
Turquie: le bras de fer continue entre l'AKP et les généraux

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées mardi matin à l’aube à Ankara, Istanbul, Antalya et Trabzon. Parmi elles, quatre généraux de haut rang, le président de la chambre de commerce d’Ankara et le correspondant à Ankara du quotidien Cumhurriyet, pourfendeur déclaré du parti du premier ministre turc, l’AKP.
Ces arrestations semblent liées à l’affaire Ergenekon, un réseau occulte qui rassemble généraux retraités, leaders de groupuscules d’extrême droite et autres représentants des mouvances ultranationalistes. Les interpellations ont été particulièrement musclées: irruption de la police dans les logements militaires, bris de portes, réveil brutal… Traiter de la sorte des militaires de haut rang, c’est du jamais vu en Turquie.
Le plus haut gradé arrêté, le général Eruygur, est l’un des organisateurs des grandes manifestations qui ont rassemblé en avril et mai 2007 des centaines de milliers de personnes à Ankara, Istanbul et Izmir pour protester contre la victoire annoncée de l’AKP aux législatives. Son nom a été cité parmi les participants à une tentative de coup d’Etat en 2004.
« Le parti AKP souhaite instaurer la charia en Turquie »
Cette opération de police est intervenue quelques heures seulement avant le réquisitoire du procureur de la République devant les onze juges de la Cour constitutionnelle, dans le cadre de la procédure qui vise à interdire l’AKP pour activités anti-laïques. Ce qui entraînerait l’inéligibilité du président de la République, du Premier ministre et d’autres ministres (en tout, 71 cadres de l’AKP)…
Sans surprise, le procureur a bien demandé l’interdiction du parti au pouvoir: « Le parti AKP souhaite instaurer la charia [la loi islamique, ndlr] en Turquie, [qui est] confrontée à une menace évidente et imminente en ce sens. »
Faut-il voir dans ces évènements le symbole d’une lutte féroce entre les forces démocrates, représentées par un parti AKP, élu avec 47% des voix, et des forces totalitaires, ultranationalistes et « laïcardes »? Cette vision serait superficielle et simpliste.
L’AKP est en état de quasi-monopole politique
D’abord, l’affaire Ergenekon a commencé il y a déjà un an. Le bilan de l’enquête, annoncée comme le symbole de la lutte contre l’ »Etat profond » par le gouvernement AKP, est plutôt maigre: 50 personnes arrêtées, mais aucune condamnation prononcée.
Le gouvernement est-il vraiment lancé dans une opération « mains propres », pour nettoyer l’Etat de ses réseaux les plus mafieux et les plus obscurs? Ou bien entend-il plutôt instrumentaliser cette affaire pour embarrasser ceux qui le gênent?
Ensuite, l’AKP est en état de quasi-monopole politique. Entendons-nous bien. Il existe différents partis politiques, reflets d’expressions politiques plurielles (même si certaines sont mieux tolérées que d’autres, cf. la procédure en cours pour la fermeture du partu kurde DTP).
Mais dans les faits, aucun de ces partis ne présente d’alternative crédible à l’AKP pour prendre les rênes du pouvoir. Avoir su fédérer les votes d’électeurs déçus de leur parti traditionnel est une des raisons du succès de l’AKP lors des élections législatives de 2007. Depuis, aucune force politique n’a émergé et ce ne sont pas les déclarations tonitruantes et stériles de Deniz Baykal, chef du CHP (droite) qui contribuent à créer un programme crédible.
Une lutte féroce entre deux forces finalement aussi autoritaires l’une que l’autre
Alors, l’AKP élu démocratiquement? Oui. L’AKP, héraut de la démocratie? Je lui laisse le bénéfice du doute: ceux qui le dirigent étant fondamentalement pragmatiques, les rebondissements seront nombreux.
Toutefois, l’enjeu de la lutte féroce qui se déroule en Turquie entre deux forces, finalement aussi autoritaires l’une que l’autre, est bien plus la prise de contrôle des instruments du pouvoir politique -lutte dans laquelle démocratie et droits du citoyen sont des prétextes parmi d’autres.
L’AKP présentera sa défense devant la Cour constitutionnelle jeudi. Puis le rapporteur préparera son rapport et le présentera devant la Cour. Un jugement sera rendu à une date encore à déterminer.
- 3331 visites








En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Et que font les démocraties occidentales face à ces tentatives de coup d’état? Rien. La Turquie ne les interesse que lorsqu’il s’agit de leur éléctrorat.
Il y en a même qui tenterons de justifier un coup d’état, arguant que l’AKP, par sa nature « islamiste », ne peut être traité comme un partie banal.
J’espère que ces fascistes d’extrême droite turque seront mis hors d’état de nuir. Tout ceci prouve bien qu’en Turquie (comme en France d’ailleurs), la laïcité est souvent instrumentalisée par des extrêmistes qui sous couvert de lutte contre l’intégrisme se croient tout permis.
Erratum! le CHP est un parti de centre gauche et non pas de droite comme dit dans mon article. Il a d’ailleurs quelques soucis avec l’Internationale Socialiste en ce moment.
Marie
L’Europe n’a pas à se mêler des affaires internes de la Turquie. C’est une autre culture, respectons-la. Comme les USA auraient du respecter l »Iraq. L’Occident n’a pas besoin de s’engager dans une autre aventure d’apprentis-sorciers.
http://nouvellesociete.org/5149.html
Pierre JC Allard
Enfin une analyse !
Quelques réflexions pour poursuivre le débat.
Récemment, Dengir Mir Mehmet Firat, vice-président de l’AKP déclare que la révolution kémaliste a été un traumatisme pour les Turcs, qu’ils ne pouvaient plus pratiquer leur religion, parler leur langue…
Pour qui connaît un peu la Turquie, cela ressemble à une caricature des changements profonds qu’Atatürk a initiés et parfois imposés en Turquie et qui lui ont permis de se moderniser et de se tourner vers l’Europe.
C’est grâce à l’adoption de l’alphabet latin, par exemple, plus adapté à la langue turque, que le taux d’analphabétisme a chuté en quelques années et que les turcs ont eu un accès plus facile à la culture européenne.
Tous ces événements ressemblent à une manipulation visant à discréditer et à intimider le camp laïc en Turquie. Il semble que notre président Nicolas Sarkozy et l’Europe ne voient pas ou ne veulent pas voir d’où viennent les attaques contre la démocratie en Turquie.
Des laïcs qui refusent l’influence de plus en plus grande de la religion la plus conservatrice ? ou des religieux qui s’infiltrent discrètement dans toutes les institutions, y compris la police ?
Si on commence à autoriser le voile à l’université, que se passera-t-il dans les hôpitaux, dans les tribunaux, dans les administrations où les femmes seront immédiatement classées en « bonne musulmane » ou « mauvaise » musulmane » selon qu’elles portent ou non le voile ?
Pourquoi la France pourrait-elle l’interdire en tant que « signe ostentatoire » et la Turquie non ?
D’où viennent ces attaques contre la théorie de l’évolution illustrées par un ouvrage largement diffusé en Turquie et en France ? Ne sont-elles pas un régression ?
Pourquoi voit-on partout se construire des mosquées alors que les classes des écoles sont surchargées et que peu de lycéens ont accès à l’université ?
Il ne faut pas se tromper : si l’AKP s’est recentré, l’islamisation de la société turque continue silencieusement. Les femmes ont beaucoup à perdre, elles qui ont acquis le droit de vote avant les femmes françaises.
Il faut que nos gouvernants et les instances européennes ouvrent les yeux et se méfient d’un AKP victimisé. Ce parti n’a jamais été aussi puissant et ce n’est pas sa possible interdiction qui l’arrêtera.
Il ne faut pas toujours prendre au pied de la lettre les grandes déclarations démocratiques de l’AKP, il faut, pour mieux le connaître, discuter avec ses membres, les interviewer, les suivre dans les campagnes électorales.
Quant au complot, nous attendons une enquête sérieuse et indépendante par des journalistes indépendants, et non des caricatures de preuves.
Décidément.
Si vous saviez a quel point Dengir Mir Mehmet Firat a dit vrai !
Tout de même parler du complot et glissez sur tous les reproches « laïcard » est une manipulation souvent utiliser par sa majesté ( récemment sacré sur France 3 ).
Je vous invite a relire mes commentaires pour vous donnez un point de vue extérieurs sur vos aperçus tronqués et faussés.
PS: Ne mélangeons pas tout. Les journalistes ne sont pas là pour mener des enquêtes sur des complots, ils sont là uniquement pour informer. Ce rôle appartient à la police ( et oui il y en a en Turquie ! ) et autres membres spécialisés.
A propos du Postscriptum
Le problème est qu’il y a beaucoup de journalistes pendant les opérations de police. Et que certains documents « arrivent » même sur leurs bureaux ! (voir les articles de Zaman sur Ergenekon)
Et alors ?
On appelle ça le jeux de l’information. L’enquête est mené par les enquêteurs, les journalistes informent.
NB : Si vous voulez avoir le dernier mot, je vous le cède volontiers.
Donc vous lisez Zaman, vous devez alors être informé sur Ergenekon. Et vous parlez d’un « pseudo-complot »?
Zaman souligne d’abord que les procureurs, en Turquie… disons, pour être méchant, qu’ils prennent des habitudes françaises!
Ensuite, des gens particulièrement louches ont été arrêtés, connus pour être membres de la Contre-Guérilla, le réseau turc de Gladio, ces réseaux paramilitaires mis en place par l’OTAN pendant la guerre froide, et qui se sont bien agités en Turquie dans les années 70-80.
Depuis la chute du mur, les USA n’ont vraisemblablement plus vraiment besoin de ces gars, qui sont pour la plupart des assassins entraînés et fanatisés (ça me fait penser, d’ailleurs, à l’épisode rocambolesque où personne n’a vraiment compris ce qui s’était passé, quand on a brièvement libéré Mehmet Ali Agca, le gars des Loups gris emprisonné pour tentative d’assassinat sur le Pape, lié à Abdullah Catli, le gars de la Contre-Guérilla mort lors de l’incident de Susurluk de 1997. On l’a libéré, puis après on a dit que c’était une erreur, on l’a renfermé. Etrange non, comme procédure judiciaire, pour un gars allumé mais qui a été vraisemblablement mouillé dans des histoires de guerre froide vraiment pas claires?).
Ils les ont probablement lâchés, mais ceux-ci existent encore. On l’a vu en Italie, avec la tentative de construction du DSSA par Gaetano Saya, un flic néo-fasciste très influent dans le milieu syndical policier.
Ces arrestations sont un signe que quelque chose change en Turquie et, ma foi, si l’AKP parvient à faire juger tous ces mercenaires, mafieux et assassins ultra-nationalistes, dont certains se sont impliqués dans la guerre sale contre les kurdes, ne faut-il pas s’en réjouir?
Certes, il s’agit d’un bras de fer entre l’AKP et les ultra-nationalistes. Mais il ne faudrait pas confondre ces derniers avec des gentils partisans kémalistes de la laïcité, alors que ce sont eux qui ont écrasé la gauche dans les années 70-80, mis en place la stratégie de la tension, fait des massacres contre les manifestants du 1er mai, assassiné une série de journalistes de gauche, etc. Entre l’AKP et les ultra-nationalistes, je préfère choisir la gauche !
« Pourquoi la France pourrait-elle l’interdire [le voie à l’Université] en tant que « signe ostentatoire » et la Turquie non ? »
Ben en fait, de mes très récentes études en France, je crois me souvenir avoir vu beaucoup de filles voilées. Peut-être est-ce même parce que la France n’interdit nullement le voile à l’Université (heureusement - ce n’est pas l’école).
En fait, je ne suis au courant d’aucun autre pays que la Turquie interdisant le voile à l’Université, donc bon…
Quant au raisonnement « si on commence par…, alors après tout va foutre le camp… », il est d’un populisme bas de gamme, et la France te prouve encore que ne pas interdire le voile à l’Université, pas plus que dans la rue ou au supermarché, ne mène pas en un rien de temps en une situation « où les femmes seront immédiatement classées en « bonne musulmane » ou « mauvaise » musulmane » selon qu’elles portent ou non le voile »
1. La France n’est pas musulmane à 99%. Pas de risque de pression donc.
2. Qui a parlé d’interdire le voile dans la rue ?
1- Dans ton post, tu dis clairement que la Turquie a le droit d’interdire le voile puisque la France le fait. Or la France ne l’interdit pas à l’Université. La proportion des musulmans n’a rien à voir là dedans, je relevais juste une « inexactitude » dans ton énoncé. Par ailleurs, je conjecture, sans le savoir, que la Turquie doit être le seul pays au monde interdisant le voile à l’Université.
2- Le rapport avec la rue, est qu’il est à mon sens aussi insensé d’interdire le voile à l’Université, lieu public, que dans la rue. Il ne viendrait jamais à l’idée de qui que ce soit en France, pays emminemment laïc, de l’interdire à l’Université. A ce titre, je trouve cette disposition, pour toute compréhensible qu’elle soit en Turquie, assez liberticide. Comprends-moi bien, je ne suis absolument pas admirateur de l’AKP, mais sur ce point précis, je ne trouve rien à redire, et je trouve que d’agiter ce point pour les attaquer en décridibilise l’auteur (surtout quand on y adjoint des contre vérité, comme l’interdiction en France). De plus, je ne vois pas pourquoi tout pourfendeur de l’AKP doit être un fan de ces Kémalistes qui ont fait tant de crimes contre les peuples Turcs et non Turcs.
Voilà le résultat des tergiversations sur l’entrée de la Turquie dans la communauté européenne. Non que le club soit vraiment à conseiller, mais les pourparlers, qui durent depuis 40 ans, ont donné lieu à des débats douteux (du genre Islam en Europe, etc.)qui ont exacerbé les tendances islamistes et divisent la société turque.
Si le club n’est pas vraiment à conseiller ,pourquoi vouloir se presser.
L’islamisme,on a deja donné.
Merci pour cette analyse.
Une remarque cependant : c’est la première fois que j’entends (je lis) l’AKP décrit comme « parti de gauche », et le CHP comme « parti de droite ». J’avais souvent entendu le contraire, quoique dans tous les cas ça me paraît difficile d’établir un parallèle avec les traditions de gauche ou de droite en France. Le CHP a beau avoir une connotation très militariste, c’est finalement le parti kémaliste qui fut le plus progressiste en Turquie, comme le souligne jmbayle.
C’est la gauche autoritaire contre la droite démocrate, si on veut, assez atypique comme schéma, quoique…
Sinon, pour répondre à jmbayle, je pense malgré tout que le « complot » n’est pas imaginaire, et la « victimisation » de l’AKP est fondée sur certaines choses bien concrètes, à commencer par la procédure d’interdiction du parti. Certes, l’AKP semble puissant (nous verrons dans les mois qui suivent s’il l’est vraiment) ; mais c’est une puissance acquise démocratiquement, c’est la puissance populaire, donc je ne vois pas vraiment ce qu’on peut reprocher à ça. Que les Turcs votent pour un parti islamique, tu peux le regretter, mais c’est le jeu de la démocratie.
Je persiste…
Ce complot ressemble beaucoup à une manipulation. Il y a quelques mois, Ilhan Selçuk, un journaliste du journal Cumhuriyet âgé de 83 ans a été arrêté et emprisonné en mars 2008 avant d’être rapidement libéré faute de preuve. Quel magnifique comploteur !
Le schéma gauche autoritaire / droite démocrate fait sourire quand on connaît les réalités de la vie quotidienne en Turquie.
Malheureusement, il ne reste plus de gauche en Turquie. L’AKP n’est certainement pas de gauche, ni le CHP actuel.
Quant à la puissance acquise démocratiquement, encore faudrait-il qu’elle soit utilisée démocratiquement. Si l’on voulait un peu caricaturer, on pourrait comparer avec ce qui s’est passé en Iran.
L’interdiction du parti pourrait être un message fort pour signifier : ne touchez pas aux acquis du kémalisme (laïcisation du droit, égalité homme/femme, déconnexion religion/politique…)
Mais tout n’est pas idéal dans le kémalisme, à commencer par sa forte connotation nationaliste et ethnocentriste. Il suffit de voir que, finalement, parmi les plus ardents défenseurs du kémalisme on retrouve aussi des ultra-nationalistes, de ceux qui ont été impliqués dans les affaires Hrant Dink / Orhan Pamuk etc. Le CHP aurait beau avoir de « bonnes » valeurs, les alliances qu’il noue ne sont vraiment pas à son avantage.
Faux complot, manipulation?
Vous vous fondez sur la libération du journaliste Selçuk, « manque de preuve ».
Dans ses très bons articles sur la Turquie, Marie oublie de nous rappeler que Ergenekon, lié à l’Etat profond, est une sorte d’alliance entre ultra-nationalistes fachos et services secrets.
Cette alliance a une longue, très longue histoire: elle n’est autre que le résultat de la politique de création des réseaux Gladio de l’OTAN. C’est l’Etat profond qui a été impliqué dans plusieurs massacres dans les années 70-80, en pratiquant une stratégie de la tension, aussi utilisée en Italie par le même genre de personnages. Cela a valu un massacre en règle un 1er mai à Istanbul, avec snipers, etc., dont certains auraient tiré de l’immeuble de l’ITT, la multinationale américaine très présente en Amérique latine, l’un des principaux soutiens financiers de l’agitation anti-Allende au Chili.
Certains veulent aujourd’hui juger Kenan Evren, le général qui a fait le coup d’Etat de 1980 et qui s’est auto-amnistié. Evren, qui selon Daniele Ganser, historien qui travaille sur Gladio en Suisse, était leader du réseau Gladio turc. Evren, qui disait: « La souveraineté appartient au peuple, mais ce pays a des propriétaires. » (cf. http://www.todayszaman.com/tz-web/detaylar.do?load=detay&link=146708 en anglais)
Je ne suis pas un habitué des « théories du complot », mais voir quelqu’un libéré ne m’étonne pas outre-mesure; ce sont plutôt les arrestations qui sont surprenantes! L’une des personnes arrêtées était présente, aux côtés du terroriste mafieux Abdullah Catli, lors de l’incident de Susurluk de 1997, qui avait conduit à la démission du ministre de l’Intérieur (http://en.wikipedia.org/wiki/Susurluk_scandal ; http://www.monde-diplomatique.fr/1998/07/NEZAN/10656 ).
Osman Gürbüz, alias Yesil sous son nom de guerre dans la « Counter-Guerrilla » (nom turc de Gladio), a lui aussi été arrêté: http://www.todayszaman.com/tz-web/detaylar.do?load=detay&link=146710
Voyez, par ex., ceci:
http://istanbul.blog.lemonde.fr/2008/07/04/requiem-pour-ergenekon/
Trop beau pour être une “opération mains propres ” à la turque… Mais ce constat ne disculpe pas pour autant les “putschistes”: le dossier Ergenekon est loin d’être une coquille vide.
C’est un résumé des agissements de l’Etat profond contre l’AKP depuis 2002, comme l’écrit Ismet Berkan dans Radikal [cf. http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=87347 ].
Le procureur qui a préparé l’acte d’accusation , qui au bout de 13 mois d’enquête n’a toujours pas été rendu public, a accumulé 2500 pages de documents et de pièces à conviction. On est loin des 160 pages de copier coller pris sur google pour le procès contre l’AKP.
Parmi les “terroristes” présumés, on trouve deux anciens généraux: Hursit Tolon, ex commandant de la première armée, corps ô combien prestigieux en Turquie et Sener Eruygur, ancien chef de la gendarmerie et surtout, président de l’Association pour la pensée d’Atatürk (ADD), une organisation ultranationaliste qui s’est mise en évidence en 2007 pour avoir organisé les grandes parades anti AKP à Ankara et Istanbul, mais aussi des rassemblements dans le Sud-Est pour les martyrs de l’armée.
Sener Eruygur est enfin l’un des instigateurs présumés des tentatives de coups d’Etat baptisés “Sarikiz” et “Aysigi”, révélées par le magazine Nokta en 2007 qui avait publié le carnet de bord de l’amiral Örnek, chef des forces navales de l’époque. La plupart des personnes arrêtées cette semaines étaient citées dans ces documents.
Eruygur avait mis en route la machine à renverser les gouvernements au moment des discussions sur le plan Annan pour la réunification de Chypre. Soutenu par l’AKP, ce plan était violemment combattu par les militaires et par l’ancien dinosaure chypriote Rauf Denktas, qui ne dépareillerait pas au milieu des membres d’Ergenekon…
(…)
Mais surtout, une équipe de tueurs commandée par Osman Gürbüz, figure des milieux d’extrême droite, devait ouvrir le feu contre les manifestants et assassiner une série de personnalités à travers le pays, dans le but de semer le chaos. La presse alliée aurait ensuite pris le relais pour pousser l’opinion à soutenir un coup d’Etat.
Cette méthode, semer le chaos pour reprendre les rênes du pouvoir, a souvent été employée en Turquie, avant des coups d’Etat: dans les années 70, avec les attaques de l’extrême droite contre les militants de gauche ou les alévis et la terreur en Anatolie, ou dans les années 90, avec par exemple, les incidents de Gaziosmanpasa.
Plus d’infos sur:
http://en.wikipedia.org/wiki/Deep_state
et sur http://www.todayszaman.com (en anglais).
Quand la Turquie aura essayé d’être vraiment laïque, nous reparlerons de tout cela !
En attendant…
La Turquie EST un pays laïc, depuis Attaturk, et la plupart des Turcs (musulmans à 95%) semblent attachés à tous les acquis du kemalisme. Faites un tour à Istanbul, il n’y a que dans les quartiers les plus déshérités que s’affiche un islamisme « dur », qui surfe ici comme chez nous sur les inégalités et le mécontentement populaire, les mêmes causes produisant les mêmes effets… Je dis pas que c’est le monde de Candy, mais comparé à ses voisins c’est pas mal (on cause de laïcité, hein, pas de droits de l’homme), et on devrait la soutenir dans cette voie, mais c’est ICI que la laïcité me parait en danger… Merci Nikola, merci George!
Pas assez laïque la Turquie? Elle l’est beaucoup plus que la France. Envisagez-vous de chasser de l’Europe l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal; la Pologne…qui ne sont pas Laîques? Je parie que vous ne savez même pas ce qu’est la Laîcité. Vous vous contentez de béler avec le troupeau…
Moi qui prône pour que la Turquie rentre dans l’europe, cette article me donne tort. J’arrête définitivement de le dire. L’islam ne va pas avec la démocratie. Si le président Turc fait comme George Bush, il met ses hommes à la Cour suprême? Je devine la décision.
Bonjour,
L’AKP est un partie démocratiquement élu. En votant pour ce partie, le moins corrompu de Turquie, les Turcs qui sont souverains n’en déplaise aux mentalités colonialistes, savaient à quoi s’en tenir. D’ailleurs, une depêche AFP de cette semaine affirmait que l’AKP était encore le partie majoritaire auprès de l’opinion Turque.
Mais bon, puisqu’il est connoté « Islam », on ne peut pas s’attendre à ce qu’il soit apprécié de nos extremistes occidentaux qui se croient à mène de décider à la place des Turcs.
L’armée Turque est une mafia, c’est bien connu. Son rôle a été dénoncé à plusieurs reprise par l’UE qui d’ailleurs avait prié la Turquie de réduire le rôle de l’armée dans la vie politique si le pays voulait rejoindre l’Europe.
Quant Atatürk, c’était un extremiste sanguinaire et corrompu. Il est très difficile d’exhumer l’histoire en Turquie et ceux qui ont essayé de montrer la réalité de cet homme on fini en prison. Parce que la réalité de Kémal est bien plus obscure que l’image d’Epinal que nous en donnent les laïcs français.
LE peuple Turc est souverain, il a voté pour l’AKP, seule force dans laquelle il se reconnaissait. Les autres parties moyens sont des bennes à recycler de turcocentristes extremistes, d’ordures d’extrême droite et de mafieux en puissance. Cela enrage nos colonialistes qui dénient au peuple Turc le respect de ses choix électoraux et qui ensuite viennent nous donner des leçon de démocratie.
Tu nous prend pour des buses?
Spirou, ne jette pas le bébé avec l’eau du bain!
Certes, l’AKP a été élu.
Certes, l’armée turque a de gros problèmes, et la Turquie ne résoudra pas ses conflits tant qu’elle n’a pas jugé les « intouchables » (le général Kenan Evren, qui a fait le coup d’Etat de 1980, et tous ceux liés à l’Etat profond, qui continuent la « sale guerre » des années 70 contre les kurdes).
Certes, Atatürk n’était pas un saint, pas plus que de Gaulle.
Mais bon, de là à dire que l’AKP est le seul parti honnête en Turquie, c’est vous tirer une balle dans le pied! L’AKP n’est pas à gauche, mais ressemble plus à la droite chrétienne allemande (parti qui ne dédaignait pas inclure dans ses rangs quelques personnes bien, bien à droite…). Il y a une gauche en Turquie, il ne faudrait peut-être pas l’oublier!
Votre propos me donne l’impression que vous projetez la situation algérienne avant la guerre civile sur la Turquie, où effectivement il n’y avait pas grand monde pour s’opposer de manière honnête aux islamistes (qui pour le coup n’étaient pas modérés). Mais la Turquie n’a rien à voir avec l’Algérie!
Précision : ce n’est pas un colonialiste qui écrit.
Comme extrémiste sanguinaire, jusqu’à maintenant on avait le sultan rouge, Kızıl Sultan, Abdulhamid massacreur de chrétiens selon l’imagerie véhiculée par la presse européenne de la fin du XIXe ; nous aurons maintenant Atatürk, massacreur de musulmans. On rêve ! Quels que soient ses défauts, c’est un peu le De Gaulle de la Turquie, il a forgé une identité nationale (et non pas ethnique) pour une population dont une bonne partie avait été chassée des Balkans parce qu’elle était musulmane et que les sultans n’avaient pas su ou pu la protéger.
Mais cela c’est effectivement de l’Histoire avec un grand « H ».
Pour ce qui est de l’AKP, nous ne dénions à aucun turc le droit de choisir ses représentants. Nous dénions aux partis le droit de menacer la démocratie qui leur a permis d’être élus.
Ne soyons pas naïfs et aveugles !
Quant à l’Europe, c’est vrai que son rejet de la Turquie aigrit ses plus fervents défenseurs et pousse le pays à un repli sur lui-même. Sans parler des énormes maladresses du président Sarkozy et de la droite française.
Pas d’identité ethnique? L’influence de Gökalp sur Kemal, la résurgence du pan-turquisme et du touranisme pour casser avec l’image d’un empire Ottoman multi-ethnique, tout cela est une part bien réelle du kémalisme, même si ça dérange probablement certains défenseurs de l’orthodoxie kémaliste. Même si Atatürk n’était pas Gökalp, son mouvement était clairement influencé par ses idées.
L’AKP se doit de se défendre contre la clique abjecte des militaires et des juges adeptes de la dictature ultra-laicarde. Ces derniers veulent dénier au peuple turque de choisir librement et démocratiquement ses dirigeants.Trop, c’est trop. Ces ultra kémalistes ont franchi la ligne rouge et tout démocrate se doit de soutenir le parti élu démocratiquement par le PEUPLE de Turquie: l’AKP. Non à l’infâme dictature laicarde des kémalistes.
Oui à l’AKP et à Erdogan qui ont transformé la Turquie de façon EXTRAORDINAIRE depuis qu’ils sont au pouvoir: pib doublé, droit des minorités élargies….
Enfin, Marie Antide, votre billet est en dessous de tout car vous reprochez la médiocrité du CHP et MSP à Erdogan et à l’Akp. Ils n’y sont pour rien quand même les membres de ces 2 partis sont corrompus et détestés par le peuple, qui préfère à juste titre les hommes honnêtes et réformateurs comme Erdogan et ses amis.
Même reproche qu’envers Spirou! Entre l’AKP et les ultra-nationalistes, pourquoi devrions-nous choisir? N’y a-t-il pas des gens, à gauche, en Turquie, qui sont honnêtes - et qui n’ont pas encore été assassinés?
bonsoir,j’ai rien compris.wait and see.
Bonne analyse, mais vous oubliez de préciser que ce sont des généraux à la retraite. Ces généraux sont poursuivis en raison de leur présence dans le soi-disant journal volé d’un amiral turc dans lequel il écrirait que ces deux personnages parlaient de coup d’état pendant leurs dernières années de service. Il y a donc un problème… les tribunaux civils turcs ne sont pas habilités à juger des militaires pour des faits accomplis pendant leur service… Ce n’est pas le seul accroc dans cette petite guerre menée par une frange dissidente de l’AKP…les disciples de Fetullah Gülen, Imam-Prophète réfugié aux USA et qui a beaucoup d’alliés au sein de la police et à la présidence…présidence qui est de plus en plus hostile au premier ministre Erdogan qui semble ne plus contrôler la situation… Ce petit jeu de massacre ne mène nulle part et déstabilise autant l’AKP que les juges et les militaires… le seul gagnant est Fetullah Gülen et cela est très très dangeureux…les USA et leur alliés européens semblent miser sur cette homme, nouvel espèce d’Ayatollah plus tolérant et qui changerait la société turque en population pieuse, amorphe et docile !!! Mesdames, Messieurs les journalistes, cet Imam-Prophète a fait une demande de « green-Card » veuillez recherchez les noms des personnes qui sont données comme références aux autorités US…c’est surprenant !!!!
Lire dans le jeu Byzantin qui se déroule actuellement aux portes du pétrole et des futurs routes énergétique ne semble pas aisé pour ces professionnels du journalisme, plus intéressés par les faits et gestes de la cour sarkozyste, qui préfèrent se faire traduire des dépèches et des articles peu fiables sans pouvoir analyser et comprendre l’ensemble des parutions et des informations qui foisonnent car les protagonistes ne se lassent pas de trouer les tuyeaux pour mieux faire passer les fuites! SVP, rendez-vous en Turquie et interrogez quelques journalistes et deux trois ministres, c’est pas plus difficile que ça…en plus c’est la pleine saison..vous pourrez même bronzer au bord de la piscine de votre hotel!
Salutations
Ümit Pehlivan
Une excellente conclusion à cette discussion, et pleine d’esprit.
Merci Ümit.
« lutte féroce qui se déroule en Turquie entre deux forces, finalement aussi autoritaires l’une que l’autre ». Certes, mais de ces 2 maux, le pire est celui qui prone l’islam.
Le Fléau du Nationalisme en terre d’Islam
S’il y a un fléau des temps modernes insufflé par l’occident sur le monde et en particulier en terre d’Islam, c’est bel et bien le nationalisme caractérisé qui est une vraie putréfaction qui ronge les pays musulmans. Il est à l’origine de la faiblesse des pays musulmans livrés à eux même dans un monde où la mondialisation pousse les pays occidentaux à créer des unions (Etats Unis, Europe, l’OTAN…) au-delà de leur nationalisme, pour être acteur des enjeux et des stratégies géopolitiques et économiques sur la scène internationale. Les musulmans doivent être conscients que l’Islam est incompatible avec le nationalisme qui est un concept antinomique au sens premier. Si l’Islam refuse l’idéologie du nationalisme, il accepte la reconnaissance des peuples et des tribus qui constituent des nations composant la Ummah. A l’inverse le nationalisme et le tribalisme sont les deux maladies, du cœur et de l’esprit, que le Prophète (sav) a combattues dès l’avènement de l’Islam. L’unité de base d’une politique Islamique n’est pas de privilégier une nation ou une tribu par rapport à une autre mais de consolider dans un esprit de fraternité et d’égalité qui est le propre de l’identité de la Ummah.
Tout ou presque a été dit et écrit sur les problèmes du monde musulman, de sa déchéance, de sa décadence de sa misère économique, politique, sociale et culturelle qui, depuis de nombreuses décennies, gangrènent et tuent en lui tout espoir salvateur. La question légitime est, comment une civilisation ayant transformé la face du monde, marqué de son empreinte le cœur et l’esprit de millions d’individus, révolutionné les rapports humains, les relations internationales, a pu sombrer aussi loin dans la décadence, l’humiliation et l’oubli ? Une régénération est elle envisageable ?
Le Prophète (sav) a transmit à l’humanité le message de l’Islam, il a réussi à extérioriser les richesses et les trésors de l’âme humaine, longtemps recouverte par des siècles d’obscurantisme et d’ignorance. Il a illuminé le monde par la pureté de son message et la justice de son système. Il a jeté les bases du fondement d’une nouvelle civilisation : la civilisation islamique. Durant plusieurs siècles, l’islam a éclairé de sa lumière généreuse des peuples agonisants et plongés dans les ténèbres de la servitude humaine. Il a réalisé leur union et leur unité autour d’un principe simple et cependant profond, la croyance ; en Allah l’Unique (Tawhid) et en Mohammed (sav) comme son Prophète et Messager.
Malheureusement, quatorze siècles plus tard, que reste-t- il ? Un monde musulman en déconfiture, divisé plus que jamais par les fantômes du nationalisme, du clanisme et du tribalisme. Ces tendances que l’on croyait disparues ont refait surface dans cette âme musulmane, jadis intégralement vouée à la recherche de la satisfaction de son Créateur, aujourd’hui égarée dans les méandres de l’ignorance et obsédée par les plaisirs terrestres. Les musulmans ont été battus et vaincus pour avoir délaissé et négligé la source même de leur énergie et de leur force : la pensée Islamique. Au départ limpide et pure, la pensée Islamique s’est progressivement altérée au fil des siècles, entraînant la Ummah dans une décadence intellectuelle qui a fini par lui être fatale. Les effets de cette décadence se sont manifestés, entre autre, par l’abandon de la langue arabe, pourtant essentielle à la bonne compréhension de l’Islam et à la pratique de l’ijtihad. Des conceptions philosophiques étrangères à l’Islam ont ainsi réussi à s’infiltrer dans la pensée islamique pour la corrompre et ôter à la Ummah toute sa force et sa dynamique.
Bien évidemment, les répercussions désastreuses qu’a engendré la décadence intellectuelle des musulmans sont nombreuses et variées, et ne se limitent pas à ces seuls éléments. Mais s’il y a bien un concept qui peut se targuer d’avoir grandement contribué à paralyser et à plonger le monde musulman dans le chaos et la désolation, c’est bien le concept du nationalisme. Il est, probablement, l’un des concepts non- islamique qui s’est le mieux diffusé et le mieux implanté dans les mentalités des peuples musulmans. C’est lui qui a été à l’origine de l’éclatement et de la division du dernier Etat Islamique, l’Etat Ottoman. Le nationalisme est devenu un pilastre sentimental et émotionnel sur lequel repose aujourd’hui l’ensemble des régimes plus ou moins dictatoriaux qui constituent le monde musulman ainsi que la principale source de division et de déchirement de ceux qui, pourtant, se réclament de la même religion. Que dire de ceux qui s’entretuent pour leur appartenance ethnique ? Que penser de ces frontières artificielles qui sont sources de haines et de violences ? Comment comprendre ceux qui ne marient pas leur fille ou leur garçon avec une personne de nationalité autre que la sienne ?
Sommes nous si inintelligent pour que des années après la décolonisation on vient encore nous dire qui sont nos amis et avec qui on doit marcher. L’immixtion (ingérence) des donneurs de leçon devient inadmissible sur la scène internationale. L’Union pour la Méditerranée est la dernière trouvaille des néocolonialistes qui ont l’art et la manière de déguiser leurs appétits de pouvoir et de domination. Il est temps que les musulmans prennent enfin leur destin en main et qu’ils se tournent enfin les uns vers les autres plutôt que d’espérer dans un amour platonique avec les européens à l’image de la Turquie. L’Occident est libre de choisir ses valeurs sociétales et son modèle économique mais en aucune manière elle n’a le droit de l’imposer de manière direct ou indirect aux autres par de savant stratagème dont personne n’est dupe. Les subterfuges employés ne sont là que pour des intérêts économiques et non comme on veut nous le faire croire relatives aux droits de l’Homme et à de l’humanitaire.
Comment lutter contre ce fléau ? Il faut une remise en question de notre rapport au nationalisme si l’on souhaite sortir de cette spirale infernale digne de la période préislamique. La première chose c’est le retour aux sources de l’Islam dans l’éducation en ré-ouvrant les portes de l’ijtihad pour ceux qui auront acquis suffisamment de science. Il faut ensuite un travail très important sur la masse afin de faire évoluer les mentalités et les opinions faussées par des décennies de mensonges et de pessimismes chroniques insufflés et entretenus par les ennemis intimes ou déclarés du message de paix et de tolérance que l’Islam nous offre.
L’absence de fraternité et de solidarité est due à l’égocentrisme et à la cupidité qu’inculque le nationalisme dans le cœur de celui qui la prend comme marqueur identitaire. Nous devons connaitre et apprendre notre histoire afin de faire en sorte qu’elle ne devienne pas aliénante ou dominante mais libératrice. Le chemin de la libération des musulmans passe par une conscience libérée de toute influence étrangère néfaste, un cœur en quête d’amour et de fraternité entres musulmans, une raison retrouvée grâce à un retour aux sources de l’Islam.
R.A
http://laparoledujeunemusulman.blogspot.com/
Glouglou glouglou. Toujours pareil les musulmans: des victimes. C’est horrible.
J’aime votre conclusion:
« Le chemin de la libération des musulmans passe par une conscience libérée de toute influence étrangère néfaste, un cœur en quête d’amour et de fraternité entres musulmans, une raison retrouvée grâce à un retour aux sources de l’Islam. »
i.e. Pas de place pour les non-musulmans. Super!
Salut le Malade !! Encore de sortie ?
Vous oubliez un truc: le nationalisme a été l’outil idéologique le plus efficace dans la lutte anticolonialiste!
Vous dites que c’est « un concept non-islamique » qui aurait été la cause du « déclin » des pays dits musulmans: mais le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », c’est effectivement un « concept non-islamique », tout autant que « non-chrétien » et « non-européen »: c’est un concept universel, qui vise à accorder le même droit à tous les peuples. Y compris, par exemple, aux peuples dits indigènes ou autochtones:
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_des_peuples_aut…
Si le nationalisme est un fléau, c’est dans son aspect identitaire; or, l’islamisme ressort de la même logique.
Ce qui compte, c’est effectivement, je vous l’accorde, de renforcer l’ijtihad et de moderniser l’islam; mais cela n’a un sens que si c’est pour soutenir les forces sociales et progressistes.
L’ « Occident » n’a certainement pas ni le monopole de la civilisation, ni celui de la modernité; mais croire que la religion, par elle seule, puisse permettre d’accéder à la modernité, ça m’attriste! La religion est un facteur culturel parmi d’autres, mais un régime moderne doit la mettre à sa place: celle de la liberté des cultes et de la liberté de conscience.