Et si on se passait de la hiérarchie en entreprise ?

"Yelling at Dilbert" (Blue_j/Flickr).

Marre de devoir rendre des comptes à des supérieurs qu'on ne voit jamais ? De poursuivre des objectifs irréalisables fixés par des chefs qui n'ont jamais travaillé sur le terrain ? Sirènes populistes ou délires d'anarchie, le désir d'en finir avec la hiérarchie fait partie de l'esprit national.

« La France a longtemps été l'un des pays où la chaîne de commandes au sein de l'entreprise était la plus longue », rappelle le professeur Alain d'Iribarne de la fondation Maison des sciences de l'homme. Avec Mai-68, les choses ont commencé à bouger. Mais le vrai virage a eu lieu lorsqu'il a fallu répondre aux exigences de compétitivité et de flexibilité des marchés mondiaux :

« Les entreprises ont alors décidé d'adopter des “organigrammes plats” en réduisant les niveaux hiérarchiques et la division du travail en faveur d'une meilleure qualification des personnels d'exécution. »

L'idée

« Organigrammes plats » : l'expression n'est guère séduisante dans sa formulation si abstraite. Pour en avoir une idée plus concrète, le mieux est de se rendre à Hallencourt, Picardie.

C'est là-bas qu'en 1957 est née Favi, entreprise spécialisée dans le travail du cuivre et du laiton. A sa tête des années 1980 à janvier 2009, Jean-François Zobrist a fait de cette entreprise le fournisseur de fourchettes d'embrayage de 65% du marché automobile européen. Son « secret » : le travail en équipe, avec une totale absence de cadres et des ouvriers libres de décider eux-mêmes comment mettre en place la stratégie fixée par le directeur.

Comment la mettre en pratique

« Je crois que l'homme est bon ! Il n'est donc ni voleur, ni fainéant », s'exclame Jean-François Zobrist pour justifier sa méthode de gestion. Au quotidien, cela signifie des magasins en libre service, la suppression du pointage, les portes ouvertes et surtout la réduction drastique des niveaux hiérarchiques.

Répartis au sein de 21 mini-usines, une pour chaque client (Fiat, PSA, Audi…), les 500 salariés sont encadrés par des « leaders », ouvriers plus expérimentés qui prennent toutes les décisions concernant la production, les approvisionnements, la gestion du personnel (salaires compris) et de l'entreprise. Ils remplacent ainsi les services administratifs qui gèrent habituellement ces tâches dans les entreprises et se substituent aux nombreux échelons d'agents de maîtrise (chefs d'équipes, contremaîtres et chef d'ateliers).

Résultat : une vision plus globale pour une meilleure compréhension et une prise de décision plus réactive car au plus près du terrain. D'ailleurs, les bureaux des 13 commerciaux de l'entreprise sont installés au milieu des machines, pour toujours avoir un œil sur le baromètre de la situation.

A en croire Jean-François Zobrist, chez Favi tout se passe étonnamment bien du point de vue relationnel.

« Je n'ai pas d'explication. Je constate simplement qu'en trente ans il n'y a jamais eu de tensions. »

Impossible d'avoir l'avis des délégués syndicaux pour une seule et bonne raison : il n'y en a pas. Les élections ont systématiquement été désertées. Peut-être est-ce grâce à l'esprit d'équipe qui s'instaure dans chaque mini-usine et qui pousse les salariés à coopérer.

Dans le documentaire de François Maillart, tourné au cœur de l'entreprise pendant plusieurs mois et diffusé sur France 3 en mai 2009, on voit des salariés épanouis et satisfaits du modèle mis en place. Cependant ce type d'organisation peut générer un climat de pression sociale à l'intérieur du groupe. Olivier Torrés, professeur à l'Université de Montpellier et à l'EM Lyon, spécialiste des PME, le confirme :

« Si la proximité qui se crée dans les PME et les petites équipes réduit le risque de conflit, l'attachement et l'affectivité qui découlent de ce lien direct peuvent rendre plus pénibles les moments difficiles qui font partie de la vie d'une entreprise. »

Pour lui, l'enjeu serait donc de trouver le juste équilibre entre management à distance et « modèle PME ».

Cela passerait par un retour à des formes de management direct, verbal et affectif au dépit d'un « management à distance » basé sur des données chiffrées et des reportings abstraits.

A noter tout de même que si une organisation en mini-usine peut s'appliquer aisément à d'autres secteurs de l'industrie manufacturière, elle est beaucoup plus complexe à mettre en œuvre dans les entreprises du tertiaire.

Il semblerait que l'idée d'un bureau sans hiérarchie où tout le monde travaille en « mode projet » dans des « business units » n'ait pas que des avantages. C'est en tout cas ce que laissent entendre Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, co-auteurs de « L'Open space m'a tuer » (éd. Hachette Littératures, 2008). Thomas Zuber constate :

« Aujourd'hui, 65% des entreprises françaises travaillent en open space, ce qui est le symbole le plus marquant de ce qu'on appelle le neomanagement participatif. »

Censée rendre effective la démocratisation du travail, la disparition des petits chefs autoritaires ne s'accompagne pas automatiquement d'une réelle autonomie des salariés :

« On vous dit que vous êtes autonome mais on ne vous en donne pas les moyens, notamment le pouvoir de décider le budget et les ressources. Sans marge de manœuvre, votre stress monte. »

Dans des équipes où personne ne peut rien attendre des autres car on est tous au même niveau, la pression est de nature affective et s'exerce de façon très subtile :

« Ce n'est pas le chef qui met la pression mais le client que l'on n'a pas le droit de décevoir. »

Ce que je peux faire

Les experts sont donc unanimes : il n'y a pas de solution toute faite. Favi reste un cas quasi unique en France, d'où son intérêt. Certes, il y a déjà un modèle d'entreprise qui a fait de la participation et de la solidarité entre les salariés sa raison d'être : les sociétés coopératives de production (Scop). Comme l'explique Thierry Jeantet, auteur de « L'Economie sociale, une alternative au capitalisme » (éd. Economica, 2008) :

« La Scop est un modèle de gouvernance transparente et originale : les salariés participent véritablement à la décision, sont au courant du contexte dans lequel l'entreprise évolue et les dirigeants ne font que les représenter. »

Difficile pourtant d'imaginer que ce soit le modèle rêvé des patrons français…

Photo : « Yelling at Dilbert » (Blue_j/Flickr).

102 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de ysengrimus

De ysengrimus

14H01 | 18/11/2009 | Permalien

La chienlit, c'est la hiérarchie. Les hommes, patrons, les femmes patronnes. La pure chienlit. Les femmes patronnes ne font pas mieux que les hommes patrons

http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/01/au-travail-la-femme-tyrannise...

pas pire non plus au demeurant. Les femmes patronnes confirment simplement qu’un(e) patron(ne) reste un(e) patron(ne)… Il n'y a pas de solution "naturelle" pour résoudre ceci, basée sur le sexage ou je ne sais quoi.

La chienlit, c'est la hiérarchie.
Paul Laurendeau

Portrait de sarkhobbit

à ysengrimus Portrait de ysengrimus De sarkhobbit

la jeune garde présidentielle | 14H10 | 18/11/2009 | Permalien

Et en direct, un bel article du monde des Bisounours !

MDR

Portrait de pablico

à sarkhobbit Portrait de sarkhobbit De pablico

14H42 | 18/11/2009 | Permalien

oui, la France perdrait son âme si elle perd ses petits chefs...
toute une civilisation qui foutrait le camp.

remarquez c'est une façon de faire baisser massivement la prise de médicaments pour les nerfs, et les dépressions..

(ironie)

Portrait de sarkhobbit

à pablico Portrait de pablico De sarkhobbit

la jeune garde présidentielle | 15H20 | 18/11/2009 | Permalien

La censure est active dans le monde de la Rue.
Honte à vous.

Portrait de pablico

à sarkhobbit Portrait de sarkhobbit De pablico

16H03 | 18/11/2009 | Permalien

j'ai toujours pensé que la productivité, et la création étaient bridés par les petits chefs..
la créativité et l'amélioration des gestes du travail et son organisation au petit niveau sont toujours bloqué...

et l'on fini par asphyxier le processus.

Portrait de utodeb

à sarkhobbit Portrait de sarkhobbit De utodeb

etudiant | 17H14 | 18/11/2009 | Permalien

Censure ?? Tu peux donner quelques précisions ?

Portrait de Unglorious worker

à pablico Portrait de pablico De Unglorious worker

sceptique à temps partiel | 19H39 | 18/11/2009 | Permalien

Ma la France retrouverai un peu de son âme si elle perdait son petit chef (ou son chef petit, comme vous voulez, les deux sont vrais)!

Portrait de 100 000 d entre nous

De 100 000 d entre nous

meurent de faim chaque jour | 14H09 | 18/11/2009 | Permalien

Merci pour ce bel article porteur d'espoir.

Je crois que chaque entreprise est un cas particulier, mais je crois aussi que c'est en replaçant l'humain au centre de l'entreprise que celle-ci progressera dans tous les sens du terme.

Accordez de l'importance au "petit" personnel et il révèlera sa grandeur. Faire participer tous les membres concernés à la prise de décision permet de bien faire le tour d'un problème et de prendre de meilleures décisions.
Faire confiance aux gens leur fait pousser des ailes.

Portrait de supprimé à la deande du riverain 14.01.10

De supprimé à la deande du riverain 14.01.10

.... | 14H09 | 18/11/2009 | Permalien

une entreprise sans hiérarchie, c'est un mythe !!! a t-on déja vu une société sans hiérarchie, sans division du travail ? c'est d'ailleurs de la division du travail que nos richesses viennent !

Bonjour,

Le parallèle est osé entre la société et les entreprises. Se prévaloir de l'inexistence d'une société non hiérarchisée pour déclarer qu'une entreprise sans hiérarchie est impossible c'est aller un peu vite en besogne puisque le mode de nomination de ces hiérarchies n'a rien à voir. Sauf dans une dictature bien sûr ;o)
De même, l'argument qui identifie ou semble rendre consubstantiel la hiérarchie et la division du travail tombe d'on ne sait ou sur on ne sait quoi. En quoi l'absence de hiérarchie empêche-t-elle la division du travail ? Nous n'allons pas tous faire la même chose sous le prétexte que nous sommes au même niveau, c'est bizarre comme concept puisque la position hiérarchique n'a pas forcément à voir avec la nature du travail a effectuer.

Là ou je vous rejoins, avec moins de sentences et de points d'exclamation, c'est sur la nécessité d'avoir une direction dans tous les sens du terme.
Mais la hiérarchie a plusieurs intérêt qu'il est possible de différencier. Une fonction d'organisation du travail et de mise à disposition des conditions nécessaires à l'élaboration de ce travail par d'autres personnes, une fonction de décision qui va orienter la stratégie globale de l'entreprise et à moindre échelle la stratégie d'un service ou d'une unité de production et une fonction de contrôle de ce qui a été effectué in fine.
De ces trois fonctions les deux premières impliquent une responsabilité de la direction et la dernière n'est pas fondamentale puisqu'elle est parfois déléguée à un service d'audit, voir à une société externe.
La première peut se reposer sur les individus d'un même niveau pour peu qu'ils se concertent intelligemment mais un arbitrage est parfois nécessaire. Aujourd'hui il est imposé par la hiérarchie, il pourrait l'être autrement, par une décision collective par exemple.
La seconde, orientation et décision à long terme, est plus problématique puisqu'elle implique une connaissance globale du fonctionnement de l'entreprise ou du service ainsi que des contraintes extérieures à la société comme l'état du marché et de la concurrence. Il est donc possible qu'il faille imposer une direction à des employés dubitatifs sur les raisons de choix dont ils n'ont pas toutes les clefs. Là seul réside le besoin d'un éventuel recours à l'autorité.
Aujourd'hui cette autorité réside uniquement dans la position hiérarchique imposée. Peut-être y aurait-il des moyens de l'exercer autrement ? C'est la seule pierre d'achoppement à une suppression de la hiérarchie ou du moins à son aplatissement drastique.
La division du travail contient la réponse puisqu'elle légitime la position de chacun par ses compétences. Mais ça c'est la théorie.
Dans le monde réel moins les compétences seront en adéquation avec le poste et plus la nécessité d'une hiérarchie se fait sentir.

On pourrait résumer cela par une sentence sans pitié en disant que la hiérarchie s'impose pour maintenir la cohésion par l'autorité afin de palier à l'incompétence de certains éléments de la chaîne. Et comme le maillon le plus faible en donne la résistance, il faut une poigne de fer permanente pour éviter l'éclatement.
Le théorème de Peter et ses corolaires sont une bonne source d'inspiration pour ce type de réflexion.

Portrait de supprimé à la deande du riverain 14.01.10

à Sissi des bois Portrait de Sissi des bois De supprimé à la deande du riverain 14.01.10

.... | 17H30 | 18/11/2009 | Permalien

les gens veulent la hiérarchie pour la simple et bonne raison qu'ils en reconnaissent les bienfaits ou alors parce qu'ils ne désirent pas avoir de responsabilités collectives. une entreprise sans hiérachie c'est impossible, car sans hiérarchie pas de direction, sauf dans les utopies les plus optimistes. Moins on adhère au réel, plus on rêve de révolution disait l'autre !

=> milgram, la soumission a l'autorité
=> la boétie, la servitude volontaire

Décidément vous êtes un sentencieux qui ne semblait pas avoir lu La Boétie ni étudié les expériences de Milgram.

Les raisons que vous avancez n'ont rien à voir avec celles que La Boétie présente dans son ouvrage. C'est même une curieuse trahison de sa pensé puisqu'il ne reconnait aucun bienfait à la domination, et partant, ne risque pas d'admettre que l'esclave se soumet parce qu'il est convaincu de l'intérêt de se soumettre. A tel point qu'il considère que l'homme éclairé refusera de plier.
Il aborde la rétribution de la soumission par l'octroi d'honneur et de richesse mais cela concerne une petite frange de la population qui exercera ensuite une partie de la domination. Cela n'a rien à voir avec les prétendus bienfaits dont vous nous parlez ou avec un refus de responsabilités collectives.
Il s'agit d'abêtissement par diversion (panem et circenses) et de servitude héritée qui est acceptée comme naturelle par des individus ignorant ce qu'est la liberté puisqu'ils ne l'ont jamais connue.

Pour Milgram c'est aussi bizarre puisque ses expériences étudient le moment de la rupture de l'autorité lorsque les tensions morales d'un individu le poussent à se soustraire à cette autorité par la désobéissance. Les personnes étudiées ne se soumettent pas parce qu'elles ne désirent pas avoir de responsabilités mais parce qu'elle reconnaissent l'autorité qui les pousse à effectuer des actes en opposition avec leurs désirs.

Portrait de NonooStar

à supprimé à la deande du riverain 14.01.10 Portrait de supprimé à la deande du riverain 14.01.10 De NonooStar

Informaticien | 15H59 | 18/11/2009 | Permalien

Votre post est assez amusant dans le style "raccourci saisissant".

Utiliser une virgule pour juxtaposer hiérarchie et division du travail ne démontre en rien que la hiérarchie est nécessaire à une division du travail. En somme, vous dites que la division du travail est nécessaire (oui, bravo !!) et rien en ce qui concerne la hiérarchie.

En outre, j'aurais pour ma part tendance à penser que la division du travail est plus efficace lorsqu'elle ne vient pas de la hiérarchie, mais lorsqu'elle est comprise et acceptée par l'ensemble des personnes.

Portrait de supprimé à la deande du riverain 14.01.10

à NonooStar Portrait de NonooStar De supprimé à la deande du riverain 14.01.10

.... | 17H32 | 18/11/2009 | Permalien

la division du travail est un fait depuis la sédentarisation de l'homme. de plus notre civilisation industrielle s'organise, pour produire bcp, selon une hiérarchie verticale. d'elle, nous avons récolté ce fameux 20 eme siecle ou l'enrichissement d'une partie des catégiories populaires fut considérable et inédit (avec développement d'une classe moyenne etc...)

boire ou conduire il faut chosiir

Portrait de jck

à supprimé à la deande du riverain 14.01.10 Portrait de supprimé à la deande du riverain 14.01.10 De jck

18H39 | 18/11/2009 | Permalien

On entre dans une phase de rendement décroissant de la division du travail, c'est à dire que plus de division de travail = de moins en moins de production en plus. Maintenant le progrès technique (l'outil informatique par exemple) fait que l'optimum est atteint quand chaque travailleur à une approche plus transversale. Un cadre ne va pas demander à un employé de calculer un amortissement alors qu'Excel le fait en moins de temps qu'il ne le faut pour formuler la demande. Il ne va pas dicter et faire envoyer son courrier alors qu'il aurait déjà envoyer le mail... etc... le progrès technique déplace l'optimum il va falloir de plus en plus de culture générale et de moins en moins d'ultra-spécialisation.
Google l'a bien compris avec un seul échelon hiérarchique (70 vice-présidents) pour 20000 employés! L'organisation des équipes se faisant au jour le jour selon les projets.

Portrait de stephaneerard

à supprimé à la deande du riverain 14.01.10 Portrait de supprimé à la deande du riverain 14.01.10 De stephaneerard

développeur MDD | 18H47 | 18/11/2009 | Permalien

Pourriez-vous définir "richesse", s'il vous plait ? :-)
C'est assez "fourre-tout" quand dit en 3 lignes ;-)

Portrait de toukostyle

à supprimé à la deande du riverain 14.01.10 Portrait de supprimé à la deande du riverain 14.01.10 De toukostyle

trimard | 15H24 | 19/11/2009 | Permalien

Bien sûr qu'on l'a déjà vu,en Espagne début 50,des boîtes gérées par les seuls travailleurs,sans des connards assis à leur bureau à vous reluquer pour savoir si vous êtes allés pisser sur le temps de travail ou si vous avez bien tenu la cadence pour votre salaire foireux,quand ces feignasses de la "direction"empoche un max.
Cette manière de fonctionner dans ces coopératives faisait d'ailleurs tellement peur au capitalisme de masse,qu'on s'est vite empressé de mettre fin à ce nouveau concept d'entreprise par tous les moyens.

Portrait de jpouille

De jpouille

expatrie en Angleterre | 14H22 | 18/11/2009 | Permalien

Je ne sais pas pourquoi, mais je me dois de faire des comparaisons avec nos voisins britanniques.
Alors en UK, la hiérarchie est une entité dont on ne sent pas le poids. On tutoie son patron, on l'appelle par son prénom et, le plus important, il nous invite souvent à boire une pinte après le taf, mieux, il va demander a tous et toutes, le vendredi soir, de venir boire un coup et de parler de tout et de rien. Cela permet aux employés d'exposer des idées, trouver de nouvelles solutions et de créer une communication claire et efficace aux niveaux des différents départements. Je trouve cela logique, très pragmatique et en avance sur ce que j'ai connu en France (qui a mon avis a 40 ans de retard en la matière). Je sais qu'en France on aime bien être le boss, se sentir omnipotent, quasi intouchable et décider sans demander ni a son équipe ni aux salaries ce qu'ils en pensent. Il y a cette esprit d'élitisme en France qui par sa nature est une forme de ségrégation sociale. Nous en sommes au moyen âge avec le seigneur dans son fief… Il n’y a qu’à voir notre président ou a l’époque Juppé qui se prenait pour dieu le père. I’m having a laugh.
Remarquez, cela fait 8 ans que je suis parti, les choses ont peut être changées ou évoluées. J'ai fait cette analyse sur la base de témoignages de français qui ont bosse en France en entreprise et qui voient la différence en UK.
Sans parler d’amis beurs qui ont du quitter la France pour trouver des boulots en UK comme développeurs ou web designer dans des compagnies comme Microsoft, sun micro, cisco systeme etc…. En France, leur profil passait pas, en UK, il passe a merveille et tout le monde est content. Sans la récession, ce serait toujours un miracle.

Portrait de MagnusMaximus

à jpouille Portrait de jpouille De MagnusMaximus

Etudiant et PDG | 16H37 | 18/11/2009 | Permalien

Vous arrivez à tutoyer en anglais vous ? Entre "you" et "you" je ne vois pas de différence. A moins que vous n'employez "thou", mais vous seriez bien moyen-âgeux ...

Portrait de Cataphractaire

à jpouille Portrait de jpouille De Cataphractaire

Asen | 16H47 | 18/11/2009 | Permalien

On dit thou à son patron?

O, perfect man thou are my favourite idol!
Can I be, in thour office, a docile doll?

Portrait de Deamon7

à Cataphractaire Portrait de Cataphractaire De Deamon7

Petit agité | 17H14 | 18/11/2009 | Permalien

ça se conjugue "Thou art", "are" est pour le pluriel.

Par exemple si je veux dire "Thou are doltish dunce" c'est incorrect, il faut dire "Thou art doltish dunce"

Portrait de kkadim

à jpouille Portrait de jpouille De kkadim

service public rhone alpes | 17H33 | 18/11/2009 | Permalien

oui, certes...
mais in fine je ne fais pas la différence entre "je vous licencie" et "je te licencie".

Portrait de jpouille

à jpouille Portrait de jpouille De jpouille

expatrie en Angleterre | 17H53 | 18/11/2009 | Permalien

il vole tres haut le niveau sur ce forum

Portrait de zorbek

à jpouille Portrait de jpouille De zorbek

06H48 | 19/11/2009 | Permalien

C'est dommage, et ca explique un peu l'étendue du problème, problème que l'on peut sans aucun doute retrouver derrière les suicidés de France Telecom. En fait, les vérités simples que vous énoncez vont tellement à l'encontre des idées reçues qu'elles en deviennent inaudibles. Et le pire la dedans, c'est que si je n'avais pas eu un parcours professionnel similaire au votre, je ne suis pas certain que je vous aurais compris.

Merci en tous les cas pour votre contribution, qui à mon avis mériterait bien un article.

Portrait de Wallabys

De Wallabys

V | 14H31 | 18/11/2009 | Permalien

9a ne s'appellerait pas l'anarcho-syndicalisme à la manière de l'expérience Espagnole d'an-vant et pendant la guerre civile ?

Portrait de LienRag

De LienRag

14H31 | 18/11/2009 | Permalien

Un vieux slogan disait "les patrons ont besoin des ouvriers - les ouvriers n'ont pas besoin des patrons". Cela ne répond-il pas à votre remarque de conclusion?

Portrait de Fondriest

De Fondriest

euh | 14H34 | 18/11/2009 | Permalien

« Je crois que l'homme est bon ! Il n'est donc ni voleur, ni fainéant »

==> L'homme n'est ni bon, ni mauvais (ce sont des jugements de morale assez inutiles). Il est surtout égoïste... Je ne crois pas qu'on parvienne à mettre en place une organisation efficace du travail si on perd ça de vue.

Portrait de Crepitus

à Fondriest Portrait de Fondriest De Crepitus

Retraité | 16H20 | 18/11/2009 | Permalien

L'homme est égoïste ? Voir, ne serait-ce pas dans les zones les plus sinistrées économiquement qu'il y aurait le plus de solidarité ? Bien sûr, cette solidarité aura forcément des limites. Je crains, d'un point de vue moral, que plus l'on est pauvre, plus l'on est solidaire. Ceci étant dit sans angélisme aucun.

Portrait de Fondriest

à Crepitus Portrait de Crepitus De Fondriest

euh | 17H20 | 18/11/2009 | Permalien

Vous évoquez une solidarité liée aux nécessités de la survie à court terme, donc finalement très égoïste. Evidemment, des règles sociales peuvent codifier cette solidarité (pour qu'elle soit rendue plus efficace) et créer une morale qui légitime cette organisation sociale solidaire. Mais cette solidarité ne résiste que rarement à une amélioration des conditions de vie.

Sinon, qu'on ne soit pas trop sévère avec la fainéantise : le désir de restreindre ses efforts est un puissant moteur du progrès technique.

Portrait de Sissi des bois

à Fondriest Portrait de Fondriest De Sissi des bois

... | 13H36 | 20/11/2009 | Permalien

C'est plutôt le contraire en fait.
C'est l'absence de solidarité, voir la trahison qui est une projection à court terme. Sur le long terme, et sans entrer dans une morale qui viendrait orienter la société vers la solidarité, la supériorité de la solidarité sur son absence est indéniable puisque le long terme dépasse la survit de l'individu.
Vaut-il mieux laisser à ses descendants un bon pécule dans un monde instable et concurrentiel ou peu de chose dans un monde très majoritairement solidaire ?
On peut en discuter mais je pense la seconde solution bien plus stable.

Quand vous parlez d'une solidarité qui s'effrite en cas d'amélioration des conditions de vie vous avez peut-être raison mais peu importe. Le vrai soucis c'est que vous en déduisez le fait que c'est l'égoïsme qui en est le résultat car la solidarité n'est plus nécessaire pour survivre.
C'est faux bien sûr. La solidarité est absolument nécessaire puisque les interactions et imbrications des relations entre les hommes vont s'intensifier. Les hommes vont se spécialiser, et donc être de plus en plus dépendant de l'activité des autres et de l'orientation de la société en général.
Le problème c'est que plus la société solidaire grossit, plus les richesses s'accumulent pendant que les raisons premières de leurs création (la collaboration) s'estompent dans la complexité et plus la trahison devient rentable. Mais toujours sur le court terme.

Au final, c'est la méconnaissance crasse du fonctionnement de la société qui fait oublier à quel point nous dépendons de la survit de l'autre, pas l'égoïsme supposé de l'individu qui n'est que l'exemple que vous avez devant les yeux car il résulte lui-aussi d'une morale qui s'est d'ailleurs bien illustrée dans le sport il y a quelques jours.

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