13/04/2010 à 12h57

Et si le Web 2.0 menait la lutte contre le réchauffement ?


Pour pallier l'inertie des Etats, une sorte de « Wikipédia écolo » pourrait armer les internautes au combat pour la planète.


Capture d'écran du dessin animé « The Coalition of the willing »

Quand les politiques et les scientifiques se disputent sur la réalité du réchauffement climatique, d'autres agissent collectivement sur Internet.

L'idée

L'idée est simple : de même qu'il a été possible, en faisant travailler ensemble des milliers d'internautes sur des logiciels comme Linux ou sur une encyclopédie comme Wikipédia, pourquoi ne pas appliquer la méthode à la lutte contre le réchauffement climatique, en partageant les connaissances sur cette menace, les outils et les innovations pour la combattre ?

L'échec du sommet de Copenhague en décembre 2009 a servi d'électrochoc. Tim Rayner, philosophe et écrivain néo-zélandais, juge que le système actuel des Etats, qui se base sur la concurrence entre eux, rend difficile l'association contre un problème commun. Il faut donc le régler en partant des citoyens. Il faut bâtir une « coalition of the willing », une coalition engagée.

Plus qu'éteindre la lumière en sortant d'une pièce, prendre des douches et non des bains, c'est désormais sur Internet que l'enjeu climatique se joue. Tim Rayner explique :

« La “Coalition of the willing” est une tentative de concentration de l'attention du peuple sur la manière dont les nouvelles technologies telles qu'Internet, transforment celui-ci en agent politique armé de pouvoir. »

Comment la mettre en pratique

C'est à l'initiative de Simon Robson, réalisateur britannique habitué des causes et de Tim Rayner, philosophe et écrivain néo-zélandais, qu'est né le dessin animé contre le réchauffement climatique : « The Coalition of the willing ». (Voir un extrait)


La politique du « faire moins » ne suffit plus

Mêlant humour et engagement politique, ce dessin animé délivre son message en six chapitres : contre l'apathie collective, les gens doivent agir. Et ceci dès le plus jeune âge. Tim Rayner commente :

« Le réel avantage d'utiliser l'animation, c'est que cela rend le message du film accessible à une plus jeune audience. La plupart des adultes ont déjà développé leur idée de ce qu'est le monde et de comment faire les choses. Ils n'ont pas l'esprit ouvert et l'imagination requise pour voir le futur comme un nouvel horizon. Les enfants, si. »

Collaborer pour mieux régner

Aujourd'hui, Internet est devenu un espace de collaboration. Tim Rayner rêve d'y créer un « mouvement d'essaim » tel que celui engendré en 2004 par le site SorryEverybody [créé suite à la réélection de George W. Bush à la présidence américaine, ndlr].

Le Web 2.0 permet de créer des solutions innovantes pour toutes sortes de problèmes, comme le prouve la récente cyber-guérilla menée par Greenpeace contre Nestlé.

Tim Rayner précise :

« Notre idée, c'est qu'une approche par les nouvelles technologies dans la guerre contre le réchauffement peut transformer la nature de la lutte.

En travaillant tous ensemble à travers les frontières vers un but commun, les gens vont pouvoir réaliser une nouvelle forme d'identité politique au-delà de la nation. Ceci est l'ultime contribution du Web 2.0 dans la lutte écologique. »

Ce qu'il reste à faire

L'objectif de « The Coalition of the Willing » est de regrouper une communauté d'internautes en vue de la création du Green knowledge trust, un site sur le modèle de Wikipédia, et d'une plate-forme innovante que le philosophe appelle un Open innovation Center, dont le prototype a déjà été réalisé.

Avec ces sites, les gens « pourraient partager des informations pratiques et des stratégies d'adaptation face au changement climatique » :

« A cette étape, le film est un manifeste optimiste qui sert à faire réfléchir. Mais une fois que les sites seront en ligne, le film pourra être utilisé comme une publicité. »

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  • tobernite
    • Posté à 13h47 le 13/04/2010

    Je voudrais rectifier un petit point de départ : les scientifiques ne se disputent pas « sur la réalité du réchauffement climatique » mais sur son déterminisme : d'où provient-il ? à quelles influences est-il soumis ? comment s'est-il exprimé précédemment ? est-il entièrement dû aux activités humaines ou seulement aggravé par elles ? etc. La seule conséquence des activités humaines, dont on soit certain, c'est la surconsommation d'énergie, avec l'épuisement des ressources fossiles et les pollutions qui l'accompagnent. Mais quelle en est la part des individus, par rapport à l'agriculture industrielle et aux industries ?

    Quant au mythe de « la Toile comme solution aux problèmes de consommation énergétique » on peut dire qu'il a pris un sacré coup dans les gencives depuis les émissions et les articles sur les Data-center. Pour ceux qui ne savent pas encore de quoi il s'agit et quels problèmes cela pose, voir entre autres Lien

    Maintenant, j'espère que le doute ne va pas être inscrit dans la liste des crimes et délits punissables par la Justice, comme ont semblé le demander certains scientifiques à leur ministre, il y a peu ...

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 13h50 le 13/04/2010
    • Internaute
      Roboticien utopiste

    Wikipedia et linux sont des projets collaboratifs qui ont fonctionné car ils disposaient d'une métrique assez simples et suffisamment neutres pour juger du mérite des contributions de chacun : pour linux, une contribution doit améliorer in fine les performances ou les capacités du noyau, pour la wikipedia, une contribution doit s'appuyer sur des faits ou des sources vérifiables.

    En ce qui concerne la plupart des initiatives écolos, vérifier leur impact est souvent mission impossible et ce qui peut être perçu comme un bénéfice selon une métrique (émission moindre de CO2 par exemple) peut avoir des effets négatifs dans une autre (perte de bodiversité). Il ne s'agit pas d'un domaine dans lequel il est facile de juger du mérite des contributions.