16/03/2011 à 10h59

Et si on redynamisait nos villages grâce au travail d'handicapés ?

Noël Bouttier | Journaliste


Le village de Mézin (Noël Bouttier).

Très souvent, pour faire rebondir un territoire rural gagné par la désertification et la désespérance, les élus misent sur l’arrivée d’une entreprise ou la création d’un événement culturel (festival...). Mais le miracle n’est pas toujours au rendez-vous des efforts.

A Mézin, village de 1 500 habitants dans le Lot-et-Garonne, aux confins du Gers et des Landes, un choix tout à fait original a été fait : implanter des activités utiles à la population employant des travailleurs handicapés. Et depuis une quinzaine d’années, ça marche !

L’idée

Tout commence en 1988 : un habitant exprime le souhait de verser une somme importante afin de rénover l’ancien monastère du XVIIe siècle à l’abandon. Seule condition posée par ce généreux donateur : le lieu doit servir aux enfants ou aux personnes âgées.


Le monastère rénové de Mézin (Noël Bouttier).

Le maire de cette commune qui a vu naître Armand Fallière, ancien président de la la IIIe République, est un peu embêté car Mézin compte déjà une maison de retraite et un ensemble scolaire. Il contacte alors Alain-Paul Perrou, un enfant du pays, parti sur les routes de France pour sa carrière d’éducateur spécialisé. Après réflexion, celui-ci propose un scénario tout à fait original : installer des personnes souffrant de problèmes psychiques autour d’activités permettant de revitaliser le village.

Reste à convaincre la population que ce n’est pas une idée de fou.

La mise en pratique

Pendant cinq ans, parallèlement à son travail de directeur d’établissement en Touraine, Alain-Paul Perrou prend son bâton de pèlerin. Les craintes se sont, en effet, répandues comme une trainée de poudre.

« Au tout début », se souvient M. Germain, chef d’une entreprise moyenne de menuiserie intérieure, « on a vu fleurir quelques graffitis sur les murs : “Les neuneus dehors !” Mais ça n’a pas duré longtemps. » Vis-à-vis des autorités de tutelle, le projet est plutôt bien accueilli car il s’inscrit dans la volonté de faire sortir les malades stabilisés des hôpitaux psychiatriques.

En 1993, l’Esat (établissement et services d’aide par le travail, ex-CAT) se constitue enfin, avec trois travailleurs handicapés et un encadrant.

« Nous avons acheté une tondeuse et des seaux pour faire des travaux chez les particuliers, loué un gîte pour l’hébergement. L’idée, c’était d’avancer à dose homéopathique », explique son directeur. Rapidement, des activités nouvelles voient le jour au cœur du village.


La cordonnerie de Mézin (Noël Bouttier).

Une cordonnerie fermée rouvre. Une blanchisserie démarre son activité.

« Nous traitons aujourd’hui 600 kg chaque jour grâce à un système de ramassage notamment du linge de six maisons de retraite. »


La blanchisserie de Mézin (Noël Bouttier).

D’autres personnes sont embauchées pour s’occuper des espaces verts ou faire des travaux chez les particuliers. « L’idée est de prendre en charge des activités qui ne sont pas assumées localement, jamais de faire de la concurrence à des artisans », précise Perrou.

L’emploi de personnes en souffrance n’est pas un long fleuve tranquille. Que faire quand les travailleurs décompressent ? Les renvoyer en établissement psy ? Après quelques années de fonctionnement, une brocante ouvre ses portes. A la différence des six autres ateliers de l’Esat, celle-ci n’est pas soumise à des objectifs de production (l’encadrant est payé par l’Etat). « Pour éviter dans la mesure du possible une hospitalisation, signe d’un échec, nous avons pensé que cette boutique pouvait être un lieu qui restaure autant les objets que les hommes », explique le directeur.

Mais restait tout de même à héberger les soixante travailleurs de l’Esat. Au fil des années, de nombreuses maisons du bourg avaient fermé leurs volets. L’office HLM se mobilise pour redonner vie à de vieilles pierres. De nombreux salariés de l’Esat trouvent ainsi un logement individuel au cœur du village.

Pour ceux qui ne peuvent pas vivre de façon autonome, deux petites résidences sont aménagées conciliant espaces privatifs et présence d’éducateurs. « La maison en face de chez moi allait s’écrouler. Maintenant, j’ai des voisins qui sont devenus des amis », se félicite un ancien boulanger.

Ce qu’il reste à faire

Aujourd’hui, l’Esat tente d’intégrer certains salariés dans le tissu économique grâce à des conventions avec des entreprises. Pas simple. « Non seulement il faut leur trouver des postes adaptés, lutter contre les phénomènes de rejet d’une partie du personnel, mais accompagner ces personnes pour qu’elles assument un changement de statut qui est une source de stress », estime M. Germain, très volontaire dans cette expérience.

Cette mobilisation s’avère payante. Au dernier recensement, la commune de Mézin est repassée au-dessus de la barre des 1 500 habitants. La vie associative a été également boostée par la présence de l’Esat qui, sur un budget de près trois millions d’euros, réinvestit directement plus de 200 000 euros dans la commune (achats divers, loyers...). Plus difficile à mesurer, le regard sur les « fous » commence à évoluer. Un enseignant communiste à la retraite sourit :

« Vous savez, les gens qui se disent normaux se révèlent souvent moins recommandables que la plupart des personnes de l’Esat, sensibles et reconnaissantes. »

Photos : le village de Mézin ; le monastère rénové ; la cordonnerie ; la blanchisserie (Noël Bouttier).

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  • MargoZ
    MargoZ
    pour la paix
    • Posté à 11h14 le 16/03/2011
    • Internaute 143988
      pour la paix

    Faudrait faire la même chose avec les gens qui se contentent de vivre avec le RSA... Rien de tel qu’un travail (mi-temps ?) pour se re-socialiser. Trop dur à gérer ? Allons donc, au moins ces gens n’auraient plus la culpabilité de dépendre de l’état.

    • Tassin
      Tassin répond à MargoZ
      Inquiet
      • Posté à 11h25 le 16/03/2011
      • Internaute 70606
        Inquiet

      Parce que vous pensez que les personnes qui vivent du RSA sont inactives ?

      • MargoZ
        MargoZ répond à Tassin
        pour la paix
        • Posté à 11h32 le 16/03/2011
        • Internaute 143988
          pour la paix

        Tout le monde sait que chercher du travail prend beaucoup de temps, mais laisser le choix de reprendre une activité salariée serait tout de même mieux que de rester à la maison à recevoir des réponses négatives, non ?

         
        • Tassin
          Tassin répond à MargoZ
          Inquiet
          • Posté à 11h35 le 16/03/2011
          • Internaute 70606
            Inquiet

          Parce que vous pensez que les personnes au RSA se contentent de rester à la maison à recevoir des réponses négatives ?

          Beaucoup en profitent pour passer plus de temps avec leur famille et faire du bénévolat !

          C’est quand même plus noble que de bosser chez MacDo, Dassault ou Veolia non ?

          • MargoZ
            MargoZ répond à Tassin
            pour la paix
            • Posté à 11h50 le 16/03/2011
            • Internaute 143988
              pour la paix

            Je pense que la majeur partie des gens titulaire du RSA ne font pas du bénévolat :).

            Il s’agirait là de proposer une activité professionnelle, qui ne viendrait pas concurrencer les emplois privés comme vous semblez l’indiquez.

            Pendant les horaires de travail ou d’école, la famille peut se passer du titulaire du RSA, non ?

            • emiboot
              emiboot répond à MargoZ
              No Homs land
              • Posté à 12h43 le 16/03/2011
              • Internaute 81944
                No Homs land

              Margoz, bonne idée, mais prend en compte aussi que la population en France la moins scolarisé, la plus au chômage et la plus précaire (dans tous les sens du terme) sont les handi et ceux qui ont un dossier psy. Ils ne touchent pas forcément le rsa mais un genre d’équivalent.

            • kimka
              kimka répond à MargoZ
              Super Héro
              • Posté à 13h18 le 16/03/2011
              • Internaute 138439
                Super Héro

              Pour info, RSA ne veut pas dire RMI !

              On peut très bien toucher le RSA en plus d’un travail a mi temps ou payer le smic !

              Faudrais vous renseigner ! la loi a changée !

            • kimka
              kimka répond à MargoZ
              Super Héro
              • Posté à 13h18 le 16/03/2011
              • Internaute 138439
                Super Héro

              Pour info, RSA ne veut pas dire RMI !

              On peut très bien toucher le RSA en plus d’un travail a mi temps ou payer le smic !

              Faudrais vous renseigner ! la loi a changée !

            • abns
              abns répond à MargoZ
              • Posté à 13h18 le 16/03/2011
              • Internaute 101879

              C’est très gentil comme idée, mais quel travail vous voulez leur faire faire ?

              Évidemment pas « leur » travail, celui pour lequel ils sont formés, compétents, où ils ont de l’expérience, puisque c’est ce qu’ils cherchent et qu’ils ne trouvent pas, si vous aviez des postes à distribuer dans ce domaine on peut supposer qu’ils retravailleraient déjà.

              Donc un travail pour lequel ils ne sont pas qualifiés. Le votre ? Non, évidemment, vous avez beau être gentille et vouloir leur bien, faut pas pousser, hein, vous n’allez pas non plus échanger votre place avec la leur. Ni votre voisin, d’ailleurs, ni, à vrai dire, aucun actif en poste.

              Bien.
              Donc un travail pour lequel ils ne sont pas qualifiés, et pour lequel personne n’est qualifié, sinon le poste serait déjà occupé.
              En fait, ce qu’on cherche, c’est même un « travail » que personne ne fait, pour être tranquille.

              Ah mais oui, mais non. Parce que si personne n’est payé pour aujourd’hui, c’est soit que personne ne veut payer pour que quelqu’un fasse ce travail (du moins, payer suffisamment pour permettre de survivre), soit que personne ne veut le faire.

              En gros, le genre de travail qu’on préfère faire faire en Chine, les pieds dans le mercure, les mains dans le benzène, avec quelques mois d’espérance de vie. Sauf que ça ne s’appelle plus du « travail », mais du travail forcé, voire de l’esclavage, pour ne pas dire le bagne.

              Alors bien sur, on peut imaginer de créer des emplois « corrects », mais sous-payés. Faire du secrétariat dans des associations, de l’accueil dans les hôpitaux, de la surveillance dans les cours d’école...
              En gros, les fameux postes qu’on devait attribuer aux jeunes volontaires pour le service civil, rétribués au niveau du RSA. Dont l’Etat indique lui même qu’il n’a pas l’intention de les fournir, ou en tout cas en quantité dérisoire par rapport à ses engagements. Et dont on sait aujourd’hui qu’en pratique ils servent surtout à remplacer des postes réels, qui étaient pourvus et rétribués selon les modalités d’un emploi « classique ».

              Bref, un bien bonne idée généreuse, mais encore faudrait-il

              - soit accepter de payer le surcoût (puisque bien évidemment, vous n’avez pas l’intention de demander à quelqu’un de financer lui même les coûts de déplacements et de restauration induits par son « emploi » tout en continuant à ne le payer que 400 et quelques euros par mois, non ?), ce qui, malheureusement, semble généralement faire vite changer d’avis les gens qui proposent un peu -trop- rapidement la même chose que vous.

              - soit revendiquer ouvertement le retour au STO (ou au « bagne pour mendicité », si vous préférez, épargnez moi le point Godwin mal placé), ce à quoi j’espère vous vous joindrez à moi pour s’y opposer.

              • Nysos
                Nysos répond à abns
                informaticien
                • Posté à 13h41 le 16/03/2011
                • Internaute 61865
                  informaticien

                Correct ! ! !

                Revendiquons les 32 heures hebdomadaires ! ! !
                Ou bien, soyons révolutionnaires : les 28 heures ! ! !

                Cela fera de la place pour les personnes « en trop » - qui ne sont plus nécessaires pour la production de richesses, dans la plus pure pensée néolibérale - et permettra à tout le monde de vivre plutôt que de succomber au stress...

                • alexandre libr
                  alexandre libr répond à Nysos
                  'pataphysicien
                  • Posté à 14h52 le 16/03/2011
                  • Internaute 106514
                    'pataphysicien

                  les 20h maintenant, et le bac a 15ans !

                • Les Grands Champs
                  Les Grands Champs répond à Nysos
                  Retraité, le doigt là où ça (...)
                  • Posté à 19h53 le 16/03/2011
                  • Internaute 61722
                    Retraité, le doigt là où ça (...)

                  Vous êtes fait mettre avec les 35 h tout en produisant 39 h ne vous à pas suffit ?
                  Je connais beaucoup d’ouvriers qui sont sur les genoux avec cette combine qui permet aux employeurs de continuer de toucher des compensations (où autre nom) !
                  J’ai eu à faire en 12 min ce que je devais faire en 15, belle avancé pour la cadence.

              • Moorice
                Moorice répond à abns
                assis
                • Posté à 13h47 le 16/03/2011
                • Internaute 112628
                  assis

                je vous trouve très braqué contre l’idée de margoz, qui n’est pas mauvaise

                en commentaire aux votres qui ne sont pas moins sensés :
                - dans les villages et petites villes en voix de désertification, des logements sont vacants et à moindre couts, ainsi les problèmes de couts de déplacement que vous évoquiez seraient en partie résolu. D’ailleurs de nombreuses communes proposent un logement gratuit sur une certaine période (jusqu’à 5ans j’ai entendu) pour peu qu’une personne reprenne un commerce ainsi que des subventions et/ou des emprunts à taux très faibles pour commencer l’activité.
                - pour ce qui est du travail mal payé, le mal payé dans ces communes est largement compensé par un cout de la vie très bas en comparaison des grandes villes (et je ne parle même pas du bassin parisien)
                - quand au travail que personne ne veut, c’est bien un caprice d’occidental gâté, parce que le choix est entre un bon travail inexistant et du taf. En France le RMI n’est plus seulement un soutien fondamental aux nécessiteux mais pour certains une rémunération facile dont les plus malins multiplie comme des pains.

                • abns
                  abns répond à Moorice
                  • Posté à 14h40 le 16/03/2011
                  • Internaute 101879

                  J’ai rien contre Margoz, hein, c’est juste que ça me fatigue un peu d’entendre ressasser que les chômeurs/RMIstes/RSAistes devraient être mis au boulot de force, sans salaire correct.

                  Il y a des maisons à l’abandon à la campagne ? Super, donc vous proposez quoi, délocaliser de force les gens ? T’as pas de boulot ? Allez zou, monte dans le bus, dis aurevoir à tes proches (pardon, adieu, parce qu’avec 400 € par mois, t’es pas prêt de te payer le billet de train pour aller les voir le week-end), et va balayer les feuilles dans l’Ardèche.

                  Des communes prêtent un logement quand on reprend un commerce ? Oui, c’est bien, c’est une démarche que j’applaudis des deux mains, sauf que ce n’est pas de « nombreuses » communes, et que si vous regardez bien, c’est pour faire revenir des « métiers » spécialisés, qui ne peuvent pas être pourvus dans le village par faute de compétences spécifiques (boulangers, médecins, etc.), pas vraiment le genre de postes dont on parle ici.

                  Concernant le coût de la vie inférieur dans ces communes, on revient au premier point. Vous êtes au chômage, au RSA ? Allez hop, vous n’avez plus le droit de vivre là où vous êtes, vous devez partir à la campagne, vous couterez moins cher.

                  Quand au caprice d’occidental gâté, il y a sans doute une part de vrai, après tout, on pourrait considérer que ce n’est pas parce que tu as un Bac+5 et un prêt étudiant à rembourser que tu ne peux pas accepter un poste de dame-pipi à 500 € par mois. Mais c’est un peu vite évacuer le fait que c’est aussi en grande partie l’ensemble de la société qui ne veut plus de ces formes de travail. Rappelez vous le débat d’il y a quelques années, en plein « scandale Nike », où certains nous expliquaient qu’il ne fallait pas trop critiquer le travail des enfants parce que « dans ces pays là, un gamin qui bosse, c’est une famille qui mange ». Ben oui, mais nous, en France, on ne veut plus envoyer les gamins à la mine. C’est pas les enfants qui rechignent, hein, c’est bien l’ensemble de la société.
                  C’est la même idée.
                  Il y a tout un tas de métiers dont on veut plus, parce qu’on n’a aucune envie de voir un jour nos enfants s’y retrouver.
                  Ou plus exactement, il y a tout un tas de métiers qu’on ne veut plus voir effectuer *dans les conditions permettant un bas coût*. Pour tout un tas de raisons (morales, mais aussi et surtout économiques, ne serait-ce que le coût en terme de santé publique, et donc le coût pour la Sécu), on veut que les gens effectuant ces métiers soient mieux formés, plus compétents, spécialisés, équipés, etc... ce qui entraine, de facto, la nécessité de mieux rémunérer.
                  Après tout, on pourrait revenir à des infirmières bénévoles, ça occuperait les mères de famille au chômage et ça résoudrait le problème de la pénurie, non ? Ah, oui, mais non, il faudrait quand même qu’elles fassent un minimum d’études, qu’elles soient formées, qu’elles aient des connaissances, qu’elles soient équipées pour répondre à des normes d’hygiène, qu’elles soient d’astreinte pour quand on a besoin d’elles au milieu de la nuit, qu’elles se déplacent chez moi parce que quand je suis malade je n’ai pas envie d’aller au dispensaire ... vous croyez que c’est possible pour 400 € par mois ? Je ne parle même pas de « morale », je parle juste de possibilité matérielle. C’est faisable, vraiment ?
                  Il y a quand même un moment où il faut assumer le coût de ses exigences, non ?

              • kazzzimodo
                kazzzimodo répond à abns
                la mort et les taxes ! !
                • Posté à 15h00 le 16/03/2011
                • Internaute 123059
                  la mort et les taxes ! !

                merci...

              • MargoZ
                MargoZ répond à abns
                pour la paix
                • Posté à 16h18 le 16/03/2011
                • Internaute 143988
                  pour la paix

                Bonjour, je trouve votre raisonnement difficile à suivre : comment passez-vous d’une activité à temps partiel au travail dont personne n’a les compétences ?

                Ce que je propose part du principe où l’on ferait appel à diverses expertises afin de créer une structure presqu’auto-gérée à partir des gens qui touchent le RSA + complément de paye en fonction des activités, des résultats... Il y a des tas de secteurs sur lesquels il n’y a pas assez d’argent pour embaucher des employés, demandez toujours autour de vous...

                • abns
                  abns répond à MargoZ
                  • Posté à 15h21 le 17/03/2011
                  • Internaute 101879

                  Ahhh, la création de « structure presqu’auto-gérée », ça, c’est autre chose. Ca veut dire un emploi, et un salaire.
                  A vrai dire, c’est même une piste dont je ne comprends pas qu’elle n’ait jamais été vraiment étudiée : pourquoi ne pas proposer un accompagnement à la création d’entreprise *groupée* ?
                  Quand on a 3 maçons, 2 peintres, 1 électricien, 1 comptable qui pointent à la même agence Pôle Emploi, on peut effectivement envisager de leur proposer (proposer, hein, pas pousser à marche forcée comme on fait actuellement avec cette trappe à chômage qu’est l’auto-entrepreneuriat) de se réunir pour créer leur propre entreprise.
                  Encore faudrait-il que ce soit accompagné (on peut imaginer que les démarches administratives soient effectuées par Pôle Emploi ?), voire aidé (la plupart des gens n’ayant pas les moyens financiers d’apporter le capital de départ nécessaire, on peut imaginer un mécanisme du même type que le PTZ, soit un prêt à taux zéro garanti par l’Etat).
                  Et ceci, évidemment, encore une fois, à condition de ne pas forcer la main à des gens qui ne se sentent pas d’être leur propre patron.
                  De la même manière que j’ai toujours été à mon compte parce que l’idée d’avoir un patron m’insupporte, il me semble évident que certains se sentent (et soient réellement) plus adaptés ou plus attirés par un emploi salarié, et je ne vois pas pour quelle raison il faudrait les sanctionner pour autant, encore moins les forcer.

                  « Il y a des tas de secteurs sur lesquels il n’y a pas assez d’argent pour embaucher des employés, demandez toujours autour de vous... »

                  Ah ben voila, vous y revenez.

                  (Au passage, je ne comprends pas trop cette idée de « pas assez d’argent pour embaucher ». Les entreprises n’embauchent pas « parce qu’il y a assez d’argent » pour le faire, sinon Total et France Télécom règleraient le problème du chômage en France à elles seules dans la semaine.
                  J’ai été harcelé, a priori comme tous les autres chefs d’entreprises de TPE, par les publicités du gouvernement qui tenait absolument à me rappeler que si je voulais embaucher un premier salarié, c’était gratuit, entre part du salaire prise en charge, exonération de charges, réductions d’impôts et subventions, c’est tout juste si on ne me payait pas pour avoir un salarié. Oui, et après ? J’en fait quoi ? J’ai rien à lui faire faire, je lui dit de rester chez lui jouer au démineur, toucher son Smic (attention, pas plus, hein, si je le paye au Smic on me subventionne, mais si je veux l’augmenter on me coupe les aides, faut pas pousser non plus, faudrait pas qu’il mange trop bien), pendant que j’encaisse les subventions ?
                  En l’occurrence, c’est pas un problème d’argent, puisqu’on me « l’offre », le salarié...

                  Et puis il est bien connu que c’est parce que les grandes entreprises sont fauchées comme les blés qu’elle tournent avec jusqu’à 15% de stagiaires suivant les secteurs, n’est-ce pas ?
                  Fin de la digression)

                  De deux choses l’une :

                  - soit vous proposez des les affecter à des tâches utiles à la société, en complétant leur RSA par une rémunération amenant leur revenu au moins au niveau d’un salaire minimum, et alors il me semble beaucoup plus simple (et cohérent), à coût égal pour l’Etat et à revenu égal pour eux, de les rémunérer directement à un niveau correct et de les sortir du RSA, non ? En gros, il faut alors ouvrir des postes dans la fonction publique...

                  - soit vous considérez que puisqu’ils ne trouvent pas d’emploi rémunéré, alors il n’y a qu’à les faire travailler gratuitement, ça les occupera, et là, désolé, mais on en revient bien à la réponse précédente, c’est le retour des travaux forcés pour mendicité.

              • admirateur-
                admirateur- répond à abns
                • Posté à 20h22 le 16/03/2011
                • Internaute 32111

                Une bonne idée généreuse, vous êtes bien bon avec l’auteur !
                Mettre les pauvres hors de vue des riches, c’est le but de ce genre de proposition. Consciemment ou inconsciemment. Pour le bien des pauvres bien sûr. Cf Aznaour : la misère est plus belle au soleil...

              • Mme Moi
                Mme Moi répond à abns
                • Posté à 10h17 le 17/03/2011
                • Internaute 128324

                Bravo, je n’aurais pas mieux dit ! ! !

            • Gremeline
              Gremeline répond à MargoZ
              Etudiante/Salariée
              • Posté à 14h29 le 16/03/2011
              • Internaute 98344
                Etudiante/Salariée

              Vous pensez mal.
              Je suis bénévole dans une association, je ne touche pas le rsa, mais nombre de mes collègues bénévoles font partis de ceux qui le touchent.
              Certains d’entre eux sont parfois bénévoles et bénéficiaires.
              Donc non les gens qui touchent le RSA ne sont pas des inactifs incapables.
              Les clichés ont la vie dure.

              • MargoZ
                MargoZ répond à Gremeline
                pour la paix
                • Posté à 16h21 le 16/03/2011
                • Internaute 143988
                  pour la paix

                Pour une étudiante, je trouve que vous manquez de tolérance !
                En quoi mon raisonnement vous permet-il de dire que je pense mal ?

                Et puis cessez donc de démontrer par l’exemple, évidemment qu’il existe une minorité de bénévoles qui touchent le RSA, mais d’ici à en faire une généralité, là il y a erreur...

                • Gremeline
                  Gremeline répond à MargoZ
                  Etudiante/Salariée
                  • Posté à 15h15 le 17/03/2011
                  • Internaute 98344
                    Etudiante/Salariée

                  « Je pense que la majeur partie des gens titulaire du RSA ne font pas du bénévolat :). »

                  Vous affirmez quelque chose que « vous pensez » sans pour autant savoir de quoi vous parlez.
                  C’est vrai je démontre par l’exemple, quelle erreur !
                  Mais vous, vous démontrez par quoi ?
                  Connaissez vous beaucoup de gens au RSA ? êtes vous immergé dans le monde du bénévolat ?

                  Ce n’est pas une question de tolérance ou pas. C’est juste qu’affirmer des « je pense » à tort ou à travers sans avoir d’exemple concret sous la main c’est mal.
                  D’où le : vous pensez mal.
                  On peut aussi penser que la terre est plate.
                  Ou que le soleil tourne autour de la terre.

            • louverebelle
              louverebelle répond à MargoZ
              parent d'enfant autiste
              • Posté à 18h33 le 17/03/2011
              • Internaute 114864
                parent d'enfant autiste

              Qu’est ce que vous en savez vous des gens qui sont au RSA ? ? ? ? vous allez vous la faire l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours ? ça devient chiant ces dérives systématiques, dès qu’on parle argent, allocations et autres, on ne peut pas s’empêcher de lire des inepties de gens avides et envieux qui voudraient toucher le « pactole » qu’ils croient qu’on touche au RSA et autres minima sociaux....et qui ont trop peur d’oser ! Déjà faudrait oser changer la direction de votre vie si elle vous pèse....encore faut il en avoir dans le pantalon....Et non ma tite dame, c’est pas que pour les hommes le cran ! ; -)

              Vous avez des enfants ? Vous êtes seule à les élever ? Et se « passer du titulaire du RSA »....ça ne veut rien dire. A moins que vous ne viviez avec une personne qui touche le RSA et que vous vouliez vous débarrasser de lui en le jetant à la rue....

        • Ginette Bouzigue
          Ginette Bouzigue répond à MargoZ
          concierge dans l'escalier
          • Posté à 14h34 le 16/03/2011
          • Internaute 102660
            concierge dans l'escalier

          J’espère qu’un jour, vous vous retrouverez au RSA, pour comprendre ce que ça fait !

          • MargoZ
            MargoZ répond à Ginette Bouzigue
            pour la paix
            • Posté à 16h23 le 16/03/2011
            • Internaute 143988
              pour la paix

            Inutile d’avoir à toucher le feu pour savoir que ça brûle. On ne peut pas souhaiter une telle chose à quiconque... Néanmoins, si je me retrouvais dans cette situation, je viendrais témoigner, promis...

            • louverebelle
              louverebelle répond à MargoZ
              parent d'enfant autiste
              • Posté à 17h47 le 16/03/2011
              • Internaute 114864
                parent d'enfant autiste

              Oh... Marguerite....descend de ton pré ! ! ! ! Je peux en parler du RSA...ça complète les allocations de ma gosse qui est autiste. Je ne PEUX pas travailler car on refuse de scolariser ma fille à temps plein....elle cumule un emploi du temps inhumain (entre le centre de soins qui charge la mule....mais on n’a pas le choix..) et moi je dois l’accompagner dans tout ça. Pas le choix !

              Le seul truc qu’on m’ait proposé au RMI....ah le bon vieux temps du RMI qui me faisait marrer...car c’est tout sauf un revenu et tout sauf un revenu d’intégration et le seul truc de vrai dedans c’est MINIMUM ! Je peux vous dire que je suis loin d’être inactive....en plus de mon rôle de mère, je fais du bénévolat et j’aide les personnes dans leurs démarches administratives, je fais de la couture, je cuisine (je fais tout moi même, je n’achète aucun produit fini), je fais de la mosaïque, j’écris aussi...on m’a souvent demandé quand je reprendrais le boulot....j’ai dit « lequel ? » Ben oui....j’en ai pas qu’un j’en ai plusieurs ! Mon problème c’est pas de ne savoir m’occuper....c’est de savoir où je caserais un emploi...ah j’oubliais ce qu’on m’a proposé au RMI....devant l’émotion du terme rappelé à mon bon souvenir....une formation pour l’alphabétisation ! Pas pour aider les personnes analphabètes à écrire, non....comme si forcément les RMIstes et autres à minima sociaux étaient forcément déficients intellectuels...et lorsque j’ai demandé à faire une formation rémunérée par le GRETA, une formation proposée par une école très réputée en architecture et décoration...qui coûtait 2000 euros....on m’a répondu que je ne pouvais pas obtenir d’aide pour le financement car je dépasse le quotient familial (oui...les allocations de ma fille sont prises en compte pour le calcul des revenus, même s’ils servent aux frais pour le handicap).

              Alors, remettez vos œillères et bonne chance pour 2012....vous aurez du mal à vous décider entre Marine Le Pen et Sarko bis le retour !

            • Ginette Bouzigue
              Ginette Bouzigue répond à MargoZ
              concierge dans l'escalier
              • Posté à 02h41 le 17/03/2011
              • Internaute 102660
                concierge dans l'escalier

              « On ne peut pas souhaiter une telle chose à quiconque » ! Quelle honte, la pauvreté, mon dieu ! ! Chochotte, va ! !
              J’y suis au RSA, alors fermes ta bouche.

              • louverebelle
                louverebelle répond à Ginette Bouzigue
                parent d'enfant autiste
                • Posté à 18h39 le 17/03/2011
                • Internaute 114864
                  parent d'enfant autiste

                Oh ouais dis donc....et puis faut faire gaffe avec les pauvres, ils sont peut être contagieux....ahahahahaha ! Moi aussi RSA soldé....avant c’était le RMI, bon, ça leur prend comme ça de changer les appellations...faut bien qu’ils passent le temps ces pauvres bureaucrates poussiéreux à force de moisir dans leurs bureaux !

        25 autres commentaires
      • louverebelle
        louverebelle répond à Tassin
        parent d'enfant autiste
        • Posté à 17h36 le 16/03/2011
        • Internaute 114864
          parent d'enfant autiste

        Oui, les oeillères ont encore le vent en poupe !

    • kazzzimodo
      kazzzimodo répond à MargoZ
      la mort et les taxes ! !
      • Posté à 14h55 le 16/03/2011
      • Internaute 123059
        la mort et les taxes ! !

      Et si on reprenait le pouvoir au lieu de donner d’infimes petits coups d’épée dans l’eau ? ?

      sinon, « ces gens-là » (dit comme ça, ça s’appelle du mépris ! !) ne dépendent pas de l’état mais sont plutôt les conséquences de la politique de l’état ! ! !

      • MargoZ
        MargoZ répond à kazzzimodo
        pour la paix
        • Posté à 16h25 le 16/03/2011
        • Internaute 143988
          pour la paix

        La reprise du pouvoir est un bon point, on doit se rassembler pour donner l’énergie d’appliquer les réformes que notre chef d’état n’a pas réussi à faire à cause d’un pouvoir établi de privilégiés qui savent mettre les bâtons dans les roues pour s’opposer au changement...

      • louverebelle
        louverebelle répond à kazzzimodo
        parent d'enfant autiste
        • Posté à 18h06 le 16/03/2011
        • Internaute 114864
          parent d'enfant autiste

        Oui, les conséquences....j’aime bien ! Etant RMIste et RSAiste depuis 2000....ça se fête.....j’adore lire les commentaires navrants sur les assistés...dont je fais partie. Je ne suis même plus émue, j’en ris à gorge déployée ! Un de mes amis disait « je tiens à rester un boulet pour cette société ! » Il est vraiment délicieusement sarcastique ! Le système dans lequel nous vivons n’encourage ni ceux qui ont du talent mais pas d’argent pour se lancer...on décourage les gens plus qu’on ne les encourage à créer une entreprise ou même à créer (courts et longs métrages, écriture, oeuvres artistiques en général....l’artisanat, pareil, c’est très dur de s’en sortir...)...De toute façon, ce pays se dépouille de ses richesses....c’est normal que les gens profitent du système pour s’en sortir et faire ce qu’ils aiment, il faut bien qu’ils vivent vu que c’est dur de percer lorsqu’on sait faire quelque chose...et ceux qui n’ont rien dans la vie qui les fait vibrer....bossent et se plaignent et louchent sur ceux qui sont « assistés » en les critiquant...mais le système est là pour aider ces personnes à ne voir que leur intérêt...dans un pays comme le notre....nous avons pourtant tout pour être enviés d’autres pays moins bien lotis que nous...et les gens préfèrent encore élire des pilleurs de biens publics ! Alors normal...pendant que certains bavent toute leur bêtise sur les faux assistés, ils sont trop occupés à ne pas voir que les plus grands assistés et richement....en plus...puisque grâce à vos salaires qu’ils peuvent se permettre de payer l’ISF....et encore, ça va bientôt disparaitre !

    • alexandre libr
      alexandre libr répond à MargoZ
      'pataphysicien
      • Posté à 14h56 le 16/03/2011
      • Internaute 106514
        'pataphysicien

      sauf que aller travailler a mi temps pour un rsa c’est perdre de l’argent (le transport par exemple)

      et comme le rsa ne suffit pas pour vivre, rapport au capitalistes qui nous gouvernent en manipulant l’esprit de la majorité

      tu préconises donc qu’ils aillent travailler pour survivre encore moins bien

      tout en sachant que la majorité de ceux qui travaillent actuellement le font contre l’avenir de la planète et de l’humanité.

      en conclusion, même si les rsa font moins de mal que les travailleurs complices des capitalistes :

      les 20h pour tous et suppressions de toutes les activités néfastes

      • MargoZ
        MargoZ répond à alexandre libr
        pour la paix
        • Posté à 16h29 le 16/03/2011
        • Internaute 143988
          pour la paix

        Evidemment, il faudrait peaufiner l’idée, mais au moins, proposer une activité ou un service salarié aux détenteurs du RSA serait sans doute une option plus intéressante socialement que celle de rester à la maison sans voir du monde, et aussi de pouvoir rendre un service à la société, au lieu d’en dépendre. Pour les frais de déplacement, c’est le genre de points de détail à traiter au cas par cas.

         
        • pikichante
          pikichante répond à MargoZ
          bergère
          • Posté à 21h01 le 16/03/2011
          • Internaute 147011
            bergère

          ah les grands mots, les belles idées.... !

          Connaissez vous le pourcentage des personnes qui touchent le RSA et qui devraient en fait toucher l’AAH ? (Allocation Adulte Handicapé)
          Juste un exemple en passant.....

        1 autres commentaires
      • louverebelle
        louverebelle répond à alexandre libr
        parent d'enfant autiste
        • Posté à 18h12 le 16/03/2011
        • Internaute 114864
          parent d'enfant autiste

        Yep....on perd la CMU....on perd les transports gratuits..on gagne à payer les impôts locaux, la redevance télé....même si on ne regarde pas la télé ! On perd tout et on gagne encore moins ! Je le sais....à une époque je voulais travailler tout en m’occupant de ma gosse, je me suis retrouvée au surendettement ! Et en plus, en ne travaillant qu’à mi temps, on me coupait une partie des allocations pour mon enfant, et les frais eux sont plus importants....Car il faut prévoir une nounou au cas où....et trouver une nounou pour un gosse autiste....tiens....accrochez vous !

        C’est clair...bosser pour être esclave et se faire complice de ce massacre....non ! surement pas ! Et puis je me suis habituée à être jugée par les gens de boulet de la société ! ça me manquerait trop !

         
        • A déménagé le 16-01-2012 3
          • Posté à 16h35 le 17/03/2011
          • Internaute 110430
            nc

          « Et puis je me suis habituée à être jugée par les gens de boulet de la société ! ça me manquerait trop ! »

          Vous avez toute mon admiration, moi ça me gêne encore...

          • louverebelle
            louverebelle répond à A déménagé le 16-01-2012 3
            parent d'enfant autiste
            • Posté à 17h50 le 17/03/2011
            • Internaute 114864
              parent d'enfant autiste

            Non non, faut pas ! ; -) Ce qu’on vous « donne »....vous ne le volez pas. Vous n’avez pas à en rougir. Si on vous « donne » des allocations, c’est pour que vous le réinvestissiez. Il faut savoir que la population qui consomme le plus sont justement les « inactifs ». Pourquoi dans certains cas de figure on efface les dettes et on remet les compteurs à zéro ? Croyez vous encore à la bonté d’âme de ces administrations ? Moi non...

            Ce n’est pas de la générosité....C’est de l’investissement. On investit en vous. Et puis c’est l’arbre qui cache la forêt....qui sont les plus grands assistés de ce pays ? Le gouvernement ! Ils sont payés grassement, grâce aux impôts et taxes diverses, ils peuvent se permettre de vivre généreusement. Certains cumulent les mandats et les salaires, primes, etc. Les bagnoles de fonction, les apparts de fonction, Les vacances de fonction.... etc. Comparez le train de vie d’un ministre, même le plus miteux....et le vôtre....vous apprendrez à relativiser la petite goutte d’eau dans l’océan que vous représentez.

            Rien n’est gratuit !

            Faites vous plaisir, déculpabilisez et voyez toutes les choses que vous ne pouviez pas faire lorsque vous étiez à bosser comme un fou à cavaler partout...et prenez le temps de regarder autour de vous les petites choses qu’on ne voit plus quand on n’a pas le temps. ; -)

        2 autres commentaires
    • Lictor
      Lictor répond à MargoZ
      informaticien
      • Posté à 15h01 le 16/03/2011
      • Internaute 68450
        informaticien

      Rien de tel qu’un travail (mi-temps ?) pour se re-socialiser.

      Oui, enfin, quand je vois les caissières au Franprix du coin qui ont l’air tellement accablées (et probablement à raison) qu’il n’est même plus possible d’avoir une conversation aussi évoluée que bonjour-merci-bonsoir, j’ai un peu du mal à croire à la socialisation par le travail.
      La socialisation, ça se fait en voyant des gens, pas en allant au travail où l’on est généralement collé 8h derrière un écran ou une machine...
      A la limite, un chômeur qui s’assume aura une bien meilleure socialisation que la plupart des travailleurs : lui au moins à le temps d’aller voir ses amis au lieu d’être épuisé tout le temps et de ne rêver qu’à se coller devant la télé et dormir après une journée au boulot...

      Allons donc, au moins ces gens n’auraient plus la culpabilité de dépendre de l’état.

      La culpabilité, c’est dans la tête... On peut être au RSA et ne pas en concevoir la moindre culpabilité...

      • MargoZ
        MargoZ répond à Lictor
        pour la paix
        • Posté à 16h34 le 16/03/2011
        • Internaute 143988
          pour la paix

        Je ne suis pas trop d’accord sur ce que vous affirmez concernant le travail de caissière, puisqu’on n’interdit pas à une caissière de communiquer, bien au contraire... Dans une supérette de village non rentable qui serait reprise par une commune par exemple, le rôle sociable de la caissière serait d’autant plus important...

        Quant aux titulaires de RSA, il serait important de faire en sorte qu’ils ne restent pas longtemps des boulets pour la société. Je connais des familles à la Réunion dont plusieurs membres touchent le RSA et qui mènent une vie à peu près correcte, sans avoir à venir en métropole pour trouver du travail.

         
        • Lictor
          Lictor répond à MargoZ
          informaticien
          • Posté à 18h17 le 16/03/2011
          • Internaute 68450
            informaticien

          Dans une supérette de village non rentable qui serait reprise par une commune par exemple, le rôle sociable de la caissière serait d’autant plus important...

          Oui, donc dans une situation qui ne correspond pas à l’essentiel de la profession...

          Il est clair que plus l’on relâche la pression, plus la socialisation revient. Par exemple, chez Picard, le rythme semble clairement plus cool et on peut envisager d’échanger quelques phrases. Les caissières ont également le temps d’aider à ranger les courses.
          Du coup, effectivement, pour des gens qui sont vraiment en déficit de contact humain, j’imagine que c’est mieux que rien.

          Chez Franprix, par contre, le rythme et le stress est tel qu’on se fait littéralement jeter les courses à toute vitesse et que la caissière ne désserre jamais les dents : je fais des sourires, je dis bonjour, je dis au revoir, bonne journée, rien à faire, même pas un grognement, le DAB de ma banque a plus de conversation.
          Je ne leur reproche rien, les conditions de travail ont franchement l’air merdique, et à leur place, je haïrais les clients aussi.

          Le problème, c’est que dans la grande distribution, le cas Franprix reste le plus représentatif.

          La socialisation par le travail est une invention d’un cynisme sans nom. En gros, on considère qu’il y a des boulots tellement merdiques qu’ils n’ont aucun intérêt : ils ne permettent pas de gagner sa vie, ils permettent encore moins de se réaliser en participant à un projet ou d’apprendre des choses. Non. Mais ils socialisent ! J’avais entendu une assistante sociale le formulaire en parlant des mi-temps aux galeries Lafayette : « oui, certaines salariées gagneraient mieux leur vie en restant chez elles, mais en venant ici, ça leur permet de voir du monde et de se socialiser ».
          En gros, boulot = école maternelle...

          Quant aux titulaires de RSA, il serait important de faire en sorte qu’ils ne restent pas longtemps des boulets pour la société.

          Oui, enfin, si c’est pour payer leur employeur plus cher que le RSA pour faire garderie, autant leur donner des sous pour qu’ils restent chez eux...

          • MargoZ
            MargoZ répond à Lictor
            pour la paix
            • Posté à 19h26 le 16/03/2011
            • Internaute 143988
              pour la paix

            Vous mettez effectivement le doigt sur un problème réel de notre société. Il est devenu impossible pour une PME de trouver des employées à mi-temps car ça ne leur rapporte pas beaucoup plus de travailler que de toucher le RSA en restant chez elles

          • louverebelle
            louverebelle répond à Lictor
            parent d'enfant autiste
            • Posté à 18h53 le 17/03/2011
            • Internaute 114864
              parent d'enfant autiste

            Oui, on a encore le droit de vouloir se réaliser et pas avoir envie d’être caissière ! Lorsque je suis passée en commission avec mon enfant qui piquait tous les élastiques des dossiers entassés dans la pièce....(pour la reconnaissance du handicap)....on m’a demandé si j’avais pensé à faire du ménage pour gagner ma vie. Je leur ai demandé s’ils y avait pensé pour eux....ce n’est pas le métier qui est dévalorisant, c’est la façon dont certains en font une dévalorisation ! Il m’est arrivé de dire à des personnes que j’adorais cuisiner....Et on m’a regardée comme si j’étais une pauvre fille, alors que ces personnes ne savaient même pas faire bouillir de l’eau pour les pâtes !

            Le vrai problème c’est la mentalité sur le travail. La plupart des gens qui ont un boulot alimentaire (je ne parle pas des passionnés qui ont choisi leur métier et qui l’adorent) et qui critiquent ceux qui vivent en marge de la société grâce à des minimas sociaux...sont souvent des petits frustrés qui n’ont jamais eu le courage de s’accomplir et qui ont la méga trouille de se lancer, prétextant ainsi la peur du chômage, les factures, les crédits, etc...ils préfèrent taper sur le chômeur et l’assisté pourvu qu’il soit en plus un prolo juste bon à encaisser les critiques et boire de la bière au troquet du coin !

            • Lictor
              Lictor répond à louverebelle
              informaticien
              • Posté à 23h14 le 17/03/2011
              • Internaute 68450
                informaticien

              Le problème, c’est que le rapport au travail est complètement biaisé, et particulièrement en France.

              Par exemple, on désigne trois réalité différentes par le même mot. Un étudiant travaille. Un type à la chaîne travaille. Un chercheur travaille. Pourtant, ces activités n’ont strictement rien à voir ! Parmi les trois, un seul va réellement souffrir de son travail : l’ouvrier. Les autres vont éventuellement ramer, ils vont éventuellement être insatisfaits des *conditions* de leur travail. Mais leur « travail » leur apporte des choses.
              Par exemple, si on fait gagner au loto ces trois personnes, l’étudiant et le chercheur pourraient continuer à exercer. Éventuellement, ils gommeront les aspects négatifs : l’étudiant laissera tomber les UV chiantes ou changera de spécialité, le chercheur ira peut-être enseigner ou faire du bénévolat. Mais leur activité leur apporte suffisamment pour rester désirable.
              C’est mon cas aussi : mon boulot peut me déplaire, mais pas mon métier. Si je n’avais plus besoin de gagner ma vie, je travaillerais moins, je travaillerais différemment et dans d’autres domaines, mais je n’arrêterais pas complètement.
              Les politiques appartiennent également à cette catégorie, tout comme les chefs d’entreprise et d’autres.

              Le problème, c’est quand les gens de cette première catégorie viennent vendre le travail aux gens de la seconde catégorie. Qu’ils viennent leur balance leurs semaines de 100h en leur reprochant leurs semaines de 35h. Qu’ils viennent leur dire que travailler jusqu’à 70 ans, c’est cool.
              Tout ce discours est d’ailleurs contenu dans une expression qui a été au coeur de la campagne : la valeur travail. Comme si le travail n’était plus une nécessité (gagner de l’argent) ou un outil (produire), mais bien une fin en soit. C’est aussi de cette idée que sort le concept de socialisation par le travail, comme si le travail, de par sa valeur morale, pouvait élever les âmes et humaniser le pauvre qu’on devine à peine civilisé dans son état oisif... Comme l’avait dit Sarkozy, le travail libère l’individus...

              • louverebelle
                louverebelle répond à Lictor
                parent d'enfant autiste
                • Posté à 15h42 le 18/03/2011
                • Internaute 114864
                  parent d'enfant autiste

                Oui, ça rejoint ce que je pense...en effet, c’est une question de mentalités à changer...

                C’est clair qu’un mec qui aime son boulot il va dire que le travail c’est la santé...s’il le dit à une ouvrière qui bosse dans une cave ou une usine, courbée toute la journée à coudre toujours la même pièce...ou à un mec qui passe son temps à soulever des caisses à bosser dans les mines, parfois sans voir la lumière du jour avant des jours et des jours...etc. ça n’aura pas le même impact que s’il le dit à des collègues ingénieurs qui s’éclatent dans leur boulot !

                C’est sur que la loi est faite par une catégorie de privilégiés...qui exclut souvent ceux qui ne le sont pas. Il n’y a donc pas d’égalité des chances...

        5 autres commentaires
      • louverebelle
        louverebelle répond à Lictor
        parent d'enfant autiste
        • Posté à 18h19 le 16/03/2011
        • Internaute 114864
          parent d'enfant autiste

        Je suis tout à fait d’accord ! Et puis le travail, ça rend malade....sinon pourquoi y aurait il la médecine du travail ? !

        Non, je ne culpabilise pas du tout, mais alors pas du tout de vivre du RSA....la TVA on la paye comme les autres...y a pas de traitement de faveur sur les prix parce qu’on est au minima sociaux...les banques nous traitent comme des irresponsables et nous filent des cartes genre « electron », on n’a pas droit au découvert la plupart du temps...si en plus on est endetté...on a limite un bonjour à l’accueil.

        Il faut être très fort mentalement pour se passer de l’approbation des gens...du regard bienveillant. Mais finalement, on apprend à vivre sans...à la fin, on oublie même que le reste du monde travaille...et j’aime bien lorsque les gens me demande « tu fais quoi maintenant ? » parce que je joue la sotte...si je suis assise je réponds « maintenant je suis assise ».

         
        • Lictor
          Lictor répond à louverebelle
          informaticien
          • Posté à 18h44 le 16/03/2011
          • Internaute 68450
            informaticien

          Pour avoir été au chômage à un moment, le gros problème du chômage, ça n’est pas le manque de travail, c’est le manque d’argent !

          D’ailleurs, le manque d’argent est la principale différence entre un rentier et un chômeur. Le rentier est très heureux et tout à fait socialisé malgré l’absence de travail...

          • louverebelle
            louverebelle répond à Lictor
            parent d'enfant autiste
            • Posté à 19h00 le 16/03/2011
            • Internaute 114864
              parent d'enfant autiste

            Ah ben oui c’est vrai que les gens détalent très vite lorsqu’on est sans emploi et pas rentier....mais c’est pas plus mal ! On trie mieux ses relations aussi. Moi ça ne me pose plus de souci.

            ça n’a pas toujours été le cas. En plus lorsque vous dites que vous avez un enfant autiste...là, soit on vous fuit, soit on vous sort des inepties énormes prouvant leur ignorance en la matière. Je ne leur en veux pas pour autant, l’ignorance vient aussi et surtout du fait que l’on désinforme aussi la population.

            Et puis vous avez forcément toujours entendu autour de vous ces gens qui vous disent qu’ils connaissent quelqu’un, qui connait quelqu’un qui lui même connait quelqu’un qui est au RMI(RSA) et qui a une BMW flambant neuve et dernier cri, qui part en vacances et revient tout ensoleillé, qui regarde la télé toute la journée, etc...le mythe du RMIste imposteur qui est plus riche que Rothschild....on peut ainsi détester le vilain assisté qui, comme la personne obèse est forcément une personne sans aucune volonté et qui caractérise l’inactivité dans toute son horreur ! On en a même fait des films !

            Enfin...ça aide à voter pour des escrocs....la France se sent tout de suite mieux et assurée que ces assistés finiront tous brûlés sur un bûcher !

          • Insulteur-
            Insulteur- répond à Lictor
            Rectificateur
            • Posté à 21h40 le 16/03/2011
            • Internaute 140021
              Rectificateur

            Tiens, vous etes moins con là.

            Étonnant.

        • pikichante
          pikichante répond à louverebelle
          bergère
          • Posté à 21h06 le 16/03/2011
          • Internaute 147011
            bergère

          Je dirais même que l’on devrait vous verser un salaire....tant l’état français ne prend pas en compte les besoins des personnes dites « handicapées ».

          Votre salaire couterait moins cher qu’une place en institution. Mais comme il n’y a pas assez de places ouvertes...... !

          Votre RSA est bien peu par rapport à l’investissement que demande la situation que vous vivez.

        4 autres commentaires
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