
La Turquie entre attentats et tensions constitutionnelles

La petite fille s'est précipitée sur le balcon, attirée par le bruit de la première explosion, cinquante mètres en contrebas, sur la place où se pressaient badauds, familles et gamins, le nez dans leur cornet de glace. A cette heure, tous les commerces étaient encore ouverts. La foule se pressait pour secourir les blessés ou simplement attirée par le bruit. Puis la seconde bombe, placée dans une poubelle à quelques mètres de la première, a explosé, bien plus violente : un éclat a traversé l'espace et a touché l'enfant. Elle s'est écroulée devant ses parents, tuée sur le coup. Seyma, cette petite fille de 12 ans, a été enterrée hier avec les seize autres victimes de cet attentat non revendiqué. Une foule de 5000 personnes, tendues et démunies face à cette violence, les a accompagnées. Plus de cent cinquante personnes ont été blessées dont six sont toujours dans un état grave.
L'explosif qui a servi à Istanbul étant identique à celui retrouvé sur les lieux d'attentats à Ankara et Diyarbakir, la piste du PKK a tout de suite été privilégiée.
Une tradition d'assassinats et de manipulations
Depuis plusieurs mois, le PKK subit d'importantes attaques menées par l'armée turque contre leurs camps du mont Qandil en Irak du Nord. Dans une interview diffusée hier sur le site de la BBC, son chef, Murat Karayilan, n'excluait pas des représailles sur des cibles économiques et militaires dans les grandes villes de Turquie. Toutefois, le PKK a très vite démenti être l'auteur de cet attentat. Le DTP, parti pro-kurde, a confirmé ce démenti par la voix de sa co-présidente Emine Ayna dans un article publié par le Guardian et en rejette la responsabilité sur le gang Ergenekon.
Il y a en Turquie une tradition d'assassinats et de manipulations. Ergenekon, groupe clandestin, noyau de l'« Etat profond » composé de militaires, politiques et mafieux et actuellement sous le coup de l'inculpation de quatre-vingt-six de ses membres, est coutumier de ce type d'actions.
Cet attentat a aussi eu lieu quelques heures avant que le procès engagé contre l'AKP n'entre dans sa phase finale : les onze juges de la Cour constitutionnelle délibèrent en ce moment pour savoir si le parti au pouvoir doit ou non être interdit pour activités anti-laïques, et soixante et onze de ses membres, Premier ministre et ministres inclus, sont menacés d'inéligibilité.
Dans ce contexte déjà tendu, les auteurs fous de cet attentat avaient un objectif clair : détruire le plus de vies possible et faire peur aux civils. Visaient-ils à créer le chaos afin que la voie militaire soit envisagée pour rétablir l'ordre, comme dans le passé ? C'est aussi une hypothèse mais aujourd'hui, les choses ont changé :
- le parti placé sous le coup de l'interdiction a été élu avec une majorité de 47% des voix ;
- l'armée, présente mais plus omnipotente, ne souhaite plus réguler la vie politique du pays comme au cours de trente dernières années ;
- avant 2001, la Cour constitutionnelle n'avait pas d'autre choix que de prononcer ou non l'interdiction du parti. Or la Constitution, révisée en 2001, offre maintenant aux onze juges la possibilité d'infliger des sanctions financières, comme la suspension des subventions du Trésor par exemple.
Depuis quelques semaines, de nombreuses voix s'élèvent en faveur de cette solution intermédiaire qui présente plusieurs avantages :
- envoyer un message clair à l'AKP, celui, que malgré ces 47% de voix et le manque d'opposition, il n'est pas maître à bord et ne peux être irrespectueux des règles de droit ;
- être la solution la plus forte sur le plan juridique car la « Cour constitutionnelle a annulé les amendements qui libéralisaient le port du voile, sur la base du principe de laïcité. Un des supports du procès en fermeture a disparu » (extrait d'une interview du professeur Kaboglu, paru dans le quotidien Milliyet, le 28 juin) ;
- renforcer la crédibilité judiciaire de la Cour Constitutionnelle, car si elle se prononçait pour l'interdiction de l'AKP, elle prendrait une décision politique, certains points de l'acte d'accusation étant difficiles à motiver juridiquement.
Le verdit est attendu dans les jours ou les semaines à venir.
L'Europe n'en profitera pas pour entraver le cours des négociations d'adhésion
Les vingt-sept Etats membres, le président de l'Union en tête, excluent de suspendre les négociations, quelque soit l'issue du procès. Le processus d'intégration prévoit la suspension des négociations en cas de manquement grave et persistant des droits fondamentaux, non pas suite à une décision judiciaire prise dans le respect des lois du pays.
A la veille de l'inauguration de la présidence française de l'Union, la diplomatie hexagonale a clairement fait savoir que celle serait loyale sur la candidature de la Turquie à l'UE, attitude que Nicolas Sarkozy a réaffirmée dans un entretien avec le Premier ministre Erdogan, lors de sa présence à Paris pour l'inauguration de l'Union pour la Méditerranée. La France ne veut donc surtout pas sembler profiter d'une situation interne difficile que connaît le pays candidat pour entraver le cours des négociations et l'ouverture de nouveaux chapitres.
En attendant, dans le quartier de Güngören (Istanbul), qui signifie en turc « celui qui voit le jour », les habitants endeuillés ont accroché des centaines de petits drapeaux aux balcons : autant de signes de ralliement à un sentiment d'appartenance à la nation qu'ils ont besoin de convoquer dans ces heures tragiques.
► Article actualisé le 30 juillet à 17h57 : La Cour constitutionnelle a opté pour une sanction financière de l'AKP, soit une baisse de 50% des subventions du Trésor. Cette décision a été prise par une majorité de six juges contre cinq.
- 4416 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque























38
(Pour réagir, connectez-vous)
De uclu
12H32 | 30/07/2008 |
Merci pour cet article,attendu avec impatience.
à uclu
De compte-supprimé
Haggard | 21H26 | 30/07/2008 |
Ca aussi c'est interessant :
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/PIOT/15521
De neogin
Etudiant | 15H04 | 30/07/2008 |
Très bon article, juste une remarque : vous n'avez pas précisé le lieu de ces attentats ( Istanbul ) j'ai dû chercher par moi même.
cordialement
à neogin
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 16H47 | 30/07/2008 |
Merci Neogin. C'est en effet un oubli de ma part, je vais le faire corriger. Amicalement, Marie
De uclu
15H09 | 30/07/2008 |
si, c'est écrit le quartier d'Istanbul à la fin de l'article..
à uclu
De neogin
Etudiant | 16H03 | 30/07/2008 |
C'est écrit « le quartier de Güngören » sans préciser la ville, j'ignorais qu'il s'agissait d'un quartier de Istanbul et j'ai du faire la recherche. C'est juste que j'ai trouvé surprenant que l'article évoque ces terribles attentats sans citer la ville, j'ai voulu éviter la recherche aux autres riverains.
De uclu
16H08 | 30/07/2008 |
Mais c'est ds le titre !
De uclu
16H10 | 30/07/2008 |
non, c'est vrai, vs avez raison, c'est écrit turquie, et j'ai lu istanbul étant au courant désolée
De uclu
16H16 | 30/07/2008 |
enfin, c'est écrit paris istanbul ds le sur titre, bon.
De Déplieuse
Repliable | 18H55 | 30/07/2008 |
Quel besoin, nom de Dieu, de commencer cet article, qui constitue pourtant une assez honnête synthèse sur la situation (dont on n'entend parler dans les médias francais que depuis l'attentat, alors que la Turquie vit depuis des semaines dans l'attente de ces procès), par ce pathos digne d'un journal télévisé (francais ou turc, la différence étant qu'en général les très mauvais journaux télévisés turcs repassent vingt fois la même image du bras arraché en entourant d'un cercle rouge la mare de sang, sur fond de musique larmoyante) ? Parlez à notre raison, nous sommes assez grands pour savoir ce que sont les morts. Je trouve obscène cette facon de recréer la scène, obscène votre premier paragraphe.
De Marie Antide (auteur)
Cadre en entreprise | 20H05 | 30/07/2008 |
Déplieuse,
Bien sur que vous êtes assez grand(e) pour savoir et surtout faire la part des choses. Mais là n'est pas la question.
Le fait est que cet attentat m'a touchée, voir bouleversée, par le calcul qu'il y a eu à attirer la foule puis faire exploser une seconde bombe. Le fait est que je connais aussi un peu ce quartier. Et que j'ai en effet mis de ma subjectivité dans cet article. Permettez que je ne m'en excuse pas. Permettez que je vous rappelle que je ne suis pas journaliste, mais juste passionnée par le sujet, ce qui implique une communication autre que strictement rationelle.
Amicalement, Marie
à Marie Antide
De Déplieuse
Repliable | 20H18 | 30/07/2008 |
Le problème n'est pas de mettre de la subjectivité, de la passion, de l'émotion, mais d'imaginer à la manière d'un cinéaste jusqu'aux détails du nez dans le cornet de glace.
Personne ne vous demande d'excuses. Le piège de la seconde bombe m'a également rendue malade.
Pourquoi ne pas ajouter à la liste de protagonistes du « gang Ergenekon », « militaires, politiques et mafieux », les journalistes d'opposition ? Il me semble que les arrestations ont ratissé plutôt large.
à Déplieuse
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 08H18 | 31/07/2008 |
OK, je comprends mieux.
En lisant un article dans la presse turque, il était mentionné qu'en cette fin de journée, les gens étaient sortis pour flâner et manger des glaces. J'ai tellement vécu cette situation où l'on est capable, petit ou grand, à Istanbul de faire un grand détour pour aller chercher un cornet de glace, que je n'ai eu aucun mal à me représenter cette scène, à la « vivre ».
Bonne journée, Marie
à Marie Antide
De Déplieuse
Repliable | 08H53 | 31/07/2008 |
Pardon pour mon agressivité.
Je suis excédée de lire des articles qui jouent sur la corde sensible, avec détails, prénoms et photos, et mon oeil grossit ce trait quand j'y suis confrontée.
Mais comme tous ceux qui cherchent des infos sur la Turquie et qui ne maîtrisent pas assez le turc pour les trouver directement, je vous lis souvent.
à Déplieuse
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 16H35 | 01/08/2008 |
Déplieuse,
Pas de problème. J'ai une formation d'auditeur, donc d'écriture la plus objective possible, ce qui m » a été très utile dans les précédents articles. Mais si vous connaissez la Turquie, ou si vous y vivez, vous savez que c'est un pays de passions. Alors je me m'autorise peu à peu à mettre un peu de cette passion dans mes articles. Je n'avais par contre pas pensé que cela pouvait paraître relayer le style d'une certaine presse turque. Je n'en userai donc que modérément.
Au plaisir de continuer à vous lire, Marie
à Marie Antide
De Martin D
08H53 | 31/07/2008 |
Bonjour Marie Antide,
svp abstenez-vous à l'avenir de faire passer vos emotions…c'est dangereux comme procédé !
faites juste votre boulot de commentaire et argumentaire, même si vous n'êtes pas journaliste..
je rappelle, c'est dangereux comme procédé de faire passer ses emotions…
c'est avec les emotions que les nazis ont reussit à convaincre le bas-peuple, ou que les sionistes ont permis la colonisation de La Palestine, ou encore les 2 guerres contre l'afghanistan et l'irak ainsi que la diminution des droits individuels aux usa…
à Martin D
De Yaumegui_from_Paris
Sur mon fauteuil. | 10H06 | 31/07/2008 |
C'est tellement idiot comme comparaisons et surtout comme amalgames plus que douteux qu'il n'y a même pas matière à contredire ou à contre-argumenter, votre commentaire est honteux et totalement stupide.
à Martin D
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 16H40 | 01/08/2008 |
Martin D,
Heu … je ne suis pas qu'un cerveau (même si j'ai un vrai amour pour les idées) donc il me sera difficile de ne pas faire passer quelques émotions, même modérément. Par contre, il me semble que votre esprit critique devrait vous amener à faire la part des choses et à séparer la « bonne » émotion (qui est aussi un mode de connaissance) de la manipulation.
Pas de crainte à avoir donc !
Bonne fin de journée, Marie
De Yaumegui_from_Paris
Sur mon fauteuil. | 10H02 | 31/07/2008 |
C'est un très bon article, qui met très bien en lumière la dégueulasserie du procédé de la double bombe. Oui, une petite fille est morte à sa fenêtre, oui des badauds sont morts un cornet de glace à la main, oui des secouristes sont morts aussi en essayant d'aider les premières victimes.
Non, la mort n'est pas factuelle et à moins d'avoir vécu soi-même un attentat on n'est pas « assez grand » pour le « revivre ». D'ailleurs la violence de votre rejet de la description juste et bien entendu pleine d'émotions de cet attentat est bien la preuve que vous n'avez pas beaucoup de recul face à la mort. L'obscénité aurait été de montrer des images de victimes dénudées par le souffle des explosions, le cadavre des enfants…
Je le répète, c'est un très bon article qui fait vivre cet horrible événement et qui aussi met très bien en perspective l'actualité en Turquie.
Allez lire les articles de Kessel parus dans le grand France soir, vous y trouverez du pathos, pathos qui rend avec le temps si bien compte de l'actualité de cette époque. Un journaliste n'est pas un historien, il est au coeur de l'actualité, et décrire les faits tels qu'ils sont, c'est-à-dire dans ce cas décrire la barbarie des poseurs de bombes, c'est son métier.
Merci Marie Antide.
à Yaumegui_from_Paris
De Déplieuse
Repliable | 14H43 | 31/07/2008 |
Enlevez, s'il vous plaît, les guillemets. Je ne cherche justement pas à « revivre » un attentat. Vous avez besoin d'enrobage littéraire et d'identification pour être sensibilisé, moi pas.
Cet article « fait vivre cet horrible évènement »… Justement, non, et il ne le peut pas. C'est toujours de la reconstruction.
Ce serait tout différent avec un témoignage, la parole du témoin excluant d'emblée tout pathos.
De Pierrrrre
09H11 | 31/07/2008 |
»…Toujours aussi subtil … »
→→ Il est des pavés dans la mare qui après les premières éclaboussures désordonnées,
se prolongent par de jolies volutes irisées sur la surface de l'eau,
qui invitent à la réflexion.
Je garde toujours un caillou dans mes mains,
au cas où les vaguelettes des interrogations se tariraient.
à Pierrrrre
De léo solo
09H49 | 31/07/2008 |
Au bord de l'eau tel Narcisse au lieu de réflexion c'est du reflet qui est produit.
Pierre ne voit que pierre.
Il s'autolapide.
C'est ,compte fait, réjouissant.
De Mon-Al
roturière :-) | 21H54 | 30/07/2008 |
Vous voyez, Marie Antide, vos amis de l'AKP n'ont plus rien à craindre :
« La demande d'interdiction du parti du premier ministre Erdogan, l'AKP, accusé d'“activités antilaïques”, a été rejetée par la Cour constitutionnelle turque. » AFP
Erdogan et sa clique pourront continuer leur islamisation rampante … et ils pourront même continuer à aller bombarder les kurdes dans un pays étranger (Irak) …
Et vous les voulez en Europe … avec des amis comme ceux-là, on a vraiment pas besoin d'ennemi …
à Mon-Al
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 08H16 | 31/07/2008 |
Mon-Al,
Je vous dédie mon prochain article : -) !
Bonne journée, Marie
à Mon-Al
De Martin D
08H59 | 31/07/2008 |
allez faire un tour en Turquie, et vous verrez vos préjugés fondre comme neige au soleil…
alala, certains dès qu'ils entendent islam, c'est comme s'ils entendaient quelque chose d'horrible comme un malheur…incroyable cette peur !
à Martin D
De Pierrrrre
09H20 | 31/07/2008 |
»..alala… »
→→ vous oubliez le h derrière, et il y a un a de trop au milieu.
à Pierrrrre
De léo solo
09H45 | 31/07/2008 |
Certains en sont restés à l'hache de pierre.
De Muslim
Esprit Libre | 12H20 | 31/07/2008 |
La Souffrance & l'Espoir des Musulmans
Combien de morts, de crimes de guerre, de génocides doit-on subir pour que la communauté internationale se réveille et intervienne sans parti pris et sans aggraver les situations existantes qui sont dramatiques. L'injustice, la spoliation et les meurtres, en guise d'épuration ethnique ou religieuse, au su et au vu de tous, souvent orchestrés par les états pyromanes membres des Nations Unies, sont devenus des banalités, à un tel point que les traitements médiatiques sont dignes de ceux des faits divers ou des bandes d'annonces des sorties de films. Que de souffrance pour les pays musulmans comme l'Irak, la Tchétchénie, la Palestine, la Somalie, le Soudan, la Bosnie…. leur sang a-t-il moins de valeur que le pétrole de certains ? Peut-on bafouer la liberté des uns au détriment de celle des autres ? Nous apprenons à connaître ou à découvrir nos frères et nos sœurs de par le monde via les échos de leur persécution, les cris de leur souffrance et de leur désespoir face à l'immobilisme avant tout des pays musulmans, puis des occidentaux et enfin de l'ONU.
Face à l'injustice et aux dictatures que subissent les musulmans dans leur pays réciproques, régis par des gouvernements indignes et corrompus, qui malheureusement, ont leurs mentors et leurs complices dans les pays soit disant modèle de démocratie et de droit de l'Homme, les musulmans avec patience et courage prennent consciences de l'importance de l'unification de l'ensemble des pays musulmans au-delà des idéo et du nationalisme, qui nous a été inculquées de force ou par projection post-colonial.
A l'image des États-Unis, de l'Union Européen, … et de la Russie qui renforcent ou élargissent leurs unions, en quel honneur et pour quelle raison, l'ensemble des Musulmans du monde n'auraient pas le droit à une entité que l'on pourrait désigner par Union des États Musulmans (U.E.M) qui refléterait notre héritage, nos aspirations et nos ambitions. Sommes nous si différent sur le fond pour ne pas avoir le droit de rêver à un état unique ou à une fédération des pays musulmans où nous aurions réussi ; à dépasser nos clivages, à supprimer les frontières artificielles que l'on nous a imposées, avoir une monnaie unique, une défense commune et une orientation en accord avec les valeurs de l'Islam. « Les croyants ne sont que des frères » S49,V10. Si certain ont creusé et cultivé nos divergences, dans le passé, ou encore de nos jours, afin de nous ériger en ennemis entre nous, il paraît clair et évident que leurs stratégies est vouée à l'échec. Les populations Musulmanes, hommes et femmes, mais surtout les femmes, qui soufraient d'accès à l'éducation hier, sont aujourd'hui bien conscientes des manipulations, des trahisons dont nous avons souffert, tout au long de notre histoire. Leur amour pour un retour à la source, leur enthousiasme pour un ordre du juste milieu, leur sincérité dans l'unique recherche de l'agrément d'Allah et leur dévouement pour la justice sont les seules armes du futur par lequel ils retrouveront dignité et fierté. Les erreurs du passé doivent être les leçons de demain. « En vérité, Dieu ne modifie point l'état d'un peuple tant que les hommes qui le composent n'auront pas modifié ce qui est en eux mêmes » (S13,V13).
Chaque musulman doit faire preuve d'exemplarité dans sa foi, son comportement et son caractère. L'Islam doit être désiré et non imposé. La paix entre les peuples doit être notre objectif premier dans notre quête de l'unification. L'U.E.M doit être un refuge pour ceux qui aimes la liberté. Elle doit être refuge, pour les oppressés, sans aucune distinction que se soit… et elle doit être un rempare contre l'injustice de ceux qui exploitent les plus faibles dans tous les domaines social, économique… L'espoir naîtra lorsque les musulmans auront la conviction intime que notre salut passe par la voie qu'Allah nous a indiqué à travers l'ultime Prophète Muhammad (sav). « Et cramponnez vous tous ensemble à l'Anse de Dieu et ne soyez pas divisés » S3,V103. Il faut que l'altruisme de chaque musulman détrône et prime sur l'individualisme et l'égoïsme qui rongent nos cœurs et nos espoirs. « Ne vous jalousez pas, n'enchérissez pas les uns sur les autres, ne vous haïssez pas, et n'agissez pas avec perversité les uns à l'égard des autres, ne concluez pas d'achats au détriment les uns des autres. Soyez, ô serviteurs de Dieu, tous frères ; le musulman est frère du musulman, il ne l'opprime pas, ni ne l'abandonne, et il ne lui ment pas, ni ne le méprise. La crainte de Dieu est ici », et il dit ceci en montrant trois fois son Cœur… » (hadith : Abu Hurayra).
R.A
http://laparoledujeunemusulman.blogspot.com/
http://espritlibre.blogs.courrierinternational.com/
à Muslim
De Gina Grimont
12H06 | 01/08/2008 |
La notion de pays musulmans me gênent, ce sont des pays arabes peuplés d'arabes et non de musulmans. parler de pays et de gens par religion interposée me parait malsain. La croyance en Dieu doit rester de l'ordre de l'intime, vous faîtes donc de l'islam un outil politique et idéologique qui selon vous peut vous amener à plus de démocratie et d'égalité. Ce genre de valeurs ne peut passer par une entité irrationnelle appelé Dieu, c'est pourquoi la loi de 1905 appliquée en France est une des lois les plus intelligentes pour l'émancipation de l'humanité.
Heureusement qu'il y a des gens en Turquie qui se battent pour que ce pays deviennent réellement laïque.
Je ne suis ni de droite ni réactionnaire mais si aujourd'hui, il y avait un référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'europe, je crois que je voterais non. Le poids de cet islam politique y est trop puissant.
J'espére que Rue 89 nous fera bientôt un article sur cette question.
à Muslim
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 16H45 | 01/08/2008 |
Muslim,
Je réitère le post que j'ai placé dans l'article suivant : quitte à faire de très longs commentaires, j'apprécierai à l'avenir qu'ils soient sur le sujet de l'article et non pas qu'ils se résument à des copié / collé de votre blog,
Bonne fin de journée, Marie