Et si les crises étaient causées par des gangsters ?

Un trader à la fermeture de la Bourse de New York (Brendan Mc Dermid/Reuters).

On a tout dit sur la crise financière actuelle, on a démonté tous les rouages de cette infernale mécanique qui des subprimes nous a conduits à la profonde crise économique qui ravage aujourd'hui le monde. Sauf à identifier les ressorts fondamentaux qui seraient des agissements mafieux, des pratiques criminelles avérées.

Un commissaire de l'Union européenne allait jusqu'à dénier il y a encore quelques jours toute dimension criminelle à la crise. Trois experts, le journaliste Xavier Raufer, animateur du Centre de recherche sur les menaces criminelles contemporaines (MCC, lié à l'université Paris 2, Panthéon-Assas), Noël Pons (inspecteur des Impôts, chargé de mission au Service central de prévention de la corruption) et Jean-François Gayraud (ancien n°2 de la sous-direction de la sécurité et de la protection du patrimoine à la DST, chargé de mission à l'Institut national des hautes études de la Sécurité) ont entrepris de mettre la question sur le tapis.

Oui, affirment-ils à l'unisson, la crise actuelle, comme les précédentes, est directement liée à la criminalisation de l'économie. Ils ont jeté le pavé dans la mare devant un public très fermé de spécialistes lors d'une conférence tenue mardi soir 18 novembre à la faculté de droit du Panthéon.

Des mafieux se sont emparés de nombreuses Caisses d'épargne américaines

Pour comprendre, insiste le commissaire Gayraud, il faut remonter à la crise des « Savings and Loans » qui a ravagé le monde des Caisses d'épargne américaines au cours des années 80. Près de 80% d'entre elles ont disparu dans la tourmente, 747 en tout, sur l'ensemble du territoire américain. Le coût de cette crise est estimé à environ 160,1 milliards de dollars, dont 124,6 milliards assumés directement par le Trésor américain, donc par les contribuables.

Il n'avait pas échappé à certains groupes mafieux, expose-t-il, que le domaine des Caisses d'épargne n'était régi par aucune régulation sérieuse, par aucun contrôle efficace. La situation a été aggravée par une loi « Garn-St. Germain Depository Institutions » de 1982, dérégulant totalement le secteur.

Les mafieux se sont enfoncés dans cette faille pour mener leurs affaires criminelles. Ils se sont en particulier acoquinés avec des directeurs de caisse pour s'emparer d'un grand nombre d'entre elles, les piller par divers moyens pervers.

Prêts sur documents falsifiés, à très faible taux, accordés dans des conditions plus que libérales : ces quelques pratiques ont permis à l'économie criminelle de s'alimenter largement en cash. Nous sommes bien dans la configuration d'une économie criminelle. L'essentiel des gains illicites engrangé par les mafias a disparu dans des institutions financières situées dans des paradis fiscaux.

De façon assez étonnante les Yakuzas japonais sont réputés avoir pris une part majeure dans ce scandale. Première conséquence, chute dramatique du marché de la construction américain, passant entre 1986 et 1991 de 1,8 million de maisons par an à 1 million. Et tout le système du financement de la construction s'effondre, alors que les banques classiques n'ont guère d'expérience en ce domaine. C'est l'essentiel à retenir.

Les comptes sont truqués

Car, souligne pour sa part Noël Pons, la crise qui a éclaté ce printemps est dans sa mécanique quasi identique à celle des années 80, sauf que les acteurs sont différents. Dans une nouvelle configuration, les banques sont désormais alimentées en demandes de prêts par des courtiers spécialisés, qui promettent tout, et même la lune.

Le montant des prêts dépasse fréquemment les 125% de la valeur de la maison objet de l'emprunt, dont la valeur est elle-même fortement surévaluée. C'est plus simple, plus sûr, mieux que le casino. Pour éviter une mise en lumière trop crue sur ces méthodes désastreuses pour l'avenir, mais plus que profitables dans l'immédiat, les banques entreprennent de regrouper dans des pots communs les prêts, en les « titrisant », puis dans un deuxième temps en mêlant ces titres pourris avec d'autres créances dans des structures globales qui seront elles-mêmes valorisées de façon anarchique.

Naturellement, les comptes sont truqués. Dans un troisième temps, ces structures « globalisées » sont assurées, puis réassurées, nouveaux flux de fonds, donc, et enfin revendues à des « investisseurs » tout aussi douteux que dans les années 80, logés, bien sûr, dans des paradis fiscaux.

Des manœuvres frauduleuses du bas en haut de l'échelle

Les « créances » revendues servent elles-mêmes de levier pour « lever » des emprunts auprès des grandes banques d'affaires. Lesquelles placent ces « valeurs virtuelles » auprès d'autres banques qui n'y voient que du feu, notamment en Europe occidentale et de l'Est ; dans des collectivités locales -les municipalités anglaises et plusieurs conseils généraux français en sont infectés- ; ou à des institutions aussi surprenantes que des clubs de foot ; etc.

Autrement dit on vend à tout le monde du vent, puisque la base de toute la machinerie est constituée en grande partie de créances non recouvrables. Un point est absolument certain : du bas en haut de l'échelle sont mises en œuvre par manœuvres frauduleuses des pratiques criminelles et par tout le monde. La plupart des opérateurs étant conscients de leur implication.

Ceux qui s'y refusent sont écartés sans ménagement. Les autres acceptent parce que les « bonus » -on les estime à 3 milliards de dollars- sont si importants qu'on ne peut les négliger. Ces pratiques à caractère mafieux se prolongent dans la manipulation des marchés financiers, admet Michael Mukasey, l'Attorney general de George W. Bush, le 23 avril 2008, lors d'une conférence sur le crime organisée au Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Toute l'économie est concernée

Alors que dans la crise des « Saving&Loans » l'intervention des mafias était somme toute limitée, désormais, c'est l'ensemble d'une économie qui est placé sous la coupe de méthodes criminelles, on est passé à un stade supérieur, la criminalisation d'une société dans son ensemble. Personne ne comprenait ce qui se passait, mais tout le monde en profitait.

Le « crime organisé », désormais ce ne sont plus des « sales types », mais des gens ordinaires, votre voisin, votre avocat, votre conseiller financier, voire votre banquier.

Et, comme de juste, l'administration Bush et les Républicains se sont farouchement opposés à toute forme de régulation qui aurait pu freiner le développement de ces pratiques criminelles, dans lesquelles nombre d'entre eux seraient impliqués.

Il fallait choisir entre ce scandale et la « guerre au terrorisme ». Pour Bush ce choix était évident.

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Portrait de dulconte

à Le_Baron_N Portrait de Le_Baron_N De dulconte

Mordu par un fachogarou | 23H21 | 24/11/2008 | Permalien

Vous pas pouvoir comprendre ça : c'est pas grave restez avec vos certitudes !

Sur le trek des Annapurnas

Portrait de brigadoon

à Le_Baron_N Portrait de Le_Baron_N De brigadoon

ouf!!! | 10H42 | 25/11/2008 | Permalien

Fais attention Baron en général ça tourne mal pour les aristos… Ils en perdent la tête !

Je préfère la compagnie des commis agricoles et des filles de fermes que celle des pédants qui se gaussent comme toi… et moi j'ai au moins le certificat d'études par mon travail et pas de grands diplômes par piston ou héritage culturel… Fils à papa !

C'est facile de faire le fier à bras par net interposé Baron, si les duels n'étaient pas interdits je te défierais avec ma fourche ! ! ! !

Portrait de yoruk

De yoruk

au fil de l'eau | 17H35 | 24/11/2008 | Permalien

Et bah… voilà

Il n'y aura peut être pas besoin de sortir les mitraillettes..

Le ministre britannique des Finances Alistair Darling a annoncé lundi une baisse du taux de TVA en Grande-Bretagne, qui sera réduite provisoirement à 15% et une hausse de l'impôt sur le revenu, dont le taux dans la tranche supérieure passera à 45% en 2011.

Allez,allez, on continue, et on passe à la taxation des produits financiers…

Et on n'oublie pas le contrôle serré des « paradis fiscaux » hein…

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 23H13 | 24/11/2008 | Permalien

Ne vous cassez pas la tête, dans la « famille » Wandel ils sont en train de se crèper le chignon car ils trouvent que leurs dirigeants financiers sont trop gourmands.
Ces braves gents ne supportent pas que ceux qui ont été mis à la tête de leur fond de placement et qui ne font pas partie de la « famille » se servent un peu trop bien dans la caisse et comble d'ironie ils demandent à la Justice de trancher.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/economie/20081124.OBS2410/une_…

C'est un peu comme si Al capone avait porté plainte contre son chef comptable.

D'autre part tout le monde pensait qu'Obama allait mettre un peu d'ordre dans ce panier de crabe mais en voyant le choix de ses futurs conseillers, il est clair que le complexe militaro-industriel a encore de beaux jours devant lui.

Enfin cet article a l'avantage de soulever un coin du voile.

Portrait de manu2005

De manu2005

La France tue en Afghanistan, en no... | 19H25 | 24/11/2008 | Permalien

Bon, j'ai suivi les conseils du Baron N.
J'ai appelé ma banque pour vendre à découvert.
Ben y mon dit, qu'il me fallait des avoirs pour couvrir les pertes éventuelles
Pasque si je vends à découvert 10 000 titres à 15 et que quand vient le temps de la vente ils sont à 25, ben j'ai perdu 100 000…
Ah, ben le baron m'avait pas tout dit !
Y faut s'appeler Crédit Lyonnais ou Caisse d'épargne pour se permettre de perdre autant d'argent !
Et là, ce sont les braves contribuables qui paient.
Car, contrairement à ce que dit encore notre brave Baron, l'argent à été prêté aux banques. L'état n « est pas entré dans le capital( du socialisme : beurk)…
Et les banques ont d'ailleurs utilisé cet argent pour acheter les titres tombés en bourse et faire de juteux bénéfices…

Ce qui m'amène à une interrogation…bien naïve.

La crise actuelle, est dit-on (en dehors de ces contes mafieux) provoquer par la crise des sub-prime et de toutes les manips associé (tritrisation, swap…).

Donc, tout allait bien quand on pouvait voler leur maison aux mauvais payeurs pour la revendre plus cher.
Mais l'immobilier a baissé.
Donc, l'état (donc, nous) donne de l'argent aux banques mafieuses (pléonasme) pour les renflouer.
N'eut-il pas été plus simple (sans dire plus moral : ouh, la sale mot ! ) de donner cet argent aux propriétaires en difficulté de paiement pour stopper la crise à la racine ?

Mais que nenni, ont donne le pognon aux banquiers, qui, en prime, récupère quand même la maison des mauvais payeurs !

Ah, quel beau monde.
Merci M. Le Baron de nous donner un si beau monde.

Ah, tout de même, une petite remarque.
Ceux qui vous nourrissent, c'est nous.
Ne tuez pas la poule aux œufs d'ors.
Et méfiez-vous aussi, des fois, la poulette a la guillotine facile.

Portrait de den

De den

19H43 | 24/11/2008 | Permalien

Étrange, certains pensent-ils donc que la finance est régie par d'honnêtes gens ?
Je suis réjoui de savoir que parmi tous ces truands certains ont perdus leurs plumes.
Quand aux gens modestes qui se la jouent à la bourse…ils sont nécessaires à l'enrichissement des plus gros !

Portrait de marv d_ar saout

De marv d_ar saout

19H46 | 24/11/2008 | Permalien

et notre chihuahua des hauts de seine qui dépénalise le droit des affaires…remarquez, on n'est jamais si bien servis que par soi-même ! ! !

Portrait de mick69

De mick69

20H18 | 24/11/2008 | Permalien

C'est assez évident que la finance mondiale est dirigée par des gangsters mafieux avec des marchés dont le fonctionnement rappelle les escroqueries pyramidales. C'est bien pour ça que la « liberté » du « libéral » s'accompagne toujours de répression policière, de guerres sanglantes et d'absence de liberté pour les peuples. Et c'est bien parce que ces gangsters mafieux financent nos politiciens que rien n'est fait contre les paradis fiscaux depuis 50 ans

Portrait de parousnik

De parousnik

21H11 | 24/11/2008 | Permalien

Pourquoi et… « si » ?

Portrait de jean breton

De jean breton

républicain laïque | 21H35 | 24/11/2008 | Permalien

Pas du tout d'accord, Philippe.

Si Wall Street et la City étaient dirigés par des gangsters, alors ils feraient tout pour que leurs spéculations apparaissent comme bien régulées, toutes propres et bénies par le droit.

La crise ressemble à ce qu'elle est : un hold-up organisé dans les poches des contribuables, préparé et ourdi par les banques (y compris centrales). Ces mêmes banques ou nous déposons notre maigre salaire.

Ce ne sont pas de maffieux : ce sont des gentils banquiers cravatés, sinon ce qu'ils font ne ressemblerait pas tant à du gangsterisme.

Portrait de depassage102

De depassage102

mieux ! | 23H30 | 24/11/2008 | Permalien

MOUAIS, BOF…pas mal, votre article….il manque juste le plus gros….(je vous charrie un peu, hein ! ..)

Allez, un effort,…vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? Vraiment pas ?

QUIZZ.

« Qui suis-je ? »

État minuscule, je n'ai aucune ressource naturelle mais j'affiche pourtant en 2007 le ratio PIB par habitant LE PLUS ELEVE AU MONDE ! !

Comptant une banque pour 1.000 habitants, disposant de ma propre devise, je suis devenu un des plus gros dispensateur de crédit au monde, distribuant une monnaie qui officiellement n'existe pas mais encaissant en retour des intérêts bien réels.

Placé sous les projecteurs lors de la crise financière de 2008, certains observateurs se sont étonnés de voir la Russie voler immédiatement à mon secours, injectant dans l'instant 4 milliards d'Euros pour sauver mon Etat de la banqueroute.

Cette marque de sympathie a par contre renforcé dans leur conviction certains de mes détracteurs, qui affirment que depuis une décennie JE NE SUIS QU'UN PANTIN : DES ORGANISATIONS CRIMINELLES M'AURAIENT « PRIVATISEE DE FAIT », et JE NE SERAIS EN FAIT QUE LA MACHINE A LAVER LES CAPITAUX RUSSES DOUTEUX.

Qui suis-je ?

Portrait de DéCRoiSSaNTE de LuNe

De DéCRoiSSaNTE de LuNe

AnTi BLinG BLinG | 22H52 | 24/11/2008 | Permalien

DES B A N K S T E R S ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Portrait de Caparut

De Caparut

Mécréant de la pire espèce | 23H16 | 24/11/2008 | Permalien

Du moment que tu vends quelque chose en prenant au passage ta petite commission, tu te sucres forcément sur le dos de quelqu'un. A petite échelle, tu es un commerçant, à grande échelle, un gangster ou un financier.
Si quelqu'un te vole, coupe lui la main.

Portrait de jean7

De jean7

- | 00H32 | 25/11/2008 | Permalien

Cet article fait preuve d'un manque de recul évident.

Pour que l'on parle de mafia, il faudrait qu'il y ait violations de lois ou de règles bien établies et une organisation parallèle à la hiérarchie officielle. Dans la crise actuelle, la plupart des abus étaient parfaitement légaux, le plus souvent publics et encouragés par la hiérarchie officielle. Certaines règles avaient certes été assouplies (comme le Glass-Steagal Act aux États-Unis) mais l'on pensait, -sincèrement-, qu'il y avait de bonnes raisons pour le faire (plus d'investissements là où le besoin se fait sentir, contournement aisé).

L'évaluation des actifs est un métier difficile et il est souvent fort difficile de distinguer le charlatan du prodige, d'autant que le charlatan est souvent persuadé de sa bonne foi. Mais cela est le cas dès que l'épargnant n'est plus l'investisseur.

La titrisation n'a rien en soi de mafieuse ou de malhonnête. Il s'agissait simplement de regrouper des prêts pour qu'il soient moins risqués ensemble. C'est ce que font les assurances, diversifier le risque. Elle devient en revanche dangereuse lorsqu'elle permet de cacher des choses que l'on ne veut pas voir.

Enfin, on ne voit pas ce qui empêche de faire simultanément la guerre au terrorisme et à la délinquance en cols blancs. D'ailleurs de 11 septembre avait renforcé la pression sur les paradis fiscaux.

Portrait de olivier p

à jean7 Portrait de jean7 De olivier p

face à la mer | 00H44 | 25/11/2008 | Permalien

une pression limitée, l'argent en cash de différentes illégalités est présent dans les actifs, c'est bizarre de le nier

Portrait de FreddySpow

De FreddySpow

13H21 | 25/11/2008 | Permalien

ca ne va pas plaire :

richesse produite par le travail ok
richesse produite par la richesse niet
faisons sauter toutes les bourses de la planete

ca arrivera un jour… le reste c'est bullshit

« toute une vie de vols effroyables, non plus à main armée, comme les nobles aventuriers de jadis, mais en correct bandit moderne, au clair soleil de la Bourse, dans la poche du pauvre monde crédule, parmi les effondrements et la mort. »
[ L'Argent (1891) Emile Zola ]

Portrait de Trevor narg

De Trevor narg

auteur | 14H49 | 25/11/2008 | Permalien

Et si c'était ces gangsters qui prétendaient nous en « sauver » ?

http://www.youtube.com/watch ? v=XOOvMd0rop8

Portrait de fâché.com

De fâché.com

perdu | 15H45 | 26/11/2008 | Permalien

Il n'y a plus grand chose à faire dans les voies politiques et économiques choisies depuis plus de 40 ans, si ce n'est encore par des rafistolages qui nous mènerons dans le mur.
Il n'y a qu'à observer le dédale « politico-administrativo-financio-juridique » Français qui s'est créé depuis des lustres par empilements incohérents de décrets, lois et circulaires dans lesquels personne ne se retrouve, même les plus aguerris de nos juristes et politologues.
L'empilement s'est constitué délibérément (via les chambres, les lobbies et les gouvernements successifs) pour favoriser certaines couches sociales, certains intérêts et permettre le passage en force d'un nombre très exagéré de passes-droit. En France nous avons assisté à une démolition sociale accélérée sans précédent depuis les différentes cohabitations, la présidence Chirac et surtout la présidence Sarkozy .
Pour un nouveau gouvernement post-Sarkozien, la seule voie possible est de remettre tout ça en ordre de manière à ce que le travail, la créativité, la recherche prennent enfin la 1ère place.
Pour éviter les dérives inimaginables que nous venons de connaître, il faudrait recentrer l'économie sur les bonnes bases : des crédits et des placements financiers adossés à la réalité économique et non à la pure spéculation, la production de produits du terroir biologiques, revenir à la production endogène de produits manufacturés non pertubants pour l'environnement, une éducation et une santé publique de haute qualité, des services publics renforcés, le recentrage sur des technologies non invasives ou intrusives, mais au service des gens.
Pour arriver à comprendre l'intérêt majeur de ce programme de société évolué, le travail est titanesque. Il faut que le changement arrive au plus vite sous la poussée forte des gens qui ont conscience que les intérêts privés devenus complètement fous détruisent les bases de notre existence.
Pour arriver à ce changement, quelques étapes possibles :
- pénaliser très sévérement les fraudes fiscales, les fuites de capitaux vers les paradis fiscaux, les faillites organisées. Il faut aller bien au-delà de petites pénalités type Taxe Tobin. Il s'agit de délits, point.
- ne plus ouvrir les frontières commerciales qu'aux produits utiles, de qualité, non nocifs, non redondants.
- favoriser les accords bi-latéraux avec les pays les mieux disants et les plus respectueux des droits de l'homme et de l'enfant. En un mot, arrêter la course à la performance (passer de la logique du plus vite possible, du plus bâclé possible à la modération réfléchie et à l'utile ordinaire)
- ne plus permettre aux entreprises qui délocalisent sans accord de commissions ad hoc de revenir au pays ou de faire des affaires en France. En tous cas, dans le cas contraire, récupérer leurs biens et leurs avantages fiscaux et autres, geler leurs avoirs financiers, les poursuivre.
- faire payer (ou plutôt rembourser) aux grands dirigeants d'entreprise les sommes folles englouties dans les dizaines , voire centaines de parachutes dorés versés depuis au moins 20 ans. Idem pour toutes les affaires politico-financières trop facilement amnistiées ou dont le jugement a été sous-évalué au nez et à la barbe des citoyens. Ces sommes seraient récupérées , pourraient être versées dans un fonds de développement de la recherche (médicale, sociale, environnementale, etc…). Sinon le choix pour les contrevenants serait la perte des droits civiques et l'emprisonnement immédiat.
- nationaliser ou re-nationaliser les entreprises et services publics nécessaires à la bonne marche des services et de l'intérêt publics : transports, téléphone, armement, nucléaire, énergies (eau, électricité, etc…). Les exemples connus de privatisations foireuses et malhonnêtes sont trop nombreux depuis 30 ans au moins.
- Remettre l'Education Nationale et l'Audio-Visuel Public au 1er rang avec des programmes de plus en plus de qualité. C'est à dire faire exactement le contraire des réformes réactionnaires et archaïques actuelles qui n'ont qu'un projet : transférer à terme tous les services publics aux intérêts privés , les dénaturer et les détourner de leur mission d'éducation, de culture et de connaissance.
- imposer définitivement un impôt progressif qui ne devrait plus être senti comme injuste par les classes bénéficiant du privilège de la transmission du capital et de l'héritage. Ce privilège n'a plus lieu d'être avec une meilleure répartition des richesses via un impôt juste, une retraite par répartition égalitaire , une inversion des valeurs de la transmission du capital, comme proposé plus loin. Le privilège actuel de la transmission du capital peut être amoindri, voire réduit à très peu avec un peu de courage politique.
- voici notre proposition suivante (qui peut faire sourire ou ricaner, peu importe pourvu qu'elle fasse du chemin) : plutôt que l'héritage qui ne bénéficie qu'à quelques uns, parfois à un âge avancé quand le capital est déjà conséquent, sans nécessité d'en rajouter, pourquoi ne pas envisager pour tous les enfants dès leur naissance un capital insaisissable ? Il serait uniquement dédié au coût des études, à l'habillement , à la nourriture et à la santé, jusqu'à concurrence de 3 enfants, pour éviter une sur-natalité par effet d'aubaine ? Au lieu de la reproduction des inégalités, l'enfant naît avec les mêmes chances , qu'il peut éventuellement mettre à profit pour des projets futurs, qu'ils soient professionnels, d'étudiant, d'épargne, de logement.
Seulement, comment financer tout ça ? Une bonne partie des fonds peuvent venir de l'argent autrefois prélevé par l'Etat sur les héritages, de l'argent réintroduit par la « moralisation » financière et fiscale, de l'argent sauvé des innombrables gaspillages et vols qui plombent notre République (sur-salaires, avantages en nature, frais de gestion, de fonctionnement,de bouche, commissions occultes et bien d'autres, sans parler des détournements de fonds publics, surfacturations…). Ainsi, de l'héritage reproducteur d'inégalités, d'insécurité sociale et d'immobilisme patrimonial, la société passerait à un stade dynamique, d'acculturation et de projets pour toute une nouvelle génération. Séduisant, non ?
Pour y arriver, il faut un changement de paradigme démocratique, une crise morale exceptionnelle et une poussée démocratique venant « d'en bas » . Comment se manifestera-t-elle ? Bien malin qui pourrait le dire aujourd'hui. Mais dans sa traduction, pour que toutes ces mesures aient un sens , il faut que les personnes ou groupes (qu'ils soient financiers ,économiques ou politiques ) qui se sont rendus coupables de malversations au détriment de l'Etat soient considérés comme des criminels punissables devant les tribunaux, sans exception. De même pour les abus de pouvoir et autres passe-temps des puissants actuels. Aucun passe-droit ou amnistie ne devrait exister comme c'est le cas à l'heure présente.
Donc, pour assumer une telle responsabilité qui dépasse de loin leurs petites personnes ou clans, il faut que soit inculqué chez nos aspirants à toute charge un vrai sens du service de l'Etat ou de l'intérêt général. Le principe d'un service civil obligatoire de 5 à 10 ans préalable à tout commencement de carrière politique, juridique, financière pourrait convenir à toute personne voulant exercer une fonction en vue au service de l'Etat ou d'une Collectivité Territoriale.
A terme avec une sélection par la base, nous ne verrions plus, comme c'est malheureusement de plus en plus fréquent aujourd'hui, des hommes et des femmes sans envergure, souvent malhonnêtes, devenir ministres, députés, dirigeants d'institutions importantes, voire plus.
Qui pourrait au jour d'aujourd'hui, faire appliquer de telles mesures sans que , d'abord, de telles idées (et bien d'autres encore) infusent, se répandent, intoxiquent les débats ? Il y a du boulot pour les âmes de bonne volonté. S'il faut en débattre, je suis prêt.

Portrait de FreddySpow

De FreddySpow

05H08 | 27/11/2008 | Permalien

oui faché, grandement daccord sur tout le reste (avec mention speciale aux 5 ans de service civil obligatoire pour les politiques)) sauf ce passage :
« recentrer l'économie sur les bonnes bases : des crédits et des placements financiers »

NAN ! pas de « credit » pas de « placement »
du micro-credit individuel à taux zero geré par des coops à la rigueur, ensuite du travail qui produit de la richesse, point barre, et plus aucun systeme qui permette d'en detourner les dividendes
retour des benefices aux salariés
et celui qui veut plus de pognon se demmerde et va pas le piquer dans la poche d'un autre qui a bossé a sa place (n'est ce pas les actionnaires ? n'est ce pas les banques ? )
interdiction ferme et définitive de plus-value sur l'immobilier, loyers fixés sur les charges d'entretien du patrimoine et pas sur les delires des proprios, fin du monopoly
et transparence totale, les positions financières individuelles, publiques et privées definitivement sorties de la sphère du secret, accessibles a tous
tracabilité des enfoirés immediate, certains se calmeront, les autres se flingueront, bon debarras…

et plein d'autres trucs encore…
moi aussi suis pret a en debattre

allez bises a tous

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