04/11/2010 à 12h10

Et si les eaux usées devenaient une source d'énergie ?

Andrea Paracchini | Reporters d'Espoirs


Ne pas jeter la chaleur... avec l’eau du bain. D’une température allant de 10°C à 20°C, les eaux usées (salle de bain, cuisine, toilettes) constituent un important réservoir d’énergie thermique, a priori inexploité.

L’idée

Des solutions existent pour mettre fin à ce gaspillage d’autant plus insensé que ce sont les usagers eux-mêmes qui paient la facture de chauffage de cette eau qui disparaît dans les égouts. En Suisse, par exemple, des systèmes permettant de récupérer la chaleur des eaux usées sont installés depuis une vingtaine d’années. En France, ils commencent à apparaître.

Un échangeur capte l’énergie dans les eaux usées ; les calories ainsi récupérées alimentent une pompe à chaleur, qui chauffe ou refroidit, selon la saison, les bâtiments, via un réseau de distribution.

Comment la mettre en pratique

Tout est question de tuyauterie. Les paramètres à prendre en compte : le débit et la température des eaux, et la proximité des sources d’eaux usées des potentiels bénéficiaires de l’énergie récupérée.

A l’échelle d’un pavillon, par exemple, les habitants sont à la fois les utilisateurs et les bénéficiaires directs du système. Mais leur production d’eaux usées reste modeste et parcellaire : un système de récupération, toujours conçu sur mesure, est alors difficile à rentabiliser.

A l’échelle d’un immeuble, les débits sont plus importants, ce qui peut justifier un investissement. A Courcouronnes, le bailleur social ICF utilise depuis un an un système conçu et breveté par la société française Biofluides. Installé lors de la rénovation du bâtiment, le dispositif tire des eaux des douches, lavabos et éviers de 32 logements la chaleur pour préchauffer l’eau de 94 foyers.

Alain Mouré, directeur de Biofluides, assure :

« L’installation demande un entretien minime et a la même durée de vie que le bâtiment. Elle a coûté 100 000 euros, et permet aux locataires d’économiser en moyenne 50 euros par an sur les frais de chauffage. »

Grâce aux aides publiques en faveur des technologies de chauffage durable, l’entreprise devrait être en mesure de proposer sa solution aux bailleurs à coût zéro, ou presque. ICF va inaugurer bientôt une deuxième installation à Ermont, et Biofluides a été retenue pour une dizaine d’autre projets, dont certains immeubles de la ZAC Batignolles à Paris.

A l’échelle d’un quartier, il peut s’avérer plus intéressant de placer l’échangeur directement dans la canalisation du tout-à-l’égout, pour ainsi exploiter les eaux provenant de plusieurs centaines de foyers.

C’est la solution proposée par la Lyonnaise des eaux (GDF-Suez) pour réduire les frais de chauffage d’équipements publics, comme le centre aquatique de Levallois-Perret ou l’hôtel de la communauté urbaine de Bordeaux ; également de logements, comme l’éco-quartier de la ZAC Centre Sainte-Geneviève à Nanterre.

Les projets sont nombreux, mais attention, c’est une solution dont il ne faut pas abuser. Matthias Rüetschi, consultant pour Suisse Energie, explique pourquoi :

« Si l’on refroidit trop les eaux usées, on peut compromettre l’équilibre permettant aux bactéries des usines de traitement de les purifier. »

Ce qu’il reste à faire

En France, on en est encore aux expériences pilotes, même si la fin du pétrole bon marché et le Grenelle ont donné un nouvel élan à cette technique. Le Fonds chaleur a déjà approuvé deux dossiers et l’Ademe en examine actuellement une dizaine. Michel Cairey-Remonnacy, coordinateur du Fonds chaleur de l’Ademe, précise :

« Notre apport financier est encore indispensable pour garantir une certaine rentabilité à ces installations exemplaires. »

Car si elles sont économiquement plus intéressantes pour des bâtiments neufs, ces installations concerneront également le patrimoine existant, où se concentrent aujourd’hui les vrais besoins en termes d’économies d’énergies.

Plus fondamentalement, ces projets menés à l’échelle d’un quartier suscitent des questions autour de l’exploitation de cette nouvelle ressource. C’est ce qu’explique Bruno Portero, chargé des formations et des études à l’Office international des eaux :

« On ne peut pas imaginer qu’une entreprise privée puisse tirer des profits de la vente d’une ressource qui ne lui appartient pas. »

La question du partage du fruit de la récupération pourrait bien ouvrir un nouveau chapitre dans le débat autour de la privatisation de l’eau : celui des eaux usées.

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  • Buse
    Buse
    Motard
    • Posté à 12h16 le 04/11/2010
    • Internaute 112084
      Motard

    Ou comment découvrir que les déchets rapportent de l’argent...

    Excellent !

    Rien ne se perd, tout se transforme. Lavoisier

    • jyeden
      jyeden répond à Buse
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 13h15 le 04/11/2010
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      ben pas vraiment l’energie
      il y a des lois à la thermodynamique
      on peut peut etre récuper un peu de chaleur
      mais c’est à la marge
      et une grande partie, parceque diffusée , ne peut que se perdre

      • Bad Time For Human Kind
        Bad Time For Human Kind répond à jyeden
        Chieur Public
        • Posté à 13h52 le 04/11/2010
        • Internaute 53377
          Chieur Public

        D’ailleurs en parlant de trucs rigolos, certains fabricants de chaudières à condensation annoncent sans honte des rendements à 110 %...

        C’est beau la comm’, tout fonctionne sans perte !

         
        • weedman06
          weedman06 répond à Bad Time For Human Kind
          etudiant en galère
          • Posté à 14h43 le 04/11/2010
          • Internaute 112119
            etudiant en galère

          Je ne me souviens plus exactement de mes cours de thermo, mais une pompe a chaleur fait gagner de la chaleur au système, et si on considère la température initiale égale à 1 (ou 100%), la chaleur gagnée fera que la température du système sera supérieur aux 100% initiaux, et montera même jusqu’à 200 ou 300%.
          Mais je vous l’accorde, ce n’est pas très intuitf

          • Renza
            Renza répond à weedman06
            Ingénieur
            • Posté à 14h56 le 04/11/2010
            • Internaute 103370
              Ingénieur

            @ Weedman06

            Non, ça n’a rien à voir : toi tu parles des COP ou coefficient de performance d’un groupe frigo ou d’une pompe à chaleur. Le COP est en général autour de 3, mais ce n’est pas un rendement (un rendement étant toujours <1 en thermo).

          • siko
            siko répond à weedman06
            capitaliste révolutionnaire
            • Posté à 22h55 le 04/11/2010
            • Internaute 38962
              capitaliste révolutionnaire

            On a Qchaud/W = Tchaud/(Tchaud-Tfroid).

            Q chaud c’est la chaleur qu’on pompe pour le radiateur (Joules = énergie). et W c’est le travail effectué par le compresseur (donc énergie injectée). Donc si ce rapport est plus grand que 1, on « fabrique » de l’énergie (Qchaud) à partir d’une autre énergie (W) en moindre quantité. Sauf qu’en réalité on la pompe dehors (on refroidit le milieu où on la chercher, même si l’on va la chercher dans un milieu plus froid que là où on la réinjecte).

            Tchaud, c’est la température du radiateur. Tfroid c’est la température du milieu où on va extraire la chaleur. Donc si Tfroid est à 0°C (rivière) ou si elle est à 20°C (entrée de l’égout), on a pour un même Qchaud et une même température de radiateur à injecter moins d’énergie dans le compresseur pour le second cas d’où l’intérêt de cette technologie.

            En effet : W = [Qchaud/Tchaud] * (Tchaud - Tfroid)/Tchaud
            (Il n’y a que Tfroid qui change dans le terme de droite)

        • Renza
          Renza répond à Bad Time For Human Kind
          Ingénieur
          • Posté à 14h52 le 04/11/2010
          • Internaute 103370
            Ingénieur

          Le rendement est supérieur à 100% car le rendement est calculé sur PCI (pouvoir calorifique inférieur). C’est l’énergie que tu peux retirer de la combustion d’une certaine quantité de combustible une fois l’eau résultant de la combustion évaporée. Par contre le PCS (pouvoir calorifique supérieur) comprend également l’énergie nécessaire à l’évaporation de cette eau. Donc PCS>PCI. Comme le rendement est calculé en divisant l’énergie utile par le PCI, si tu t’arranges pour récupérer l’énergie de vaporasation de l’eau via condenseur - ce qui est le cas des chaudières à condensation -, tu te retrouves avec un rendement > 100%. Mais pour être correct, il faudrait calculer le rendement par rapport au PCS, et il serait alors évidemment < 100%.

          Désolé si je suis pas hyper clair, c’est chaud à expliquer.

          • Bad Time For Human Kind
            Bad Time For Human Kind répond à Renza
            Chieur Public
            • Posté à 15h26 le 04/11/2010
            • Internaute 53377
              Chieur Public

            T’inquiètes j’ai le bagage pour comprendre, même si ce n’est pas ma spécialité.

            J’ai de plus eu droit a une formation gratuite par un pote démonstrateur de chaudières à condensation, avec pleins de modèles éclatés.

            Je parlais du rendement théorique réel, celui dont tu parles à la fin :

            « Mais pour être correct, il faudrait calculer le rendement par rapport au PCS, et il serait alors évidemment < 100%. »

            Ce chiffre est rarement mis en avant par les fabricants qui entretiennent l’ambiguïté, comme dans d’autres secteurs.

            • fgouget
              fgouget répond à Bad Time For Human Kind
              Lecteur
              • Posté à 15h13 le 05/11/2010
              • Internaute 98247
                Lecteur

              > « Mais pour être correct, il faudrait calculer le rendement par
              > rapport au PCS, et il serait alors évidemment < 100%. »
              >
              > Ce chiffre est rarement mis en avant par les fabricants qui
              > entretiennent l’ambiguïté, comme dans d’autres secteurs.

              N’est-ce pas plutôt que depuis l’origine des temps on calcule le rendement des chaudières ’classiques’ en divisant par le PCI ? Du coup, pour obtenir une valeur comparable les fabriquants de chaudière à condensation divisent aussi par le PCI et donc se retrouvent avec des résultats > 100%. Et c’est bien compréhensible ; autrement ce serait la galère pour expliquer qu’avec la condensation un rendement de 70% (chiffre au hasard) c’est mieux que 80% pour une chaudière classique.

              En fait c’est les fabriquants de chaudières classiques qu’on pourrait accuser d’avoir gonflé leur rendements quand ils ont décidé de la calculer à partir du PCI au lieu du PCS (mais bien sûr il faudrait remettre ça dans le contexte).

        7 autres commentaires
      • hoodoo56
        hoodoo56 répond à jyeden
        Breton
        • Posté à 13h59 le 04/11/2010
        • Internaute 124834
          Breton

        Oui malheureusement d’un point de vue anthropique, beaucoup de choses se perdent !

         
        • LeLapin
          LeLapin répond à hoodoo56
          Infopigiste
          • Posté à 15h36 le 04/11/2010
          • Internaute 31149
            Infopigiste

          Je sens que je vais ressortir mon vieux projet de sonde anale qui récupère le méthane pour le reformer en hydrogène afin d’alimenter une pile à combustible qui servirait à recharger tous les appareils nomades.
          Un jour, manger du cassoulet vous permettra d’alimenter votre iPhone... !

        • ecor1
          ecor1 répond à hoodoo56
          sur le fil
          • Posté à 16h05 le 04/11/2010
          • Internaute 25388
            sur le fil

          « beaucoup de choses se perdent ! » comme les coups de pied au cul ?

          • hoodoo56
            hoodoo56 répond à ecor1
            Breton
            • Posté à 12h16 le 05/11/2010
            • Internaute 124834
              Breton

            Je vois que l’on interprètent ma phrase de fort belle manière !
            Euh... bon en fait ma pensée se rapportait plutôt aux différentes formes d’énergie : énergie liée, énergie libre, ce qui est utilisable par l’homme ou non utilisable (comme la chaleur des océans par exemple ou la matière qui se dégrade sous forme de chaleur dissipée).

        • pablico
          pablico répond à hoodoo56
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 19h18 le 04/11/2010
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          Dans l’écorce terrestre, la température s’accroît avec la profondeur d’environ 3 °c tous les 100 m ..
          dans nos régions la température à un mètre de profondeur est constante à 15° (puits canadien)

          ce sont des des calories gratuites à exploiter facilement..

          mais comme disait un vendeur de pompe à chaleur :
          << aller faire comprendre à quelqu’un qui s’est chauffé au fuel, au bois, ou à l’électricité pendant 30 ans, que les calories naturelles sont un mode de chauffage..
          c’est une histoire de paradigme, et d’éducation de physique..>>

        4 autres commentaires
  • arg
    arg
    • Posté à 12h18 le 04/11/2010
    • Internaute 25486

    la nature connait cela depuis toujours : pourquoi un canard peut rester les pattes dans de l’eau glacée pendant des heures ? en tre autre parce que le reseau veineux recupere la chaleur du sang chaud allant aux extrémités.....

    sinon , pour economiser la bonne eau potable , il y a d’autres choses : voir sur eautarcie , tres interessant

    • ShredBluZ
      ShredBluZ répond à arg
      Ingénieur Agronome
      • Posté à 15h33 le 04/11/2010
      • Internaute 50286
        Ingénieur Agronome

      Tout à fait d’accord, avant de se demander si on peut pas refaire toute la tuyauterie pour récupérer quelques degrés, faudrait se demander pourquoi on chie dans de l’eau potable !

  • A déménagé le 3 mai
    • Posté à 12h30 le 04/11/2010
    • Internaute 112096
      écriveuse

    Si l’idée est indéniablement astucieuse, je conseille vivement à ceux qui veulent accéder à la propriété de construire de l’éphémère ! Quand cela sera obligatoire pour tous, lors de la transmission de patrimoine bâti, les différentes mises aux normes obligatoires avant la cession des biens, sera impossible, car hors de prix. Il va y en avoir beaucoup qui vont, en plus des difficultés que présentent l’époque, à gérer de l’ingérable, et je ne suis pas certaine que ce sera perdu pour tout le monde...

    • jjhb
      jjhb répond à A déménagé le 3 mai
      cosmonaute
      • Posté à 19h45 le 04/11/2010
      • Internaute 44957
        cosmonaute

      Ca va faire des milliers de logements économiquement invivables.

      Les entreprises de démolition ont de beaux jours devant elles.

  • Pouffpouff
    Pouffpouff
    En activité
    • Posté à 12h39 le 04/11/2010
    • Internaute 27937
      En activité

    L’idée typique du professeur Cosinus : si pas de (grosses) subventions aucun intérêt, surtout si l’on tient compte d’un écobilan ; coûts économique et environnemental de construction des systèmes, recyclage en fin de vie etc.
    Greenwashing typique !
    Faites comme moi laissez l’eau du bain refroidir, ouvrez la porte de la salle d’eau pour humidification de l’atmosphère de l’appart et videz la baignoire 1/2 h ou le soir en rentrant.
    Ma mère faisait tremper le linge sale dans l’eau chaude du bain en sortant.

    • thomas35
      thomas35 répond à Pouffpouff
      groupuscule
      • Posté à 15h58 le 04/11/2010
      • Internaute 74647
        groupuscule

      idem pour la douche, on bouche l’évacuation et on vide quand l’eau est froide
      idem pour l’eau de cuisson des pâtes ou autres : on ne jette pas l’eau bouillante dans l’évier mais dans un récipient où elle refroidit (ou on bouche l’évier).
      Et voilà, 0€ d’investissement et récupère toute l’énergie possible des eaux usées.

      • Keldan
        Keldan répond à thomas35
        Now future & karpe diem
        • Posté à 16h24 le 04/11/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        En plus on peut faire couler l’eau bouillante sur la vaisselle sale, c’est super efficace comme prélavage.

  • ElTitouBolivar
    ElTitouBolivar
    InsomniaK
    • Posté à 12h41 le 04/11/2010
    • Internaute 53845
      InsomniaK

    Avant même de récupérer la chaleur des eaux usées, il y a des petites choses pas bête qui pourraient faire faire des économies : au Japon, par exemple, l’eau utilisée dans un lavabo pour se laver les mains sert à remplir ensuite la chasse d’eau des toilettes. C’est un début.

    • HammerOn
      HammerOn répond à ElTitouBolivar
      Etudiant
      • Posté à 16h57 le 04/11/2010
      • Internaute 116819
        Etudiant

      Certes, mais ça ce n’est crédible que si vous faites abstraction de l’énoooooorme cuve de la dite chasse d’eau ... et il faut un bel effort, parce que quand je gaspille tous ces litres d’eau à chaque fois que j’y vais, le petit jet qui me fait économiser au mieux 50 pauvres mL me paraît bien superflu ...

  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 12h51 le 04/11/2010
    • Internaute 70606
      Inquiet
  • A déménagé le 7-12-2011
    • Posté à 12h51 le 04/11/2010
    • Internaute 50999
      non connue

    Mouais, 21 ans de retour sur investissement annoncé, c’est pas fantastique pour l’instant.

    Faudrait avoir des avis contradictoires sur la durée de vie et le coût d’entretien réels (demandant des spécialistes ? ? ?).

    A voir aussi si l’industrialisation de la production permet de diminuer le coût économique et écologique du dispositif.

    En espérant aussi que si l’ADEME subventionne ce genre de dispositif, les prix ne s’envolent pas du jour au lendemain, comme avec les chaufferies bois par exemple (50% de subvention –> +50% à l’achat).

    • Bad Time For Human Kind
      • Posté à 12h57 le 04/11/2010
      • Internaute 53377
        Chieur Public

      Déja ils utilisent une PAC, donc en terme d’entretien bof, vu le delta de température en même temps ils ont pas trop le choix, c’est un peu une usine à gaz pour vendre de la technique..

      « En espérant aussi que si l’ADEME subventionne ce genre de dispositif, les prix ne s’envolent pas du jour au lendemain, comme avec les chaufferies bois par exemple (50% de subvention –> +50% à l’achat). »

      Vous avez tout compris du fonctionnement de l’ADEME et des spécialistes « arnaqueurs » labellisés !

    • ShredBluZ
      ShredBluZ répond à A déménagé le 7-12-2011
      Ingénieur Agronome
      • Posté à 15h35 le 04/11/2010
      • Internaute 50286
        Ingénieur Agronome

      Ou les panneaux photovoltaïques (50 % de subventions de l’état, prix doublé par les constructeurs. Moralisation du capitalisme ?)

  • Bad Time For Human Kind
    Bad Time For Human Kind
    Chieur Public
    • Posté à 12h52 le 04/11/2010
    • Internaute 53377
      Chieur Public

    « Si l’on refroidit trop les eaux usées, on peut compromettre l’équilibre permettant aux bactéries des usines de traitement de les purifier. »

    Tiens un mec intelligent, c’est rare !

    Mes eaux usées (après une période de fermentation anaérobie) me servent d’engrais pour arroser mon potager l’été quand il fait sec.

    Cela évite de tirer sur mon puits et c’est un engrais « one touch ».

    Bien sûr ce n’est pas légale : je ne paye rien à personne ! ;) Mais écologiquement la boucle est bouclée !

    • Alain Pacifique
      Alain Pacifique répond à Bad Time For Human Kind
      enfin!! ça marche !
      • Posté à 14h10 le 04/11/2010
      • Internaute 24637
        enfin!! ça marche !

      en parlant de légalité, je trouve que cette phrase dans l’article est bien étrange :
      « On ne peut pas imaginer qu’une entreprise privée puisse tirer des profits de la vente d’une ressource qui ne lui appartient pas. »

      les centrales hydro-électriques, les éoliennes, les panneaux solaires, etc... utilisent une ressource qui appartient ..... à qui ?

      • Bad Time For Human Kind
        Bad Time For Human Kind répond à Alain Pacifique
        Chieur Public
        • Posté à 14h42 le 04/11/2010
        • Internaute 53377
          Chieur Public

        Ça veut pas dire grand chose sa phrase.

        Surtout que dans le cas des déchets et des eaux usées, la propriété est abandonnée...

        Et comme vous le faites justement remarquer, il y a plein de contre-exemples...

      • vieilanarfatigué
        vieilanarfatigué répond à Alain Pacifique
        Changer le monde, c'est se (...)
        • Posté à 15h10 le 04/11/2010
        • Internaute 125168
          Changer le monde, c'est se (...)

        Ah , le vaste débat ! dans le film Manon des sources, y a un curé qui fait un sermon qui dit à peu près ceci : Ce que l’on paye, ce n’est pas l’eau , car l’eau appartient au Seigneur (avé l’accent vé), on paye , les tuyaux, les robinets, les soudures, etc... » C’est exactement ça l’exploitation d’un réseau de ce type !

  • reivilo
    reivilo
    Urbaniste
    • Posté à 12h56 le 04/11/2010
    • Internaute 88123
      Urbaniste

    Le principe de la VMC double flux appliqué à l’eau... L’homme commence à comprendre qu’avant de chercher à produire de l’énergie (ou autre chose), il faut d’abord l’économiser... c’est ça le durable.

    • broZer
      broZer répond à reivilo
      Optimiste échaudé
      • Posté à 13h06 le 04/11/2010
      • Internaute 113863
        Optimiste échaudé

      Je ne vois pas trop l’économie ici puisqu’on installe un deuxième système de chauffage - en l’occurrence une PAC - pour réchauffer de l’eau déjà chauffée par un premier système !

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 13h01 le 04/11/2010
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Ca me fait marrer les solutions éco-bidon.

    - C’est toujours un système qui induit une forte consommation d’autre chose faisant tourner une filière économique. L’argent investit dans le système de récupération de chaleur remplit les poches de plombier, machiniste et autre. Rien que les intérêts recouvrant l’investissement de départ, est dans >90% des cas, supérieur à l’économie réalisée annuellement. En revanche pour la filière annonçant l’éco-solution c’est 100% de CA en plus. Le bilan écolo « déficit de l’installation + somme des crédits annuel » doit être sujet a de longues polémiques selon la façon de compter...

    - C’est toujours des bouts de chandelle. Vous passeriez de 21° de chauffage à 20°, l’économie doit être 100 fois supérieur a cette usine à gaz. Alors mettez un pull en hiver et chauffez à 18°.

    C’est comme ces écolos qui te bassinent 1 heure sur le choix des pneus et leurs gonflages, alors qu’ils vont a la boulangerie (à 800 m, mais l’hiver il fait froid, tu comprends) en voiture.

  • Jean-Paul Rouzé
    Jean-Paul Rouzé
    Fonctionnaire Territorial au (...)
    • Posté à 13h42 le 04/11/2010
    • Internaute 66468
      Fonctionnaire Territorial au (...)

    Quand j’ai fait construire ma maison (je suis entré dans les lieux il y a quatre ans) Impossible de trouver un constructeur qui intègre de telles solutions ! Pourtant un échangeur de chaleur ce n’est pas compliqué ! Ne parlons pas des VMC double flux à 7 ou 800 € (çà a baissé depuis mais pas suffisamment).
    L’inertie des artisans est énorme, je comprends que ce ne soit pas facile de changer des habitudes de toute une vie de travail. Mais on entends trop souvent « j’ai toujours fait comme çà ! “
    J’ai appliqué mes principes professionnel de veille techno mais souvent en vainement (je conseille pour les longues soirées d’hiver la lecture des DTU -les ‘normes’ de construction ont apprends plein de choses).

    Théorie et cas d’espèces mais mise en application... je ne suis pas optimiste.

    • Lefredo1978
      Lefredo1978 répond à Jean-Paul Rouzé
      Ingénieur
      • Posté à 14h10 le 04/11/2010
      • Internaute 91929
        Ingénieur

      Le problème avec ce genre de « techniques », c’est qu’elle implique une application « industriel » dans la construction.
      des échangeurs de chaleur, c’est facile à faire, facile à installer et pas tellement cher, pour autant que l’on sache où chercher et quoi acheter.
      Ici, on cherche à appliquer ces systèmes qui fonctionnent dans l’industrie à une construction dont le principal responsable est un architecte qui n’y connait souvent pas grand chose sinon le côté théorique.
      Personnellement (je bosse dans la chimie), j’ai plutôt proposé d’appliquer ce type de récupération des eaux usées pour préchauffer (ou chauffer) la ventilation/clim de l’immeuble. En se servant d’un système de séparation / tampon relativement simple, on arrive à optimiser le rendement de ces eaux usées.
      Biensûr, ce n’est pas tellement applicable à un appartement, il faut que cela soit pour un immeuble d’une taille respectable.

      • Jean-Paul Rouzé
        Jean-Paul Rouzé répond à Lefredo1978
        Fonctionnaire Territorial au (...)
        • Posté à 15h17 le 04/11/2010
        • Internaute 66468
          Fonctionnaire Territorial au (...)

        L’imposture : la photo voltaïque domestique ! Cout énergétique de produit des cellules hallucinant, énergie non stockable, réseau de transport inadapté...

        Tiens, je lance une idée que j’ai eu : améliorer le rendement d’une géothermie de faible profondeur en utilisant la masse du sol comme réservoir de calories réchauffé le jour par des panneaux solaires thermique (double circuit, normal pour pour la geothermie, un paralléle venant des capteurs réchauffe le sol, et car c’est au moment ou on aura besoin d’eux qu’ils produisent : des photovoltaïques pour alimenter le circulateur du solaire thermique -une petite éolienne peut aider aussi) énergie disponible le jour et encore plus les mois chauds utilisée la nuit et en début de saison fraiche...
        à approfondir non ?
        pourquoi ne pas en discuter chez moi : Lien ?

         
        • Lefredo1978
          Lefredo1978 répond à Jean-Paul Rouzé
          Ingénieur
          • Posté à 17h00 le 04/11/2010
          • Internaute 91929
            Ingénieur

          Je ne suis pas d’accord avec vous.
          Ce n’est pas tellement le photovoltaïque domestique en lui-même qui est une imposture, mais le positionnement des distributeurs électriques à son égards.
          Il faut bien se rendre compte qu’il est de plus en plus, et cela sera encore plus vrai dans le futur, de rendre son habitation indépendante électriquement.
          Il est possible, avec les technologies actuelles, de gérer mieux la consommation électrique et de l’optimiser.
          En fait, on pourrait le faire de manière énergétique assez globale.
          si chaque maison avec ces panneaux, on ne serait plus trop tributaire des gros distributeurs. Mais il faudrait pour cela un réseau décentralisé et une gestion plus efficace des flux qu’actuellement.
          Cela demande des investissements que les distributeurs ne souhaitent pas faire, et on peut comprendre pourquoi.
          Seulement c’est sans compter que l’énergie a un coût qui sera sans cesse plus élevé. Pouvoir produire son énergie, et être ainsi indépendant, a et aura des avantages certains dans un avenir relativement proche.
          pareil pour les maisons. On est capable de faire des maisons orientées de telle manière et suffisamment bien isolées pour que les déperditions de chaleur soient très très faibles, donc le besoin de chauffer très très faible également.
          Récupérer la chaleur de la clim sortante pour préchauffer l’entrée d’air neuf est un bon exemple de récupération.
          On ne récupère pas encore la chaleur des eaux usées, mais cela serait relativement simple et certainement aussi intéressant que récupérer la chaleur de l’air sortant.

          Utiliser le sol n’est pas une mauvaise idée, mais il faudrait, alors pouvoir en calculer le rendement. Car sans isolation, les pertes seront grandes tout de même.
          Cependant, il n’y a rien de réellement nouveau. Les systèmes de puits canadiens se servent de la chaleur du sol, par circulation d’air dans des conduites enterrées aux alentours de 7m, pour garantir une température stable toute l’année. Donc air préchauffé en hivers, et servant à climatiser en été.

          • Jean-Paul Rouzé
            Jean-Paul Rouzé répond à Lefredo1978
            Fonctionnaire Territorial au (...)
            • Posté à 18h45 le 04/11/2010
            • Internaute 66468
              Fonctionnaire Territorial au (...)

            J’avais aussi voulu faire installer un puit canadien, pas un constructeur n’a accepté à l’époque...

        • 3dsman
          3dsman répond à Jean-Paul Rouzé
          infographiste
          • Posté à 16h17 le 05/11/2010
          • Internaute 64817
            infographiste

          Ce que tu propose c’est le principe du tunnel a galet, c’est en gros un puits canadien situé sous la maison qui utilise la terre comme réservoir de stockage. En été on injecte l’air chaud qui se concentre en haut d’une véranda entre des galets (qui améliorent le transfert de chaleur) et l’hiver on préchauffe l’air entrant en le passant entre ces même galets. Le gros avantage a le situer sous la maison c’est qu’en choisissant bien la profondeur on peut récupérer les calories qui s’échappent au bon moment (la vague de chaleur de l’été qui se propage dans le sol arrive en hiver au niveau de la dalle de la maison et pareil pour la vague de froid de l’hiver qui arrive en été).
          Ce système est encore en cours de développement mais ca a l’air très prometteur. Personnellement j’aime bien ces solutions ou il suffit de faire un trou et poser un tuyau, C’est simple, efficace et faisable en autoconstruction pour peu qu’on se renseigne correctement.

        3 autres commentaires
    • alain_a_grenoble
      alain_a_grenoble répond à Jean-Paul Rouzé
      matheux
      • Posté à 07h44 le 06/11/2010
      • Internaute 96016
        matheux

      « L’inertie des artisans est énorme, je comprends que ce ne soit pas facile de changer des habitudes de toute une vie de travail. Mais on entends trop souvent “j’ai toujours fait comme çà ! ‘
      Pour ma part j’appelle cette inertie une absence de formation des décideurs’ et du nivellement par le bas, certains donneurs d’ordres semblent ignorer à la fois les lois de l’entropie et de la diffusion de la chaleur (énoncées par Fourier), toute construction que l’on chauffe perd de la chaleur ... plus ou moins vite, un bilan d’énergie qui ne tienne compte que des seuls tuyaux est au mieux une escroquerie intellectuelle et au pire une arnaque. Je veux bien d’un bilan pour prévoir et agir chez moi mais je ne veux pas d’une tentative de racket par l’état ou une entreprise privée !

  • Jomel
    Jomel
    philosophe boulanger
    • Posté à 14h29 le 04/11/2010
    • Internaute 103645
      philosophe boulanger

    Et si nos matières fécales devenaient une source d’énergie ?

    • sevinilud
      sevinilud répond à Jomel
      GAULOIS
      • Posté à 14h40 le 04/11/2010
      • Internaute 27066
        GAULOIS

      merde alors, ça c’est pas con !

    • Bad Time For Human Kind
      Bad Time For Human Kind répond à Jomel
      Chieur Public
      • Posté à 14h52 le 04/11/2010
      • Internaute 53377
        Chieur Public

      Méthanisons, méthanisons...

      Le problème c’est que nous ne savons faire que des usines à gazs qui marchent pas et qui coutent très chers. Alors que les paysans africains et asiatiques y arrivent très bien avec des moyens de fortune ; ils ont pas fait polytechnique ça doit être pour ça ! ;)

    • ShredBluZ
      ShredBluZ répond à Jomel
      Ingénieur Agronome
      • Posté à 15h39 le 04/11/2010
      • Internaute 50286
        Ingénieur Agronome

      En fait elles seraient beaucoup plus utiles en tant qu’engrais !

  • dfm
    dfm
    ingénieur
    • Posté à 14h31 le 04/11/2010
    • Internaute 84708
      ingénieur

    Bonjour

    Exemple type de la fausse bonne idée.

    Comme l’a indiqué jyeden, malheureusement pour ces gens la thermodynamique a des lois incontournables.

    Ce qui fait l’efficacité d’un système énergétique c’est le différentiel entre la source chaude et la source froide. Donc, même si vous avez des quantités phénoménales d’énergie disponible mais diffuse, c’est très difficile de la récupérer. c’est le principe de Carnot.

    Lien

    qui dit que le rendement d’une machine peut être au maximum de 1- (Tfroid/T chaud).

    Dans notre cas si on estime une température d’eau usée de 40°C (je suis généreux) donc 313,15 Kelvin et une température de 15°C en sortie d’échangeur donc 288,15 K on arrive à rendement théorique de ...8%. Waouh. Et c’est le rendement théorique maxi...

    Si je reprends vos chiffres j’arrive comme polym à un retour sur investissement en 21 ans. Pour info, dans l’industrie tous ce qui est inférieur à 2 ans en RSI n’est pas considéré.

    Je demande à voir également les frais de maintenance dans le temps, car pour entretenir (pendant 21 ans juste pour que l’usager puisse récupérer l’argent investi...on ne parle pas d’être rentable ou de faire des économies) un système pendant la durée, bon courage. On oublie les problèmes de corrosion des réseaux, l’échangeur dans les eaux usées devra être régulièrement nettoyé ou remplacé. Il faut des produits anti tartre et anticorrosion dans les réseaux de chaleur, etc...

    Bref, si il n’y a pas de grosses subventions, ce n’est même pas viable, mais entre temps on a filé de l’argent à des petits copains, fais bosser des bureaux d’étude, des plombiers, et puis c’est très Grenelle tout çà n’est ce pas...très greenwashing surtout. Très valorisant pour le politique.

    Une meilleure solution : améliorer l’isolation des logements, chaudières à condensation, économiseur d’eau chaude pour diminuer le débit de la douche (qq euros d’investissement pour des litres d’eau chaude économisé par an)

    • azerty69
      azerty69 répond à dfm
      ExecutieveBranleur
      • Posté à 14h51 le 04/11/2010
      • Internaute 42089
        ExecutieveBranleur

      Tiens un gars sur rue89 qui est du même avis que moi. L’écolo bidon est en plein essor ! ! ! Surtout ne pas changer de comportement, d’habitude. Ne pas faire de « sacrifice », changer de mode de vie... Je suis écolo, mais je ne veux pas modifier mon confort ou mon mode de vie. C’est aux autres de faire quelque chose : les méchants riches, les méchants industriels, le méchant complot international des multinationales avide d’argent.
      Mais moi, non, rien, je suis écolo mais je fais toujours 10.000 km/an en voiture pour des trajets de moins de 5 km, je me chauffe a 21°, je donne des gouter pré emballé a mes enfants...

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