Accueil du blog
Historienne, dir. d'études à l'EPHE, Sorbonne

Comment casser le moule des écoles ghettos

Notre ministre de l'Education nationale souhaite revenir aux fondamentaux. Une enquête émanant de ses services constate la baisse du niveau en CM2, en particulier en orthographe, calcul et lecture. L'école part-elle à la dérive ? S'il y a une part de vérité dans tout cela, reconnaissons que l'alarmisme est de rigueur ces temps-ci, comme si faire peur et se faire peur devenaient des fondamentaux politiques. Dans un tel climat, il n'y a pas de raison pour que l'école échappe à la règle.

L'école à feu et à sang…

L'évocation devenue récurrente, presque rituelle, des » territoires perdus de la République » devrait pourtant nous inciter à apporter une nuance. Ce n'est pas seulement la baisse du niveau qui effraie, mais aussi la diversité, point sensible d'une France lancée dans le marathon de l'identité nationale. Reste que si nos élèves sont faibles dans certaines matières, ils possèdent peut-être tout de même, grâce aux médias modernes, quelques autres notions que les générations précédentes ignoraient. Et que lutter contre baisse du niveau impose peut-être de pousser un peu plus loin la réflexion sur un enseignement qui s'adresse désormais à des classes de plus en plus diversifiées culturellement. Là, pourtant, pointe un danger : il est plus facile de parler de la guerre des » ethnies » et des » religions » à l'école que de repenser rationnellement la pluralité à l'école, ses atouts autant que ses dangers.

Les médias ont tendance à véhiculer l'image d'une école à feu et à sang. Image relayée par quelques enseignants et quelques faiseurs engagés idéologiquement dans la lutte contre un islam présenté comme essentiellement fondamentaliste. Cette forme-là d'islam ne concerne cependant, on le sait, qu'une toute petite minorité de musulmans dans le pays, la plupart pratiquant leur religion tranquillement et sans bruit. En outre, qui dit islam ne dit pas toujours pratique, puisque nombre de musulmans s'y sentent liés d'abord par loyauté à leur famille et à leur expérience d'exil.

Il n'est nullement question de nier les problèmes liés à la diversité et affectant l'enceinte scolaire, laquelle n'est évidemment pas un univers étanche. Ce qui se passe dans la société s'y répercute naturellement et a tout lieu d'envenimer les rapports entre les élèves eux-mêmes et ensuite entre eux et les enseignants. Qu'il y ait de l'hostilité envers le système scolaire dans son ensemble, envers certaines disciplines ou approches jugées » impies » selon les canons d'une interprétation à mi-chemin de l'ignorance naïve et du fanatisme de circonstance, qu'il y ait une sorte de révolte passant par la religion qui en fait cristallise tous les échecs et ressentiments de nombre de jeunes scolarisés, tout cela n'est certes pas à négliger. De même les montées d'un antisémitisme primaire qui s'est développé chez certains élèves » issus de l'immigration » .

L'école de la République est-elle fichue ?

En revanche, dire que tout est perdu, que l'école de la République est fichue, et qu'il ne reste plus qu'à revenir dare-dare aux vieilles recettes, relève de cette rhétorique qui plaît à nos contemporains et fait écho au climat antimusulman dominant. Une obsession qui travaille les plus paisibles des citoyens, qui recrute ses propagateurs dans des milieux aussi bien de gauche que de droite, parmi les tenants d'une laïcité dans son acception la plus restreinte et la plus dogmatique, autant que parmi les anti-arabes farouches, souffrant encore d'une décolonisation mal digérée. A qui s'ajoutent certains inconditionnels d'Israël pour qui l'islam est l'ennemi, un ennemi qu'il est urgent de combattre. Ces équations à la mode séduisent, mais bloquent le débat et nous installent dans de confortables assurances, avec des boucs émissaires tout prêts, permettant de diviser très simplement et définitivement le monde entre bons et méchants. Ce n'est pas la première fois de son histoire, hélas, que la France est prise dans l'étau de ce genre de focalisations.

Pour les citoyens mondialisés que nous sommes, les mythes de l'unité et de l'identité nationales, des valeurs immuables de la République (depuis longtemps affaiblies), du jacobinisme comme remède à tous les maux, de l'assimilation à tout prix ne sont pourtant plus opérants. Ils ont fonctionné lorsque la situation nationale et internationale s'y prêtait. Aujourd'hui, dans nos mondes sans frontières, la nation et ses fondements doivent faire l'objet d'une révision. Ce qui ne signifie pas que la nation se videra de tout contenu positif. Au contraire, la nation d'aujourd'hui déjà et de demain sûrement sera multicolore et multiculturelle. Et tant mieux. Ainsi la nation française voguera-t-elle vers d'horizons plus vastes, se mettant au diapason de ce monde nouveau qui est déjà le nôtre, mais qu'on cherche à nous masquer afin d'apaiser les inquiétudes suscitées naturellement par tout ce qui est nouveau et par conséquent déstabilisant. L'école, où se forme le citoyen de demain, devrait peut-être, dans ce contexte, accepter de s'interroger à nouveaux frais sur elle-même, ses pratiques, ses missions.

Peut-on ignorer qu'à l'école, on enseigne seulement une culture élitaire, et qu'on préfère orientée vers l'élite ? L'époque où elle donnait un coup de pouce aux enfants défavorisés pour les pousser vers le haut semble close. Et au binôme fils d'ouvrier/fils de bourgeois s'est substitué celui du fils ou petit-fils d'immigré et fils d'autochtone. La diversité en place n'est pas gérée en haut lieu pour transformer l'école en un espace véritablement mixte, où l'échec scolaire serait combattu efficacement. Les clichés du dehors s'immiscent à l'intérieur de cet ex-creuset républicain où le descendant d'immigré paraît voué aux métiers les plus pénibles ou les moins valorisés, lorsque ce n'est pas au chômage ou à la délinquance.

La France a pourtant besoin d'une nouvelle sève, d'une élite plurielle qui ait envie de gagner. Et c'est à l'école que revient de la former. C'est là qu'on fait connaître les cultures des autres, de ceux qui arrivent d'autres horizons, même si souvent ils sont nés en fait sur le sol français. Pour que les élèves défavorisés, comme on a coutume de les nommer, et qu'on ferait mieux d'appeler déshérités de leur propre culture, profitent du savoir dispensé, il faudrait encore qu'ils soient valorisés. C'est à l'école que le rapprochement entre civilisations et savoirs peut se produire. Le travail à accomplir est long, délicat, mais non impossible. Ces cultures-là ne sont jamais enseignées, ou si peu, elles n'occupent pas toujours la place qui devrait naturellement leur revenir dans une histoire de la France dont elles sont indissociables. La saga nationale va tête haute, parlant surtout de ce qui valorise la France éternelle, non de ses clairs-obscurs. On commence à faire des efforts dans cette direction, mais on est encore loin du juste équilibre.

L'école de l'avenir se prépare aujourd'hui

Les élèves issus de la diversité sont là, mais l'école contourne cette diversité. L'enseigner serait un plus pour des élèves qui se confrontent dès leur jeune âge à l'internet, aux voyages, à la multiplicité des civilisations. Il n'est pas question de n'enseigner que cela, mais pourquoi ne pas en faire un atout pour la réussite des élèves dans leur ensemble ? La civilisation n'est pas qu'occidentale ou française. Cet enfermement franco-français n'est d'ailleurs pas vraiment nouveau, il est même légendaire hors de nos frontières. Pourquoi, depuis si longtemps, nos jeunes se distinguent-ils par leur méconnaissance des langues étrangères, un vrai handicap dans une société globalisée ? Pourquoi notre enseignement, malgré ses grandes qualités, ne prépare-t-il pas à la démocratie et encore moins au débat ? L'élève muet en classe est notre idéal. L'élève qui s'exprime, confiant en lui, est l'idéal des pays dynamiques.

Il est temps de décongestionner l'école et l'enseignement qu'elle dispense pour donner à la France l'élan qui lui manque et l'énergie qui lui fait défaut. Et c'est dans cette perspective que la pluralité culturelle devrait être repensée, ce qui ne signifie nullement qu'il faille tomber sous la coupe de communautés et de groupes de pression qui dicteraient les programmes à leur guise – un excès dans l'autre sens qui serait la pire des choses susceptible d'arriver à une école en voie d'essoufflement.

Une réflexion est nécessaire pour casser le moule des écoles ghettos, que ce soit des ghettos ethniques ou des ghettos d'un autre ordre. Les écoles privées ont le vent en poupe. Sauvons l'école républicaine où beaucoup d'enseignants, sensibilisés aux problèmes qui l'assaillent, s'efforcent au jour le jour d'y remédier par une pratique et des activités prenant en compte la pluralité de leur public, endiguant ainsi à leur manière les effets d'une crise en passe de devenir endémique. Leur conscience pallie les carences des programmes, des livres scolaires et la surdité des tutelles.

Ce sont avec ces enseignants, pédagogues, chercheurs, hommes et femmes de bonne volonté, que nous avons organisé le 19 mars dernier une soirée à l'Unesco, où fut présenté une exposition de photos réalisée par quelques enseignants du collège Léon-Blum de Villiers-le-Bel avec leurs élèves issus de l'immigration. De même, Sébastien Ledoux, professeur au collège Jean-Vilar de Grigny et chercheur en histoire, s'intéressant spécialement aux questions liées aux devoirs de mémoire, a projeté un film réalisé avec ses élèves sur leur saga familiale, projection suivie par d'un débat réunissant différents acteurs sociaux devant une assemblée de presque trois cents personnes.

Le 2 avril, nous récidivons avec une série de tables rondes à la Sorbonne, cette fois non plus sur » École et immigration » , mais sur » Comment écrire et enseigner la pluralité culturelle à l'école ? » On discutera de l'impact du débat public à l'école, des pratiques de la diversité dans la classe, de son fonctionnement et en dernier lieu de l'histoire face aux mémoires à l'école. Les intervenants viendront de tous les horizons : enseignants, chercheurs, intellectuels, mais aussi les recteurs de Paris et de Créteil, des inspecteurs, des éditeurs et des responsables associatifs.

L'institution est lourde, mais les bonnes volontés ne manquent pas pour dresser l'état des lieux. Les changements tardent à venir. Et pourtant de l'avenir de l'école dépend l'avenir d'une société. Ne tardons pas à le préparer, même à petits pas.

Seconde édition du Pari(s) du Vivre-Ensemble, organisée en partenariat avec Rue89. Le 2 avril, en Sorbonne, amphithéâtre Liard, à partir de 9h15. Journée clôturée par un concert de musique latino-américaine. Comité d'organisation : Esther Benbassa et Jean-Christophe Attias, avec Stéphanie Laithier, Sébastien Ledoux et Vincent Vilmain. Programme sur ParisDuVivreEnsemble.org. Entrée libre et gratuite.

49 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de la ptite kiné

De la ptite kiné

(p'tite kiné) | 10H05 | 31/03/2008 | Permalien

C'est quoi cette idée que l'école est la seule cause et le seul remède tous les maux ?
C'est quoi cette idée que seule l'immigration est la source de toute les exclusion dans cette société ?
C'est quoi cette idée que le voyage permet toutes les ouvertures intellectuelles ?
N'y a t il pas de voyageurs aveugles ?
ne voit on pas se multiplier des packs de voyages organisés et /ou balisés, totalement opaques à quoique ce soit d'autre que le climat et le décor de piquenique ?
C'est quoi cette absence de défense du droit à élever ses enfants dans son propre pays entourés des membres de sa propre communauté sur sa propre terre dans sa propre langue selon ses propres valeurs ?
Ne voit on pas l'importance pour les enfants de grandir entourés de vrais repères ?
Ne voit on pas la souffrance des migrants ? ne voit on pas sa manifestation chez leurs enfants ? fait on semblant d'ignorer que « les Français de souche“(ça a quelque chose de rural ce terme)seront de nouveau les migrants de ce soir ?

Portrait de FabiendeMénilmontant

à la ptite kiné Portrait de la ptite kiné De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 12H53 | 31/03/2008 | Permalien

Je suis entièrement d'accord avec la petite kiné.

Et par surcroît j'habite depuis plus de dix ans dans une ZEP, classée également CUCS (Politique de la Ville, pour les anciens). Ce n'est pas à l'école primaire qu'il y a des soucis, et les soucis ne viennent ni de l'immigration, ni de ce qu'on appelle de façon dégradante les « issus de l'immigration ».

Plus de 80 nationalités se côtoient dans le vingtième, Mme Benbassa.

Vous trouverez certes des viols ou des morts violentes (la dernière, le 17 juin, non élucidée, d'un jeune de mon quartier entre les mains de la police). Mais pas plus qu'ailleurs vous ne trouverez de soucis avant au moins la troisième.

C'est vrai : il y a dix ans, les chiffres du ministère étaient meilleurs et montraient que les gamins issus du collège à côté de chez moi avaient un taux de réussite au bac égal à la moyenne de l'Ile de France. Il s'est dégradé depuis 2003/2004. Légèrement.

Et je ne pense pas qu'en voyant un président de la République dire à un quidam « Casse-toi, pauv » con » nos enfants aient envie d'apprendre à faire un quelconque effort.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de sinclair

De sinclair

10H14 | 31/03/2008 | Permalien

Les choses se précisent, voila que maintenant on veut casser le moule, après avoir eu la peau de la carte scolaire, financé l'école prive etc… Bon c'est un point de vue.
Sans entrer dans le débat de l'enseignement des différences, des cultures, des religions etc débat déchainant des passions plus destructrices que constructives.

Je rappellerai que l'école de la république avait l'ambition de donner a tout les enfants de France un même enseignement avec les mêmes moyens et la même qualité, que l'on habite a Neuilly ou au plus isolé des villages.

Je rappellerai que l'ambition de cette école était de faire fi des origines races ou religion des enfants. Les grenouilles de bénitier et les gens qui sont nés quelque part, en hurlent encore. « gardarem lou connerie a nous »

Je parle au passé car cette conception de l'école républicaine est en train de disparaitre sous les coups des idéologues de la pédagogie et des élitistes cyniques.

Que l'on continue comme cela, on y est presque. Presque a la fin de ce système archaïque, pas moderne, a reformer d'urgence. Cette école peuplée d'enseignants fainéant, surpayes, qui font grève pour les moyens et la qualité de l'enseignement. Les fous.

Bon passons aux choses sérieuses. L'enseignement coute cher, très cher. D'autres pays font beaucoup moins cher avec la clientèle qui compte. La solution est là, simple.

Donc pour le peuple, service minimum style Grande Bretagne, USA, cela fournira de la main d'œuvre peu qualifiée peu rémunéré et abondante. Pour les autres on paye cher, l'éducation de l'héritier mais on se retrouve entre soi, entre gens convenables, avec de la qualité. Comme le niveau supérieur est rare il est bien paye et comme il ne suffit pas on importe des gens bien formes par leur pays d'origine. Donc dont la formation n'a rien coutè.

Bénéfice énorme l'éducation Nationale est le budget le plus important de l'État, je vous dit pas les économies sur le mammouth. Je vous dit pas les bénéfices a la clé pour les entreprises, pour les plus riches l'assurance encore plus grande, d'un avenir assuré pour leurs enfants. Ce qui ne gâche rien.

Quand va t on se rendre compte que ce n'est pas le contenu ou la manière d'enseigner qui est en cause ? mais l'existence même de l'enseignement de qualité pour tous. Tout comme l'existence de notre système de santé est menacé.

Portrait de Scipion08

à sinclair Portrait de sinclair De Scipion08

10H52 | 31/03/2008 | Permalien

« Je rappellerai que l'ambition de cette école était de faire fi des origines races ou religion des enfants. »

C'était cela, l'erreur, la grossière erreur : croire que les autres accepteraient que l'école fassent fi de leurs origines, de leur race et de leur religion ! Elle va se payer très cher…

A la différence du zinzintellectuel français lambda, les « issus de l'immigration » n'ont pas honte de leurs racines et de leur identité, au contraire. Le mythe de l'universalisme républicain ne s'en remettra pas.

Portrait de sinclair

à Scipion08 Portrait de Scipion08 De sinclair

11H40 | 31/03/2008 | Permalien

C'est là ou se trouve la différence. Croyez vous que si la république avait accepté toute les différences de religions, de particularisme régionale elle aurait existé ? Ben non ! !

Il s'agit justement d'un idéal qui apparemment vous dépasse celui de l'universalité de l'être humain.

Tant qu'aux « racines » parlons en. Il s'agit d'un concept a courte vue. Alors que les mouvements de population au cours des siècles ont fait que nul ne peut discerner ses origines et heureusement ? Sauf ceux qui sont ne quelque part (réécoutez Brassens et les gens qui sont nés quelque part).

Si l'universalisme républicain est mort ou est un mythe comme vous le prêchez, alors, bonjour les races pures et les épurations ethniques mais peut être est ce votre idéal ? Ce n'est pas le mien

Portrait de Scipion08

à sinclair Portrait de sinclair De Scipion08

11H56 | 31/03/2008 | Permalien

Ce que vous dites, Sinclair, ne présente aucun intérêt. Vous correspondez assez bien à l'idée que je me fais du « zinzintellectuel français lambda » et je connais vos théories par coeur.

Alors, parlez-nous plutôt de ce que ressent l'immigré et l'issu de l'immigration dont vous NIEZ l'identité, non sans suffisance d'ailleurs.

« Alors que les mouvements de population au cours des siècles ont fait que nul ne peut discerner ses origines… »

Il y a au moins trente millions de Français qui sont au clair sur ce point, ne vous en déplaise.

 »… et heureusement… »

Pauvre crétin : être de nulle part, le rêve de toute une vie… : o(

Portrait de sinclair

à Scipion08 Portrait de Scipion08 De sinclair

14H50 | 31/03/2008 | Permalien

Deux constats.
-L'espèce de la chanson n'est pas en voie de disparition. L'estimation de 30 millions sans parents étranger me parait tout de même beaucoup.
-Cette espèce est en plus devenue fort grossière

Portrait de Miamiam

à Scipion08 Portrait de Scipion08 De Miamiam

Raskolnikov | 15H23 | 31/03/2008 | Permalien

@Scipion08

Ah ouaih ! 30 millions de français sont au clair avec leurs origines ?

Mouaih … bof, je doute. Et puis après, en 2008, il me semble (ou peut etre est-ce mon entourage) qu'une trés large part de la société est passée par ce qu'on appelle le métissage. Mixage qui permet de prendre de la distance par rapport à SES origines ; et de ce poser les bonnes questions ; pourquoi m'enorgueuillir de mes ancètres collabos, de mes ancêtres polygames, de mes ancètres exclavagistes …

Prenez le meilleur dans chacun et le reste aux chiottes !

M'enfin, peut être avez vous le privilège de ne compter que des ancêtres valeureux, humanistes dont on ne peut qu'être fier mais si vous êtes 100 % français, j'en doute.

Portrait de Scipion08

à Miamiam Portrait de Miamiam De Scipion08

17H19 | 31/03/2008 | Permalien

 »…, peut être avez vous le privilège de ne compter que des ancêtres valeureux, humanistes dont on ne peut qu'être fier mais si vous êtes 100 % français, j'en doute. »

Pour quoi faire ? Je ne juge pas les choses du passé, sur la base des modes du jour, c'est complètement anachronique. A l'époque, ça se passait comme ça, aujourd'hui, ça se passe autrement.

Pour ma part, je prends le tout, j'assume le tout, - même la mission Voulet-Chanoine : o) -, parce que le bilan est plus que globalement positif.

Portrait de Scipion08

à sinclair Portrait de sinclair De Scipion08

12H01 | 31/03/2008 | Permalien

 »…réécoutez Brassens… »

Et vous « réétudiez » Brassens… Quand il s'est senti mourir, il est allé chercher refuge sur sa terre natale, et c'est en elle qu'il a voulu être inhumé. Alors, il y a ce qu'on chante à un moment donné, et puis, il y a ce que l'on est vraiment, tout au fond de soi…

Portrait de déluge

à Scipion08 Portrait de Scipion08 De déluge

menuisier | 13H20 | 31/03/2008 | Permalien

http://www.paroles.net/chanson/11334.1
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Portrait de Scipion08

à déluge Portrait de déluge De Scipion08

14H02 | 31/03/2008 | Permalien

Déjà réfuté, et par Brassens lui-même, t'arrives comme la grêle après la vendange, Du Rabot : o)

Portrait de déluge

à Scipion08 Portrait de Scipion08 De déluge

menuisier | 14H33 | 31/03/2008 | Permalien

Ca gaze ?

Portrait de sinclair

à déluge Portrait de déluge De sinclair

14H36 | 31/03/2008 | Permalien

Merci Rabot pour ce lien. La lecture en est simple.

Portrait de Scipion08

à sinclair Portrait de sinclair De Scipion08

14H59 | 31/03/2008 | Permalien

On ne peut pas dire que vos « ripostes » soient vraiment stimulante pour l'inspiration et la verve caustique… : o)

Celles du bouffeur de sciure, non plus…

Portrait de déluge

à Scipion08 Portrait de Scipion08 De déluge

menuisier | 15H15 | 31/03/2008 | Permalien

Quelle Mauvaise Langue ! ..
En plus te stimuler tu y arrives très bien tout seul.
Change de main.

Portrait de Monique 91

De Monique 91

( retraitée ) | 14H33 | 31/03/2008 | Permalien

Depuis ma retraite, j'aide des enfants en difficultés scolaires dans « une association de soutien scolaire »… Vous ne pouvez imaginer les difficultés qu'ils rencontrent ! ! (L'aide est indivudualisée)
L'impresion que j'ai , c'est ( je m'occupe d'enfants de 4 ans à 15 ans )que tout va trop vite pour eux, on ne leur laisse pas le temps d'assimiler : pas assez d'exercices d'entrainement pour comprendre les nouvelles notions … des difficultés surtout dans la compréhension de leur langue ( un vocabulaire de base très faible )

Et que dire de leur « moral » : comment continuer à fournir des efforts quand on sait que l'on n » obtiendra pas la moyenne …ils vivent l'échec scolaire dès la maternelle. Arrivés au collège, ils ne croient plus à l'école comme « ascenseur social » ( et je les comprends )… et donc, ils ne font plus rien . En fin de 3ème, certains quittent l'école en ayant perdu le peu qu'ils avaient acquis en primaire ! !

De mon point de vue, cela passe par des moyens ( or on n » arrête pas de nous dire que là n'est pas la solution ) : dans les écoles classées ZEP, des effectifs de classe en petit nombre -15 élèves -, (au moins pour les apprentissages fondamentaux ) pour l'apprentissage du vocabulaire dans les maternelles , puis à l'école primaire, pour la lecture, le calcul, l'écriture

Ce n'est pas d'une réforme de plus dont a besoin
l'Ecole Républicaine mais de moyens ( que voulez-faire en collège - non classé ZEP -, lorsque de plus en plus les effectifs de classes atteignent 30 élèves ! ! )

Et on nous annonce des suppressions de postes ! ! !

Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 10H22 | 31/03/2008 | Permalien

Je suis également troublé par l'orientation de votre article.
Si il est évident que se cristalisent, dans certaines régions urbaines, les problèmes autour de l'appartenance ou pas à une culture « issue de l'émigration », celà ne résume pas de loin s'en faut les problèmes de l'Education.
L'école de la France rurale ne va pas mieux et le « niveau » n'y est pas meilleur.
De plus l'intégration d'élèves venant d'ailleurs ne se pose pas pour la première fois (immigrations polonaises et italiennes).
Là où ça coince, de nos jours, tient en la paupérisation générale de la population française, immigrés et issus de en première ligne.
Alors, travailler sur le fond culturel dans lequel baignent les enfants, bien sûr. Mais ça ne suffira pas.
Il manquera toujours le projet collectif autour duquel doivent s'articuler les politiques d'éducation, de protection sociale. Avant toute chose, penser à la société dans laquelle nous voulons vivre.
Ensuite on met les moyens, et c'est pas avec toutes les supressions de poste effectives et programmées (y compris dans les zep et autre collège ambition réussite) que ça va s'aranger.

Portrait de Scipion08

à déluge Portrait de déluge De Scipion08

14H08 | 31/03/2008 | Permalien

« Il manquera toujours le projet collectif autour duquel doivent s'articuler les politiques d'éducation, de protection sociale. »

Pour avoir un projet collectif, il faudrait être capable de regarder tous ensemble dans la même direction ?

Le problème, dans la société multiculturelle, c'est que chacun tire à la petite ficelle de son groupe, plutôt qu'à la « corde nationale », puisque la Nation n'existe plus qu'en tant que concept abstrait, rassemblant tout et n'importe quoi.

« Avant toute chose, penser à la société dans laquelle nous voulons vivre. »

Et tu commences quand ? Parce que le résultat de tes cogitations ne transparaît pas dans tes diverses interventions…

Portrait de leconcombrevert

à Scipion08 Portrait de Scipion08 De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 17H35 | 31/03/2008 | Permalien

« Et tu commences quand ? »

Faut enlever la barre de fer en travers de votre cervelle, Monsieur le Maréchal, si non l'air s'échappe et ça crée des bulles** qui font pchitt.

J'en ai plein l'écran.

** Petite note d'ironie, bien sur, pour désigner vos « cognitions » qui pèguent.

On en voit le bout

http://lemonderomain.free.fr/pageimages/buste.html

Portrait de dalun

De dalun

10H26 | 31/03/2008 | Permalien

en 1975 nous pouvions quitter l'école sans diplome et reprendre nos études après un temps de travail , d'expérimentations ,aujourdhui : pas d'epérimentation , faut choisir vite ,sinon : sanction social ! et cette vitesse ce zapping est débilisant et empèche toute réfléxion ……il est nécéssaire donc que des groupes de personnes travaillent au mieux etre des momes dans et hors de l'école ..ça aide

Portrait de DidierB63

De DidierB63

Devant un écran | 11H56 | 31/03/2008 | Permalien

Pour autant que je me souvienne les « lois Jules Ferry » de 1881 et 1882 n'étaient qu'une réaction à la défaite de la France face à la Prusse en 1870, considérant que les soldats allemands était mieux instruits que les soldats français.

Le rôle de l'école de la république (qui ne concernait que l'école primaire) était dès lors le moyen pour la nation d'obtenir de bons petits soldats et de bons petits ouvriers. L'école apprenait à tous la lecture, l'écriture et le calcul. Son rôle n'était pas d'être un vecteur de promotion sociale. Ceci relevait de l'exception et récompensait l'élève « fils d'ouvrier méritant » !

En cela, le système était donc élitiste. Et il l'est resté, car le pays a toujours plus besoin d'ouvriers et d'employés correctement instruits que d'ingénieurs ou de cadres bancaires. Ce n'est pas un jugement de valeur, mais un simple constat numérique.

Pour des raisons politiques, on a voulu faire croire que l'école était un vecteur d'ascension sociale. Que l'école permette à un fils d'ouvrier de devenir ingénieur ou chercheur n'est pas à mettre en cause. L'erreur est de faire croire que tout le monde peut y arriver, ce qui est une hérésie dans la mesure ou nous n'avons tous pas les mêmes capacités intellectuelles ou manuelles et que le nombre de « places disponibles » n'est pas extensible.
Politiquement, le diplôme semblait être le moyen le plus évident de distinguer ceux qui avaient réussi leur ascension. On imagina donc que mener 70% de chaque classe d'age au baccalauréat ferait l'affaire. Le baccalauréat, c'était le certificat d'études des riches…
Moralité, pour y arriver, on a simplement diminué le niveau d'exigence et, désormais, 70% d'une classe d'age a en poche un diplôme sans valeur réelle. Et la promotion sociale par l'école n'existe toujours pas.

D'autant qu'en baissant le niveau d'exigence, on se retrouve avec des jeunes gens qui maîtrisent à peine la lecture et l'écriture, qui sont pourtant la base d'une « bonne » instruction et qui sont indispensables dans la vie quotidienne.

Tellement concentrés sur « l'ascenseur social », les politiques et l'école ont laissés sur le bas-côté des générations d'élèves qui ne pouvaient pas s'intégrer dans ce système élitiste par nature. Aujourd'hui, on appelle ça « l'échec scolaire » comme si l'échec n'était pas théoriquement possible et qu'il était honteux.

Ce qui est honteux c'est qu'on ait créé de toute pièce une société intellectualisée où ceux qui ne peuvent pas s'y intégrer sont des parias.
Au diable l'apprentissage, haro sur les artisans et les métiers manuels. Les gamins en « échec scolaire » n'ont plus de solution pour s'intégrer socialement par le travail. D'ailleurs ils ne l'envisagent même pas, tant on leur a expliqué que la seule solution pour réussir dans la vie était d'avoir le plus de diplômes théoriques possibles.

Et maintenant, on voudrait nous faire croire que l'école a aussi un rôle de ciment d'une société multiculturelle ?
Encore une fois, on va droit dans le mur. Le rôle de l'école est dans la transmission du savoir, pas dans l'éducation, qui relève avant tout de la sphère familiale. L'école transmet le savoir de la même manière à tous les élèves, sans distinction de race, religion, classe sociale et sexe ; c'est en cela qu'elle peut jouer un rôle de ciment, mais elle doit restée concentrée sur son rôle de vecteur de savoir avant de jouer avec autre chose.

Alors, oui, il faut revenir aux fondamentaux. La lecture, l'écriture et le calcul sont la base de tout enseignement. Sans ceux-ci, la suite est compromise.
Le rôle des diplômes et de leur utilité doit sûrement être repensé et l'importance de l'enseignement théorique également. L'artisanat et l'apprentissage doivent reprendre la place qui leur est due.

Quant aux écoles ghettos, elles n'existent que parce qu'il existe des logements ghettos. Les enfants de familles défavorisées se retrouvent dans les mêmes écoles parce qu'ils vivent dans les mêmes villes ou quartiers.
Ce n'est donc pas sur l'école qu'il faut influer mais sur la politique du logement. Le travail à faire dans ce domaine est tout aussi énorme, mais il permettrait à l'école de se concentrer sur sa seule et unique mission : l'enseignement !

http://polemiquons.over-blog.com/

Portrait de admirateur

à DidierB63 Portrait de DidierB63 De admirateur

18H19 | 01/04/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord sauf sur deux points :
1 - les lois de 18881-1882 dites de Jules Ferry sont consécutives aux luttes du 19e des enseignants pour s'affranchir de la tutelle de l'Église
2 - lire, écrire, compter sont les objectifs maximaux que se fixait l'enseignement du 19e siècle ; les lois de 12881-1882 fixent des objectifs bien plus ambitieux à l'école publique… il serait fondamental d'y revenir !

Portrait de Humain

De Humain

11H33 | 31/03/2008 | Permalien

sur le fronton de mon école était inscrit :

Liberté, egalité, fraternité.

Pourquoi donc l'a t'on effacé ?

Portrait de Scipion08

à Humain Portrait de Humain De Scipion08

11H59 | 31/03/2008 | Permalien

C'est de la théorie ! Personne n'y a jamais vraiment cru…

Comme le papier se laisse écrire, la pierre se laisse graver… : o)

Portrait de Jambalaya

De Jambalaya

Le contenu de ce champ apparaît ent... | 12H48 | 31/03/2008 | Permalien

La collabo dhimmi Benbassa a encore frappé…

Portrait de dalun

De dalun

12H59 | 31/03/2008 | Permalien

écrire ,graver ,sculpter ,peindre ,respirer ,chanter ,sentir ,planter ,……aimer….le travail d'une vie (et encore )l'homme théorique n'est pas ! …. la pierre est autre si l'homme peut y travailler ,c'est pas si simple …ceci demande une bonne dose de coups et de retenu ! du respect , du tact , de l'attention .

Portrait de Obash

De Obash

18H07 | 31/03/2008 | Permalien

Education et pluralité culturelle ? Que je sache, il y a toujours eu des vagues d'imigration en France. Et si cela posait problème dans le cadre de l'éducation, je n'en ai pas entendu parler.

La question de base n'est elle pas plutôt « Quel est le rôle de l'éducation dans le monde actuel » ? Veut on former les futurs employés de demain en fonction des besoin des entreprises ? Veut on former des individus savants et critiques ? Ces deux options sont-elles compatibles ?

La première option, certes pragmatique, existe déjà dans certains pays comme le Canada. Peu de cours d'histoire, de biologie, de philosophie et de littérature. On apprend les bases pour pouvoir entrer à l'université, et une fois à l'université, on se spécialise. Certes, la plupart des Canadiens manquent souvent de culture générale, de sens critique, mais franchement, allez leur demander, ils ne s'en portent pas si mal.

La deuxième option est typiquement française. Quel pays met la culture générale plus en avant que la France ? Mais ce type de raisonnement est il réellement adapté à notre monde dominé par les entreprises ? La culture n'est elle pas une affaire personnelle ? Là, je me questionne…

Mais l'école se résume t'elle à la seule connaissance ? Où apprend on le plaisir de travailler, la satisfaction d'un travail bien fait, l'estime de soi ? Certes, on peut l'apprendre ailleurs mais étant donné qu'un enfant passe la majorité de son temps à l'école (ce qui reste étonnant d'ailleurs puisque les pédo-psychiatres répètent depuis des lustres que la concentration d'un enfant sur sa chaise est limitée à 4h par jour…)

En fait, peut être que la question de l'éducation découle d'une autre question à laquelle notre pays devra répondre un jour : quel monde voulons nous construire ?

Portrait de Molto

à Obash Portrait de Obash De Molto

20H35 | 31/03/2008 | Permalien

@ Obash
Quel monde voulons-nous construire ? c'est une question très ambitieuse pour un pays en perte d'influence comme le nôtre. Et la tendance bling-bling n'arrange rien.

Je vous suggère plutôt la question :
Quel « monde » pouvons-nous construire ?

Portrait de cooper59

De cooper59

pour la decroissance ! | 21H22 | 31/03/2008 | Permalien

la culture une affaire personnelle ? ! alors là j'hallucine ! « ou apprends t'on le plaisir de travailler ? “ dites vous , alors donc vous etes pret a penser qu'il faudrait oublier un peu l'inutule culture et plutot apprendre a travailler ? Ce monde là , vous le faites sans moi ! le conditionnement au boulot c'est bon pour les camps de jeunesse de l'ex URSS ou de Petain ! ‘Former les futurs employés en fonction des besoins des entreprises’ , bah non ! que l'ecole nous apprennent la responsabilité et l'independance d'esprit plutot que la vie a credit et en troupeau des homo-economicus ! le travail est un moyen pas une fin en soi ! Et tant qu'on y est on pourrait apprendre a nos futurs elites a cesser de prendre les enfants de la classe ouvriere et donc la France d'en bas pour des cons ! un peu plus d'honneteté et de droiture pour un peu moins de cupidité et de venalité !

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code