24/05/2009 à 19h01

Et si on poussait l'industrie du cinéma à moins polluer ?



Près du tournage d'un film suédois à Göteborg (Mescon/Flickr)

Le Festival de Cannes, dont la 62e édition s'achève ce dimanche avec l'annonce du palmarès, fait certes rêver le grand public, mais cauchemarder les écolos... L'impact sur l'environnement d'un tel événement les fait frémir au moins autant que le plus épouvantable des films de Carpenter.

Pire : production audiovisuelle et cinématographique en général affichent un bilan carbone catastrophique. Eclairage, voyages en avion, groupes électrogènes, pollution des sites de tournage mettent à mal notre belle planète.

A titre d'exemple, le tournage de 1 000 épisodes de la série marseillaise « Plus belle la vie » représentent 70 000 litres d'essence consommée pour plus d'un million de kilomètres parcourus par les véhicules de la production.

Sans compter les phases d'écriture, de repérage ou de promotion, ni la diffusion, ni même le déplacement des spectateurs. De la publicité au long métrage en passant par les documentaires, on peut facilement imaginer l'ampleur des dégâts.

L'idée

Trêve de négativisme : le constat est fait, la prise de conscience semble suivre. Certains professionnels se sont essayés à la vertu environnementale.

L'exemple à suivre en termes de responsabilité environnementale des sociétés de production ? La série « 24h chrono », pourtant friande d'explosifs et d'effets spéciaux. Transports en commun, tri des déchets, utilisation de lampes basse consommation auraient eu raison de 43% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES), générées lors des tournages.

Le reste est compensé par le financement de projets éoliens en Inde. Le tout pour un bilan carbone apparemment neutre ! Pionnier, Howard Gordon, producteur de la série, semble avoir touché la profession et prouvé que le passage à l'acte est possible.

Vraiment ? Possible oui mais difficile, répond Marie-Pierre Cabello, fondatrice et présidente de la Société européenne des réalisateurs d'environnement (SERE). Et de poursuivre :

« Le monde de l'audiovisuel français est prêt. Les professionnels sont conscients des problèmes à surmonter.

On attend maintenant les décisions politiques. Des contraintes environnementales doivent être introduites dans les cahiers des charges. On est encore trop dans le “dire” et pas assez dans le “faire”. »

Repas bio, vaisselle durable, covoiturage, branchements forains...

Pour les plus volontaires, certaines initiatives peuvent être adoptées assez rapidement sur les tournages : les repas bio, ou au moins locaux, sont d'ores et déjà envisageables, la vaisselle durable également, les transports en commun et le covoiturage peuvent être privilégiés, des branchements forains peuvent dès maintenant être demandés à EDF pour éviter le recours à des groupes électrogènes, très polluants.

Et malgré l'effort, les fournisseurs, producteurs, techniciens sont nombreux à vouloir aller plus loin. « Ces actions sont les plus évidentes. Mais ça devient plus compliqué d'agir dans notre travail au quotidien »,
explique Pascal Tomasini, directeur de production de « Plus belle la vie » (France 3) :


« Pour réduire la consommation électrique du plateau, on ne peut pas réduire la lumière. On fait quand même de la télévision ! Et là, on bute sur un problème artistique. Donc il va falloir passer par la recherche.

On commence à voir apparaître des éclairages à LED mais qui ne correspondent toujours pas à nos manières de travailler. Il y a certainement un réapprentissage à faire de notre côté, mais il y a encore des progrès à faire du côté de ces technologies. »

« Nous devons leur mâcher le travail »

Et là, la volonté ne suffit plus. L'argent manque. Marie-Pierre Cabello le constate :

« Les producteurs fléchissent sous des difficultés financières de l'ordre de la survie. S'ils doivent en plus faire face à de nouvelles contraintes techniques et financières, ils n'accepteront pas de sauter le pas. »

Corinne Rufet, conseillère régionale (Les Verts) et présidente de la commission du film d'Ile-de-France, confirme :

« Pour que les professionnels passent à l'action, nous devons leur mâcher le travail et bien sûr leur montrer leur intérêt... Nos subventions ne doivent être accordées qu'aux films qui respectent un certain nombre de critères environnementaux. Il n'y a que comme ça qu'on y arrivera. »

Et c'est bien ce qu'elle compte obtenir des pouvoirs publics, par le biais de la démarche Ecoprod.

Comment la mettre en pratique

Lancée le 28 avril 2009, cette initiative « pour des productions cinématographiques et audiovisuelles respectueuses de l'environnement », réunit dans un premier cercle TF1, France 5, en « poisson pilote » pour France Télévisions, le groupe Audiens, la commission du film d'Ile-de-France, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement d'Ile-de-France (Drire).

Mais c'est une filière au complet qui semble vouloir se mobiliser afin de mutualiser ses compétences. Producteurs, diffuseurs et autres organisations professionnelles s'engagent et c'est à marquer d'une pierre blanche. Enfin, la démarche collective est préférée à l'initiative individuelle.

L'objectif : offrir aux 6 000 TPE de production de France les moyens nécessaires à l'essor de tournages responsables et économiques. Avec un budget de 200 000 euros pour l'année 2009, apportés par les six partenaires, Ecoprod commencera par financer l'élaboration des premiers outils : un logiciel d'empreinte écologique et un de mesure des évolutions, tous deux attendus pour le début de l'année prochaine.

Ecoprod, site de promotion des bonnes pratiques pour le secteur

Un site Internet, Ecoprod
, se fera également la plaque tournante des bonnes pratiques. Les producteurs y trouveront de l'information sur des expériences probantes, sur les méthodes à appliquer, sur les fournisseurs engagés, sur les experts-conseillers.

« Ecoprod n'en est qu'aux balbutiements », insiste Catherine Puiseux, coordinatrice RSE du groupe TF1 :

« Nous devons réussir à fédérer de nouveaux partenaires comme les collectivités pour installer le tri sur les lieux de tournage par exemple. Puis les pôles de compétitivité pour qu'ils axent leurs recherches sur de nouveaux éclairages basse consommation.

Notre but est d'offrir à la filière image une boîte à outils pragmatique et simple accompagnée de quelques incitations financières pour que chacun y trouve son compte. Tout reste à faire, mais nous sommes bien partis. »

Rendez-vous dans un an pour observer les premières avancées.

Ce que je peux faire

En tant que spectateurs, nous avons, nous aussi, notre part de responsabilité. Les résultats des bilans carbone de TF1 ou de France 5 sont parlants : 80 % de leurs émissions de GES sont liées à l'électricité consommée par les téléviseurs des particuliers...

Alors, place à la sensibilisation du public. Depuis quelques temps, les téléspectateurs de la première chaîne peuvent entendre Evelyne Dheliat leur parler de la consommation inutile des appareils en veille, à la façon de Kiefer Sutherland alias Jack Bauer qui, lors de spots publicitaires, incite les Américains à changer leurs habitudes pour s'engager à leur tour dans la lutte contre les changements climatiques.

« Lady Blood », polar horrifique mais écologiquement correct

Une autre manière d'agir est d'aller voir au cinéma et d'acheter les DVD des productions les plus vertueuses.

A ne pas manquer, la sortie de première éco-production française : « Lady Blood », le polar horrifique de Jean-Marc Vincent et de la société de production Alterego Films.

L'éco-tournage s'est déroulé à La Rochelle avec le soutien de la Région Poitou-Charentes et de l'Ademe. Sortie prévue pour le 15 juillet 2009.

Photo : près du tournage d'un film suédois, « Ond Tro », à Göteborg (Mescon
/Flickr)

Aller plus loin
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  • franc parleur
    • Posté à 19h14 le 24/05/2009

    L'industrie tout court !

    « Les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu »
    Lien

    .

  • Al nasr al tair
    • Posté à 19h24 le 24/05/2009

    Eco-cinéma façon Tati

    • Machiavel
      • Posté à 20h07 le 24/05/2009

      Si à 50 ans on a pas un Solex, on a raté sa vie....

    • Humain
      Humain répond à Al nasr al tair
      • Posté à 22h28 le 24/05/2009
      • Internaute

      Horreur ! !

      Sur la photo Tati fume....

      Le gamin n'a pas de casque

      Tati non plus,

      Et le solex ne marche pas au « sans plomb » (avec huile)

      Horreur ! !

      Une honte cette photo !

  • zébulone
    • Posté à 19h25 le 24/05/2009

    Cannes (le festival) est une éco-manifestation puisque les trapis rouges sont biodégradables ! Voilà qui fait rêver et quel exemple pour les autres...
    Cannes (la ville) qui se croit tellement douée en developpement durable qu'elle a financé une agence de notation (mais oui, il y a désormais des agences de notation pour le développement durable ! ! ! ) pour se faire refiler un A+ (c'est sur leur site internet). Mais après la faillite des banques on sait quoi penser des agences de notation...

    Préférons les initiatives militantes comme vous les décrivez dans votre article ou comme celles des festivals de musiques bretons (Vielles charrues et consort) qui ont signée une Charte du développement durable.

    Bonne chance à Ecoprod !

  • Etoile polaire
    • Posté à 19h33 le 24/05/2009

    Et si on arrêtait tout... ?

    Pourquoi focalise-t-on sur le surplus de l'édition ? Du cinéma ?
    Et le suivant..., ce sera qui, quoi ?

  • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
    • Posté à 19h45 le 24/05/2009

    Super !

    Le triomphe annoncé du cinéma chiant, acteurs à faces d'endives et tournage dans la cour de l'immeuble...

    • Al nasr al tair
      • Posté à 20h03 le 24/05/2009

      Les champions de l'éco : les talibans... pas de musique, pas de cinéma, pas de télé, pas de...................

      • Numerosix
        Numerosix répond à Al nasr al tair
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 20h37 le 24/05/2009
        • Internaute
          Prisonnier dans le village (...)

        Le plus gros pollueur du cinéma doit être Al Gore et son grand film écolo catastrophe catastrophique « Une vérité qui dérange » .
        Quant on imagine les traces écolos de freinage au fond du slip de ce gros qui va faire des conférences dans le monde entier en avion et le méthane que doit dégager les pets verts de cette masse énorme, ça donne le vertige ..

         
        • Al nasr al tair
          • Posté à 20h44 le 24/05/2009

          Tu as raison ! En solex comme Tati ! : -)
          Mais si on peut même plus bouger une oreille sans être taxé de pollueur ça va pas être cool à l'avenir....

          • Numerosix
            Numerosix répond à Al nasr al tair
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 21h00 le 24/05/2009
            • Internaute
              Prisonnier dans le village (...)

            Sans compter qu'en plus de déplacer l'équipe de tournage, il va falloir compter le déplacement et la bouffe de l'équipe des traceurs écolos flics, maintenant ! Et cette bande de tristes parasites va faire perdre du temps donc allonger le tournage et ça va polluer plus !

            ET SI ON TRAÇAIT LES TRACEURS ?

        • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
          • Posté à 20h49 le 24/05/2009

          Hé ho ! Tu t'adresses à un prix Nobel de la paix, alors un peu de respect hein !

        5 autres commentaires
  • personne
    • Posté à 19h49 le 24/05/2009
    • Internaute

    Sachant que l'économie de l'audiovisuel repose sur la catastrophe social qu'est le statut des intermittents du spectacle, ils va leurs falloir combien de temps pour arriver à trouver la parage pour simplement toucher une subvention de plus en ne faisant rien ?

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 20h06 le 24/05/2009

      Il y a je crois, entre 100 et 200 000 intermittents en France.

      Il y a entre deux millions et huit milions de personnes au chomage ou en précarité en France.

      J'estime, pour ma part, que la « catastrophe sociale » tient plus dans le second paragraphe que dans le premier, non ?

      • Al nasr al tair
        • Posté à 20h29 le 24/05/2009

        Le chômage et la précarité augmentant de façon exponentielle, il n'est pas interdit de craindre des resserrements de budgets tels que la culture et une refonte des systèmes d'indemnisations ( en particulier les intermittents considérés par cette majorité comme des parasites)

      • Pol_Liber
        Pol_Liber répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
        intermittent profiteur
        • Posté à 01h35 le 25/05/2009
        • Internaute
          intermittent profiteur

        Le régime de l'intermittence est un statut de chômage et une bonne partie des gens bénéficiant de l'intermittence sont dans la précarité

        Alors pour moi il tient dans les 2 paragraphes

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 08h27 le 25/05/2009

          Ceux qui bénéficient du statut ne sont pas dans la précarité (mis à part ceux dont c'est l'entrée dans le statut).

          Par contre, il ne protège pas sur le long terme, ce qui est normal.

          De la « précarité » comme l'intermitence, de nombreux artistes et terchniciens européens aimeraient y plonger...

        1 autres commentaires
    • Jacobovitch
      Jacobovitch répond à personne
      84
      • Posté à 21h36 le 24/05/2009
      • Internaute
        84

      Je ne crois pas que « l'économie de l'audiovisuel » repose sur les intermittents du spectacle : cette économie est fortement mondialisé et le statu d'intermittent ne concerne que la France (pour le cinéma et les séries TV dont il est question dans cet article, il me semble que « l'économie » en question repose surtout sur les status proposés aux USA).

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 20h01 le 24/05/2009
    • Internaute
      Restaurateur

    Dans ce domaine, ce qui valable pour la production cinématographique l'est pour toutes entreprises. Seul l'engagement d'une entreprise dans une démarche societale tant au niveau de son empreinte écologique, de sa politique salariale et de ses actions sociales et culturuelles, lui permettra de gagner des parts de marche et d'assurer son avenir. Dans ce domaine, l'industrie cinématographique peut être un très bon moteur pour ouvrir la voie d'une manière plus générale. (écrit sûr iphone)

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 20h01 le 24/05/2009

    Pour info, les branchements forains edf existent depuis toujours. Leurs installation ne se justifie que lorsqu'un plateau est installé pour un temps un peu long (je n'ai pas l'info sur la durée « rentable »), mais lorsque le tournage fait deux/trois ou plus, plateaux par jour, le groupe est indispensable.

    Vous oubliez également le gachis considérable en matière première occasionné par la construction de décors (qui finissent à la benne), et pour ce qui est des productions « internationales » d'action, les centaines de milliers de litres de kerozenne brulés en effets pyrotechniques.

    Annecdotiquement : Les cantines de cinéma servent les repas dans des plats et assiettes « durables » (en céramique quoi).

    • Lemmy Nothor
      Lemmy Nothor répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      - Drinking muddy waters
      • Posté à 21h38 le 24/05/2009
      • Internaute
        - Drinking muddy waters

      Les décors c'est insensé.....pendant des années je recupérais du matos dans les poubelles des studios....je me suis refait trois apartements sans dépenser un radis...

  • Humain
    • Posté à 23h08 le 24/05/2009
    • Internaute

    Cela faisait longtemps que je l'attendais celle là...

    Le cinéma, et l'industrie du cinéma pollue. Ben voyons.

    Sur les tournages :
    - faire des repas bio, ou au moins locaux, sont d'ores et déjà envisageables, la vaisselle durable également,
    - Ne pas doubler les prises, car cela consomme de l'énergie.
    - dire au metteur en scène d'apporter son éolienne perso, et ne tourner que s'il y a du vent ! !

    Et si les tournages extérieur on les faisait à l'intérieur ?
    Hein ? Pas bête cela !

    Mettre des poubelles pour les bâtons miko ! !

    Et fermer les cinémas qui polluent ! !

    Car les cinémas en grande banlieue, sont loin, et on est obligé d'y aller en voiture... ! !
    (Tant pis pour les banlieusards, ils n'ont qu'à prendre la séance de 19h s'il y en a une...)

    Faut-il les fermer ? Et réouvrir les cinémas en ville ?

    Si avant de s'occuper du cinéma et de son énergie, ou de savoir si l'industrie du spectacle pollue beaucoup on s'occupait des précaires en France et du chômage ? ? ?
    Là il y a urgence. Mais c'est moins médiatique.

    Question de priorité !

  • Lemmy Nothor
    Lemmy Nothor
    - Drinking muddy waters
    • Posté à 21h04 le 24/05/2009
    • Internaute
      - Drinking muddy waters

    Le plus bel exemple de gaspillage au cinéma que j'ai pu vivre je vais le partager avec vous...mais ne dites rien surtout, afin de ne pas causer la honte sur ses protagonistes je ne nommerai personne.
    Il était donc une fois, en Amérique....prise deux.
    Une très grande scène de bal doit être tournée. Elle se passe en 1930. Le réalisateur prévient le departement artistique qu'il y aura des gros plans sur les bouteilles de champagnes qui seront ouvertes à la camera. Une seule exigeance....du Dom Perignon.
    A l'époque il n'y a pas d'internet ou de téléphone cellulaire.
    Un accessoiriste se met a chercher des etiquettes de champagne d'avant 1930....et par pur hasard tombe sur le distributeur de Dom Perignon pour l'Amerique du Nord. Pas sur sa secretaire, il cause directement avec le patron, un homme charmant, qui lui demande le pourquoi de sa recherche d'etiquette. L'accessoiriste lui explique la scène du film, et emballé, le distributeur lui offre ceci...au lieu des etiquettes, il va lui faire parvenir une caisse de Dom Perignon, de 1927.....tenez vous bien, gratos !
    Deux jours plus tard la douane fait savoir qu'un colis est arrivé chez eux, et qu'il faudrait envoyer qqu'un pour le ramasser.
    La directrice de production envoie un assistant....arrivé sur place, il se dirige au comptoir pour ramasser le petit trésor. Le douanier fait ouvrir la caisse....horreur, c'est de l'alcool, il faut payer une taxe d'importation,,,,nous sommes au Canada. L'assistant n'a pas la somme demandée....il téléphone donc au bureau pour envoyer quelqu'un d'autre avec la somme d'argent. La directrice de production, une connasse de première, lui dit qu'elle ne depensera pas un sous....il n'a qu'a jetter le champagne aux chiottes, et revenir avec les bouteilles vides. Pour sauver 145$ de taxes, elle a fait jetter 12 bouteilles de champagne 1927 dans les toilettes d'un bureau de douane.
    Deux jours plus tard, il a fallu qu'elle paye deux types, pour reposer les bouchons et remplir les bouteilles de ginger ale, et les faire venir de Toronto....voyage, plus hotel et perdiem....total de cette opération, 1600 $....

    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 21h27 le 24/05/2009

      Hé ben... Quelle pitié que toute cette bonne roteuse balancée dans les cabinets...

      Heureusement que la Grande Bouffe a été tournée chez nous, tiens... avec les taxes d'importation canadiennes, le tournage aurait coûté bonbon...

      Un film parfaitement écologique où le moindre ingrédient fut réellement recyclé par les acteurs...

    • Numerosix
      Numerosix répond à Lemmy Nothor
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 21h41 le 24/05/2009
      • Internaute
        Prisonnier dans le village (...)

      VIVE LA PART MAUDITE ! Vive Le POTLATCH, même celui qui foire !
      Vive le gaspillage généreux !
      On va tous crever d'ennui ...

      • Lemmy Nothor
        Lemmy Nothor répond à Numerosix
        - Drinking muddy waters
        • Posté à 21h43 le 24/05/2009
        • Internaute
          - Drinking muddy waters

        Alors toi, depuis que tu as changé ton avatar je te reconnais plus nom de dieu....

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 21h45 le 24/05/2009

        Crever d'ennui, toi, moi et les déconnologues ?

        Ça risque pas. Aucune chance. On survivra grâce à la banane.

  • Jacobovitch
    • Posté à 21h30 le 24/05/2009
    • Internaute
      84

    Cet article commence par un artifice qui (en ce qui me concerne) enlève toute la confiance que je pourrais avoir pour les faits exposés :
    -paragraphe 3- « A titre d'exemple, le tournage de 1 000 épisodes de la série marseillaise “ Plus belle la vie ” représentent 70 000 litres d'essence consommée pour plus d'un million de kilomètres parcourus par les véhicules de la production. »
    1000 épisodes, c'est plus de 3 ans de production ! Pourquoi avoir choisi ce délai si ce n'est pour gonfler artificiellement les chiffres !
    ramené à l'épisode on a donc :
    - 700 litre de carburant consommés
    - 10000 km parcourus

    L'entreprise que représente ce feuilleton c'est combien d'emplois ? (je n'en sais trop rien, mais je suis sûr de ne pas faire d'excès en affirmant qu'il y a plus de 500 personnes* qui travaillent pour produire ce show (techniciens, comédiens, personnels administratifs.... etc...).
    Si on imagine ces hypothèses réalistes, le tournage d'un représente alors :
    - 1,4 litre de carburant par salarié
    - 50 km parcourus par salarié.
    Je suis à peu près certain qu'on trouve beaucoup beaucoup d'activités humaines qui sont bien au delà de ces valeurs !

    * je suis convaincu que c'est beaucoup plus, mais dans le doute, j'ai préféré choisir une fourchette basse.

    • Lemmy Nothor
      Lemmy Nothor répond à Jacobovitch
      - Drinking muddy waters
      • Posté à 21h36 le 24/05/2009
      • Internaute
        - Drinking muddy waters

      En effet, ces chiffres ne tiennent pas la route.....1000 épisodes, 70 000 litres d'essence, ils devaient se déplacer en solex...
      Moi tout seul sur un film je brule facilement 200 litres semaine, uniquement pendant la préparation du film, cad 6 a 8 semaines.

    • Jacobovitch
      Jacobovitch répond à Jacobovitch
      84
      • Posté à 22h11 le 24/05/2009
      • Internaute
        84

      Je me corrige : 70000/1000 cela fait.... 70 litres par épisode ! (et non 700)

  • DocteurSka
    • Posté à 23h02 le 24/05/2009

    « Une autre manière d'agir est d'aller voir au cinéma et d'acheter les DVD des productions les plus vertueuses. »

    Je doute de l'efficacité d'une telle « action citoyenne »...
    Toujours l'idée que le citoyen « vote » en consommant et qu'il est responsable des impacts positifs ou négatifs de la production de ce qu'il achète...
    « Consomm'acteur » ou citoyen responsable ?

    Et puis aussi toujours ces histoires de « compensation » à l'autre bout du monde, comme si un litre de pétrole était « équivalent » à un mégawatt d'énergie éolienne !
    Les atteintes à l'environnement, l'exploitation indécente des ressources non renouvelables, ne se réduisent pas au seul problème du CO2.
    En plus, jusqu'à preuve du contraire on ne peut pas « compenser » le pétrole brûlé en plantant des arbres ou en construisant des fermes éoliennes (on ne fait pas de plastique avec du bois, ni avec de l'électricité...)

    Faisons attention à ne pas perdre de vue que le principal problème n'est pas de « compenser » mais d'arriver à ne plus avoir besoin de recourir à ces méthodes pour se donner bonne conscience !

    • sarkophage_xyz-
      • Posté à 06h09 le 25/05/2009

      Je vais (encore) écrire une connerie mais « Une autre manière d'agir est d'aller voir au cinéma et d'acheter les DVD des productions les plus vertueuses. » m'a immédiatement fait penser qu'en téléchargeant on utilise bien moins d'énergie, pas de déplacement, pas d'embalage...

      • DocteurSka
        • Posté à 12h54 le 25/05/2009

        J'y ai pensé aussi, mais c'est pas certain.
        Internet pollue beaucoup plus qu'on ne le croit généralement, parce qu'on ne voit qu'un « produit fini ». Derrière e-mule, il y a d'énormes complexes de base de données qui pompent énormément d'énergie, des milliers de kilomètres de cables sous-marins, ...

        On estime en général qu'une recherche sur google consomme autant d'énergie qu'une bouilloire électrique.

        Donc : je ne sais pas si le téléchargement consomme réellement moins...

        Quelqu'un aurait la réponse ?

        (Source : La Décroissance, n°58, Avril 2009, « Le piège Internet », plein de pistes de réflexion...)

  • dmz
    dmz
    • Posté à 23h45 le 24/05/2009

    les USA :
    « La série “ 24h chrono ”, pourtant friande d'explosifs et d'effets spéciaux. Transports en commun, tri des déchets, utilisation de lampes basse consommation auraient eu raison de 43% des émissions totales de gaz à effet de serre (GES), générées lors des tournages. »

    La France :
    « On attend maintenant les décisions politiques. “

    Triste France...

  • zelectron
    • Posté à 11h34 le 25/05/2009
    • Internaute

    Vous parlez de la pollution des esprits, je présume.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h55 le 25/05/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Alors ils seraient pas content chez TF1 s'ils savaient que mon ordinateur tournaient 24/7 et même pas en veille : D

    Enfin, même si l'océan se compose de gouttes d'eau, c'est vraiment du chipotage. Qu'ils agissent de manière radicale en interdisant la circulation en centre ville et les trajets par camion sur plus de 50km.
    En plus mieux vaut la pollution d'un film sur Paris que la pollution généré par les milliers de touristes qui auraient pu rester chez eux devant leur télé : D

  • cinetof
    cinetof
    Directeur de la photographie
    • Posté à 00h36 le 26/05/2009
    • Internaute
      Directeur de la photographie

    Certes, les tournages polluent.

    Je fais partie d'une « catégorie de techniciens » dont les choix influent beaucoup sur cette pollution.

    Beaucoup de fabricants de projecteurs travaillent sur ce problème, mais buttent sur la non volonté des industriels liés aux sources lumineuses : pas rentable.

    Nous (je) avons besoin de lampes pouvant atteindre les 500.000 watts (oui, cinq cent mille watts) afin d'exercer notre « art », et répondre aux exigences à la fois des réalisateurs et producteurs.

    Maintenant, nous sommes un secteur qui représente plus un côté prestige pour les gros industriels, qu'une réelle source de revenus. Et nous devons lutter contre cela.

    Des efforts sont faits, de plus en plus étendus. Ne serait-ce que inscrire le nom de chacun sur son gobelet afin de le réutiliser tout au long de la journée. Ou venir avec son mug. Insignifiant ? Un tournage peut consommer plus de 1000 gobelets en plastique par jour. Une goutte qui compte à la fin de l'année.

    Maintenant, tout cela coûte cher, et la réduction des budgets alloués à la culture fondent comme neige au soleil.

    Une vraie démarche des pouvoirs publics, à tous les niveaux, y compris ceux moins évidents, est nécessaire afin de préserver et respecter cette « denrée » extrêmement limitée qu'est notre planète.

    Nous y travaillons, n'en doutez pas.