Et si on généralisait le système des banques alimentaires ?
Les récentes émeutes de la faim l'ont montré : des millions d'hommes et de femmes ne mangent pas à leur faim. Pourtant, des tonnes de nourriture encore consommables sont jetées chaque année. Pourquoi ne pas généraliser le système des banques alimentaires, pour faciliter aux populations défavorisées l'accès à une nourriture de qualité ?
En Belgique, les invendus encore consommables et mis à la poubelle représentent 40 000 tonnes de nourriture (hors déchets alimentaires des ménages et des structures scolaires), alors que seules 2 000 tonnes sont données aux banques alimentaires.
Contexte identique en Angleterre, où près de quatre millions de tonnes d'aliments non périmés et parfaitement mangeables sont jetés chaque année, soit un gaspillage d'environ 486 millions d'euros. Des chiffres confirmés par le Wrap (Waste & resources action programme), qui annonce en outre que 90% des consommateurs n'ont pas idée des quantités qu'ils jettent.
Dernier exemple en Italie : une étude de l'université de Bologne évalue à 238 278 tonnes la quantité d'aliments qui pourraient être récupérées chaque année. Soit une économie de 882 millions d'euros, et de quoi fournir trois repas par jour à 620 500 personnes.
Il n'existe pas d'étude similaire pour France, mais on peut supposer que le gaspillage atteint un niveau comparable.
Alors que les prix des produits de première nécessité flambent sur les marchés mondiaux, la part du budget des ménages consacré à l'alimentation augmente, et l'accès à une alimentation suffisante et équilibrée est rendue difficile pour les ménages défavorisés.
Pourquoi ne pas mettre en place des dispositifs de récupération, éventuellement de transformation et de redistribution de tous les produits alimentaires invendus et encore consommables ? Cela reviendrait à généraliser le système des banques alimentaires, en incitant ou en obligeant les supermarchés, les restaurants, les cantines scolaires et toutes les structures qui produisent ou vendent des aliments, à recourir aux banques alimentaires pour leurs invendus consommables ou leurs produits non commercialisables à cause de formes ou de couleurs non conformes.
Les structures qui ont fait cette démarche en 2007 ont permis de redistribuer, en Europe, 289 500 tonnes de nourriture (610 millions d'euros), à plus de quatre millions de personnes (en France, 71 100 tonnes de nourriture, soit 202 millions d'euros), selon la Fédération européenne des banques alimentaires.
Conscients de la « richesse » que représente cette production invendue, différentes structures s'attachent à la transformer pour la revendre en priorité aux familles qui en ont besoin. C'est le cas des Paniers de la mer : chaque jour, les employés de cette association récupèrent gratuitement les invendus de la pêche à la clôture de la criée. Ils les transforment et les redistribuent chaque semaine, congelés, frais ou en soupe à la Banque alimentaire et au Secours catholique. En 2007, ce sont 35 tonnes de produits de la mer -denrées plutôt rares dans ces circuits de distribution- qui ont été redistribuées.
Même enjeu pour l'association Inserfruit, qui, à Montauban (Tarn-et-Garonne), lutte contre le gaspillage des produits agricoles en récupérant les pommes invendues auprès des agriculteurs et en les transformant en compote. Depuis 1997, Inserfruit transforme 270 tonnes de pommes chaque année.
Mieux, ces deux associations profitent de cette activité de transformation et de redistribution pour embaucher des personnes éloignées du marché de l'emploi en contrat d'insertion. Deux initiatives qui montrent que n'importe quel acteur du marché peut s'impliquer dans une démarche de valorisation et de redistribution de produits alimentaires.
En Italie, même l'université de Bologne s'y est mise : depuis plusieurs années déjà, les professeurs et les étudiants en agronomie de cette faculté animent Last Minute Market, une filière de collecte et redistribution (gratuite) des produits invendus ou non consommés dans quinze villes d'Italie.
En 2007, le programme a évité la production de 283 tonnes de déchets, et les associations bénéficiaires des produits ont pu réaliser jusqu'à 816 000 euros d'économie, grâce aux 500 000 repas offerts.
Lors des récentes émeutes de la faim, l'accent a été mis sur les problèmes liés à la production des aliments : manque de financements, subventions attribuées aux cultures destinées aux biocarburants, au détriment de celles destinées à l'alimentation, etc.
Mais assurément, c'est aussi la consommation qui pose problème, puisque des millions de tonnes de nourriture sont jetés chaque année alors que la planète compte 850 millions de malnutris.
Pourquoi ne pas profiter d'un dîner au restaurant, d'un sandwich dans un fast-food ou de courses au supermarché pour interroger le gérant sur ce qu'il fait de ses produits invendus ? Pourquoi ne pas se renseigner sur les banques alimentaires les plus proches et le mettre en relation avec elles ? C'est à la portée de chacun. Laisser des gens mourir de faim alors qu'on a de quoi les nourrir, c'est de la non-assistance à personne en danger…
► Inserfruit 1357, avenue de Falguières, Montauban (Tarn-et-Garonne) - Tél. : 05-63-63-15-10 - mail.
► Le Panier de la mer place Treoultre, Penmarc'h (Finistère) - Tél. 02-98-58-82-10 - mail.
► Last Minute Market viale G. Fanin 48, 40127 Bologne (Italie) - Tél. : +39-05-14-20-03-46 - mail.
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De déluge
menuisier | 12H49 | 02/07/2008 |
Quand on commence à se poser ces questions, de bon sens au demeurant, ça veut dire que ça commence à aller mal.
à déluge
De Blaise11
Ich liebe mich | 14H30 | 02/07/2008 |
Hélas, cher menuisier. C'est aussi ce que j'ai rouspété en voyant le titre, ce que j'ai maugréer en parcourant l'article.
Cela reste une fausse-bonne idée, encore ce pansement sur la jambe de bois, encore ce don de grain à moudre de ce système qui marche sur la tête.
LA PROPRIÉTÉ DU VIVANT, NOM D'UN ÉPIS DE MAÏS À 4 BRAS ! ! ! LE PARTAGE DES RESSOURCES GÉNÉTIQUES, D'ABORD ! ! !
Le reste coulera de source.
« Dans l'eau clair, il n'y a pas de poisson », mais pour l'instant, elle est truffée de piraña.
De aissachris
techelec s/of | 13H16 | 02/07/2008 |
non, c est dire ce que l on aimerait tous depuis des lustres, mais a part qq actions tres locales, il serait mieux que l OMC et tous les acteurs du volet agricole se redistribue les taches, en tenant compte que l export est une arme economique sensible difficilement associeé a l altruisme et a assiete de l homme. Un chantier.
à aissachris
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 23H09 | 03/07/2008 |
Oui, bien sûr… mais ce n'est pas appliquer sans une action concertée intelligente. Rien n'a détruit les éconmies africaines émergentes plus sûrement que les DONS DE NOURRITURES qui ont ruiné la structure locale de production et de distribution des produits agricoles.
http://nouvellesociete.org/711.html
http://nouvellesociete.org/414.html
Pierre JC Allard
De TARPON
13H24 | 02/07/2008 |
Soyons honnetes avec nous memes,12 millions de français n'ont pas les moyens de s'offrir un vrai repas quotidien.La faute à qui sinon à ce gachis incroyable causé par la main mise de la grande distribution sur notre vie.
Il suffit de voir ce que contiennent les bennes des hypers ,de constater la destruction des produits frais achetés en quantité de 50% superieure à la demande dont ces 50% perdus sont repercutés dans les prix de vente .Le poisson (dont le fameux thon)est par exemple revendu à 5% de son prix(d'achat) pour l'aliment du betail ou detruit tout simplement.si ces produits etaient vendus au juste prix,tout le monde pourrait y acceder.
La france ,plus que jamais,est un pays en regression/il y a au moins 4 paliers d'economie sur ce marché et ce n'est pas fini car au dela des banques alimentaires se profile les… dechets des memes banques.
à TARPON
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 16H24 | 02/07/2008 |
Voila un bon vieux discours démago et sans fondement.
Moi, j'y travaille chez les distributeurs. Les bennes j'ai le nez dedans tous les jours. Sachez que la tonne de déchet à traiter est facturée au magasin.
Les pertes d'un bon magasin ne dépassent pas 5-6%.
Dans notre débat, ne perdons pas de vue que le but d'un distributeur est de faire de l'argent.
Déjà, tous les distributeurs bénéficient de systèmes logistiques et de logiciels de calcul de quantités qui permettent de commander les quantités presque justes chaque jour. C'est un système très consommateur de carburant mais très peu en surstock. Car n'oublions pas que le surstock, c'est de l'argent qui dort soit la hantise de tout bon gérant.
Il est impossible de répercuter ces pertes sur le prix car la concurrence ne se gênera pas pour rester moins cher et attirer plus de clients. Vendre un boite de thon 10€ pour éponger les pertes n'est pas une solution viable. C'est bien trop visible vis à vis du client.
Vous pourrez me dire qu'il s'agit là d'un lobby qui aligne ses prix à la hausse pour que le système reste invisible. Malheureusement, les grandes surfaces restent une véritable jungle où les concurrents ne se gênent pas pour dénoncer les prix du voisin, prouver qu'il à de mauvaise pratique et, comme on dit dans ce milieu, le « couler ».
Car, sachez que la marge avant est complètement révolu de nos jours, elle constitue tout juste de quoi payer les charges du magasin. L'argent d'une grande surface est obtenu au moyen des marges arrières et des produits financiers.
Votre 2nd paragraphe est faux de A à Z. Arrêtez Capital, je ne répèterais jamais assez que cette émission qui ne fais que chercher l'audience avec des sujet manipulés et racoleurs nuis à la santé mentale.
à Homer555
De TARPON
17H18 | 02/07/2008 |
Vous gerez une benne,savez vous combien il y en a en France dans la distribution ? 102 000 .(17000 points de vente)
Je comprends que mes propos ne vous plaisent guere mais vous etes bien à l'origine du gachis alimentaire qui conduit des milliers de français à etre sous alimentés.
Quand vous achetez une salade 20 cts revendue cinq à six fois plus chere ,peu vous importe que la MOitié finisse à la benne.Les augmentations de prix depuis septembre dernier n'ont fait qu'augmenter le phenomene.
Votre logiciel vous avait il indiqué qu'en Mai la consommation baisserait de plus de 5% ?
à TARPON
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 17H48 | 02/07/2008 |
Entre 5% et les 50% de votre premier post il y a un monde, et le logiciel met environ 1 semaine à corriger le tir. Comme je l'ai indiqué les salades ne sont pas achetées 1 fois par mois.
Vous semblez dire qu'il est plaisant pour une grande surface d'user de sa marge pour éponger ses pertes dues à une surconsommation alors qu'il est tellement simple de vendre toute la marchandise et de profiter pleinement de la marge dégagée.
Que ça vous plaise ou non, le but d'une grande surface est de faire du pognon et il y a des bons cotés comme cette chasse au gachi.
à Homer555
De TARPON
18H21 | 02/07/2008 |
j'ai dit 5% de baisse de consommation ,ajouté aux 50 % detruits par incoherence de previsions et d'une logistique à prix tirés (vous en avez pour votre argent) cela fait 55% .
Les salades c'est sur sont pas achetees tous les jours et cela se voit ,on arrose dur sous les lampions et c'est pas la meilleure façon de vendre des produits dits frais.On tire la « fraicheur » au maximum.
Vous faites du pognon ,j'aime vous l'entendre dire mais sur le dos de ceux qui n'en peuvent mais.
Quand votre logiciel « corrige le tir » ,ça fait combien de tonnes fichues en l'air ?
« un peu pourris les fruits “ disait la dame .Normal,madame,le logiciel a prevu qu'ils doivent rester en vente encore quelques jours ?
Parlons des ruptures de froid ,des ‘congelations’ ,du stockage dans des camions frigo à l'exterieur comme la justice l'a constaté dans le sud est parisien ? combien de pertes ? combien de milliers de tonnes ?
De patrick du 14
de plus en plus naze | 13H29 | 02/07/2008 |
là je demandes un joker et je téléfone a un ami allo bernard kouchner la question est dois ton continuer a nourrir les povres gratos : si je gagne le million on se fais une bouffe
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 13H30 | 02/07/2008 |
La proposition ci-dessus ne tient pas compte du coût des transports vers les pays où sévit la famine, elle vaut surtout pour les banques alimentaires ciblant les populations en difficulté en Europe même (ou aux Etats-Unis).
L'intention est louable et généreuse, mais la réalisation pose des problèmes concrets dont la solution est coûteuse.
Mieux vaudrait, à mon avis, mettre les excédents alimentaires à la disposition de l'ONU (PAM) -- dont on pourrait augmenter les moyens -- et des ONG en mesure de les traiter ou de les faire traiter, de manière que le rapport coût/efficacité soit correctement mesuré et que les denrées essentielles à la survie des populations misérables du Tiers-Monde soient effectivement distribuées à ceux qui en ont besoin.
La solution est donc politique. Elle ne serait pas due à une énième « bonne oeuvre », quelle que soit la générosité de l'intention.
à Jaycib
De TARPON
18H32 | 02/07/2008 |
le cout du transport est marginal rapporté au volume ,les marchés d'afrique sont inondes de produits europeens subventionnés (par l'europe) et sont donc vendus moins cher sur les marchés africains que la production locale .A court terme la production locale disparait et engendre la famine.Ces « excedents “ europeens sont la consequence de la politique d'achat de la grande distribution qui oblige à produire en masse pour tirer les prix.Je crois que c'est ‘feed the world’ qui montre l'incoherence des politiques alimentaires toute devouée au lobby de la GS.
De pergola
vigilance | 13H41 | 02/07/2008 |
c'est une proposition qui part d'un bon sentiment mais elle ne tient pas compte de ce que les premiers intéressés demandent : « nous voulons vivre dignement comme tout le monde, nous ne voulons pas être assistés, nous ne voulons plus avoir honte ». Si nous sommes capables de nous organiser pour développer des banques alimentaires en nombre, soyons le plutôt pour mettre en oeuvre des sécurités qui évitent à nos concitoyens de tomber dans la mendicité. Que les gens se cachent pour aller chercher à manger. C'est ça que vous souhaitez à notre pays et à tous les autres ?
à pergola
De Red_XIII
Chercheur en expression libertaire | 17H05 | 02/07/2008 |
Vous là je vois d'ici que vous n'êtes pas victime de la famine.
C'est à cause des idées de « droite » que propagent les larbins de votre espèce, qu'une fraction de la pauvreté, non seulement se sentira coupable d'être pauvre, mais en plus de çà
1) renoncera à toutes sortes de formes d'assistance sociale.
2) restera dans le silence, et loin de votre regard accusateur.
Je terminerais, la bouche pleine, en tachant d'exprimer la honte et l'indignité que je ressent en pénétrant et en usant des circuits classiques de la grande distribution.
Les supermarchés sont des endroits si bas et si sales, qu'il ne reste dans ma mémoire que des bribes d'une époque ou nous plantions nos crocs dans de belles proies encore chaudes et tremblotantes.
à Red_XIII
De lapin lapin
0-0 | 16H52 | 03/07/2008 |
Beaucoup de personnes en situation de précarité renoncent déjà aujourd'hui à toute forme d'assistance sociale (regardez dans les rues des grandes villes ou au fin fond des campagnes) précisement parce qu'il s'agit « d'assistance » et n'en déplaise aux larbins en question, personne n'aime être assisté.
Du coup elle « reste dans le silence, loin des regards accusateurs ».
Leur détresse est en tout cas assourdissante…
à pergola
De Emma Indoril
Nérévarine | 18H05 | 02/07/2008 |
Je suis d'accord avec vous : Ça part d'un bon sentiment, mais ce n'est pas une solution.
Une des solution serait d'arrêter de gâcher, de gaspiller, et d'arrêter cette spéculation folle !
Du mais pour faire tourner le moteur ? On est devenu fou ?
De Bigseb
Blazé | 13H59 | 02/07/2008 |
Bravo pour cet article, le buzz du jour étant ailleurs, il ne rencontre pas le succès qu'il devrait.
Ceci dit, ca fait longtemps que cette solution a été émise, mais c'est toujours bien d'en parler…
De Zorbanet
14H05 | 02/07/2008 |
Le pire dans tout ça, c'est qu'avec tous ces légumes on pourrait fabriquer plein de bio carburant.
NB : ne pas prendre au pied de la lettre, c'est de l'humour noir ; -)
à Zorbanet
De Red_XIII
Chercheur en expression libertaire | 17H20 | 02/07/2008 |
cf « Retour vers le futur », second opus, avec la voiture qui vole si mes souvenirs sont exacts.
De lapin lapin
0-0 | 14H10 | 02/07/2008 |
« C'est le cas des Paniers de la mer : chaque jour, les employés de cette association récupèrent gratuitement les invendus de la pêche à la clôture de la criée. Ils les transforment et les redistribuent chaque semaine, congelés, frais ou en soupe à la Banque alimentaire et au Secours catholique »
> Le secours catholique ne fait pas de distribution alimentaire il me semble… il s'agit probablement du Secours populaire non ? > Pour ce qui est de récupérer les denrées, imaginons que de bons citoyens, des restaurateurs ou des grandes surfaces décicent de donner leurs excedents pour être redistribués (ce que certains font déjà avec quelques assocs)aux plus démunis encore faut t'il que cela puisse être fait dans des conditions d'hygiène irréprochables (les services vétérinaires y veillent et c'est tant mieux) et au moyen d'une infrastructure adéquate. Bref il ne s'agit pas de « récupérer » ici pour redonner là. C'est bien plus complexe et couteux que cela. Les banques alimentaires c'est bien, les Restos du Coeur c'est chouette, le Secours populaire c'est super mais cette redistribution a un cout. Et qui est prêt à payer pour ces frais de structure, pour la formation des personnes chargées de la distribution, pour le transport des denrées, pour leur stockage ? ? Epineuse question non ?Cela ne signifie pas qu'il ne faille rien faire mais la simple récupération des denrées ne règle pas le problème.
Ceci dit, merci pour cet article qui met la question alimentaire un peu au coeur de l'actu.
De FdT
En pleine décroissance | 14H24 | 02/07/2008 |
Nous ferions mieux d'une part de réformer notre système de production et de distribution afin de minimiser au maximum ce scandaleux gaspillage et d'autre part de renouer avec l'agriculture vivrière. Chaque bourgade, canton, région, pays, continent doivent viser l'autonomie alimentaire. Produire localement pour alimenter prioritairement le marché local dans la mesure du possible. Exporter l'excédent et importer ce qu'il manque.
Il faudrait également cesser avec ce productivisme résultant en une politique de subventionnement de nos agriculteurs à l'exportation. Il faut cesser d'inonder les marchés du tiers-monde avec nos daubes industrielles vendues moins cher encore que ce qui est produit localement. Il est absolument anormal de pouvoir acheter à Dakar du poulet français vendu moins cher encore que le local ! C'est une aberration économique. On dépense du carburant pour exporter dans ces pays des produits qu'ils sont capables de produire eux-mêmes. On mène à la faillite les petits paysans locaux incapables de concurrencer la daube subventionnée « made in Europe/USA ». Ces paysans ne pouvant plus vivre de leur travail vont remplir les bidonvilles des grandes agglomérations du tiers-monde.
Les pays souffrant de la faim ne le sont pas en raison de l'incapacité de leurs terres de produire mais en raison de troubles politiques. L'Afrique est sous-peuplée et théoriquement autant capable si ce n'est plus de s'autosuffire alimentairement que le sont la Thaïlande, la chine, le Vietnam, Taiwan…pays surpeuplés mais pratiquement voir complètement auto-suffisant.
à FdT
De Emma Indoril
Nérévarine | 18H08 | 02/07/2008 |
Bravo !
à FdT
De zorbek
18H57 | 02/07/2008 |
Vous avez parfaitement raison dans vos affirmations mais beaucoup trop peu de gens se rendent compte que c'est la très couteuse PAC qui est à l'origine de cette incitation à la productivité à outrance, et du dumping vers le tiers-monde aux consequences desastreuses que vous enoncez.
Et c'est precisement pour cette raison que Sarko a tort, et Peter Mandelson raison, dans le debat qui les oppose a l'OMC :
http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7484606.stm
De barbara44
rédactrice | 14H34 | 02/07/2008 |
Concernant la paupérisation croissante de l'Europe, je crois que les pistes indiquées sont bonnes, mais j'aimerais qu'on n'oublie pas que le prix du pétrole (fuel de chauffage et essence légère) est l'un des facteurs majeurs d'explosion du coût de la vie. Or les taxes perçues par les Etats, et particulièrement la France, sont éhontées. Autrement dit, les pays, en tant qu'entités étatiques, ont tout intérêt à un pétrole hors de prix !
Cela dit, je ne sais comment résoudre le vrai problème des émeutes de la faim dans le monde. Il faudrait créer des banques alimentaires interconnectées qui envoient les aliments en fonction du pays de destination, par exemple les haricots rouges au Mexique, et non des pâtes en Afrique. Le problème est la collecte des invendus non périssables à court terme, leur transport et leur redistribution : mais nombre de gouvernements ne les font jamais parvenir à leurs populations.
Arriverait-on à mettre en place des parrainages individuels ou associatifs de semences, de céréales, de légumineuses ? Bon, il y a des petits organismes bénévoles qui fonctionnent bien : mettez Zoodo dans votre moteur de recherche et faites un tour sur leur blog pour prendre la dimension du phénomène alimentaire actuel.
De Raoul le Maléfique -bloque-
bosse dans un fond et ne vit pas au... | 15H15 | 02/07/2008 |
vives les z'entils z'immigrés ! ! !
vive les z'ans papiers ! !
L'express :
C'est une vérité cadenassée par la loi républicaine, limitée par le risque d'exploitation politique, verrouillée par la peur d'une stigmatisation et étouffée par le politiquement correct. Les enfants d'immigrés sombrent apparemment plus souvent dans la délinquance que les autres Français. Comment évoquer sereinement ce phénomène ? Le passé colonial de notre pays, de même que l'utilisation de fichiers raciaux sous le régime de Vichy et, depuis une trentaine d'années, le discours xénophobe du Front national ne facilitent guère une analyse rationnelle de la situation. Quelques voix - sociologues, criminologues, policiers ou politiques - commencent à aborder la question. L'Express a tenté de le faire, sans tabou ni idéologie.
Les voyants sont au rouge, mais les statistiques sont muettes sur le sujet. Le seul distinguo autorisé par l'administration porte en effet sur la nationalité, et non sur l'origine. Chaque année, les étrangers représentent environ 20% des délinquants (1). Mais les chiffres masquent une réalité autrement plus dérangeante, plus difficile à cerner aussi. Longtemps, on a cherché à cacher, maladroitement, la surreprésentation des enfants de l'immigration, pourtant visible, au motif qu'ils sont d'abord des enfants de la France. Sous le gouvernement Jospin, des consignes non écrites ont même été passées aux services de communication de la police. « On nous demandait de ne citer aucun prénom, se souvient un communicant de l'époque. C'était considéré comme trop stigmatisant. »
Cependant, les policiers de terrain le constatent depuis des années. Et, aujourd'hui, ils s'inquiètent notamment de l'agressivité de jeunes Blacks, en échec scolaire, coupés de tous repères familiaux. « Les Noirs que nous interpellons se manifestent par une violence instantanée, constate un commissaire en poste dans une banlieue sensible. Ils sont fréquemment impliqués dans des vols à l'arraché ou des vols à la portière. Tandis que les Maghrébins, par exemple, sont plus structurés, autour des réseaux de drogue. » Les émeutes en banlieue, en novembre 2005, ont jeté à la face du monde l'image de jeunes Français d'origine étrangère, harcelant les forces de l'ordre et incendiant des voitures.
A quoi ressemblent les délinquants de tous les jours ? Pour le savoir, il suffit de se plonger dans un fichier méconnu, baptisé « Canonge », qui comporte l'état civil, la photo et la description physique très détaillée des personnes « signalisées » lors de leur placement en garde à vue. Grâce à cette base de données présentée à la victime, celle-ci peut espérer identifier son agresseur. Or ce logiciel, réactualisé en 2003, retient aujourd'hui 12 « types » ethniques : blanc-caucasien, méditerranéen, gitan, moyen-oriental, nord-africain-maghrébin, asiatique-eurasien, amérindien, indien, métis-mulâtre, noir, polynésien, mélanésien.
Cet outil est à manier avec prudence. D'abord, parce que, même si le Canonge est légal, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) interdit d'exploiter ses renseignements à d'autres fins que celle de la recherche d'un auteur présumé. Ensuite, parce qu'il ne dit rien de la nationalité et de l'origine de l'individu - qui peut être français depuis plusieurs générations malgré un physique méditerranéen, par exemple. Enfin, parce que les mentions sont portées par l'officier de police, avec la part de subjectivité que cela suppose.
« Je vous avais prévenu : il y a peu de Gaulois ! »
A Paris, le Canonge comprend environ 103 000 hommes, dont 37% de Blancs, 29% de Nord-Africains et 19% de Noirs. Pour l'anecdote, un seul Mélanésien est référencé. « Mes agresseurs avaient entre 18 et 20 ans. Plutôt grands, d'origine maghrébine : je n'avais pas d'autres indications à fournir à la police, se souvient une victime d'agression. J'ai été invité à les reconnaître dans le fichier. J'ai mis une bonne heure : il y avait plus de 2 000 photos. »
Cette proportion de Français d'origine étrangère est encore plus forte parmi les jeunes de certaines banlieues. Ainsi, dans cette commune du Val-d'Oise, où plus de 7 500 hommes âgés de 25 ans sont répertoriés dans le fichier Canonge, les Blancs représentent moins de 2%, de même que les Noirs, contre près de 45% pour les Nord-Africains, soit 3 200 individus. « Je vous avais prévenu : il y a peu de Gaulois ! » indique un enquêteur. Dans un département de la grande couronne, comme la Seine-et-Marne, les Blancs constituent la moitié des suspects. Dans les départements ruraux, le taux est plus élevé.
La lecture des mains courantes des commissariats prouve cette répartition inégale. Ces outils recensent le tout-venant de la délinquance : des délits de fuite au vol à la roulotte, en passant par les troubles du voisinage. L'Express a pu en consulter deux, l'une dans un arrondissement chic de Paris, l'autre dans un secteur populaire. Elles ne se ressemblent pas.
Dans le premier cas, les habitants se plaignent plus de cambriolages et de tapages nocturnes que d'agressions ou de trafics de drogue. La main courante mentionne bien un « indésirable » nord-africain, un SDF né au Nigeria et l'interpellation d'un voleur russe, mais peu d'incidents soulignent la problématique de l'immigration. Dans le second cas, en revanche, on note, d'abord, que les faits sont plus nombreux et plus graves : problèmes de rixes avec coups et blessures, de dégradations de biens, de menaces, de violences ou de consommation de stupéfiants, etc. On observe, ensuite, que 73% des auteurs recensés ont un nom à consonance étrangère. Extraits.
Dans la nuit, Houria est frappée par son frère Samir (2), mais les parents refusent qu'elle porte plainte. Le matin, la police arrête Abdoul pour « menaces de mort et dégradations légères de biens privés ». Une heure plus tard, Saïd est interpellé pour avoir frappé et tenté d'étrangler son épouse. Dans l'après-midi, trois individus, Izamona, Kabeya, Ibrahima, sont évincés d'un hall d'immeuble. Ils auraient menacé, à plusieurs reprises, une résidente, qui « commencerait à avoir peur pour sa vie ». Plus tard, Jérôme, lui, est interpellé pour usage illégal de produits stupéfiants. Pierre et Michel sont conduits au poste pour avoir insulté et violenté deux agents de la RATP dans le métro. Dans un autre secteur, une femme, victime d'un vol avec violence, est conduite à l'hôpital. Son agresseur est de « type nord-africain, portant des lunettes carrées, un blouson noir et des baskets ». Utilisant un gaz lacrymogène, il lui a dérobé son porte-cartes et du liquide. La soirée se termine par de nombreux troubles de voisinage et des différends entre époux. Fait notable : la majorité des victimes semblent, également, issues de communautés étrangères. « C'est le reflet de la population de ces quartiers », explique un officier.
Au bout de la chaîne, l'administration pénitentiaire a depuis longtemps intégré l'aspect ethnique. Le visiteur qui, pour la première fois, pénètre dans une prison en région parisienne le voit immédiatement. Il découvre le vrai visage des détenus : blacks et beurs, à une écrasante majorité. « Nous sommes pris par l'urgence. Nous devons avoir une gestion pragmatique, souligne Jean-François Forget, secrétaire général adjoint de l'Ufap, syndicat majoritaire chez les surveillants. Cela ne date pas d'aujourd'hui. Lorsque j'étais en poste aux Baumettes, à Marseille, on ne parlait que de pizzas et de pâtes aux étages où étaient incarcérés les détenus d'origine italienne. » A la maison d'arrêt de la Santé, à Paris, qui compte plus de 100 nationalités, les ethnies sont réparties selon les bâtiments : Européens au bloc A, Africains au B, Maghrébins au C, etc. Un regroupement qui se fait, souvent, à la demande du détenu lui-même.
Des sociologues, peu suspects de racisme, ont commencé à briser le tabou de la surreprésentation des jeunes issus de l'immigration dans la délinquance. Sébastian Roché, directeur de recherche au CNRS, fut l'un des pionniers. Il y a neuf ans, certains de ses collègues l'ont mis en garde : il forçait le couvercle d'une boîte de Pandore, celle du communautarisme. Il a commencé par définir le concept d » « origine étrangère ». Tâche difficile dans une nation qui s'est construite au rythme des brassages successifs de populations. Le sociologue a considéré que cette origine se définissait par le fait qu'au moins l'un des deux parents était étranger ou né hors de France.
« Faut-il le rappeler ? L'écrasante majorité des enfants d'immigrés ne pose aucun problème, tient à souligner Roché, qui a mené plusieurs études à Grenoble et à Saint-Etienne. En examinant les condamnations intervenues de 1985 à 2000 dans l'Isère, il apparaît que 94% des jeunes jugés sont de nationalité française, mais 60% sont d'origine étrangère ou étrangers. » De même, ils sont plus souvent impliqués dans des « faits graves ».
« Analyser les discriminations »
Quant à l'explication du phénomène, elle fait l'objet de controverses entre chercheurs. « C'est d'abord la conséquence d'une position sociale : les jeunes délinquants d'origine étrangère sont majoritairement des enfants des quartiers ouvriers, des fils des familles nombreuses les moins armées scolairement et les plus précaires économiquement », soutient Laurent Mucchielli, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) (3). Selon les études de Roché, l'origine sociale n'explique pas tout. « Certes, 80% des jeunes délinquants d'origine maghrébine ont des parents ouvriers ou employés, souligne-t-il. Mais, à niveau socio-économique équivalent, les enfants d'immigrés sont plus délinquants que les autres. L'échec scolaire et un rapport difficile à l'autorité représentent des facteurs déterminants. »
Mais comment évoquer cela sans fissurer davantage notre modèle républicain ni céder au communautarisme ? Faute d'un instrument de mesure adapté, les autorités françaises demeurent incapables d'estimer avec précision le phénomène et d'en tirer les leçons. Faut-il instaurer un dispositif ad hoc, qui présenterait l'intérêt d'évaluer le travail policier ? C'est l'avis de Laurent Mucchielli : « Ces statistiques, loin d'entériner ou de nourrir un quelconque racisme, seraient au contraire des éléments utiles pour analyser les discriminations dont les personnes étrangères sont fréquemment victimes. »
Les policiers, qui ont pourtant été les premiers à donner l'alarme, sont, eux, partagés. « J'arrête des délinquants, pas des étrangers ou des Français », lance un commissaire. « Si on bâtit un indicateur racial, on va tomber dans le piège de la discrimination et diviser les Français », ajoute un autre. « Un tel outil, fondé à la fois sur des éléments statistiques et sur des analyses sociologiques, permettrait d'expliquer beaucoup de choses, pense, au contraire, Jean-Marie Salanova, patron du Syndicat des commissaires et des hauts fonctionnaires de la police nationale. On ne pourra continuer à ignorer le phénomène très longtemps, non pour stigmatiser, mais pour comprendre. Ce qui serait le moyen d'éviter les réponses simplistes. » « Cela peut être un outil pratique pour les policiers et pour les chercheurs, estime Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat Synergie Officiers. Mais c'est aux politiques de prendre une décision d'une telle importance, car elle doit concilier la recherche de la vérité et la garantie des libertés individuelles, voire religieuses. »
L'Express a contacté plusieurs anciens ministres de l'Intérieur qui n'ont pas souhaité commenter les conclusions de notre enquête. Seul le socialiste Daniel Vaillant ose aujourd'hui briser le tabou. Il se prononce en faveur d'une étude sur le sujet (lire l'encadré). La France, parfois, a du mal à se regarder dans les yeux.
à Raoul le Maléfique -bloque-
De Red_XIII
Chercheur en expression libertaire | 17H36 | 02/07/2008 |
Il faut des lunettes bien ajustées pour faire le lien entre l'article et votre copié/collé.
Pourquoi irais je à une banque alimentaire si j'attrape un joli sac à main plein d'argent volé ?
Le prochain coup je suggère que vous nous donniez le lien http, parce que çà évitera à un public mal intentionné de présumer de la Rue qu'elle est une voleuse d'articles : )
à Raoul le Maléfique -bloque-
De Humain
22H22 | 02/07/2008 |
Oui,
Et sans le copié-collé vous vouliez dire quoi ?
De jma14
15H34 | 02/07/2008 |
L'idée est très bonne. Mais vous oublié une chose, c'est que la plupart des produits alimentaires jetés par les particliers, la restauration et la grande distribution sont des produits périmés ou en cours. Ce type de récupération n'est donc valable que sur des circuits courts (département, région).
Envoyer cette marchandise dans d'autres continents est donc plus difficile.
En revanche transfomer des produits comme les pommes en amont (production) me semble plus adéquat.
Vos chiffres sont peut-être un peu optimiste.
De jjhb
cosmonaute | 16H25 | 02/07/2008 |
C'est une bien belle idée qui me semble difficile à mettre en place quand on constate la réticence des hypermarchés à « autoriser » (ils sont trop bons) au moins une fois dans l'année aux banques alimentaires de faire la quête auprès de ses légions de consommateurs(trices).
De mrleon
Chanteur Country | 16H40 | 02/07/2008 |
Les spéculateurs qui s'enrichissent sur le prix de la bouffe savent pertinement que leurs action tuent. Et pas si indirectement que ça. N'est-il pas temps de les attaquer pour mise en danger de la vie d'autrui, voire d'omicide volontaire ?