
Siné, nous aurais-tu tous rendus fous ?
C'est à se demander si Voltaire, le « raciste et antisémite » de Bernard Henry-Lévy (voir son article dans Le Monde daté du 22 juillet) pourrait encore critiquer les religions ! Pas sûr.
Chez nous, on se bat pour des idées…
Tout ce brouhaha autour de la liberté d'expression dénote au moins qu'en France on a encore envie de se battre pour les idées et les mots. Ce qui n'est pas si désagréable à constater. Surtout en cette saison plus propice à l'assoupissement intellectuel qu'aux joutes verbales. Ceci étant, la passion qui anime les défenseurs et les détracteurs de Siné – qui a eu le malheur d'écrire dans Charlie Hebdo : « Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs de Darty. Il fera son chemin dans la vie ce petit » –, cette passion-là cache mal l'instrumentalisation à outrance, par différents « partis », d'une affaire d'un intérêt somme toute limité. Et au milieu de tout cela, des avocats convaincus de la liberté d'expression, les déçus de la gauche, ceux qui ont peur de Sarkozy et ceux qui simplement aiment à se faire peur…
Question de goût, Siné ne me fait pas rire, Charlie Hebdo non plus, et encore moins certains de ceux, de Philippe Val à Caroline Fourest, qui y écrivent, et dont le laïcisme militant est passablement irritant quand il se donne d'abord pour cible l'islam. Mais là aussi les heureuses exceptions ne manquent pas, bien sûr. Reste que la déliquescence de la gauche, la disparition des idéologies, le délitement des solidarités ouvrières, l'apparente absence de grandes causes qui mériteraient qu'on s'investisse font que chaque micro-affaire peut, du jour au lendemain, tourner au combat de titans, faire couler beaucoup d'encre et provoquer des dérives.
Ce qu'a écrit Siné n'est pas tout à fait net. Qualifier Siné d'antisémite l'est aussi peu. On accuse aujourd'hui avec de plus en plus de légèreté d'antisémitisme ceux avec qui on n'est pas d'accord. Surtout lorsqu'il s'agit du conflit israélo-palestinien. À force de brandir à tout bout de champ cet épouvantail, on ne sait plus qui est vraiment antisémite et qui ne l'est pas. Un brouillage qui au lieu d'éradiquer le mal l'entretient, en occultant les vrais antisémites.
Qui donc est à l'abri ?
Qui peut prétendre aujourd'hui qu'il ne sera pas un jour taxé d'antisémitisme ? Tout glissement de langage peut charger d'infamie celui qui l'a commis. Est-ce qu'on dira de Laurent Joffrin, directeur de Libération, qu'il est antisémite parce qu'il utilise le mot de « race » en parlant des Juifs dans son article publié le 25 juillet dans son journal, pour défendre Philippe Val ? Dans un autre contexte, il se serait sûrement trouvé des gens pour lui intenter, avec ça, un procès. Même si, par la suite, il rectifie son propos sur le site web du journal, signalant qu'il a voulu parler d'« origine » ou de « communauté » plutôt que de « race ». Je le crois volontiers, je suis même convaincue qu'il a utilisé le mot « race » par inadvertance, voulant par là donner plus de force à son propos… Eh oui, voilà comment un terme employé par mégarde peut facilement vous faire classer dans le mauvais tiroir. Surtout celui de « race », surchargé d'histoire négative, voire génocidaire. Et lors même qu'il s'agit d'un grand journaliste comme Laurent Joffrin, sur qui ne pèse évidemment aucun soupçon de racisme. Mais les mots dépassent la pensée. Et parfois dans la presse un peu plus vite qu'ailleurs, ce qui la décrédibilise un peu plus, hélas.
Puis-je aussi rappeler, toujours à propos de ce rebond paru dans Libé, que l'islam n'est pas seulement une religion mais aussi une culture. Et que le judaïsme est aussi une religion, pas seulement une appartenance à un peuple, une loyauté due aux siens. Le judaïsme peut être un choix de religion – on peut s'y convertir –, une éthique, une vision du monde. À l'instar d'ailleurs de l'islam. Le judaïsme n'est pas seulement question d'origine, ou de communauté, et encore moins de race. Islamisme n'est pas islam, ultra-orthodoxie n'est pas judaïsme, et fondamentalisme n'est pas christianisme. Et l'on peut critiquer les religions, toutes les religions, les curés, les imams, les rabbins (par précaution, toutefois, je m'abstiendrai pour ces derniers…).
Puis-je enfin suggérer modestement à M. Joffrin, que j'apprécie tant comme journaliste et comme auteur, de relire La France juive de Drumont, les écrits de Maurras, et ce Je suis partout (un ou deux numéros suffisent) où officiait Brasillach ? Pas sûr qu'après un tel détour il ait encore envie d'y comparer Siné qui, à côté d'eux, fera bien pâle figure. Et face aux attaques qu'on trouve contre le capitalisme juif et son symbole, les Rothschild, chez les auteurs cités par M. Joffrin, la phrase de Siné n'aura même pas l'air d'une copie. Quant aux débats de la gauche pour savoir s'il fallait ou non défendre Dreyfus, qu'elle trouvait trop bourgeois, certes ils ont bien eu lieu. Ajoutons toutefois qu'il n'y a pas eu non plus beaucoup de Juifs, au début, pour se lancer dans la bataille, à part Mathieu Dreyfus, le frère, et Bernard Lazare. Et que c'est tout à l'honneur de la gauche d'avoir finalement pris son parti.
L'intelligentsia nouvelle tendance
Comme on l'a vu, le plus probe et le mieux intentionné des journalistes n'est pas à l'abri d'approximations sur lesquelles il sera toujours facile d'ergoter. Bernard-Henri Lévy non plus. N'aurait-il pu à plus juste titre exercer son sens critique et déployer sa brillante rhétorique pour défendre ce manifestant palestinien, les mains attachées dans le dos et les yeux bandés, sur lequel a tiré un soldat israélien ? La vidéo projetée à la télévision israélienne venait tout juste de faire scandale, quand on commençait à parler de la fameuse phrase de Siné. Comment un intellectuel engagé comme lui a-t-il pu faire une telle impasse et consacrer un énorme article à Siné, quand son attention aurait pu être attirée également ailleurs ? Il fut un temps où les intellectuels d'« origine » juive portaient haut les grandes causes qui dépassaient largement les intérêts de leur tribu, tel le combat pour l'égalité civile des Noirs aux États-Unis. Disons que c'est désormais le passé. Et que la mode est aux dénonciations des méchants qui en veulent aux Juifs. Si la vigilance contre l'antisémitisme et tous les racismes ne se négocie pas, et si l'antisémitisme n'a certes pas disparu, et si le combattre est le devoir d'un citoyen responsable, il se pourrait que l'excès de vigilance produise des effets contraires.
Quant aux sites internet, blogs, réactions dans les forums en tous genres, l'hystérie qui s'y déploie en l'occurrence me paraît aussi intolérable. Entre les « réactions antisémites (…) cachées sous le voile pudique d'un antisionisme » vilipendées par SOS-Racisme (toujours dans le Libération du 25 juillet), la fantasmagorie nourrie de complots antisémites d'un Claude Askolovitch, la dénonciation, par Pierre Assouline et B.-H. Levy, des métaphores zoologiques d'un Alain Badiou (qui a traité de « rats » les socialistes passés au sarkozysme) métaphores qui seraient la marque du fascisme (pour ne pas dire plus), les listes de pétitionnaires pro-Val ou pro-Siné qui fusent de toutes parts, difficile de savoir où donner de la tête. Que va-t-il donc sortir de tout cela ? Pour répondre à cette douloureuse question, citons La Fontaine : « Une montagne en mal d'enfant (…) accoucha d'une souris »… La Fontaine qui ajoutait : « Quand je songe à cette Fable / (…) Je me figure un Auteur / Qui dit : Je chanterai la guerre / Que firent les Titans au Maître du tonnerre. / C'est promettre beaucoup : mais qu'en sort-il souvent ? / Du vent. »

- 37237 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque



























6
De raudi
07H51 | 27/07/2008 |
Voici aussi les informations que vous ne lirez pas dans Télérama :
« Qui a dit : “Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs … Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est pro palestinien…” en août 1982 sur les ondes de la radio libre Carbone 14 ?
Qui a été condamné le 12 février 1985 par la 17e Chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la discrimination, à la haine et à la violence raciales ?
Qui s'est compromis au meeting Euro-Palestine de juin 2004 avec Alain Soral en faisant siffler des noms juifs par la foule ?
C'est Siné !
Quelle belle unanimité pour le défendre à présent !
Ouvrez les yeux, tendez l'oreille … »
(Télérama a refusé ce commentaire)
Est-ce qu'il faut que ces faits ne soient cités que par Alexandre Adler dans le Figaro pour être crédibles ?
Cordialement,
raudi
la culture à Metz … autrement
mél : raudi@free.fr
http://raudi.free.fr
De organe_dhonneur
08H33 | 27/07/2008 |
Le problème est par dessus tout que Joffrin parle de « race » à propos des juifs.
D'où problème d'analyse, parce que Joffrin n'est pas « antisémite ». Mais que l'éditorialiste et rédacteur en chef d'un des principaux quotidiens nationaux effectue une confusion entre race et religion « par inadvertance » est tristement révélateur du type d'arrière-pensées qui trainent toujours dans le paysage.
Je ne parle pas de pensées conscientes, mais de représentations établies, enkystées dans le patrimoine français, aussi bien pour la « race juive » que la « race arabo-musulmane ».
Étrange catharsis qu'a ouvert l'affaire siné. Et comme d'habitude, à la fin, ce seront les juifs qui ont tort sans avoir rien demandé.
J'ajouterais quand même que le texte polémique n'avait clairement rien d'antisémite.
De Yawn
Chomiste | 10H06 | 27/07/2008 |
Et pourquoi la direction de Charlie Hebdo ne pourrait-elle pas décider que les propos de Siné ne correspondent pas à la ligne éditoriale du journal ?
Ca n'empêchera pas Siné de se faire accueillir dans un autre canard, un site web (pourquoi pas celui de son copain Alain Soral ? ) ou d'ouvrir son propre blog pour s'exprimer.
De arbobo
12H53 | 27/07/2008 |
comme le dit esther benbassa, dont j'appércie une fois de plus les positions,
personne n'est à l'abri de proférer un propos condamnable.
parce qu'il y a quelque chose de vrai dans l'expression « ce qui est dit est dit ». Ensuite on peut s'excuser, renier ses propos ou les tempérer, mais ce qui est dit est, effectivement, dit.
En linguistique on appelle cela un « acte de discours ».
Il appartient à chacun de ne pas parler trop vite ou trop en l'air, afin de ne pas tenir des propos en contradictions avec ce que nous pensons.
Parce qu'ensuite on aura beau dire « mais ce n'est pas ce que je pense », on vous rétorquera à bon droit « mais alors pourquoi l'avez-vous dit ? »
d'où la remarque très juste de benbassa, « Ce qu'a écrit Siné n'est pas tout à fait net ». Une erreur serait de sauter immédiatement à la conclusion que Siné serait antisémite. Dire, comme claude askolovitch, que l'article de siné est antisémite, ce n'est pas dire « siné est un antisémite ». En l'occurence je suis d'accord avec askolovitch, et d'accord pour ne pas en tirer de conclusions sur l'homme.
un commentaire ici relève d'autres propos de Siné et une condamnation, voilà le genre d'éléments nécessaires pour avoir un avis non plus sur un seul article, mais sur leur auteur. En l'occurrence s'ils sont vrais je les trouve assez convainquants.
Siné prétend qu'askolovitch l'a diffamé en « le traitant d'antisémite ». C'est faux. C'est très exactement faux. Askolovitch ne dit que de manière un peu plus affirmée ce que benbassa laisse entendre ci-dessus : « Ce qu'a écrit Siné n'est pas tout à fait net ». Il dit que ce n'est pas net du tout.
Pour saisir la nuance il suffit de se remémorer, tout le monde a au moins un exemple en tête, une circonstance ou un proche a sorti une phrase qui nous a fait dresser les cheveux sur la tête et à laquelle nous avons répliqué « mais tu te rends compte de ce que tu viens de dire ? »
Mais si l'erreur est humaine, persévérer est pire encore.
Il faut séparer en revanche le cas siné et le cas val.
Il est STUPIDE de choisir par principe l'un contre l'autre.
Car l'attitude de Val, et ce n'est pas nouveau, ne mérite pas forcément d'être louée, quoi qu'on pense de l'article de siné (ou de siné tout court, que je n'ai jamais apprécié mais ça on s'en fout). Il suffit de voir les propos IGNOBLES qu'il a tenu contre une journaliste de Télérama.
L'ambiance à Charlie est détestable, et il n'y a pas un seul responsable à cela. Val en fait partie, et pas qu'un peu.
Le cas siné cristallise des tensions anciennes qui ne demandaient qu'à éclater bruyamment.
Pas dit que le journalisme en ressorte grandi. Si c'était le cas, je doute que siné ou val y soient pour grand chose.
De Béatrice1
| 14H27 | 27/07/2008 |
Le « laïcisme militant » (c'est un tort de défendre la laïcité ? ? ? ) de Val et Fourest ne se donne absolument PAS pour cible l'islam, mais l'ISLAMISME qui est une idéologie POLITIQUE totalitaire - entre autres idéologies politiques totalitaires, qu'elles soient basées sur une religion ou pas.
Premier gros malaise en lisant votre tribune, madame Benbassa, qui me fait douter de votre bonne foi : votre analyse n'est pas « tout à fait nette ».
Ce qu'a écrit Siné ne l'est pas non plus, c'est le moins qu'on puisse dire ! Car vous devez quand même bien admettre que le cliché du juif associé à l'argent (cliché qui a tué Ilan Halimi), des juifs qui dirigent le monde - et donc de l'avantage qu'il y aurait pour un arriviste à se convertir au judaïsme (mais pas à une autre religion) est éculé et traîne dans TOUS les pamphlets antisémites. Nous sommes donc d'accord : il y a un problème. Là où nous ne sommes plus d'accord, là où je ne vous comprends pas, c'est en quoi qualifier le billet de Siné d'antisémite est aussi peu « net » que de reprendre ces gros clichés antisémites. Pourquoi ne le serait-ce pas ? ? ? Parce que c'est Siné ? ? ? Mais Siné est un grand ami d'Alain Soral ! (Dis-moi qui tu fréquentes…) Siné n'en est pas à sa première sortie antisémite : il a déjà été condamné pour ça ! Qu'y a-t-il donc de « peu net » à dénoncer un tel écrit ?
Le « peu net » ne serait-il pas au contraire dans les TORRENTS d'insultes déversés sur Val (et Askolovitch) ? Par la VEHEMENCE suscitée par ce tout petit événement ? Pourquoi n'y a-t-il pas eu la même véhémence lorsque le directeur de France Soir a été limogé après la publication des caricatures danoises ? ? ?
Deuxième gros malaise en vous lisant, madame Benbassa : votre empressement à évoquer tout de suite le conflit israélo-palestinien. Quel rapport ? Voulez-vous dire que l'antisémitisme n'existait pas avant la création de l'Etat d'Israël ? ? ? La phrase de Siné a-t-elle un quelconque rapport avec ce conflit ?
L'islam est aussi une culture, comme le judaïsme, le christianisme, l'animisme… oui, et alors ? On a aussi le droit de critiquer les faits culturels - par exemple la peine de mort faisait partie de notre culture, et je l'ai dénoncée jusqu'à son abolition chez nous, comme je la dénonce partout où elle existe encore, au Japon comme en Iran, aux Etats-Unis comme en Chine. Or, si on m'applaudit des deux mains quand je dénonce la peine de mort aux Etats-Unis et au Japon (surtout aux Etats-Unis, le Japon tout le monde s'en fout), je me fais régulièrement traiter d'« islamophobe » quand je la dénonce dans un pays musulman. Pourquoi ? La souffrance serait-elle moindre chez les musulmans ?
Pourquoi devrait-on s'abstenir de critiquer les rabbins comme on critique les curés, et comme on n'ose pas critiquer les imams si on a peur d'être taxé d'« islamophobe » ? Ne voyez-vous pas la différence entre critiquer les imams et jouer sur le cliché raciste que « les Arabes sont des voleurs » ? Siné a dénoncé la prétendue conversion de Sarko-fils au judaïsme par « arrivisme » : auriez-vous été aussi indulgente s'il avait dénoncé la conversion du même à l'islam par « malhonnêteté » ? Pensez-vous que « Y'a bon Banania » est anodin, ou « pas net » ? A-t-on le droit de s'indigner de cette image raciste sans être qualifié de « pas net » à sont tour ?
Troisième gros malaise à la lecture de votre tribune, madame Benbassa : BHL aurait donc mieux fait de s'indigner de ce dont les Israéliens eux-mêmes s'indignent et de ce que la télévision ISRAELIENNE a révélé (le comportement inadmissible d'un soldat israélien envers un Palestinien), plutôt que de consacrer un article à Siné ? ? ?
Mais vous-même Madame, plutôt que d'écrire une tribune sur BHL écrivant un article sur Siné, n'auriez-vous pas pu à plus juste titre exercer votre sens critique et déployer votre brillante rhétorique pour défendre ces malheureux Palestiniens tués par le Fatah et ceux qui ont été arrêtés par le Hamas en représailles ? Pour défendre ces malheureux Indiens tués dans des attentats hier ? Ces malheureux Zimbabwéens massacrés par leur tyran sanguinaire Mugabe ? Ces malheureux Chinois arrêtés par vagues entières pour faire place nette avant les JO ? Je n'ose même pas parler des malheureux Darfouris massacrés par le criminel Al-Bashir : c'est un sujet tabou, et je vais me faire illico traiter d'« islamophobe » et de « sioniste » ! Avez-vous déployé votre rhétorique pour défendre les malheureus Israéliens LYNCHES en Cisjordanie, dont on a fièrement exhibé les entrailles sanguinolentes à la plus grande joie de la foule en furie ? Dénoncez-vous l'endoctrinement antisémite fanatique des ENFANTS palestiniens ?
On doit donc choisir ce qu'on dénonce EN FRANCE en fonction de VOTRE intérêt partisan pour le conflit au moyen-orient ?
BHL ne se bat-il pas AUSSI pour de grandes causes dépassant largement les intérêts de sa tribu ? ? ? Pourquoi lui serait-il interdit de parler d'antisémitisme ? (Voici que vous déclenchez chez moi un autre malaise : je me sens obligée de défendre BHL pour qui je n'ai pas que du respect.)
Merci de rappeler le combat des Juifs pour l'égalité civile des Noirs (aux États-Unis et ailleurs). Mais n'avez-vous pas remarqué que depuis Louis Farrakhan il y a comme un problème ? Si la « mode » est aux dénonciations des « méchants qui en veulent aux Juifs », c'est peut-être lié aux DELIRES antisémites de certains mouvements noirs qui voient dans « les Juifs », ou bien dans « les sionistes » indifféremment, la cause de tous leurs malheurs - oubliant que les Juifs furent les premiers et longtemps les seuls à combattre à leurs côtés… Les « négriers reconvertis dans la banque » ne vous dérangent pas ? La « clique sioniste » dieudonnesque, qui dirige en sous-main la France et le monde ne vous met pas mal à l'aise ?
Israël n'est-il pas mis à toutes les sauces - par vous ici en premier lieu ? Pouvez-vous m'expliquer pourquoi ce conflit, qui n'est qu'un parmi des milliers d'autres très loin de la France, suscite une telle OBSESSION chez nous, alors que la question du Cachemire - au hasard, je n'ose même pas évoquer le Darfour - laisse tout le monde indifférent ? Pourquoi on revient ad nauseam sur la création de l'Etat juif d'Israël alors que personne ne songe un instant à remettre en cause la création de l'Etat musulman du Pakistan la même année, avec des conséquences largement aussi dramatiques, des déplacements de populations incomparablement plus importants, des guerres incomparablement plus meurtrières depuis (le Bengladesh et les crimes contre l'humanité avérés des Pakistanais à cette occasion, par exemple) et les menaces nucléaires réciproques entre le Pakistan et l'Inde ?
Pourriez-vous affirmer honnêtement que ce traitement particulier - et le nombre inégalé et inégalable de journalistes au km2 dans ce tout petit endroit du monde - n'a rien à voir avec le caractère JUIF d'Israël ?
Les métaphores zoologiques seraient acceptables quand elles viennent de l'extrême gauche, et suspectes seulement quand elle viennent de l'extrême droite qui en raffole ?
Donc finalement on ne devrait juger les paroles et les écrits qu'en fonction de l'appartenance politique de celui qui les profère, et non pas pas en vertu de PRINCIPES ?
Et enfin, dernière question : si cette affaire n'est qu'une montagne qui accouche d'une souris, pourquoi y participez-vous ?
PS : Etant donné le climat délétère, je me sens obligée de préciser, à mon grand désespoir, que je ne suis absolument pas juive, ni liée en aucune façon à Israël, mais « seulement » une militante antiraciste de toujours…
GROS malaise, madame Benbassa…
De Le Yéti
yetiblog.org | 22H08 | 27/07/2008 |
EXTINCTEUR
Hé hé, chère Rue 89, il y a des sujets si brûlants (comme celui-ci sur les frasques de Siné et la pathétique déconfiture de ceux qui prétendaient le faire taire) qu'il me semble bien que tu sélectionnes un peu précipitamment quelques commentaires dans le seul but d'éteindre ou de colmater les incendies qui menacent de t'échapper ! Me trompe-je ?
PS : vu le nombre de commentaires du « Yéti » que tu m'as fait l'honneur de sélectionner précédemment jusqu'à présent, tu voudras bien considérer ce commentaire de sélection de commentaires comme purement gratuit et charitable.