Et si on parrainait des jeunes « éloignés de l'emploi » ?

Trente ans de politiques publiques, une pléthore de lois et de mesures, et pourtant rien n'y fait : le taux de chômage des 15-24 ans en France se maintient autour de 20% depuis des années. Un chiffre alarmant qui cache de nombreuses inégalités c'est pourquoi des associations de parrainage aident des jeunes à chercher et à trouver un emploi, selon leurs qualifications.
Les jeunes sont les premiers touchés par le chômage. Et l'arrivée de quelque 600 000 diplômés à la rentrée 2009 assombrit encore les perspectives d'embauche dans cette frange de la population.
Mais outre leur inexpérience, certains cumulent d'autres handicaps : résider en zone urbaine sensible (ZUS), porter un nom à consonance étrangère ou encore vivre en zone rurale défavorisée.
Ce sont autant d'obstacles qui rendent plus difficile l'accès au monde du travail. Aussi, pour favoriser l'insertion de ces jeunes désignés comme étant « éloignés de l'emploi », les pouvoirs publics soutiennent, depuis 1994, des initiatives de parrainages.
Des parrains bénévoles connaissant le monde de l'entreprise
L'idée : des bénévoles du monde de l'entreprise, actifs ou retraités, accompagnent un jeune tout au long de ses premières recherches d'emploi. De la réécriture du CV à la préparation aux entretiens, en passant par la mise à disposition d'un réseau professionnel.
Le parrainage est avant tout un outil de médiation et de lutte contre les discriminations pour les associations et les missions locales chargées d'aider l'insertion des jeunes.
L'opération cible les personnes ayant le plus de difficultés à accéder au monde du travail. C'est pourquoi la plupart des initiatives se sont développées dans les ZUS, où le taux de chômage peut parfois atteindre 40% chez les jeunes.
Mozaïk RH, par exemple, est un cabinet spécialisé dans le recrutement de jeunes diplômés des quartiers d'Ile-de-France. Fondé en 2007, il a instauré un système d'accompagnement en binôme auquel participe David Puterflam depuis le début.
Ancien cadre marketing d'une grande entreprise de télécommunications, ce dernier connaît bien les attentes du monde de l'entreprise :
« Lorsqu'il conduit un entretien d'embauche, un recruteur veut un candidat qui sait ce qu'il veut et dont il voit tout de suite les qualités. Or, même s'ils ont de bons diplômes, certains jeunes ont du mal à exprimer un projet professionnel cohérent. »
Et depuis qu'il est retraité, David a déjà aidé deux personnes à trouver un emploi en CDI. Pour chacune d'elles, cela a duré plusieurs mois, comme lors de son premier parrainage :
« Il s'agissait d'une jeune fille brillante, titulaire d'un Master 2 dans le domaine de la qualité environnementale. Comme elle ne trouvait rien dans son secteur, on a regardé en périphérie de son cursus et il s'est avéré qu'elle avait également de très bonnes bases en informatique.
Nous avons donc réorienté ses recherches et c'est finalement dans ce domaine qu'elle a trouvé un métier. »
Un exemple de réussite qui n'est pas isolé puisque si l'on se réfère aux principales associations (Nos quartiers ont des talents, Cap-parrainage, Fondation Agir contre l'exclusion…), des milliers de jeunes décrochent chaque année un emploi ou une formation grâce à ce type d'accompagnement.
Un système trop sélectif, pas assez généralisé
Mais dans une étude parue en décembre 2008, intitulée « Deuxième chance », la prise en charge des jeunes éloignés de l'emploi de qualité, le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) souligne le caractère de plus en plus « élitiste et sélectif » d'une aide à l'origine pensée pour les jeunes les plus désocialisés.
Illustration avec l'association Nos quartiers ont du talent qui, née d'une initiative du Medef 93 en 2005, dans le département de Seine Saint-Denis, ne parraine que les moins de 30 ans possédant un niveau d'études allant de bac+4 à bac+8.
On est là bien loin des premiers objectifs fixés par la circulaire du parrainage de 1994. Pour autant, l'association a une vraie raison d'être en ce qu'elle comble un vide flagrant en matière d'aide à l'insertion d'une certaine tranche d'âge. Rachida Oubejja, membre de Nos quartiers ont du talent, confirme :
« Contrairement aux moins qualifiés, il n'y a aucun dispositif spécifique pour les jeunes diplômés qui aspirent à des postes de cadres. Grâce à notre action, près de 2 000 jeunes ont trouvé un emploi qui correspond vraiment à leurs qualifications et à leurs aspirations. »
Les grandes entreprises sont moins adaptées au parrainage que les PME
Autre limite à l'efficacité du parrainage : même si les grands groupes tendent à favoriser davantage la diversité du recrutement, ce sont les PME et les TPE qui restent les plus enclines à engager des jeunes aux profils plus variés.
C'est pourquoi elles sont les premières sollicitées par les missions locales pour y trouver à la fois parrains et débouchés. Du moins, c'était encore le cas il y a peu. Exemple à Saverne, dans le Bas-Rhin, où la directrice, Manuela Anthony, avoue avoir des difficultés à recruter des bénévoles :
« Nous faisons du parrainage depuis 2003 mais seule une dizaine de personnes est aujourd'hui réellement impliquée pour mille jeunes inscrits. Ces derniers mois, on sent clairement une volonté de lever le pied.
L'an dernier, deux binômes s'étaient constitués dans le secteur de l'industrie mais les parrains n'ont pas souhaité se réengager. La crise fait que la préoccupation première est avant tout de garder son emploi. »
En 2008, 65% des parrainés d'une association ont trouvé un travail
Malgré la diminution générale de l'embauche et la précarisation des contrats, le parrainage continue à porter ses fruits. Ainsi à Nantes, l'association Un parrain un emploi a accompagné une centaine de jeunes tout au long de l'année 2008, parmi lesquels 65% ont trouvé un emploi ou une formation.
C'est pourquoi Gaëlle Le Rezollier, chargée des parrainages, cherche à faire passer un message fort auprès des jeunes de sa région :
« Nous les encourageons à venir frapper aux portes des missions locales, à prendre des contacts, à travailler sur leur profil. A mobiliser tous les dispositifs d'aide à l'emploi pour ne surtout pas rester seul face au chômage et être le mieux préparé possible lors de la sortie de crise. »
Côtés parrains, il faut rappeler que les associations manquent constamment de bénévoles. Cadres ou retraités, le seul impératif est de bien connaître le monde de l'entreprise et d'avoir un peu de temps à consacrer. Les conditions d'engagement sont bien sûr différentes selon les associations et les disponibilités de chacun.
Pour Karima Cherifi, filleule de Nos quartiers ont du talent, le simple fait d'être « coachée » s'est montré un atout précieux :
« La veille de chaque entretien, je faisais une répétition générale avec ma marraine, une directrice des ressources humaine. Le travail allait de la poignée de main au ton employé, en passant par les qualités à mettre en avant lors de la discussion. »
Cette préparation a payé puisque Karima a trouvé un poste de chargée de ressources humaines en juin 2009, à peine trois mois après que son parrainage ait commencé.
Photo : Un jeune sans emploi consulte les offres à l'agence Pôle emploi de Nice (Eric Gaillard/Reuters).
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De Compte supprimé le 5 septembre
nc | 09H42 | 02/09/2009 |
A l'UMP, ou même avant au RPR, parrainer les djeuns éloignés de l'emploi a toujours été une tradition :
à Compte supprimé le 5 septembre
De Oudinot
llanoddr yffr â gastell caedidd cym... | 10H45 | 02/09/2009 |
Oh ça va avec ça ! ! ! ! Vous aussi vous souffrez de sarkoze obsessionnelle ?
à Oudinot
De Martin.Albert
21H15 | 02/09/2009 |
De toute façon, il est déjà partout…
De Frère bien aimé
09H46 | 02/09/2009 |
La solution , c'est de faire travailler les vieux jusqu'a 80 ans et + avec des jeunes pour les aider au travail , aller aux wc , changer leurs couches , pousser leurs fauteuils roulants etc .. , je suis sûr que Rocard est d'accord .
De YoshiL7
09H47 | 02/09/2009 |
Deux autres articles pour compléter celui-ci :
« Faire des kilomètres à pied ou se brader sur internet pour attirer l'attention : quand le désespoir se conjugue avec le formatage aux mensonges du discours dominant, quand la médiatisation ne sert de relais qu'à l'individualisme crasse, le brouet devient résolument infect ! » [Source : Actuchomage.org : L'émergence du chômeur crétin]
« Le parcours du chômeur est un véritable marathon. Au premier degré : deux courses, de 10 et 20 kilomètres, pour rencontrer les employeurs (mais sans promesse d'embauche) sont organisées à Tours le 27 septembre… Un comble : l'initiative a été nominée pour un prix de l'innovation… » [Source : Marianne2.fr : On achève bien les chômeurs]
De Liger
liger.amsud.net | 10H00 | 02/09/2009 |
Belle initiative, mais qui démontre l'insuffisance du Pôle Emploi pour assumer cette mission.
Le problème n°1 reste malgré tout le manque d'emplois…
De Phil2922
Retraite invalidité | 10H06 | 02/09/2009 |
On supprime des emplois dans les missions locales et on fait appel à des bénévoles pour parrainer des jeunes. Vous ne trouvez pas qu'il y a quelque chose qui cloche… ? !
http://phil195829.overblog.com
De Marcantoines
trouveur | 10H09 | 02/09/2009 |
Excellent commentaire.
Il y a une réelle difficulté dans ce pays à trouver une adéquation entre les études et la vie professionnelle.
Ceci est d'autant plus vrai que la crise économique est profonde.
Totalement démoralisant pour un parrain ou un enseignant du supérieur de constater que le diplômé ne trouve pas de boulot, faute d'entreprises existantes….Ou alors, il faut s'expatrier…
Et que pensez des filières, parfois longues, qui ne mènent à rien. Exemple psycho machintruc…
Lorsqu'il n'y aura plus que des avocats, des notaires et des médecins…le parrainage ne servira plus à grand chose.
Je suis écoeuré de voir qu'il existe trop peu de règles d'orientation et de sélection des étudiants, que les relations université- industrie sont pratiquement inexistantes, et que de nombreux domaines scientifiques sont trop peu exploités. ( micro électronique, environnement, bio informatique, robotique, …).
Trop dur d'être parrain dans cette France improductive !
à Marcantoines
De karlM
10H39 | 02/09/2009 |
les études doivent d'abord être là pour se faire plaisir….
La psycho comme la philo devrait être obligatoire pour que nos Technoscientistes n'oublient pas l'humain derrière leurs puces, leurs nano, leurs OGM qui polluent, surveillent, enchainent plus qu'elles ne libèrent.
Quand au travail, y en a à foison, 10 MILLIONS DE LOGEMENT À RÉNOVER, des gens à aider, des associations à faire tourner mais comme l'idéologie de l'argent rare domine….
à karlM
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 11H16 | 02/09/2009 |
les études doivent d'abord être là pour se faire plaisir….
oula… c'est surtout un coup à crever la dalle…
Avant tout, les études ça sert à trouver du boulot qui sert à gagner du fric qui sert à dormir au chaud et avoir l'estomac plein.
Une fois que ces besoins primaires sont réglés, on peut se faire plaisir et étudier ce qu'on veut.
Certes faut pas non plus aller dans un truc qu'on déteste et se faire chier toute sa vie. Mais pour un mec qui a une âme de littéraire a quand même beaucoup plus de chance de devoir se prostituer pour survivre s'il étudie la littérature romantique italienne du 16ème siècle plutôt que s'il part dans la traduction, le droit et autre filière qui apprenne des choses professionnellement utile.
C'est comme la philo obligatoire (pourquoi, ça l'est plus en terminale ? ), c'est une perte de temps et un emmerdement de premier ordre.
Si y'en a qui kiffe Platon, libre à eux de le lire. Mais j'ai jamais eu besoin de ce type pour apprendre à me servir de mes neurones. Forcer les gens à lire des livres pourris, ça devrait être reconnu comme une atteinte aux droits de l'homme.
Surtout si le but final c'est d'être bien endoctriner et de répéter des discours préformaté comme « les gens sont gentils, la science c'est méchant, il faut s'aimer les uns les autres ».
Par contre, la psychologie c'est utile.
Même si cela s'acquiert tout seul, certains voire beaucoup auraient bien eu besoin qu'on leur explique comme manipuler son prochain et comment réagir selon ce qu'attend notre interlocuteur.
Même si on est pas en relation avec des clients, on aura toujours des collègues et (au moins) un chef, et peut être des subordonnés. De fait il faut savoir comment leur parler selon la situation, interpréter les signes indiquant leur état d'esprit et savoir en tirer partie pour arriver à ses fins.
à Keldan
De Pouffpouff
En activité | 14H30 | 02/09/2009 |
Dans les années 80 la moitié des étudiants en première année à Rennes 2 l'était en psychologie. Ouh là là disait on à l'époque. Aujourd'hui avec toutes ces cellules de soutien psychologique je ne connais pas de psychologues formés à Rennes au chômage.
Dans les années 90 c'était « je veux être journaliste ». Pas de chômage chez les journalistes aujourd'hui.
Contre exemple, le seul ; les « artistes » (intermittents quoi).
De Anastaze
☺ | 10H28 | 02/09/2009 |
Tant que le pouvoir en place sera promoteur de la loi du marché, toutes les tentatives pour réduire le chomage, seront autant de cautères sur une jambe de bois.
De même que les spéculations sur les marchés de matières premières, permettent aux spéculateurs de s'enrichir en fonction des hausses et des baisses artificiellement crées à coup de déclarations dans la presse, le maintien d'un niveau élevé du nombre de travailleurs par rapport à l'offre du travail, nous rapproche de la compétitivité de pays comme l'Inde ou la Chine, où l'offre excède de loin la demande.
De aartaud
lambda | 10H33 | 02/09/2009 |
Commentaire entendu par un ami qui est allé frapper à une mission locale après un énième entretien au Pôle Emploi : « Ah… l'ANPE ! bah si ça servait à trouver du travail, on le dirait aux gens quand-même ! '
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 10H56 | 02/09/2009 |
Donc filer un tuyau ou pistonner un mec qui arrive à rien avec ses études, on appelle ça parrainer un jeune éloigné de l'emploi…
Et ça rapporte du fric ? On a pas le droit à des petites subventions pour ça ?
Parce que si c'est le cas, je réclame ma part, moi aussi j'ai envoyé des types vers un boulot, et même recommandé certains.
Quant un type dit qu'il cherche du monde on garde les yeux ouvert, et quand un type cherche du taf, on garde les oreilles ouvertes. Et quand on peut relier les deux, on envoie l'un voir l'autre.
Encore la semaine dernière je l'ai fait. Une copie me parle de son frangin avec son diplome sans espoir qui cherche un taf quelconque, en discutant avec des potes au bistrot j'apprends qu'un rade de ma connaissance cherche du monde, je passe voir le patron, lui touche deux mots, j'appelle mon amie et trois jours plus tard le minot découvrait les joies de la restauration.
Même moi j'en ai profité, mon père m'avait trouvé un stage à 400 bornes de la maison juste après avoir discuté avec un gars pendant une formation.
Et même le simple tuyau peut être une bonne chose. En passant des entretiens, je suis tombé sur une boite qui était bien mais le taf me disait rien, j'en parle à un collègue, il trouve ça intéressant et se porte candidat.
Avoir un bon réseau c'est important, que ce soit pour rentrer en boite, trouver du shit, décrocher un boulot ou rencontrer des meufs.
Pour cela, il ne faut pas se limiter à sa famille ou ses amis, surtout si personne n'a vraiment de contact. Il est important d'établir d'avoir et de conserver des contacts superficiels avec toutes sortes de gens, on est même pas obligé de les aimer, juste de rester en contact (les contacts c'est comme les plantes, faut les arroser de temps en temps).
Et il y a aussi la formation, aussi bien celle du noob qui vient d'arriver dans la boite, que du noob qu'on connait hors du monde professionnelle.
Certes le conseil de grand-mère mode bien relou, ça sert pas à grand chose. « Dit bonjour, habille toi bien, et blablabla », c'est plus le genre de truc qui nous gonfle au bout de cinq minutes.
Mais les vrais conseils permettent d'apprendre à bien bosser : quand on a la gueule de bois, il faut appeler dès l'ouverture du bureau et dire qu'on est malade ; si on fait une connerie qu'on peut pas réparer, il faut aller tout de suite voir son chef avant que ça empire histoire de lui refiler le merdier ; lors d'un entretien d'embauche il faut pas avoir l'air de quémander mais faire comprendre que c'est le recruteur qui a besoin de nous, etc.
C'est pour ça que ces mecs ont raison de faire ça, même si ça n'a rien de révolutionnaire ou de nouveau.
Par contre il faut aimer la difficulté pour se la jouer entrée libre plus que club privé, car on sait jamais sur quel type on va tomber et s'il va pas nous pourrir notre crédibilité avec les des gens auprès de qui on le pistonne.
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 13H28 | 02/09/2009 |
Que ceux qui peuvent se trouver un emploi ou réussir comme autonomes le fassent. Pour les autres, il faut leur proposer une emploi précis.. En échange de leur disponibilité pour cet emploi, un revenu lié à leur compétence reconnue. Donnant-donnant.
http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/15-le-travail-garanti/
http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/08/31/regler-la-crise-du-trava…
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De Compte supprimé le 5 septembre
nc | 14H52 | 02/09/2009 |
Ce qui est vrai pour les grizzlis mal léchés de Trois-Rivières ne l'est pas forcément pour les Frinçais de l'aut bord. Qu'en pensez-vous, vous qui avez traduit les « Protocoles » en joual ?
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 14H27 | 02/09/2009 |
Le plein-emploi, c'est une menace, pas une promesse…
De ThatJazz
étudiante | 16H21 | 02/09/2009 |
« Il s'agissait d'une jeune fille brillante, titulaire d'un Master 2 dans le domaine de la qualité environnementale. Comme elle ne trouvait rien dans son secteur, on a regardé en périphérie de son cursus et il s'est avéré qu'elle avait également de très bonnes bases en informatique. »
? ?
J'imagine bien le parrain dire « Il s'agissait d'une jeune fille brillante, titulaire d'un Master 2 dans le domaine de la qualité environnementale. Comme elle ne trouvait rien dans son secteur, on a regardé en périphérie de son cursus et il s'est avéré qu'elle avait également de très bonnes bases en ménage. Aujourd'hui elle est technicienne de surface et elle adore son travail »
Nimp' ! !
De caro
délinquante avérée | 17H33 | 02/09/2009 |
lorsque j'étais conseillère en mission locale, des jeunes que je suivais ont demandé à bénéficier des parrainages.
Pour le système, il faut que le jeune ait un diplôme dans un métier et qu'il soit psychologiquement prêt à travailler et qu'il habite une zone « sensible ».
Au début, il ne fallait que des bac + 2, ce qui nous faisait plutôt rire, étant donné le mal qu'avaient les jeunes de ces quartiers à accéder à un BTS ou un DUT. C'était bien la preuve que tout était organisé par des gens qui ne connaissaient rien au terrain ! Finalement, le recrutement s'est fait au niveau Bac pro et même parfois CAP ou BEP.
J'en profite pour dire que le gouvernement a supprimé les BEP pour mettre des Bac pro en 3 ans. Cette mesure va pénaliser nombre de jeunes qui, pour différentes raisons n'iront pas jusqu'au bac et se voient privés de diplôme et donc d'emploi, car, en France, il faut un diplôme pour avoir plus de chance d'être embauché.
J'en profite aussi pour signaler que le nombre de zones sensibles a été drastiquement baissé et que beaucoup moins de jeunes pourront demander un-e parrain/marraine.
Les jeunes mis dans le système du parrainage en étaient contents, parce qu'ils se sentaient soutenus, même si tous n'ont pas trouvé un emploi.
Vu le nombre d'embauches actuelles, à quoi vont servir les parrains/marraines ? faire embaucher des bacs, des bacs + et ++ sur des petits contrats aidés ? apprendre à brader ses diplômes ? L'avenir est sombre …