
Siné, nous aurais-tu tous rendus fous ?
C'est à se demander si Voltaire, le « raciste et antisémite » de Bernard Henry-Lévy (voir son article dans Le Monde daté du 22 juillet) pourrait encore critiquer les religions ! Pas sûr.
Chez nous, on se bat pour des idées…
Tout ce brouhaha autour de la liberté d'expression dénote au moins qu'en France on a encore envie de se battre pour les idées et les mots. Ce qui n'est pas si désagréable à constater. Surtout en cette saison plus propice à l'assoupissement intellectuel qu'aux joutes verbales. Ceci étant, la passion qui anime les défenseurs et les détracteurs de Siné – qui a eu le malheur d'écrire dans Charlie Hebdo : « Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs de Darty. Il fera son chemin dans la vie ce petit » –, cette passion-là cache mal l'instrumentalisation à outrance, par différents « partis », d'une affaire d'un intérêt somme toute limité. Et au milieu de tout cela, des avocats convaincus de la liberté d'expression, les déçus de la gauche, ceux qui ont peur de Sarkozy et ceux qui simplement aiment à se faire peur…
Question de goût, Siné ne me fait pas rire, Charlie Hebdo non plus, et encore moins certains de ceux, de Philippe Val à Caroline Fourest, qui y écrivent, et dont le laïcisme militant est passablement irritant quand il se donne d'abord pour cible l'islam. Mais là aussi les heureuses exceptions ne manquent pas, bien sûr. Reste que la déliquescence de la gauche, la disparition des idéologies, le délitement des solidarités ouvrières, l'apparente absence de grandes causes qui mériteraient qu'on s'investisse font que chaque micro-affaire peut, du jour au lendemain, tourner au combat de titans, faire couler beaucoup d'encre et provoquer des dérives.
Ce qu'a écrit Siné n'est pas tout à fait net. Qualifier Siné d'antisémite l'est aussi peu. On accuse aujourd'hui avec de plus en plus de légèreté d'antisémitisme ceux avec qui on n'est pas d'accord. Surtout lorsqu'il s'agit du conflit israélo-palestinien. À force de brandir à tout bout de champ cet épouvantail, on ne sait plus qui est vraiment antisémite et qui ne l'est pas. Un brouillage qui au lieu d'éradiquer le mal l'entretient, en occultant les vrais antisémites.
Qui donc est à l'abri ?
Qui peut prétendre aujourd'hui qu'il ne sera pas un jour taxé d'antisémitisme ? Tout glissement de langage peut charger d'infamie celui qui l'a commis. Est-ce qu'on dira de Laurent Joffrin, directeur de Libération, qu'il est antisémite parce qu'il utilise le mot de « race » en parlant des Juifs dans son article publié le 25 juillet dans son journal, pour défendre Philippe Val ? Dans un autre contexte, il se serait sûrement trouvé des gens pour lui intenter, avec ça, un procès. Même si, par la suite, il rectifie son propos sur le site web du journal, signalant qu'il a voulu parler d'« origine » ou de « communauté » plutôt que de « race ». Je le crois volontiers, je suis même convaincue qu'il a utilisé le mot « race » par inadvertance, voulant par là donner plus de force à son propos… Eh oui, voilà comment un terme employé par mégarde peut facilement vous faire classer dans le mauvais tiroir. Surtout celui de « race », surchargé d'histoire négative, voire génocidaire. Et lors même qu'il s'agit d'un grand journaliste comme Laurent Joffrin, sur qui ne pèse évidemment aucun soupçon de racisme. Mais les mots dépassent la pensée. Et parfois dans la presse un peu plus vite qu'ailleurs, ce qui la décrédibilise un peu plus, hélas.
Puis-je aussi rappeler, toujours à propos de ce rebond paru dans Libé, que l'islam n'est pas seulement une religion mais aussi une culture. Et que le judaïsme est aussi une religion, pas seulement une appartenance à un peuple, une loyauté due aux siens. Le judaïsme peut être un choix de religion – on peut s'y convertir –, une éthique, une vision du monde. À l'instar d'ailleurs de l'islam. Le judaïsme n'est pas seulement question d'origine, ou de communauté, et encore moins de race. Islamisme n'est pas islam, ultra-orthodoxie n'est pas judaïsme, et fondamentalisme n'est pas christianisme. Et l'on peut critiquer les religions, toutes les religions, les curés, les imams, les rabbins (par précaution, toutefois, je m'abstiendrai pour ces derniers…).
Puis-je enfin suggérer modestement à M. Joffrin, que j'apprécie tant comme journaliste et comme auteur, de relire La France juive de Drumont, les écrits de Maurras, et ce Je suis partout (un ou deux numéros suffisent) où officiait Brasillach ? Pas sûr qu'après un tel détour il ait encore envie d'y comparer Siné qui, à côté d'eux, fera bien pâle figure. Et face aux attaques qu'on trouve contre le capitalisme juif et son symbole, les Rothschild, chez les auteurs cités par M. Joffrin, la phrase de Siné n'aura même pas l'air d'une copie. Quant aux débats de la gauche pour savoir s'il fallait ou non défendre Dreyfus, qu'elle trouvait trop bourgeois, certes ils ont bien eu lieu. Ajoutons toutefois qu'il n'y a pas eu non plus beaucoup de Juifs, au début, pour se lancer dans la bataille, à part Mathieu Dreyfus, le frère, et Bernard Lazare. Et que c'est tout à l'honneur de la gauche d'avoir finalement pris son parti.
L'intelligentsia nouvelle tendance
Comme on l'a vu, le plus probe et le mieux intentionné des journalistes n'est pas à l'abri d'approximations sur lesquelles il sera toujours facile d'ergoter. Bernard-Henri Lévy non plus. N'aurait-il pu à plus juste titre exercer son sens critique et déployer sa brillante rhétorique pour défendre ce manifestant palestinien, les mains attachées dans le dos et les yeux bandés, sur lequel a tiré un soldat israélien ? La vidéo projetée à la télévision israélienne venait tout juste de faire scandale, quand on commençait à parler de la fameuse phrase de Siné. Comment un intellectuel engagé comme lui a-t-il pu faire une telle impasse et consacrer un énorme article à Siné, quand son attention aurait pu être attirée également ailleurs ? Il fut un temps où les intellectuels d'« origine » juive portaient haut les grandes causes qui dépassaient largement les intérêts de leur tribu, tel le combat pour l'égalité civile des Noirs aux États-Unis. Disons que c'est désormais le passé. Et que la mode est aux dénonciations des méchants qui en veulent aux Juifs. Si la vigilance contre l'antisémitisme et tous les racismes ne se négocie pas, et si l'antisémitisme n'a certes pas disparu, et si le combattre est le devoir d'un citoyen responsable, il se pourrait que l'excès de vigilance produise des effets contraires.
Quant aux sites internet, blogs, réactions dans les forums en tous genres, l'hystérie qui s'y déploie en l'occurrence me paraît aussi intolérable. Entre les « réactions antisémites (…) cachées sous le voile pudique d'un antisionisme » vilipendées par SOS-Racisme (toujours dans le Libération du 25 juillet), la fantasmagorie nourrie de complots antisémites d'un Claude Askolovitch, la dénonciation, par Pierre Assouline et B.-H. Levy, des métaphores zoologiques d'un Alain Badiou (qui a traité de « rats » les socialistes passés au sarkozysme) métaphores qui seraient la marque du fascisme (pour ne pas dire plus), les listes de pétitionnaires pro-Val ou pro-Siné qui fusent de toutes parts, difficile de savoir où donner de la tête. Que va-t-il donc sortir de tout cela ? Pour répondre à cette douloureuse question, citons La Fontaine : « Une montagne en mal d'enfant (…) accoucha d'une souris »… La Fontaine qui ajoutait : « Quand je songe à cette Fable / (…) Je me figure un Auteur / Qui dit : Je chanterai la guerre / Que firent les Titans au Maître du tonnerre. / C'est promettre beaucoup : mais qu'en sort-il souvent ? / Du vent. »

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De zecky
21H18 | 27/07/2008 |
C'est un guerre, et c'est justement pourquoi il ne faut pas verser dans l'extrémisme (qui nourrira celui d'en face). Prendre une position extrême peut attirer l'attention mais se révèle contre-productif. L'humour par le second degré peut s » abolir de cette intelligente contrainte, pour dénoncer le manque d'intelligence au premier degré.
Pour le reste la justice est la pour trancher, en tout cas plus net que les extrémistes de tous bords…
De amejd
retraité | 22H02 | 27/07/2008 |
Ne pas « pousser » dans l'excès, se méfier de tout
propos pouvant porter à confusion .
Personne de censé ne souhaite voir réapparaitre un
racisme et une xénophobie de (sinistre mémoire) en ce 21ième siècle
Six millions d'êtres humains en on payé le prix il y
a moins de 70 ans.
N.V
De Le Yéti
yetiblog.org | 22H08 | 27/07/2008 |
EXTINCTEUR
Hé hé, chère Rue 89, il y a des sujets si brûlants (comme celui-ci sur les frasques de Siné et la pathétique déconfiture de ceux qui prétendaient le faire taire) qu'il me semble bien que tu sélectionnes un peu précipitamment quelques commentaires dans le seul but d'éteindre ou de colmater les incendies qui menacent de t'échapper ! Me trompe-je ?
PS : vu le nombre de commentaires du « Yéti » que tu m'as fait l'honneur de sélectionner précédemment jusqu'à présent, tu voudras bien considérer ce commentaire de sélection de commentaires comme purement gratuit et charitable.
De NUL DE CHEZ NULS 1°
retraité | 23H31 | 27/07/2008 |
Ce texte me paraît très intéressant et utile,
cependant, ne mélangeons pas tout ….
et pour cela :
À verser au DOSSIER SINÉ VAL :
ce texte de Renaud Chenu :
http://bellaciao.org/fr/spip.php ? article69491
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 23H41 | 27/07/2008 |
« Tout ce brouhaha autour de la liberté d'expression dénote au moins qu'en France on a encore envie de se battre pour les idées et les mots. »
Certes, mais par pitié, pas Bernard-Henri Levy !
Utliser le brouhaha créer autour de l'affaire Siné pour promouvoir le politiquement correct, dénoncer l'antissémitisme de cabaret et nous persuader que cela conduit à l'appel au meurtre, s'en est un peu trop.
Dénoncer de manière aussi violente une « malheureuse phrase d'un caricaturiste » et le mettre dans le même panier des extrémistes c'est justement apporter beaucoup d'eau aux moulins de ceux qui voient en ces attaques deux-poids-deux-mesures, un pro-sémitisme en quelque sorte. Il est dommage de se servir de cette affaire pour également faire l'apogée de la pensée unique construite à partir d'amalgames aussi douteux que vide, à laquelle seuls des intellectuels de cet acabit auraient accès.
BHL auraient du savoir avant de les « fusiller » que beaucoup d'anarcho-syndicalistes du début du XXe étaient justement Juifs … Luttaient-ils contre les Juifs ou contre les abus du capitalisme forcené et des monarchies vascillantes de cette époque ?
Si le jeune Jean avait été sur le point d'épouser la fille d'un prince milliardaire Saoudien, et pour l'occasion, songeait à se convertir à l'islam, cela aurait bien fait rigoler tous les bars de France y compris ceux du Sentier, non ?
Si Siné est réellement anti-sémite, que dire de Polac ?
De Jambalaya
Le contenu de ce champ apparaît ent... | 23H46 | 27/07/2008 |
Finalement le pire dans cette histoire, c'est de devoir se taper un nouvel article de la Benbassa…
De Franade
Internaute | 23H46 | 27/07/2008 |
Effectivement, Esther Benbassa, qui est donc à l'abri d'être un jour taxé d'antisémitisme ? Peut-être, personne. En tous cas, même pas vous qui vous livrez ici à un amalgame des plus fâcheux en mettant sur le même plan discursif cette tribune de BHL sur l'antisémitisme et son silence à propos de cette cruauté à laquelle s'est livré un soldat israélien sur un manifestant palestinien. Israélien, certes, mais peut-être pas juif, contrairement à ce que vous insinuez…
Sinon, critiquer la religion, oui. Mais comparer un Voltaire avec tout faiseur de caricatures à deux balles qui pense pouvoir se permettre de raconter ou de dessiner n'importe quoi en ramenant la couverture bien trop confortable de l'humour et du second degré sur lui, non.
La seule leçon de morale de cette histoire est à mon avis celle-là, et c'est Siné qui, à ses dépens, l'a donnée à Philippe Val.
Que ces deux individus soient aujourd'hui conspués par les uns et par les autres est une belle victoire de l'intelligence sur la connerie.
à Franade
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 08H28 | 28/07/2008 |
Je mettrai un bémol à votre prose : je crois que Siné n'a, cette fois, et peut-être les autres auparavant (à reprendre tête reposée), pas du tout été raciste (désolé, antisémite, c'est inadéquat et je ne veux pas de ce mot) : il s'est contenté, et je l'approuve, de fustiger un jeunot aux dents longues prêt à faire n'importe quoi pour épouser non une jeune fille, mais une fortune.
De cosmicludovic
guitariste ultra rock pop trash | 00H45 | 28/07/2008 |
C'est bizarre sur mars on a pas ce genre de problème.
De Elias
03H54 | 28/07/2008 |
Reference : Site Marxists.com
Je reprends cette analyse politique de la Tendance Marxiste Internationale d'Alan Woods, présente dans de tres nombreux pays du monde, analyse qui se trouve dans son rapport sur les perspectives de 2008. Le discours , en effet, revenant comme une obsession passionnelle de cetains Pro Palestiniens n'ayant aucune methode marxiste les conduit à l'hystérie, au délire antisémite et pas seulement anti sioniste et de plus contribue à mener toujours plus les Palestiniens à l'échec et au cauchemar. Rêver comme certains d'une attaque nucleaire de l'IRAN qui liquidera Israel « en une heure », c'est abominable et délirant car Israel a les moyens même après le départ des missiles iraniens de lancer de ses propres bases souterraines des attaques nucleaires pourr destruction non moins massive sur Teheran et autres villes iraniennes, etc… Les fantasmes meurtriers sont débiles et ne font pas une politique. Le rapport de forces est contre les Palestiniens qui sont en quasi guerre civile entre HAMAS et FATAH. Or aucun de nos pro PAL.. fanatiques ne mentionne cette guerre civile en développement…
Alors instruisez-vous un peu pour savoir quel est l'état des lieux et comment agir. Alan Woods et la Tendance Marxiste Internationale vous l'offre gracieusement.
» La question palestinienne
La question palestinienne est au cœur de l'instabilité du Moyen-Orient, qui, pour des raisons économiques et stratégiques, est une région clé pour la politique extérieure américaine. Depuis des décennies, la question palestinienne est comme une plaie purulente qui empoisonne les relations entre les différents Etats de la région, et qui porte en elle le risque de conflits, de terrorisme, d'instabilité et de guerres.
Après la chute de l'Union Soviétique, les impérialistes américains ont cherché (a)à étendre leur influence dans les pays arabes. Pour ce faire, ils étaient prêts à exercer des pressions sur Israël – dans certaines limites – pour qu'il fasse des concessions. Cela a mené aux pourparlers de Camp David et aux accords de Madrid et d'Oslo, qui ont dessiné un territoire palestinien tronqué. C'était une caricature pathétique, qui en aucune manière ne pouvait satisfaire les aspirations nationales des Palestiniens. Personne, d'ailleurs, n'en était satisfait.
Le résultat fut davantage de violence, de terrorisme, de chaos, de conflits – et une scission ouverte dans les rangs des Palestiniens, le Hamas prenant le contrôle de Gaza. Il y a des éléments de guerre civile. La crise à Gaza est une guerre civile enter le Hamas et l'OLP de Abbas.
Le retrait israélien de Gaza était un mouvement tactique destiné à renforcer l'étau sur la Cisjordanie. Le cynisme des impérialistes (américains et européens) est apparu clairement lorsqu'ils ont suspendu l'aide au gouvernement du Hamas – qui, quoiqu'on en pense, a été démocratiquement élu. Dès qu'a éclaté le conflit entre Mahmoud Abbas et le Hamas, les impérialistes ont restauré l'aide financière pour la Cisjordanie et leur agent Abbas. Ils cherchent à diviser les Palestiniens et à empêcher leur lutte d'aboutir.
La classe dirigeante israélienne regarde avec satisfaction les Palestiniens se battre entre eux – et, de temps à autre, envoie les tanks ou resserre l'étau économique pour rappeler qui est le patron. C'est un cauchemar pour les masses palestiniennes, qui ne voient aucune issue. La tactique du Hamas ne règle rien, et ne fait que renforcer la position des impérialistes israéliens, leur fournissant des excuses pour des nouvelles agressions et répressions.
Le slogan de la classe dirigeante israélienne est : ce qu'on a, on le garde. Les Sionistes n'ont aucune intention de faire des concessions importantes. Le Hamas se vante d'avoir chassé l'armée israélienne de Gaza. C'est une plaisanterie. Les Israéliens se sont retirés de Gaza pour faire taire les critiques internationales et donner l'impression de faire une concession importante. En réalité, ils ne sont pas intéressés par Gaza. Et dans le même temps, ils ont renforcé leur emprise sur la Cisjordanie. C'est la question décisive.
Les Israéliens ont continué de construire le mur monstrueux qui découpe la Cisjordanie. Au passage, ils emportent de larges morceaux de terre, sous des prétextes de « sécurité ». Les colons sont de plus en plus audacieux et insolents. Après les incidents de Gaza, aucun gouvernement israélien ne voudra se confronter aux colons de Cisjordanie.
Il y a ensuite (la) le problème de Jérusalem, que les Juifs et les Arabes revendiquent comme leur capitale divine. Par ailleurs, il est hors de question, pour Israël, d'accepter le retour des réfugiés palestiniens expulsés de chez eux depuis 1948, car cela déséquilibrerait complètement l'équilibre démographique de « l'Etat juif ».
Israël et les Etats-Unis ont un intérêt à parvenir à une sorte d'accord sur la question palestinienne. Dans cette mesure, ils peuvent négocier et négocier encore. Mais quel que soit l'accord trouvé, il(s) sera contraire aux intérêts des Palestiniens.
Ils ont fait du « dirigeant » palestinien Mahmoud Abbas leur laquais. Il signe tout ce qu'ils lui demandent de signer. Mais ce n'est pas si facile ! Abbas, comme tout le monde, aimerait vivre encore un certain temps, et il a également peur de perdre encore plus de soutien parmi les masses palestiniennes. Il ne peut se permettre de capituler de façon trop ouverte. Mais en fin de compte, il n'aura pas le choix.
Le sommet d'Annapolis n'a rien résolu. Après quatre mois de discussions au sujet de discussions, Condoleeza Rice n'est pas parvenue à obtenir ce dont Abbas avait besoin : une sorte d'accord sur la création d'un Etat palestinien.
Un problème insoluble
Les Etats-Unis sont supposés veiller à l'application de la « feuille de route » de 2003, suivant laquelle Israël devait geler l'établissement de nouvelles colonies en Cisjordanie – et l'Autorité Palestinienne prendre des mesures contre les militants qui attaquent Israël.
Cela signifie que les deux parties en conflit ont donné aux Etats-Unis le rôle d'arbitre. Cela a été présenté comme une victoire pour les Palestiniens, dans la mesure où jusqu'alors le rôle d'arbitre revenait de facto à Israël. Cependant, il n'en résulte pas de changements fondamentaux. Dans un match de football, l'arbitre est supposé être neutre, et de cette neutralité découle son autorité. Mais dans le conflit israélo-palestinien, l'arbitre penche clairement pour l'une des deux parties, et « l'arbitrage » ne vaut donc pas grand chose.
Le premier test est clair : que va faire Olmert de la centaine (et plus) de colonies « illégales » établies par des colons extrémistes ? La feuille de route demande qu'il en démantèle une soixantaine. Mais la dernière tentative d'en démanteler une seule a provoqué des affrontements violents entre la police et les colons qui, après avoir perdu leur lutte pour rester dans la Bande de Gaza, en 2005, se sont regroupés et se préparent à une confrontation.
Il n'est pas impossible qu'Olmert fasse pression sur les colons (ce sont de simples pions sur l'échiquier, et des pions peuvent toujours être sacrifiés pour des objectifs plus importants). Mais un démantèlement global des colonies en Cisjordanie est impensable. Les colons sont des fanatiques parfaitement capables de provoquer des troubles sérieux aussi bien en Cisjordanie qu'en Israël – et aucun gouvernement israélien ne courra (la) le risque d'une telle déstabilisation. En conséquence, la question des colonies ne sera pas réglée, et elle constituera une provocation permanente à l'égard des Palestiniens.
Les Etats-Unis ont appointé un général, James Jones, comme émissaire à la sécurité pour l'Autorité Palestinienne. Cela ne changera pas grand chose. Et il est clair qu'Israël ne lui facilitera pas la tâche. Comme l'a déclaré un officiel israélien, l'idée qu'Olmert puisse geler la construction de colonies – conformément à la « feuille de route » – est un « opportun malentendu ». Cela exprime bien la vacuité de la diplomatie américaine. De fait, toute l'affaire est précisément cela : un opportun malentendu.
L » « arbitre » sera implacable sur un point : la répression des militants. Les grosses sommes d'argent que les Etats-Unis envoient à l'Autorité Palestinienne sont conditionnées à cela. Les Américains attendent d'Abbas qu'il écrase les militants palestiniens, de façon à préparer le terrain à un « accord » qui sera en-(deça) deçà des aspirations palestiniennes. C'est pour cette raison que Washington arme l'Autorité Palestinienne et entraîne ses forces de sécurité. Ils se préparent à une guerre civile qu'ils savent inévitable.
L'interprétation israélienne de la « feuille de route » est la suivante : aucun accord ne prendra effet tant que l'Autorité Palestinienne n'aura pas démantelé les groupes terroristes. Mais Abbas ne peut pas aller aussi loin : il craint qu'un conflit sérieux avec le Hamas ne provoque un effondrement complet de ses forces armées. C'est pourquoi Abbas insiste sur le fait qu'il lui suffit simplement de commencer à « restaurer l'ordre ».
En conséquence, les récents pourparlers n'ont rien réglé – et ne pouvaient rien régler. C'est un conflit trop profond et intense pour être réglé par des négociations. Et même si les négociations reprennent, comment pourraient-elles régler des questions aussi importantes que les frontières de l'Etat palestinien, la division de Jérusalem, le sort des 4,5 millions de réfugiés, le partage des ressources en eau, etc. ?
Olmert fera juste les concessions nécessaires pour que le « processus de paix » se poursuive, de façon à ne pas contrarier les Américains. Mais il ne fera pas de concessions trop importantes, de façon à ne pas rompre avec l'aile droite de sa coalition. Les partis de droite ont clairement fait comprendre qu'ils n'accepteront pas des concessions sur les questions fondamentales. Par exemple, ils ont fait voter au parlement un projet de loi qui entrave la possibilité de concéder une partie de Jérusalem à l'Autorité Palestinienne.
De son côté, Abbas – qui a obtenu beaucoup moins qu'espéré aux négociations d'Annapolis – court le risque d'être accusé de capitulation par ses opposants. L'Autorité Palestinienne a violemment réprimé des manifestations anti-Annapolis en Cisjordanie. C'est un avertissement. Loin de déboucher sur un accord relatif à la création d'un Etat palestinien, Annapolis débouchera sur de nouveaux bains de sang et de nouveaux affrontements entre Palestiniens.
La seule issue
Dans de nombreux pays, la classe ouvrière reprend le chemin de la lutte – après des années de découragement. On l'a vu avec les impressionnantes vagues de grève en Egypte, mais aussi au Maroc, en Jordanie, au Liban et en Israël même. Il faut mettre à l'ordre du jour la lutte pour une politique de classe, la solidarité ouvrière internationale et la lutte pour le socialisme comme seules véritables solutions aux problèmes des masses.
Il est essentiel que la jeunesse révolutionnaire de Palestine le comprenne. Si on acceptait l'idée que la société israélienne est un seul bloc réactionnaire, la cause du peuple Palestinien serait définitivement perdue. Mais ce n'est pas vrai ! En Israël, il y a des riches et des pauvres, des exploiteurs et des exploités – comme dans n'importe quel autre pays. Il faut travailler à la construction de liens entre les révolutionnaires de Palestine et les masses israéliennes – juives et arabes. C'est la seule façon de détacher les masses de la classe dirigeante sioniste.
On nous dit que c'est impossible. C'est faux ! A plus d'une reprise, par le passé, il y a eu des signes clairs que le message des territoires occupés trouvait un écho parmi les masses d'Israël. A l'époque du massacre des Palestiniens au Liban, il y avait d'énormes manifestations de protestation, en Israël. Et lors de la première Intifada, il y avait une effervescence évidente dans la société israélienne, y compris dans les forces armées.
La tactique des attentats-suicide et des attaques à la roquette contre des civils israéliens est mauvaise parce que contre-productive. A chaque civil israélien tué, l'armée israélienne tue beaucoup plus de Palestiniens. Le terrorisme individuel n'a aucun impact sur la machine militaire israélienne. Par contre, il aide considérablement la classe dirigeante et l'Etat israéliens. En poussant les masses vers l'Etat sioniste, cette tactique renforce cela même qu'elle prétend détruire.
Nous nous battons pour une révolution socialiste au Moyen-Orient, en Iran, dans le Golfe et en Afrique du Nord. Nous luttons contre l'impérialisme – l'ennemi principal de tous les peuples. Mais nous luttons aussi contre le capitalisme et la grande propriété terrienne – qui sont les principaux agents de l'impérialisme. Nous sommes opposés au fondamentalisme religieux, qui cherche à détourner les instincts anti-impérialistes des masses vers l'impasse du fanatisme religieux et de l'obscurantisme réactionnaire. Nous sommes pour le pouvoir ouvrier et le socialisme – pour un nouvel ordre social qui exprime les intérêts des masses. Nous sommes pour la création d'un Fédération Socialiste du Moyen-Orient, qui garantira aux Arabes et aux Juifs un pays dans des Républiques Socialistes Autonomes. C'est la seule voie ! «
De kane85
08H17 | 28/07/2008 |
je réécrit un post que j'ai mis en page 5 en réponse à Béatrice 1
Elle avait dit : « A ma connaissance, l'héritière Darty n'avait jamais emmerdé qui que ce soit avec son judaïsme - vous saviez que la famille Darty était juive, vous, avant le billet de Siné ? »
Hé oui, on savait que la Famille Darty était juive et ça avait été déjà dit sur je ne sais plus quel people qui lui, n'a eu aucun problème. Il y était dit que Mlle Darty faisait prendre des cours d'hébreu et de talmud à son « fiancé »…
Quant au Web : énormément d'articles en parlaient bien avant Siné…
entre autre :
- « La République des Lettres, mardi 17 juin 2008 » :
Jean Sarkozy prend aussi depuis quelques mois des cours d'éducation religieuse juive dans une école de Talmud Torah, sans doute en vue de se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée officielle, Jessica Sebaoun-Darty, héritière de la chaîne de magasins d'équipement électroménager Darty. http://www.republique-des-lettres.fr/10442-jean-sarkozy.php-
- Israel Valley Par Youval Barzilaï
Rubrique : Actualité
Publié le 8 juin 2008 à 14 : 58 : « Selon VSD : “Très religieuse, la jeune femme initie Jean aux rites et à la culture judaïques. Jean Sarkozy suit des cours de Torah avec un rabbin. Jessica Darty aimerait que Jean Sarkozy prenne des cours d'hébreu.”
- Gala : “ Et Jean de se balader main dans la main avec sa petite amie Jessica Darty, héritière elle-aussi, rencontrée sur les bancs du très chic lycée Pasteur de Neuilly. ‘Avec Jessica, c'est du sérieux ! ’ pourrait bientôt s'exclamer Jean Sarkozy, puisqu'entre deux réunions politiques, il suit studieusement des cours de Talmud Torah…
Lundi 31 mars 2008
- La Gazette picarde du 17/03/08 : Jean Sarkozy pense-t-il à se convertir au judaïsme ? C'est ce qui se murmure à Paris où on l'a vu étudier dans une école juive…
Que ne fait-on pas par amour ? Jean Sarkozy étudierait depuis quelques temps la Torah et envisagerait une conversion…pour plaire à sa belle. La jeune fille qui lui inspire autant de foi partage sa vie depuis plusieurs mois et une union ne serait pas exclue. Rien d'étonnant alors à ce que Jean Sarkozy veuille embrasser la religion juive…
Il suffit de faire une recherche sur google avec les mots : ‘ jean sarkozy ’ talmud Darty.
he oui on le savait ! C'est pour ça que Siné n'est pas un raciste par ce qu'alors les autres ils ont fait quoi ? Il ont pas parlé de conversion et de riche héritière ?
à kane85
De kane85
08H20 | 28/07/2008 |
Et j'attends aussi sa réponse sur la différence qu'il y a entre antisémitisme et racisme.
Car il semblerait que pour elle, il y en ait une…
Je lui ait donc dit :
Parce qu'on ne peut pas mettre un « sémite » dans le même panier (celui du racisme tout simplement) que toutes les autres personnes victimes de persécution et de discrimination ?
Donc un « sémite » a quelque chose de plus que les autres ?
Merci pour votre réponse Béatrice 1
à kane85
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 08H34 | 28/07/2008 |
Pour ma part, j'ai déjà en partie donné une réponse : se poser pour antisémite implique que l'on soit contre toutes les populations du proche-orient dont on dit qu'elles proviendraient d'une souche commune, OU contre tous les utilisateurs de langages basés sur les mêmes origines sémites. Manque de chance, l'hébreu est aussi atypique que le basque, et n'en fait pas partie. L'antisémite risque de se retrouver avec tous les Arabes, Omaniens, Koweitiens, etc… sur le dos. A son aise !
à Gotch
De kane85
10H00 | 28/07/2008 |
Oui, tout à fait d'accord.
Où je me bat, c'est contre le fait de faire la différence entre les deux termes (racisme et antisémitisme), et c'est souvent la communauté juive qui accuse certains d'être antisémites (à tord ou à raison d'ailleurs).
Mais ils ne se rendent pas compte du fait que l'utilisation d'un mot qui ne désigne que leur groupe les pointe d'autant plus du doigt et la manie actuelle de traiter toute personne, critiquant ou simplement parlant d'une manière ou d'une autre d'un juif, d'antisémitisme commence à créer une réaction violente du genre : arrêtez de nous bassiner avec votre victimisation systématique.
Là ça finira par poser problème parce que ça va renforcer les uns dans l'idée qu'il y a une montée de l'antisémitisme en France (ce que je ne crois pas),et les autres dans l'idée qu'il y en a raz le bol de ne parler que des même (les « sémites) parce qu'on n'entend que ce mot à tout va et presque journellement : antisémite.
C'est pourquoi il serait mieux de n'utiliser que le terme de raciste pour toute parole ou action discriminatoire quelle que soit la personne qui en est la victime.
à Gotch
De kane85
09H44 | 28/07/2008 |
Maintenant, le mot Sémite utilisé dans Antisémite ne viens pas d'une allusion à la langue parlée mais d'un passage biblique qui détermine la descendance des trois fils de Noé (Japhet, Sem et Cham) après le déluge.
Chacun des descendants de ces trois fils a donné les peuples de la terre (dixit la bible).
Voilà ce qu'il en est pour Sem :
Sem : un des trois fils de Noé à partir desquels « se dispersa la population de toute la terre » après le déluge universel (Gén . 6 : 10 ; 9 : 18 ; 19)… les preuves bibliques et d'autres sources historiques montrent ainsi que Sem fut l'ancêtre des peuples sémitiques que sont les Elamites, les Assyriens, les premiers Chaldéens, les Hébreux, les Araméens (ou Syriens), plusieurs tribus arabes et peut être les Lydiens d'Asie Mineure. Cela signifierait que la population issue de Sem était concentrée principalement dans le sud-ouest du continent asiatique et qu'elle a occupé presque tout le « croissant fertile » et une partie importante de la péninsule Arabique.
Israël et Ismaël étaient demi frêres et fils d'Abraham.
Le premier de sa femme Sara et le second d'agar, la servante Egyptienne de celle-ci.
Les raisons de la séparation actuelle entre les peuples Israëliens et Ismaëliens et à trouver en Gén 21 : 8-9.
à kane85
De Béatrice1
| 13H18 | 28/07/2008 |
Je veux bien vous le recopier ici. Je trouve qu'il y a effectivement un problème sur ce forum : on devrait pouvoir repérer facilement les NOUVEAUX messages par rapport aux anciens, sans être obligé de tout relire. Vous n'avez pas vu ma réponse.
« Donc un “ sémite ” a quelque chose de plus que les autres ? »
Au contraire, il aurait plutôt quelque chose en MOINS, du point de vue du raciste…
Le racisme en général, c'est la peur et la haine de l'AUTRE, de celui qui est DIFFERENT, okay ? Or, à de très rares exceptions près (voir « J'irai cracher sur vos tombes »), un raciste reconnaît un Noir du premier coup d'oeil car sa « différence » lui saute aux yeux - et ça le rassure, ce con.
Le problème du raciste avec les Juifs, c'est que les Juifs nous ressemblent - il y a des Juifs blonds aux yeux bleus ! - sa « différence » est donc bien « cachée », d'où les accusations de « fourberie », les tentatives délirantes d'établir des « critères » physiques (l'écartement des yeux, la longueur du nez, etc.) qui ne marchent jamais : d'où l'angoisse de l'antisémite qui « voit des Juifs partout », et donc sa férocité particulière. Car c'est la peur et la haine de l'AUTRE qui est COMME NOUS, qui est PARMI NOUS, qui peut être notre voisin, voire notre ami… qui entraîne le climat de suspicion tout à fait particulier qui règne chez les antisémites.
Le terme « sémite » ne s'applique pas à un peuple, mais à un groupe de langues. Le terme « antisémite » a été inventé en remplacement d« “ anti-judaïque ” qui n'était pas assez précis : en effet, pour un antisémite, un Juif athée ou un Juif converti à une autre religion reste un Juif - il ne s'agit donc pas seulement d“‘ antijudaïsme ’. Par exemple, prenons le cas du cardinal Lustiger : les antisémites l'ont toujours considéré comme un Juif (un cardinal, pourtant ! ) chargé par sa ‘ confrérie complotiste internationale ’ d'INFILTRER le Vatican, qui était forcément à cause de lui ‘ sous influence ’ du célèbre ‘ lobby juif ’…
L'antisémitisme est donc une forme très particulière
de racisme, qui ‘ méritait ’ un nom particulier.
Ce que je vous ai expliqué là n'a rien d'extraordinaire, c'est un phénomène qui a été largement étudié.
à Béatrice1
De kane85
14H59 | 28/07/2008 |
J'avais vu merci et j'ai répondu en page 4.
je réécris donc :
____________
Vos explications ont peut être une réalité pour ceux qui, d'une manière ou d'une autre cherchent une différence avec les juifs.
Mais comment appelle-t-on quelqu'un qui rejette une personne qui lui ressemble en tout point mais qui ne vient pas de son milieux : un xénophobe (Le mot xénophobie est composé des racines grecques xénos, « étranger » et phobos, « rejet, peur ». Ce mot définit donc littéralement, « le rejet de l'étranger ».).
ça m'est arrivé de subir ça avec ma famille, voyez vous !
Donc je subis la même chose : je leur ressemble, ma différence est cachée, il ont donc peur de moi, de mon mari et de mes enfants d'autant plus qu'ils ne nous voient pas à l'église… mais ça s'appelle autrement parce que je ne suis pas juive ! ah ?
Le fait de nous mettre à part, de nous faire comprendre qu'on ne sera jamais intégrés à leur milieu, qu'on se méfiera toujours de nous parce qu'on est des « estrangers » (dit pour d'ailleurs que du village), de ne jamais rater une occasion de nous faire des vacheries , ça ne peut pas s'interpréter de la même manière parce que nous ne sommes pas juifs ? ah ?
Quant à l'étimologie, désolée de vous contredire, voyez mon post là dessus en page 7. Au niveau du judaïsme, le repère incontournable, c'est la bible et plus exactement le Pentateuque (les cinq premiers livres qui sont considérés comme ayant été écrits par Moïse). Le livre de base s'il en est. Et c'est là que le mot Sem apparaît pour la première fois (donc depuis plus de 3000 ans).
Les enfants d'Israël ont toujours dit qu'ils étaient des descendants de Sem.
Cette histoire de « langue sémite » pour définir les « sémites » est totalement erronée pour la raison simple qu'elles sont aussi parlées par d'autres peuples que les Israëliens et qui n'ont pas Sem comme ancêtre.
D'autant plus que le terme de sémitique pour les langues a été attribué à la fin du XVIIIe siècle par l'historien August Ludwig von Schlözer. C'est à dire bien après que les enfants d'Israël se soient eux même définis comme sémites (descendants de Sem)… quelques dizaines de siècles en somme ! !
je vous conseille de lire là :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_s%C3%A9mitique
je sais que la mode actuelle veut que l'on conspue Wikipedia mais pour avoir étudié le sujet, je peux vous dire que la définition des langues sémitiques est exacte.
Il en ressort que dire antisémite est totalement à côté du fait d'être antijuif. ça ne repose sur aucune réalité. Que ce soit par le côté historique (bible) ou linguistique, cela regroupe beaucoup trop d'autres peuples ou d'autres langues que celle des juifs.
Pour être sûr d'être exacts dans nos propos, parlons donc de racisme.
_______________
C'est très amusant de remarquer la levée de bouclier (des nazes en général) dès qu'on parle de l'origine biblique du mot Semite.
Est ce parce que personne ne veut plus en entendre parler de la bible car de connotation religieuse (juive ou christianique)ou par un manque de culture totale, et donc dénigrement de celui qui l'a lue ?
Lire la bible (sans pratiquer aucune religion) c'est apprendre un certain passé et, de ce fait, comprendre certains peuples…
Ce qui est encore plus rigolo c'est les nazes quand je dis que je finissais par croire que j'étais la seule à penser qu'il n'y avait aucune différence entre un « sémite » et tous les autres habitants de cette planète.
Tiens, tiens ! ! Quant on fait pas de différence c'est pas bien ?
à kane85
De Béatrice1
| 16H05 | 28/07/2008 |
Justement, vous écrivez que vous avez été victime de « xénophobie », qui est aussi une forme de connerie particulière : vous pensez aussi qu'il faut supprimer ce mot ?
Chaque catégorie de racisme et donc de connerie DOIT être nommée, dénier au mot « antisémitisme » le droit d'exister, c'est LA THE grande argumentation des antisémites, précisément.
Il y a des sous-catégories, par exemple la phobie des roux (que je n'ai découverte qu'en tant qu'enseignante dans mes classes, je ne pouvais pas imaginer le CALVAIRE que peuvent subir les enfants roux avant d'en être témoin), qui a AUSSI été étudiée et analysée.
Le racisme envers les Juifs a des particularités qu'on connaît depuis des SIECLES, il est parfaitement normal et légitime qu'il porte un nom, et il n'y a là AUCUNE tentative de « valoriser » les Juifs, pas plus que le mot « xénophobe » ne cherche à « valoriser » les étrangers !
à Béatrice1
De kane85
16H47 | 28/07/2008 |
Oui,j'aurais aimé que le mot xénophobie n'existe pas parce que ça m'aurait permis de porter plainte pour racisme alors qu'on ne peut pas mettre un xénophobe au tribunal et que malgré que nous aillons fini par quitter ce village depuis huit ans, mes enfants en gardent un tel traumatisme qu'il ont développé une sorte d'esprit d'antisocial qui nuit à leur vie privé et affective ! !
J'aurais préféré qu'on ait parlé de racisme, parce que j'aurais pu expliquer à mes enfants qu'on avait le droit de se défendre contre cela. Alors que quand on dit xénophobie les gens sourient et disent « ha c'est pas grave vous savez, ils sont comme ça dans le coin » !
Parce quand on fait ouvertement la différence d'avec un juif, il peut se défendre !
« Que peuvent tous les autres ? rien, subir, partir, et souffrir !
Et le racisme contre toutes sortes d'étranger a toujours existé, de tous siècles, mais on n'en parle pas.
Les Italiens et les Portugais en ont souffert et en souffrent tous les jours… ils sont “blancs”, “catholiques”, “européens”,(eux aussi peuvent se fondre dans la population) et qu'est ce qu'on fait ?
Vous n'avez jamais entendu “l'Italien est un voleur” ? Vous avez crié au racisme ? Vous avez jamais entendu les portugaises ne sont bonnes qu'à faire le ménage » ? Vous avez crié au racisme ?
Et qui réagit quant un Roumain est traité comme moins que rien ? qu'on se fout de sa gueule ouvertement ! qu'on le traite de Dealer ou de proxénète sans distinction ou observation ! On cri au racisme ? On lève les foules ?
Et qu'en est-il de toute la population des gens du voyage qui se voient privée de tout droit. Qui est taxée de voleurs, violeur, fainéants, sale et j'en passe… des gens qui sont « blancs », font partie des peuples de l'Europe et qui peuvent aussi passer inaperçu dans la population (il y en a aussi qui sont blonds aux yeux bleus vous savez ! ) ? Qui cri au racisme ? Qui s'élève contre le fait qu'il ne puisse pas s'arrêter ailleurs que dans des décharges ? Qui demande à ce qu'il puissent vivre normalement malgré leur nomadisme qui est leur façon ancestrale de vivre ? y a quelqu'un là ? hou hou ?
y a un mot spécial pour expliquer ce racisme là qui existe depuis des siècles à leur encontre ?
Savez vous que beaucoup sont morts dans les camps pendant la dernière guerre ? He oui, le régime Nazi n'aimait pas non plus les nomades…
Non bien sûr, que nenni ! personne ne bouge !
Alors trouvez moi vite des noms spécifiques pour toutes ces formes de racisme et que ce soit reconnu comme tel et là, nous serons d'accord.
à kane85
De Béatrice1
| 17H49 | 28/07/2008 |
Pfff…
« Vous n'avez jamais entendu “ l'Italien est un voleur ” ? Vous avez crié au racisme ? »
Oui, et oui.
« Vous avez jamais entendu les portugaises ne sont bonnes qu'à faire le ménage » ? Vous avez crié au racisme ? »
Oui et oui.
C'est également ainsi que je réagis devant le déferlement d'antiaméricanisme, qui est le racisme le plus prisé à gauche, et peut-être même par vous, qui sait ?
« Et qui réagit quant un Roumain est traité comme moins que rien ? qu'on se fout de sa gueule ouvertement ! qu'on le traite de Dealer ou de proxénète sans distinction ou observation ! »
Moi, entre beaucoup d'autres.
« On cri au racisme ? On lève les foules ? »
Oui, et on essaie très fort.
« Et qu'en est-il de toute la population des gens du voyage qui se voient privée de tout droit. Qui est taxée de voleurs, violeur, fainéants, sale et j'en passe… des gens qui sont “ blancs ”, font partie des peuples de l'Europe et qui peuvent aussi passer inaperçu dans la population (il y en a aussi qui sont blonds aux yeux bleus vous savez ! ) ? Qui cri au racisme ? »
Moi, parmi beaucoup d'autres.
« Qui s'élève contre le fait qu'il ne puisse pas s'arrêter ailleurs que dans des décharges ? Qui demande à ce qu'il puissent vivre normalement malgré leur nomadisme qui est leur façon ancestrale de vivre ? y a quelqu'un là ? hou hou ? »
Oui, il y a pas mal de monde, dont moi, qui fait tout ça depuis 40 ans.
« Savez vous que beaucoup sont morts dans les camps pendant la dernière guerre ? He oui, le régime Nazi n'aimait pas non plus les nomades… »
Sans blague ! Merci de m'apprendre l'histoire…
Mais vous savez, j'ai non seulement milité contre toutes les formes de racisme, mais aussi contre la mysoginie, l'homophobie (encore des mots qu'il faut supprimer ? ? ? ) et TOUTE forme de discrimination. Même contre une forme de discrimination que vous ne reconnaissez peut-être pas, comme l'immense majorité des Français qui ne voient pas où est le problème : celle qui est pratiquée contre ce qu'on appelle les « sectes » - car moi la mécréante j'estime que la liberté de conscience n'est pas négociable, qu'on a le droit inaliénable de croire en la connerie de son choix et qu'on n'a pas à établir de hiérarchie entre « religion » et « secte ». Vous ignorez peut-être que les témoins de Jehovah AUSSI sont morts dans les camps nazis, ainsi que d'autres grands pestiférés encore aujourd'hui : les francs-maçons…
Il existe un tas de noms savants pour désigner un tas de préjugés qu'on peut regrouper sous le vocable plus général de CONNERIE HUMAINE. Mais vous menez un drôle de combat, on jurerait que vous êtes JALOUSE de l'existence du mot « antisémite ». Je pense que c'est un « privilège » dont les Juifs se passeraient volontiers…
Et sinon, « mysoginie » et « homophobie » vous dérangent donc aussi ?
à Béatrice1
De kane85
18H13 | 28/07/2008 |
la mysoginie me dérange autant que l'homophobie, et oui,je savais que les Témoins de Jéhovah avaient été envoyés dans les camps et oui, je considère qu'on a le droit de choisir quoi croire et aussi de choisir de ne croire en rien !
Comment croyez vous que je connaisse aussi bien la bible ? : deux ans d'étude de bible avec les Témoins de Jéhovah ! Entre nous, les seuls à ne pas nous avoir mis à part dans ce P….n de village !
J'ai lu le coran et encore pas mal de livres religieux… je ne pratique pas et le ferais sûrement jamais. Mais jamais je ne me permettrais de juger quelqu'un qui a pris un chemin et décidé de suivre une religion.
Mais je maintient que le billet de Siné n'était pas raciste et c'est le seul mot que j'accepte pour désigner toute forme de discrimination envers tout individu de cette planète !
à kane85
De Béatrice1
| 10H51 | 29/07/2008 |
Vous n'êtes pas linguiste, manifestement. Le signifiant crée le signifié, et ce n'est pas telle personne en particulier qui décide de l'existence ou non de tel mot. Une langue ne fonctionne pas comme ça. Il est parfaitement légitime que les mots « mysoginie », « homophobie », « xénophobie », « antisémitisme » existent, car ils correspondent à des réalités à chaque fois bien particulières. Les supprimer ne ferait en aucun cas disparaître ces phènomènes, ça ne ferait au contraire que les masquer un peu plus, ce qui serait bien pratique pour les intolérants de tous poils dont vous faites le jeu.
Il faut des mots complexes pour développer une pensée complexe, sinon on en serait encore à s'exprimer avec des termes basiques comme « faim », « froid », « peur », qui après tout pourraient suffire dans la plupart des situations de la vie. Vouloir faire disparaître des mots qui n'ont rien d'insultant est un bien curieux combat, le génie humain nous ayant au contraire poussés au fil des siècles à en créer de nouveaux et à enchichir notre vocabulaire en fonction de nos expériences…
Vous avez quelque chose contre « ordinateur » ?
Après, vous estimer que le billet de Siné n'a rien d'antisémite, et je pense le contraire, mais ça n'a rien à voir.
De pomponette
=^..^= | 09H28 | 28/07/2008 |
Joffrin rebondit dans Libération, en se servant de la condamnation antérieure de Siné.
Joffrin se sert d'un fait antérieur, pour démontrer qu'il a raison dans ce cas d'espèce, comme si il s'agissait d'un preuve directe ou indirecte que les propos de Siné sur Jean Sarkozy sont antisémites.
à pomponette
De Béatrice1
| 10H52 | 29/07/2008 |
Propagande ! Ah mais…
De Pat Hibulaire
étudiant | 09H37 | 28/07/2008 |
Voici aussi les commentaires que vous ne lirez pas dans Libé :
Non, M. Joffrin, les juifs ne sont pas une race
Les défenseurs du premier texte de Joffrin clament que son texte n'a rien d'antisémite. Je tiens qu'il l'est. L'association des Juifs à une race fait partie des clichés les plus classiques de cette idéologie. Voilà mon raisonnement. Il existe de nombreux livres sur la question, Laurent Joffrin peut s'y reporter avec profit.
Naturellement je ne demande pas le limogeage de M. Joffrin, ni même une désolidarisation collective de la rédaction de Libé. Une simple texte correctif, telle que Siné, l'avait rédigé, suffirait sans qu'il y ait besoin d'y ajouter une mise au pilori …
De Muslim
Esprit Libre | 09H57 | 28/07/2008 |
L'islamophobie une voie express pour la célébrité ! ! !
Il suffit en Europe pour être célèbre et braquer les projecteurs sur soi d'attaquer l'islam en faisant un film, en écrivant des livres anti-islamique ou par des déclarations haineuses médiatisées pour se faire un nom et s'arroger les grâces et les attentions des hommes politiques et des intellectuels opportunistes. Ces faussaires de la liberté sont devenus des vrais terroristes de l'ordre public à chaque fois qu'on leur donne l'occasion de déverser leur venin dans les médias. Nous assistons en Europe à l'avilissement et à la dégradation morale de l'esprit de tolérance. Caricature, diffamation, film incitant à la haine, stigmatisation et discrimination, campagne politique à caractère islamophobe, loi anti-foulard, diabolisation et amalgame de la part des pseudos spécialistes du moyenne Orient et de l'islam, les pseudos musulmans de service qui ont vendus leurs âmes et saignent à blanc l'esprit de l'islam sur les plateaux de télévisions et les radios, sont autant de maux que doivent supporter les musulmans, vivant en Europe ou dans leur propre pays où ils sont majoritaires. Cette fange puérile répandue et orchestrée par les radicaux d'extrêmes droites en Europe, fragilise la stabilité et la paix sociale entre les différentes communautés. Après l'incitation à la haine on s'étonne de la réaction provoquée chez les musulmans qui ne peuvent contenir leurs réactions émotionnelles. A nous Musulman de nous contrôler et d'agir à la manière du Prophète Muhammad (sav) qui maîtrisait les situations les plus critiques avec sagesse et mesure.
Où sont passés les philanthropes humanistes des lumières et les vaillants chevaliers des droits de l'homme ? C'est incroyable ce silence assourdissant des écrivains et des philosophes qui font preuves de lâcheté et de trahison face à cette injustice que subissent les musulmans en Europe. Pourquoi ne s'élèvent-ils pas contre tous ces actes xénophobes et racistes, que l'on peut voir dans les médias, lorsqu'il s'agit des musulmans. Pour les plus courageux ils affirment uniquement à demi-mot leurs indignations sans faire de vague. Jusqu'à quand dans cette Europe soi-disant berceau de la liberté et des droits de l'homme va–t-on tolérer les individus et les groupes politiques qui ont pour fond de commerce l'incitation à la haine contre les musulmans.
Ont-ils déjà oublié que l'islam a accueilli et protégé les minorités religieuses chassées du temps où l'intolérance et l'oppression aveugle régnaient dans les heures les plus sombres de l'Europe. Pourquoi tant de haine, de complaisance et d'irénisme de nos hommes politiques face à la montée de l'islamophobie en Europe. On prétend défendre la liberté d'expression alors que l'on bafoue les droits élémentaires de vivre en paix dans la société. Quand les références sacrées d'une religion, quelle qu'elle soit, sont bafouées gratuitement en toutes impunités avec une certaine complaisance des donneurs de leçon, on ne peut s'empêcher de perdre confiance en la justice qui s'articule avec deux poids et deux mesures. La perte de confiance ne doit pas nous amener à l'auto justice mais plutôt à la mobilisation de la société civile afin de devenir les réformateurs de demain pour que la justice dans ces pays ne soit pas une utopie mais une réalité sociale. La grandeur d'une société est intrinsèquement liée à sa capacité de protéger et de faire valoir le droit à la justice des minorités présentes en son sein.
Que dire de cette Europe qui est incapable de protéger le droit au respect des convictions individuelles. La liberté peut elle être sans limite ? L'absence de cadre et de limite, engendre une réaction en chaîne qui fait naître une violence à la hauteur de l'infraction et du mal causé par cette liberté sauvage de l'expression de la haine, utilisant les techniques modernes de la communication.
A nous musulmans de nous mobiliser afin de faire connaître la beauté et la grandeur de l'Islam. Cette mobilisation passe par une bonne connaissance de notre religion. La meilleure façon de contrer et de démontrer l'absurdité de leurs attaques, c'est d'être des musulmans sincères dans notre pratique avec un comportement et un caractère digne de l'enseignement de l'Islam. La liberté et la tolérance, prodiguées par le Coran et la Sunna, sont sans équivalent comme le peuvent constater ceux qui ont eu la curiosité de s'intéresser à l'islam.
R.A
http://laparoledujeunemusulman.blogspot.com/
à Muslim
De kane85
10H12 | 28/07/2008 |
Bonjours Muslim
Vous n'êtes pas un peu hors sujet là ?
Parce que le sujet est Siné, son écrit dans Charlie, les écrits de BHL et de M. Joffrin… qui sont considérés « antisémites » ou attaquant les « antisémites », donc de racisme contre les « sémites ».
ça ne traite absolument pas de l'Islamophobie ! Soit donc de racisme contre les musulmans.
à kane85
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 10H20 | 28/07/2008 |
Et pour les musulmans qui vivent en France, et qui ont donc accepté de vivre selon les lois et usages français, aussi longtemps qu'ils s'en tiennent à ces limites, qu'ils soient les bienvenus. Femmes, et hommes, égaux en droits et en devoirs.
à Gotch
De kane85
10H30 | 28/07/2008 |
Exactement !
De Muslim
Esprit Libre | 10H46 | 28/07/2008 |
c'est bizar qu'une simple critique sur les juifs soit la cause du départ de siné alors que les caricatures de Muhammed (sav)à charlie Hebdo avec toute l'islamophobie affichée n'avais pas déranché qui que ce soit. vous ne trouvé pas qu'il y a deux poids deux mesures….