Et si les particuliers finançaient les entreprises ?

Un commerçant indonésien devant sa boutique après le tsunami (Beawiharta/Reuters)

Du 2 au 6 juin se tient la Semaine du microcrédit . Un événement qui se déroule sur fond de crise économique. Cette dernière a généré une hausse importante des demandes de microcrédits. L'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie ) annonce, cette année encore, une croissance de 30% des dossiers déposés.

Logique, quand on sait que pour beaucoup de nouveaux chômeurs, la seule solution est la création d'entreprise. Or, les banques sont de plus en plus frileuses pour l'octroi de prêts : dans son rapport du 27 janvier 2009, l'Insee explique ainsi :

« Le contexte peu favorable de l'économie française en 2008, avec une demande faible et un durcissement des conditions de crédits, n'a sans doute pas incité à la création d'entreprises dans nombre de secteurs d'activité. »

Et ce n'est pas fini. Les encours de crédits aux entreprises ont encore chuté de 0,2% entre février et mars 2009, selon l'Observatoire du crédit.

L'idée

L'argent des particuliers apparaît comme une ressource potentiellement efficace pour doper le nombre de microcrédits nécessaires à la création d'entreprises. Que des personnes fortunées investissent au capital d'entreprises en création dont ils ont reconnu le potentiel, ce n'est pas nouveau : c'est ce que font, par exemple, les « business angels » .

Mais désormais, plus besoin d'être millionnaire pour investir. N'importe quel particulier, aussi peu fortuné soit-il, peut se transformer en banquier pour soutenir, avec d'autres, la création d'une entreprise.

Le dispositif séduit prêteurs et emprunteurs. Ces derniers sont certains de réunir un capital suffisant pour démarcher les banques ou même heureux de ne pas avoir à payer les taux d'intérêts parfois mirobolants qu'elles demandent. Crise oblige, de plus en plus d'épargnants ne veulent plus confier leur argent à une banque trop gourmande.

Un changement qui fait le succès des finances solidaires. Selon le dernier baromètre Finansol, qui vient de paraître, l'encours de l'épargne solidaire en 2008 était de 1,6 milliards d'euros. Visionnaires, certains acteurs du prêt « de particuliers à particuliers » sont déjà sur le créneau depuis longtemps. D'autres s'y mettent.

Comment la mettre en pratique

Différents modèles de prêts de ce type existent en France. Zoom sur deux d'entre eux : les comités locaux d'épargne pour les jeunes (Clej) offrent, depuis 2000, des prêts aux créateurs d'entreprise du Pays basque.

D'autres organismes vont plus loin en proposant à des particuliers de se regrouper pour prendre collectivement des parts au capital d'une entreprise en phase de création : c'est le cas des clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire (Cigales ), lancés en 1983 pour soutenir la création d'activités solidaires en France (entreprise d'insertion, commerce équitable, énergies renouvelables, etc.).

Mise à part leurs vocations spécifiques, les deux dispositifs fonctionnent presque sur le même principe. Les montants investis ou prêtés restent faibles, équivalents à ceux pratiqués par les associations de microcrédit type Adie : 3 000 euros maximum.

Pour la sélection des projets, une grande importance est accordée à l'impact local du projet financé. C'est même l'enjeu principal des Clej, destinés à faciliter l'installation professionnelle des jeunes dans la région, afin qu'ils ne soient pas obligés à l'exode rural. Ce qui a fait le succès de l'initiative, c'est aussi l'absence de taux d'intérêt : c'est l'aspect solidaire de la démarche.

« Il est plus facile d'aller voir une banque » après un premier coup de pouce

Mais dans l'un ou l'autre cas, l'idée est en fait de créer un effet de levier : « Il est plus facile d'aller voir la banque après avoir eu le soutien du Clej », confirme Hervé Lanouguere, qui a obtenu deux crédits.

Les banques ne sont donc pas absentes du financement de la création, mais arrivent après le crédit des particuliers ; ils permettent au porteur de projet de présenter suffisamment de garanties.

En effet, quelle que soit l'entreprise créée, 3 000 euros ne suffiront jamais à couvrir tous ses frais. Et au-delà de l'apport financier, Cigales ou Clej demandent un investissement en temps important. Dans « Les Cigales : notre épargne, levier pour entreprendre autrement » (éd. Yves Michel), Pascale-Dominique Russo constate :

« Les actionnaires cigaliers aident les projets à se mettre en marche, suivent et conseillent, épluchent les comptes et signalent les erreurs. »

Ce qui requiert, de la part des prêteurs, des compétences qui relèvent généralement des banques : analyse du projet, orientation, conseils, etc. Des connaissances et des disponibilités que tout le monde n'a pas forcément. Faut-il pour autant baisser les bras ? Non, grâce au web.

Ce que je peux faire

Internet permet à n'importe qui de devenir un « prêteur solidaire », sans que cela soit trop chronophage. Pour l'aspect création d'entreprises, plusieurs sites permettent ainsi à l'internaute qui le souhaite de prêter de l'argent à des entrepreneurs du Sud en recherche de financements.

Parmi les plus connus, Kiva (basé à San Francisco), Myc4 (Danemark) et Babyloan (France). Le principe est toujours le même, avec quelques nuances.

Prenons l'exemple d'une commerçante qui veut ouvrir une boutique à Phnom-Penh, au Cambodge, elle a besoin de 150 dollars. Elle se connecte sur Babyloan pour faire connaître son projet.

Résidant à Toulouse, Martin découvre le profil de Joséphine et décide de lui prêter l'argent. Il fait un virement à Babyloan, qui transfère l'argent à une instution de micro-financement (IMF) de Phnom-Penh dont il est partenaire [par exemple, Chamroeun , dont on peut découvrir l'action sur Rue89, dans le blog Le printemps des bonzaïs, ndlr], qui, enfin, prête l'argent sonnant et trébuchant à Joséphine.

A elle de l'utiliser à bon escient, pour pouvoir s'acquitter de sa dette en temps voulu (les délais sont définis au moment du prêt) grâce aux revenus que sa boutique aura générés.

Les prêts Nord-Sud possibles légalement, pas les prêts Nord-Nord…

Pour le remboursement, c'est le chemin inverse : la créatrice rend l'argent à l'IMF, qui le transfère à Babyloan, qui, à son tour, fait un virement au prêteur. Des processus qui ont déjà permis à des milliers de créateurs d'entreprises du Sud de lancer leur activité.

Et même à certains internautes de gagner de l'argent, puisque Myc4, par exemple, propose au prêteur de toucher un taux d'intérêt. Aucune intervention de banque, si ce n'est comme intermédiaire : tout se fait de particulier à particulier.

Et pour les prêts Nord-Nord ? Interdits. En France en tous cas : la loi ne permet pas qu'une structure gagne de l'argent sur des transactions faites entre particuliers par son intermédiaire ou sur les taux d'intérêts de ces transactions.

Des sytèmes qui rappellent que l'argent est un moyen, pas une fin

Un tel dispositif pourrait pourtant permettre à l'Adie d'augmenter par exemple ses capacités de prêts en mettant en relation des prêteurs et des emprunteur. Il faudra se contenter du site Internet Adie Connect , lancé officiellement le 2 juin : des emprunteurs pourront y faire des demandes de microcrédit en ligne.

Et même pour les prêts Nord-Sud, comme ceux que réalise Babyloan par exemple, il est obligatoire d'être accrédité par l'Autorité des marchés financiers.

Un frein peut-être. Mais aussi une protection contre le surendettement : si de tels sites étaient autorisés, il y a fort à parier qu'ils attirerait des emprunteurs fichés à la banque de France. (Un thème débattu à la Maison des Métallos, à Paris) le 9 juin : « Microcrédit peer to peer : quelles opportunités, quels risques ? »)

Reste à voir si ces systèmes de prêts continueront à se développer. Aujourd'hui marginaux, ils représentent malgré tout une solution intéressante pour tous ceux qui souhaitent reconsidérer l'argent comme un moyen et non comme une fin. Pour qu'à nouveau, la finance soit au service de l'économie réelle.

Photo : un commerçant indonésien devant sa boutique dévastée par le tsunami de 2004. La banderole dit : « J'ai besoin d'argent pour mon commerce, merci d'avance aux ONG » (Beawiharta/Reuters)

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Portrait de Beeks

De Beeks

14H05 | 03/06/2009 | Permalien

rien n'avoir (quoi que ? ) mais important
Alain BOCQUET, Député du Nord, déclare à la tribune de Lens (meeting du

Front de Gauche le 29 mai 2OO9) :

« S'abstenir c'est laisser sa voix et les mains libres à la droite et à tous

ceux qui ont voté le traité de Lisbonne.Or ce qui se prépare est très grave

pour les peuples européens et le peuple français.

On ne nous dit pas tout !

On vous cache, Sarkozy en tête, un document confidentiel du Conseil de

l'Union Européenne datant du 28 avril 2009 (document 8250/09-ECOFIN257) qui

intime à la France d'aller plus loin et plus vite dans “son programme

national de réformes, de renforcer la concurrence dans les secteurs de

l'énergie et du fret ferroviaire, ainsi que dans les professions

réglementées pour moderniser le marché du travail”

Quelques lignes plus loin, on notifie à la France de “poursuivre

l'amélioration du cadre général de la concurrence dans les secteurs des

services”. Autrement dit de privatiser plus vite !

“Ces problèmes doivent etre réglés ; poursuit le texte, tout en respectant

l'objectif d'encadrement des couts annoncés par le gouvernement, à savoir

une croissance zéro des dépenses publiques”

Ainsi, c'est très clair, le Conseil Européen réclame plus de conccurence,

d'attaques contre les secteurs et services publics et de nouvelles

diminutions des dépenses publiques et sociales, alors que l'argent coule à

flot, pour les banquiers et les multinationales sans aucune contre partie

pour l'emploi et les salaires.

Il faut réclamer la transparence en exigeant que ce document sorte de la

confidentialité et qu'un débat télévisé soit organisé en toute urgence

La langue de bois, La langue de bois, La langue de bois, La langue de bois, La langue de bois, La langue de bois, La langue de bois, ….

Tous ces politiciens en sont des spécialistes…

Portrait de Kurt

De Kurt

14H11 | 03/06/2009 | Permalien

Il serait sûrement utile d'en dire un peu plus sur ces « miraculeux » micro-crédits qui pourraient avoir provoqué des vagues de suicides chez les fermiers indiens surrendettés, le travail des enfants pour réussir à rembourser ou encore développé de nouvelles arnaques dans les pays « du Sud »…

On trouve pas mal de sites qui parlent de ça sur le net. Des plus ou moins sérieux. Mais le problème semble bien réel…

Le minimum serait quand même de compléter l'article avec des indications sur les taux auxquels l'argent est prêté et ce que représentent les sommes prêtées… Si filer 150€ est peu risqué pour un européen, combien de mois de salaire cela représente-t-il pour un fermier indien par exemple ?

Pousser les « bonnes âmes » à devenir promoteur du développement du surendettement des pauvres conformément à la doctrine néolibérale, je trouve ça franchement dégueulasse… Surtout sur Rue89…

Dans cet article, on parle de « taux d'usuriers » supérieurs à 20% et de harcèlement des emprunteurs par ces fameux « MFI » présentés ici comme de charitables organismes :
http://timesofindia.indiatimes.com/articleshow/1996002.cms

Un éclaircissement serait bienvenu.

Portrait de Madiran

à Kurt Portrait de Kurt De Madiran

(Business Analyst) | 14H20 | 03/06/2009 | Permalien

Ne pas oublier que le « micro crédit » sert aussi à préter peu à un taux plus fort ! !
Il n'y a pas de petit profit ! !

Le micro crédit est un business, comme le crédit que l'on dit classique, ou le crédit usuraire….

Portrait de Weatherboy

à Kurt Portrait de Kurt De Weatherboy

Comédien dans un système oligarchiq... | 21H50 | 03/06/2009 | Permalien

Merci Kurt, ça m'évitera de me fatiguer les doigts.

En passant il y a cet article du CADTM sur le sujet :
« Muhammad Yunus : Prix Nobel de l'ambiguïté ou du cynisme ? », Denise Comanne, CADTM, 4 mars 2009

Et pour aller plus loin, l'arnaque au micro-crédit est aussi dénoncé aux pages 237-239 de ce bouquin
« 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale », CADTM, 2008

Portrait de romain_f

à Weatherboy Portrait de Weatherboy De romain_f

étudiant/stagiaire | 22H19 | 03/06/2009 | Permalien

article contre article
bouquin contre bouquin … quel débat

« Muhamed Yunus : Prix Nobel de l'ambiguïté ou du cynisme ? »…
on sent déjà l'oeil objectif et impartial du chercheur

Portrait de Madiran

De Madiran

(Business Analyst) | 14H24 | 03/06/2009 | Permalien

Les particuliers financent les entreprises ?

Bonne idée !

C'est super, mais cela existe pratiquement depuis le début du monde industriel : on nomme ceci un actionnaire.

Cela n'a rien à voir, de prime abord avec le micro-crédit me semble-t-il,

Un actionnaire comme vous et moi peut très bien acheter une ou plusieurs actions d'une société (la PME de son quartier, ou bien une entreprise en Inde, ou encore une mine en australie…) et aller voter à l'assemblée générale, (ou s'y faire représenter en australie ! ) comme cela se fait couramment ! !
Ou putôt comme cela devrait se faire couramment ! .

Et ce type d'actionnariat peut très bien se faire, au moins pour des sociétés locales, sans le concours de banques ! !
Vous pouvez fonder un société anomyme ou autre avec votre voisin, votre ami… etc… Et même faire tourner cette société (ce n'est pas facile) sans prèt bancaire ! !
Inutile de dire quie la banques ne vous faciliteront pas la tâche ! ! C'est certain.

En effet le rôle des banques étaient, au tout début, d'être associées et pas forcément actionnaires ! ! !
Bien que rapidement cela changeat !

Il semble donc que l'on revienne au principe de l'actionnariat.
Mais l'actionnariat n'est pas le micro crédit ! Heureusement.

Portrait de mindless

De mindless

Etudiant | 15H20 | 03/06/2009 | Permalien

N'est-ce pas l'aveu d'une défaite du système bancaire ?
Les banques, grandes multinationales qui, bien qu'ayant souffert de la crise, génèrent des millions d'euros de profit ne veulent plus financer des projets, donc ça serait à nous d'investir et de prendre des risques financiers à leur place ? !

Il est vrai que l'action de redresser la situation économique appartient à tous et qu'il est un peu facile d'accuser les banques de tous les maux. Toutefois, dans le cas présent, on cautionne le fait que les banques ne prêtent plus et ça serait aux particuliers de payer pour leurs erreurs (plus ou moins volontaires d'ailleurs) ? !

Le principe de l'investissement des particuliers est ce qui a conduit à la création des banques et y revenir serait la constatation d'un échec de celles-ci et du système bancaire…

De plus, le rapport avec le micro-crédit est flou, on parlerait plus de l'actionnariat comme le cite un riverain ci-dessus.

Portrait de Sustainable_Gupta

De Sustainable_Gupta

Reparti | 15H59 | 03/06/2009 | Permalien

« une commerçante qui veut ouvrir une boutique à Phnom-Penh, au Cambodge, elle a besoin de 150 dollars. Elle se connecte sur Babyloan pour faire connaître son projet. »

Egalement, elle fait connaître son projet sur facebook et s'assure d'un buzz maximal qui la référence dans google, puis met un lien vers paypal et tracke ses visiteurs par media-machin, en anglais bien sur car il est bien connu que tous les cambodgiens parlent anglais couramment …

vous vivez sur quelle planète au juste ? Vous avez vu qui est dans les cafés internet de Phnom-Penh ? (et encore il y en a là bas, tandis, que dans la plupart des endroits où vivent les bénéficiaires potentiels du micro crédit, l'électricité et l'eau courante seraient un bon début)

Portrait de Tyb

à Sustainable_Gupta Portrait de Sustainable_Gupta De Tyb

(par ici, par là) | 16H13 | 03/06/2009 | Permalien

oui enfin ce point ci était un exagération de l'article.

pour le reste effectivement quelques points restent en suspend :

- dans le cas de MyC4 par exemple après avoir passé une heure à lire la FAQ et les différentes questions, force est de constater que l'abondance de paramètres à maitriser ou du moins à comprendre ne rend pas le système forcément accessible au commun des mortels

- sur ce site là en tout cas l'anonymat ne semble pas vraiment de mise, le compte étant crée avec le nom complet, apparaissant par exemple après dans des forums tout à fait publics

- effectivement, plus préoccupant, les taux pratiqués peuvent être préocuppants, même si par rapport au mécanisme de micro-crédits officiels… sur MC4 par exemple, quelqu'un voulant d'assurer un rendement de mettons 3/4 %, sera obligé au vu des conditions de remboursement, taux de change, taxe de banque, agissant comme autant de prélèvements etc de proposer à l'emprunteur des taux tournant plus autour des 16%, les différents organismes étatiques ou privés se mettant la différence dans la poche…

- financer ok, mais c'est dommage que les projets ne concernent que des commerçants ou presque, c'est peut-être une condition du développement local suivant la doxa néolibéral, mais à titre de préteur, je préférerais nettement financer des hopitaux, équipements sanitaires ou pompes à eaux, des trucs immédiatemment utiles…

j'avoue que tout ça me laisse assez dubitatif…

Portrait de Sustainable_Gupta

à Tyb Portrait de Tyb De Sustainable_Gupta

Reparti | 18H29 | 03/06/2009 | Permalien

Intéressante cette différence entre 3% de rémunération pour le prêteur et 16% d'intérêt pour l'emprunteur. Cela voudrait il dire que finalement, le micro crédit ne réduit pas le nombre d'intermédiaires, mais l'augmente (ce qui parait normal vus les risques du prêt et les différences culturelles), et que les banques ne font pas si mal leur travail en prêtant à LIBOR + 100bp ? ?

Conclusion troublante. le nouveau n'est pas toujours bon, et l'ancien ne marchait pas si mal en comparaison.

Portrait de N.E.M.

à Tyb Portrait de Tyb De N.E.M.

Activité indéfinie | 21H01 | 03/06/2009 | Permalien

Une personne qui travaillait pour une ONG dans le micro-crédit en Inde me disait que les taux sont très élevés parce que les risques sont importants et qu'il y a beaucoup de frais.
Pour les risques j'ai compris. Pour les frais elle a pris un exemple. Comme c'est une ONG qui prête, elle n'a pas de bureau dans tous les villages ou dans toutes les grandes villes (à la différence d'une banque qui a des agences un peu partout). Donc pour rembourser le prêt, c'était un agent du prêteur qui se déplaçait (frais de transport). Parfois le remboursement n'est pas disponible, mais le sera demain ou dans quelques jours ; donc il faut repasser dans le village (encore des frais de transport mais aussi beaucoup de temps passer pour un client). De façon général, il me semblait aussi que les ONG passaient beaucoup de temps à monter les dossiers, et tout simplement expliquer et s'assurer que les personnes concernées avaient tout bien compris.

A oui, cette personne m'avait aussi dit que les mafias locales n'aimaient pas les micro-crédits parce que ça leur faisait de la concurrence, et qu'il y avait parfois des problèmes.

Portrait de Yvon le Zébulon

De Yvon le Zébulon

Retraité | 15H41 | 03/06/2009 | Permalien

Les salariés Français pourraient déjà aider leur propre entreprise…

° En acceptant que leurs salaires soit divisé par deux ou trois…
De toutes façons, cette formule est déjà en application mais personne ne s'en rend vraiment compte.

- Les cadeaux faits aux grosses boites sont autant de perdu pour le social ou le pouvoir d'achat de celui qui a pourtant décidé de…

* travailler plus pour gagner plus !

Portrait de framboise92

De framboise92

Je refleurirai un jour ! | 16H02 | 03/06/2009 | Permalien

Vont pas être déçus du voyage, les nouveaux petits entrepreneurs, quand ils devront payer leurs impôts, leurs taxes, et tout le tralala.
A moins qu'ils aient les reins solides.
Sinon, pas de chômage et la rue.

Portrait de romain_f

De romain_f

étudiant/stagiaire | 16H08 | 03/06/2009 | Permalien

pour kurt et madiran …

vous semblez reprendre à la lettre les caricatures du microcrédit sans sembler connaitre le secteur

s'il est vrai que dans les pays où les institutions de microcrédit se sont développées, les taux d'intérêt pratiqués dépassent largement les 20% (moyenne mondiale pour les IMFs reconnues par le MixMarket s'établirait plutôt autour de 35/40%) les raisons sont légitimes et ce ne sont certainement pas des requins ou des grands groupes financiers qui profitent de la détresse économique pour graisser le monstre néo libéral

accorder des prêts de faible montant requiert des coûts fixes élevés, d'autant plus que l'on traite souvent avec des personnes du secteur informel, sans document d'identité et sans aucune garantie par exemple, ou dans des régions reculées
le suivi sur le terrain par les agents de crédit s'accompagnent donc de coûts eux aussi élevés, car la grande majorité des IMFs effectuent un travail de terrain poussé et ne sont pas des guichets de banque où les gens se pressent
de plus les fonds disponibles pour financer ses prêts sont octroyés par les différents investisseurs institutionnels ou les grands groupes financiers a des conditions très désavantageuses puisque traduisant une méconnaissance totale du secteur : ceux ci voient en la microfinance un secteur risqué puisque traitant avec des personnes pauvres alors que de nombreuses études montrent que le recouvrement des crédits affiche de meilleurs résultats que dans le secteur bancaire traditionnel ;
bref coûts élevés de transaction + administration + de financement = coût élevé du crédit
tout l'idée est que l'important est d'offrir à ces populations défavorisées la possibilité d'accéder à des moyens de financement autre que les moyens informels (les requins locaux aux taux usuriers)
il est vrai que dans certains pays (inde bangladesh, bolivie…) la grande concentration d'institutions et le manque de coordination entre elles (puisque secteur émergent) a conduit à une compétition accrue et à des phénomènes dramatiques de surendettement

si le microcrédit n'est pas la solution miracle, il sort au moins de la logique occidentale d'assistanat des pays en voie de développement

pour plus d'information, et afin de ne pas reprendre sans savoir les caricatures, consultez :
http://www.lamicrofinance.org/ ; site le plus complet en français

Portrait de DocteurSka

à romain_f Portrait de romain_f De DocteurSka

Etudiant | 17H05 | 03/06/2009 | Permalien

Disons plutôt qu'avant le récent développement du micro-crédit, les banques ne s'intéressaient pas à cette population.
Avec le succès de la Grameen Bank de Yunus, on commence à voir des banques « commerciales » se lancer sur le créneau (voir les partenariats ADIE-banques françaises, ou mieux, les banques mexicaines).

Et puis personne ne parle des autres limites du micro-crédit :

- il est rarement ciblé sur les plus pauvres. Vu que dans les pays du Sud les classes moyennes sont souvent exclues de la finance, les IMF se concentrent d'abord sur ces cibles « faciles » (il suffit de regarder les « profils » babyloan pour s'en appercevoir). Ce n'est pas un mal en soi, mais il n'est pas prouvé que l'enrichissement des riches bénéficie aux « vrais » pauvres…

- ce genre de crédit n'accroit pas forcément les revenus sur le long terme. Il sert même assez souvent à répondre à un imprévu (maladie, …) plutôt qu'à accroitre les capacités de production. Ce n'est donc pas forcément un bon outil de « développement », et c'est une des causes du sur-endettement où il mène parfois

Et puis pour ce qui est des taux, ils sont en général plus faibles que ceux proposés par les usuriers traditionnels, mais pas toujours : en Amérique Latine, ça tourne souvent autour de 60%…

Portrait de Kurt

à romain_f Portrait de romain_f De Kurt

18H01 | 03/06/2009 | Permalien

J'ai déjà lu tout votre argumentaire sur le site de babyloan, que vous semblez « reprendre à la lettre ». Mais, et j'en suis désolé, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il ne m'a pas convaincu…

Peut-être, parce que n'y connaissant rien contrairement à vous, j'ai bêtement accordé du crédit aux propos de Y S Rajasekhara Reddy, ministre indien de l'état d'Andhra Pradesh qui affirme :
« MFIs were turning out to be worse than moneylenders by charging interest rates in excess of 20 per cent. »
Mais il faut croire que lui non plus ne connaît pas le secteur

Par ailleurs, je n'arrive pas à me convaincre que ces « phénomènes dramatiques de surendettement » ne sont pas si graves. Et ce, malgré vos efforts pour minimiser ce qui se traduit par des suicides de fermiers surendettés harcelés par ces si braves et désintéressés MFIs (voir ici).

Je tiens également à vous préciser que j'ai passé l'âge de croire aux monstres « néo-libéraux » ou pas. Vous devriez par contre vous intéresser à cette idéologie qui pousse à une croissance par l'endettement, ici (par exemple) ou ailleurs… Peut-être y verrez-vous un parallèle avec notre affaire…

Enfin, merci pour votre lien, mais j'espère que vous vous rendez-compte que si vous m'aviez donné un lien vers Philip Morris pour me prouver l'innocuité du tabac, ça n'aurait pas été très différent…

Portrait de romain_f

à Kurt Portrait de Kurt De romain_f

étudiant/stagiaire | 18H54 | 03/06/2009 | Permalien

je n'ai jamais tenter de minimiser les risques du surendettement et surtout pas les suicides qui y sont liés
mais parce que quelques institutions de microfinance n'ont aucun sens moral et profitent de la détresse économique de leurs clients pour s'enrichir, il faut donc condamner définitivement l'instrument économique qu'est le microcrédit ? ? ?
depuis que le microcrédit existe, a-t-on vu une croissance exponentielle du nombre de suicidés comme conséquence directe ? ?
prendre des exemples, aussi dramatiques soient-ils, suffit-il pour construire un argumentaire contre le microcrédit ?
cela reviendrait directement à accuser Muhamed Yunus d'être un affreux patron de multinationale qui s'enrichit sur le dos des plus démunis et les pousse au suicide … il faudrait dire aux suèdois de lui reprendre son prix nobel de la paix…

quant aux discours de ministre indien, leurs politiques agricoles et rurales des dernières décennies ont été catastrophiques, les banques rurales d'Etat ont connu des faillites immenses qui ont surement dû pousser à de nombreux suicides aussi et l'on peut comprendre que dans un pays où le clientélisme tient souvent lieu de programme politique en milieu rural, l'apparition de nouveaux acteurs économiques et sociaux pose problème…

Portrait de Kurt

à romain_f Portrait de romain_f De Kurt

22H02 | 03/06/2009 | Permalien

J'ai juste modifié quelques mots, juste pour voir ce que ça donne :

« Je n'ai jamais tenter de minimiser les risques du surendettement et surtout pas les expulsions qui y sont liées.
Mais parce que quelques banques n'ont aucun sens moral et profitent de la détresse économique de leurs clients pour s'enrichir, il faut donc condamner définitivement l'instrument économique que sont les subprimes ? ? ?
Depuis que les crédit hypothécaires existent, a-t-on vu une croissance exponentielle du nombre d'expulsés comme conséquence directe ? ?
Prendre des exemples, aussi dramatiques soient-ils, suffit-il pour construire un argumentaire contre les subprimes ?

Amusant n'est-ce pas ? Et on peut faire ça avec n'importe quoi, ça marche toujours (et encore, j'ai zappé la partie sur l'honneur d'un prix Nobel ! )

J'en reviens à mon propos d'origine (que vous avez expédié au prétexte que j'aurais copié je ne sais quelle caricature de critique des microcrédits) : présenter le micro-crédit - qui n'est “micro” que pour le prêteur - comme une solution aux problèmes de répartition des richesses dans telle ou telle région du monde en passant sous silence les dérives qui sont, ne vous en déplaise, loin d'être anecdotiques, c'est une démarche “d'évangélisation néo-libérale”. Et faire croire qu'on fait une bonne action en prêtant de l'argent avec intérêt, c'est quand même un peu fort…

Autre point : lorsque je demandais ce que représentent les sommes prêtées aux populations concernées, question que vous avez littéralement ignorée en nous exposant toutes les “bonnes raisons” d'appliquer des taux d'intérêt astronomiques, ce n'était pas non plus une question en l'air. Je comprends que vous préfériez l'ignorer puisque si un “micro-crédit” représente une année de salaire, ce n'est plus trop un micro-crédit et tout votre beau discours sur le caractère formidable de ce système est largement assombri…

Mieux, vous avez fini de me convaincre que ce système est véritablement pervers :
- Des organismes obtiennent de l'argent à un taux d'intérêt de 3 ou 4%.
- Ils re-prêtent alors ces sommes à des taux dont vous nous disiez qu'ils sont 10 fois plus importants.

Il est à noter, qu'ils ne courent absolument aucun risque. L'argent engagé n'est pas à eux, et au pire, il ne représente que de toutes petites sommes pour les “gentils investisseurs” qui pensent même faire une bonne action en le prêtant, n'attendant sûrement pas de retour sur investissement. Même si l'argent n'est pas rendu on imagine mal quelqu'un faire un procès à un système appuyé par un prix Nobel de la paix pour récupérer 50€ ! Pire on leur fait croire que celui qui leur doit l'argent est ce pauvre fermier indien dont ils ont vu la photo sur internet. Il faudrait quand même être salaud pour lui réclamer une somme si dérisoire par chez nous et si importante par chez lui !

Résultat : Avec une mise de départ proche de 0, nos “gentils organismes prêteurs” touchent le jackpot. Et si les emprunteurs ont du mal à rembourser, dans ces pays pauvres il ne doit pas être très compliqué de mettre en œuvre de quoi les convaincre de tout de même donner le maximum…

C'est d'ailleurs pourquoi on a vu certains de ces “gentils organismes” entrer en bourse au grand bénéfice de certains…

J'étais sceptique, maintenant que je suis renseigné, je suis écœuré.

Portrait de romain_f

à Kurt Portrait de Kurt De romain_f

étudiant/stagiaire | 22H59 | 03/06/2009 | Permalien

ah la force de la rhétorique pour annihiler tout débat constructif …votre référence aux subprimes, au delà de l'évidente supercherie rhétorique est abusrde :
si l'on peut lier directement subprimes et expulsion, lier de la même manière microcrédit/suicide démontre une véritable mauvaise ; et m'accuser de nier le drame du surendettement et le drame de ces suicides est plus qu'un coup bas

restons si vous le voulez dans un débat sensé et respectueux ;
le suicide en milieu rural dans les pays en voie de développement est une réalité atroce qui existait avant le microcrédit, qui existe dans des pays sans microcrédit et malheureusement risque d'exister encore demain malgré le microcrédit

les dérives liées aux microcrédits ne sont pas anecdotiques
et si vous avez eu la curiosité d'explorer le site que je vous ai recommandé, de nombreux articles ci réfèrent

je ne pense pas non plus m'être fait l'apôtre inconditionnel du « caractère formidable de ce système »…
comme je l'ai déjà dit, le microcrédit n'est pas la panacée, provoque de nombreux abus aux conséquences terribles, mais a tout de même montrer des résultats pour le moins encourageant (cf. Bolivie)
et non, le micrcrédit ne représente pas une année de salaire comme vous le dites puisqu'il est, si ce n'est la plupart du temps mais pour les IMFs respectant les meilleures pratiques, destiné à des entrepreneurs du secteur informel qui n'ont pas de possibilité d'accéder à un financement leur permettant de développer une activité déjà existante (et oui je le concède comme je l'ai déjà fait que le microcrédit n'est donc pas adéquate pour cibler les plus démunis)

concernant les moyens de financement de ces institutions, la situation des IMFs auxquelles je me réfère (les « bonnes pratiques » déjà expliquées) n'a rien à voir avec la structure que vous avez l'air d'imaginer :
si cet article fait état d'un système de financement direct encore assez confidentiel avec des investisseurs privés « donnant » 50e, ceci ne représente qu'une goutte d'eau dans le secteur de la microfinance
pour info, le réseau bolivien, FINRURAL qui regroupe de grandes institutions boliviennes (et non multinationales) reporte pour l'année 2008 plus de 300 000 clients pour un total de plus de 150 millions de dollar de crédits octroyés … donc vous imaginez bien que ces institutions ne sont pas financées par des investissements de 50 $…
les coûts de financement dépendent donc, comme pour n'importe quelle institution financière, du risque pays et des taux en vigueur sur marché des capitaux + bonus de risque chargé à cause de la méconnaissance du secteur
pour info une moyenne de 10/12% en Bolivie mais beaucoup plus en Afrique, ou même en Argentine, par exemple ;

les institutions de microfinance sont responsables de ces emprunts, non les bénéficiaires de microcrédit.

pour finir, je vous trouve assez méprisant dans vos critiques sur ces « gentils organismes » : les plus importantes institutions de microcrédit aujourd'hui ont été créées en tant qu'ONG locales (et non par des bons sentiments venant du Nord), avec le souci de faire la différence sur le terrain face à des gouvernements impuissants, face aux pseudo bons sentiments occidentaux et face au mépris du secteur bancaire, en donnant la possibilité à des microentrepreneurs de développer leur business (et potentiellement d'engager plus de personnels)
leur croissance impressionnante dans certaines régions, et en particulier en Amérique latine, est la preuve d'une demande énorme qui ne peut être comblée par l'aide internationale, ou la pitié du Nord ; ce n'est qu'en créant des systèmes financiers locaux, non dépendant des marchés internationaux, qu'une solution pour les pays en voie de développement pourra émerger (et la microcrédit n'est qu'un outil parmi d'autres)

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à romain_f Portrait de romain_f De Kurt

19H42 | 04/06/2009 | Permalien

« ah la force de la rhétorique pour annihiler tout débat constructif … »
Il est vrai que d'un point de vue « rhétorique », « Muhamed Yunus : Prix Nobel de l'ambiguïté ou du cynisme ? »… on sent déjà l'oeil objectif et impartial du chercheur », c'est un peu plus faible, mais pour ce qui est de couper court au débat, c'est assez efficace. ; -)

« restons si vous le voulez dans un débat sensé et respectueux ; “
Avec plaisir, seulement, évitez d'interpeller les gens en leur disant qu'ils copient je ne sais quelle caricature lorsqu'ils ne font qu'exprimer un doute et posent des questions auxquelles vous ne prenez pas la peine de répondre…
Vous n'avez pas trouvé amusant mon ‘détournement’ sur les subprimes, cela dit, vous me donnez le sentiment que vous auriez très bien pu les défendre bec et ongle il y a deux ans. Qui sait ce que vous direz des ‘micro-crédits’ dans deux ans d'ailleurs…

‘comme je l'ai déjà dit, le microcrédit n'est pas la panacée, provoque de nombreux abus aux conséquences terribles, mais a tout de même montrer des résultats pour le moins encourageant (cf. Bolivie)’

Non, vous ne l'avez pas dit. Ce que vous avez dit, c'est que s'interroger sur ces dérives et le fait de savoir si elles ne sont pas intrinsèquement liées au principe du ‘micro-crédit’ c'est insulter un prix Nobel… Je pense pour ma part que ces dérives sont intrinsèquement liées au principe même du ‘micro-crédit’.

‘et non, le micrcrédit ne représente pas une année de salaire comme vous le dites
Vous affirmez que ce n'est pas le cas, soit. Mais alors, de quel ordre sont ces crédits pour les gens qui les contractent ? 1 mois de revenu moyen ? 1 semaine ? 10 ans ?
Si ils représentent de petites sommes pour les personnes qui y souscrivent, à quoi servent-ils si ce n'est à prendre 30 à 40% de ce que leurs bénéficiaires auraient pu économiser rapidement ? Si ils représentent des sommes importantes, sont-ce toujours des micro-crédits’ pour ces personnes ? Pouvez-vous répondre simplement ou êtes vous obligé de développer tout un argumentaire abscons sur les bénéficiaires visés et les ‘bonnes pratiques’ des IMFs ?

‘si cet article fait état d'un système de financement direct encore assez confidentiel avec des investisseurs privés donnant ’ 50e”
Ça tombe bien, je réagissais justement à cet article…

“pour info, le réseau bolivien, FINRURAL qui regroupe de grandes institutions boliviennes (et non multinationales) reporte pour l'année 2008 plus de 300 000 clients pour un total de plus de 150 millions de dollar de crédits octroyés”
On peut également évoquer la cuisson du homard, mais je n'en ai pas vu un mot dans l'article auquel je réagissais ; réaction pour laquelle vous m'interpelliez…

“pour finir, je vous trouve assez méprisant dans vos critiques sur ces ‘ gentils organismes ’”
Relisez vos différentes réactions, vous n'avez rien à m'envier. ; -)
À ce propos, j'aime beaucoup votre manière d'apaiser le débat avec vos propos sur l'oeil objectif et impartial du chercheur ou encore sur “ces gens” que vous imaginez réduire les micro-crédits à des dons de “50€”. Heureusement que je ne suis pas visé, j'aurais pu prendre ça pour de la condescendance mal placée ! : -D

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étudiant/stagiaire | 21H05 | 04/06/2009 | Permalien

« si cet article fait état d'un système de financement direct encore assez confidentiel avec des investisseurs privés donnant » 50e »
Ça tombe bien, je réagissais justement à cet article… »

certes vous réagissiez à cet article mais en tirant des conclusions ( » Des organismes obtiennent de l'argent à un taux d'intérêt de 3 ou 4%.
Il est à noter, qu'ils ne courent absolument aucun risque. L'argent engagé n'est pas à eux, et au pire, il ne représente que de toutes petites sommes pour les « gentils investisseurs » qui pensent même faire une bonne action en le prêtant, n'attendant sûrement pas de retour sur investissement. Même si l'argent n'est pas rendu on imagine mal quelqu'un faire un procès à un système appuyé par un prix Nobel de la paix pour récupérer 50€ ! Pire on leur fait croire que celui qui leur doit l'argent est ce pauvre fermier indien dont ils ont vu la photo sur internet. Il faudrait quand même être salaud pour lui réclamer une somme si dérisoire par chez nous et si importante par chez lui ! »)
conclusions qui, et je vous le faisais remarquer mais vous ne relevez pas ce point dans votre dernier commentaire, sont très éloignées de la réalité de la microfinance aujourd'hui puisque ce mode de financement ne représente qu'une partie plus que dérisoire pour les IMFs (et n'existe même pas pour les plus importantes d'entre elles)

je réitère que les microcrédits, et je parle toujours pour les IMfs adeptes des bonnes pratiques du secteur (même si cette précision vous semble « abscons » pour une raison qui m'échappe) ne constitue pas une année de salaire mais constitue un investissement pour une activité génératrice de revenus ; lorsqu'une entreprise française sollicite un prêt pour investir dans son outil de production, on ne se demande à combien de salaires cela correspond il me semble…

quant à vos réflexions sur les subprimes ou mon talent de rhétorique…

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étudiant/stagiaire | 21H15 | 04/06/2009 | Permalien

et il me semble que lorsque vous dites :
« Je pense pour ma part que ces dérives sont intrinsèquement liées au principe même du “micro-crédit'”
vous montrez assez précisément que l'échange d'idées et le débat ne vous intéresse pas puisque votre conviction est déjà arrêtée

même si je défends (comme je le peux avec mon faible niveau rhétorique pour aller dans votre sens) le microcrédit, outil auquel je crois pour sortir de la logique d'assistanat pour les pays en voie de développement et leur permettre de créer leur propre système financier, j'émets aussi (et je n'ai pas eu le temps de toutes les exposer) de nombreuses critiques quant aux usages de certaines institutions ;
c'est pour cela que je me réfère aux “bonnes pratiques”, pour différencier les institutions “sérieuses” des requins qui sont entrés dans ce secteur pour profiter de la détresse de ces populations sans ressources financières “formelles”

et essayer de me faire passer pour un méchant néo-libéral avec votre allusion sur les subprimes alors que je travaille sur le terrain, en argentine, avec les classes défavorisées me semble assez déplacée

Portrait de Kurt

à romain_f Portrait de romain_f De Kurt

23H13 | 04/06/2009 | Permalien

« Je réitère que les microcrédits, et je parle toujours pour les IMfs adeptes des bonnes pratiques du secteur (même si cette précision vous semble “ abscons ” pour une raison qui m'échappe) ne constitue pas une année de salaire mais constitue un investissement pour une activité génératrice de revenus ;

Vous ne m'avez pas compris, je reformule donc mes questions :

Combien de temps faut-il à quelqu'un qui a souscrit un “micro-crédit” pour le rembourser intérêt compris si ses affaires ne fonctionnent pas et qu'il doit trouver un travail salarié ?
(d'où ma question en terme de “nombre de salaires moyens”)

Si ce délai est court, si il lui est facile de rembourser, comment justifier de faire payer 30 à 40% du montant de ce qu'il aurait pu mettre de côté lui-même ?
Si ce délai est long, comment peut-on appeler ça un “micro-crédit” ?

Et je vais recommencer avec mon analogie avec les subprimes (qui a l'air de vous blesser, j'en suis désolé…), mais ceux-ci permettaient à des ménages pauvres d'acquérir leur logement avec des emprunts à taux inférieurs à ceux des micro-crédits. Tout allait bien… Et on connaît la suite… Malheur aux perdants…

Et cette question n'est pas anodine puisqu'on attribue - au moins en Inde - des suicides de fermiers acculés par le remboursement de ces “micro-crédits”… Dans ces cas là, au moins, il n'étaient pas “micros” pour tout le monde, vous en conviendrez…

Quant au libéralisme, il n'est pas “méchant”, il est idéologue. Vous vous trompez en imaginant les néo-libéraux comme d'infâmes salauds voulant ruiner le petit peuple. Ils pensent simplement que le néo-libéralisme est le meilleur moyen d'améliorer le monde (rien que ça). Tout comme les communistes pensent que le communisme est le meilleur moyen d'améliorer le monde.
La démarche du “micro-crédit” est néo-libérale dans le sens où elle pousse la croissance par l'endettement individuel, et tant pis pour ceux qui perdent… Et surtout, le partage des richesses est absolument exclu. Si les pauvres ne veulent plus être pauvres, ils n'ont qu'à créer eux-mêmes leur richesse (et donc, on peut attribuer leur pauvreté à leur seule “responsabilité individuelle”). Vous noterez d'ailleurs que vous empruntez du vocabulaire de ce courant de pensée en parlant de “logique d'assistanat” (dans des pays où la misère côtoie la plus grande richesse).

C'est donc pourquoi je pense que les dérives dont on parle “sont intrinsèquement liées au principe même du ‘micro-crédit'’. Ce qui n'exclut absolument pas d'en débattre. Le débat c'est d'ailleurs ce qu'on fait il me semble (on pourrit assez les commentaires de cet article pour le nier ! ).

Portrait de romain_f

à Kurt Portrait de Kurt De romain_f

étudiant/stagiaire | 02H04 | 05/06/2009 | Permalien

« Si ce délai est court, si il lui est facile de rembourser, comment justifier de faire payer 30 à 40% du montant de ce qu'il aurait pu mettre de côté lui-même ?
Si ce délai est long, comment peut-on appeler ça un “micro-crédit” ? »

Le terme microcrédit se réfère plus au montant qu'au délai du microcrédit ;
le grand problème des populations démunies réside, il me semble, dans leur incapacité à mobiliser de l'épargne en vue d'investissement futur puisqu'ils doivent d'abord penser aux besoins de subsistance et sont à la merci de n'importe quel imprévu ; un crédit permet donc d'offrir l'opportunité de surpasser cette barrière
mais votre question est très intéressante et l'on note d'ailleurs une nouvelle tendance dans les grandes institutions de microfinance (IMFs) : l'offre de services d'épargne ; et ces produits remportent un succès immense (qui en terme de chiffre dépasse bien souvent l'offre de crédit) parce que même les ménages les plus démunis (et surtout eux devrais-je dire) veulent épargner ; le futur du microcrédit semble être la microépargne ;

quant aux 30/40% je vous ai déjà expliqué antérieurement que les coûts pour l'institution sont tels qu'il est impossible d'offrir les même conditions que les banques traditionnelles traitant avec des clients « formels » ; l'analogie avec les subprimes est compréhensible mais le microcrédit ne dépend pas des marchés internationaux (puisqu'il a pour ambition de créer des marchés de capitaux locaux, l'épargne devenant la première source de financement des crédits) et on n'exige rarement du microentrepreneur des garanties (comme les hypothèques des subprimes) autres que sociales

alors oui pour un microentrepreneur prenant un prêt dont le montant excède ou égale le salaire moyen en vigueur dans le pays constitue un risque, mais les grandes IMFs ont connu un tel succès (taux de non repaiement des crédits moindre que pour le secteur bancaire) parce que plusieurs mécanismes sont mis en place pour suivre et aider les microentrepreneurs (stage de formation, suivi hebdomadaire, réunion avec d'autres professionnels de leur secteur pour partager les expériences) ;
l'intérêt de réussir est commun : les IMFs sont à la merci d'un choc systémique (un client ne repaie pas et tous le suivent) que ne connaît pas le secteur bancaire qui a à sa disposition des moyens coercitifs légaux (et croyais bien que peu d'IMFs recourent à des bandes pour récupérer l'argent, mais je vous le concède le phénomène doit exister, et ce doit être d'ailleurs les mêmes institutions qui participent au surendettement des indiens dont nous avons parlé)

cette question n'est bien sûr pas anodine, les suicides évoqués sont encore une fois dramatique mais, sans contester des mauvaises pratiques de certaines IMFs, les suicides de fermier en condition de détresse existaient certainement avant le microcrédit.

Quand je parle de logique d'assistanat, je ne pense pas reprendre un vocabulaire néo-libéral bien au contraire
Je comprends que prôner la croissance par l'endettement n'est pas la solution au développement des pays « pauvres » ; mais je continue de croire que le microcrédit est un instrument parmi d'autre utile pour créer des systèmes financiers locaux, pour créer sa propre richesse sans être dépendant des bonnes grâces des pays occidentaux et de leur (pas si) charitable aide

Portrait de romain_f

à Kurt Portrait de Kurt De romain_f

étudiant/stagiaire | 18H54 | 03/06/2009 | Permalien

je n'ai jamais tenter de minimiser les risques du surendettement et surtout pas les suicides qui y sont liés
mais parce que quelques institutions de microfinance n'ont aucun sens moral et profitent de la détresse économique de leurs clients pour s'enrichir, il faut donc condamner définitivement l'instrument économique qu'est le microcrédit ? ? ?
depuis que le microcrédit existe, a-t-on vu une croissance exponentielle du nombre de suicidés comme conséquence directe ? ?
prendre des exemples, aussi dramatiques soient-ils, suffit-il pour construire un argumentaire contre le microcrédit ?
cela reviendrait directement à accuser Muhamed Yunus d'être un affreux patron de multinationale qui s'enrichit sur le dos des plus démunis et les pousse au suicide … il faudrait dire aux suèdois de lui reprendre son prix nobel de la paix…

quant aux discours de ministre indien, leurs politiques agricoles et rurales des dernières décennies ont été catastrophiques, les banques rurales d'Etat ont connu des faillites immenses qui ont surement dû pousser à de nombreux suicides aussi et l'on peut comprendre que dans un pays où le clientélisme tient souvent lieu de programme politique en milieu rural, l'apparition de nouveaux acteurs économiques et sociaux pose problème…

Portrait de jmc06

De jmc06

retraite | 16H22 | 03/06/2009 | Permalien

c vrai que le micro credit à permis la creation de 62 000 emplois
d'ac si c'est financé par les français

à condition que le circus élysée dne s'en mèle pas sinon c'est voué a l'echec

et les banques,qui n'ont rien a y faire non plus

pasque ceux qui sont passé par le micro credit c pasque le circuit traditionnel (banques) leur ont refusé un prèt pour créer leurs boites

Portrait de Waldeck

De Waldeck

Naufragé en Sarkoland | 16H38 | 03/06/2009 | Permalien

-« Et si les particuliers finançaient les entreprises ? “

Mais mon pôvre Amaury, vous découvrez l'eau chaude ?

Il y a belle lurette que les particuliers (citoyens, salariés, contribuables…) sont invités à mettre la main au porte-monnaie pour assurer les fins de mois des entreprises, sans qu'on leur demande leur avis, et pour quels résultats !

Portrait de YoshiL7

à Waldeck Portrait de Waldeck De YoshiL7

09H55 | 04/06/2009 | Permalien

pour quels résultats ? peut-etre la fin du contrat de travail : Ci-gît le contrat de travail (1848-2009†)

Portrait de christobal0094

De christobal0094

citoyen du monde | 16H55 | 03/06/2009 | Permalien

Moi j'aime bien l'idee du micro-credit.

J'aime bien l'idee que les gens veuillent s'assumer et gagner leur vie en creant une micro-entreprise.

A mon sens c'est le seul « plan banlieue “ qui voudrait dire quelque chose.
A condition de creer des vraies zonez franches :
- affranchies des grandes surfaces
- allegees en formulaires et coups de tampons.
- notament cette absurdite de locaux commerciaux versus logements.

J'aimerai voir des marches au milieu des cites dortoirs.
des ateliers de couture dans les etages des HLM , une mode tres locale, la naissance de marque locale.
des salons de coiffure dans les F3
des reparations mecaniques dans les parkings
des plats cuisines
des jouets sans Disneyfication
des conseils pratiques
des bijoutiers creant avec du zinc, etain et plastiques
des menuisiers se servant du bois des palettes
etc…

ca s'appelerait le Droit au Travail.
ca represente de la sueur, un peu de risque et des liens sociaux.
une sorte de contrat social.

ca existe dans le tiers-monde, j'y vis.

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