
Et si on achetait nos aliments directement au producteur ?
C'est un contrat gagnant-gagnant. D'un côté, des consommateurs soucieux de soutenir une agriculture raisonnée et d'acheter des produits sains et savoureux. De l'autre, des exploitants qui ont besoin de fonds pour lancer leur exploitation, et veulent éviter les circuits de distribution classique. Les premiers s'engagent à payer à l'avance au premier la totalité de leur consommation pour une durée de six mois minimum.
Le producteur fournira chaque semaine à ses clients fruits et légumes mais aussi, selon les termes du partenariat, œufs ou viande. Il s'agit donc bien d'engagement. Les clients partagent avec leur agriculteur les risques et les bénéfices liés à l'activité agricole.
Pour certains participants, la motivation reste la santé et celle de leurs enfants. Mais les purs « Amapiens » s'engagent d'abord pour soutenir les petits producteurs face à la suprématie de la grande distribution. Ils prônent, par la même occasion, la consommation locale et peu polluante.
L'idée
Le concept de l'Amap naît au Japon, dans les années 60, suite à plusieurs scandales de contaminations. Installé en Suisse, en Autriche, aux Etats-Unis ou encore au Canada, il arrive en France en 2001. Daniel Vuillon, agriculteur aubagnais de père en fils, rapporte l'idée d'un voyage à New-York ! Qui l'eut cru ?
Pris à la gorge par les lois du marché et menacés d'expropriation (15 000 exploitations disparues en cinq ans dans la région Paca), Daniel Vuillon et sa femme Denise, recevant le soutien de l'association Attac, tentent leur chance auprès d'une poignée de consommateurs en leur proposant de devenir leur « fermier de famille », comme l'appellent les Québécois.
Ces trois dernières années, les filières courtes ont connu un véritable boum
Chaque semaine, ils pourront venir chercher un panier de fruits et légumes à la ferme. A la surprise générale, l'engouement ne se fait pas attendre. Aujourd'hui, la ferme des Olivades, dans la famille depuis 1864, fournit en fruits et légumes frais 210 foyers, emploie cinq personnes à temps plein et essaime à travers tout le pays. Ces trois dernières années, les filières courtes ont connu un véritable boum. On parle d'un millier d'Amap en 2008.
Daniel Vuillon explique ce succès :
« Les consommateurs ont pris conscience de ce qu'on leur imposait avec la vache folle. Rendre un herbivore carnivore pour qu'il soit plus productif est absurde !
“Les personnes qui se tournent vers les Amap ou autre système de circuit court ont entamé une réflexion sur leur santé, sur leur mode de vie et sur l'environnement également. ”
Mais qui sont ces nouveaux consommateurs ? Ces mangeurs citoyens, comme les appelle Claire Lamine, auteur du livre “ Les Amap, un nouveau pacte entre producteurs et consommateurs ” ? Les précurseurs sont, à n'en pas douter, des militants d'Attac, des écologistes ou encore des amoureux de la terre.
Les plus récents engagés émergent des couches sociales intellectuelles. En revanche, Claire Lamine est catégorique : “ les Amap ne concernent clairement pas, ou très peu, les ménages défavorisés ”. Le prix est d'abord un peu plus cher que dans le commerce, de 10 à 15 euros le panier pour deux personnes pour une semaine. Qu'il faut avancer, même si des modalités de paiement sont possibles.
Plus que des consommateurs, les adhérents des Amap sont des militants
Chacun s'engage formellement à récupérer son panier toutes les semaines à un point de collecte déterminé, à date et heure fixe. En cas d'absence, la personne devra trouver un remplaçant pour éviter tout gaspillage. Une fois rentré à la maison, le mangeur devra également prendre le temps de cuisiner ces 3, 4 ou 5 kg de fruits et légumes avant l'arrivée du prochain panier…
Bref, être Amapien revient à adhérer à une véritable association pour des raisons bien établies : la pérennité de notre agriculture, l'environnement, la “ bonne-bouffe ”, et aussi la convivialité !
Comment la mettre en pratique
Près de 150 Amap en région Paca, 70 en Ile-de-France, une cinquantaine en Rhône-Alpes ; elles fonctionnent autant en campagne qu'en ville. La pratique en entreprise devient aussi très tendance. Au sein de Radio France, Ruth Stégassy, animatrice de l'émission Terre à terre sur France Culture, crée en 2005 L'Amap des Ondes réservée aux salariés de la maison ronde.
Et puis, certaines associations assouplissent leurs règles pour faire venir les plus farouches :
- Certaines vendent des demi-paniers, pratiques pour les personnes seules.
- D'autres organisent des systèmes de remplaçants pour distribuer les fruits et légumes des absents.
- A Aix-en-Provence, une association étudiante propose depuis septembre 2007 des paniers à 4 euros, moins cher qu'un paquet de cigarette !
- La fameuse Courgette solidaire, en Seine-Saint-Denis, en réserve certains à moitié prix pour les personnes à revenu modeste et accepte les chèques d'aide alimentaire.
Mais ceux que les Amap aident le plus restent les agriculteurs. Le producteur de la “ Courgette solidaire ” travaille en partenariat avec deux autres Amap. Grâce à ce système, il produit désormais en fonction de la demande et obtient un taux de pertes quasi nul. Il a pu embaucher deux salariés à plein temps et trois saisonniers, qui s'occupent de la production et de la distribution.
Contre 150 euros, 5 kg de miel de châtaigner bio par an pendant cinq ans
Pour François Ribaute, jeune agriculteur tout juste diplômé, le modèle des circuits courts lui a permis de s'installer en tant qu'apiculteur dans les Cévennes. En 2007, il propose à de potentiels consommateurs de faire équipe. Contre 150 euros, ils recevront 5 kg de miel de châtaigner biologique par an pendant cinq ans, soit 6 euros le kg (contre 7 euros en moyenne pour du miel non biologique). Et 150 euros, c'est ce qu'il lui faut pour acquérir une ruche et ses abeilles.
Au printemps 2008, François comptabilise 40 contrats lui permettant de construire son premier cheptel. Et Daniel Vuillon, lui-même, a déserté les marchés et quitté les hangars de la grande distribution pour consacrer ses 10 hectares à ses consom'acteurs.
Pour François Lerique, fondateur du réseau des Amap d'Ile-de-France (également animateur de Terres fertiles), le jeu en vaut la chandelle :
“ On parle de militantisme effectivement, mais de plus en plus de consommateurs réfléchissent à leurs actes d'achat. Le prix d'un panier d'Amap n'est pas négligeable mais correspond à la réalité du travail du paysan et non pas à la loi du marché. ”
Sur les contraintes de régularité, l'homme répond du tac au tac : “ C'est la même contrainte que celle du club de sport. Une fois qu'on a payé, il faut y aller toutes les semaines. ” Et pourquoi a-t-on payé ? Pour notre santé…
Alors quelque soit la motivation des mangeurs, l'Amap se présente comme un palliatif parmi d'autres. Claire Lamine explique :
“ Il est difficile d'imaginer que cette formule soit une solution pour les dizaines de serristes qui font faillite à cause de la concurrence des légumes espagnols ou d'ailleurs. En revanche, les Amap ont fait la preuve qu'elles pouvaient permettre à des paysans assez diversifiés de bien s'en sortir. ”
Pour les plus convaincus, plusieurs guides de création d'Amap existent. Le livre de Séverine Millet, “ La Stratégie du colibri ” en dévoile une version très complète. Et pour les simples mangeurs, les coordonnés des différentes Amap se trouvent facilement sur Internet.
► Les Amap, Un nouveau pacte entre producteurs et consommateurs de Claire Lamine - éd. Yves Michel - 163p., 14€.
► La Stratégie du colibri de Séverine Millet - éd. Minerva - 284p., 15€.
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De sev
17H09 | 02/10/2008 |
Ce sont de très bonnes initiatives, mais elles manquent encore de simplicité et de souplesse.
Dans ce système « du producteur au consommateur », il y a une chose qui devient de plus en plus floue : est ce que les fruits et légumes sont meilleurs si on connait le producteur ? Ces fruits et légumes sont-ils automatiquement « bios » ? Meilleurs certainement car ces producteurs n'appliquent pas les méthodes de forçage de production et suivent les rythmes de la nature, mais attention, il arrive que les races de légumes soient les mêmes que les producteurs « mode industrielle ». Petit producteur ne veut pas dire automatiquement » bio », c'est à dire une agriculture sans incecticide, fongicide et pesticide.
à sev
De Lardonfree
maraîcher bio dans la Double | 17H47 | 02/10/2008 |
Attention sev ! Bio ne veut pas dire sans pesticide, à savoir sans insecticide ou sans fongicide… et heureusement, car quelques fois il est nécéssaire d'intervenir contre des ravageurs et autres maladies cryptogamiques (champignons). BIO c'est, entre autres choses ( ! ), sans pesticide de synthèse, et donc par conséquent, sans insecticide de synthèse et sans fongicide de synthèse… sans merde quoi ! ! !
Les liens qui se créent, dans le cadre d'une AMAP, entre le paysan et les consommateurs, doivent permettre impérativement dans le cadre de cet échange, la visite de l'exploitation agricole et ainsi de se faire une idée de ce qui est produit et comment ça l'est. Même si l'on n'est pas spécialiste avec un peu de bon sens et en posant quelques questions, on arrive à se faire une idée.
Effectivement AMAP ne veut pas dire BIO.
Faites des suggestions pour plus de simplicité et de souplesse !
à Lardonfree
De LETSGONICE1
() | 20H45 | 02/10/2008 |
Il est vrai que les pesticides sont destinés à lutter contre les « pestes végétales ».
Aussi convient-il de savoir les utiliser à bon escient.
à LETSGONICE1
De Strelok
Humain | 11H11 | 03/10/2008 |
Et puis d'abord, pourquoi « de synthèse » veut forcément dire « de la merde » ? Vous n'avez pas l'impression de simplifier un petit peu là ?
à sev
De I.P
Flat4 | 19H06 | 02/10/2008 |
Bio ou pas, ça fait quand même des légumes qui n'ont pas traversé la France dans un 35 tonnes qui suce 30 litres de diesel aux 100km. Rien que pour ça, ça vaut le coup.
C'est rigolo cet article parce que je me suis inscrit à l'AMAP locale il y a deux semaines, et je viens tout juste de croquer ma première tomate « amapienne », elle est très bonne. J'ai aussi découvert des légumes de l'espace que je n'aurais jamais acheté sinon, c'est sympathique et ça change des patates/tomates/carottes.
à I.P
De Kentin
02H40 | 03/10/2008 |
Sauf que 30 litres au cent vont permettre de nourrir peut être 200 personnes…
Rapide calcul :
La tomate :
Espagne France, moyenne 1500 Km.
Chargement, aller, on va dire 5 tonnes (je n'en ai aucune idée en fait ; ) )
Les 5 tonnes, avec une conso moyenne de 250G par habitant sur une semaine, ça nous donne :
20 000 personnes qui pourront consommer une semaine de tomate, avec un chargement qui consommera, aller, 100 litres pour 100 km (idem, aucune idée du chiffre, mais c'est déjà pas mal (ma copine me dit 42 litre au 100, on divisera donc le résultat final par 2 pour avoir un résultat plus proche de la réalité)).
On en est à 1500 litres, fois deux car, pas de chance, le camion rentre vide, mais consomme moins dans ce cas, aller, 50 litres au 100 :
1500 + 750 = 2250 litres.
En sachant que 20 000 personnes vont en profiter, ça nous donne :
2250/20000 = 0,11 litre par habitant, pour 250 G.
Aller retour dans l'AMAP vous fera peut-être parcourir l'équivalent d'un litre de gasoil.
Pour le cas de la tomate, et si l'AMAP ne proposait que des tomates (ce qui n'est pas le principe), il faudrait consommer environ 2.5 Kg de tomate pour concurrencer l'offre espagnole en terme de consommation énergétique.
Maintenant si on en revient à des chiffres plus proches de la réalité on obtient ça :
Un chargement de 20 tonnes de tomates, pour une consommation de 42 litres :
42/100x3000= 1260 litres
Consommation énergétique au kilo :
1260/20000 = 0,06
Ça en fait des kilos de tomate avec un litre ; )
Et ça fait 80000 personnes qui pourront manger des tomates grâce à 1260 litres : D
Pour le reste, j'applaudis les AMAP, d'ailleurs si il y en avait une accessible en vélo à coté de chez moi, j'y serai adhèrent : )
ps : Les chiffres réels en chargement et conso sont les bienvenus ; )
à Kentin
De amipb
Chef de projet à Barcelone | 05H32 | 03/10/2008 |
Une rapide question : pourquoi le camion ne part pas de France, nous ne produisons plus de tomates ? Le problème vient essentiellement de là lorsque nous consommons des tomates espagnoles, de la viande de Nouvelle Zélande et j'en passe : Pourquoi ne pas profiter de notre production locale ?
Par contre, je suis d'accord que les AMAP devraient proposer des solutions de livraison, pour éviter que chaque adhérent ne se déplace avec sa voiture pour venir chercher son panier.
à amipb
De ADB
observateur | 07H56 | 03/10/2008 |
généralement, les adhérents des Amap (en tout cas dans les zones rurales ou petites villes)se relaient pour aller chercher leurs paniers. ce qui réduit les déplacements.
la plupart sont bio, mais s'ils ne le sont pas on le sait. en fait chaque amap a ses règles et son fonctionnement, que les adhérents connaissent.
c'est avant tout une démarche militante : soutenir l'agriculture paysanne, à côté de chez soi.
et quant au goût, en général, y'a pas photo, y'a du goût.
A l'heure de la mondialisation, un copain me racontait un accident, en France, entre 2 camions chargés de tomates, l'un qui venait des Pays-Bas et l'autre d'Espagne je crois. Cherchez l'erreur ! ! !
Moi, j'essaie de + en + d'acheter local et directement au producteur. Il n'y a pas que les amap et il y a plein de mini réseaux qui se mettent en place. comme ça, j'engraisse un peu moins la grande distribution et les intermédiaires, je sais ce que j'achète et je participe à réduire les émissions de CO2. sans illusion…
à Kentin
De TToon
les financiers à la lanterne | 10H05 | 03/10/2008 |
Vous mettez le doigt où cela fait mal. Les AMAP seule restent encore tributaires de la société du pétrole.
La distribution est une fonction nécessaire de la société, dévoyée par l'inclinaison naturelle de l'homme à la cupidité.
Distribution nécessaire et ainsi mise en place judicieusement de manière coopérative par certains : une personne se déplace à l'AMAP pour plusieurs, les produits ainsi collectés étant ensuite ventilés dans la ville.
Aller chercher ses fruits et légumes tout seul avec sa voiture va à l'encontre du but visé qu'est l'écologie de la production locale.
Dans le cas où une personne ne peut être intégrée à un système de distribution coopératif, la véritable démarche écologique c'est de prendre ses pieds ou son vélo et de se rendre au marché des producteurs de sa ville puisque la quantité de produits vendue sur ce marché nécessite en moyenne beaucoup moins de carburant que celle utilisée par une multiplication de trajets personnels.
Tout cela est bien évidemment à modérer par l'existence de petits producteurs sur les marchés locaux et autres contraintes locales.
S'engager dans une logique écologique demande juste de penser à tous ces détails, ce qui, il faut l'admettre, n'est pas souvent évident.
à Kentin
De efji
10H23 | 03/10/2008 |
Modulo les imprécisions sur les données, le calcul est parfaitement juste. En effet le transport sur de longues distances consomme très peu. Par exemple le transport depuis la Chine (par bateau, je ne parle pas ici des fraises qui traversent la planète par avion) de la plupart des objets que nous consommons est relativement peu consommateur d'énergie.
Le plus gros gaspillage vient du dernier maillon de la chaine. Dans votre calcul vous oubliez que la tomate d'Espagne est vendue majoritairement en hypermarché, où vous vous rendez nécessairement en voiture. Et votre kilo de (mauvaises) tomates voit ainsi son impact énergétique exploser.
En effet l'idéal serait des amap locaux dans les grandes villes.
à efji
De I.P
Flat4 | 12H30 | 03/10/2008 |
Modulo les imprécisions sur les données, le calcul est parfaitement juste.
Et surtout parfaitement faux, sans vouloir offenser l'auteur.
Version AMAP, le légume est produit, livré à l'AMAP (petit camion avec émission de CO2) et vous allez le chercher (votre voiture avec émission de CO2)
Version « normale », le légume est produit en espagne (ou ailleurs), transferé dans le dépot régional de votre chaine de supermarché (gros camion qui crache du CO2), livré localement à votre supermarché (petit camion avec émission de CO2) et vous allez le chercher dans votre supermarché (votre voiture avec émission de CO2)
Peu importe les chiffres de consommation respectifs de ces véhicules, ramenés au poids de tomates transportées ou à l'age du capitaine, dans le cas AMAP (et plus généralement quand on achète des produits régionaux) on économise le transport international dans un gros camion qui sent mauvais.
à I.P
De Kentin
15H27 | 03/10/2008 |
à un détail prés : quand tu vas dans l'hyper, tu dépenses en général plus de 100 €, et la part des tomate represent au grand maximum 10 % de ton cadie.
J'imagine que plus on habite loin des hypers, et plus on a tendance à acheter pour les semaines à venir.
Par consequent, je persiste et signe, qu'aller dans une AMAP pour achter 3 ou 5 Kilo de Legumes, ca n'est pas rentable écologiquement parlant.
Bien d'autres aspects dans de l'AMAP sont fort interessant. Néanmoins, je doute que l'on puisse nourrire 60 millions d'habitant ainsi ; )
à Kentin
De I.P
Flat4 | 16H10 | 03/10/2008 |
J'imagine que plus on habite loin des hypers, et plus on a tendance à acheter pour les semaines à venir.
Par consequent, je persiste et signe, qu'aller dans une AMAP pour achter 3 ou 5 Kilo de Legumes, ca n'est pas rentable écologiquement parlant.
Si vous habitez loin des hypers vous n'avez qu'à synchroniser vos passages à l'AMAP avec vos passages au supermarché.
Si vous voulez absolument imaginer un scénario où aller à l'AMAP rejette plus de CO2 que d'acheter une tomate espagnole je suis certain qu'on peut y arriver. Par exemple on pourrait imaginer le cas où avant d'aller à l'AMAP l'acheteur va brûler 10L de diesel en plein air parcequ'il est pyromane, mais je ne vois pas trop l'interêt qu'il y a à débattre de ce genre de cas.
Néanmoins, je doute que l'on puisse nourrire 60 millions d'habitant ainsi ; )
Si la France était auto suffisante je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas, et pour que la France soit auto-suffisante il faudrait déjà que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur travail.
Je ne dis pas que l'AMAP est LA solution unique parfaite et indiscutable, mais elle contribue certainement plus à atteindre un bilan écologique acceptable que les supermarchés qui font venir leurs légumes de l'autre bout de l'Europe en camion frigorifique.
Après libre à vous de croire le contraire…
à I.P
De Kentin
18H41 | 03/10/2008 |
« Si vous habitez loin des hypers vous n'avez qu'à synchroniser vos passages à l'AMAP avec vos passages au supermarché. “
C'est effectivement une bonne idée !
‘Si la France était auto suffisante je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas, et pour que la France soit auto-suffisante il faudrait déjà que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur travail.’
Quand on parle d'AMAP, on ne pense pas à l'échelle de la France.
Je ne suis pas persuadé du tout que l'autosuffisance pour tous les aliments soit une solution…
Si nous en sommes là ou nous sommes, c'est en réponse à une certaine logique : la rentabilité, le profit, et/donc, le rendement (dans ce cas autant financier que agricole). Cette logique marchande à l'avantage de nous mettre à disposition et une quantité de nourriture abondante, et un panel de biens de consommation diversifié.
Ça ne pose pas (trop) de problème jusqu'à ce que l'on aborde l'aspect gustatif : qui préfère une tomate qui a était cueillie avant maturité en Espagne à une tomate cueillie la veille ? A un hybride mignon à une landrace odorante, moelleuse et sucrée ?
Pour la tomate, ok. Pour la pomme de terre, par exemple, qui se souci encore des qualités gustative ?
à I.P
De Kentin
18H41 | 03/10/2008 |
« Si vous habitez loin des hypers vous n'avez qu'à synchroniser vos passages à l'AMAP avec vos passages au supermarché. “
C'est effectivement une bonne idée !
‘Si la France était auto suffisante je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas, et pour que la France soit auto-suffisante il faudrait déjà que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur travail.’
Quand on parle d'AMAP, on ne pense pas à l'échelle de la France.
Je ne suis pas persuadé du tout que l'autosuffisance pour tous les aliments soit une solution…
Si nous en sommes là ou nous sommes, c'est en réponse à une certaine logique : la rentabilité, le profit, et/donc, le rendement (dans ce cas autant financier que agricole). Cette logique marchande à l'avantage de nous mettre à disposition et une quantité de nourriture abondante, et un panel de biens de consommation diversifié.
Ça ne pose pas (trop) de problème jusqu'à ce que l'on aborde l'aspect gustatif : qui préfère une tomate qui a était cueillie avant maturité en Espagne à une tomate cueillie la veille ? A un hybride mignon à une landrace odorante, moelleuse et sucrée ?
Pour la tomate, ok. Pour la pomme de terre, par exemple, qui se souci encore des qualités gustatives ?
à Kentin
De I.P
Flat4 | 23H45 | 03/10/2008 |
Quand on parle d'AMAP, on ne pense pas à l'échelle de la France.
C'est comme tout, il « suffit » de densifier le réseau…
Si nous en sommes là ou nous sommes, c'est en réponse à une certaine logique : la rentabilité, le profit, et/donc, le rendement (dans ce cas autant financier que agricole).
Mais qui en profite ? On mange des légumes insipides, les agriculteurs sont plus pauvres que jamais et ne peuvent même plus vivre de leur travail.
Pour à peine plus cher vous avez des bons légumes et des agriculteurs qui vivent dignement. Evidemment tout le monde ne peut pas se permettre de payer plus cher, même si on parle de quelques euros par semaine, j'en suis bien conscient.
Pour la tomate, ok. Pour la pomme de terre, par exemple, qui se souci encore des qualités gustatives ?
Moi, quand ma purée n'a pas de goût tellement les patates sont gorgées d'eau…
à Kentin
De Olif _archipolak
varsolidaire a la bonne cause | 12H45 | 03/10/2008 |
Tu semble oublier que les 20 000 bouffeurs de tomates du camion, ils vont gentillement aller a carrouf » avec leur r21 diesel, et ca rebalance 20 000 l de gasoil dans le tableau (voire plus)…
Sans compter que le point de recup » dudit panier est peut etre moins loin que le prochain centre commercial, et que entre nous, un centre commercial, c'est tres moche, un parking ca impermeabilise autant de m² que le supermarche qu'il dessert (j'y vois pas souvent de velos). Donc dans un monde plus AMAPesque, on aurait peut etre moins de centres commerciaux, du paysage a revaloriser, et la je dis « ouateu feeling ».
à sev
De solstice
pigiste | 10H49 | 03/10/2008 |
A sev :
Non, Amap ne veut pas dire bio, même si certains -et c'est très bien- font les deux.
Ce qui garantit la qualité, c'est le circuit court : entre l'exploitation et le client, c'est zéro intermédiaire donc pas de camion, de MIN, de chambre froide, d'étal plus ou moins soucieux de l'état de conservation etc.
Ensuite, si une salade à 0,50 est moins chère que les 1 euro du supermarché, elle rapporte aussi 0,50 à l'exploitant : une marge qu'ils sont bien loin de toucher en circuit traditionnel. C'est du gagnant-gagnant, comme dirait Ségolène…
Côté souplesse et simplicité, il faut juste se rappeler qu'il s'agit de produits qui poussent dans la terre, avec un rythme de saisons, et pas sur commande ! Ensuite, la qualité et l'honnêteté de l'exploitant fera le reste : si ses livraisons sont aussi chères que la grande distribution, pour un choix trop limité (je veux bien quelques navets pour la soupe, mais du navet 3 fois par semaine, bof), il perdra la confiance de ses clients.
C'est tout l'enjeu des AMAP : redonner une valeur au travail des uns et obtenir des produits de qualité. J'y crois !
à sev
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 23H08 | 03/10/2008 |
Très certainement la voie de l'avenir. On va vers de meilleures communications et la suppression des intermédiaires. . mais il ne faudra pas négliger les effets sur l« emploi dans le secteur distribution qui est a forte intensité de travail.
http://nouvellesociete.org/711.html
Pierre JC Allard
De kawouede
17H21 | 02/10/2008 |
En voilà une idée qu'elle est bonne !
Store Wars VOSTF
envoyé par LesVertsFrance
A lire aussi : http://www.verts-paris11.org/spip.php ? article110
De kawouede
17H22 | 02/10/2008 |
Un autre film sur les AMAP à Paris :
Qu'est-ce qu'une AMAP ?
envoyé par LPAPARIS
De Yémanja
Toulouse | 17H28 | 02/10/2008 |
Excellent article, oui réfléchissons à nos actes d'achat.
C'est la seule manière d'influencer un peu le système économique capitaliste dans lequel nous vivons.
Adhérent d'une AMAP dans le sud ouest, depuis quelques années. En plus, chaque semaine la créativité culinaire est obligée et les recettes tournent entre copains…
En comparant, cela nous coûte moins cher que le marché de plein vent hebdomadaire. Ici, c'est 10 euros pour un demi panier (largement suffisant pour deux adultes et un enfant) ou 17 euros pour un panier de 4.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H29 | 02/10/2008 |
S'ils font dans la viande, c'est le genre de chose qui peut être intéressante, rien ne vaut un vrai steack de vraie vache.
Sauf qu'il y a quand même des choses à améliorer pour que ça soit possible.
L'heure fixe, c'est la chose qui me dérange le plus. Ca va bien quand on a rien à faire de sa journée, qu'on peut gérer son temps comme on veut ou qu'on a une vie réglé à la minute.
Mais si on est désorganisé ou qu'on ne sait jamais de quoi demain sera fait, et qu'on a pas de suppléant, c'est un sacré défaut, surtout qu'on doit payer par avance, donc même si on est remboursé, c'est une indisponibilité des fonds.
L'autre détail qui me dérange, c'est le fait qu'on doit planifier ses repas. Ma mère était capable de prévoir les repas sur deux ou trois semaines, mais moi je marche à l'instinct, si j'ai envie d'acheter un magret de canard, je vais l'acheter.
Mais évidemment, si tout le monde utilise ce système, la fréquence de livraison sera surement réduite.
Et l'autre truc embêtant sur cette semaine de délai, c'est de devoir conserver la viande pendant une semaine. Même la viande du chili je n'ose pas la garder aussi longtemps.
Et puis c'est limité comme quantité de nourriture. Si jamais un pote débarque à l'improviste, je peux pas y aller acheter une entrecôte supplémentaire. Obligé d'aller au supermarché.
Bref, la théorie est sympa, mais la disponibilité minimale est quand même un sacré problème qui ne me donne vraiment pas envie d'utiliser ce système (à moins que j'ai tout compris de travers).
à Keldan
De orties
17H56 | 02/10/2008 |
Ceux que j'ai vus sur internet et qui « font » de la viande la vendent à un prix prohibitif. Elle est vendue en sachets d'au moins 400 g - ce qui est trop pour une personne seule. De plus, le minimum de la commande doit être de 80 €. Les frais de transports sont « offerts » (cela ne me semble pas très sain).
J'ai envoyé un mail pour demander si les produits étaient bio, je n'ai pas eu de réponse mais je crois qu'ils ne le sont pas dans leur grande majorité (la mention « bio » est indiquée pour un petit nombre d'entre eux.
Si vous êtes une famille nombreuse, riche et ayant un grand congélateur, cela peut être intéressant. Sinon …
à Keldan
De Miju
Photovoltaïcien | 18H23 | 02/10/2008 |
Salut Keldan,
personnellement je suis dans une AMAP sur Lyon qui fait entre autres des paniers fruits, légumes, pains, gouters et produits laitiers !
Il peut y avoir des commandes de viandes mais il faut pour celà que la commande soit conséquente : en effet, les producteurs doivent réserver l'abattoir et les chambres froides ce qui impliquent d'abattre un certain nombre de bêtes pour ne pas vendre cette viande hors de prix.
En ce qui concerne les heures fixes, c'est assez souvent un créneau horaire (dans mon cas 17h30 - 19h15) et il y a toujours possibilité d'envoyer quelqu'un d'autre pour récupérer les paniers.
Pour la conservation de la viande, dans mon cas on nous la donne sous vide : elle peut être congelée ou alors se garder une à deux semaines au frigo : pas de problème de ce coté là.
Les amaps ne couvrent pas forcément tous les besoins en fruits et légumes ou en produits laitiers, il faudra de toute façon faire des courses pour le reste (produits d'entretiens etc…)
J'ajoute qu'il existe des épiceries qui se fournissent chez les producteurs locaux et qui permettent donc plus de flexibilité.
Donc au contraire, je trouve que ce système est vraiment bien pensé !
à Keldan
De solstice
pigiste | 17H36 | 03/10/2008 |
Cela suppose une réadaptation du consommateur : vous en êtes encore loin, Keldan, mais l'idée fait son chemin !
On peut adhérer à une AMAP sans faire une croix sur d'autres types d'achats, heureusement (j'aime bien le canard, moi aussi) !
Mais retrouver l'imagination de nos grands mères pour utiliser des légumes de saison, c'est très créatif… Pour les enfants, l'idéal rapide et pas cher, c'est la soupe. Et comme en général ils n'ont pas touché aux légumes (en boîte) de la cantine, un bol de soupe tous les soirs, c'est excellent ! Ne mélangez pas tous les légumes : il faut retrouver des couleurs et des goûts différents pour ne pas lasser nos petits (et grands).
Ex citadine, j'ai nourri mes enfants en bio en cuisinant le samedi matin les légumes acheté au marché bio : la matinée y passait mais je congelais pour la semaine. Un moindre mal pour éviter les petits pots nazes du commerce (« collés » aux farines et sucre et vraiement dégueu).
Allez Keldan, cela vaut le coup de tenter l'expérience. Je veux bien participer à l'aventure commune en donnant des recettes, si cela tente des Amapiens des villes de cuisiner un peu…
Hé Rue89, à quand un Ecolo89 pour filer des recettes sympa de produits de saison ?
De Mimi92
17H30 | 02/10/2008 |
Personnellement, je trouve ce système très bien, mais trop « militant » et contraignant pour mes achats.
Je préfère acheter au marché, à des producteurs de la région, les fruits et légumes que je souhaite dans la quantité voulue pour la semaine. C'est très égoïste de ma part sans doute, mais finalement, je fais également vivre des producteurs…
Je ne crois pas que les AMAP à elles seules peuvent résoudre le problème des agriculteurs sur les trop faibles coûts de vente imposés par les distributeurs.
Et je ne crois pas non plus à l'argument « santé » des produits Bio. La seule chose qui se porte mieux avec le Bio, c'est la nature elle-même, via une meileure diversité biologique, des cultures moins intensives et des traitements naturels. C'est déjà beaucoup.
à Mimi92
De kawouede
17H47 | 02/10/2008 |
Supprimer les pesticides c'est un premier pas. Ensuite il reste d'autres facteurs (produits chimiques d'entretien, particules dans l'air, métaux lourds, etc.) qui pèsent sur notre santé au quotidien - sans parler du mode de vie.
à Mimi92
De Lardonfree
maraîcher bio dans la Double | 18H10 | 02/10/2008 |
mimi92…
effectivement manger Bio, comme dit l'autre, c'est bon pour la planète, mais ce qui est bon pour la terre, l'est pour nous également, directement et indirectement.
Quant au côté « santé » mis en avant pour le Bio, c'est vraiment un tantinet tendance et …mercantile. Mais vous ne pouvez pas dire que les résidus de traitements que l'on trouve sur les produits de l'agriculture conventionnelle sont sans effet délétère. Donc par conséquent les produits Bio sont bon pour la santé.
à Lardonfree
De Laquiche
se lève tôt pour gagner beaucoup mo... | 06H02 | 03/10/2008 |
Attention, l'article fait facilement l'amalgame entre Amap et Bio hors, aucune relation entre ces deux méthodes de consommation (et de production) ne semble obligatoire.
Il s'agit seulement d'un engagement de « conscience ». Pour preuve des Amap vendent du vin alors que ce dernier n'existe pas en label AB (il n'existe que du « vin issu de raisins de l'agriculture agrobiologique », donc avec So2, levures, enzymes comme pour les autres).
Deuxième chose, votre producteur Amap peut aussi et en même temps produire intensivement pour fournir la grande distribution (entre autres), donc la part de « confiance » est importante de façon à s'assurer que le producteur est bien consciencieux. Il ne semble pas y avoir de label Amap et pas d'organisme certificateur. Pas plus mal, ça permet de remettre la confiance en jeu.
Merci à Lardonfree d'apporter cette précision sur le bio et la santé, en sachant qu'il peut exister aussi des résidus de produits phyto naturels et pourtant malsains sur les produits AB et un excès de produits chimique ou naturels est néfaste pour l'environnement.
Exemple, Ecocert (certificateur du label AB) autorise l'utilisation de la Roténone, molécule insecticide naturel particulièrement toxique pour l'utilisateur et l'environnement animal et humain. Mais dans certains cas, il n'existe que ça alors pas le choix, même si ce produit est interdit en agriculture conventionnelle à cause justement de ça toxicité.
Tout comme certaines molécules dites chimiques ne sont que la reproduction de molécules naturelles (champignons notamment)en trop faible quantité pour être extrait des plantes. Et bien c'est interdit en Bio alors qu'une molécule, reste une molécule…
Dernière chose, avoir une production « Bio », n'engage pas la totalité de l'exploitation de l'agriculteur. Bon nombre font les deux productions (AB et conventionnelle) afin de garantir un revenu et diviser le risque. Le principal avantage du Bio à mon sens est de forcer les grande firmes à proposer des produits phyto alternatifs aux produits chimques.