisance est bien plus important que les attentes de socialisation attendues des peines qui pourraient leur être infligées.
¤ Dans tous les cas de figure, ce sont les plus modestes qui dérouillent, car j'ai rarement vu brûler une Jaguar, une Rolls ou une Maserati.
- Mais c'est vrai que leur proprios n'habitent pas les lieux pourris !
De Le Yéti
yetiblog.org | 06H54 | 03/07/2009 |
VOISINS
Rue89 permet à ses riverains de se choisir leurs « voisins ». Je considère volontiers Philippe Madelin (avec quelques autres genre Michel Wieviorka) comme un des plus chers de tous ceux-là.
Pas qu'on soit d'accord sur tout, mais c'est la qualité de leurs argumentations qui m'épate.
A l'occasion, je me ferais grand plaisir de leur offrir à tous un petit coup d'apéro à la maison.
à Le Yéti
De Compte utilisateur bloqué
import-export | 08H03 | 03/07/2009 |
Asinus asinum fricat.
Entre vieux baba cool d'ultra-gauche et demeurés de mai 68 on se tient les coudes…
à Compte utilisateur bloqué
De Le Yéti
yetiblog.org | 09H16 | 03/07/2009 |
Entièrement d'accord avec rapoport (à quelques menus « qualificatifs » près) : « Entre vieux […] de mai 68 on se tient [et on lève] les coudes… »
… et on emm… en bloc tous les pisse-vinaigre, quel que soit leur bord !
De jmc06
retraite | 07H10 | 03/07/2009 |
ben koi y a rien de spécial, dans les banlieues
ça tire toujours à la kalachnikoff, ça brule des bagnoles, des quartiers sous la coupe des chefs de bande
la routine koi
De alberte
Sage-femme retraitée | 18H51 | 03/07/2009 |
Il parait que notre petit homme lit beaucoup, vous devriez suggérer à ses conseillers de lui faire lire votre livre ! !
De Perdu_68
Ouvrier dépressif | 20H08 | 03/07/2009 |
« Ne serait-il pas temps de considérer le problème par le bon bout, en traitant les causes, et non en se lamentant sur les effets ? »
Oui, mais cette génération n'a (presque) même plus rien à attendre. Ils èrrent dans la vie d'une manière générale, à cause de ne pas avoir réussi leur scolarité, et se voient (ou sont) destinés à un avenir sans aucune perspective, alors que font-ils ?
Et bien le genre de choses dont parle cet article. Ils n'ont juste aucune solution réellement valable. S'accrocher pour décrocher un travail ?
Ils n'ont accès (et encore difficilement souvent) qu'à des boulots où atteindre le top de sa carrière c'est obtenir un CDI. Et on attends d'eux qu'ils tolèrent d'être condamnés à durée inderminé dans un boulot où ils s'emmerdent parce qu'ils n'ont rien à en attendre de plus qu'un salaire à la fin du mois ?
Quelle vie inintéressante, je comprends ceux qui n'ont même jamais essayé (influencés par les echecs des leur entourage) ou ceux qui se sont accrochés mais se sont retrouvés face à un mur dans la vie active, souvent sous les ordres de responsables ayant tous suivis une scolarité dans l'enseignement général et correctement diplomés ?
Difficile pour eux de ne pas sombrer dans un état d'esprit négatif.
J'ai été dans un collège de banlieue, habitant par contre une maison à proximité des HLM, et mes modestes amibitions je les ai déja définitivement oublié à 25 ans. De mes expériences professionnelles, j'en ai retenu qu'il y a une place qui m'est en quelque sorte destinée, et que j'y suis coincé.
Même si ce n'est pas réellement le cas, difficile de conserver un état d'esprit positif (indispensable) quand votre environnement (et même mon père pour m'a part) parvient à vous convaincre que vous ne pourrez pas y faire grand chose.
EDIT : Marche pas vraiment la fonction « prévisualiser » hein ! : (
De linchen
enseignante | 23H10 | 03/07/2009 |
« les faits ayant été commis avec armes, …en réunion »
cette citation convient à tout point de vue à … la police.
Les émeutes des « banlieues », territoires délaissés, abandonnés de notre république, foyers que la moindre étincelle policière vient attiser.
Comment voulez-vous que nos jeunes restent calmes face à la mobilisation policière, surarmée… Cherchez l'erreur (armes, en réunion ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ).
C'est un constat, un pur constat, accablant et rien n'est fait pour trouver une issue humaine.
Honte à ce régime policier qui entretient délibérément la peur de l'autre.
Jeunes de nos cités, au sens noble du terme, montrez-leur qu'ils ont tout faux et que vous avez raison, l'INSEE vous soutient, délit de faciès dans les statistiques, on va continuer, ce sont eux - dans leur tour d'ivoire - qui se trompent, à force de ne rien y voir !
De Papycool
graphiste | 10H09 | 04/07/2009 |
Eux sont déjà jugés, mais qu'en est-il de l'enquête sur l'accident, catalyseur de toutes ces violences ?