
Et si les écoles se mettaient au développement durable ?

L'éducation au développement durable (EDD) semble être devenue l'une des priorités du ministère de l'Education nationale qui multiplie, depuis plusieurs années, les circulaires et directives allant dans le sens de sa généralisation. Le but : faire des écoliers d'aujourd'hui, les vrais « éco-citoyens » de demain.
Mais au final, sur les 67 000 établissements scolaires recensés en France, la grande majorité n'a pas encore adopté de moyens significatifs allant dans ce sens. Et pour cause : s'investir dans l'EDD n'est pas de tout repos.
L'idée : La « démarche E3D » une tendance difficile à mesurer
Dès 2004, l'Education nationale demande aux écoles, collèges et lycées d'intégrer progressivement les différentes notions du développement durable dans les contenus pédagogiques. Depuis 2007, elle les encourage également à se lancer dans des démarches globales appelées « démarches E3D » (établissement en démarche de développement durable), qui visent à faire changer en profondeur les comportements et pratiques de l'ensemble de la communauté scolaire.
Trier ses déchets, réduire sa consommation d'énergie ou de papier, mais aussi savoir faire preuve de solidarité et d'esprit de coopération avec ses camarades ou ses collègues, sont autant de thèmes que l'école du XXIe veut pouvoir favoriser tout au long de l'apprentissage scolaire.
Cette irruption du DD dans le domaine scolaire ne date pas d'hier. Depuis une dizaine d'années déjà, des établissements ont commencé, seuls ou avec l'appui de leur région ou de leur académie, des expériences pilotes en matière de ce que l'on appelle aussi « Agenda 21 scolaires ».
Parmi les organisations qui soutiennent et accompagnent la mise œuvre de ce type de projets, le Comité 21 et l »Office français de l'éducation à l'environnement en Europe (OF-FEEE) recensent à elles deux environ 1 200 initiatives en France. Mais toutes ne sont pas égales : cela peut aller de la création d'un jardin potager dans la cours d'école ou de la mise en place d'une cantine bio, à la réalisation d'un plus vaste plan d'actions agissant sur tous les aspects du développement durable (environnementaux, sociaux et économiques).
Des chiffres à relativiser donc, d'autant plus que l'Education nationale n'a pas à ce jour de réelle visibilité sur le nombre global d'établissements engagés en démarche E3D.
Les modes d'enseignement classiques sont bouleversés
« Une démarche E3D est un processus long qui nécessite au minimum deux ans pour donner les premiers résultats et qui repose sur la mobilisation de tous les acteurs d'un établissement : direction, enseignants, élèves, intendance, mais aussi personnels techniques (cantinières, personnel d'entretien) », précise Michel Valentin, haut fonctionnaire au développement durable au sein du ministère de l'Education.
C'est pourquoi, elle pose de réelles questions en termes d'engagement, de méthodologie mais aussi de coût. Sur la question de la pédagogie par exemple, le développement durable bouleverse les modes d'enseignement classiques.
« Il requiert un travail interdisciplinaire, mobile et coopératif difficilement compatible avec le cadre rigide de l'école. Des emplois du temps surchargés et le cloisonnement entre les différentes matières suffisent à constituer des obstacles majeurs à l'intégration du DD dans les programmes scolaires », commente François Muller, responsable de la mission académique « innovation et expérimentation », en charge de recenser les pratiques des enseignants concernant les E3D sur Paris.
La question de la rémunération des heures supplémentaires des professeurs qui assurent l'encadrement des projets ED3 (pour les temps de concertation et de préparation des projets, l'évaluation et la rédaction des rapports), mais aussi la recherche de financements pour mener des actions concrètes (achat du matériel nécessaire au tri sélectif, formation du personnel, travaux d'isolation et de rénovation, etc.) sont également des difficultés que tout établissement engagé doit pouvoir affronter.
Ces différents points, la directrice adjointe de la cité scolaire Henri Bergson (Paris), Mme Dodinet, les connaît bien. L'établissement est maintenant engagé depuis trois ans dans une démarche E3D qui fait figure de modèle dans l'académie mais aussi en France et à l'international.
Comment la mettre en pratique : A Henri Bergson (Paris XIXe), une démarche exemplaire
Dans les collège et lycée Bergson, on pense et on vit le développement durable au quotidien. Grâce à l'impulsion des deux professeurs de SVT et au soutien sans faille de la directrice adjointe, les initiatives se sont multipliées depuis 2005.
La tâche était pourtant loin d'être évidente : comment persuader 1 200 élèves, une centaine d'enseignants et plus d'une cinquantaine de membres des personnels administratifs, techniques, ouvriers, sociaux et de santé, de changer leurs habitudes et leurs comportements ? Il a d'abord fallu mener une première étape « de sensibilisation » qui a bien duré an et demi précise Mme Dodinet. Puis les premières classes à projet sont apparues :
« Il fallait pouvoir s'extraire du cadre des grilles horaires pour monter des classes Agenda 21, alors nous avons demandé à l'académie de bénéficier de l'article 34 de la loi sur l'école de 2005 relatif à l'expérimentation en milieu scolaire. »
Résultat : trois classes option « Agenda 21 » (deux de 5e et une de 2de) bénéficient depuis trois ans d'aménagements d'emplois du temps permettant des interactions entre les professeurs d'histoire-géographie, de maths, de SVT, de physique-chimie et d'EPS sur une demie journée par semaine. Mais d'autres classes sont aussi impliquées.
Une nouvelle dynamique très positive
Grâce au soutien financier du rectorat, un « atelier cinéma » a ainsi été crée pour la réalisation de courts métrages sur le thème du DD. Un partenariat avec l'Ecole des ingénieurs de la ville de Paris (EIVP) permet également d'accompagner les 1res S dans le calcul annuel du bilan carbone de l'établissement.
De ces diagnostics énergétiques découlent ensuite des projets concrets visant à assurer le tri sélectif dans les salles de classe, à éviter les gaspillages à la cantine, à réduire les consommations d'eau, de papier, de chauffage et de gaz dans toutes les bâtisses.
Ce type d'actions implique bien entendu des coûts qui doivent être calculés et anticipés. Selon Mme Dodinet, qui explore sans cesse les nouvelles possibilités de subventions et de partenariats :
« La recherche de financements fait partie intégrante du travail. Rien n'est vraiment prévu en Ile-de-France pour financer les Agenda 21 scolaires, c'est pourquoi nous avons frappé à beaucoup de portes. Et c'est finalement en répondant à un appel un projet lancé en 2007 par la Région pour des initiatives en matière de DD, que nous avons obtenu un financement de 25 000 € sur trois ans. Après 2009, il faudra trouver autre chose. Mais il est sain de ne pas toujours compter sur les mêmes appuis et de varier les apports financiers. »
Malgré l'investissement, Mme Dodinet et ses collègues enseignants savent que tous les efforts fournis valent la peine :
« Le développement durable a crée une nouvelle dynamique très positive au sein de l'établissement. En 2008, nous avons dépassé de 12% les objectifs d'obtention du bac (79% de réussite contre 67% attendus). Par ailleurs, notre travail sur les enjeux sociaux du DD nous a permis d'aborder la question, très sensible ici, de la discrimination.
Grâce à des conférences et à l'intervention de plusieurs associations (Initia droit, Licra) une enquête a montré qu'en 2008, le sentiment discriminatoire avait reculé de 20% parmi les élèves du lycée. Tout cela contribue à générer un mieux vivre vraiment notable… »
Ce que je peux faire
Le succès d'un projet scolaire d'éducation de développement durable semble donc avant tout reposer sur la volonté des équipes qui le mettent en place et leur capacité à se mobiliser. Pour la directrice adjointe de Bergson, c'est avant tout un état d'esprit et une philosophie de vie qui conduisent à faire de l'EDD une priorité : « Le développement durable ne se décrète pas, il se sécrète ! »
Aussi, malgré toutes les directives gouvernementales, seuls les acteurs de terrain pourront agir pour qu'il devienne un vrai phénomène de société. Cela implique la participation des professeurs et des organes de direction des établissements, mais aussi celles des élus locaux, des partenaires associatifs et d'entreprises. Sans oublier qu'au cœur de ce projet citoyen : les élèves et leurs parents jouent un rôle fondamental d'impulsion et de définition des objectifs à mener.
Représentés dans les comités de pilotage devant assurer la mise en œuvre des projets E3D, ils sont forces de proposition et acteurs incontournables pour la validation de toute décision. Car le développement durable, c'est aussi cela : un processus participatif et collaboratif qui veut décloisonner les entités à l'intérieur et à l'extérieur de l'enceinte scolaire.
Photo : Un élève dans une école de Vincennes (Charles Platiau/Reuters).
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De Hominem
enseignant | 21H51 | 26/03/2009 |
Bonjour,
pour être dans le développement durable depuis longtemps et l'enseignement depuis plus longtemps encore ,pas écolo ,pas bio, pas baba….ni bobo,je peux dire ,au regard des circulaires,de la motivation des services,de l'intérêt des grands responsables de l'éduc nat, que l'EDD n'est que de la roupie de sansonnet et un hochet pour détourner l'attention.
Utiliser les évènements (Y Arthus,J L Etienne,…) pour jeter la poudre aux yeux.
Il faut se le dire : « Moins cher et plus drôle que Guignol : le développement durable à l'école, ramassage d'ordures,plantation de bulbes“hollandais” et fous rires garantis »
Bon nous l'avons fait …et bien pire/mieux.
Une belle aventure….pour que nos enfants puissent profiter d'un petit déjeuner dans le jardin un dimanche matin de mai.
Hominem.
à Hominem
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 07H07 | 27/03/2009 |
Je n'ai pas de doute sur « roupie de sansonnet et un hochet pour détourner l'attention. »
Néanmoins :
- c'est déjà une « légère » sensibilisation
- vous êtes aussi là et vous pouvez allez un peu plus loin que la directive dans cette sensibilisation.
- c'est sympa « un petit déjeuner dans le jardin un dimanche matin de mai. » non ?
à Hominem
De Hélène Crié-Wiesner
Ecrivain, spécialisée en environnem... | 16H05 | 27/03/2009 |
Et vous, Magdeleine Wagner (auteur), que pensez-vous du débat qui court dans la quarantaine de réactions ci-dessous ? Poudre au yeux, emplâtre sur une jambe de bois, consolidation des défauts de cette société… Vous arrivez à rester zen face à ce type de raisonnement, vous ?
à Hominem
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 07H53 | 28/03/2009 |
Exact !
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 22H16 | 26/03/2009 |
Par chez nous, ce sont les magasins Leclerc qui sponsorisent les opérations de nettoyage des rivières.
Ticheurts et poches Leclerc : mon voisin collectionne les articles de la presse locale sur ce thème.
Il a en un plein cahier.
à leo s
De didier1
retraité | 08H41 | 27/03/2009 |
Quand je vois Leclerc sponsoriser des opérations écologiques, ça me fait dégueuler…voilà un groupe qui fait venir ses produits à grands coups de pétrole qui pratique des marges arrières mirobolantes, qui impose au producteurs des rapports de type commerciaux qui « obligent » ceux-ci à utiliser engrais azotés et pesticides dans des proportions délirantes… et qui se pique d'éco-citoyenneté…
à didier1
De bozox
09H53 | 27/03/2009 |
Le pire c'est quand ils vous distribuent à la caisse un livret pour vous apprendre à bien vous comporter vis-à-vis de l'environnement… à 2m du présentoir à piles jetables ! Qu'ils commencent à balayer devant leur porte en arrêtant de vendre ces saloperies !
à didier1
De didier1
retraité | 13H30 | 27/03/2009 |
rectif qui impose aux producteurs
De galapiat
vendeur | 22H23 | 26/03/2009 |
il existe dans l'enseignement agricole plusieurs démarches vers le développement durable en tant que labels :
éco-école (label Rhône-alpes)
éco-responsable(label national)
et également cantine bio
à galapiat
De hassancehef
pourfendeur de neuneus | 22H56 | 26/03/2009 |
La propagande arrive dans nos écoles ?
A quand la projection du film d'Al Gore, histoire de réellement les lobotomiser jusqu'au bout ?
à hassancehef
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 09H03 | 27/03/2009 |
Puisque vous parlez de lobotomie, j'ai l'impression que vous avez fait un abus de TF1.
à Pseudo
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 09H23 | 27/03/2009 |
Non, non, c'est les gaz d'échappement de son Hummer.
Il s'en faisait un sniff tous les matins au réveil pour se débarrasser de ces horribles effluves de plantes vertes dont ses voisins, d'irresponsables fachistes-écolo parsemaient leur jardin.
Après quelques temps hélas…
à Pseudo
De hassancehef
pourfendeur de neuneus | 18H26 | 27/03/2009 |
Au contraire, je ne regarde plus la télé depuis mai 2006… Et vous ?
à hassancehef
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 11H10 | 28/03/2009 |
Il faut être patient.
Les neurones sont longs à se remettre.
Ne perds pas espoir.
à galapiat
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 09H10 | 27/03/2009 |
Ici, par chez nous, l'enseignement agricole c'est plutôt tendance lourde pratiques Fnsea.
D'ailleurs aux dernières journées portes ouvertes, le sponsor était Total.
De corbeau deciitre
Educateur spécialisé | 22H56 | 26/03/2009 |
La seule façon de faire du développement durable c'est d'élever des lapins !
à corbeau deciitre
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 07H55 | 28/03/2009 |
ça, pour sûr !
à framboise92
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 08H05 | 28/03/2009 |
et de mettre les fanes de carottes a compost.
De kawouede
00H15 | 27/03/2009 |
Bonne initiative. Ensuite la prochaine étape c'est d'expliquer la décroissance solidaire et sélective.
Je suis en train de lire Hervé Kempf…
De moa98
la France d'en bas | 02H24 | 27/03/2009 |
Le modérateur aurait dû traduire. Que dit ce message ? De telles pratiques ne sont pas acceptables.
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 09H23 | 27/03/2009 |
--------------------
De moa98
la France d'en bas | 02H20 | 27/03/2009 |
Juste une idée qui passe dans ma tête : et si l'État, l'Élysée, le petit d'homme, le Gouvernement, les élus et politiques pouvaient servir d'exemple… le message ne passerait il pas mieux ? Ce n'est pas en roulant en grosses cylindrées multiplié par le nombre de gens qui peuvent en obtenir et en voyageant encore et encore plus en avion pour être pris en photo, ou juste pour une pause de 2 heures dans telle ville ou tel pays alors que le vidéo conférence est au point, qu'on montre l'exemple. Pendant ce temps là, nous on crève. Je vais d'ores et déjà demander à Chirac dans quelles poubelles il va manger….. sinon j'irais me renseigner auprès des guignols de l'infos, je vais bien finir par pouvoir manger, payer mon loyer, mes factures, mon crédit, et après j'irais au Mexique…..
De grosluc
branleur de manchots | 07H55 | 27/03/2009 |
La conception du développement durable au ministère de l'éducation nationale :
moins de profs = moins de trajets = moins de voitures = moins de CO2.
c'est limpide, on a un ministère super écolo.
De liberationdelevangilepopulaire
sans mandat du ciel ni de quiconque | 08H34 | 27/03/2009 |
Et si on libérait les enfants du savoir obligatoire ?
Réinventons la joie, l'envie, le jeu d'apprendre.
Voilà pour une intelligence collective durable.
http://anarchieevangelique.wordpress.com/
à liberationdelevangilepopulaire
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 09H24 | 27/03/2009 |
Comme dans « Sa majesté des mouches » ?
à manu2005
De hassancehef
pourfendeur de neuneus | 18H29 | 27/03/2009 |
Dont l'un des gosses finit le crâne fendu en deux ?
à liberationdelevangilepopulaire
De didier1
retraité | 13H33 | 27/03/2009 |
Par le biais de l'internationale religieuse des neu-neus
à liberationdelevangilepopulaire
De elmanol93
14H14 | 27/03/2009 |
2000 ans que des prosélytes de ton acabit tiennent le même discours. Pour le bien de tous, prend ton courage à deux mains et rejoins ton maître…
à liberationdelevangilepopulaire
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 08H08 | 28/03/2009 |
c'est ce qu'on fait à la maternelle, cher ami.
Ne libérons pas les enfants du savoir à l'aveuglette, il y a déjà des professurs et des chercheurs qui s'en chargent. Si ça ne suit pas , il y a diverses causes.
à framboise92
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 08H09 | 28/03/2009 |
car le savoir passe par les bases pour s'approprier cette notion écologique.