Esther Benbassa répond à Nestor Romero : « Sortez de votre blog ! »
Lundi, notre blogueur Nestor Romero exprimait son désaccord avec un point de vue publié dans Le Monde par notre autre blogueuse Esther Benbassa, sur la question des statistiques ethniques et de la diversité. Esther Benbassa lui répond ci-dessous.
Cher Monsieur Romero,
Ce n'est pas la première fois que j'affronte votre colère. Dans votre texte fougueux, vous niez mon mérite. Je n'y prétendais guère. En revanche, quand bien même j'en serais moi-même dépourvue, je crois bien au mérite comme à une religion.
Le mérite sert de borne. Celle-ci est souvent contournée, je vous le concède. Mais, sans le mérite, c'est la loi du plus fort, le copinage, le piston, l'héritage social et économique… qui prévalent. Si vous préférez cette dernière solution, c'est votre choix, mais espérons qu'il ne sera pas celui de tout le monde.
Nombre de jeunes issus de ce qu'on appelle pudiquement la diversité voient leur mérité nié au nom de considérations bien injustes et souvent irraisonnées. Un mérite qui, reconnu pour ce qu'il est, leur donnerait une chance de grimper quelque peu dans l'échelle sociale.
En quoi cette ascension vous dérange-t-elle tant ? Craignez-vous que leur ascenseur aille aussi vite que le vôtre ? Vos considérations sur le démérite relèvent de la rhétorique, vous jouez avec les mots. Je vous laisse profiter de ce plaisir.
L'« appartenance », certains se la voient jeter au visage
Si vous-même ne savez pas répondre à la question de l'« appartenance », il y en a bien d'autres qui se la voient jeter au visage, cette fameuse « appartenance », lorsqu'ils sont à la recherche d'un travail décent, d'un logement ou d'une bonne éducation pour leurs enfants, et sans parler du reste.
Vous voulez devenir ce que vous êtes et ne pas être enfermé dans une culture. Probablement qu'il est plus aisé pour vous de le faire. Et nombre de nos concitoyens, avec un nom ou un faciès « typés », comme on dit, en ont moins les moyens.
Sortez un peu de votre blog et de vos certitudes pour aller voir ailleurs, ainsi pourrions-nous reprendre notre dialogue sans surdité.
Quant à votre utopie selon laquelle nous serions tous frères et soeurs, je tiens à vous rappeler que nous ne le sommes pas, mais que nous pouvons le devenir.
Bonne nouvelle pour vous qui prônez avec ardeur le devenir.
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De SuperAlAmAs
homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 16H40 | 21/04/2009 |
Romero, pourquoi es tu donc Romero…
Finiront ils ensemble : ) ?
à SuperAlAmAs
De Pseudo
Enfin libre :-) | 18H35 | 21/04/2009 |
Si je me souviens bien de la fin de l'histoire, c'est non. ; -)
« Renie ton père, refuse ton nom ;
Ou si tu ne le fais, sois mon amour juré
Et moi je ne serai plus une Capulet. »
De rocheclaire
retraitée | 07H09 | 22/04/2009 |
franchement ce délire verbal et grossier n'a rien à faire ici ! Je ne suis pas pour la censure, mais il y a des limites à la vulgarité
à rocheclaire
De Pseudo
Enfin libre :-) | 07H30 | 22/04/2009 |
Ca y est, son post a été retiré. Mais il revient régulièrement en changeant de nom. Par contre, le contenu de ses posts ne change malheureusement pas.
De tlaloc
Retraité | 16H46 | 21/04/2009 |
Le vrai mérite ne peut exister que si l'on supprime l'héritage (autre que la maison de famille) sinon…..c'est tout ce qu'on voit en ce moment fils de, fille de pour toutes les places importantes.
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 16H48 | 21/04/2009 |
On a beau avoir le « mérite » (regardez les derniers légionnés d'honneur), on a aussi la loi du plus fort, le copinage, le piston, l'héritage social et économique.
De plus, de quel droit, de quelle humanité atteinte peut-on affecter autrui d'un « mérite » ?
Et selon quel type d'option existentielle ?
Le mérite de réussir à dominer ?
Le mérite d'accumuler les richesse de tous ?
Nous méritons tous mieux !
De Chevalier De Monlac
Chevalier en mousse | 16H50 | 21/04/2009 |
Le maccartisme nouveau est arrivé ! !
Si on ose émettre un doute sur le bien fondé de démolir les principes de notre République alors c'est qu'on serait un affreux fasciste ?
La discrimination positive est une catastrophe à tout point de vue dans ce pays.
à Chevalier De Monlac
De félicité-mafoi
08H03 | 22/04/2009 |
D'ailleurs, à propos de discrimination positive, je voyais, il y a quelques jours, un reportage sur l'Afrique du Sud, pays où celle-ci sévit depuis la fin de l'apparteid.
Résultat : des blancs (n'y voyez aucune trace de racisme de ma part) se trouvent maintenant victimes de discrimination à l'emploi, ceux-ci étant réservés aux noirs. Le problème s'est inversé sans disparaître et le racisme est toujours là.
La même chose se produirait, sans doute, avec la parité en politique si elle était appliquée : des femmes seraient élues parce qu'elles sont des femmes et non pour leurs compétences en politique (je parle de la vie de la cité et non du théâtre lamentable dont nous sommes les malheureux spectateurs), le résultat ne serait pas la disparition du sexisme.
Pour en revenir au mérite, cela me rappelle trop les leçons de morale que nous devions copier chaque matin à l'école (laïque). C'était un excellent moyen de nous « tenir » sans pour autant nous aider à développer un esprit critique. Les méritants étant les pauvres qui travaillaient bien mais surtout ceux qui ne la ramenaient pas.
De Al nasr al tair
16H50 | 21/04/2009 |
Esther et Nestor
En voila un beau débat qui je l'espère va se se poursuivre, il est passionnant.
Et tout le mérite vous en revient ………………………………
De SuperAlAmAs
homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 17H06 | 21/04/2009 |
C'est pas du tout utopique de dire comme nous sommes tous frères et soeurs… C'est même scientifiquement probable…
C'est péssimiste de croire que cela n'est pas possible…
Le lien et l'entende ne vont pas tjrs de paire…
Comme le mérite et sa réalité social…
Désiquilibre dans la matrice, je m'explique, une partie de la société est habitué aux pistons, à la richesse, à l'héritage…
L'autre partie en veut, et à chances égales rafflera tout si on y va qu'au méritte ; mais est ce la « faute » des premiers si leurs pères ont tout basé sur l'héritage ?
De Tita
oiseau | 18H30 | 21/04/2009 |
humm… oui, le mérite… De la même manière l'école est sensée permettre aux enfants d'ouvriers de devenir médecin, ministre ou même président.
Pourtant, dans les faits, l'école est un instrument de la reproduction sociale et les fils d'ouvrier ont finalement bien peu de chance de s'échapper. Doit-on alors fermer les écoles ? Non, évidement, mais on ne peut pas, non plus, ignorer les mécanismes qui font que l'école joue dans la reproduction sociale.
Dans un sens, si j'ai bien suivi le débat, Esther Benbassa et Nestor Romero ont raison tous les deux. Les deux approches ne s'excluent pas nécessairement. Après tout, l'école est nécessaire même si elle n'est pas parfaite.
Si j'ai bien compris le débat, là où la vraie différence entre les deux auteurs semble apparaitre, c'est sur la question de l'appartenance de groupe.
Doit-on l'institutionnaliser pour pouvoir montrer les inégalités ?
Doit-on refuser de l'institutionnaliser puisque ce serait en soi, déjà, une discrimination, que l'Etat (ou d'autres) pourrait exploiter et pas nécessairement dans un sens de justice sociale ?
De alberte
Sage-femme retraitée | 18H47 | 21/04/2009 |
Bravo Mme Besbassa, ce que vous écrivez me semble marqué au coin du bonsens, je vous soutiens entièrement
De Nestor Romero
Ancien enseignant | 19H44 | 21/04/2009 |
Chère Esther,
Nulle colère dans mon propos. De la fougue ? Sans doute. Merci.
Non je ne nie pas votre mérite, je nie le mérite lui-même.
Vous exprimez d'ailleurs parfaitement notre désaccord sur ce point. En effet, je ne crois pas au mérite et je ne suis pas religieux. Peut-être devrais-je dire : je ne crois pas au mérite car je ne suis pas religieux.
Je persiste cependant : le mérite n'existe pas, ni le vôtre ni le mien. Vous le dites vous-même, il s'agit juste d'une « 'borne''. Ce que vous appelez mérite n'est plus qu'un instrument, un pur utilitarisme qui, dites-vous, permettrait d'éviter “'la loi du plus fort…'”, etc.
Ce qui de toute évidence est faux puisque nous vivons sous le règne (c'est le mot) de la valeur mérite, posée comme fondement du fonctionnement social aussi bien à droite qu'à une certaine gauche, et que nous baignons dans tout ce que vous comme moi abhorrons me semble-t-il.
Mais oui Esther nous sommes frères, qu'on le veuille ou non, tous issus de la même particule étincelante de vie.
Pour autant les choses n'en sont pas simples et il faut, vous avez raison, le devenir, c'est-à-dire travailler à vivre fraternellement.
Quant aux jeunes “'issus de la diversité'” (mon patronyme n'est pas spécifiquement quercynois), nous pouvons en parler quand il vous sera agréable. J'ai travaillé pendant quarante ans à leur côté, avec leur famille, volontairement, ce qui a contribué plus que tout à forger ma conviction quant au “'mérite'” et à “'l'ascenseur social'” .
Enfin, “'sortez de votre blog'”, m'intimez-vous.
Justement j'en suis sorti un peu ces derniers temps pour écrire un livre (''Histoire de guerres, de révolutions et d'exils' », Editions Acratie, pardon pour l'auto-pub) qui raconte des histoires de femmes et d'hommes qui, voici 70 ans ont lutté « 'tras el Pirineo' » pour cette « 'utopie' » d'un monde plus fraternel. Elles et ils ont eu à combattre bien des croyances et une religion dominante qui bénissait les canons de guerriers qui eux ,oui, croyaient qu'il est des « 'élites méritantes''.
à Nestor Romero
De zorbek
21H48 | 21/04/2009 |
« J'ai travaillé pendant quarante ans à leur côté, avec leur famille, volontairement, ce qui a contribué plus que tout à forger ma conviction quant au “'mérite'” et à “'l'ascenseur social'” . »
Soit, mais vous n'en dites rien, ou trop peu pour pouvoir engager véritablement un débat. Tous les comportements, toutes les attitudes face à la vie, sont-elles également méritantes ? Je ne le crois pas, et vous même non plus car cela voudrait dire que tout se vaut, ce que je ne pense pas que vous croyiez.
Je n'ai (pas encore) lu l'article initial auquel vous avez réagi dans votre article auquel celui ci-dessus est une réponse, mais j'aimerais quand même comprendre ce que vous dénigrez dans le concept d'« ascenseur social » au sujet de minorités. Pour être très précis : trouvez vous normal qu'un polytechnicien français d'origine arabe trouve plus facilement du travail à Londres qu'à Paris ? Pourquoi lui n'aurait-il pas droit au mérite de ses efforts alors que d'autres mieux nés et au patronyme plus gaulois l'ont de facto avec l'assentiment de tous ? Acceptez-vous cette différence ? Ou bien celle-ci est-elle si négligeable à vos yeux pour que vous puissiez en dénigrer le concept de mérite ? Le destin des minorités « visibles » doit-il nécessairement être au bas de l'échelle sociale pour vous satisfaire ? Et en quoi au juste le polytechnicien dont il est question devrait être honteux plutôt que méritant ?
à zorbek
De Nestor Romero
Ancien enseignant | 22H32 | 21/04/2009 |
J'ai écrit un livre voici quelques années dans lequel j'en dis un peu plus. Il s'intitule « » l'école des riches, l'école des pauvres' » (Ed. Syros).
Je suis aussi indigné que vous des discriminations à l'embauche mais je suis également indigné par la situation de celles et ceux que le fonctionnement social condamne à ne pas pouvoir accéder au fameux « 'ascenseur social''. Car c'est là le coeur du problème : la structure sociale inégalitaire fondée justement sur la méritocratie.
D'où vient que votre polytechnicien soit doté de tant de talents ?
D'où lui vient sa volonté, son intelligence ou toutes les qualités que vous voudrez alors que son voisin en est dépourvu ou n'a pas su les découvrir. Telle est la question que je pose et à laquelle, comme disait Boris Vian, personne ne répond. Telle est l'injustice fondamentale.
Alors que faire ?
Continuer le débat.
à Nestor Romero
De Sylvain85
Jeune diplômé | 14H18 | 22/04/2009 |
Ne confondez-vous pas méritocratie et corporatisme ?
En effet, on peut être méritant sans sortir de Polytechnique. Je considère qu'une personne est méritante lorsqu'elle réussie des choses importantes compte tenu de ses moyens.
Le jeune sans diplôme, sans réseau et sans argent qui monte une PME de 5 salariés est plus méritant que l'Enarque, fils de ministre qui hérite d'un gros magot et crée une boîte de 10 personnes. Il fait deux fois moins de résultat, mais lui est vraiment parti de zéro pour y arriver.
Maintenant, l'une des choses que l'on peut souligner, c'est le corporatisme dont l'Etat est le premier responsable.
Aujourd'hui, la quasi-totalité des haut fonctionnaires et la majorité des patrons du CAC40 ont en commun d'être sorti d'une poignée d'écoles. Or appartenir à un grand corps ne fait pas le mérite de quelqu'un.
On a une élite composé de clones et cela explique beaucoup des problèmes de notre pays.
à Nestor Romero
De zorbek
05H55 | 23/04/2009 |
Je dois avouer que j'ai du mal à vous répondre car je ne suis pas sur de vous comprendre (ce qui n'empêche pas que je lirai certainement votre livre).
A commencer par votre affirmation selon laquelle le cœur du problème réside dans la structure sociale inégalitaire qui serait selon vous fondée sur la méritocratie.
En quoi au juste ? Je partage entièrement l'interrogation de l'intervenant ci-dessus qui vous demande s'il n'y a pas confusion entre corporatisme et méritocratie.
Mais surtout, je crains fort que ramener le problème dont il est question ici, à savoir le délit de faciès, à une structure sociale inégalitaire, c'est l'enfumer beaucoup pour ne pas le voir en face. Bien sur, la société française n'est pas égalitaire, mais pourquoi les Français issus de l'immigration devraient attendre qu'elle le soit devenue pour être reconnus citoyens à part entière ? Pour quelle raison un immigré devrait-il nécessairement vivre en retrait par rapport à tout désir d'ascension ou de reconnaissance sociale ? Un chef d'entreprise ou un préfet de couleur, amèneraient-ils selon vous un renforcement de la structure sociale inégalitaire ? Si vous le pensez réellement, alors c'est qu'au fond de vous-même vous non plus ne l'acceptez pas comme Français à part entière…
De caro
délinquante avérée | 20H53 | 21/04/2009 |
je continue à penser que le mérite n'existe que pour ceux qui veulent établir des marches pour arriver au sommet dans une société qu'il ne faudrait surtout pas changer. De mon temps, les instits distribuaient des bons points aux élèves méritants, après, les enseignants distribuaient des prix, maintenant les patrons distribuent des primes aux salariés méritants et le gouvernement a instauré des salaires au mérite pour les fonctionnaires.
Cette notion de « mérite » me semble relever d'une exploitation religieuse, d'une course aux bons points (aux primes), prônant le conformisme à une société parfaitement inégalitaire. Toujours facile de distribuer quelques joujoux aux « méritants » pour empêcher une révolte sociale.
à caro
De Alfary
Ronchon | 22H18 | 21/04/2009 |
Oui, Caro, je suis profondément d'accord avec vous ; du reste, la notion de « mérite » participe d'une représentation pyramidale (verticalité) du réel.
Le couple mérite /statut peut avoir un intérêt utilitariste, jusqu'à un certain point, voire conservateur et réducteur. Le « mérite » fonctionne souvent comme « l'identité », une assignation à résidence.
Qu'ont-ils mérité, Paul Celan et Walter Benjamin ? Un léger décalage comme celui-ci me semble circonscrire le territoire du « mérite ». Évidemment, nous sommes loin des choses qui montent ou descendent, -type ascenseurs et autres échelles- et plus proches de la circularité.
Bref, le « mérite », au bout, internalise l'échec, fait litière des dynamiques sociales. Que les « ségrégués/dominés » découvrent plus tard. En somme, l'idéologie du mérite, est une forme supérieure d'aliénation.
à caro
De Servais-Jean
alpha-béta | 22H51 | 21/04/2009 |
Salut Caro
Cet article m'a fait bondir et j'y ai répondu sans lire les commentaires des riverains. Mon commentaire posté m'a expédié au fond de la liste et c'est en remontant que j'ai le plaisir de vous lire et de vous « toper » (comme d'ab).
De Servais-Jean
alpha-béta | 22H54 | 21/04/2009 |
Ce duel Benbassa-Roméro devient surréaliste avec cet article.
A croire qu'ils ne communiquent pas sur la même longueur d'onde ou, autre hypothèse, que c'est moi qui suis mal foutu car j'arrive à comprendre ce que l'une et l'autre disent.
Esther Benbassa tient absolument à sa notion du mérite alors que Nestor Roméro refuse cette notion. On se croirait au Concile de Nicée de 325 où ils se crêpaient le chignon pour quelques virgules.
En réaction à cet article je pose cette question toute bête inspirée par la fable « La cigogne et renard » : La cigogne a-t-elle du mérite ?
Si vous répondez, que ce soit oui ou non, tirez-en toutes les conséquences et vous comprendrez peut-être ce que dit Nestor.
à Servais-Jean
De caro
délinquante avérée | 00H17 | 22/04/2009 |
Bonsoir Servais-Jean et merci pour vos « top » avec échange de bon procédé ; -)
Je crois que le « duel Benbassa-Roméro » est plus important que la place de quelques virgules. Pour moi, ce serait plus la querelle des anciens et des modernes. L'une veut garder la même société en l'aménageant pour ceux qui ont compris et utilisent le système du « mérite », l'autre qui ne croit pas en la « méritocratie » et à « l'ascenseur social » pourtant tellement à la mode !
Rien de bien « révolutionnaire » que cette « querelle des anciens et des modernes ». Serais-je « moderne ++ » ? ; -))
à caro
De Servais-Jean
alpha-béta | 22H02 | 22/04/2009 |
C'est ce que j'essayais de faire comprendre avec mes bestiaux.
La cigogne arrive à boire grâce à son « mérite ».
Le « mérite » du renard ne lui permet pas de boire.
Un mérite qui chez eux se nomme museau ou bec mais qui dans notre société humaine se nomme mérite.
De Francais_bxl
Consultant | 08H15 | 22/04/2009 |
Excellente réponse, Esther !
J'ai comme l'impression que Mr Romero a une préférence à regarder le monde tel qu'il le rêve, plutôt que tel qu'il est…
Selon moi, les questions de la mesure de la diversité (sans guillemets), de l'action positive, etc. doivent partir exclusivement d'une analyse simple : il y a-t-il, dans un pays, une région, une industrie, etc., des formes de discriminations explicites et surtout implicites ? Si oui, souhaitons-nous, en tant que société, que cela change ? Ce sont pour moi les questions centrales.
Ensuite, il est possible de discuter à loisir des mesures que l'on peut prendre : les blablas politiques, les slogans genre « touche pas à mon pote », l'éducation de meilleure qualité, etc. Il y a un moyen qui permet d'évaluer les résultats, les évolutions de manière pseudo-objective (les sondages n'ont qu'une objectivité limitée), ce sont les statistiques.
En ce qui concerne les termes discutés de mérite, d'appartenance, etc. Oui, ce sont des concepts, qui, comme on doit bien le reconnaitre, et qu'on le veuille ou non, forgent et structurent notre société. Faut-il faire changer les choses ? Probablement. Faut-il que ce soient les noirs, les arabes, les asiatiques, les femmes, les personnes avec un handicap, les homosexuel(le)s, les transexuel(le)s, etc. qui participent à et de ce changement, ce serait idéal…
Mais pas en changeant les règles en cours de « jeu » ! ! ! Rappelons-nous qu'on disait, il y a quelques années (ça ne fait plus, non ? ) que « pour nommer une femme dans un CA d'entreprise, comme ministre, etc., il faut qu'elle soit compétente'…
Quoi ? On ne nomme les ministres que sur la base de leurs compétences ? ? ? Ou, mieux, de leur mérite ? ? ? Ne serait-ce pas plutôt sur leur sentiment d'appartenance (à une caste, une classe, un parti, une allégeance…) ?
Exiger que les “personnes issues de la diversité” soient évaluées uniquement sur la base de leurs compétences, leurs qualités, etc. C'est injuste… Mais, que leurs compétences, leurs qualités ne soient pas prises en compte, c'est tout aussi grave…
De Moksha
Liberté chérie | 10H03 | 22/04/2009 |
Cet article m'a d'abord plu et puis en lisant les observations, je me demande : c'est quoi le mérite ? qui le définit ?
Comme la compétence en politique, c'est quoi cette compétence ?
Des femmes seraient compétentes et d'autres pas ? et les hommes incompétents depuis combien de temps nous avons en politique et à quel pourcentage pouvons nous l'estimer au regard de l'état du monde et du nombre de guerres ?
Une religion dit que Dieu compte l'état du monde aux larmes des femmes.
J'aimerais des éclaircissements, je manque de compétences : ))))))
De survivant
15H10 | 22/04/2009 |
Le mérite est le fondement de toutes sociétés hiérarchisées et le terreau de l'ultra libéralisme qui engendre la discrimination, la haine, le mépris, le racisme, la vengeance, l'individualisme mais aussi le chauvinisme tout ce que le fascisme prône. En reprenant cette expression toute simple « tout travail mérite salaire » Qu'inspire cette expression ? Qu'un service ne peut-être rendu à autrui par amitié sans une contre partie pécuniaire et nous retombons dans la logique du maître/esclave que les sociétés hiérarchisées ont instauré ! Le mérite ne revient qu'à celui qui c'est battu pour l'obtenir tel le pompon qui monte et qui descend pendant que le manège tourne emportant dans ses figurines les enfants tout excités d'attraper le précieux objet qui leur fera gagner un tour supplémentaire. Mais il n'y a qu'une seule place et un seul pompon, tandis que le manège regorge d'enfants. En remplaçant le mérite par l'équité l'humanité ne serait-elle pas plus juste ?