Et si l'on autorisait les candidats au bac à se connecter au Net ?

Pourquoi demander aux élèves de mémoriser des données disponibles sur Internet ? Le Danemark teste la mesure.

A l'ENA en février 2009 (Philippe Wojazer/Reuters)

Internet ActuInternet à l'école, c'est bien. Mais au bac, et lors des examens ? Le Danemark a décidé d'autoriser, à titre expérimental, les lycéens à accéder au Net pendant leurs examens. Une mesure qui, si les tests sont concluants, pourrait être généralisée en 2011.

« Quand vous faites un devoir à la maison vous avez accès à Internet. Donc, pourquoi en priver les candidats au bac ? », s'interroge Le Café Pédagogique. Le constat dressé par les autorités danoises est simple, souligne pour sa part le Guardian : la collecte des informations étant désormais, en grande partie, confiée aux ordinateurs, pourquoi demander aux élèves de mémoriser par coeur des données que l'on peut relativement facilement retrouver sur l'internet ?

Le risque de plagiat ? Il existe des outils pour le repérer, précisent les promoteurs de la méthode. Et pour éviter les risques de tricherie, les élèves n'auront pas le droit d'utiliser de messagerie instantanée, pas plus que les traducteurs automatiques, et leurs écrans seront de toute façon contrôlés, de manière aléatoire, par des surveillants.

Des sujets qui ne se prêtent pas au copier-coller

Il existera de toute façon des moyens détournés de tricher, mais, et comme le souligne Emmanuel Davidenkoff, directeur de la rédaction de l'Etudiant, l'accent sera mis sur la dissuasion, à la manière des contrôles antidopage :

« L'autre condition étant évidemment d'imaginer des sujets qui ne se prêtent pas au copier-coller… Donc des épreuves qui font appel à la réflexion, aux capacités de synthèse (afin de) vérifier que les élèves n'ont pas seulement appris mais compris. »

Et c'est le point le plus important : en autorisant les élèves à aller sur le Net pendant leurs examens, le Danemark parie sur leur capacité d'analyse, et de synthèse, et donc sur leur intelligence, plutôt que de continuer à reposer l'évaluation sur leurs capacités à régurgiter, ou « copier/coller » de mémoire, ce qu'ils ont appris par coeur.

Certes, l'un n'empêche pas l'autre, et le pari est osé, mais il a le mérite de s'adapter à la réalité quotidienne des élèves, plutôt que de continuer à faire comme s'ils vivaient encore au temps où l'accès à l'information était une ressource rare.

Une question d'usages

Pour François Jarraud, rédacteur en chef du Café Pédagogique :

« L'initiative danoise a aussi l'intérêt d'accéder à un espace que l'Ecole a bien du mal à investir : celui des pratiques sociales des adolescents. Intégrer Internet c'est aussi faire un lien entre l'Ecole et la vie réelle des adolescents, tous “digital natives” ».

Sur Politiken.dk, la présidente d'une association de lycéens s'en réjouit :

« Les examens doivent être le miroir de la vie réelle et quand vous écrivez des rapports au travail, vous utilisez Internet. »

C'était d'ailleurs tout l'intérêt de School 2.0, initiative du bureau des technologies éducatives du Département de l'éducation américain qui, plutôt que de se focaliser sur le matériel et les logiciels, tablait sur la mise en réseau de tout l'écosystème scolaire (élèves, enseignants, parents, personnels administratifs, politiques et techniques), au motif qu'« il n'y a pas un chemin unique pour aller vers l'école de demain », et que l'intégration des technologies à l'école est de la responsabilité de tous.

School 2.0

Comparant l'expérimentation danoise à l'autorisation d'utiliser les calculatrices aux examens, Emmanuel Davidenkoff remarque également qu'il avait alors « fallu modifier les épreuves, déplacer les enjeux, se dire que la maîtrise de certains procédés purement techniques - comme le calcul mental par exemple - comptaient moins à ce niveau que la capacité à bâtir un raisonnement et à le démontrer ».

Skolanet, une association de promotion et de développement du e-learning, note que si la calculatrice a « supplanté le calcul mental y compris pour des opérations basiques, (et que) l'utilisation d'un ordinateur relié à Internet pourrait aisément remplacer une partie de notre mémoire, (…) les opérations basiques ont été mémorisées en amont et c'est grâce à cette assimilation de connaissances basiques que l'apprenant peut utiliser la calculatrice ».

Apprendre à « lire » et décrypter le Net

A contrario, il faut aussi être capable d'identifier les informations les plus pertinentes : une chose est de savoir lire, une autre est de savoir chercher des informations sur le Net, et une troisième est de les vérifier, et de s'assurer de leur validité.

Toutes choses qui, à ce jour, ne sont précisément pas enseignées à l'école, et dépendent en bonne partie des usages et de la pratique qu'ont les élèves d'Internet, ce qui pose aussi le problème de la fracture numérique.

François Jarraud relève ainsi qu'il y a trois semaines, l'Angleterre annonçait sa propre révolution pédagogique :

« Les nouveaux programmes de l'école primaire font des TIC un élément aussi central que les maths et l'anglais. En fait la littératie, la numératie, les TIC et le développement personnel sont les 4 points importants de ces nouveaux programmes. On attend des enfants un certain niveau de maitrise des TIC, par exemple de Facebook, du tableur, de Twitter, et on considère cette exigence comme aussi importante qu'apprendre à compter.

“L'autre innovation c'est qu'avec ces cours, avec le retour des langues vivantes, avec l'enseignement obligatoire des arts, de l'histoire, de la géographie, ces programmes rompent sans le dire avec la domination du lire - écrire - compter imposée par le système de tests nationaux. Les programmes renouent avec la prise en compte de la totalité de la personnalité de l'enfant et visent un épanouissement qu'il sera plus difficile d'évaluer.

‘Ainsi est en train de se dessiner un espace européen qui fait délibérément le choix d'accorder à la culture numérique et à ses usages une place essentielle. Peut-être parce que la culture de ce siècle est numérique et que l'ignorer c'est fabriquer des analphabètes.’

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Portrait de Badgud

à Au sud de nul part Portrait de Au sud de nul part De Badgud

Athée | 18H23 | 30/05/2009 | Permalien

On apprends lorsque l'on fait des dossiers. Cela nous oblige à lire beaucoup de publications et à trouver rapidement les informations qui nous intéressent.
Je peux vous assurer que lorsque je suis passé de l'éducation française du par coeur à l'éducation danoise où l'on apprends à chercher les informations, je me suis beaucoup amélioré en très peu de temps.

Portrait de Au sud de nul part

à Badgud Portrait de Badgud De Au sud de nul part

Situation | 11H43 | 31/05/2009 | Permalien

Bonjour. Oui, je suis d'accord avec vous : la recherche par soi même (dans n'importe quelle discipline) permet d'avancer. Mais à partir de quel niveau d'étude cela est-il possible ?

Factotum

Portrait de Un vieux

De Un vieux

retraité | 14H12 | 30/05/2009 | Permalien

C'est très fort… ! ! !

Un monde contrôlé par les éditeurs de logiciels, les constructeurs et les FAIs…

Plus besoin d'attendre que la fracture numérique et technologique arrive à la profondeur suffisante, en agissant sur les prix de ces quelques produits, la séparation des « élites » et des esclaves pourra être immédiate…

On supprime même d'un coup les jeunes issus de milieux défavorisés qui font exceptions dans les grandes écoles et on leur supprime toute chance en coupant leur connexion pour téléchargement illégal d'un document sur la vie sexuelle des fourmis…

Portrait de jpar

De jpar

14H17 | 30/05/2009 | Permalien

Très bien ; alors pourquoi apprendre ? De mon temps c'était dans les livres (déjà). Quand je conduis pourquoi savoir le code de la route, c'est dans un livre ou sur internet, à chaque panneau, il suffit de s'arrêter et consulter…. Vive Internet !
Zut , j'ai trop téléchargé et à cause d'hadopi (ou d'une panne d'électricité ) je ne sais plus rien faire. Si quelqu'un pouvait me dire combien font 2+2 et ce que signifie ce panneau rouge avec un trait blanc. Moins les gens en saurons par eux même plus on pourra leur refourguer
des conneries (Montaigne)

Portrait de Badgud

à jpar Portrait de jpar De Badgud

Athée | 17H26 | 30/05/2009 | Permalien

Le plus important est de savoir comment trouver l'information et comment la traiter. On apprend beaucoup mieux quand on est allé cherché soit même l'information et qu'on a su synthétiser le résultat de notre recherche.
Et ne vous inquiétez pas, ils savent tous ce que font 2+2. Et en plus contrairement à un de nos ministre, ils savent même faire une règle de 3, ils sont forts quand même.

Portrait de framboise.

De framboise.

incognitotte | 14H17 | 30/05/2009 | Permalien

J'insiste : merci à rue89 de pouvoir réfléchir sur des sujets autes que ceux que nous proposent d'autres médias !
BRAVO !

Portrait de Crainquebille

De Crainquebille

Lecteur | 14H33 | 30/05/2009 | Permalien

Oui, pourquoi travailler sa mémoire ? c'est beaucoup d'effort d'assimiler des connaissances, pour pas grand chose (à part pour devenir plus intelligent et instruit, mais ça ça paye pas) ; mieux vaut privilégier des facultés immédiates, susceptibles d'être utilisées dans des métiers de communication par exemple. Et puis, au fond, pourquoi apprendre ?

Portrait de nijolly

De nijolly

agacé | 14H37 | 30/05/2009 | Permalien

En tant que professionnel de la profession, je dirais : pourquoi ne pas y réflèchir ? Mais dans notre belle EN, réflèchir avec honnêteté et intégrité à un changement est quasiment impossible.

Le contexte de l'examen de fin d'études secondaires danois est certainement différent du bachot.

J'objecte cependant :
-problème matériel, mais quand on veut….
-problème de triche : mouais, le contrôle des connexions est faisable.

Et surtout, je suis persuadé que toute intelligence a besoin de matière pour s'exprimer d'où une mémorisation qui n'est pas nécessairement du bourrage de neurones.
Je crois que les programmes du bac devraient porter sur plusieurs années pour laisser le temps aux connaissances de maturer. Le défaut du bachot est son temps si bref de préparation, qui privilègie le bachotage surtout dans ma matière, l'histoire-géographie.

Je rajoute qu'une épreuve du bac, les TPE, passée par anticipation en Première fait déjà appel à l'informatique et Internet, mais aussi à la créativité, les compétences écrites et orales, et le travail de groupe. Et malgré sa forme peu académique, elle est très formatrice, produit des résultats étonnants, souvent chez des élèves en bisbille avec la forme traditionnelle de l'école. Même si le pire côtoie le meilleur.

Portrait de framboise.

De framboise.

incognitotte | 14H49 | 30/05/2009 | Permalien

Bon, parlons sérieusement :

Portrait de framboise.

De framboise.

incognitotte | 14H48 | 30/05/2009 | Permalien

Voilà pourquoi il faut rendre l'accès à tous les élèves à cet outil.

Voilà pourquoi je m'époumonnais à dire sur un autre forum pourquoi le rapport Pisa était relatif.

Il faut d'avantage de sujets comme celui-ci pour faire comprendre à la france combien elle est RETROGRADE !

Il faut parler, commnuniqer et laisser les méprisants compter leur pognon ¨ !

PERTE DE TEMPS, ils sont irrécupérables ! Ils ne font que récupérer l'ignorance des gens à des fins de porte-monnaie perso.

Ne plus leur répondre, AVANCER ! Ne plus leur répondre, AVANCER ! Ne plus leur répondre, AVANCER ! Ne plus leur répondre, AVANCER !
Ne plus leur répondre, AVANCER !

Portrait de reny

à framboise. Portrait de framboise. De reny

en recherche | 15H10 | 30/05/2009 | Permalien

Et à force d'avancer on va droit dans le mur !

Portrait de Badgud

à reny Portrait de reny De Badgud

Athée | 08H41 | 31/05/2009 | Permalien

Ce n'est pas une raison pour ne rien faire. Si on suit ton raisonnement, on ne fera jamais rien.
Pour le cas qui nous intéresse, c'est juste une expérimentation. Ca permet de voir si du bout des doigts, on sent qu'il y a un mur devant. Si y en a un, ils n'avanceront pas, c'est aussi simple que ça..

Portrait de reny

De reny

en recherche | 15H08 | 30/05/2009 | Permalien

C'est ennuyeux de former une génération d'européens en utilisant Internet aussi complètement quand on sait que probablement l'énergie qui fait fonctionner internet va devenir de plus en plus coûteuse…que les outils nécessaires ne sont pas donnés…..cela va nous préparer une guerre des classes : ceux qui ont les moyens d'avoir cet outil et ceux qui ne pourrons pas y accéder

Sans parler des pays du tiers-monde

Nous bâtissons sur du sable en ce moment et de plus en plus, je trouve

Portrait de Marsile

De Marsile

Musicien | 15H28 | 30/05/2009 | Permalien

En quoi est-ce nouveau, dans le principe ? Les candidats à l'agrégation ont accès à une bibliothèque pratiquement illimitée dans leur domaine.
Seuls sont interdits quelques ouvrages trop spécifiques à l'agrégation (ceux qui donnent les plans des leçons demandées, par exemple).

Mais il s'agit d'un concours destiné à des étudiants qui ont déjà fait la preuve de leur maîtrise dans la discipline qu'il présente.

Portrait de papy38

De papy38

retraité | 16H32 | 30/05/2009 | Permalien

Personnellement j'ai toujours pensé que demander à une personne qui passe un concours des connaissances encyclopédiques était totalement débile.

L'important n'est-il pas de savoir où se trouve l'information et d'en faire bon usage.

D'autant que ces connaissances là, sont volatiles et ne servent pas à grand chose dans la vie professionnelle et courante. Elles privilségient celle ou celui qui apprend « par coeur »… et ne fait pas vraiment appel à son intelligence naturelle.

C'est mon point de vue.

Portrait de moguerou

De moguerou

17H14 | 30/05/2009 | Permalien

Je ne suis pas d'accord du tout. Le bac ne vaut déja plus grand chose mais dans ce cas ce serait comme si les « lauréats » avaient trouvé leur diplôme dans un paquet de bonux. Par ailleurs la lecture de beaucoup avoisine zéro aninsi que la culture. Celà ne servirais qu'à accentuer cette tendance.

Portrait de Badgud

à moguerou Portrait de moguerou De Badgud

Athée | 17H36 | 30/05/2009 | Permalien

Désolé, mais le bac en lui même ne sert plus à rien. Tout se joue après. Si on lui accorde toujours autant d'importance,c'est juste par tradition.

Actuellement un jeune qui arrête ces études juste après le bac, il est mal.

Portrait de Aloïs

De Aloïs

Etudiant | 17H32 | 30/05/2009 | Permalien

Mon dieu, encore une nouvelle connerie. On peut certes critiquer le bachotage, et le simple copié/collé, (qui n'est pas si simple que cela, car il nécessite une compréhension du cours, et une capacité de restitution, et une capacité de mise en relation.), mais il serait bon de ne pas oublié que le bachotage est -malgré ce qu'en dise mes profs- toujours présent à la fac.

Ensuite, le gros problème de ce genre de programme pédagogique, c'est qu'il fait fi d'une base intellectuelle essentielle : la mémoire. La mémoire n'est pas innée, elle nécessite un travail essentiel, et ce genre de pédagogie qui vise à tout simplifier en vue de ce centrer sur le toujours plus grand (et Sacro Saint) « bien être » des individus (leur développement personnel, pédagogies du jeu…)

C'est le drame de ce nouveau système éducatif, ces fameuses pédagogies douces qui, à mon avis, sont un drame pour l'éducation des enfants, pour leur développement intellectuel. Vous voyez, avec la calculatrice, les simples calculs me sont parfois difficiles. Mais je connais par coeur mes tables (on retrouve là l'importance de la mémoire), ce qui me permet d'arriver au résultat.

En conclusion, ce genre de pédagogie s'inscrive dans ce système libéral de la centration sur l'individu, la simplification… Pour une bonne critique du système éducatif actuel, je vous renvoie à l'ouvrage de Jean Pierre Terail : Ecole, l'enjeu démocratique. Si la perspective est critiquable, la critique est bonne.

Portrait de Thomas_

à Aloïs Portrait de Aloïs De Thomas_

Etudiant | 17H37 | 30/05/2009 | Permalien

C'est peut-être bien là le problème. La fac, du moins en licence, est essentiellement centrée sur la bachotage. Et c'est la formation des professeurs du secondaire, qui sont lâchés face à des adolescents sans avoir eu eux-mêmes d'autres expériences que le bachotage sans problématisation.

Portrait de Badgud

à Aloïs Portrait de Aloïs De Badgud

Athée | 17H46 | 30/05/2009 | Permalien

Ce n'est pas une pédagogie pour le bien être des élèves. Le but est de les former pour qu'il puisse cherche l'information et la traiter.
Un sujet peut être difficile, même si on dispose d'internet.

Pour la calculatrice, on a quasiment tous en permanence un instrument qui permet de calculer. Un téléphone portable a très souvent une option calculatrice. D'ailleurs certains permettent même d'aller sur internet.
Le Danemark est juste un pays qui vit avec son temps.

De notre coté, on commence à interdire l'usage de la calculatrice dans certaines épreuves du bac. Quand certains pays avancent, d'autres reculent.

Portrait de Au sud de nul part

à Badgud Portrait de Badgud De Au sud de nul part

Situation | 18H11 | 30/05/2009 | Permalien

Internet permettrait de trouver toutes les informations, en fonction des exigences propres à certaines disciplines ?
Il suffirait d'internet pour construire un mémoire de master en lettres classiques ou en philosophie ?
Cela m'étonne un peu.

Factotum

Portrait de Badgud

à Au sud de nul part Portrait de Au sud de nul part De Badgud

Athée | 20H12 | 30/05/2009 | Permalien

Je ne suis pas un littéraire.

En Biologie, on trouve beaucoup de publications scientifiques sur la toile. Il est tout à fait possible de réaliser sa thèse de master en cherchant juste sur internet (pour ma part, quelques livres m'ont été utiles, mais ils n'étaient pas indispensables).

Portrait de framboise.

à Au sud de nul part Portrait de Au sud de nul part De framboise.

incognitotte | 18H46 | 30/05/2009 | Permalien

un complément pour une épreuve de bac, c'est tout !
Vous, vous êtes du genre sceptique d'emblée ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Portrait de Aloïs

De Aloïs

Etudiant | 17H30 | 30/05/2009 | Permalien

Mon dieu, encore une nouvelle connerie. On peut certes critiquer le bachotage, et le simple copié/collé, (qui n'est pas si simple que cela, car il nécessite une compréhension du cours, et une capacité de restitution, et une capacité de mise en relation.), mais il serait bon de ne pas oublié que le bachotage est -malgré ce qu'en dise mes profs- toujours présent à la fac.

Ensuite, le gros problème de ce genre de programme pédagogique, c'est qu'il fait fi d'une base intellectuelle essentielle : la mémoire. La mémoire n'est pas innée, elle nécessite un travail essentiel, et ce genre de pédagogie qui vise à tout simplifier en vue de ce centrer sur le toujours plus grand (et Sacro Saint) « bien être » des individus (leur développement personnel, pédagogies du jeu…)

C'est le drame de ce nouveau système éducatif, ces fameuses pédagogies douces qui, à mon avis, son un drame pour l'éducation des enfants, pour leur développement intellectuel. Vous voyez, avec la calculatrice, les simples calculs me sont parfois difficiles. Mais je connais par coeur mes tables (on retrouve là l'importance de la mémoire), ce qui me permet d'arriver au résultat.

En conclusion, ce genre de pédagogie s'inscrive dans ce système libéral de la centration sur l'individu, la simplification… Pour une bonne critique du système éducatif actuel, je vous renvoie à l'ouvrage de Jean Pierre Terail : Ecole, l'enjeu démocratique. Si la perspective est critiquable, la critique est bonne.

Portrait de tregnirutuf

De tregnirutuf

? | 18H29 | 30/05/2009 | Permalien

Absolument rien d'étonnant !

Aux examens, même en école d'ingénieurs il arrive que nous ayons le droit à tout : cour, td compris.
Par contre le temps étant limité, il faut au préalable travailler ( dur ), mémoriser le cours, la démarche d'une résolution d'un problème. Et c'est là qu'est l'astuce. Autoriser les ressources, il n'en faut pas plus pour soulager l'élève anxieux d'oublier une variable dans son calcul. Mais la charge de travail reste sensiblement le même et même plus encore ! !

Au moindre trou, nous ne sommes pas pénalisé. Un bon élève/étudiant ira directement là ou sa formule est écrite ( slide 124/300 ), relèvera telle ou telle définition pour comprendre ce qui est demandé. Le reste c'est aussi de la mémoire ( contrairement à ce qui est dit dans cette article et plus de la compréhension et de l'esprit d'analyse ).

L'information sur internet ( en général ) c'est tous le contraire (surtout pour l'étudiant non averti). S'il va les mains sur le portable à l'examen croyant que tout est sur internet, bonjour la catastrophe. Il n'aura pas le temps de chercher les réponses, il n'aura pas le temps de comprendre le sujet, et il n'aura pas l'assurance de la bonne réponse.
C'est pourquoi il faut aussi avertir les élèves sur internet et donner des conseils d'utilisations. Rien de bien compliqué lorsque le cours est clair et que l'enseignant est bon ( un nouvel indicateur bon/mauvais profs vous croyez ? ). L'élève privilégiera naturellement le cours déjà traité et annoté, qui apportera rapidement les élément de réponse et l'outil. ( j'omets évidement les cas ou le sujet est un copié collé tout droit sorti … de google ! , le cas du génie, et les cas de triche avec msn, ou le petit hacker qui enclenchera sa webcam 5Mpixel braqué sur sa feuille en mode broadcasting )

Par contre lire des cours sur l'ordinateur, je ne peux pas, même si je suis dans l'informatique.
Et pour l'expérience personnel, lorsque j'étais au collège, à « l'interro » d'Allemand, nous avions le droit au dictionnaire français-allemand.
Devinez quelle classe d'étudiants a eu les meilleurs notes ?

Finalement, ce qu'il faudra retenir de cette article ce n'est pas la forme mais le fond. Nous lisons plus ( web2.0 ), nous communiquons plus ( facebook, twitter ) alors que nos parents ne comprennent rien à tous ces charabias, persuadé que la télé est encore le meilleur moyen d'information. Il ne faut surtout pas tourner ce débat à la chasse aux sorcières. Et c'est d'ailleurs la voie inverse ( celle de la chasse au pirate ) qu'a choisi le gouvernement… pour « aider » les artistes.
Le domaine de l'éducation a le droit et le devoir d'être plus intelligent !

ps : pour tricher, il suffit d'ouvrir wikipedia contenant le sujet abordé ( ou tout wiki ouvert à la modification) sur une page ( préalablement communiqué sur facebook ), créer la page, et enregistrer les réponses. Même après le passage du modérateur, l'historique sera là !

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 17H41 | 30/05/2009 | Permalien

La réalité quotidienne des lycéens français n'est pas la même que celle des élèves danois. En effet, le taux de présence d'ordinateurs est plus faible en France que dans les pays nordiques… !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de Enki

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De Enki

Alchimiste | 22H54 | 30/05/2009 | Permalien

Oui, personne n'a pris la peine de se connecter pour poster qu'il n'avait pas internet chez lui.
Salauds de pauvres !

Portrait de Honnecourt

De Honnecourt

| 17H50 | 30/05/2009 | Permalien

Le nivellement par le bas, cela continue. ! ! ! ! ! ! ! !
Les candidats pourront tout consulter sauf bien sûr la Princesse de Clèves. Ils auront le même niveau que l'histrion.

Portrait de Artemisia.G

De Artemisia.G

Lulucarabine | 18H22 | 30/05/2009 | Permalien

Bravo, cette mesure est vraiment intelligente.
Au cours de mes (loooongues) études j'ai pu vérifier que les examens, tant au lycée qu'à l'université, demandent surtout aux candidat-e-s d'être de bons perroquets ayant appris la leçon par cœur et la répétant à la virgule. A ce sujet, certaines copies de l'Ecole du Louvre, par exemple, répètent le cours mot pour mot (et c'est souvent celles qui obtiennent une très bonne note car un parfait perroquet peut espérer obtenir au moins 15, l'ajout d'une réflexion personnelle permettant d'obtenir entre 18 et 20). Cependant, les données ainsi retenues la veille pour le lendemain sont de toutes façons oubliées aussi sec.

Par contre, lorsqu'un devoir exige un investissement personnel et de la réflexion, l'apprentissage et la mémorisation sont facilités. Pour ma part, j'ai une bonne connaissance des sujets que j'ai traité sous forme de dossiers, de mémoires, de TPS, etc, même des années après. Bref, je ne peux qu'encourager ce genre de mesures qui poussent les élèves et les étudiant-e-s à s'autonomiser et à développer un esprit critique.

Portrait de yuzbec

De yuzbec

Etudiant | 18H30 | 30/05/2009 | Permalien

Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une très bonne idée…

Comment voulez vous faire travailler des étudiants, alors que ceux ci savent qu'ils auront tout leur cours sur le net lors de l'examen ?

Yuzbec

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