Et si on généralisait l'aide psychologique aux salariés ?

Traders à la bourse de New York en novembre 2008 (Brendan McDermid/Reuters).

Fin 2008, l'Ifop sort son Baromètre du bien-être psychologique au travail (commandé par Malakoff Médéric et Psya, un cabinet de gestion des risques psychosociaux). Dans l'étude, on apprend que 38% des DRH et 72% des employés (d'entreprises de 50 à 249 salariés) estiment que les problèmes de troubles psychologiques au travail sont en augmentation. Ces données témoignent d'une situation fragilisée et de plus en plus précaire pour les salariés français. Avec la crise, il est possible que ce malaise s'accentue.

L'idée

Les Programmes d'aide aux employés (PAE)

Derrière cette appellation assez vague et peu connue, se cachent des dispositifs concrets. Nés dans les années 1940 en Amérique du Nord pour répondre à des problématiques grandissantes d'abus d'alcool, les PAE ont, par la suite, élargi leur champ d'action.

Aujourd'hui, dans la « littérature scientifique », on définit un PAE comme étant un « programme systématique et planifié en vue d'assurer une assistance professionnelle aux employés qui éprouvent des problèmes liés à l'abus d'alcool ou de drogues, qui sont affectés par des troubles d'ordre émotif ou qui traversent une période de crise (matrimoniale, familiale, financière ou légale) dont l'effet est de perturber leur rendement au travail ».

Dans la plupart des cas, le PAE prend la forme d'un service d'écoute et de conseil gratuit, anonyme et accessible en dehors des horaires de travail, voire 24h/24, 7j/7, par les salariés et les membres de leur famille. Son objectif : permettre au salarié de faire un point sur sa situation grâce à un suivi de courte durée par un spécialiste des problématiques psychosociales.

Comment la mettre en pratique

Des PAE clé en main ou à la carte

Au Québec, berceau des PAE, ces dispositifs sont tout à fait classiques : « 90% des grandes entreprises nord-américaines proposent un PAE », explique Brigitte Vaudolon, spécialiste au sein du cabinet français AxisMundi et présidente du forum européen des programmes d'aide aux employés (Employee assistance european forum, EAEF). Dans la très grande majorité des cas, il s'agit d'un PAE en externe, géré par un cabinet de conseil rémunéré par l'entreprise. Il est accessible par téléphone et les consultations peuvent se faire en vis-à-vis (mais ce n'est pas la règle).

En France, des cabinets tels qu'AxisMundi, Psya, Stimulus ou la filiale française du groupe Icas offrent ce genre de services mais leur nombre reste limité.

En retard dans le domaine, la France accueille pourtant deux initiatives pionnières en ce qui concerne les PAE en interne ou mixtes.

Chez Fleury Michon, un service de conseil social est présent au sein de l'entreprise depuis sa création. Animé par une équipe de trois salariés, il offre aux employés un accompagnement pour toute la durée de leur vie, y compris après le départ à la retraite. Certes, le modèle « en interne » pourrait faire douter sur la confidentialité de ce PAE mais Michel Gauducheau, à la tête du service depuis 1997, est rassurant :

« Je donne des conseils sur les problèmes mais aussi sur les projets personnels ou familiaux. C'est pour ça que personne ne se sent stigmatisé si on le voit frapper à ma porte. »

Autre exemple dans le Var. Là, un service d'aide sociale mutualisée est proposé depuis 1937 à toutes les entreprises adhérentes à l'Union patronale du département. Un pool de quinze assistantes sociales reparties sur le territoire, intervient sur des domaines très variés (du suivi des démarches administratives au soutien psychologique) pour les salariés et leurs conjoints.

Rentabilité et efficacité en question

Ces initiatives, en place depuis plus d'une trentaine d'années, sont pourtant très peu connues. En général, quel que soit leur modèle, les PAE n'ont pas bonne presse en France et peinent à essaimer. L'explication tient peut-être de l'efficacité de ce genre de dispositifs et des difficultés à en évaluer l'impact au-delà du nombre de bénéficiaires.

Aux Etats-Unis, l'Employee Assistance Professional Association (EAPA) met en avant plusieurs études ne laissant pas de place au doute. C'est le cas, par exemple, des résultats obtenus par un cabinet externe américain faisant du conseil téléphonique. Il aurait permis une augmentation de productivité d'en moyenne 43% pour 72% des bénéficiaires d'un PAE.

D'autres études arrivent même à chiffrer l'épargne générée par ces programmes et leur retour sur investissement (entre 5 et 10 dollars pour chaque dollar investi). Il est néanmoins extrêmement difficile de généraliser ces résultats et d'évaluer l'indépendance des sources. D'ailleurs, dans le numéro de juillet 2008 du Journal of Employee Assistance, un article pointait du doigt les limites des mesures traditionnelles des PAE et appelait les professionnels à développer des nouveaux systèmes de reporting.

De même, l'Employee Assistance Workgroup, créé en 2007 aux Etats-Unis par le National Business Group on Health, a réclamé dans son rapport final l'adoption de méthodologies et d'outils pour quantifier les effets direct des PAE sur les performances des entreprises et des organisations concernées.

En tout cas, entre flou et dérives productivistes, le risque est d'oublier qu'un PAE ne devrait pas se substituer à l'amélioration des conditions de travail des employés. Jean-Pierre Brun, directeur exécutif du cabinet Stimulus et ancien directeur de la chaire en gestion de la santé et de la sécurité au travail à l'Université Laval (Québec) est clair sur ce point :

« On a tendance à individualiser les réponses et à déresponsabiliser les entreprises. Or, les PAE ne doivent pas devenir une excuse pour se désintéresser des problèmes des employés. Au
contraire, il faut que les informations qui remontent grâce au PAE permettent d'intervenir sur l'organisation du travail. »

Des doutes sur la possibilité de prévenir le stress

C'est justement sur la capacité des PAE à intervenir à la source, sur les causes du stress, que les syndicats se montrent sceptiques, voir hostiles envers le dispositif. « Les cabinets appartiennent au domaine marchand, coupe court Henry Forest, secrétaire confédéral en charge de la condition de travail à la CFDT, ils profitent du malaise des salariés pour vendre des prestations qui ne répondent guère aux problématiques collectives. » Du côté de la CFTC, Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint, lui fait écho :

« Ce sont le rythme de travail, les horaires atypiques et la “laisse électronique” (portable et mail) qui rendent difficile la conciliation de la vie privée et de la vie professionnelle et qui causent le stress. »

Pour s'attaquer aux causes, il fait alors appel aux entrepreneurs pour qu'ils arrêtent d'utiliser le stress pour maximiser le rendement de leurs salariés. De son côté, la CFDT soutient l'action des Comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) au sein des entreprises. Il s'agit pourtant d'un dispositif réservé aux entreprises d'au moins cinquante salariés, les seules d'ailleurs à pouvoir s'offrir les services d'un cabinet externe.

Quant aux PME, elles n'ont souvent même pas de DRH : hors de question donc de mettre en place un PAE en interne, sur le modèle de Fleury Michon, qui demanderait une disponibilité importante de personnel et de financements. « D'où l'intérêt de mutualiser les moyens pour offrir à tous les salariés d'un groupement interprofessionnel un premier niveau d'écoute et d'orientation », explique Jean-Marie Gobbi, directeur de Psya. L'exemple de l'Union patronal du Var pourrait donc faire école.

Quant aux PAE « classiques », entre l'engouement anglo-saxon et le rejet sans appel des syndicats français, leur avenir est plus incertain. Néanmoins, le principe du conseil psychosocial pourrait se démontrer efficace dans d'autres domaines que l'entreprise.

Cela a déjà été le cas en Belgique où une cellule d'aide psychologique aux agriculteurs en difficulté a été ouverte. Dirk Antonissen, directeur du cabinet de conseil ISWLimits et associé de l'EAEF, a collaboré avec l'Université de Liège et plusieurs ministères pour son lancement en 2001. Depuis 2005, le projet continue dans les deux régions fédérales. Agricall, la cellule financée par la région Wallonne, a traité de nombreux cas de surendettement ou de dépression, arrivant ainsi à briser avec succès l'isolement dont les paysans sont souvent victimes.

Photo : des traders à la bourse de New York en novembre 2008 (Brendan McDermid/Reuters).

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Portrait de Cratère

De Cratère

20H07 | 12/05/2009 | Permalien

Réduire les effectifs sans changer la quantité de travail, en d'autres termes, augmenter les cadences pour baisser les coûts… et tant pis si c'est l'humain qui sert d'amortisseur. L'employé n'est qu'un outil comme tant d'autres, il suffit de le remplacer quand il casse. Le problème c'est quand il se suicide sur le lieu du travail, ça fait un peu tache.
Alors on met en place des cellules pour gérer « le stress », permettant à l'entreprise de se dédouaner en rejetant la faute sur la faiblesse humaine.

Portrait de shillom

à Cratère Portrait de Cratère De shillom

14H35 | 13/05/2009 | Permalien

Exact, comme bien souvent l'humanité crée un problème, puis cherche à y trouver une solution sans s'attaquer aux causes. Ces cellules seraient-elles utiles si l'employé était toujours considéré comme un être humain à part entière, et non comme un nième outil de production de richesse ?

2 points à retenir :
- Chacun a son approche des problèmes privés voire familiaux, les employeurs doivent comprendre qu'il vaut parfois mieux un employé absent qu'un employé trop préoccupé.
- Le travail n'est pas une fin en soi, pas plus que l'argent. L'être humain cherche avant tout à se rassurer sur sa situation, et à lier des contacts avec d'autres personnes. L'entreprise permet de pallier au premier aspect, au moins d'un point de vue instantané et financier, mais qu'en est-il du second ?

A l'heure où le chômage croit plus que jamais, le juste équilibre entre vie professionnelle et vie privée est-il trouvé ? Est-ce que 35h de travail par semaine ne sont pas trop ? Passer à 30 ou 25 ne résoudrait-il pas de nombreux problèmes ?

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 15H08 | 12/05/2009 | Permalien

Voilà une belle foutaise pour qu'une bande de parasites que sont les psy s'en foutent plein les poches.
Ce qu'il faut, c'est des putes !
La plupart des gens sont frustrés, ils labourent bobonne depuis trente ans et n'arrive pas à grimper leurs collègue et se prennent la tête avec ça. Une bonne pipe payée par le patron et hop, en pleine forme.
Sinon on peut aussi prendre une cuite avec des potes, mais les gens vont être encore plus triste en se rendant compte qu'ils n'ont pas de potes.

C'est de la grosse connerie cette idée. On ferait mieux de filer le fric qu'on économise en envoyant chier ces charlatans et le filer aux employés, un bon salaire y'a rien de mieux pour le moral.
Et s'il y a des débiles qui veulent quand même payer un psy, comme d'autres débiles iront faire un loto, tant pis pour eux, mais ils sont libres d'utiliser leur pognon comme bon leur semble.

Portrait de blablablaetblablabli

à Keldan Portrait de Keldan De blablablaetblablabli

patati et patata | 15H47 | 12/05/2009 | Permalien

« Ce qu'il faut, c'est des putes »

Il faut arreter la moquette mon ami !

Portrait de Kid_A

à blablablaetblablabli Portrait de blablablaetblablabli De Kid_A

07H24 | 13/05/2009 | Permalien

Mais non voyons, il faut relire le Meilleur des mondes.
Le parfait avenir se présente ainsi :

SEX, DRUG & JOB !

Portrait de Keldan

à Kid_A Portrait de Kid_A De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 10H47 | 13/05/2009 | Permalien

Histoire d'éviter de toujours servir ce bouquin à toutes les sauces, parce qu'en réalité il est un peu pourri à cause de sa fin trop naze et de son héros trop débile, on peut aussi citer Un bonheur insoutenable d'Ira Levin. Là au moins le héros n'est pas dégouté de la vie parce que plus personne ne crois en dieu…

Portrait de Jaydi

à Kid_A Portrait de Kid_A De Jaydi

Sûr de ne pas être certain | 16H18 | 13/05/2009 | Permalien

Je dirais même, si vous me permettez

« Sex, drug & (blow)job »

Ne me remerciez pas pour ce commentaire constructif.

Portrait de jukap

à Keldan Portrait de Keldan De jukap

Devant mon ordinateur | 12H28 | 13/05/2009 | Permalien

Parlez-nous de votre mère, voulez-vous ?

Portrait de shillom

à Keldan Portrait de Keldan De shillom

14H43 | 13/05/2009 | Permalien

Beaucoup de provoc mais j'adhère bien à l'idée qui est derrière, n'en déplaise aux braves gens.
Après tout chacun sa drogue et sa manière de s'évader : sexe, alcool, drogues, médocs, le juste prix, les experts à taiwan, la musique, le cinéma, le jeu….

Mais par contre attention, un bon salaire a beau être bon pour le moral, il peut pourrir l'esprit très vite et créer une dépendance insoupçonnée… C'est peut-être la pire des drogues en fait, d'où le problème de manque des exploités, dans une société où on nous vend du luxe et de « l'inutile-à-la-mode-qui-semble-si-indispensable » à tous les coins de rues.

Portrait de guerzit

De guerzit

Incomprenant majeur | 15H11 | 12/05/2009 | Permalien

Et si on arretait de prendre les salariés pour des merdes infâmes, ca couterait moins cher, nan ?

Portrait de Yvon le Zébulon

à guerzit Portrait de guerzit De Yvon le Zébulon

L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 19H47 | 12/05/2009 | Permalien

Plus simple encore :
- Si on ne créait pas artificiellement des besoins ou des problèmes aux gens dont on ne souhaite que pomper l'énergie et le sang sans vouloir leur octroyer la moindre liberté…
On n'aurait pas à se soucier de leur stess.

Retour aux 35 h qui permet un minimum de vie de famille
Obligation de salaire digne, permettant à chacun une vie normale.

Les gens n'ont pas besoin de Rolex pour « réussir leur vie »
° Ils ont juste besoin de respect, de dignité, de reconnaissance !

Et après, Basta : les Psy >>>> au boulot aussi !

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 15H25 | 12/05/2009 | Permalien

D'un point de vue de démonstration par l'absurde cynique et nonobstant les souffrances individuelles, je trouve plutôt rassurant que de plus en plus de salariés pètent les plombs à tous les niveaux de la hiérarchie .

Pour accepter sans broncher un monde du travail devenu aussi imbécile, contre productif, violent , mal récompensé et ennuyeux à chier, il faut vraiment être sadique , masochiste ,gravement schizophrène ou posséder un très solide sens de l'humour ou de la dérision ou une grande passion pour la théorie des jeux ou du chaos .

Vous n'êtes que des parasites cautères sur les jambes de bois, les psys .Et ce n'est pas vous qui résoudrez les nouveaux hyper malaises dans la civilisation , bien au contraire…

legend

Portrait de Utilisateur désinscrit à sa demande 2

à Numerosix Portrait de Numerosix De Utilisateur désinscrit à sa demande 2

nc | 22H41 | 12/05/2009 | Permalien

Ca, c'est clair.

Accident d'avion, le journaliste annonce l'envoi d'une cellule de soutien psychologique, on se dit ouf, tout va bien…

La prochaine fois que je trouve de la bouffe périmée dans mon frigo, j'exige une cellule de soutien psychologique. C'est mon droit citoyen…

Portrait de Yvon le Zébulon

à Utilisateur désinscrit à sa demande 2 Portrait de Utilisateur désinscrit à sa demande 2 De Yvon le Zébulon

L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 12H48 | 13/05/2009 | Permalien

Bravo Hulk !
Hier matin, une mouche est tombée dans mon café, et j'en ai été malade toute une journée….et j'ai donc exigé un soutien, tout comme toi :

° Une Psy a débarqué, et mon problême a été résolu.
Je dois éviter de prendre le café à l'extérieur, et il m'a été demandé pour éviter la récidive de « condamner » mon balcon !

Depuis, je me sens mieux…
La Psy aussi, qui est repartie avec un chèque de 70 € pr 1 heure !

Portrait de jukap

à Numerosix Portrait de Numerosix De jukap

Devant mon ordinateur | 13H08 | 13/05/2009 | Permalien

Il y a de mon point de vue deux perspectives face aux maux que vous décrivez :
- l'une est révolutionnaire : on attend que tout se casse la gueule voire on tape dans le tas jusqu'à ce qu'il cède - et tant pis pour ceux qui souffrent aujourd'hui, dommages collatéraux sans doute-, dans l'espoir qu'on sera parmi les survivants lors du « jour meilleur »
- l'autre évolutionnaire : on essaie de faire ce qu'on peut tant qu'on est en vie, sachant que, puisqu'on est à l'intérieur d'un monde imparfait (puisque non-moi), il n'existera que des alliances de forces positives permettant progressivement de faire infléchir UNE PARTIE du reste.

Je suis dans la catégorie de ceux qui ne peuvent souscrire à une démonstration « nonobstant les souffrances individuelles » ; à ce titre, je suis devenu un de ceux que vous appeler « parasite », et je SAIS, par le quotidien de mon activité, que j'ai aidé des gens, et que je continue à le faire. J'espère que ceux là pourront au moins vivre maintenant plutôt que de continuer à peiner dans leur coin sans autre soutien que des médocs, la perspective du suicide, ou des personnes qui leur disent que ce sont des victimes du système comme idées compensatrices.

Là où je vous demande donc, s'il vous plaît, de faire un premier distingo, c'est entre certains « psys » qui viendraient effectivement profiter d'une plaie sociale et la sucer pour s'en repaître plus que pour la cautériser, et ceux qui travaillent avec les gens pour qu'ils retrouvent une dignité ou quelquefois tout simplement une identité : merci d'avance de penser à cela, car c'est parfois vraiment difficile dans le quotidien de l'hôpital de ramener cette notion d'humain, particulièrement quant on se fait rabattre de la sorte dans un panier fourre-tout et négatif tenant lieu d'inconscient collectif.

Par ailleurs, si vous pouvez un peu prolonger votre pensée, avant de juger de l'inefficacité ad hoc d'un dispositif d'aide, veuillez s'il vous plaît attendre que ceux qui sont concernés puissent s'exprimer. Je pense comme vous que les risques de dérive, de paravent, de fausse excuse collective, ou de « cautères sur des jambes de bois » peut exister, mais attendez au moins d'avoir des retours d'usagers, ou de savoir qui fait quoi et comment avant de vous prononcer, non ? De mon côté, je connais des collègues en entreprises qui ont, eux aussi, aidé des personnes, très concrètement, et fait avancer tout aussi concrètement des dispositifs techniques ou des méthodes de gestion du personnel inhumaines. Ce n'est donc pas inutile, et surtout ça ne se passe pas tel que vous semblez l'imaginer vu vos propos : d'une part, les gens touchés par leurs conditions de travail ne voient quelquefois simplement plus qu'elles ont des choix possibles, et que la vie est une chose ouverte ; d'autre part, recréer une alliance direction-salariés demande du temps, et peut aussi se vectoriser, au moins en partie, par ce travail-là, avec de vrais bénéfices durables. Il s'agit d'un travail de conscience et d'autonomie de pensée, comme toujours dans notre métier, et malgré des abus possibles (comme dans tout autre corps de métier), croyez le ou non, il y a une majorité de « psys » qui sont réellement des gens simples, et de bien.

Portrait de Numerosix

à jukap Portrait de jukap De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 20H00 | 13/05/2009 | Permalien

Désolé , je maintiens ce que j'ai écrit . « Nonobstant la souffrance » c'est juste pour la démonstration théorique , bien sur. Puisque vous prétendez être un bon psy , vous avez compris que je ne suis pas forcément un monstre insensible .Et que mon comportement dans l'entreprise est peut-être aussi respectueuse de la souffrance individuelle des autres ( voire aussi efficace ) que la votre. Allez savoir .. Hé hé ..

Quant a vous , vous êtes peut-être un type formidable d'humanité . Je n'en sais rien . Ce que je sais , c'est qu'il existe des poissons volants, mais que ce n'est pas la majorité du genre . .

Cordialement .

Portrait de jukap

à Numerosix Portrait de Numerosix De jukap

Devant mon ordinateur | 09H06 | 15/05/2009 | Permalien

« Quant a vous , vous êtes peut-être un type formidable d'humanité . Je n'en sais rien . Ce que je sais , c'est qu'il existe des poissons volants, mais que ce n'est pas la majorité du genre . . »

Je suis certain que vous ne savez ni l'un, ni l'autre…

« mon comportement dans l'entreprise est peut-être aussi respectueuse de la souffrance individuelle des autres ( voire aussi efficace ) que la votre »

Ca, c'est bien possible, et c'est tout ce que je souhaite. Malheureusement, d'une part certaines difficultés peuvent se cristalliser justement parce qu'elles ne sortent pas du cercle employés-direction, du milieu qui la génère. D'autre part, s'il s'agit d'actions d'envergure, quelqu'un (ou une équipe) engagé(e) à pour ce poste spécifique existera en tant « qu'institution », validée ou décriée finalement peu importe : cela a le mérite de créer un chaînage employé-direction par ce maillon symbolique manquant, plutôt que le maintien en clans opposés par essence.

Bref, je ne présume en rien du résultat, ou de la récupération éventuelle, mais renvoyer la chose avant même de la tester dans les oubliettes sous prétexte que ce ne serait qu'une manipulation de plus est de mon point de vue contre-productif, de quelque côté que l'on se place, si l'on souhaite limiter, pour quelque raison que ce soit, certaines souffrances au travail.

Peut-être, pour nous rejoindre, pouvons-nous tous deux postuler que de toutes façons, ces postes/missions ne devraient exister que dans des cadres plus généraux, et avec une durée limitée dans le temps définie en accord avec les « partenaires sociaux », par exemple ?

Portrait de plumette

à jukap Portrait de jukap De plumette

07H24 | 14/05/2009 | Permalien

Je pense que les psy qui acceptent de se rendre sur le milieu de travail le font pour des raisons lucratives car il existe un vrai marché et que les patrons veulent déposséder les services de santé au travail de leurs prérogatives !
D'ailleurs si le patron les finance c'est bien parce qu'il souhaite cette pratique. Pour moi de deux choses l'une : ou ces psychologues sont « aussi psy que leurs patients » pour penser qu'ils peuvent aider les personnes qui travaillent à aller mieux sans changer les conditions de travail ou ils sont complices du système pour l'argent tout en se donnant bonne conscience « d'aider des salariés en détresse ». De plus de part leurs formations ils ont tendance à individualiser les problèmes et donc à anéantir l'aspect collectif de la souffrance au travail.
Si déjà les patrons laissaient les médecins du travail faire ce pour quoi ils sont payés et prendre en compte les solutions proposées par les représentants du personnel en CHSCT sans leur mettre des bâtons dans les roues dès qu'ils le font cela éviterait sans doute de payer des psy et améliorerait les conditions de travail. Il existe plusieurs consultations de souffrance au travail en RP et en France maintenant avec des gens éminemment au courant et formés pour aider les salariés en souffrance.
http://www.atousante.com/risques_professionnels/sante_mentale/souffrance…
Vous pouvez y aller en demandant à votre médecin du travail de vous y adresser, s'il ne les connait pas se renseignera, et s'il est « frileux » votre médecin traitant peut vous y adresser aussi si vos problèmes concernent la souffrance au travail. Il me semble aussi qu'on peut prendre un rendez vous de sa propre initiative.
Ce qui se joue en ce moment avec ce qu'on appelle « les risques psychosociaux » est grave parce que cela représente un marché hyperlucratif pour des escogriffes de tout poil et sans éthique et une manne pour les employeurs qui veulent « individualiser » les problèmes de souffrance au travail et empêcher les professionnels en place dans les entreprise de faire leur travail dérangeant ! Il faut donc être extrêmement vigilant et refuser ces méthodes anglo saxonnes de « gestion des risques au travail ».

Portrait de jukap

à plumette Portrait de plumette De jukap

Devant mon ordinateur | 09H15 | 15/05/2009 | Permalien

Tout travail mérite salaire.

Ce que vous dites sur la médecine du travail est juste, cependant, bien peu de médecins du travail peuvent avoir non seulement le temps, la formation nécessaire en dehors d'un faible diagnostic individuel, ou le rôle auprès de la direction que de telles équipes peuvent prendre : après tout, songez que l'employeur considère, à tort ou à raison, que ce sont ses sous à lui que ses employés vont dépenser parce qu'ils vont mal ; Le moment des « comptes » peut ainsi devenir un espace d'échange constructif, plus que l'externalisation totale du problème ou un conflit stérile cristallisant les défenses ou les problèmes de part et d'autre et laissant des dégâts profonds.

Par ailleurs, ramener de la parole sociale dans une entreprise s'accompagne toujours de bienfaits collatéraux, bien plus importants que vous ne semblez l'imaginer.

Portrait de plumette

à jukap Portrait de jukap De plumette

10H50 | 15/05/2009 | Permalien

Je pense que vous faites erreur quand vous pensez que le médecin du travail n'a pas ni le temps ni la formation ni le rôle auprès des employeurs pour faire changer les conditions de travail et je suis surpris et effrayé qu'en tant que professionnel travaillant dans le milieu du travail vous ignoriez à ce point les rôles et missions du médecin du travail : « éviter toute altération de la santé du fait du travail et être le conseiller de l'employeur, des salariés et des représentants du personnels en ce qui concerne l'hygiène, la sécurité et les conditions de travail. »

Il est au contraire habilité de par sa formation de base en spécialité de médecine du travail mais aussi grâce à la formation continue à laquelle la loi l'oblige. Son rôle et ses missions sont clairs et il est très protégé par la règlementation de tout licenciement pour qu'il puisse les mener à bien.

Quand vous dîtes que le médecin du travail ne peut occuper le rôle nécessaire auprès de l'employeur pour parler des conditions de travail collectivement vous me mettez franchement en colère et vous ne faîtes que confirmer ce que j'ai dit précedemment : c'est que vous prétendez intervenir dans le milieu du travail sans même connaître ni prendre en compte le rôle du médecin du travail qui voie les salariés en visite médicale.

Il a sans nul doute plus de légitimité que vous à intervenir. Les employeurs l'ont d'ailleurs bien compris qui font appel à des personnes comme vous, au lieu de tenir compte des avis et conseils du médecin du travail de l'entreprise comme la loi les y oblige !

Vous parlez de « ramener la parole sociale dans une entreprise » mais en qualité de quoi prétendez vous ramener la parole des salariés qui vous auront confiés éventuellement leur souffrance au travail à l'employeur puisqu'à l'heure actuelle la législation n'a pas changé encore et que c'est le rôle du médecin du travail (qu'il assume en CHSCT et lors de l'établissement de la fiche d'établissement où il donne avis et conseils pertinents à l'employeur pour « éviter toute altération de la santé du fait du travail » ).

Non le problème n'est pas là Monsieur, il est dans le fait que les employeurs considérant les risques psychosociaux comme un vrai danger car susceptibles de générer beaucoup de déclarations de maladies professionnelles qui leur coûtent extrêmement cher, ne souhaitant pour autant changer leur mode de management et leurs stratégies d'entreprise assèchent le rôle du médecin du travail de l'entreprise en faisant intervenir des psy pour « libérer la parole ».

Que vous vouliez l'admettre ou non, l'entreprise est un lieu hautement politique, un lieu de rapports de force où le salarié peut faire changer les choses à son profit uniquement parce que la loi existe : médecin du travail, représentants du personnel.

Portrait de fiff2000

à Numerosix Portrait de Numerosix De fiff2000

homme de main | 19H26 | 13/05/2009 | Permalien

Mais si c'est eux, d'ailleurs ils ont pleins de jolies pilules à prescrire pour y arriver.

Portrait de jukap

à fiff2000 Portrait de fiff2000 De jukap

Devant mon ordinateur | 09H16 | 15/05/2009 | Permalien

Les pilules sont l'apanage des médecins : hors, il s'agit justement dans ce genre d'initiative d'arrêter ce cercle infernal du « tenir bon ».

Portrait de FrC

De FrC

architecte | 15H25 | 12/05/2009 | Permalien

« Et si on généralisait l'aide psychologique aux salariés » ?

Non merci, des entreprises libérées du dictat des actionnaires, des patrons compétents et, des conditions de travail et de rémunération décentes suffiront.

Portrait de Numerosix

à FrC Portrait de FrC De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 15H28 | 12/05/2009 | Permalien

Je vois qu'on est tous bien d'accord ..Les psys d'entreprises qui nous lisent vont bientôt avoir besoin d'une aide psychologique..

legend

Portrait de nada

à Numerosix Portrait de Numerosix De nada

15H51 | 12/05/2009 | Permalien

oui ! c'est moi qui a consolé mon médecin du travail car elettre envoyée

Portrait de Yvon le Zébulon

à Numerosix Portrait de Numerosix De Yvon le Zébulon

L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 19H42 | 12/05/2009 | Permalien

Numérosix, ta coccinelle rieuse est toujours de sortie.
- Méfie toi, car le soir, dans ton « village global », elle pourrait faire de mauvaises rencontres…et pas des moindes !

- Un psy au détour d'un chemin par exemple !
……………………………………………………….

Il y a un gars près de chez moi (propre sur lui, cravate/costard, bien rasé, cheveux poivre et sel, age : environ 50 piges) qui passe trois ou quatre fois par jour en portant un gros, lourd, et massif canapé de velours rouge…et ce comportement m'intriguait.

- J'ai demandé à mes voisins de qui il pourrait bien s'agir ?
- C'était un Psy qui faisaient des consultations à domicile.

Portrait de Danielle29

à FrC Portrait de FrC De Danielle29

19H52 | 12/05/2009 | Permalien

Vous me coupez l'herbe des mots sous le pied ! Très bien dit, rien à ajouter ni à retirer.

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 15H45 | 12/05/2009 | Permalien

En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. Il était sur le dos, un dos aussi dur qu'une carapace, et, en relevant un peu la tête, iI vit, bombé, brun, cloisonné par des arceaux plus rigides, son abdomen sur le haut duquel la couverture, prête à glisser tout à fait, ne tenait plus qu'à peine. Ses nombreuses pattes, lamentablement grêles par comparaison avec la corpulence qu'il avait par ailleurs, grouillaient désespérément sous ses yeux.

ON DEMANDE L'AIDE PSYCHOLOGIQUE D'URGENCE !

legend

Portrait de blablablaetblablabli

à Numerosix Portrait de Numerosix De blablablaetblablabli

patati et patata | 15H50 | 12/05/2009 | Permalien

Hé oui numéro6 on vit dans un monde de plus en plus

Kafkaien.

Portrait de supprimé à la demande du riverain 13 mai

De supprimé à la demande du riverain 13 mai

.... | 15H53 | 12/05/2009 | Permalien

Encore une pompe à fric qu'on amorce ?

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