09/02/2009 à 17h37

Et si on logeait les sociétés dans les bâtiments vides ?


« Il faut remplir les bâtiments vides. » C'est le mot d'ordre de Macaq, mouvement d'animation culturelle et artistique de quartier, devenu expert en la matière. Mais à force de se faire virer par la police, les membres de l'association ont cherche une meilleure solution. Il l'ont trouvée : aujourd'hui, ils squattent légalement. Ça porte un nom : la convention de bail précaire.

Macaq a son siège au 123, rue de Tocqueville, dans le XVIIe arrondissement. Depuis sa création, il y a sept ans, ses membres ont ouvert quinze bâtiments, qui ont logé associations et artistes. Celui-ci, ils l'ont d'abord occupé quand il appartenait à une assurance. Puis, quand l'Opac de Paris l'a racheté, ils y sont revenus avec la permission de la mairie.

Aujourd'hui, on y trouve toutes sortes d'activités, Macaq solidarité internationale, le carnaval de Paris, des cours de musique, de modelage, de taille de pierre… Voici en vidéo, un après-midi ordinaire, une visite du lieu, suivie des explications de Julien Boucher, co-fondateur de Macaq. Une véritable ruche, qui aurait pu être vide comme tant d'autres bâtiments. (Voir la vidéo)



Leur tranquillité, il l'ont acquise en gagnant la confiance des élus locaux, en leur donnant l'assurance qu'ils quitteront les lieux au début des travaux. C'est précisément pour cette raison qu'ils peuvent utiliser les bâtiments comme locaux, et non comme logements.

Car un logement privatif ne peut pas être régi par un bail précaire. Une association, oui. Une entreprise aussi. D'où l'idée de faire évoluer ce fonctionnement vers des pépinières d'entreprises gratuites et temporaires.

Gardiens sans frais

24, rue de la Banque, dans le IIe arrondissement. Une toute autre ambiance, une même philosophie. Macaq est entré là en janvier 2007, avec le Ministère de la crise du logement. Le DAL y installe régulièrement ses campements pour les mal-logés, comme en ce moment. Ils cohabitent en toute amitié mais ne se mélangent pas. A l'époque, l'immeuble appartenait au CIC. L'Opac le rachète à bon prix, squatters obligent, et promet d'en faire des logements sociaux.

En attendant, Macaq y loge quelques entreprises. Julien Bayou, membre de Macaq, animateur de Jeudi noir et de Génération précaire, y a installé ses quartiers. Il se sent gardien du lieu, trouve que l'Opac tarde trop à démarrer les travaux :

« J'en profite pour leur faire coucou. Je n'attends que ça, moi, de leur rendre les clés. Les logements sociaux, ça urge, nous, on pourra installer nos ordis ailleurs. »

Il nous explique pourquoi tout le monde gagnerait à reprendre cette organisation, contribuable compris. (Voir la vidéo)



Evidemment, Macaq préfère accueillir des entreprises tournées vers des activités solidaires, ou qui peuvent leur donner un coup de main, échange de bons procédés. Il faut aussi que les entreprises soit mobiles, légères, pour pouvoir déménager rapidement.

C'est le cas de celle de Marie Foray, qui vient de créer avec trois associées une boîte de production. Elle fait de petits films pour eux, en échange d'un grand bureau au deuxième étage. Pour elle, une entreprise dans un squatt, c'est comme ailleurs, avec quelques avantages en plus. (Voir la vidéo)



En ces temps de crise du logement, ce système de débrouille a de l'avenir, surtout quand les économies faites sur les loyers peuvent se traduire dans les salaires. Dernière preuve que ça fonctionne, certaines collectivités font le premier pas.

Ainsi, la commune de Pierrefitte-sur-Seine a proposé à Macaq la gestion d'une maison vide dans un parc. Elle deviendra une ferme pédagogique. Le Macaq achète en ce moment même les moutons et les poules.

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Ailleurs sur le Web
Le site de Macaq
Le site du Ministère de la crise du logement
Le site de Droit au logement

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  • nono le simplet
    nono le simplet
    bidochon
    • Posté à 18h19 le 09/02/2009
    • Internaute
      bidochon

    si on utilisait des bâtiments déja pleins ça créerait des problèmes !
    dsl mais le titre m'a fait rire !

  • Network 23
    • Posté à 20h40 le 09/02/2009

    Ca marche mieux avec la mairie de se présenter comme « pépinières d'entreprises » que comme « lieu culturel » ou « squatt artistique ».

    Au fond, il ne s'agit que de mots - l'important étant ce qu'on en fait après.

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 22h48 le 09/02/2009
    • Internaute
      Wouaooouh!

    Macaq, Jeudi Noir, le Dal, ont raison. Des bâtiments et tant et tant d'immeubles sont vides depuis des années. Faites un tour à Paris dans le quartier des Assurances, le 9e....
    REQUISITION IMMEDIATE !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h27 le 10/02/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    N'en déplaisent à tous ceux qui n'aiment pas les vilaines entreprises et qui croient que le RMI tombe du ciel, c'est une bonne idée.
    Non seulement pour des sociétés qui cherchent un bureau pour démarrer en attendant d'avoir suffisamment de recette pour se trouver quelque chose de plus stable, mais aussi pour toute les associations sociales (genre femmes battues, alcooliques anonymes, aide administrative pour les immigrés et autres réunions Tupperware) qui ont besoin d'un lieu de rencontre.