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Historienne, dir. d'études à l'EPHE, Sorbonne

Le CNRS et « l'affaire Geisser » : la liberté du chercheur menacée

Un chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Vincent Geisser, est convoqué le 29 juin devant un conseil de discipline pour non-respect du devoir de réserve. Le point de départ de l'affaire est le soutien apporté par Geisser à une doctorante d'un laboratoire de Toulouse portant le voile et interdite d'emploi par le service du Haut fonctionnaire de défense au CNRS, lequel avait de plus classé les activités du laboratoire dont Geisser dépend, l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (Iremam, Aix-en-Provence), comme « domaine sensible ».

Pour certains (telle Caroline Fourest dans son article du Monde daté du 20 juin), l'affaire n'est pas très grave, car d'une part Vincent Geisser l'a bien cherché, et d'autre part il ne risque qu'un blâme.

Mais quoi qu'on pense de l'islam, du voile et des positions de ce chercheur -assez bien présentées dans un article publié par lui en 2007 dans la Revue internationale et stratégique, que personne ou presque ne semble s'être donné la peine de lire-, il faut rappeler que cette affaire n'est pas anodine et remet en cause la liberté de tout chercheur au sein du CNRS. En effet, la direction du CNRS s'est alignée sur les positions du Haut fonctionnaire de Défense, refuse toute communication et dialogue et s'est « bunkerisée ».

Un militaire de carrière s'érige en censeur de la pensée

La direction du CNRS a laissé ce service, dirigé par un militaire de carrière, s'arroger des compétences exorbitantes : décider du droit de porter ou non le voile, du droit de classer des labos de sciences sociales comme « sensibles » sur le plan de la défense, et enfin, tout simplement, de la liberté de pensée chez les chercheurs. Le Haut fonctionnaire de défense n'a en effet jamais caché le fait que pour lui l'islam est un problème. Et de fait, Vincent Geisser n'a pas été la première ni la seule victime de sa surveillance et de ses pressions ; d'autres chercheurs, tous travaillant sur l'islam, dont O. Roy, cosignataire de ces lignes, témoignent aujourd'hui en avoir eux aussi été la cible.

Mais cette intrusion permanente dans la vie des laboratoires de recherche et les travaux de leurs membres dépasse évidemment la question de l'islam. Intervenant dans un domaine manifestement étranger à ses attributions, le Haut fonctionnaire de défense s'arroge scandaleusement un rôle critique que seuls ses pairs peuvent exercer vis-à-vis des travaux d'un chercheur. Jusqu'ici notons-le, les instances d'évaluation réglementaires du CNRS n'ont jamais rien trouvé à redire aux écrits de Vincent Geisser.

Aujourd'hui, le champ d'action du Haut fonctionnaire de défense semble s'être encore élargi. Un jeune chercheur en informatique a eu le tort de relater cette affaire, dans des termes neutres et de type informatif, sur son blog, hébergé par un serveur CNRS. On lui a autoritairement bloqué son blog, qu'il a été obligé de faire migrer sur un autre serveur.

Ce qui se passe est en fait le symptôme de la dérive en profondeur du CNRS et plus largement de la recherche française. La direction du CNRS, en engageant une procédure disciplinaire contre Vincent Geisser, en pratiquant de telles censures, en restant sourde à nos appels, en apportant sa caution à la dérive de son Haut fonctionnaire de défense, érige en politique officielle ce qui n'aurait dû rester, justement, qu'une dérive à stopper.

On ne saurait s'en étonner. La « privatisation » de l'université et de la recherche, loin de donner plus de liberté au chercheur, risque de détruire les instances paritaires où administration et chercheurs travaillaient ensemble (voir à ce propos le communiqué de la section 33 du CNRS). Elle a renforcé le pôle autoritaire et répressif ici incarné par le Haut fonctionnaire de défense. Moins d'Etat veut dire en l'occurrence plus de contrôle. En mentionnant un devoir de réserve qui ne s'applique jamais aux universitaires, la direction du CNRS montre que pour elle le chercheur n'est pas, ou n'est plus, un universitaire mais un fonctionnaire qu'il faut mettre au pas. La direction du CNRS ne sait plus ce qu'est le CNRS…

Pourquoi un appel à la sauvegarde de la liberté intellectuelle des chercheurs et enseignants-chercheurs ?

Le comité qui s'est constitué autour de Vincent Geisser ne l'a pas fait pour défendre ses idées ou son travail, mais pour clamer haut et fort notre attachement à une liberté en danger, la liberté de penser, de faire de la recherche, de transmettre le savoir, en respectant les règles déontologiques s'imposant à ce genre d'exercice, sans avoir à être constamment sous la menace d'une procédure disciplinaire.

L'« affaire Geisser » n'est plus une affaire privée, elle concerne tous les citoyens de ce pays, et se situe au-delà des clivages traditionnels de l'opinion (sur l'islam, depuis le 11-Septembre 2001, comme sur tant d'autres sujets). Nous ne discutons pas ici de manières de voir ou de dire : c'est un principe fondamental de notre démocratie qui est en jeu. Un principe qui vaut pour tous, d'abord mais pas seulement pour les chercheurs, les universitaires ou les intellectuels.

En défendant Vincent Geisser, ce n'est certes pas l'islamisme radical que nous défendons, ni la prétendue sympathie que notre collègue aurait pour lui, c'est un principe universel que nous défendons, cette liberté justement héritée des Lumières. Nos blogs bloqués, nos mails épiés, nos travaux épluchés par les militaires, nos livres devront-ils bientôt être soumis à la censure ou ne refléter que les positions agréées ou supposées agréées par nos gouvernants ? Un maccarthysme à la française, est-ce là désormais l'« exception française » ?

Sous les coups répétés de certains médias acquis à la pensée simple (présumée plus vendable), d'un pouvoir qui affiche toujours plus son mépris pour les producteurs de savoir, spécialement en sciences humaines, et maintenant d'une administration de la recherche elle-même apparemment toute acquise à ces thèses, pourront-ils encore résister longtemps et jouer pleinement leur rôle, ceux qui, intellectuels et chercheurs, modestement, tentent d'apporter, par l'expression d'une pensée libre, un souffle d'oxygène vital pour nous tous, qui nous empêche de tomber dans le confort des idées toutes faites et des préjugés ?

Mesures d'exception et flicage intellectuel

Les 4 500 personnes qui ont signé notre appel ne souscrivent évidemment pas à toutes les prises de position de Vincent Geisser. Chercheurs, universitaires, simples citoyens, tous ont en revanche bien saisi où était le vrai danger : mesures d'exception et flicage intellectuel. La tiédeur de la réponse de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, le silence de Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, face à la première et à la seconde lettre ouverte que nous lui avons adressées, nous incitent à penser que nos autorités supposent que ce mouvement-là, comme d'autres, s'étiolera dans le pourrissement et l'usure.

Même s'il devait s'étioler, il laisserait une cicatrice profonde, prête à se rouvrir à la première occasion. De fait, rien encore n'annonce l'étiolement. Au contraire, notre mouvement gagne désormais l'étranger : les documents du comité de soutien circulent désormais en anglais, les signatures affluent d'Europe et d'Amérique.

Il faut donc tenir et raison garder, en rappelant quelques principes sans quoi il n'y a plus de liberté universitaire.

Quelques principes

  1. On peut être pour ou contre le droit de porter le voile sur son lieu de travail, mais cela ne doit pas être décidé par un officier de sécurité au nom des impératifs de la défense nationale. Cela relève de la loi et du droit du travail.
  2. Les sciences sociales ne doivent pas être considérées comme un domaine sensible sur le plan de la défense nationale : c'est une vision totalitaire du savoir.
  3. Le devoir de réserve par décision constante de la cour de cassation, ne s'applique pas aux universitaires, et donc pas aux chercheurs du CNRS.
  4. Au CNRS comme à l'université (et, oserait-on dire, en France) la liberté intellectuelle est la règle. Toute utilisation de procédures détournées (plaintes, conseil de discipline) pour la limiter est une menace pour la démocratie.
  5. Il y a d'excellentes raisons pour être en désaccord avec Vincent Geisser : mais il suffit de le dire et de l'écrire, pas de le faire taire. Vincent Geisser n'a aucune autorité sur qui que ce soit et ses propos n'engagent que lui. En revanche, le Haut fonctionnaire de défense prétend incarner l'Etat, et mobilise les institutions, malheureusement complaisantes, pour casser Vincent Geisser.
  6. Si le Haut fonctionnaire de défense porte plainte en tant que personne devant un tribunal, il en a le droit et c'est son affaire, mais la direction du CNRS n'a pas à prendre fait et cause pour lui contre un chercheur et, surtout, n'a pas à anticiper le jugement d'un tribunal civil pour sanctionner ce chercheur. En un mot, ce genre de procès et de sanction n'existe que dans des pays de tradition autoritaire (Russie, Turquie, Egypte, Algérie, Tunisie) et n'a pas sa place en France.

Nous ne demandons rien d'autre que le respect de notre travail de chercheurs et d'intellectuels, celui-là même pour lequel nous sommes rémunérés par l'État. La confiance entre la tutelle et les chercheurs, universitaires et intellectuels est désormais rompue. Seul un geste fort - de la Ministre et de la Présidente du CNRS - pourrait la rétablir. Nous réitérons donc nos exigences :

  1. Annulation du conseil de discipline contre Vincent Geisser (et refus de reconnaître sa légitimité s'il est tenu).
  2. Exclusion des sciences humaines de toute supervision par le Haut fonctionnaire de la Défense.
  3. Négociations entre la direction du CNRS et les directeurs des laboratoires des « sciences dures » d'une charte sur les compétences et les limites du rôle du Haut fonctionnaire de défense, qui doit agir dans la transparence, la neutralité idéologique et… le devoir de réserve, qui, lui, s'applique aux fonctionnaires d'autorité.

C'est seulement de cette façon que Valérie Pécresse et Catherine Bréchignac, et plus largement nos gouvernants, manifesteront leur attachement sincère à l'un des droits fondamentaux de l'homme et du citoyen : la liberté de pensée et la liberté d'expression.

Esther Benbassa, directrice d'études à l'Ecole pratique des hautes études, Sorbonne, et Olivier Roy, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique

154 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Serge Quadruppani

De Serge Quadruppani

Nomade italo-bellevilois | 16H02 | 22/06/2009 | Permalien

Entière solidarité face à ce qui n'est pas une dérive mais une manifestation, une de plus, de la manière dont le chef de l'Etat et derrière lui toute une cohorte de ses serviteurs prétendent régenter la société.

Portrait de Béatrice1

De Béatrice1

| 16H04 | 22/06/2009 | Permalien

« Le comité qui s'est constitué autour de Vincent Geisser ne l'a pas fait pour défendre ses idées ou son travail, mais pour clamer haut et fort notre attachement à une liberté en danger, la liberté de penser, de faire de la recherche, de transmettre le savoir, en respectant les règles déontologiques s'imposant à ce genre d'exercice, sans avoir à être constamment sous la menace d'une procédure disciplinaire. »

C'est très joli, ce que vous nous dites là, madame Benbassa, mais il y a cependant une chose que je ne comprends pas dans votre déclaration de prinicpes - si vous voulez bien m'éclairer ? Pourquoi n'avez-vous pas écrit ce texte quand Gollnisch ou Faurisson ont été exlus de l'université ?

Portrait de blablablaetblablabli

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De blablablaetblablabli

patati et patata | 16H40 | 22/06/2009 | Permalien

N'importe quoi,Vincent geisser n'a jamais tenu des propos

révisionniste ni des propos antisémites à ce que je sache ,donc

votre comparaison est complétement absurde.

Elle à raison madame Benbassa, c'est une véritable menace

qui plane sur la recherche actuellement.

Portrait de Jolibibi

à blablablaetblablabli Portrait de blablablaetblablabli De Jolibibi

Lucide... | 16H51 | 22/06/2009 | Permalien

@ alli blabla …

Imaginez alli blabla un chercheur qui fait des recherches sur une secte qui prônerait la supériorité de l'homme sur la femme, pire, qui autoriserait l'homme à battre sa femme, qui exigerait de tuer les apostats, d'exterminer les athées, qui inciterait à violenter les juifs et les chrétiens, dont le gourou aurait épousé une petite fille de huit ans… Aïcha

Nul doute qu'une telle secte susciterait l'horreur et serait immédiatement interdite lors du rapport remis au pouvoir public …

Une secte bien pire et dangereuse que la Scientologie ..

n'est ce pas ? ? ? ! ! ! !

Alors on attend quoi …pour le faire …

je me gausse …

ça vous fait mal ce que j'écris… je comprends …

Portrait de ginkoland

à blablablaetblablabli Portrait de blablablaetblablabli De ginkoland

Ginkologue | 18H46 | 22/06/2009 | Permalien

C'est sur, elle est total hors sujet. Pour quelqu'un qui prétend pourfendre les idées binaires… c'est l'hopital qui se fout de la charité !

Portrait de Béatrice1

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Béatrice1

| 16H57 | 22/06/2009 | Permalien

EDIT : J'ai omis de préciser, tellement ça me paraissait évident, que j'ai approuvé l'exclusion de Faurisson et Gollnisch…

Portrait de ginkoland

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De ginkoland

Ginkologue | 18H57 | 22/06/2009 | Permalien

Mais ce n'était pas la peine chère Béatrice puisque tout ce vous dites est tellement évident pour tout le monde. (sauf pour les esprits simples comme nous bien sur).

Portrait de compte sup. à la demande du riverain 25.08

à ginkoland Portrait de ginkoland De compte sup. à la demande du riverain 25.08

chat de garde | 19H00 | 22/06/2009 | Permalien

nous qui ne sommes pas tous des 250 !

Portrait de ginkoland

à compte sup. à la demande du riverain 25.08 Portrait de compte sup. à la demande du riverain 25.08 De ginkoland

Ginkologue | 19H20 | 22/06/2009 | Permalien

voyons manant ! on se prosterne devant sainte Béatrice !

Portrait de zorbek

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De zorbek

15H34 | 23/06/2009 | Permalien

Vous tapez dans le mille, car effectivement c'est la question que je me suis posée (sans connaitre le dossier de ces 2 messieurs dont a priori je ne partage pas les idées) lors de leur exclusion : qui est le prochain ?
Et je considère la position de Chomsky sur la question un peu plus solide que celle de ses détracteurs. Si la liberté de penser se limite à penser ce qui va dans la direction du malstrom consensuel, il n'y a plus de liberté, et c'est bien là que le bat blesse…

Portrait de Béatrice1

à zorbek Portrait de zorbek De Béatrice1

| 23H40 | 23/06/2009 | Permalien

Oui, c'est une question très grave, et je dois dire que je n'ai pas de réponse. A priori, je penche pour la solution américaine : liberté d'expression absolue (ou presque : il est interdit de crier « Au feu ! » dans une salle de spectacle ! ). Cependant, je comprends parfaitement que les Allemands interdisent le nazisme - nous on est entre les deux. Chomsky n'est pas un argument, car ce salopard ne défend la liberté d'expression QUE des salopards.

Toujours est-il que les législateurs français ont cru bon de pénaliser certaines « opinions » telles que le négationnisme et le racisme. C'est tout ce que j'ai voulu souligner ici, persuadée que Mme Benbassa ne se serait fendue d'une lettre ni pour Faurisson ni pour Gollnisch - à juste raison. Or, il se trouve que je considère personnellement les « opinions » de Geisser comme pratiquement aussi répugnantes, quand je le vois défiler à coté de Latrèche (un des pires fachos islamistes).

Par ailleurs, j'ai conscience de ne pas vivre au pays des Bisounours, et je crois bien que les services secrets français, comme ceux du monde entier, tiennent à l'oeil les mouvances islamistes extrêmes (entre autres) ainsi que ceux qui gravitent autour, et qu'ils ont raison. Depuis les attentats de Londres, les Britanniques ont compris qu'ils avaient été trop laxistes…

Portrait de Un compte supprime

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Un compte supprime

nc | 05H24 | 24/06/2009 | Permalien

Ca m'aurait vraiment etonne aussi…, quelle extraordinaire mauvaise foi et manque d'honnetete intelectuelle, en depit de tes grandes resolutions, de tes grands principes et de ton erudition de bazar…

Je t'avais mis une souriciere Chomsky un peu plus bas : tu ne t'y es pas laissee prendre, mais la tu me sers un plat de choix avec ce post.

Pour oser ecrire : « A priori, je penche pour la solution américaine : liberté d'expression absolue (…) Chomsky n'est pas un argument, car ce salopard ne défend la liberté d'expression QUE des salopards. » il faut vraiment que tu nous prennes pour des cretins. C'est exactement LA, vois-tu, LA, sur ce point tres precis que nous divergeons fondementalement ; c'est exactement cela que tu refuses obstinement de voir et de reconnaitre et qui te mets DEFINITIVEMENT dans la categorie des ultra reactionnaires ultra moralistes psycho-rigides. C'est cela qui fonde cette belle difference entre moi et toi.

De quoi est-ce que je parle : mais du jugement porte sur l'Autre chere Beatrice, de l'incapacite de te defaire de tes jugements a priori (sur les gens et les choses) et la tentative permanente de justifier a posteriori des conclusions erronees fondees sur des premisses absolument subjectives… Syllogisme de l'absurde…

Je garde ce lien en memoire des fois que je retombe un jour dans le piege dialectique de tes argumentations fallacieuses…

Portrait de Béatrice1

à Un compte supprime Portrait de Un compte supprime De Béatrice1

| 16H14 | 24/06/2009 | Permalien

« Je garde ce lien en memoire des fois que je retombe un jour dans le piege dialectique de tes argumentations fallacieuses… »

Pfff…

Gardez, camarade, je vous en prie, gardez… Faut-il que vous soyez peu sûr de vous-même, de vos opinions et de vos principes pour faire un tel aveu.

« De quoi est-ce que je parle »

Bonne question.

« mais du jugement porte sur l'Autre chere Beatrice, de l'incapacite de te defaire de tes jugements a priori (sur les gens et les choses) et la tentative permanente de justifier a posteriori des conclusions erronees fondees sur des premisses absolument subjectives… Syllogisme de l'absurde… »

Mauvaise réponse : mais encore ? Quel jugement « à priori » sur quel « Autre » ? Quelles prémisses « sujectives » ? Quelles conclusions « erronées » ? ? ? Quel syllogisme ?

Jugement sur Chomsky ? Au nom de quoi n'aurais-je pas le droit de juger Chomsky ? (Pour qui j'avais la plus grande admiration en tant que LINGUISTE.) En ce qui concerne ses prises de positions politiques, il a autant de compétences que le neveu de ma concierge - moins, même : car celui-ci n'a jamais osé prétendre qu'il ne s'était rien passé de grave au Cambodge sous le régime de terreur de ses amis les Khmers Rouges ! Chomsky incarne tout ce qui me fait le plus gerber : l'immense tolérance envers les totalitarismes, surtout les plus meurtriers.

Ce qui ne signifie absoluement PAS que je préconise qu'on lui interdise de s'exprimer ! Ca signifie seulement que je préconise qu'on ait le droit de l'attaquer pour ses idées, de le qualifier de « salopard qui ne défend la liberté d'expression QUE des salopards », car c'est l'exacte vérité. On n'a jamais vu Chomsky défendre la liberté d'expression des opposants dans les dictatures - dictatures pour lesquelles il a toujours eu les yeux de Chimène.

Effectivement, j'admire énormément l'immense liberté à l'anglo-saxonne - je trouve mignon que la seule limite au Royaume Uni soit l'interdiction de dire du mal de la reine : c'est furieusement exotique, comme les carosses dorés qui bloquent régulièrement la circulation d'une capitale hyper moderne ! Je remarque seulement que nous ne vivons PAS dans ce cadre, que la liberté d'expression est TRES encadrée en France, et je FEINS de m'étonner que des « bien-pensants » comme Esther Benbassa n'exigent pas qu'elle soit totale dans tous les cas, mais seulement pour ceux avec qui ils sont d'accord…

Je rappelle également une autre vérité : depuis les attentats de Londres, il n'est PLUS permis d'appeler au djihad, à la destruction de l'occident, à la mort des « infidèles » sur les trottoirs britanniques en toute impunité comme c'était le cas auparavant. L'appel au meurtre ne fait PLUS partie de la libre expression.

Tiens, Geisser est un excellent exemple de l'extrême gauche qui rejoint l'extrême droite…

EDIT : avant d'utiliser des termes comme « mauvaise foi », malhonnêteté intellectuelle » et « érudition de bazar », tournez donc sept fois votre clavier dans votre bouche. Je pourrais en avoir autant à votre service, rien de plus facile.

Portrait de Un compte supprime

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Un compte supprime

nc | 16H35 | 24/06/2009 | Permalien

Absolument terrifiant de betise… et de malhonetete intellectuelle. A propos de Chomsky et du Cambodge, vous parlez de choses que vous ne connaissez manifestement pas ; vous ne vous etes pas suffisement informe ; cela ne vous empeche pas de conclure que Chomsky est un crypto fasciste… merci pour cette analyse eblouissante, et pour vous faire les dents, en cadeau bonux :

Portrait de Béatrice1

à Un compte supprime Portrait de Un compte supprime De Béatrice1

| 16H47 | 24/06/2009 | Permalien

La bêtise et la malhonnêteté intellectuelle, elles consistent à m'accuser de « parler de choses que je ne connais pas » en guise de réponse !

Portrait de Un compte supprime

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Un compte supprime

nc | 16H53 | 24/06/2009 | Permalien

Je n'a ni le temps ni l'envie de vous repondre en detail ; tout est sur le net, cherchez. Vous ne cherchez pas a etablir une quelconque verite : votre specialite, ce sont les proces en sorcellerie… Beatrice Mac Arthur.

Portrait de Béatrice1

à Un compte supprime Portrait de Un compte supprime De Béatrice1

| 17H24 | 24/06/2009 | Permalien

C'est vous qui auriez dû chercher, en l'eau-cul-rance. Vous êtes sûr que c'est à MacArthur que vous pensiez ? Vous êtes décidément toujours dans l'à peu près…

J'ai donné des exemples et des liens dans ma réponse à Thierry Reboud.

Portrait de Un compte supprime

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Un compte supprime

nc | 17H40 | 24/06/2009 | Permalien

McCarthy, je vous l'accorde… autant pour moi ! ! ! ahhahhahah ! ! ! ! eau-tambour-moi

Portrait de kk

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De kk

star malgré elle | 17H16 | 24/06/2009 | Permalien

Sauf que c'est chez vous récurent d'affirmer n'importe quoi sur des sujets que vous ne connaissez pas.

Portrait de Béatrice1

à kk Portrait de kk De Béatrice1

| 17H28 | 24/06/2009 | Permalien

Pfff… Revoilà la sotte et ses arguments de cour de récréation. Je connais très bien le système scolaire français (entre autres) et il se trouve que je connais aussi très bien Chomsky que j'ai découvert au cours de mes études comme linguiste et que j'ai suivi avec passion au moment de la guerre du Viet Nam. C'est justement quand il a commencé à délirer à propos des Khmers Rouges que je me suis posée des questions - se poser des questions : voilà une chose que vous ne connaissez pas, n'est-ce pas ?

Portrait de Mon-Al

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De Mon-Al

roturière :-) | 17H33 | 24/06/2009 | Permalien

Juste une simple question : il y a-t-il un sujet ou une personne que vous ne connaissez pas ?

Portrait de kk

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De kk

star malgré elle | 17H57 | 24/06/2009 | Permalien

Attention, Mon-Al, après m'avoir traitée de neuneu et de niaise, voilà qu'elle m'appelle la sotte (j'aurais peut-être mérité une majuscule : la Sotte aurait eu plus d'allure)
Peut-être allez-vous pour elle intégrer ce qu'elle appelle « la meute »
Cette femme ne supporte pas le débat ni la contradiction, tout contradicteur est un imbécile.
Elle conteste mes pratiques professionnelles, je comprends mieux pourquoi : j'apprends à mes élèves l'écoute de l'autre, le respect de l'autre, et je précise régulièrement « Ce n'est pas parce qu'on crie plus fort qu'on a raison »
Et jamais je ne traite personne (parce que je n'ai jamais ce regard sur personne, et dans mon métier, c'est préférable) de niaise, de sotte.
Mais j'imagine qu'elle connait très très bien le respect.
Bonne soirée Mon-Al

Portrait de Mon-Al

à kk Portrait de kk De Mon-Al

roturière :-) | 18H10 | 24/06/2009 | Permalien

Bonsoir kk

Ne vous inquiétez pas : si Béatrice1 m'intègre dans quoi que ce soit, pas de problème, je m'en fous ! Je ne chercherai même pas à lui apporter la contradiction car elle me fatigue trop ! ! ! Et vous savez bien que, comme tous les retraités, je fatigue vite ! Diable, une longue vie de travail, ça vous marque un homme, alors pensez, une Femme ! ! !

Continuez à enseigner, à transmettre votre savoir (qui lui est certain) à vos élèves, sans juger … Vous êtes utile, les donneurs de leçons virtuelles, si parfois inspirent la réflexion, dans le cas dont on parle, sont juste si répétitives qu'on les zappe vite fait !

Bonne soirée à vous aussi : -)

Portrait de Béatrice1

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De Béatrice1

| 23H57 | 24/06/2009 | Permalien

Je ne vois vraiment pas pourquoi je manifesterais la moindre hostilité à une personne qui ne m'a jamais rien fait !

Portrait de jexiste

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De jexiste

si, si | 19H45 | 24/06/2009 | Permalien

Excusez-moi de venir m'immiscer dans votre discussion (m'enfin, vous ne vous gênez jamais avec les miennes…), mais… une question me brûle la langue, ou plutôt, le bout des doigts : Y a-t-il un sujet ou une personne que vous connaissez vraiment ?

Portrait de compte sup. à la demande du riverain 25.08

à jexiste Portrait de jexiste De compte sup. à la demande du riverain 25.08

chat de garde | 19H49 | 24/06/2009 | Permalien

 !

Portrait de Banana ex de juanitoto

à jexiste Portrait de jexiste De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 19H52 | 24/06/2009 | Permalien

Sans prétendre au QI de 250, elle me paraît faire des réponses adéquates à ce dernier post de KK notamment.

Portrait de Béatrice1

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De Béatrice1

| 23H47 | 24/06/2009 | Permalien

Bah ! Il y en a des QUANTITES : tous ceux sur lesquels je ne m'exprime pas, et ils sont nombreux. Mais après avoir enseigné pendant 40 ans dans trois pays (la France, le Royaume Uni et les Etats-Unis), je crois pouvoir m'autoriser à dire que je connais bien leur système scolaire, par exemple. En outre, de par ma formation, je connais très bien la linguistique (j'ai beaucoup étudié Chomsky, entre autres ! ) : je parle plusieurs langues et c'est mon dada - ça me fascine de découvrir les astuces qu'ont inventé les humains pour s'exprimer le plus précisément possible avec le minimum d'efforts possibles. De par ma formation aussi, je connais très bien l'histoire du Royaume Uni, des Etats-Unis, et donc de la France au moins depuis le XVIIIè siècle. De même, j'ai été amenée à tâter un peu du droit, qui est incontournable pour quiconque travaille sur les Etats-Unis, et de l'économie incontournable quand on travaille sur le Royaume Uni. Et puis j'adore transmettre, c'est pourquoi j'ai adoré enseigner, et probablement pourquoi je viens ici depuis que la maladie (et bientôt l'âge) m'empêche de le faire.

Ma formation m'a donné la « culture de l'honnête femme », ce qui me permet de m'intéresser à et de me tenir informée de tout ce qui concerne les sciences humaines (mais j'en ai rejeté tout ce qui concerne les sciences « dures » auxquelles je suis totalement réfractaire).

Portrait de King Kong

à Béatrice1 Portrait de Béatrice1 De King Kong

Crétin | 23H51 | 24/06/2009 | Permalien

L'honnête femme, ça n'existe pas, c'est du verbiage politiquement correct.

On dit : honnête homme. Même pour une femme.

Portrait de Béatrice1

à King Kong Portrait de King Kong De Béatrice1

| 23H59 | 24/06/2009 | Permalien

Et bien non : moi je dis « honnête femme » pour une femme. Je ne vois pas pourquoi ce serait toujours le masculin qui l'emporterait… En disant ça, je ne plaisante qu'un tout petit peu : la langue traduit effectivement une réalité.

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