
Et si l'on autorisait les candidats au bac à se connecter au Net ?
Pourquoi demander aux élèves de mémoriser des données disponibles sur Internet ? Le Danemark teste la mesure.

Internet à l'école, c'est bien. Mais au bac, et lors des examens ? Le Danemark a décidé d'autoriser, à titre expérimental, les lycéens à accéder au Net pendant leurs examens. Une mesure qui, si les tests sont concluants, pourrait être généralisée en 2011.
« Quand vous faites un devoir à la maison vous avez accès à Internet. Donc, pourquoi en priver les candidats au bac ? », s'interroge Le Café Pédagogique. Le constat dressé par les autorités danoises est simple, souligne pour sa part le Guardian : la collecte des informations étant désormais, en grande partie, confiée aux ordinateurs, pourquoi demander aux élèves de mémoriser par coeur des données que l'on peut relativement facilement retrouver sur l'internet ?
Le risque de plagiat ? Il existe des outils pour le repérer, précisent les promoteurs de la méthode. Et pour éviter les risques de tricherie, les élèves n'auront pas le droit d'utiliser de messagerie instantanée, pas plus que les traducteurs automatiques, et leurs écrans seront de toute façon contrôlés, de manière aléatoire, par des surveillants.
Des sujets qui ne se prêtent pas au copier-coller
Il existera de toute façon des moyens détournés de tricher, mais, et comme le souligne Emmanuel Davidenkoff, directeur de la rédaction de l'Etudiant, l'accent sera mis sur la dissuasion, à la manière des contrôles antidopage :
« L'autre condition étant évidemment d'imaginer des sujets qui ne se prêtent pas au copier-coller… Donc des épreuves qui font appel à la réflexion, aux capacités de synthèse (afin de) vérifier que les élèves n'ont pas seulement appris mais compris. »
Et c'est le point le plus important : en autorisant les élèves à aller sur le Net pendant leurs examens, le Danemark parie sur leur capacité d'analyse, et de synthèse, et donc sur leur intelligence, plutôt que de continuer à reposer l'évaluation sur leurs capacités à régurgiter, ou « copier/coller » de mémoire, ce qu'ils ont appris par coeur.
Certes, l'un n'empêche pas l'autre, et le pari est osé, mais il a le mérite de s'adapter à la réalité quotidienne des élèves, plutôt que de continuer à faire comme s'ils vivaient encore au temps où l'accès à l'information était une ressource rare.
Une question d'usages
Pour François Jarraud, rédacteur en chef du Café Pédagogique :
« L'initiative danoise a aussi l'intérêt d'accéder à un espace que l'Ecole a bien du mal à investir : celui des pratiques sociales des adolescents. Intégrer Internet c'est aussi faire un lien entre l'Ecole et la vie réelle des adolescents, tous “digital natives” ».
Sur Politiken.dk, la présidente d'une association de lycéens s'en réjouit :
« Les examens doivent être le miroir de la vie réelle et quand vous écrivez des rapports au travail, vous utilisez Internet. »
C'était d'ailleurs tout l'intérêt de School 2.0, initiative du bureau des technologies éducatives du Département de l'éducation américain qui, plutôt que de se focaliser sur le matériel et les logiciels, tablait sur la mise en réseau de tout l'écosystème scolaire (élèves, enseignants, parents, personnels administratifs, politiques et techniques), au motif qu'« il n'y a pas un chemin unique pour aller vers l'école de demain », et que l'intégration des technologies à l'école est de la responsabilité de tous.
School 2.0
Comparant l'expérimentation danoise à l'autorisation d'utiliser les calculatrices aux examens, Emmanuel Davidenkoff remarque également qu'il avait alors « fallu modifier les épreuves, déplacer les enjeux, se dire que la maîtrise de certains procédés purement techniques - comme le calcul mental par exemple - comptaient moins à ce niveau que la capacité à bâtir un raisonnement et à le démontrer ».
Skolanet, une association de promotion et de développement du e-learning, note que si la calculatrice a « supplanté le calcul mental y compris pour des opérations basiques, (et que) l'utilisation d'un ordinateur relié à Internet pourrait aisément remplacer une partie de notre mémoire, (…) les opérations basiques ont été mémorisées en amont et c'est grâce à cette assimilation de connaissances basiques que l'apprenant peut utiliser la calculatrice ».
Apprendre à « lire » et décrypter le Net
A contrario, il faut aussi être capable d'identifier les informations les plus pertinentes : une chose est de savoir lire, une autre est de savoir chercher des informations sur le Net, et une troisième est de les vérifier, et de s'assurer de leur validité.
Toutes choses qui, à ce jour, ne sont précisément pas enseignées à l'école, et dépendent en bonne partie des usages et de la pratique qu'ont les élèves d'Internet, ce qui pose aussi le problème de la fracture numérique.
François Jarraud relève ainsi qu'il y a trois semaines, l'Angleterre annonçait sa propre révolution pédagogique :
« Les nouveaux programmes de l'école primaire font des TIC un élément aussi central que les maths et l'anglais. En fait la littératie, la numératie, les TIC et le développement personnel sont les 4 points importants de ces nouveaux programmes. On attend des enfants un certain niveau de maitrise des TIC, par exemple de Facebook, du tableur, de Twitter, et on considère cette exigence comme aussi importante qu'apprendre à compter.
“L'autre innovation c'est qu'avec ces cours, avec le retour des langues vivantes, avec l'enseignement obligatoire des arts, de l'histoire, de la géographie, ces programmes rompent sans le dire avec la domination du lire - écrire - compter imposée par le système de tests nationaux. Les programmes renouent avec la prise en compte de la totalité de la personnalité de l'enfant et visent un épanouissement qu'il sera plus difficile d'évaluer.
‘Ainsi est en train de se dessiner un espace européen qui fait délibérément le choix d'accorder à la culture numérique et à ses usages une place essentielle. Peut-être parce que la culture de ce siècle est numérique et que l'ignorer c'est fabriquer des analphabètes.’
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à Bad Time For Human Kind
De Merak
pré retraité | 13H45 | 30/05/2009 |
Le discernement ? Sur internet ? bon courage …
Mon propos était de souligner que la structure même d'internet ne se prête pas à la formation des esprits.
Internet n'est qu'une illustration du monde libéral : des renards libres dans un poulailler libre.
à Merak
De Bad Time For Human Kind
Chieur Public | 14H54 | 30/05/2009 |
Internet est le reflet de notre société avec ses travers et ses excès.
Mais ou est le problème ? Ne doit on pas préparer nos enfants a (sur)vivre dans la société ?
Les enfants trop couvés, font des adultes névrosés !
à Bad Time For Human Kind
De Au sud de nul part
Situation | 13H54 | 30/05/2009 |
Apologie du formatage : des livres librement disponibles en bibliothèque ?
Comment, selon vous, se forme l'intelligence ?
Factotum
à Au sud de nul part
De Bad Time For Human Kind
Chieur Public | 14H17 | 30/05/2009 |
Qu'appelez vous intelligence ?
- capacité d'apprentissage
- capacité de résoudre des problématiques complexes
- capacité d'innovation/création
- capacité de « bon sens »
C'est très subjectif l'intelligence…
à Bad Time For Human Kind
De Bad Time For Human Kind
Chieur Public | 22H26 | 30/05/2009 |
J'oubliais !
Dans nos sociétés modernes la capacité à entuber ses semblables est aussi un gage d'intelligence…
à Bad Time For Human Kind
De Adri_
MusicOs et environnementaliste a te... | 23H25 | 30/05/2009 |
Très intelligent comme remarque.. : b
à Au sud de nul part
De SiDi
Kitten ! | 16H06 | 30/05/2009 |
Je crois qu'à part pour les matières un tant soit peu « politiques » (histoire géo / économie / philosophie, où j'ai parfois été abhorré par la quantité de propagande que peuvent débiter certains profs un peu « droitiers », mais je suppose que les étudiants de droite pensent la même chose dans l'autre sens), il n'y a pas de « formatage ».
Quand on parle de physique / chimie, de mathématiques, d'informatique fondamentale, de mécanique ou d'électronique, il y a des faits, démontrés ou pas, et qu'un professeur est tout à fait capable de dire à ses élèves quand il y a des divergences dans la communauté scientifique sur un sujet, ce qui n'en rend pas infiniment plus pertinent, pour des lycéens, un livre de lycée que le site web d'un quelconque amateur de chimie, dont le contenu n'est pas vérifié dans son intégralité par le corps enseignant (parce qu'une faute sur un document pédagogique, ça fait des dégâts).
Et quand on commence à toucher à des sujets complexes, pour lesquelles il y a de vrais conflits et parti-pris de la part de scientifiques, en général on est déjà à la fac, et ceux qui ne savent pas réfléchir par eux-mêmes n'y ont pas leur place ; )
à SiDi
De Thomas_
Etudiant | 17H41 | 30/05/2009 |
Dans les sciences dites dures il y a certes les faits, mais des faits dont la compréhension sont construits, et dont le mode de construction est aussi très important. Et ces « champs » sont aussi très largement infusés de théories, de modèles. Bref il y a aussi, et dans une très grande mesure, des constructions « politiques » dans les sciences dures.
Simplement dans les sciences sociales, et encore plus dans les sciences humaines, c'est plus évident. Pas plus existant.
à SiDi
De Au sud de nul part
Situation | 17H42 | 30/05/2009 |
Bonjour sidi.
Exact. Le terme de formatage ne convient guère.
Je ne peux parler que de ce que connais
.
En faculté et notamment en philosophie, au regard du type de travail qui est demandé aux élèves, internet est certes d'une grande utilité, mais il ne remplace pas la lecture obligée des commentateurs des auteurs que l'élèves doit étudier. Ces commentateurs ne sont la plupart du temps pas édité en « poche » et ne sont accessibles que dans les bibliotèques spécialisées de chaque section. Pour cette discipline, avoir accès à internet ou à une bases de données choisies lors d'une épreuve, n'a aucun intérêt : si l'élève doit commenter un texte de Spinoza, par exemple, il n'y parviendra que s'il a lu cet auteur de manière suivie, avec l'appui d'un cours, et par la lectures des commentateurs les plus éminents. Bien sûr, aussi, la réussite pour ce type d'épreuve suppose un bon niveau à l'écrit.
J'ajoute que je comprends pas vraiment pourquoi l'on voudrait dissocier le travail de la mémoire d'avec l'intelligence comme capacité à construire un problème. A partir de la fac, l'élève est un apprenti qui se forme au contact d'un héritage : peut-il s'en passer et s'imaginer penser par lui-même à partir de rien ? J'ai le sentiment, mais je peux me tromper, que la mémoire est ici envisagée comme un réservoir que l'élève n'aurait plus à remplir puisqu'un outil technologique pourrait l'en dispenser. Cela me semble bien étrange, car je crois que la mémoire est une faculté qui se travaille et qui participe grandement à l'intelligence en acte.
Factotum
à Merak
De SiDi
Kitten ! | 13H14 | 30/05/2009 |
C'est vrai… difficile de dire « allez sur le Web prendre ce qu'il vous faut », comme on le dirait d'une bibliothèque. Les maths sur le web, passe encore, mais pour les sujets d'histoire géo, c'est encore plus sujet à manipulations que les livres…
Alors le Web aux exams, pourquoi pas, mais autant utiliser une version numérisée d'une grande quantité d'informations, ça évite de faciliter la triche et d'avoir des copies transformées en conglomérats de résultats Google approximatifs.
à SiDi
De Au sud de nul part
Situation | 13H55 | 30/05/2009 |
Oui : c'est ce que je crains aussi.
Factotum
De framboise.
incognitotte | 13H10 | 30/05/2009 |
Enfin, il faut toujours que ce soit ce pays qui innove.
BRAVO le Danemark qui se démarque de la pensée qui croit tout savoir et qui sanctionne pour sanctionner, pour faire croire que tout le monde gardera des souvenirs éternels des bachotages.
Savoir analyser est bigrement auiis interessant, parallèlement à des questions de base, bien sûr !
---------La connaissance et son utilité concrète, avec du recul, et analytique me paraît primordiale ! ------------
Mais bon……en France, on évalue sans souci de remédier !
MERCI ! à rue89, aujourd'hui, je me suis régalée !
De erqzor
Détecteur de Greenwashing | 13H15 | 30/05/2009 |
Très bonne initiative, c'est stimuler les facultés de recherche, de compréhension d'un sujet en accord avec les recherches introduites par la définition du sujet, encourager les étudiants à allier connaissances apprises et découvertes.
Je trouve que un très bon stimulateur de curiosité pour les devoirs à la maison, et donc pour les examens c'est aussi une formidable base de connaissance pour enrichir sa réflexion. Je préfère cette approche et elle est déjà je pense pratiquée en France à petite échelle.
Je prends pour référence certains de mes modules de Master II ou pour des sujets à l'écrit nous disposons de certaines ressources accessibles depuis un ordinateur.
Très bonne initiative.
à erqzor
De Merak
pré retraité | 13H35 | 30/05/2009 |
on peut souhaiter, en effet, qu'en master les étudiants aient déjà appris à apprendre … et disposent des possibilités de logique et de discernement pour traiter une information brute.
à Merak
De neopingouin
seul | 09H46 | 31/05/2009 |
pourquoi voulez-vous attendre le master pour apprendre à apprendre ?
De Atlantis
Etudiant apolitique | 13H58 | 30/05/2009 |
En attendant, ça ne fait travailler ni la mémoire, ni l'analyse, ni la rédaction…
Personnellement, je n'utilise jamais internet à la maison pour faire mes DM dans les matières à problématique (histoire, géo, philo, français à l'époque ou j'en faisais), et j'avais toujours des meilleures notent que ceux qui utilisaient internet- je ne me vante pas, je n'ai pas de facilités particulières, je ne suis qu'un élève moyen. Seulement, l'utilisation d'internet ne favorise pas un travail intellectuel digne de ce nom - analyser une problématique de dissertation ou commenter un texte de français est difficile avec google, aucun moteur de recherche ne peut le faire pour vous.
Quant au prétexte de la somme de connaissance requise, il est plutôt malhonnête. J'imagine qu'un prof de philo de Rue +89 pourra confirmer ce que me dit la mienne : il ne faut pas de connaissances particulières sur l'auteur d'un texte pour l'analyser, et de même, une dissertation peut être parfaitement réussie avec peu de connaissances théoriques. Certes, il en faut un minimum, mais n'est ce pas là nécessaire à la construction d'une culture, d'un savoir personnel ?
Même en histoire, il n'est pas nécessaire d'avoir d'énormes connaissances : il suffit de connaitre les faits les plus importants, et surtout d'analyser pertinemment leur origine, leur contexte, leurs conséquences. Ainsi, j'ai pu avoir une note correcte à une dissertation d'histoire en utilisant uniquement quelques faits (le sujet concernait la guerre froide) : Plan Marshall, OTAN, guerre de orée, crise de Suez, crise de Cuba, guerre au Vietnam, chute du mur de Berlin. Rien que de très général non ?
à Atlantis
De Jaydi
Sûr de ne pas être certain | 15H02 | 30/05/2009 |
Oui mais seulement voila, ton cas n'est certainement pas révélateur d'une généralité.
Je prends en particulier une de tes phrases si tu me le permets :
**Même en histoire, il n'est pas nécessaire d'avoir d'énormes connaissances : il suffit de connaitre les faits les plus importants, et surtout d'analyser pertinemment leur origine, leur contexte, leurs conséquences. Ainsi, j'ai pu avoir une note correcte à une dissertation d'histoire en utilisant uniquement quelques faits (le sujet concernait la guerre froide) : Plan Marshall, OTAN, guerre de orée, crise de Suez, crise de Cuba, guerre au Vietnam, chute du mur de Berlin. Rien que de très général non ? **
Si je puis me permettre, t'as eu une très bonne note, et c'est tant mieux pour toi. Mais ta bonne note ne fais pas de toi quelqu'un de raisonné avec la tête bien faite.
En fait je crois que tu manques de recul dans ta vision des choses : tu as eu une bonne note, donc ça veut dire que tu es bon, et voila c'est fini.
Malheureusement, ce n'est pas cela la culture, les connaissances ou l'esprit critique.
**Certes, il en faut un minimum, mais n'est ce pas là nécessaire à la construction d'une culture, d'un savoir personnel ? **
Finalement tu te réfutes toi-même en quelque sorte : la formation de ton savoir personnel c'est donc essayer de trouver quelques idées dont tu as entendu parlé en cours pour plaire à ton prof et avoir une bonne note ? Je crois que tu es toi-même très loin d'avoir un esprit très critique et une analyse poussée.
Tu es peut-être satisfait de ta réussite, mais moi je vois que finalement tu nous dis n'avoir qu'enfoncé des portes ouvertes.
Quand je lis ton discours, je me dis plutôt que tu es un futur bachelier et que tu nous donnes toi même la preuve que cet examen est bradé, ni plus ni moins.
Je suis moi-même passé par la case bac il y a quelques années, j'en sais quelque chose.
Comme tu le dis, il ne faut que du très général pour s'en sortir honorablement. Ceci prouve donc bien que le système actuel ne fait que « sanctionner » une année (et non trois) de lycée avec uniquement quelques mots-clés.
Faut arrêter de sacraliser le bac, il ne vaut plus rien du tout.
Est-ce là ce que tu appelles un « meilleur » enseignement ? Car je te mets au défi de trouver une source d'informations aussi performante qu'internet pour tous les lycéens. Tu me diras qu'il y a des bibliothèques, mais ce n'est pas vrai du tout. Tous les gens n'ont pas d'accès à une bibliothèque. Je pense que fournir un accès internet et une « formation » adéquate à tous les lycéens et étudiants serait une très bonne idée.
Je finis en te disant qu'internet est bel et bien indispensable quand tu fais de la recherche par exemple (en sciences du moins), car cet outil met à ta disposition quantité de papiers que tu ne pourrais pas voir autrement, et pour un coup relativement minime.
à Jaydi
De Atlantis
Etudiant apolitique | 20H53 | 30/05/2009 |
Ou je me suis mal exprimé, ou vous m'avez mal compris. Je pencherais d'ailleurs pour la première option.
Je suis partisan d'une certaine rigueur concernant le baccalauréat : il est malsain d'obtenir 80% de bacheliers, qui, pour beaucoup, seront largués à la fac (1/3 d'abandon, voir 1/2 dans certaines voies ! ), au lieu de les laisser s'épanouir dans une voie (professionnelle peut être, même si le mot fait peur…) qui leur conviendrait mieux.
Après, je ne tire aucune auto satisfaction de ma bonne note, même si à la relecture de mon commentaire, je comprends que cela ai pu apparaitre ainsi.
Par contre, je pense qu'un minimum de savoir personnel est souhaitable, ne serait-ce que pour entretenir la mémoire et comprendre le monde dans lequel on vit. Mais savoir analyser et comprendre ces connaissances reste pour moi le plus important.
à Atlantis
De Mamz
Etudiante | 15H15 | 30/05/2009 |
« l'utilisation d'internet ne favorise pas un travail intellectuel digne de ce nom - analyser une problématique de dissertation ou commenter un texte de français est difficile avec google, aucun moteur de recherche ne peut le faire pour vous. »
Internet ne se limite pas a Google ou a n'importe quel autre moteur de recherche heureusement. L'erreur ici est de croire qu'ils utilisent internet pour se « faciliter » les choses alors qu'au contraire : internet, s'il est correctement utilisé, permet l'accès a des ressources documentaires très vastes qu'il est humainement impossible pour les candidats d'apprendre par cœur mais qui peuvent pourtant leurs servir pour analyser un sujet plus en profondeur. D'ailleurs ça permettrai peut être au bac de devenir autre chose qu'un simple copié/collé des connaissances de bases (comme tu le fais remarquer pas besoin d'en connaitre trop pour s'en sortir). Et ça fera surement plaisirs aux correcteurs, qui doivent surement voir passer tout un tas de copies quasiment identiques, de voir des exemples et des arguments un peu plus variés.
C'est une erreur également de croire que internet ne favorise pas l'analyse : devant l'excès d'information le candidat se doit de faire un choix entre les ressources qu'il utilisera et celles qu'il jugera inutiles (voir fausses, il y a de tout sur le web), il se basera forcément sur les connaissances qu'il a acquis en cours pour effectuer un tri et c'est clairement faire preuve d'analyse, non ?
Internet, si on apprend a l'utiliser correctement (et sans qu'il devienne une référence systématique) offre aux lycéens et aux étudiants une formidable ressource documentaire ! Je suis pourtant un vrai rat de bibliothèque, je travaille énormément à partir de livres et de manuels et pourtant internet est devenu quasiment nécessaire lorsque je travaille sur un sujet simplement parce que même si je peux réussir sans, je sais que je ferai beaucoup mieux avec !
à Atlantis
De SiDi
Kitten ! | 16H10 | 30/05/2009 |
L'utilisation d'Internet favorise l'accès à des documents, notamment dans des sujets de pointe. Mais en dehors des sujets de pointe, le taux d'erreur est plus important que dans une bibliothèque à l'usage de lycéens, et c'est pour ça qu'utiliser Internet pendant l'exam, si c'est une bonne chose, n'est pour moi pas plus pertinent du tout que de proposer une quantité importante de documents pédagogiques de qualité et bien structurés, sous forme numérique (parce que c'est plus pratique à transporter et plus écolo).
Après, je pense que la question « droit aux documents ou pas », la question « documents validés ou n'importe quel document » et la question « documents papier ou numériques » sont trois questions distinctes qui nécessitent toutes trois un débat (et une adaptation des méthodes d'enseignement et d'évaluation).
à Atlantis
De Thomas_
Etudiant | 17H33 | 30/05/2009 |
Je crois que ton discours est surtout révélateur d'un certain mépris, ou du moins d'une absence de soucis, des conditions d'historicité. De savoir comment se construit une certaine vision des faits, qui nous arrivent toujours après avoir infusés dans des modèles spécifiques. Bien sûr je ne t'en blâme pas, mais c'est malheureusement une attitude peut-être plus répandue en France qu'au Danemark par exemple. On nous sert au lycée l'histoire ou la philo comme des globes autonomes, continus et cohérents. Or la pensée et l'histoire sont des phénomènes fondamentalement discontinus, construits, et par là pas forcément cohérents. Des philosophes qui parlent de la même choses, qui se citent ou s'appuient les uns sur les autres ne parlent finalement pas forcément de la même chose, ça n'est même peut-être même pas possible.
Mais je crois aussi qu'il faut se poser la question de la formation des professeurs. Les premières années de fac ne sont souvent pas, pour l'avoir vécu, une découverte de ces problématiques d'historicité et de discontinuité. Il faut bien souvent s'y intéresser seul, et si l'on vient à y travailler, c'est plutôt à la fin du master, ou pendant un doctorat, au moment où l'on est autonome. Combien de professeurs du secondaire ont cette formation ? Combien se sont posés ces questions ?
à Thomas_
De Au sud de nul part
Situation | 17H58 | 30/05/2009 |
Bonjour. Pourriez vous préciser au sujet de la philo ? Je pense comprendre, mais je voudrais que vous précisiez un peu votre prorpos pour être certain que je vous bien compris. Merci.
Si vous vouliez dire que rien n'est donné mais que tout procède d'une construction, je vous suis.
Factotum
à Au sud de nul part
De Thomas_
Etudiant | 19H32 | 31/05/2009 |
Oui c'est tout à fait cela, vous me suivez donc. Ce que je veux dire c'est qu'il n'existe pas de concept en dehors de son mode de construction et de son histoire. On peut ainsi trouver le même « mot » chez des philosophes différents sans pour autant qu'ils parlent de la même chose. C'est aussi le problème auquel s'est attelé, entre autre, Wittgenstein. Il faut démêler des problèmes de langage si l'on veut commencer à comprendre un peu plus les problèmes de philosophie. C'est pourquoi je ne crois pas du tout que l'on puisse analyser ce que dit un philosophe sans plonger dans l'histoire, et dans les conditions de production de cette histoire. Et c'est aussi pourquoi je pense que les épreuves de philosophie du bac sont stupides. Il vaudrait bien mieux commencer à se poser quelques questions sur les conditions de production du savoir, ce que malheureusement on ne fait pas avant, et qu'on tient pour particulièrement négligeable dans les sciences « dures », avant d'avaler quelques dizaines de références à réorganiser dans une dissertation. Recracher dans un ordre différent quelques concepts qu'on ne comprend même pas ne fait beaucoup avancer l'esprit critique de ceux qui s'y adonnent.
Un cas un peu paroxystique : l'histoire de l'architecture, aux conditions de production véritablement particulières :
http://bureaupolitique.com/2009/05/dautres-histoires-de-larchitecture/
Mais elles sont toutes spécifiques et particulière ces conditions de productions. Certains sujets sont plus évidents que les autres. Qui entend parler de l'histoire des mathématiques ? Surtout au lycée.
à Atlantis
De bozoo
Etudiant | 13H05 | 01/06/2009 |
Je pense bien au contraire que pour comprendre l'Histoire, il faut bien plus que des « notions ». Enfin je parle d'un point de vue personnelle, pas scolaire.
à Atlantis
De neopingouin
seul | 13H51 | 02/06/2009 |
A te lire, on se dit que c'est idiot d'avoir autorisé l'usage des calculettes au bac, au détriment du calcul mental. Internet, c'est comme la calculette : un outil. Mais un outil particulier qui sert à acquérir des données qu'on saura exploiter de manière intelligente. -certainement pas un succédané au raisonnement !
Internet peut être comme les langues d'Esope : le pire ou le meilleur -et c'est là où l'enseignement a un rôle à jouer, montrer comment ces outils nouveaux sont à mettre au service de la réflexion, et non l'inverse.
De julkidi
ce qu'il pense | 14H03 | 30/05/2009 |
Y'a quand même un truc qui me chifonne.. ok la plupart des jeunes surfent .. mais c'est juste la plupart !
On part du postulat que tout le monde à Internet à la maison et une fois arrivé au Bac, ils savent tous chercher et se construire une opinion à partir de ce qu'ils trouvent sur le net..
Pour moi une condition importante serait (comme dit Framboise) que les futurs bacheliers aient tous eus un pc dans les mains plus d'une demi-journée (et pas un PC à 1 euros par jour pendant 5 ans..) !
Et à voir le nombre de personne qui ne jure que par wikipédia sans chercher à croiser leur source ça fais un peu peur sur les copié/collé qu'on risque de trouver (sans parler des FTP comme dit mindless ..).
Je trouve ça quand même bien qu'on mette l'outil informatique en avant, car on fais effectivement maintenant souvent son travail avec internet, mais nous ne le faisons pas toujours très bien, et il serait souhaitable que les jeunes apprennent à mieux s'en servir que leurs aînés !
Et puis pour une fois que l'éducation n'aurait pas 50 ans de retard sur son temps ^_^ !
De jchauvet
étudiant | 14H09 | 30/05/2009 |
[quote]On attend des enfants un certain niveau de maitrise des TIC, par exemple de Facebook, du tableur, de Twitter, et on considère cette exigence comme aussi importante qu'apprendre à compter.[/quote]
J'espère qu'il s'agit ici d'un raccourci malhabile de l'article, car représenter les TIC par une technologie ancienne mais toujours d'actualité (le tableur) et deux technologies récentes mais à mon sens phénomène de mode (Facebook // Twitter) serait une belle démonstration de l'ignorance de cet -univers- qu'est l'informatique de la part de nos chers dirigeants = ; -)
De vince1969
j'ai une situation | 14H10 | 30/05/2009 |
Ce n'est pas une bonne idée, internet c'est un outil.
On pourrait faire une épreuve à part entière à l'examen (bac ou autre) qui consisterait en la recherche et la synthèse d'éléments sur le net, la d'accord !
Mais le net ne permet pas à l'élève d'apprendre à raisonner, pas plus qu'une calculatrice ou un dictionnaire.
Encore une fois ne nous laissons pas aveugler par l'apport technologique, certes fort utile mais pas du tout suffisant.
à vince1969
De Badgud
Athée | 17H18 | 30/05/2009 |
« Mais le net ne permet pas à l'élève d'apprendre à raisonner, pas plus qu'une calculatrice ou un dictionnaire. »
Et en quoi apprendre par coeur un cour permet d'apprendre à raisonner ?
à Badgud
De Au sud de nul part
Situation | 18H01 | 30/05/2009 |
Et vous êtes devenus biologiste en inventant tout de votre discipline, à partir du mythe de la table rase ? ( : ))
Enfin : l'apprentissage passe par une digestion des savoirs déjà là, non ?
Factotum