
Contestation de la mémoire de la Shoah : gare au défouloir !
Le grand scoop du dîner du CRIF avait été l'annonce, par le président de la République, de sa volonté de confier à la rentrée 2008 à chaque élève de CM2 la mémoire de l'un des 11 000 enfants juifs de France victimes de la Shoah. On a assez parlé et écrit sur le sujet, mais maintenant qu'un peu d'eau a coulé sous les ponts, il n'est pas inutile d'y revenir à tête reposée. Il n'est pas certain que l'initiative de Nicolas Sarkozy soit de nature à faire effectivement reculer l'antisémitisme. On peut même craindre le contraire dans un climat où les esprits sont prêts à s'enflammer pour moins que cela. On connaît le ressentiment qui s'est enraciné dans certaines couches de la population à l'endroit des juifs, personne ne peut plus le nier, et il se manifeste ici et là par des actes de violence et d'antisémitisme banalisé. Même si l'on constate fort heureusement ces temps-ci une accalmie notable, à laquelle la moindre médiatisation autour de l'antisémitisme, de la part des institutions juives, a probablement contribué.
Ne pas attiser la concurrence des victimes
Ce nouveau mode de commémoration obligatoire des victimes juives, imposé d'en haut dans les établissements scolaires, outre qu'elle enfermerait encore plus les juifs dans le rôle de victimes, risque d'être interprété comme un gage supplémentaire qui leur serait donné dans la société française. Ceci attiserait la concurrence des victimes, tout en nourrissant des aigreurs chez ceux qui considèrent que cette société ne leur donne pas la place à laquelle ils aspirent. Aujourd'hui où construction identitaire va de pair avec mémoire de souffrance, on ouvre ainsi la voie aux pires excès. Désormais, chaque groupe d'ayant-souffert, et ils sont nombreux, pourra exiger de faire porter le poids de son passé aux écoliers. Maintenant celui des enfants victimes de la Shoah, demain celui des victimes du génocide arménien, puis des colonisés, des esclaves…
L'inculcation de la culpabilité
Nous voici donc tous chargés de la culpabilité de tous les crimes ou injustices commis par nos prédécesseurs, comme si la généalogie de chaque enfant était à jamais indissociable de ces terribles méfaits. Cela ne peut que se révéler fort préjudiciable à un pays que notre Président souhaite moderniser, donc porter vers l'avenir. Qu'a-t-il donc fait, cet élève de CM2, pour devoir traîner un poids si lourd ? Lui inculquer la culpabilité par l'émotion ne peut en outre que nuire à la transmission authentique de la mémoire d'un cataclysme comme la Shoah. Qu'on le lui enseigne comme tous les autres génocides et catastrophes historiques, qu'on le lui explique par des faits, et même par des témoignages, mais surtout qu'on lui épargne d'être écrasé par cette charge qu'il est incapable d'assumer à un tel âge.
L'émotion est plus fugitive que la connaissance
N'oublions pas que l'émotion est fugitive et qu'en revanche la connaissance marque davantage et plus durablement les esprits. Et à tout prendre, il serait probablement bien plus pédagogique de lier ce qui est arrivé hier aux enfants juifs à ce qui peut arriver aujourd'hui aux enfants sans papiers qu'on s'ingénie à expulser du pays adopté par leurs parents et où ils séjournent parfois depuis de longues années. Même si cette comparaison a ses limites et doit être maniée avec prudence, je ne vois guère, pour le coup, de meilleur moyen de mieux faire comprendre comment ces victimes juives innocentes ont été prises dans les filets de politiques meurtrières. L'indifférence n'y avait pas été étrangère.
Le rappel à l'ordre de Simone Veil
Certes, au musée Simon Wiesenthal de Los Angeles ou au Musée de l'Holocauste de Washington, les visiteurs endossent la mémoire d'une victime pendant leur visite. Même si le procédé est de la plus haute morbidité, du moins cette visite n'a-t-elle rien d'obligatoire et on a à tout moment la possibilité de l'interrompre. Nous ne sommes pas d'éternels coupables, et nos enfants encore moins. La déclaration faite à L'Express par Simone Veil, 48 heures après celle de M. Sarkozy, a donné le la. Tous pouvaient désormais d'une seule voix condamner le projet présidentiel. À l'exception de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de Serge Klarsfeld, la majorité des institutionnels juifs eux-mêmes l'ont fait, y compris le grand Claude Lanzmann. Il faut comprendre ce dernier : comment imaginer un instant qu'une autre initiative puisse se substituer à son film pour pérenniser la mémoire des enfants juifs tués dans l'esprit des écoliers ?
Un souvenir personnel
Voilà qui me rappelle septembre 2000, lorsque j'avais publié dans Libération un article intitulé » La Shoah comme religion » . Ce texte me valut, pendant des années, d'être poursuivie par Claude Lanzmann et ses amis, et d'être mise à l'index par les représentants des institutions juives et par beaucoup de mes coreligionnaires qui considéraient ce que j'avais écrit comme un sacrilège. Maintenant, curieusement, tout le monde s'y met. Même certains socialistes, après avoir approuvé dans un premier temps les propos de Sarkozy, craignant peut-être de froisser les juifs des médias à l'approche des élections municipales, ont fini par prendre leurs distances. Bien sûr après l'interview de Simone Veil. Peut-être y a-t-il un temps pour tout. Du côté institutionnel juif, on peut comprendre les craintes suscitées par la lubie de M. Sarkozy, susceptible de créer une vraie hostilité à l'endroit des juifs, d'autant que le tabou de la Shoah a sauté depuis quelque temps déjà, et qu'il ne prémunit plus contre l'antisémitisme. Quant aux autres, le sentiment généralisé de trop-plein de mémoire de la Shoah les a autorisés à critiquer l'initiative, laquelle avait en outre l'avantage de donner une arme de plus à l'antisarkozysme ambiant. Cette confusion peut se révéler problématique dans l'avenir.
Le danger du défouloir
En outre, la contestation, désormais banalisée, de cette mémoire imposée, même si elle est en soi légitime pour les raisons que j'ai évoquées, pourrait bien attirer des esprits mal intentionnés, enclins à s'y engouffrer comme dans un défouloir. Or ni la Shoah, ni sa mémoire, ni la mise en cause des excès de cette mémoire ne doivent devenir des défouloirs. C'est un point sur lequel il convient de se mettre d'accord. En revanche, et c'est sans doute un aspect positif de la situation présente, le temps des mémoires est peut-être enfin bel et bien révolu, parce qu'on craint sérieusement qu'elles n'envahissent tout l'espace public. Voilà qui serait de bon augure, et ouvrirait l'ère de l'histoire, seule capable à la fois de désacraliser ces mémoires et d'en assurer la pérennité sans l'émotion. La meilleure façon d'éviter leur instrumentalisation et d'endiguer la vague d'oubli qui les guette. Un pari dont le temps nous dira s'il peut être effectivement gagné.
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De Infovite
Plébéien. | 11H11 | 28/02/2008 |
« Désormais, chaque groupe d'ayant-souffert, et ils sont nombreux, pourra exiger de faire porter le poids de son passé aux écoliers. Maintenant celui des enfants victimes de la Shoah, demain celui des victimes du génocide arménien, puis des colonisés, des esclaves. »
Mais pour le colonialisme toujours pas de repentance…
http://info-espress.over-blog.com/
à Infovite
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 11H21 | 28/02/2008 |
Justement, se repentir ne peut concerner que ceux qui ont mal agi… Sinon, c'est parfaitement inapproprié !
à Gotch
De Infovite
Plébéien. | 11H46 | 28/02/2008 |
Ceux qui agissent mal sont donc toujours les autres ?
Une « histoire » exemplaire et pas de « mémoire ».
Un passé, un présent,un futur… « heureux »
à Infovite
De messaoud13
11H51 | 29/02/2008 |
Pas moins de 4 articles en même temps à la une sur le même sujet. Pas la peine de se demander pour qui roule Rue 89.
à Infovite
De Servais-Jean
4591
Hi-Han | 23H42 | 29/02/2008 |
A lire un bon papier de Daniéle Mitterand sur ce sujet :
http://danielle-mitterrand.blog.lemonde.fr/
à Infovite
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 18H39 | 01/03/2008 |
Il y a bien eu, sur Paris Première, le 16/02/2007, Marion Cotillard qui remettait en doute l'accident de Couche, les attentats du 11 septembre (2001) et l'homme qui a marché sur la lune…
Et News de Stars, Marianne et l'Obs en ligne ont plongé… près la cérémonie des Oscars. D'abord on encense, ensuite on brûle.
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De personne
11H13 | 28/02/2008 |
« chaque groupe d'ayant-souffert »
il aurait fallut rajouter « putatif »
Car rare, voire même souvent, nuls n'ont connu les souffrances dont ils se prétendent porteur. D'où découle qu'ils ne sont en rien détenteur d'une « mémoire », mais seulement d'un récit donc forcement partial et partiel.
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 11H39 | 28/02/2008 |
« Il serait probablement bien plus pédagogique de lier ce qui est arrivé hier aux enfants juifs à ce qui peut arriver aujourd'hui aux enfants sans papiers qu'on s'ingénie à expulser du pays adopté par leurs parents et où ils séjournent parfois depuis de longues années. Même si cette comparaison a ses limites et doit être maniée avec prudence, je ne vois guère, pour le coup, de meilleur moyen de mieux faire comprendre comment ces victimes juives innocentes ont été prises dans les filets de politiques meurtrières. L'indifférence n'y avait pas été étrangère. »
- Effectivement ce serait choquant de mettre à égalité le départ vers la mort et retour vers le pays d'origine (même si pour plusieurs c'est un retour vers des maltraitances* voire pour certains la mort). Mais il faut bien dire et redire que dans les deux cas ça s'est fait avec des fonctionnaires qui obéissaient à des ordres d'un gouvernement légal. La loi est la loi, certes, mais pour autant elle n'est pas ipso facto juste et morale. Voyez tous ceux qui, désobéissant aux lois de Vichy, sont devenus des Justes.
« Même certains socialistes, après avoir approuvé dans un premier temps les propos de Sarkozy, craignant peut-être de froisser les juifs des médias à l'approche des élections municipales, ont fini par prendre leurs distances ».
- Alors ça, on l'oublie trop vite. Tout occupés que nous sommes (et moi donc ! ) à faire du Sarkobashing, nous oublions de demander des comptes à Hollande (et à Royal, qui a commencé sur le même registre mais viré de bord plus vite – plus politiquement que le grand (pas) méchant mou). On s'y met ?
« Houhou, François, chiche que tu viens chatter ici comme Prada Dati ! Même pas cap, eu ! »
* Au fait, Rue89, que devient la famille Raba ?
[edit] Si on lit ici et là les comptes rendus sur le début de la commission, si on compare la déclaration de la présidente de la Maison d'Enfants d'Izieu et celle de Mr Darcos, on observe un écart aussi large que la culotte de Entier Roussos. Il est visible que Darcos essaie tout (ou est prié de le faire à grands coups de Guéant, non, de poing dans les côtes) pour sauver le jeune Nicolas S. du ridicule.
à compte supprimé 22
De Deborah
14H39 | 28/02/2008 |
Et pas seulement aux enfants sans papier.
Vous parle-t-on souvent des enfants palestiniens et de leur tragédie ? (oui, je sais, tous d'abominables terroristes lanceurs de pierres..)
à Deborah
De Sylvie Martin
matheuse | 15H39 | 28/02/2008 |
Veuillez préciser, s'il vous plaît, ce que vous entendez par « tragédie des enfants palestiniens ». Sources, contexte, et ainsi de suite.
à Sylvie Martin
De expat
17H18 | 28/02/2008 |
est-il vraiment necessaire de vous repondre ?
avez-vous entendu parle de « la plus grande prison a ciel ouvert » 1.5 millions de detenus……
à expat
De Sylvie Martin
matheuse | 17H35 | 28/02/2008 |
« La plus grande prison à ciel ouvert » ? J'ai entendu cette expression à propos de Gaza, mais elle me paraît mensongère.
Je ne savais pas que dans les prisons, même à ciel ouvert, les prisonniers disposaient d'artillerie et tiraient contre leurs voisins ou contre la ville où se trouve la centrale qui leur fournit l'électricité.
Je ne savais pas non plus que les chefs des prisonniers, ainsi que leurs proches insistaient pour garder la prison fermée.
Est-ce que par hasard votre définition d'une prison et la mienne seraient différentes ?
à Sylvie Martin
De Lairderien
23H09 | 28/02/2008 |
''Je ne savais pas que dans les prisons, même à ciel ouvert, les prisonniers disposaient d'artillerie et tiraient contre leurs voisins ou contre la ville où se trouve la centrale qui leur fournit l'électricité.''
Ca pourrait ressembler à la description d'un certain ghetto en pologne, non ?
à Lairderien
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 23H34 | 28/02/2008 |
Non.
Il manque les rails des chemins de fer vers la solution finale.
Et pleins d'autres choses…..
à Sylvie Martin
De riverain désinscrit
20H33 | 28/02/2008 |
Vingt-six Palestiniens, dont six enfants, ont été tués depuis mercredi 27 février dans des raids israéliens dans la bande de Gaza. AFP.
------
Agés respectivement de 10, 12, 13 et 15 ans, les quatre enfants jouaient au football près de Djabalia, au nord de la ville de Gaza, lorsque le projectile les a fauchés, portant à 26 le nombre des victimes des frappes israéliennes en 48 heures. Reuters.
à riverain désinscrit
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 05H20 | 29/02/2008 |
Pour Alan.Smithee et Deborah :
Il s'agissait de petits terroristes en puissance qui s'apprêtaient, une fois la partie de foot terminée, à aller lancer des pierres contre les chars et les véhicules de patrouille israéliens. Vous avez l'air de vous marrer, comme ça, mais je ne sais pas si vous avez une idée de ce que ça coûte de refaire la peinture d'un Merkava, et je ne vous parle pas des tarifs que pratiquent les carrossiers.
D'ailleurs, c'est la faute aux parents des petits terroristes, qui font rien que les envoyer se faire tuer pour toucher des indemnités du Fatah. Si, si, c'est vrai : c'est le représentant du Likoud en France qui l'a dit un jour* sur France-Inter, alors…
_____________
*En 2000, je crois, au journal de 13 heures, mais je serais bien incapable de vous donner la date exacte. Ça doit pouvoir se retrouver.
à riverain désinscrit
De bathurst
12H05 | 29/02/2008 |
Toujours la compassion aussi sélective alan smithee ? C'est le portrait de l'ancêtre au bérêt à l'oméga qui doit sûrement vous inspirer : il y a du Philippe Henriot dans votre discours. Vous auriez fait fureur (führer ? ) sur Radio Paris vous aussi à une époque.
à Deborah
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 05H22 | 29/02/2008 |
Bonjour, Deborah,
Je me suis permis de vous répondre un peu plus haut, en même temps qu'à Alan.Smithee.
Cordialement
De marie 75 3563
11H48 | 28/02/2008 |
La famille Raba ? Aux dernières nouvelles, ils étaient revenus en France et se cachaient.
Merci à ceux qui les aident !
Les justes peuvent se tenir la main.
De Sylvie Martin
matheuse | 15H06 | 28/02/2008 |
« Et à tout prendre, il serait probablement bien plus pédagogique de lier ce qui est arrivé hier aux enfants juifs à ce qui peut arriver aujourd'hui aux enfants sans papiers qu'on s'ingénie à expulser du pays adopté par leurs parents et où ils séjournent parfois depuis de longues années. Même si cette comparaison a ses limites et doit être maniée avec prudence (…) »
Madame Benbassa, cette comparaison est extrêmement imprudente. Et elle est tout sauf pédagogique. Je crois me souvenir que nous sommes dans un pays démocratique, ce que n'était pas la France occupée, ou la zone sud sous le régime de Vichy.
Les lois sur le séjour des étrangers ont été votées par nos députés et nos sénateurs. Vous n'aimez pas ces lois ? Vous n'aimez pas la manière dont elles sont appliquées ? Très bien, alors agissez contre elles et pour cela rien de mieux que de voter pour des députés et des sénateurs qui les changeront.
Mais vous vous proposez de montrer aux enfants des écoles qu'il est moralement juste de ne pas respecter une loi votée démocratiquement, dès lors qu'on la désapprouve.
Vous êtes sûrement favorable au principe d'égalité des droits des citoyens. Par conséquent, vous devez étendre ce principe à tous.
Un automobiliste dira « je n'aime pas les limitations de vitesse, ni la réglementation sur le taux d'alcoolémie ». Il a raison : conduire vite en ayant bu, cela donne des sensations fantastiques. Défendez-le, Madame Benbassa !
Un chef d'entreprise dira « le droit du travail ne me plaît pas, alors je ne l'applique pas ». Cet homme a monté son entreprise, il y a investi temps et argent. Comment ses employés pourraient-ils avoir autre chose que de la reconnaissance à son égard ? Défendez-le, Madame Benbassa !
Un médecin vous demande un dessous de table pour vous soigner. Il a de bonnes raisons : le fisc le traite injustement, il travaille très dur, il a de grosses responsabilités. Sa fraude, elle est pour le bien de tous. S'il ne fraudait pas, il soignerait sûrement moins bien ! Défendez-le, Madame Benbassa !
Cela ne vous gêne pas de détruire le consensur relatif à l'autorité des lois, consensus qui nous permet un tant soi peu de vivre ensemble.
Ça, c'est un programme politique. Et je ne vois vraiment pas ce que vient faire là-dedans la destruction des Juifs d'Europe.
à Sylvie Martin
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 16H55 | 28/02/2008 |
1. Les lois qui ont permis d'envoyer les Juifs et les autres dans les camps étaient des lois démocratiques.
2. « Un chef d'entreprise dira “le droit du travail ne me plaît pas, alors je ne l'applique pas”. Cet homme a monté son entreprise, il y a investi temps et argent. Comment ses employés pourraient-ils avoir autre chose que de la reconnaissance à son égard ? »
En général, un chef d'entreprise qui n'applique pas le droit du travail, c'est pour payer ses ouvriers moins cher, les faire travailler plus longtemps ou sans contrat ou avec des CDD infiniment renouvelés, les licencier à la tête du client, etc. Jamais pour les payer plus cher ou les faire travailler moins.
Et vous connaissez des ouvriers assez masos pour n'avoir « autre chose que de la reconnaissance à son égard » ?
Tenez, pour vous remercier, une chanson des Charlots :
http://www.paroles.net/chanson/18302.1
PS J'ajoute que je ne fraude pas, je respecte le code de la route, et je paie mon petit voisin qui vient tailler ma haie au prix qu'il demande.
à compte supprimé 22
De Sylvie Martin
matheuse | 17H04 | 28/02/2008 |
« Les lois qui ont permis d'envoyer les Juifs et les autres dans les camps étaient des lois démocratiques. »
Ah bon ? Pouvez-vous me donner la date du vote de ces lois par le Parlement français ?
à Sylvie Martin
De riverain désinscrit
17H40 | 28/02/2008 |
c'est étonnant cette fixation sur cette période vichyste qui occulte celle qui a précédé et qui ne semble pas vous émouvoir.
par exemple :
12 novembre 1938, décret portant création de centres spéciaux pour la rétention d'étrangers indésirables.
Qui était au gouvernement ?
à riverain désinscrit
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 17H48 | 28/02/2008 |
Monsieur alan.smithee, voulez vous dire que le régime de Vichy n'avait rien de bien particulier ? Que tout était la faute au front commun, cela s'entend. Allez, vous en avez encore beaucoup de blagues de ce niveau ? Gardez les pour vous.
à leconcombrevert
De riverain désinscrit
17H50 | 28/02/2008 |
encore une fois vous ne savez pas lire !
Où ai-je écit une telle chose ?
à riverain désinscrit
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 17H55 | 28/02/2008 |
Alors, dans quel but posez vous cette question ? Dites le, expliquez vous, cela m'évitera d'avoir à deviner ce que vous voulez dire.
à leconcombrevert
De riverain désinscrit
18H02 | 28/02/2008 |
des camps ont été ouverts
des femmes, des hommes, des enfants y ont été enfermés.
iis n'étaient pas juifs.
la France n'était pas en guerre.
j'en ai assez de cette compassion sélective. point.
à riverain désinscrit
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 23H54 | 28/02/2008 |
Loin de moi de ne pas vouloir honorer la mémoire de ceux, communistes, socialistes, anarchistes, démocrates espagnols et du monde entièr qui se sont battus contre les fascistes du général Franco et ses alliés allemands et italiens pour la république et la liberté espagnole et qu'on a enfermés dans ces camps lorsque ils on cherché refuge en France.
http://www.acer-aver.fr/
http://tinyurl.com/33wp62
Loin de moi de ne pas vouloir honorer la mémoire de ceux, communistes, socialistes, anarchistes, démocrates, juifs, peintres, écrivains, philosophes, amis de la liberté allemands qui ont fuit l'Allemagne et l'Autriche pour se retrouver enfermé dans ces camps français.
C'est ce que vous vouliez dire ?
à Sylvie Martin
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 17H34 | 28/02/2008 |
Chere Sylvie Martin,
je ne pense évidemment pas que la shoah et les mesures d'éloignement d'étrangers « sans papiers » de notre temps puissent etre mises sur un plan.
Par contre le souvenir et la connaissance du passé devraient nous sensibiliser et aiguiser notre regard sur le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.
Je me souviens d'avoir été très choquée un jour par cette scène « anodine » dans la rue :
Plusieurs personnes, précédés et suivis de plusieurs agents de police en uniforme ; visiblement des étrangers, des parents accompagnés de leurs enfants, tous portant des sacs et des valises, marchant les visages graves, inquiets, allant d'un pas fatigué je ne sais ou, vers quel destin.
Tout en sachant qu'il s'agissait là certainement dans la vie de ces gens d'un évenement dramatique, mais bien sur infiniment moins tragique que la déportation vers les camps nazis, comment passer à coté de ces gens sans etre profondement ému ?
Comment ne pas ressentir l'envie de protéger ces étrangers et surtout leurs enfants qui n'y sont pour rien si leurs parents n'ont pas les papiers en règle.
Comment ne pas s'insurger que les procédures administratives qu'ont à subir les « sans papiers » et les lieux de détention ont si peu changé depuis le temps quand l'état s'en servait pour se « débarrasser » des réfugies en provenance de l'Allemagne nazie.
Tout en gardant à l'esprit les proportions on ne peut pas dissocier le passé et le présent.
à leconcombrevert
De Sylvie Martin
matheuse | 17H56 | 28/02/2008 |
Cher leconcombrevert,
Bien sûr qu'on peut avoir envie de protéger ces étrangers et leurs enfants. Je ne le nie absolument pas, mais ce que je conteste, c'est que dans un pays démocratique, non seulement on lutte par des moyens illégaux contre des lois qu'on désapprouve, mais qu'en plus, on tente de montrer que cette lutte est exactement aussi justifiée que celle des français qui ont protégé ou simplement n'ont pas dénoncé les Juifs pourchassés sous l'Occupation. Les Français, nommés ou anonymes, qui ont bien agi, pendant cette affreuse période, prenaient des risques énormes, et nous leur devons une immense reconnaissance, parce qu'ils ont sauvé des gens, et qu'en même temps ils ont rendu un peu de son honneur à la France.
Si on n'aime pas le traitement des étrangers sans papiers, il y a lieu de se poser plusieurs questions :
- pourquoi l'expulsion des étrangers sans papiers est-elle si populaire parmi nos concitoyens ?
- est-ce que ce qui nous choque est le fait de l'expulsion ou la manière d'expulser ?
- si des familles s'installent en France avec leurs enfants et sans papiers, tout en sachant très bien qu'elles sont dans l'illégalité, qui fait prendre un risque aux enfants ? Les familles ou le gouvernement français ?
- si on est contre l'expulsion des enfants sans papiers, est-ce que cela veut dire que toute famille scolarisant des enfants en France a droit ipso facto à être régularisée en France ?
- est-ce que soutenir une telle proposition ne revient pas à faire des enfants des boucliers vivants pour des adultes ? Sommes-nous prêts à gérer le chantage que cela peut représenter ?
Je ne supporte plus le sentimentalisme qui préside au débat sur les sans-papiers. Si on pense que la France doit accueillir tous ceux qui frappent à la porte, il faut le dire, et il faut l'assumer, et il faut penser les conséquences. Mais se prendre pour un résistant ou un Juste des nations parce qu'on s'oppose aux expulsions d'enfants de sans-papiers, cela me semble relever plus du guignol que de la réflexion politique.
On ne fait pas plus de bonne littérature que de bonne politique avec des bons sentiments.