
« Importer » le conflit de Gaza en France. De quoi parle-t-on ?
L'offensive terrestre d'Israël dans Gaza a remis à l'ordre du jour la fameuse question de « l'importation » sur le sol français du conflit israélo-palestinien. La dualité juifs-musulmans s'est immédiatement installée dans l'esprit des politiques et dans les médias. Et nous voilà entrés de plain-pied dans une guerre des religions. Un schéma classique en France, lié à son histoire aussi bien avec les juifs qu'avec les musulmans. Comme si les deux religions s'affrontaient, et pour quoi faire ?
Les religieux, pompiers des temps de tension ?
Les poignées de mains entre imams et rabbins viennent couronner cette vision de la société qu'ont les pouvoirs publics et qui relève de leur obsession du « communautarisme », que finalement ils renforcent par leurs actes et leurs discours.
On ferait sans doute mieux de développer de vraies campagnes d'information et de formation dans les poches où les frictions se développent avec le plus de facilité. On préfère cependant attendre la dernière minute pour dénoncer les heurts et demander aux religieux de jouer les pompiers.
Or les religieux n'ont rien à voir dans cette affaire. Une guerre se déroule au Moyen-Orient entre Israël et le Hamas. Le peuple palestinien paye le prix fort. Israël aurait pu au moins éviter l'offensive terrestre et se contenter de l'aérienne pour dissuader -éventuellement– le Hamas de lancer ses roquettes.
A supposer qu'une telle « dissuasion » puisse fonctionner vraiment et durablement. Il n'y a pas de guerre juste, il y a les vies des hommes, des femmes, des enfants confrontés à la douleur et à la mort. Les Palestiniens sont entre le marteau et l'enclume, démunis devant un Fatah affaibli, des pays arabes impuissants, une armée israélienne surpuissante et un Hamas arrivé au pouvoir d'abord par les urnes mais dont la légitimité politique a toujours été niée.
Qui n'a pas le sentiment que le vrai motif de cet affrontement –résistance des uns, autodéfense des autres– est surtout électoral et clientéliste, d'un côté comme de l'autre ?
L'engagement sécuritaire fait gagner les élections, on en a l'expérience en France. Si 91,4% des Israéliens trouvent cette guerre juste et se disent fiers de leur armée, Richard Prasquier, le président du Crif, affirme que 95% des juifs de France la soutiennent. Le grand rabbin de France lui-même ne s'est pas ménagé pour signifier son adhésion à la cause.
La déclaration de M. Prasquier n'est peut-être pas totalement fausse, mais elle tombe à pic pour donner un coup de pouce à la propagation d'un antisémitisme qui n'avait nullement besoin de ça et dont tous les ingrédients se trouvent par ailleurs réunis : crise économique, affaire Madoff, guerre à Gaza…
L'argent et le sang, du pain béni pour les antisémites. Que Madoff ait ruiné d'autres juifs et que tous les juifs du monde ne soutiennent pas ce que fait l'armée israélienne à Gaza n'y change hélas rien. Cette confusion entre juifs et Israéliens, comment y échapper si le Crif la cautionne ?
Il reste les 5%. Mais qui sont-ils ? Leurs voix ne comptent-elles pas ? Une seule voix qui s'élève contre les tueries devrait pourtant compter bien plus que ces 95% à qui on n'a sûrement pas demandé grand-chose et qui soutiennent Israël pour des raisons affectives.
Ceux-ci, si on leur parlait face à face, n'admettraient probablement pas qu'on tue à Gaza des enfants, des vieillards, des simples gens qui cherchent à nourrir leur famille et à la protéger.
Etre juif et soutenir les Palestiniens
Nous sommes peut-être une poignée, mais nous sommes déchirés entre notre attachement à Israël, notre opposition à sa politique actuelle et notre soutien à la cause palestinienne. Notre impuissance à faire cesser cette guerre, à stopper le carnage, à obtenir qu'on discute avec le Hamas, le Fatah, les puissances européennes, et qu'on emprunte enfin la voie diplomatique jusqu'à ce qu'on trouve une solution viable pour un Etat palestinien, nous plonge dans le plus grand des désespoirs.
Aussi parce que, pour ne parler que de mon entourage et de moi, nous n'avons pas le cœur de défiler là où l'on s'en prend globalement aux juifs, où l'on établit une équivalence entre croix gammée et étoile de David, pas plus que de manifester devant l'ambassade d'Israël avec nos frères juifs.
Moi, être humain choqué par la souffrance des Palestiniens, et qui connaît par les récits de famille et par mon expérience d'historienne des juifs ce que mon peuple a souffert, je ne peux pourtant pas fermer les yeux.
Ce n'est guère par pacifisme que je dis : « Arrêtez, ça suffit. » Je le dis parce que je ne veux pas porter sur ma conscience le poids de tous ces civils morts et parce que trop, c'est trop. Cette guerre est devenue sale, si elle a jamais été « propre ». J'ai mal, mais je ne veux pas non plus qu'on m'attaque parce que je suis juive.
Je peux crier, dénoncer et même pleurer, mais je ne suis pas responsable de cette guerre et de ses morts. Leurs images, le peu que j'ai vues, je les porte en moi, comme ces photos de famille qui ne vous quittent jamais.
Antisémitisme et islamophobie
Tout compte fait, on ne peut pas reprocher aux Arabo-musulmans de s'identifier à l'opprimé. Le conflit israélo-palestinien n'est pas « importé ». Il est là depuis de longues années et ce n'est pas le fameux dialogue interreligieux qui règlera les problèmes.
L'hostilité entre juifs et musulmans après la Seconde Guerre mondiale est liée à la naissance d'Israël et à la décolonisation. C'est l'histoire, et c'est ainsi. Ces événements vont provoquer de grandes vagues d'émigration juive vers la France, Israël et le Canada. Mais ce à quoi nous assistons depuis la seconde Intifada en France et en Europe –la montée de l'antisémitisme–, est lié aussi aux problèmes inhérents aux pays européens et en l'occurrence à la France.
S'il y a identification à l'opprimé de la part de ceux qui sont discriminés au quotidien, y compris lorsqu'ils sont nés sur le sol français, voilà qui ne peut qu'encourager le rejet du juif qui lui fait partie, même démuni et pauvre, des « intégrés ».
Je ne sache pas qu'on arrête les juifs pour contrôler leurs papiers d'identité. Mais un Arabo-musulman ou un Noir, oui, ça se voit tous les jours. Certes, tout cela disparaîtra dans quelques décennies. Mais aujourd'hui, en période de crise économique, ces inégalités de traitement sont vécues avec plus d'acuité encore et le juif, confondu avec l'Israélien, devient le réceptacle des colères, des rejets, des injustices, des rancœurs.
Ce comportement est certes irrationnel, mais l'antisémitisme a été plus souvent un rejet irrationnel qu'une idéologie structurée. Il n'est d'ailleurs pas assuré que l'antisémitisme aujourd'hui soit seulement le fait des populations opprimées, on le retrouve aussi bien chez l'extrême droite que chez de bonnes gens qui prennent prétexte de ce qui se passe à Gaza pour déverser leurs idées antijuives en les habillant d'oripeaux justificateurs nouveaux. Gaza, le détonateur est là, et le feu peut embraser les esprits.
Une pédagogie de l'apaisement
Faisons un tri pour comprendre l'antisémitisme et l'islamophobie qui, de surcroît, progressent de concert ces jours-ci. Au lieu de jouer aux pyromanes, mettons en place une pédagogie active ne serait-ce qu'à l'école afin d'expliquer ce qu'est un juif, un Israélien, un immigré, un Arabo-musulman, créons des clubs de jeunes –de ceux-là mêmes qui s'affrontent dans l'ignorance– qui les réunissent autour d'activités de loisirs, des centres aérés sur le même modèle, organisons des rencontres de parents appartenant aux différents groupes de la société française pour entamer un rapprochement, élaborons des outils pédagogiques ayant d'autres thèmes que le conflit israélo-palestinien ou la Shoah et qui relatent aussi une histoire riche de partages.
Les initiatives peuvent être nombreuses et ne pas partir seulement de ce qui nous oppose et nous divise.
Commençons par éviter de jouer de terminologies trop connotées et impropres pour rendre compte des souffrances du peuple palestinien. L'expression, par exemple, de « génocide du peuple palestinien » crée une symétrie trompeuse avec le génocide des juifs et ne fait pas mieux comprendre sa situation d'aujourd'hui.
Au contraire, elle détourne du problème, au lieu de faire avancer le débat. Finissons-en avec la comptabilité des graffitis et les prises de position à la va-vite, faites sous le coup de la colère et de l'indignation parfois juste. Lorsque des centaines de Palestiniens ont été tués (tous n'étaient pas des terroristes), dénonçons avec plus de pondération l'antisémitisme, certes impardonnable. Ce dernier ne peut pas couvrir les morts de Gaza.
Dire qu'on « importe » le conflit sert à justifier qu'on se gargarise tant sur l'antisémitisme. Si d'autres guerres intéressent moins le monde chrétien que celle entre Israéliens et Palestiniens (« juifs et musulmans »), c'est aussi parce que ce même monde chrétien a ses racines religieuses dans cette partie du monde. Qu'on soit pratiquant ou pas, on n'oublie pas que Jésus est né et mort là-bas.
Gaza est devenu le symbole des opprimés, des laissé-pour-compte, des faibles et des discriminés. Non seulement cette guerre renforce les identités des uns et des autres en raison de leur soutien aux Israéliens ou aux Palestiniens, mais elle remplit un vide, celui d'une société individualisée, sans attache à des partis, sans revendications claires, consumériste, qui se cherche des ancrages.
Ces grandes manifestations dans le monde pour soutenir les Palestiniens en sont l'illustration. Elles sont la preuve aussi qu'on a besoin de grandes causes. Sans tomber dans les dérives habituelles, après tout ce que l'humanité a vécu dans ce XXe siècle meurtrier, se révolter pour défendre ceux qui pâtissent des stratégies politiques aussi bien du gouvernement israélien que du Hamas honore, quoi qu'on dise, ceux qui en sont encore capables.
A lire aussi :
► Richard Prasquier à Parlons Net : le grand écart du Crif
► Défiler en tant que juif contre l'opération israéelienne à Gaza
► Israël-Palestine : les élus locaux doivent-ils prendre position ?
- 20617 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque





















245
(Pour réagir, connectez-vous)
à andriouchka
De iJer
?? | 01H01 | 19/01/2009 |
Incroyable que ce msg soit « sélectionné » ! ! le coup des 5% de juifs qui ne se définissent pas comme juifs, passe comme une lettre à la poste ! Consternant !
à iJer
De andriouchka
12H45 | 19/01/2009 |
désolée, mais vous ne comprenez pas grand chose à qui est « juif » croyant et qui se sent « Juif » sans être croyant. Peut être faudrait-il que ces derniers se dénoncent et portent une marque d'infamie ?
déjà un de votre post précédent fait appel à la délation :
Je pense qu'il faut des voix fortes de la communauté pour dénoncer nominativement les vrais coupables et ceux qui les soutiennent, sans quoi tout membre peut être identifié comme complice des criminels de Tel Aviv.
comme au bon vieux temps ?
à andriouchka
De Hemenate
13H33 | 19/01/2009 |
« comme au bon vieux temps ? »
Et ben tiens vous voyez que les allusions à la période 39-45 sont à la mode…
(cf message plus haut)
à Hemenate
De andriouchka
14H04 | 19/01/2009 |
; -))
je l'ai fait exprès
à andriouchka
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 13H30 | 19/01/2009 |
Je ne suis ni antisémite, ni musulman, ni chrétien, ni noir, ni jaune, ni riche, ni pauvre, ni raciste, ni intolérant, ni , ni, ni, ni, et ni JUIF…..
Mais je peux comprendre que 80% du peuple Juif (celui qui réside en permanence en Israël) soit partisan de l'usage de la force violente à l'encontre de ceux qui n'ont pour objectif déclaré que de les détruire, les faire disparaître, et qui le clament haut et fort à chaque fois que l'occasion médiatique leur en est donnée.
De la même façon que je peux comprendre l'exaspération d'un peuple (palestinien) qui se sent violé dans sa dignité et ses droits inaliénables.
° Vous constestez semble-t-il un tel pourcentage qui vous paraît vraiment abusif. Il est très certainement abusif si l'on se réfère aux communautés juives de France et d'ailleurs,
L'inverse est aussi vrai….les musulmans de France ne sont pas (en pourcentage) davantage nombreux à souhaiter la dispariton de l'Etat d'Israël.
…..mais je ne crois pas qu'il le soit, concernant ceux qui reçoivent diretecment les roquettes qassam à proximité de leurs logis ou de l'école que fréquentent leurs enfants.
…………………………………………………………..
Notez cependant que la précision de ces tirs est tote relative, et que les roquettes ne tombent certainement pas à l'endroit visé !
Qui que je sois, je n'aimerais pas me trouver sur la trajectoire d'engins de mort. Je pense que je serais moi aussi partisant de l'éradication brutale de celui qui veut me détruire….
….mais moi, je ne cherche pas à coloniser le territoire des autres, ni à les coincer avec un blocus inhumain et je ne serais peut être pas concerné par la haine probablement légitime de ces derniers.
La réalité, c'est que l'injustice attise la violence, et que quelq que soit le camp auquel on appartient, on s'expose toujours à un retour de bâton lorsqu'on sous estime ou méprise son voisin.
Pour la paix internationale, tout comme vous Andriouchka !
…restons donc avec cet objectif : rechercher la paix à tout prix !
Pour l'unique raison que j'ai confiance en l'être humain, je ne pense pas que le transfert des haines sur le simple territoire Français soit une hypothèse crédible…mais il restera toujours des crétins et des « allumés » pour souhaiter le contraire.
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 21H32 | 18/01/2009 |
Merci pour ce bel article, Madame Benbassa.
De Otreman
Retraité(E-N) | 21H38 | 18/01/2009 |
Avec le Général de Gaulle, aucune inquiétude n'eut existé !
En 1967, après le premier conflit dans la région, il avait mis l'embargo général des livraisons d'armes et d'avions vers la Région.
Sarkozy est le fossoyeur final du Gaullisme. Qd la copine de Kouchner, la ministre des Affaires Etrangères de Tel-Aviv a rendu visite à l'Elysée avant de déclencher les hostilités, c'était pour un accord tacite et, pour s'assurer que l'UE n'userait pas de son droit d'embargo commercial conformément au Contrat UE - Israël, pour les cas de violation des Droits de l'Homme.
Dans le paysage politique fabriqué par Sarkozy Il n'y a plus « droite et gauche » :
Il y a l'UMPS pro-Israélien (avec le lobby Pétrolier) et, les 2 extrêmes.
à Otreman
De dieguito
22H31 | 18/01/2009 |
merci, et le plus terrible c'est que tout ces charognards droitsdelhommistes vont maintenant aller danser sur les morts, s'agitant minablement devant les cameras, essayant d'obtenir le premier role aprés trois semaines de silence complice.
à Otreman
De Lairderien
10H16 | 19/01/2009 |
OUi, vous avez raison, De Gaulle avait une autre hauteur de vue sur ce conflit qui dure encore après 60 ans ?
Et je ne résiste pas à remettre encore sa réponse aux journalistes après le conflit de 1967.
http://www.dailymotion.com/bookmarks/pomponette92/video/x3putt_de-gaulle…
Totalement édifiant ! ! !
Autre chose que les gesticulations actuelles de notre présiment et de sa cour.
De Jean_Chonot
plébéien | 21H43 | 18/01/2009 |
« La paix n'est pas l'absence de guerre, c'est une vertu, un état d'esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.
Spinoza.
Bel article Madame.
De guyome
22H03 | 18/01/2009 |
Juste un petit commentaire pour donner ce lien (http://lmsi.net/spip.php ? article842).
En résumer, les personnes qui demandent de ne pas importer (LE CRIF ! ! ! ), sont celles qui en confondant juifs (la religion) et Israël (l'état), sont à l'origine de l'importation.
Cela étant-dit, aucun acte anti-sémite ne doit être accepter !
De Souad
quoi? | 22H14 | 18/01/2009 |
D'accord avec vous : éviter les fausses symétries.
Contrairement à ce que fait le CRIF
pour info à Marseille, une pétition
Lettre ouverte adressée à Mesdames & Messieurs Roland Blum,
Sylvie Andrieux, Antoine Rouzaud, Janine Ecochard, Garo Hovsepian…
Marseille, le 14 Janvier 2009
Madame, Monsieur,
C'est avec stupéfaction que nous avons appris votre participation à la
manifestation organisée, le 11 Janvier 2009 par le Conseil
Représentatif des Instances Juives de France, manifestation qui avait
pour but de soutenir l'armée Israélienne dans l'agression qu'elle mène
actuellement à Gaza.
Nous, citoyens marseillais, électeurs et électrices habitant les
quartiers populaires, qui avons largement contribué à vos élections et
réélections respectives, sommes ulcérés par la rupture de la
neutralité républicaine qui prévaut dans ce type de question et qui
aurait du vous amener à une immense retenue dans vos implications
partisanes.
En tant que simple citoyen le fait de soutenir le peuple palestinien
ou l'armée Israélienne relève d'un choix personnel à défaut d'être un
choix moral et il s'agit en démocratie d'un droit fondamental ;
En tant que grands Elu(e)s vous n'êtes pas sans savoir que la
préoccupation actuelle des pouvoirs publics français est le maintien
de la cohésion sociale et la lutte contre « l'importation du conflit
du Proche Orient » dans l'hexagone. Pensez-vous que le fait de défiler
dans les rues de Marseille en manifestant pour soutenir les
agissements criminels du gouvernement Israélien soit la marque d'une
quelconque sagesse ou d'un courage particulier inhérent à la charge
républicaine dont le peuple souverain vous a donné mandat ?
De David ROBERT
Professeur | 22H32 | 18/01/2009 |
Ce qu'il y a de pénible dans cette affaire c'est qu'il faut systématiquement préciser d'où l'on parle pour pouvoir donner son avis…
Je ne suis ni juif, ni musulman, ni chrétien, juste athée.
Et je suis du même avis que vous.
De pablico
22H58 | 18/01/2009 |
je vins de lire les réactions, je suis agréablement surpris, il n'y a pas de haine et de passions exacerbées. Des gens posés, qui réfléchissent.
Cela change des commentaires sur gaza de toutes ces semaines.
à pablico
De L-imprecateur
citoyen du monde | 13H41 | 19/01/2009 |
Un article intelligent appelle des commentaires de meme nature. Et reciproquement. On voit bien la ou se trouve la responsabilite des journalistes.
Continuez, Madame, de nous faire reflechir. De nous elever au dessus des invectives, des slogans pavloviens et des formules a l'emporte-piece.
Merci.
De assemalin
Cadre | 23H50 | 18/01/2009 |
Aux « 95% » juifs de France de se désolidariser du Crif, véritable importateur du conflit et grand danger pour la paix sociale en France…
Le patron du Crif s'identifie lui même à 100% au sionisme et dit être démocrate et il soutient totalement les attaques !
Comme si, on peut être à la fois raciste et démocrate…
Beaucoup d'admiration pour les « 5% » de juifs qui ont gardé leur liberté de pensée au regard de l'instrumentalisation par le sionisme.
De Anita1945
retraitée | 23H11 | 18/01/2009 |
Ils ont arrêté ! Jusqu'à QUAND… !
Le problème : ce sont les victimes en 22 Jours ! Et démolition absolue des infrastructures !
à Anita1945
De Humain
00H28 | 19/01/2009 |
On sait depuis longtemps que les combats vont stopper, d'une façon ou d'une autre aux environs du 20 janvier…
Pas besoin d'être grand clerc pour l'annoncer !
à Anita1945
De BUTavoir
SDF | 02H21 | 19/01/2009 |
maintenant au responsable de tous bord de jouer devant la scene public et danser la lanbada.apres 22jours de silence ainsi que les journalistes pour denoncer se crime de guerre .
TOUS COMPLICES A MOI MA CONSCIENCE TRANQUILLE
DEMAIN IL FERA BEAU
JE SOUHAITER QUE CELA NE SOIT Q UN REVE MALHEUREUSEMENT NON .
COMME ENRICOS MACIAS CHANTAIT
(( MANDIANT DE L AMOUR)) quelle amour avec un grand A- - - -
De Brédala
Entraveuse entravée | 23H12 | 18/01/2009 |
Salut !
Peut-être comprendrons-nous un jour…
Pourquoi tous ces morts Palestiniens…
Pour l'instant ce n'est pas le cas !
Et ce ne sont pas ces quelques gars du Hamas, qui ne sont visiblement pas très au point, puisqu'ils ne lancent que des rockettes qui atterrissent à 40 km des grandes villes…parfois, elles tombent dans des salons brisant des vitrines…
D'accord de temps en temps, il y a des commandos suicides…
On nous demande tellement de comprendre et de légitimer les actions israëliennes, nous interdisant l'empathie envers les Palestiniens sous prétexte d'être taxés d'anti-sémites !
Un cessez-le feu est enfin envisagé, ce matin aux infos, Mme le 1er ministre israëlien a dit « qu'elle gardait un doigt sur la gachette… »
ça glace le sang…
De siko
cherche un moyen élégant pour gagne... | 23H26 | 18/01/2009 |
Pour vous répondre dans le désordre, je suis catholique non-pratiquant et non croyant (comme beaucoup), et je peux vous dire que je n'en ai que faire de la mort et de la naissance de Jésus dont on ne peut même pas prouver l'existence ! Je me pose donc la question de savoir pourquoi cette guerre suscite tant de passion en occident, alors que d'autres ont un lot de victimes dans des proportions incomparables avec ce conflit ci.
Mon indignation me vient de deux choses :
1) Israël est un état démocratique dont les ressortissants viennent généralement de pays démocratiques, sont instruits (relativement au reste du monde), et pourtant soutiennent cette voie qui ne résoudra rien, mais qui par contre engendrera plus de haine, de morts, de sang. C'est d'autant plus inacceptable pour ces raisons.
2) Le deux poids deux mesures concernant le racisme anti-juif (appelé plus couramment antisémitisme) par rapport au racisme anti-arabe, ou anti-blanc est flagrant, et ne peut que donner du ressentiment aux victimes de ce traitement inégal. Disons que ceci n'est pas rationnel, mais pourtant il fait partie des sentiments humains, et cela ne va pas s'améliorer lorsque « 95 % des juifs de France » soutiennent cette attaque (propos abandonné finalement pour en venir à une large majorité). Nous vivons dans un pays qui va de plus en plus combattre « l'intégrisme de la différence » car le caractère illusoire de la prescription de « l'égalité dans la différence » n'est plus à démontrer : car il n'est pas de différence qui, dans les cadres culturels d'une société humaine quelconque, ne s'interprète comme différence de valeur, donc comme hiérarchie, explicite (sociétés traditionnels) ou implicite (société modernes, vivant sous un ciel de valeurs individualistes et égalitaristes). (Taguieff).
Cette confusion entre juifs et Israéliens, comment y échapper si le Crif la cautionne ?
Ben oui, comment ne pas haïr les juifs (ou Juifs, on s'y perd) lorsque quelqu'un qui se dit représentatif de 95% des juifs de France, nous affirme que la raison pour laquelle il cautionne les faits d'Israël est purement affective ? Ceci s'appelle du communautarisme, l'individu n'est pas, la communauté passe devant au niveau des opinions (dans ce cas ci), loyauté insupportable et sans faille, et donc inégalité de traitement flagrante, on ne cherche plus à savoir d'où vient la faute (si faute il y a), non, on défend à tout va, voilà ce qui est reproché au Crif, et par extension à « la grande majorité des juifs de France ».
Je compte sur vous pour convaincre vos « amis » qu'il n'est plus possible d'avoir de pareils comportements (dont visiblement vous avez une parfaite conscience) en France au XXI ème siècle. Ou la face visible de la communauté juive prend conscience de sa discrimination implicite par rapport à ceux qui n'en sont pas, ou l'antisémitisme montera en flèche au grand damne des gens de paix.
En tout cas, je vous remercie pour votre effort d'écriture qui montre bien qu'au sein des juifs, il y a des personnes ouvertes aux dialogues et voulant la paix. Je crois que ce n'est pas chose aisée, c'est donc d'autant plus admirable.
à siko
De La Vérité
libre | 15H00 | 19/01/2009 |
Le début de ton texte décrédibilise le reste qui pourtant est pertinent : en quoi es-tu catholique si tu es athée ?
à La Vérité
De siko
cherche un moyen élégant pour gagne... | 15H11 | 19/01/2009 |
Disons que ce que je voulais dire, c'est que j'ai une éducation catholique, ce qui ne m'empêche pas de critiquer ce que je n'aime pas dans cette religion. C'était plus un argument contre l'article qui prétend que si nous nous penchons tellement sur ce conflit ici en Europe, c'est à cause de notre catholicisme, et pour appuyer mes dires (Jésus rien à battre où il est né), j'utilise un argument d'autorité, comme le fait l'auteur de l'article en insistant bien sur le fait qu'elle est juive.
C'est vrai que ça décrédibilise le reste… Merci de me l'avoir fait remarquer… (note pour plus tard..) : )
De Anastaze 53186
☺ | 07H08 | 19/01/2009 |
Ça n'a pas marché, les gens ont la tête ailleurs, les manifestations se sont faites d'abord contre les gouvernements qu'ils soient US européens, arabes ou israéliens, même s'il y a eu quelques dérapages d'un autre âge, les peuples n'ont pas marché dans l'embrouille.
Après la révélation de la corruption généralisée du monde (libre ? ) par le déclenchement la crise financière, après les mensonges arrogants des gouvernements Bush, Blair, Aznar, Berlusconi et maintenant Sarkozy les citoyens sont devenus prudents.
Devant les images insupportables de Gaza, malgré le blocus médiatique israéliens, la connivence des gouvernements est apparue tellement flagrante, que les appels au jihad lancé entre autre par M. Prasquier avant même l'opération Gaza, ont fait long feu.
Les déclarations de Livni sur le « monde libre », ont obligé beaucoup a s'interroger s'ils appartenaient à ce fameux « monde libre » ou s'ils n'appartenaient pas déjà à un « monde captif ».
« Passons » sur des radotages des tacherons de la désinformations que sont les Glucksmann ou Lévy qui font plutôt rigoler dans les cercles restreints où ils bruissent.
Juifs chrétiens ou musulmans font de plus en plus la part du sionisme, et cette invention au milieu du XXième siècle d'un conflit israélo-musulman, ou judéo-arabe (aussi crétin que l'invention du terme « antisémite », venu pour relever ce bon vieil antijudaïsme chrétien), ne fera pas oublier aux juifs et aux musulmans que leur persécuteur commun a été pendant 2000 ans (en fait depuis Théodose 1er) la chrétienté.
et c'est tant mieux.
De sinclair
23H54 | 18/01/2009 |
Qu'est ce que ce gouvernement ne ferait pas pour faire peur a la france au 20 heures sur TF1
Après l'ultra gauche, le terrorisme extrémiste, islamiste, voila l'importation de la guerre dans les chaumières.
Pendant ce temps les veaux et moutons ont tellement la trouille qu'ils se terrent et acceptent tout sans rien dire.
De domino78
00H09 | 19/01/2009 |
Quand on lit votre article, Madame Benbassa, on ne peut être que d'accord avec vos propos. Par contre, en voyant que votre article a été posté après l'arret des hostilités par Israel, on est en droit de se poser la question : qu'a écrit Madame Benbassa pendant le conflit ? la réponse est simple : rien sur Rue89 depuis juillet 2008.
Moi j'aurais bien aimé lire vos critiques, pendant le conflit, sur le génocide (il n'y a pas d'autres mot) des populations civiles. Des enfants, des femmes, des vieillards tués, blessés, par centaines, les derniers en date étant les enfants de ce médecin gynécologue palestinien en direct à la TV israélienne.
Vous commencez maintenant à voir l'ampleur du drame et à prendre peur. Je souhaite vivement, comme vous, que ce conflit ne s'importe pas chez nous. Il n'a rien à y faire mais nous ne sommes malheureusement pas à l'abri d'illuminés de tout bord.
Tant qu'Israël parquera les Palestiniens dans des ghettos, la situation sera explosive.
Coïncidence du calendrier, France 2 passait ce soit « La Liste de Schindler » et les horreurs du ghetto de Varsovie. Puisse le gouvernement Israélien prendre conscience des horreurs qu'il a commis à Gaza.
à domino78
De Esther Benbassa
(auteur)
Historienne, dir. d'études à l'EPHE... | 00H26 | 19/01/2009 |
Je vous convie à lire mon article paru dans Le Monde daté du 7 janvier. Il ne faut pas chercher le mal partout. Bien à vous. Esther Benbassa
à Esther Benbassa
De domino78
00H34 | 19/01/2009 |
désolé, je ne lis pas Le Monde et j'ai écris « rien sur Rue89 depuis juillet 2008 ».
Pendant les 22 jours du conflit, vous, qui aviez déjà écris sur Rue89, auriez pu y mettre un article. Les riverains auraient apprécié. Loin de moi l'idée de chercher le mal partout, maintenant c'est plus ambigu mais cela n'enlève rien à la qualité de l'article.
Bien à vous également.
à domino78
De Hemenate
01H20 | 19/01/2009 |
» le génocide (il n'y a pas d'autres mot) des populations civiles. «
Bien sûr que si il y en a d'autres : massacre, boucherie…
Mais un génocide est l'extermination intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ethnique, religieux…
Si israël avait la volonté de commettre un génocide il y aurait énormément plus de morts, ce ne sont pas les moyens qui lui manquent…
à Hemenate
De Lairderien
10H30 | 19/01/2009 |
Les moyens ne leur manquent pas, mais il y a encore trop de caméras hostiles braquées sur eux, c'est génant ! ! ! !