30/05/2011 à 10h14

Et si on enseignait la philosophie dès la maternelle ?

Coraline Bertrand | Journaliste


Petit Gibus dans « La Guerre des boutons » d’Yves Robert, 1962.

Initier les tout-petits à la philosophie est une pratique éducative élaborée à la fin des années 60 par Matthew Lipman. Ce philosophe américain et chercheur en éducation postule que la philosophie devrait être enseignée « avant que les structures psychologiques et linguistiques du raisonnement soient déjà trop ancrées et donc trop immuables ». En d’autres termes, les enfants, par leurs questionnements spontanés et incessants seraient plus disponibles aux questions philosophiques.

L’idée

Philosopher ne peut se résumer à disserter sur des textes savants. L’enseignement de la philosophie aux enfants ne fait d’ailleurs pas mention des grands auteurs. Il s’agit d’initier l’enfant à penser par et pour lui-même.

Dés la moyenne section de maternelle, l’enseignant peut inviter les enfants à réfléchir à une question pratique : « C’est quoi grandir ? Pourquoi on aime ? A quoi servent les parents... ? » Cette réflexion doit leur permettre d’apprendre à argumenter, conceptualiser et émettre un jugement qui leur est propre.

Michel Tozzi, ancien prof de philo et actuel enseignant des sciences de l’éducation, à Montpellier III, souligne l’importance de la philosophie dans la construction de la pensée rationnelle et la capacité d’analyse :

« La discussion philosophique contribue à la maîtrise du langage et éduque à la citoyenneté – s’écouter, se respecter – elle est donc amenée à se développer ! »

En apprenant à cultiver un esprit critique, une réflexion et un jugement autonomes, l’enseignement de la philosophie initie les enfants à l’exercice de leur libre-arbitre.

Comment la mettre en pratique ?

A partir d’une histoire ou d’un film, il s’agit de créer un espace de discussion, où l’enfant peut s’interroger, motiver sa réponse, écouter les autres sans se moquer, sans couper la parole, ni répéter... « Chacun dit ce qui lui passe par la tête, sans réfléchir. Comme Socrate, l’enseignant pose des questions pour obtenir des réponses, qui ne seront pas nécessairement celles qu’il attend », explique Oscar Brénifier, docteur en philosophie et auteur notamment du « Livre des grands contraires philosophiques » (avec Jacques Despres, éditions Nathan).

L’atelier de philosophie implique une présence forte de l’adulte mais sans qu’il cherche à influencer ou à contrôler le déroulement des débats. L’objectif est de stimuler la pensée.

Patrick Martinez, instituteur à Ecuelles, commune de Seine-et-Marne, s’appuie sur les outils pédagogiques de la revue Pomme d’Api pour animer des discussions philosophiques :

« En début d’année, l’approche reste très difficile. Les enfants ne comprennent pas le principe, n’osent pas parler. Il faut patienter, poser des questions, relancer. A long terme, ces ateliers permettent d’interroger les présupposés, les idées reçues, d’accepter l’avis de l’autre sans le partager. Ils facilitent l’expression d’un point de vue, un apprentissage important à cet âge. »

Par la pratique philosophique, l’idée est de montrer aux enfants qu’ils peuvent trouver dans leurs réflexions des solutions concrètes à des problèmatiques. Elle les invite à être créatifs et leur permet de gagner en assurance.

Ce qu’il reste à faire

La pratique des ateliers de philo en maternelle et primaire reste expérimentale. Encore totalement absente des programmes scolaires, elle résulte souvent de l’initiative personnelle d’un enseignant. Oscar Brénifier :

« Pour beaucoup d’enseignants, la philo reste une matière érudite, abstraite, difficile. D’où leur incompréhension face au principe des ateliers de philo pour enfants. De plus, ils conçoivent leur rôle dans la transmission : dire ce qui est bien, mal, vrai, faux... Or, c’est un écueil à éviter. »

Pour un apprentissage qui ne se réduise pas à acquérir des connaissances, et passer d’un enseignement magistral à une pratique vivante de la philosophie, il faudrait une révolution culturelle. Et le plus tôt possible ! Car en matière de philosophie, « la valeur n’attend point le nombre des années »...

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  • sandy keelow
    sandy keelow
    développeur
    • Posté à 10h30 le 30/05/2011
    • Internaute 131307
      développeur

    Patrick Martinez, instituteur à Ecuelles

    Un disciple de Diogène sans doute ?

    • Tibokaya
      Tibokaya répond à sandy keelow
      Jeune flegmaticien mayennais
      • Posté à 13h10 le 30/05/2011
      • Internaute 4477
        Jeune flegmaticien mayennais

      Je conseille l’excellent film « Ce n’est qu’un début » sur comment la philosophie s’est concrètement mise en place dans une maternelle de banlieue parisienne...

      Tout simplement impressionnant !

      Socialement,

      • fredgg84
        fredgg84 répond à Tibokaya
        • Posté à 14h46 le 30/05/2011
        • Internaute 92172

        Et si à l’école primaire on apprenait au élèves à écrire et parler correctement le Français avant de leur apprendre l’anglais ou la philo ?
        Peut être il y aurait moins de décrochage scolaire à l’entrée au collège...

         
        • pablico
          pablico répond à fredgg84
          Co-NOBEL de la Paix
          • Posté à 15h19 le 30/05/2011
          • Internaute 14278
            Co-NOBEL de la Paix

          On peut tout faire ..

          nos leçons de morale d’antan.... en début de journée, n’étaient que des leçons de « philosophie »... d’un petit niveau mais qui en quelques questions posées par le « maitre » nous faisait réfléchir à notre niveau..

          si le maitre était bon, il nous apprenait en même temps à structurer notre pensée... petite thèse, petite antithèse, et petite synthèse...

          et petit à petit... l’esprit se structure sans l’air de rien... des mécanismes d’analyse se mettent en place... ILS SERVIRONT TOUTE NOTRE VIE
          MIEUX VAUT UNE TETE BIEN FAITE QU’UNE TETE BIEN PLEINE

          • Radiotox
            Radiotox répond à pablico
            • Posté à 18h40 le 30/05/2011
            • Internaute 151254

            Pas d’accord.

            La leçon de morale est l’antinomie de la leçon philosophique. La morale impose une idée, sans négociation possible. Tu ferras ci, tu ne ferras pas ça, point à la ligne. Et si tu n’es pas d’accord, tu recopieras la phrase 10 fois.

            A la différence de l’enseignement philosophe tel qu’il est présenté dans l’article, où ce sont les instits qui posent les questions, et les enfants qui tentent d’y apporter des réponses.

            • pablico
              pablico répond à Radiotox
              Co-NOBEL de la Paix
              • Posté à 19h57 le 30/05/2011
              • Internaute 14278
                Co-NOBEL de la Paix

              nous n’avons pas eu les mêmes instituteurs. les miens nous posaient des questions, nous contredisait enfin nous faisait réfléchir...à coup de pourquoi... et de comment.. pour finir ils faisaient la synthèse.... qui était la phrase de morale..

              c’était un régal, cette première demie heure..

            • Salaves
              Salaves répond à Radiotox
              Métallo
              • Posté à 21h16 le 30/05/2011
              • Internaute 5988
                Métallo

              Mais il ne faut pas oublier le milieu social des enfants qui va influer grandement sur leur capacité à répondre aux questions posées. Alors qu’une certaine morale apprise d’une même façon par toute la classe est plus égalitaire.
              Maintenant, il suffit de savoir quel type de société on veut construire. C’est la différence entre la méthode de Condorcet et celle de Lepeletier de Saint-Fargeau.

          • Jonsnow
            Jonsnow répond à pablico
            =)
            • Posté à 20h07 le 30/05/2011
            • Internaute 86598
              =)

            J’ai jamais pu blairer ce principe de these antithese synthese.

            On te donne une problématique. : par affinité ou pas avec le theme
            tu choisis ton camp, tu te démmerdes pour en faire qque chose, et puis on te demande à mi-chemin de te couper une jambe ! Bon, tu rechignes sévère mais tu le fais parce que l’autorité te menace et que tu dois suivre les ordres... Tu avances en claudiquant dans ton « raisonnement » tu te donnes encore un mal de chien quand à la fin on te dit : vas-y recolle ta jambe fais-nous un salto propret maintenant !

            Et le pire c’est qu’on te note la dessus après ! C’est abusif. S’il y a bien une matière qui ne devrait pas etre notée c’est bien celle là.

            Qt à l’enseigner aux enfants .. je serai plutôt d’avis qu’on leur fiche la paix. On devrait leur enlever qques barrieres. On est pourtant bien placé pour voir que ça nous fout en l’air ...

            • pablico
              pablico répond à Jonsnow
              Co-NOBEL de la Paix
              • Posté à 11h24 le 31/05/2011
              • Internaute 14278
                Co-NOBEL de la Paix

              thèse et antithèse c’est génial..

              C’est se remettre en cause soi-même.. pour ne pas se faire couillonner par soi-même.. un recul en quelque sorte, un second degré.. qui renforce, corrige, ou détruit ce qu’on a pensé spontanément en premier...

              car son pire ennemi c’est soi-même... pas les autres...

              cela sert même à ne pas se faire rouler dans des affaires présentées comme magnifiques... cela sert à tout... quand on le fait automatiquement...

              • nonova
                nonova répond à pablico
                observateur participant
                • Posté à 16h40 le 31/05/2011
                • Internaute 106356
                  observateur participant

                thèse, antithèse. Ça ne sont que des -méthodes- d’apprentissages pour apprendre à relativiser un discours/une idée. Apprendre à éviter l’écueil manichéenne du « bon » ou du « méchant » (largement présent dans la culture enfantine) et comprendre plutôt que confronter.

                Il y a d’autres méthodes pour acquérir ces compétences. La dissertation formée est celle qui convient le mieux au cadre scolaire actuel, facile à mettre en place, bon marché, évaluation bien étalonnée, etc. c’est tout.

        • Poil à gratter
          • Posté à 15h01 le 30/05/2011
          • Internaute 32612

          Oui, mais parler français à cinq ans, c’est d’un décevant... Alors que philosopher et parler anglais au même âge, c’est tout de suite plus moderne.

          Ayons le sens des priorités !

          • pablico
            pablico répond à Poil à gratter
            Co-NOBEL de la Paix
            • Posté à 15h19 le 30/05/2011
            • Internaute 14278
              Co-NOBEL de la Paix

            la philosophie n’est pas un gros mot, et n’est pas donné qu’à des grosses têtes.
            Tout le monde philosophe comme monsieur jourdain, mais il est bon d’avoir l’esprit structuré, logique, apprendre des syllogismes de base, car un esprit s’éduque, le mécanismes de pensée permet de faire briller et d’exploiter son intelligence. L’intelligence, l’analyse, est plus primordiale que l’orthographe.

            MIEUX VAUT UNE TETE BIEN FAITE QU’UNE TETE BIEN PLEINE

            • Poil à gratter
              • Posté à 15h26 le 30/05/2011
              • Internaute 32612

              Ce serait si simple : réfléchir intelligemment contre savoir bêtement écrire...

              Malheureusement l’orthographe est une forme d’intelligence. La logique des accords, la compréhension des classes grammaticales et des fonctions, l’histoire rigoureuse de la formation des mots, les liens logiques (cause, conséquence, concession, opposition etc.), la structuration de la phrase (simple ou complexe) etc. L’orthographe au sens large est la première forme d’abstraction rencontrée par les élèves, bien avant les mathématiques.

              Face à un échec criant de l’enseignement, obligé de renoncer à l’orthographe, il faut bien mettre en avant quelque chose d’intelligent et de moderne. La philosophie en maternelle ou n’importe quoi d’autre.

              • pablico
                pablico répond à Poil à gratter
                Co-NOBEL de la Paix
                • Posté à 15h35 le 30/05/2011
                • Internaute 14278
                  Co-NOBEL de la Paix

                nos leçons de morale (petite philosophie de base), n’ont jamais empêché d’apprendre l’orthographe.. c’est complémentaire, pour expliquer la complexité de la pensée comment réfléchir, l’abstraction, la logique de l’orthographe, de l’arithmétique, du style d’écriture....

                le tout fait UN.

                • Poil à gratter
                  • Posté à 15h43 le 30/05/2011
                  • Internaute 32612

                  On est d’accord.

                • Poil à gratter
                  • Posté à 15h43 le 30/05/2011
                  • Internaute 32612

                  Mais que l’orthographe redevienne une priorité pour tous !

                  • booms
                    booms répond à Poil à gratter
                    En attente d'un avenir meilleur
                    • Posté à 14h09 le 31/05/2011
                    • Internaute 154104
                      En attente d'un avenir meilleur

                    Selon vous continuons comme sa ! Priorité a l’ortographe ! Savoir écrire correctement est la priorité mondiale ! Nous avons de bel exemple de réussite dans ce moode toutes nos élites politiques, banquiers, les chefs d’entreprises des grands groupes dans le monde et j’en passe savent tous ecrire de belles phrases sans fautes ! Des beaux communiqués de presses ou ils nous disent de facon grammaticalement parfaite « On s’en fout de vos vies ! » Alors c’est sur continuons comme sa c’est vrai que le présent est si proche de la perfection... Des « élites » du peuples sans morale mais qui savent bien ecrire on a déja vu ce que cela donné ! Si on essayé d’éduquer les gens avec une morale commune a tous les êtres humains sur terre plutot qu’une ortographes communes peut etre que les choses évoluerai d’une meilleur facon dans ce monde !
                    Tout en sachant que l’écriture est un outils inventé par l’homme tout comme l’ortographe créer pour surement ordonné tout cela, oui parce qu’on aime bien tous ce qui est droit bien ordonné carré qui obeit a des regles ou des lois !
                    Sof ke mm si j’ékri d1 manier diférente ou avc pl1 de fote d ORTOGRAPHE lhom saura tjs partagé sé idé d1 mfacon ou d1 otres !
                    Places aux priorités !

                    • Poil à gratter
                      Poil à gratter répond à booms
                      • Posté à 21h10 le 31/05/2011
                      • Internaute 32612

                      Allez en parler aux enfants des cités pour qui la langue est un plafond de verre dans cette société. Votre relativisme bien-pensant est tout sauf de gauche.

                      Et au fait relisez-vous quand vous parlez de l’orthographe (qui n’a rien à voir avec le langage SMS, soit dit en passant).

                      • booms
                        booms répond à Poil à gratter
                        En attente d'un avenir meilleur
                        • Posté à 21h17 le 31/05/2011
                        • Internaute 154104
                          En attente d'un avenir meilleur

                        Vous etes surement la meilleur pour parler de ces choses la

                      • booms
                        booms répond à Poil à gratter
                        En attente d'un avenir meilleur
                        • Posté à 21h17 le 31/05/2011
                        • Internaute 154104
                          En attente d'un avenir meilleur

                        Vous etes surement la meilleur pour parler de ces choses la

                      • booms
                        booms répond à Poil à gratter
                        En attente d'un avenir meilleur
                        • Posté à 21h17 le 31/05/2011
                        • Internaute 154104
                          En attente d'un avenir meilleur

                        Vous etes surement la meilleur pour parler de ces choses la

                  • booms
                    booms répond à Poil à gratter
                    En attente d'un avenir meilleur
                    • Posté à 14h09 le 31/05/2011
                    • Internaute 154104
                      En attente d'un avenir meilleur

                    Selon vous continuons comme sa ! Priorité a l’ortographe ! Savoir écrire correctement est la priorité mondiale ! Nous avons de bel exemple de réussite dans ce moode toutes nos élites politiques, banquiers, les chefs d’entreprises des grands groupes dans le monde et j’en passe savent tous ecrire de belles phrases sans fautes ! Des beaux communiqués de presses ou ils nous disent de facon grammaticalement parfaite « On s’en fout de vos vies ! » Alors c’est sur continuons comme sa c’est vrai que le présent est si proche de la perfection... Des « élites » du peuples sans morale mais qui savent bien ecrire on a déja vu ce que cela donné ! Si on essayé d’éduquer les gens avec une morale commune a tous les êtres humains sur terre plutot qu’une ortographes communes peut etre que les choses évoluerai d’une meilleur facon dans ce monde !
                    Tout en sachant que l’écriture est un outils inventé par l’homme tout comme l’ortographe créer pour surement ordonné tout cela, oui parce qu’on aime bien tous ce qui est droit bien ordonné carré qui obeit a des regles ou des lois !
                    Sof ke mm si j’ékri d1 manier diférente ou avc pl1 de fote d ORTOGRAPHE lhom saura tjs partagé sé idé d1 mfacon ou d1 otres !
                    Places aux priorités !

              • GwendalB
                GwendalB répond à Poil à gratter
                En recherche d'emploi
                • Posté à 22h31 le 02/06/2011
                • Internaute 123915
                  En recherche d'emploi

                Pourquoi systématiquement tout refuser ? Vous dites que l’école ne marche pas tout en refusant (et je suis prêt à parier que c’est de façon systématique) les propositions de changement.

                Pour reprendre votre exemple de l’orthographe : oui, c’est une forme d’abstraction et une discipline impliquant la logique. Partant de là, il me semblerait pas improbable qu’un enseignement « »« philosophique » » » qui facilite le développement d’une pensée logique aie aussi un effet bénéfique sur l’orthographe et les maths...

                Apprendre l’orthographe, la syntaxe et la grammaire uniquement par la récitation des règles n’a aucun sens si on n’a pas l’esprit logique pour les comprendre. Sans cet esprit logique, dès que l’élève n’aura plus de cours réguliers sur le sujet, il perdra tous ses acquis. Il suffit de constater le niveau d’illetrisme en terminale scientifique pour s’en convaincre...

                La formation d’un esprit capable de raisonner, c’est la formation d’un esprit capable de mieux digérer tous les autres enseignements...

                • Poil à gratter
                  • Posté à 07h32 le 03/06/2011
                  • Internaute 32612

                  Votre exemple est contradictoire : s’il y a bien une terminale qui exige de l’esprit logique, c’est la terminale scientifique...

                  Et si vous avez la bonne foi de constater effectivement la baisse du niveau orthographique dans la terminale réputée la meilleure, c’est bien que l’enseignement de l’orthographe est aujourd’hui déficient à l’école et au collège.

                  L’orthographe, c’est, en plus d’un patrimoine historique de notre langue, d’un vecteur d’une culture et d’une compréhension communes, le début de l’apprentissage de l’analyse logique : distinguer classe et fonction, saisir les rapports syntaxiques des mots ou des groupes de mots etc.

                  Il ne s’agit pas de tout refuser : il s’agit de faire le constat des conséquences dramatiques du renoncement actuel à enseigner l’orthographe. Tout est diversion pour le faire oublier, et l’enseignement de la philosophie dès le plus jeune âge en est le dernier avatar.

        • Lictor
          Lictor répond à fredgg84
          informaticien
          • Posté à 16h15 le 30/05/2011
          • Internaute 68450
            informaticien

          Le problème, c’est que pendant que certains décroches, d’autres enfants en primaire apprennent la lecture à l’école, mais aussi à parler, à philosopher, des rudiments de sciences et mathématiques, l’histoire et d’autres choses à la maison...

          De plus, apprendre à lire n’a aucun intérêt en soi. La lecture n’est qu’un outil, qui permet de satisfaire sa curiosité intellectuelle en accédant à une base de connaissance illimité, qui permet de stimuler une imagination fertile en lisant des romans...
          Le problème de la lecture, ça n’est pas l’apprentissage en classe, c’est la pratique dans la vie de tous les jours ! L’école ne fait qu’apprendre des bases. Entre un élève de primaire qui ne lit qu’à l’école et le même élève qui dévore 50 livres par an à la maison, il y aura un écart de niveau considérable !
          Quand j’étais en primaire, je lisais à ce rythme là : du Lovecraft, du Jean Ray, du Asimov, du Arthur C. Clarke... Et des revues comme Science et Vie. C’est là dessus que c’est fait l’essentiel de l’apprentissage de la lecture, par la pratique à raison de plusieurs dizaines de pages par jour. Et quand je suis arrivée au lycée, j’ai commencé à faire la même chose mais en anglais. Et là encore, c’est là plus qu’en classe que c’est fait la maîtrise de la lecture.

          Et ce qui motive un élève à lire, c’est quand la lecture n’est plus un simple exercice ou un devoir scolaire (j’ai toujours détesté faire mes devoirs), mais qu’elle devient un plaisir ou un moyen de satisfaire un désir.
          La philosophie, c’est avant tout l’éveil de la curiosité au monde et l’étincelle qui va donner le désir d’en savoir plus. C’est une fantastique porte pour donner envie de lire !

          Si vous voulez une école républicaine, il va falloir pousser les élèves vers le haut au lieu de chercher à les réduire au plus petit commun dénominateur. Parce que les élèves des classes favorisées (intellectuellement ou financièrement), eux, ne se contentent pas du plus petit commun dénominateur...

        • decodeur
          decodeur répond à fredgg84
          libéral
          • Posté à 17h05 le 30/05/2011
          • Internaute 100449
            libéral

          Je pense que certains vont trouver votre raisonnement trop simpliste . Il faut bien justifier l’augmentation du nombre des enseignants,en évitant d’apprendre aux enfants les fondamentaux.

          • fredgg84
            fredgg84 répond à decodeur
            • Posté à 17h25 le 30/05/2011
            • Internaute 92172

            Slt décodeur,j’ai du faire un rêve prémonitoire cette nuit.J’ai rêvé que
            j’avais un décodeur canalsatellite avec une carte piraté.Je suis sérieux c’est vrai.

          • mewtow
            mewtow répond à decodeur
            • Posté à 18h12 le 30/05/2011
            • Internaute 138470

            On lui dit que d’après des études de la très néolibérale OCDE, on manque d’enseignants en primaire, ou on se tait ?

        • claire_
          claire_ répond à fredgg84
          Obscure
          • Posté à 22h29 le 30/05/2011
          • Internaute 76292
            Obscure

          Générer des discussions et des débats ça peut faire apprécier l’école aux enfants. Et un enfant qui aime l’école réussit mieux...
          En plus dans le concept décrit ici les enfants prennent la parole : ça leur apprend à construire leur discours, à utiliser certaines subtilités du langage, ce qui ne peut que leur être bénéfique.

          Pour reprendre l’exemple du film dont il est fait mention plus haut, une petite fille déclare à un moment « j’aime Abigaëlle mais je ne suis pas amoureuse d’elle ». Je ne m’y connais pas trop en enfants mais je pense que savoir faire ce genre de différences à 5 ans c’est un bon début.

          Bon sinon concernant le film au début je l’avais trouvé génial mais après je me suis quand-même demandé s’il ne remportait pas mon adhésion tout simplement parce que les gosses sont mignons...

        27 autres commentaires
      • RueDeLaPoupéeQuiTousse
        • Posté à 21h43 le 30/05/2011
        • Internaute 34022

        Si je puis me permettre de tempérer un peu votre enthousiasme, le documentaire « Ce n’est qu’un début » est loin d’être excellent, à commencer parce que l’enseignante n’a aucune formation philosophique, ce qui fait que l’atelier en reste le plus souvent à un échange d’opinions spontanées, alors qu’il pourrait être bien plus que cela, un véritable dialogue philosophique. « Ce n’est qu’un début » a quand même le mérite d’exister, et de contribuer un peu à faire découvrir au grand public l’existence des ateliers philosophie pour les enfants sans tomber dans une apologie. Je précise simplement qu’il est important de le regarder en ne réduisant pas la philosophie avec les enfants à ce qu’il en montre, même si c’est enthousiasmant.

        Je précise aussi que si j’évoque cette absence de formation, ou même de culture philosophique, ce n’est pas dans un esprit « élitiste » ou pour prêcher pour une quelconque chapelle mais parce qu’il s’agit d’une véritable question, qui n’est pas trop posée dans l’article. Il est aussi regrettable que l’importance de l’existence des ateliers philosophie dans les autres pays, notamment européens, ne soit même pas évoquée dans l’article.

        Mathieu,
        Philosophe, intervenant de l’association Les p’tits philosophes.

  • Jackblades
    Jackblades
    Elève
    • Posté à 10h39 le 30/05/2011
    • Internaute 157879
      Elève

    Pour ceux qui ont aimé l’article, je conseille le documentaire « Ce n’est qu’un début » qui suit une classe de maternelle sur quelques mois pendant les sessions philosophie.
    Très intéressant !

    Le lien allociné :

    Lien

    • Takkar
      Takkar répond à Jackblades
      Grande gueule et libre penseur (...)
      • Posté à 11h00 le 30/05/2011
      • Internaute 139616
        Grande gueule et libre penseur (...)

      Voici le site du film : Lien

      • kakoulite
        kakoulite répond à Takkar
        Intermediation & Imprecation
        • Posté à 16h23 le 30/05/2011
        • Internaute 126452
          Intermediation & Imprecation

        Maman elle est intelligente parce qu elle ne mets pas le Nutella dans le frigo ! excellent..impossible d’inventer ca !

    • oum-berto
      oum-berto répond à Jackblades
      retraité
      • Posté à 13h23 le 30/05/2011
      • Internaute 154154
        retraité

      Tout à fait d’accord avec toi j’ai vu ce film au cinéma et j’ai adoré : c’est génial de voir les gamins s’approprier les notions telle que la liberté ! Un grand bravo à celles et ceux qui ont participé à l’élaboration de ce film-documentaire !

      • PonG
        PonG répond à oum-berto
        rationaliste fondamentaliste à (...)
        • Posté à 20h16 le 30/05/2011
        • Internaute 14407
          rationaliste fondamentaliste à (...)

        Emballé ! Je n’ai vu que la bande annonce et c’est vraiment touchant.

        C’est décidé, ce soir j’essaie avec les miens. Z’ont intérêt à être incollables sur Zaratoustra sinon je te les déshérite fissa !

    • mona lisa jones
      mona lisa jones répond à Jackblades
      plasticienne
      • Posté à 22h35 le 30/05/2011
      • Internaute 136342
        plasticienne

      merci pour le lien , je n’avais pu voir ce film à sa sortie , les enfants sont des poètes et des philosophes , je les rencontre chaque semaine dans 3 classes de maternelles où je lis des contes et ils sont formidables ! !

  • Herostrate
    Herostrate
    mal barré...
    • Posté à 10h36 le 30/05/2011
    • Internaute 147050
      mal barré...

    « si on enseignait la philosophie » : tout le probleme est dans les termes, car je me suis fait avoir par le titre.

    « enseigner la philo » : cela evoque immanquablement les heures passees a s’ennuyer sur les bancs du lycee, ou des concepts abstraits sont inculques (enfin, le prof essaie...) a des eleves trop jeunes pour s’y interesser - avis personnel uniquement.

    Mais s’il ne s’agit que d’eveil de la pensee, de la reflexion par soi meme, alors c’est sur que ca parait tentant, surtout par les temps qui courent et l’avenement d’une pensee la plus formatee possible, sinon « wesh t’es zarbi ».

    Au dela, j’ai l’impression que le terme « philosophie » en lui meme sert trop souvent de repoussoir. Essayez donc de conseiller un bouquin de philo a des amis... Pourtant, beaucoup sont tres accessibles, et gagneraient a etre plus diffuses. Peut etre qu’il faudrait aussi enseigner aux adultes que la philosophie n’est pas reservee a des vieillards poussiereux.

    • jma14
      jma14 répond à Herostrate
      • Posté à 10h44 le 30/05/2011
      • Internaute 31729

      « conseiller un bouquin de philo a des amis. » Je propose « Cinephilo » de Ollivier Pourriol, idéal pour se réconcilier avec la philosophie.

    • shillom
      shillom répond à Herostrate
      • Posté à 15h24 le 30/05/2011
      • Internaute 22134

      Vous avez absolument raison.
      L’enseignement de la philosophie en France, au lycée, repose beaucoup plus sur l’acquisition de références philosophiques que sur la stimulation de la réflexion. Pourtant, les grands philosophes n’ont jamais cherché à faire de leur réflexion une référence. C’est la qualité de leur réflexion qui l’a imposée comme telle.

      Ne confondons pas penser par soi même, prendre le temps de réfléchir, avec apprendre des concepts.

      Ceci dit, interroger son entourage sur des sujets simples, à la mode socratique, n’est pas forcément évident, car tout le monde n’acceptera pas forcément de voir sa pensée remise en questions...

      • Herostrate
        Herostrate répond à shillom
        mal barré...
        • Posté à 15h47 le 30/05/2011
        • Internaute 147050
          mal barré...

        « Ceci dit, interroger son entourage sur des sujets simples, à la mode socratique, n’est pas forcément évident, car tout le monde n’acceptera pas forcément de voir sa pensée remise en questions... »

        Absolument. Je suis toujours impressionne (ou devrais je dire effare) par le fait que beaucoup se laissent dicter leur comportement et/ou pensee par la pub et le matraquage mediatique, et que dans un meme temps tout « conseil » qui peut leur etre donne est pris comme une attaque personnelle.

        C’est je crois l’aspect de l’antiquite qui fait le plus defaut aujourd’hui : que reflechir soit une chose « bonne » et non pas une perte de temps, et que recevoir des conseils d’amis soit considere comme un service et non une insulte. Enfin, ceci concerne une majorite mais fort heureusement pas la totalite.

      • Lictor
        Lictor répond à shillom
        informaticien
        • Posté à 16h28 le 30/05/2011
        • Internaute 68450
          informaticien

        L’enseignement de la philosophie en France, au lycée, repose beaucoup plus sur l’acquisition de références philosophiques que sur la stimulation de la réflexion.

        Tout à fait, c’est même catastrophique...
        Mais c’est un défaut très général dans l’enseignement français : le but n’est pas de susciter l’autonomie, la créativité ou la réflexion, mais d’emmagasiner des connaissances. Et c’est le cas en philo, mais aussi en français, en sciences, en math, en histoire... Allez donc discuter avec des parents d’élèves étrangers, allemands par exemples, ils sont sidérés, et pas en bien, de la façon dont on enseigne à leurs enfants en France.

        J’ai ainsi dû attendre la licence pour avoir un prof de math russe qui nous dise en examen sur table : « je veux pas de démonstrations, je veux pas de preuves, regardez les questions et intuitez les solutions ». Désarroi général dans la classe...
        Même chose en philo, j’ai jamais autant apprécié que les deux premières années après le bac où nous avions des cours de philo, d’histoire des sciences et de sciences cognitives et cybernétique.

        Ceci dit, interroger son entourage sur des sujets simples, à la mode socratique, n’est pas forcément évident, car tout le monde n’acceptera pas forcément de voir sa pensée remise en questions...

        Justement, je crois que les gamins en primaire sont à un âge idéal pour faire ce genre de chose... A cet âge, la curiosité et le désir d’apprendre sont encore supérieurs au désir de briller en société ou de se conformer...

         
        • mewtow
          mewtow répond à Lictor
          • Posté à 17h04 le 30/05/2011
          • Internaute 138470

          Je tempérerais un peu vos propos : la philosophie est la matière qui me semble la moins touchée par l’accumulation de connaissances et de références. De ce que j’ai vécu dans ma filière technique, c’était rarement ce qui était demandé, même en cours. Mais les échos que j’ai eu sur les cours de philo en filière S me font dire que j’ai du être épargné.

          Sinon, pour al philosophie en primaire, je pense qu’on ferait mieux de ne pas se précipiter. C’est trop tôt ! Il vaudrait mieux commencer à faire de la philosophie en seconde/1ére qu’en primaire, et ce même avec des cours adaptés. A cet age-là, les enfants ne sont pas capables de réfléchir suffisamment pour que ces cours leurs soient profitables, tout sera vite oublié et les gamins risquent surtout de ne pas comprendre ce dont on leur parle ou en tirer des conclusions fausses. A l’adolescence (en fait, à partir de 10-12 ans) , avec l’évolution du cerveau, cette capacité à réfléchir devient de plus en plus développée et utilisable.

          • Lictor
            Lictor répond à mewtow
            informaticien
            • Posté à 17h25 le 30/05/2011
            • Internaute 68450
              informaticien

            En fait, c’est peut-être moins pire en filière scientifique. Globalement, tout le monde se fout de la philo dans ces filières. Du coup, le prof peut se permettre de faire cours pour le premier rang et de ne pas respecter le programme...
            Même chose pour le bac. Je m’étais franchement lâché lors de l’épreuve, je n’avais repris aucune citation, référence ou théorie existantes et je m’étais contenté de réfléchir honnêtement à la question posée. Et j’avais tout de même eu une très bonne note à l’épreuve - parce que globalement, si on sait écrire correctement, faire un plan et aligner ses idées en S, le correcteur est déjà très content !
            Paradoxalement, on peut donc être nettement plus libre en filière S.

            En filières lettre, par contre, le formalisme est beaucoup plus lourd et contraignant. Du coup, la philo devient un exercice très formel et cadré, et en fait assez éloigné de l’idée de penser par soi-même... Et en plus pas forcément très bien enseigné, souvent les littéraires doivent attendre la classe prépa pour réellement aborder l’histoire des idées de manière correcte (je ne sais pas comment ça se passe en fac).

        2 autres commentaires
  • A déménagé le 25.04.2013
    • Posté à 10h39 le 30/05/2011
    • Internaute 150693

    Ce serait déjà bien qu’elle soit pratiquée au lycée.

    Je parle de la philosophie, pas de l’histoire de la philosophie.

    Sinon, tout ce qui rend libre est bon à prendre, le plus tôt possible.

    (sur la photo, Tigibus s’apprête à prendre un coup de gnôle -« c’est bon la goutte ! “- faites-vous un lien entre philo et picole précoce ? : -)

    • ravenblast
      • Posté à 13h04 le 30/05/2011
      • Internaute 142995
        étudiant

      Entièrement d’accord, l’histoire de la philosophie, ce n’est pas la philosophie.

      Raison pour laquelle j’ai toujours trouvé que les programmes mis en place par Luc Ferry et consort étaient de gigantesques âneries. Réduire « l’amour de la pensée » à un catalogue détaillé de penseurs me paraît une régression très dangereuse.

      Certes, la pensée d’un autre peut enrichir sa propre pensée, c’est même à cela qu’elle devrait servir, mais elle ne doit jamais être une fin en soi, toujours un moyen. Cet article m’a plu sinon. Pas assez creusé, mais le sujet est peut-être trop passionnant...

    • algiedi
      • Posté à 13h51 le 30/05/2011
      • Internaute 89961
        Cuistre

      D’accord également.

      C’est bien beau de balancer de l’espace de discussion et de l’apprendre à penser par soi-même mais jusqu’à présent l’enseignement de la philosophie s’est borné à du bête bachottage - et gare à qui ose vouloir débattre ! On n’a pas le temps, c’est pas dans l’programme.

      Donc si c’est pour apprendre aux marmots que « penser par soi-même » c’est d’abord « répéter par coeur ce que le dernier a dit », sans façons. Cette leçon sera intégrée par d’autres moyens bien assez tôt.

    • boboétie
      • Posté à 14h38 le 30/05/2011
      • Internaute 2816

      « Tigibus s’apprête à prendre un coup de gnôle -“c’est bon la goutte ! ‘- faites-vous un lien entre philo et picole précoce ?’
      C’est évident, ce lien. L’ivresse de l’esprit qui vole tout à coup de ses propres ailes a presque toujours besoin d’un stimulant extérieur (une autre petite ivresse, quoi !)... ce peut être un morceau de sucre, une bouffée d’air frais, la découverte d’un immense horizon comme la voûte étoilée, ou un sourire énigmatique...
      De buveurs d’eau dans un cadre ‘clean’, il ne faut rien attendre, sinon des normes Isoso...

    • Lictor
      Lictor répond à A déménagé le 25.04.2013
      informaticien
      • Posté à 17h00 le 30/05/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      Et encore, l’enseignement de la philo, c’est pas ce qu’il y a de pire...

      Si vous voulez vraiment vous désoler, je vous conseille de vous pencher sur les cours de théâtre (options lourdes comme légères) au lycée... Je passe sur l’indigence matérielle : avoir des projos ou une sono est déjà un privilège, dans beaucoup de lycée, c’est système D et récupération. De même, avoir des intervenants extérieurs toute l’année (des vrais metteurs en scènes et acteurs) est un luxe.
      Mais le drame, c’est vraiment la philosophie d’enseignement dans ces filières : le but d’après le rectorat n’est pas de faire jouer les élèves dans de vraies mises en scènes, mais de leur faire faire du théâtre par écrit, où tous les aspects liés au corps de l’acteur ou à la scénographie sont accessoires. Du coup, les élèves qui se destinent vraiment à une carrière dans ces métiers doivent cumuler l’option lourde et légère *et* prendre des cours payants en dehors du lycée où ils apprendront réellement le métier...

  • jma14
    • Posté à 10h41 le 30/05/2011
    • Internaute 31729

    Je ne sais pas s’il faut commencer aussi tôt, mais l’idée est plus que bonne de commencer le plus tôt possible. Toutes les « nouvelles méthodes pédagogique » soient disantes révolutionnaires ont échoué, il serait temps de revenir aux fondamentaux qui ont été dessinés par nos plus grands philosophes.

    Nous aurons peut-être pour la prochaine génération des êtres pensants ayant de meilleur définition de mot que nous comme sur la morale, l’éthique, la démocratie...

    Cultivons l’entendement, ça c’est un vrai programme politique, une vrai vision.

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