01/01/2010 à 16h16

Et si on proposait aux élèves des leçons de culture religieuse ?

Teycir Ben Naser | Reporters d'Espoir


Une mosaïque de la mosquée Sainte-Sophia, à Istanbul (Glv/Flickr)

Pour beaucoup, Trinité n’est qu’une station de métro, Noël un jour
férié et la mosquée de Paris un joyau d’architecture hispano-mauresque. La méconnaissance des religions dans notre société est liée au recul
des pratiques religieuses, mais aussi à la faible place que leur
accorde l’école publique.

Le rapport remis par Régis Debray en 2002, portant sur l’enseignement du fait religieux comme réalité historique et culturelle, devait marquer une remobilisation du système éducatif sur cette question. Mais celle-ci connaît des difficultés et fait débat parmi les profs.

L’idée

L’idée centrale avait ainsi été résumée par Jacques Chirac, alors président de la République, lors d’un colloque sur le sujet en novembre 2002 :

« La tolérance et la laïcité ne peuvent pas trouver de bases plus solides que la connaissance et le respect de l’autre, car c’est du repli sur soi et de l’ignorance que se nourrissent les préjugés et les communautarismes. »

Donner aux élèves l’accès à une part essentielle de leur héritage

Depuis la fin des années 80, les politiques ont pris conscience de la nécessité d’intégrer dans les programmes scolaires une approche raisonnée des religions. Elle donnerait accès aux élèves à une part essentielle de leur propre héritage. C’est ce que concluait en 1989 le rapport de Philippe Joutard sur ces questions :

« L’ignorance du religieux risque d’empêcher les esprits contemporains d’accéder aux œuvres majeures de notre patrimoine artistique, littéraire et philosophique. »

Au-delà de l’acquisition de connaissances, l’idée est de susciter des échanges et de favoriser le dialogue dans des classes où la diversité culturelle peut être grande. Pourtant, vingt-ans après le rapport Joutard, huit ans après celui de Régis Debray, l’enseignement du fait religieux
ne s’est toujours pas imposé.

Comment la mettre en pratique ?

  • Accroître l’interdisciplinarité

« Les différents rapports et le programme que nous proposons insistent sur le caractère transversal de cet enseignement », explique Anna Van Den Kerchove, coresponsable de la formation à l’enseignement des faits religieux à l’Institut européen en sciences des religions (IESR), fondé en 2002 avec comme objectif de participer à la mise en œuvre de
cet enseignement.

Il ne s’agit pas de créer une nouvelle discipline indépendante, mais d’intégrer dans les matières déjà existantes des éléments de culture religieuse.

Exemples : l’analyse objective et circonstanciée d’un passage de la Bible lors d’un cours de français, l’étude du protestantisme dans le cadre d’un cours d’anglais ou du regard que portent les religions sur le bonheur en cours de philosophie...

Aujourd’hui, c’est essentiellement en histoire que l’élève acquiert ces notions. Olivier, professeur de collège en histoire-géographie, y voit une évidence :

« Dans 95% de nos cours nous sommes obligés de faire référence aux religions. Sinon comment voulez-vous que j’explique à mes élèves l’affaire Dreyfus ou le Concordat de Napoléon ? »

Anna Van Den Kerchove confirme que la demande de formation vient surtout des professeurs d’histoire-géographie :

« Nous faisons un travail de sensibilisation auprès des académies pour que des disciplines comme les langues ou la philosophie en tiennent compte dans leurs programmes. »


  • Inscrire cet enseignement dans un cadre laïc

Il s’agit évidemment de transmettre des connaissances, pas une croyance. Or, il existe encore souvent, au sein du corps professoral, une confusion entre l’enseignement des faits religieux et l’enseignement confessionnel.

Arielle Corbani, éditrice aux éditions de l’Atelier qui est à l’initiative de la série de manuels « Sur la piste des religions », le constate :

« Non seulement il y a une gêne vis-à-vis de tous ce qui touche au religieux, mais aussi une crainte d’un retour aux cours de catéchisme. »

« J’ai souvent peur de dire des choses qui heurtent la classe »

Par ailleurs, beaucoup de professeurs appréhendent la réaction de leurs élèves. C’est le cas de Linda, professeur de littérature dans un lycée :

« La religion relève de l’intime et, dans le cadre de mes cours, j’ai souvent peur de dire des choses qui peuvent heurter la sensibilité des uns ou des autres, et provoquer au sein de mes classes des débats où il y aurait le clan des athées, celui des musulmans, celui des chrétiens ou des juifs. »

L’enseignement du fait religieux peut pourtant être un remède contre le repli communautaire. Mehrézia Labidi-Maïza, vice-présidente de la section européenne de la Conférence mondiale des religions pour la paix se rend régulièrement dans des établissements scolaires pour échanger avec les élèves. Elle constate qu’à chaque fois, c’est « l’occasion de créer un espace d’échanges et de désamorcer certains préjugés ».

Ce que l’on peut faire

Se former ! Il est indispensable que les professeurs aient de solides connaissance dans ce domaine afin de proposer une approche raisonnée et de prendre de l’assurance face aux élèves. Les réticences constatées naissent souvent d’un manque de maîtrise, remarque Anna Van Den Kerchove :

« Il faut pouvoir gérer les questions et réactions des élèves. Et souvent, c’est sur l’Islam qu’ils veulent en savoir le plus car c’est un sujet très présent dans l’actualité. »

Des ressources pédagogiques limitées et trop pointues

Dans les formations proposées par l’IESR, le professeur approfondit sa connaissance de l’histoire et des rituels, mais aussi des enjeux que soulèvent aujourd’hui. Il faut aussi des supports pédagogiques adaptés. Certains profs utilisent les sources de la Documentation française, mais celles-ci sont essentiellement universitaires et ne sont donc pas accessibles aux plus jeunes.

Arielle Corbani a du mal à convaincre l’Education nationale de mettre les manuels de sa collection, qui présentent les religions à travers des thèmes de la vie quotidienne comme le corps, la violence, le bonheur ou l’art, à disposition : les commandes ne proviennent que des écoles catholiques.

Les élèves dans tout ça ? Selon le dernier sondage réalisé par l’IESR en 2008, 70% des jeunes de 14-16 ans pensent qu’avoir une connaissance sur les différentes religions aide à vivre ensemble, et 57 % jugent que cela aide à comprendre les événements d’actualité.

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  • Askidou
    Askidou
    Ingénieur
    • Posté à 16h46 le 01/01/2010
    • Internaute 65703
      Ingénieur

    Il serait probablement nécessaire de renforcer les cours d’histoire, df’introduire la sociologie et la psychologie, avant de pouvoir faire cela avec le recul nécessaire.

    C’est d’ailleurs dommage, car instruire sur les faits religieux (sans se limiter aux cultures du Livre, d’ailleurs, d’autres religions sont tout à fait intéressantes) en dit beaucoup sur l’Homme.

    Mais qui pourrait le faire ? Cherchez déjà sur le net des écrits relatifs à l’histoire du Judaïsme, à la sociologie des religions, au liens entre les représentations familliales et les religions dominantes... et vous trouverez malheureusement plus d’échanges de noms d’oiseaux (entre adultes présumés compétents) qu’autre chose.

    Une belle idée... a peu près infaisable, sauf à retomber dans les cours d’instruction religieuse... très malheureusement.

    Bien à vous

  • Delesquif
    Delesquif
    lambda
    • Posté à 17h09 le 01/01/2010
    • Internaute 69181
      lambda

    L’article me semble très flou. Le professeur de Lettres Classiques que je suis y voit d’énorme erreurs concernant les matières qu’il enselgne, ou des méconnaissances, et des portes ouvertes enfoncées.

    Sans détailler et rapidement (et pourtant j’aurai déjà beaucoup à dire) :

    - l’étude du fait religieux est d’ores et déjà présent, au programme officiel de la plupart des classes. Dès la Sixième, les élèves abordent les textes dits fondateurs, à savoir la Bible, le Coran, la Torah, mais aussi les mythologies mésopotamienne, égyptienne ou autres, très souvent autour du thème de la création du monde par exemple. La religion est alors abordée franchement, sous un mode comparatiste qui, bien sûr, amène à rapprocher les religions et les mythes les uns des autres, pas à les éloigner (le fameux « vivre ensemble » devenu si cliché et si ridicule à force d’être asséné et psalmodié, le voilà). Puis, de la Cinquième à la fin du collège, puis au lycée, les élèves continuent à aborder par exemple des paraboles (choisies dans les textes sacrés de toutes les religions, au choix du professeur), de l’éloquence religieuse ou prophétique (Bossuet, Bourdaloue, Agrippa d’Aubigné, ou Mahomet, ou qui l’on veut), ils étudient et approfondissent la place de la religion et de Dieu à l’époque des Lumières (en Première), le déisme de Voltaire, l’athéisme, ils réfléchissent sur le catholicisme de l’époque classique... Bref, vous vous battez un tout petit peu dans le vent, en réclamant ce qui existe déjà.

    - en latin et en grec, les dieux et les mythes étant au coeur des civilisations antiques concernées, le fait religieux (dieux, valeurs, cultes, religion et vie quotidienne) est sans cesse étudié. Sans qu’il y ait besoin de faire de grands mouvements de bras pour dire « il faut étudier le fait religieux, il faut étudier le fait religieux » ; c’est fait, et fatal, et passionnant, qui plus est, autant pour les élèves que pour le professeur.
    Il aurait d’ailleurs peut-être fallu y penser ; le latin et le grec, en proposant et en imposant un grand écart culturel (et, ici, religieux) avec le présent, permettent sa pleine compréhension.

    - la formation ? A l’IUFM, en dernière année, j’ai eu un cycle de cours obligatoires sur l’Islam, et une série de cours sur le fait religieux et son enseignement en général. Dans le Plan Académique de Formation, chaque année, sont proposées des formations pluridisciplinaires ou non concernant le fait religieux. Que voulez-vous de plus ?
    Peut-être, en passant, aurait-on pu y penser, à ça, avant de fermer les IUFM et de remplacer leurs formations vastes et variées par des matières hyper théoriques et sans application réelle dans le métier d’enseignant.

    - Pour finir, à force de belles idées mal fondées et non développées, l’article oublie de respecter le programme du blog, « des solutions concrètes » ; où mettre les cours imaginés ? Les programmes sont déjà surgonflés en Histoire et Géographie, et le Ministère supprime des heures d’HG partout (si l’on compte bien) et ôte l’HG obligatoire en Terminale S (déjà absente des sections technologiques également) ; en Français, perte également d’une demie-heure par section ; en Latin et Grec, coups de sabre d’année en année dans les effectifs (au concours, et en postes à la fois). Alors des heures spécifiques ? Mais dans quel cadre, avec quels professeurs ?
    Et puis c’est du temps, surtout ; il m’arrive très fréquemment, comme je le disais, d’aborder des questions liées de près ou de loin à la religion. Quel que soit l’endroit, l’établissement et les proportions d’athées, de chrétiens de toutes sortes, de musulmans, de juifs, d’élèves d’autres confessions, d’élèves sans confession particulière, ces questions-là passionnent (et je suis loin de m’en plaindre) ; dès lors, pour travailler sérieusement et pour ne pas frustrer les élèves ou leur laisser construire de faux savoirs, il faut approfondir et laisser la parole, aussi. Et ce temps, c’est du temps qui n’est pas donné à d’autres savoirs, qui sont pourtant au programme, et indispensables tout autant.
    Le dosage est délicat, et variable, et ne dépend pas de l’un ou l’autre rapport de haut fonctionnaire ; il dépend de la classe, de son visage, il dépend de l’enseignant, il dépend du thème, du texte abordé, il dépend du temps disponible.

    Bref, l’article vasouille très vastement, et méconnaît la réalité des faits ; c’est bien joli de faire ou lire des rapports de théoriciens, mais la lecture des programmes officiels et la connaissance de ce qui se passe en cours, c’est mieux.

  • Aloïs
    Aloïs
    .
    • Posté à 17h36 le 01/01/2010
    • Internaute 39938
      .

    Très bon article qui soulève un point très important. La laïcité a pour effet de refouler le religieux, hors de la sphère publique, et donc des écoles. Les cours traitant du religieux -même dans les écoles catholiques- doivent se faire en dehors du temps scolaire, et doit être facultatif. Hors, que constatons-nous aujourd’hui ? Une montée croissante des sectes qui proposent des réponses au monde d’aujourd’hui, là où le discours des grandes religions échouent. Je regrette vivement de n’avoir que de très maigres connaissances sur le fait religieux. Heureusement qu’à l’université j’ai pu recevoir un cours là dessus.

    Le monde aujourd’hui, et surtout le monde d’hier, est parcouru de symboles religieux, ne pas les connaitre empêche de comprendre certaine chose.

  • Compte supprimé le 2 janvier
    Compte supprimé le 2 janvier répond à Nils Wilcke
    Hideux - http://ici-blog.net
    • Posté à 17h44 le 01/01/2010
    • Internaute 98143
      Hideux - http://ici-blog.net

    Pas vraiment... enfin c’est ce qu’il me semble : nos deux enfants (une fille en Terminale et un fiston en première année d’IUT) nous demandent très souvent de leur expliquer tel ou tel truc sur les religions. Heureusement, on sait quoi leur répondre.

    Mais si on assène du Pascal à fond les manettes en cours de philo, c’est presque impossible à un élève qui ne connaît pas les bases de la religion catholique de bien tout comprendre, et c’est le cas le plus fréquent. Et comme rien n’est fait avant −on suit leurs programmes de très près− pour enseigner ces notions dans les cours d’histoire, sinon sous un angle géopolitique, on se retrouve avec des oies gavées bardés de diplômes qui ne doivent leur réussite aux examens que parce qu’ils ont bien ingurgité leur dose de savoir calibré à l’entonnoir, et non avec des jeunes gens cultivés.

    Enseigner les religions est très particulier, puisqu’on pénètre l’univers des mythes et du rêve, notions englouties dans le fatras actuel de consumérisme et de rationalisme forcené.

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 17h49 le 01/01/2010
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    Prétendre que l’on n’enseigne rien en matière de religions à l’école, c’est une parfaite supercherie. Que ce soit en Histoire-Géo ou en Français, on parle de religions, et bien assez comme ça, si vous voulez mon avis.

    Questions religion Grecque et Romaine, on est très largement servit, que ce soit lors de l’étude de l’antiquité (en Histoire), d’Homère et compagnie (en Français), ou de divers philosophes Grecs (en philosophie, naturellement). On voit aussi la mythologie Égyptienne, lors de l’étude de l’Égypte. Puis vient le Judaïsme, généralement étudié à partir d’extraits de l’Ancien Testament, justement. Puis le Christianisme, notamment quand on parle de la conversion de l’empire romain, puis de notre très cher Clovis ; Paris vaut bien une messe, hein ? Bon.
    Non mais, sérieusement, regardez un peu le premier résultat quand on cherche le programme d’Histoire de 6ème !

    Lien

    Ça, c’est juste la 6ème, je ne parle pas des croisades, du rôle du clergé au Moyen-Age, de la naissance du protestantisme, de la révocation de l’édit de Nantes, des Jésuites, et j’en passe des vertes et des pas mûres.
    Tout ceci vous le trouverez dans les programmes de 5ème, 4ème et 3ème.

    On n’est pas bien loin de faire l’Histoire « d’après » les religions, et il y en a pour plaindre les pauvres petites têtes blondes, qu’on prive de leur héritage ? J’ose espérer que ceux qui disent de telles choses ont complètement oublié leurs cours d’Histoire du collège, et n’ont pas pris le soin de s’informer sur le programme.
    De la religion, on nous en tartine à toutes les sauces. Je parle ici de l’Histoire puisque c’est le plus évident, mais on en voit aussi en Français (Baudelaire, Rabelais, etc) et en Philosophie où les sujets touchant à Dieu ne manquent pas.

    En fait, les seules religions dont on ne parle pas en Histoire, ce sont les mythologies Amérindiennes, l’Hindouisme et le Bouddhisme. En un sens, c’est fort dommage.
    D’un autre, j’en ai un peu marre qu’on nous bassine avec ce foutu « héritage ».

    Je comprends bien que l’Histoire a été en grande partie façonnée par les religions, que les religions ont directement commandé puis inspiré de nombreuses œuvres. Cependant, je ne considère nullement ceci comme un « héritage » dont on pourrait s’enorgueillir.
    C’est au contraire une malédiction. Oui, sur ces terres, il y a eu des rois pendant plus de 1000 ans, mais qui veut de cet héritage, qui s’en réjouit ?

    Alors si on veut parler de toutes les atrocités commises par les religions, allons-y gaiement, c’est parfaitement légitime ; de même qu’il est légitime de parler longuement de toutes les horreurs dont son responsables les hordes de tyrans qui ont régné sur ces terres par le passé.
    Mais que ceux qui aimeraient qu’on en parle « à leur manière » se tiennent donc à carreaux.

    Un sujet beaucoup plus sérieux serait de remettre en question le centrage des cours d’Histoire-Géo, qui, au début de l’Histoire, ne s’intéressent au reste du monde (grec, romain et égyptien) que pour nous faire croire qu’ils sont les seuls à avoir fondé notre culture, et qui, pour finir, ne s’intéresse à nouveau au reste du monde que 2000 ans plus tard quand a lieu la première guerre mondiale.
    Notre héritage ce n’est pas une hypothétique « Histoire de la France », c’est l’Histoire du monde tout entier. L’Histoire de l’Asie, de l’Afrique et des Amériques ne m’intéresse pas moins que l’Histoire de l’Europe, seule Histoire jugée « digne » d’être racontée en classe.

    Sous quel prétexte ? Parce que l’Histoire de ces gens morts depuis longtemps serait, soit-disant, celle de mes lointains ancêtres ? Parce qu’ils auraient « façonné » notre Histoire actuelle ? Parce que leur « héritage » devrait sur ma conception du futur ?
    De quel droit ?

  • Spiripotain
    Spiripotain répond à ZhongArt
    promeneur écoutant
    • Posté à 18h12 le 01/01/2010
    • Internaute 49037
      promeneur écoutant

    Très juste.
    L’enseignement des religions (toutes, mythologie égyptienne, grecque, romaine, mésopotamienne, etc... christianisme dans ses variantes, islam, bouddhisme, judaïsme, animismes, fétichismes, etc...) est indispensable mais ne doit pas, comme il est suggéré dans l’article, contaminer les autres matières. pourquoi étudier un passage de la Bible en cours de français ou d’histoire-géo ? Mais avant cela, rétablissons l’histoire en terminale et étendons la philosophie à la seconde et la première.

  • chengyang
    chengyang répond à ysengrimus
    • Posté à 19h02 le 01/01/2010
    • Internaute 38622

    Vous êtes pour, mais le titre de l’article « Et si on proposait aux élèves des leçons de culture religieuse ? » laisse à penser qu’il ne se passerait rien de se côté à l’école ; or, rien n’est plus faux ! Prenez par exemple le programme d’hist-géo en 2nde, qui permet de traiter les religions monothéistes autour de la Méditerranée ou le nouveau programme d’histoire en 6ème qui offre la possibilité d’élargir aux mondes extra-européens ...

    Mais, dîtes moi, qui serait chargé d’assurer cet enseignement ? Et serait-ce un bon choix à l’heure on l’on se prépare à diminuer (une fois de plus) les horaires d’Histoire-Géo ? On peut aussi légitimement se demander si derrière cette énième demande, il n’y aurait pas une poussée de certains lobbies religieux qui rêvent (sur le modèle de ce qui se passe toujours en Alsace Moselle) de la ré-introduire l’enseignement de la religion (certes ici sous une forme « soft » et culturelle...) et d’un retour au régime concordataire ?

    La loi de 1905 a clairement repoussé dans le domaine de la sphère privée le phénomène religieux ; cela serait dommage de la laisser rentrer par la fenêtre, non ?

  • Gengis Khan
    • Posté à 20h07 le 01/01/2010
    • Internaute 91675
      T°L

    Je suis un élève de terminal L et je peux vous dire que ni mes camarades ni moi avons un souvenir d’un « enseignement des religions ».
    Rares sont les gens qui retiennent quelque chose du programme d’Histoire en collège. Posez une question à un élève de 4ème sur l’Islam et vous verrez... Posez une question sur l’Islam a une personne qui est sensé n’avoir que les connaissances apprises en 5ème et vous verrez. Je dis l’Islam mais il en est de même pour à peu près tous les sujets.

    Je pense que les religions sont traités beaucoup trop tôt. De plus comment expliquer cette méconnaissance, sinon par un ECHEC de l’enseignement ?