
Et si Washington reconnaissait le génocide arménien ?
L'euphorie de la victoire n'aura pas duré très longtemps au sein de l'AKP, après sa victoire à l'Assemblée nationale et la désignation d »Abdullah Gül à la fonction présidentielle cet été.
Le projet de réforme de la Constitution s'est enlisé sur un débat, passionné mais stérile, sur le port du voile à l'Université et n'aborde que timidement les réformes sur la liberté d'expression, les libertés religieuses…
Les violences dans le Sud-Est kurde anatolien, en recrudescence depuis plusieurs mois, ont pris ce week-end un tour dramatique avec la mort de quinze soldats au cours d'attaques menées par le PKK. Le plus lourd bilan depuis 1995.
Mais la tension va monter d'un sérieux cran mercredi 10 octobre lorsque sera présentée à Washington par la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants une résolution pour la reconnaissance du caractère génocidaire des massacres d'Arméniens entre 1915 et 1917. Si cette résolution est discutée puis adoptée par le Chambre des représentants, elle sera soumise au vote en Chambre plénière du Congrès des Etats-Unis dans les semaines ou les mois à venir.
La Turquie ne reconnait en effet pas le caractère systématique et organisé des massacres, condition pour la qualification de génocide, mais considère que les Arméniens ont été victimes, ainsi que les Turcs, du chaos qui a résulté de l'effondrement de l'empire ottoman.
Ce n'est pas l'avis des démocrates américains, qui ont porté cette résolution et mettent en avant leur volonté de reconnaître les souffrances des victimes arméniennes.
Cette action de la Commission a suscité et suscite une intense activité diplomatique.
Aux Etats-Unis, huit anciens secrétaires d'Etat, dont Colin Powell et Madeleine Albright ont appelé Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, à ne pas mettre cette résolution à l'ordre du jour. Ils soulignent l'importance du partenariat privilégié avec la Turquie, membre de l'Otan et allié régional important sur les conflits irakiens et afghans. Mais la résolution a déjà été signée par 225 représentants et a reçu le soutien de personnalités démocrates telles Hillary Clinton. Le président Bush s'est opposé à cette résolution. Mais ira-t-il jusqu'à mettre son veto si elle est adoptée par les deux Chambres ? En Turquie, le gouvernement, le Premier ministre Recep Tayip Erdogan en tête, a multiplié actions de lobbying, déplacements et avertissements sur la forte dégradation des relations entre les deux pays. Ce week-end, c'est le président de l'Assemblée nationale turque qui mettait en garde Washington. Mais avec peu de chances d'aboutir.
Si, mercredi, cette résolution est adoptée, le gouvernement AKP aura deux options, que détaillait Mehmet Ali Birand, éditorialiste connu, dans un article du Turkish Daily News publié le 25 août dernier.
La première est de changer radicalement de politique, c'est-à-dire « d'établir des relations diplomatiques avec l'Arménie et ouvrir les frontières entre les deux pays et d'avancer à partir de là. La seconde est accepter qu'on ne peut pas changer et en souffrir les conséquences : être isolé sur la scène internationale et vivre avec l'étiquette d'un génocide ».
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De
16H39 | 09/10/2007 |
Et avec un peu de chances les Turques reconnaîtront le génocide des amérindiens.
Le génocide des arméniens est une atrocité, mais quel est le sens d'une reconnaissance politique ?
On sait que l'histoire est écrite par les vainqueurs, mais de là à donner aux politiques le droit de reconnaitre un fait historique à la place des historiens …
(J'éspères ne pas heurter des victimes de ce génocide par ces propos, je conteste juste les méthodes employés pour utiliser ce drame à des fins politiques)
De
17H39 | 09/10/2007 |
Les hommes politiques doivent ils écrire l'histoire ? Quelle question et que de certitude dans toutes ces réponses négatives. Il convient en premier lieu de s'interroger sur le rôle de l'homme politique et, en second lieu, sur le sens d'un génocide.
Le rôle de l'homme politique est évidemment de contribuer à l'amélioration des règles qui régissent la vie des hommes. S'il n'en reste pas moins un homme faillible avec ses turpitudes, c'est vers cette excellence qu'il doit tendre. Dès lors, il lui appartient de dénoncer les comportements contraire à la vie sociale, au premier rang desquels figure le génocide, quels qu'en soient les victimes. Reconnaître légalement un génocide ce n'est pas condamner ou jeter l'opprobre sur un peuple dont les dirigeants furent génocidaire, c'est crier à la face du monde que jamais nous n'accepterons qu'un peuple soit systématiquement exterminé en raison de sa race ou de sa religion. Reconnaître un génocide c'est défendre l'idée selon laquelle les hommes naissent libres et égaux en droit.
Reconnaitre un génocide c'est également reconnaître la souffrance des victimes et apaiser les survivants et leurs descendants. Oui leurs descendants, car le traumatisme du génocide se transmet. Même près d'un siècle plus tard certains cherchent une explication rationnelle à une extermination qui n'est autre que la négation de l'humanité.
Le génocide n'est pas un crime comme les autres, il ne peut être simplement rangé dans la catégorie des crimes odieux. Il est avant tout la négation de l'humanité de l'homme, de son sens moral, de son libre arbitre.
Aucune démocratie ne peut l'accepter. Seule reste alors les sempiternelles questions de savoir si tel génocide est bien une génocide ou si la reconnaissance de tel génocide doit être privilégiée à la reconnaissance de tel autre génocide. Sur la seconde question, la réponse est évidente : aucun génocide ne prime sur les autres. Reconnaître un génocide (celui des juifs, celui des arméniens, celui des amérindiens et tellement d'autres que j'oublie) c'est aider à la reconnaissance de tous les génocides. Oui il faut légalement reconnaître le génocide arménien car c'est la voie vers la reconnaissance des autres génocides. Le génocide juif n'a pas été le premier génocide mais sa reconnaissance a permis à l'humanité de prendre conscience de l'horreur de ce crime inhumain. Sur la première question, je ne peut que constater que le débat historique n'est pas réel. Oui il y a eu une volonté systématique d'extermination et aucun historien ne la remet en cause. Evidemment, des négationnistes de tout bord le conteste, comme ils contestent, d'une manière générale, tous les génocides.
Poser le débat sur le plan historique c'est donner raison aux négationnistes, à ceux qui, fondamentalement, nie le concept même de génocide. Je crois trop en l'homme pour ne pas le savoir capable du pire en étant capable d'en tirer les leçons qui le feront avancer sur le chemin de l'humanisme et de la liberté.
De Borderie
18H12 | 09/10/2007 |
Sujet sensible, certes… Génocide (ne parlons que des Arméniens, par mesure de prudence) : pour une communauté rayée de la planète (voir l'étymologie de « génocide »…), la communauté arménienne semble s'en être pas mal tirée… Je pense que l'utilisation du mot « massacres » correspond beaucoup mieux à ce type d'événement historique.
à Borderie
De
18H42 | 09/10/2007 |
c'est tres bete comme reflexion ! il y a bien encore des juifs sur terre ; allez vous pourtant nier qu'il y ait eu genocide par les nazis ? le genocide n'est pas la finalité de l'extermination, mais la volonté et les moyens mis en place par un groupe, un Etat.
De
17H45 | 10/10/2007 |
Au moins 90 % des Polonais juifs ont péri assassinés par les nazis. Tous les Juifs de Serbie ont connu le même sort. Le pourcentage de survivants arméniens dans n'importe quelle province de l'est anatolien est bien supérieur, et tant mieux d'ailleurs.
Les Arméniens d'Istanbul (jusqu'à 160 000 personnes), de Smyrne (13 000), d'Alep (25 000), de Marach (6 000), la majorité des Arméniens fonctionnaires, un bon nombre d'Arméniens de confession catholique ou protestantes… n'ont pas été concernés par les déportations. Ce seul fait suffirait à prouver qu'il n'y a pas eu génocide mais autre chose, quelque chose d'horrible, d'atroce, à n'en pas douter, mais non génocidaire.
De Alain Colbert
18H42 | 11/10/2007 |
Les Arméniens d'istanbul ont été protégés par la présence d'observateurs étrangers (notamment les alliés allemands qui auraient désapprouvé une telle guerre intérieure). Beaucoup d'Arméniens ont eu la vie sauve parce qu'ils ont fui la Turquie. C'est pour cela qu'il ya une diaspora arménienne inportante.
à Borderie
De
20H20 | 09/10/2007 |
A l'époque ou ces évènements se sont déroulés , le terme « génocide » n'existait pas , il l'a été , en 1944 , pour qualifier ce que les nazis ont fait subir au peuple juif…..
Ce terme signifie la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique , et se prête donc bien à ce qu'ont subi les arméniens de l'Empire Ottoman ….même si cela a l'air de vous déranger , il s'agit là bien d'un génocide et non d'un massacre…d'ailleurs , ceci est reconnu pas les instances juridiques internationales dépendant de l'ONU , de même que la Shoa et le génocide du Rwanda.
Quand à dire , je vous cite »…pour une communauté rayée de la planète , la communauté arménienne semble s'en être pas mal tirée… » , cela me laisse sans voix , carrement dégoutée par ce cynisme à la limite du négationnisme…abject quoi !
De
21H58 | 09/10/2007 |
Pour qu'il y ait génocide, et reconnaissance du génocide, et repentance (indispensable la repentance…), il faut qu'existe un puissant groupe de pression. Dès que la communauté cambodgienne représentera un lobby suffisamment influent, gageons que l'Assemblée Nationale votera à la majoité absolue la « Reconnaissance du génocide perpétré par les Khmers Rouges entre 1975 et 1979 », et l'incontournable « Journée nationale de la commémoration dudit génocide »…
De
23H53 | 09/10/2007 |
tous le monde est d'accord, y a juste les chinois qui coincent.
De
22H18 | 09/10/2007 |
Je confirme, pour y appartenir, que la diaspora arménienne se porte bien, et que même chez nous, nombreux sont ceux qui pensent que cette page devrait être tournée. A quoi sert cette compétition victimaire ? A des politiques comme M. Devedjian, qui en ont fait un fonds de commerce, comme d'autres ont dragué il y a trente ans l'électorat pied-noir.
De Marie Antide (auteur)
Cadre en entreprise | 22H38 | 09/10/2007 |
Merci pour votre témoignage,
Marie
De
22H20 | 09/10/2007 |
C'est donc une sorte de rétroactivité des termes ? C'est assez commode…
à Borderie
De
21H23 | 09/10/2007 |
L'éthymologie au service du négationnaisme ! Il fallait y penser…
C'est vrai, ça. Ce n'était pas un vrai bon génocide puisque certains ont pu en réchapper ! Non seulement ils ne sont pas tous morts, mais en plus certains « s'en sont bien tirés ». Alors ils vont pas en plus se plaindre !
Je rappelle à la bonne âme derrière ces quelques lignes qu'un génocide se caractérise par la volonté d'organiser de manière systématiquement l'extermination d'une population en fonction d'une appartenance ethnique, religieuse… et pas nécessairement d'y parvenir.
De
06H25 | 10/10/2007 |
Alors, à vous entendre, je suis moi-même, en tant que Protestant, le représentant d'une communauté victime d'un « génocide » ? Dois-je demander des réparations financières, me joindre au choeur de la « pleurniche internationale », faire des procès chaque fois que je soupçonne une intention malveillante à l'égard de ceux de ma communauté ? J'ajouterai que je suis doublement victime : originaire de l'Aude (de Saint-Papoul plus précisemment), mes ancêtres ont été « génocidés » lors de la Croisade contre les Albigeois. Devrais-je à ce titre réclamer des dommages et intérêt à l'Etat français… exiger la restitution des biens qui leur ont été certainement confisqués au XIII° siècle ? Après le lobby juif, le lobby arménien, organisons le lobby parpaillot et le lobby cathare ! ! ! Tout cela est grotesque, ne vous en déplaise.
De Thierry75
06H38 | 10/10/2007 |
Un puissant groupe de pression cathare, l'idée est excellente ! Mais fera-t-il le poids, cher voisin (je suis né à Bellegarde-du-Razès ! ), face aux lobbies mieux organisés tels que ceux que vous citez ? … J'en doute…
De
10H14 | 11/10/2007 |
le grotesque, c'est vous, regardez vous dans un miroir
De
06H30 | 10/10/2007 |
Alors, à vous entendre, je suis moi-même, en tant que Protestant, le représentant d'une communauté victime d'un « génocide » ? Dois-je demander des réparations financières, me joindre au choeur de la « pleurniche internationale », faire des procès chaque fois que je soupçonne une intention malveillante à l'égard de ceux de ma communauté ? J'ajouterai que je suis doublement victime : originaire de l'Aude (de Saint-Papoul plus précisemment), mes ancêtres ont été « génocidés » lors de la Croisade contre les Albigeois. Devrais-je à ce titre réclamer des dommages et intérêt à l'Etat français… exiger la restitution des biens qui leur ont été certainement confisqués au XIII° siècle ? Après le lobby juif, le lobby arménien, organisons le lobby parpaillot et le lobby cathare ! ! ! Tout cela est grotesque, ne vous en déplaise.
De
10H20 | 11/10/2007 |
déplaisant, on attend nananère…
mais c'est un mode de vie, et je ne vous l'envie pas.
à Borderie
De
21H48 | 09/10/2007 |
Les Turcs sont certainement moins niais que bien d'autres… Ils se doutent qu'en cas de reconnaissance de ce « génocide », viendront ensuite les demandes de compensations financières, indispensables comme chacun sait pour mener à terme le « travail de deuil » de pauvres gens massacrés il y a quatre-vingt dix ans…
De Marie Antide (auteur)
Cadre en entreprise | 22H46 | 09/10/2007 |
Cette exigence sur les compensations ne viendrait pas de l'Etat arménien, autant que je sache. Les pourparlers en ce moment tournent plutôt autour de l'ouverture de la frontière et du statut du Nagorno Karabakh.
Marie
De
10H01 | 10/10/2007 |
et aussi il faudra que les Turcs s'oocupent de Chypre… non ils ne sont pas niais : ils ont torts et ils le savent.
à Borderie
De
23H17 | 09/10/2007 |
« pour une communauté rayée de la planète (voir l'étymologie de “génocide”…), la communauté arménienne semble s'en être pas mal tirée… “
Comme dit l'intervenant suivant, c'est très bête comme remarque, mais admettons la perspective que vous adoptez. Comptons alors le nombre d'Arméniens qui vivent aujourd'hui sur leur terres ancestrales…
Si je prend le confetti qu'est la République d'Arménie arrachée aux outrages des temps et au naufrage national, on trouve 3 Millions d'Arméniens 90 ans après les faits…
Si 90 ans après les faits, on ne trouve que 3 millions de personnes, vous pouvez déduire combien il y en avait en 1915, je veux dire que vous pouvez déduire l'importance du nombre des ceux qui au sortir de 1915 ont effectivement réussi à échapper à la mort et effecivement trouvé refuge à l'Est dans ce qui allait devenir le Confetti : tout au plus quelques centaines de mille (desquels vous retrancherez les centaines de cents, qui habitaient déjà là.)
Ca fait peu de rescapés. En outre, un Confetti excentré aux confins caucasiens et quelques centaines d'orphelins bouseux et misérables, pour reconstituer un pays et continuer la vie d'une nation, c'est moche.
Les terres du coeur de l'Arménie se trouvent toutes pour l'essentiel en Turquie. Notamment l'Est de la Turquie aujourd'hui uniquement peuplées de Kurdes et de Turcs.
Dans ces régions vous ne trouverez aucun Arménien. C'est pourtant là l'Arménie, l'essentiel de l'Arménie, autrement dit, l'essentiel vidée de l'essentiel : son peuplement. C'est l'Arménie vidée de tous ses Arméniens.
Autrement c'est là l'Arménie morte, dont vous cherchez le cadavre sans voir qu'il est sous votre nez quand vous vous mouchez ou que vos enfants se promènent du côté de Mouch ou de Van, pendant leurs vacances d'été.
Je suis l'enfant de rescapés de ces zones dépeuplées de leurs pères. Je suis l'enfant de ces terres dépeuplées de moi-même.
Ils étaient quelques centaines de milles qui ont échoué à Paris, New York ou Sao Paulo, et là où ils se sont trouvés, ils ont fait des enfants comme moi. Mais si des comme moi il y en a 3 Millions à travers le monde, qu'on appelle la diaspora, à tort ou à raison, sans jamais quiconque pour aller voir ce que cela recouvre de vérité ou de mensonge… donc disais-je, c'est bien qu'ils n'étaient pas si nombreux que ça les rescapés de 1915 qui ont réussi à fuir à l'Ouest ! ! ! Car en 90 ans aboutir à 3M , c'est qu'on est parti d'à peine 1M de survivants.
En 1915, le peuple arménien a perdu les 2/3 de sa population. Le tiers restant a été dispersé comme de la vulgaire volaille : un peu moins de la moitié du tiers disons dans le Confetti, l'autre bonne moitié disons dans le reste du monde.
Si ce n'est pas une belle réussite, cher monsieur, mais qu'est-ce que c'est ! ? Une belle réussite criminelle je veux dire, une belle réussite en terme de génocide, si l'on considère que le but d'un génocide est bien de faire disparaître un ensemble, une entité, une collectivité, une histoire, un devenir, à travers l'élimination des membres. Alors que quelques un réchappent, quelle importance ? On s'en fout. Ce qui compte c'est que l'ensemble en tant qu'ensemble, en tant que mémoire, et corps vivant, en tant que promesse, langue, langage et rires et sueurs, disparaisse à jamais.
Je milite pour la reconnaissance du génocide de mes pères, après mon père.
Je le fais pour lui, ce père, cet homme que j'ai aimé, dont enfant j'ai compris la fragilité. Supporté la fragilité. Endossé la fragilité. Un survivant qui s'est acharné à survivre en s'imaginant que ses enfants allaient faire revivre ses rêves d'Arménie retrouvée…
Or on ne retrouve jamais que ce que l'on a … perdu. Etait-ce à moi de le lui dire ? Qu'en savais-je donc quand j'avais 5 ans ? D'ailleurs fallait-il seulement lui dire ?
Ce qui est perdu ne se retrouve donc jamais. En tous les cas, jamais à l'identique. On est jamais après comme on était avant. Je crois que mon père l'a toujours su, mais il a toujours feint de l'ignorer. Mais jusque dans cette illusion, il aura eu raison. Il aura montré son grand coeur et la grandeur de son sang. Il faut savoir se battre. On n'est pas des chiens. (Quoi que les hommes n'arrivent souvent même pas la hauteur du chien…)
Mais je le fais aussi pour moi, pour ma propre dignité et celle de l'enfant qui naîtra de mon ventre, Arménien ou pas, pour qu'il ne soit pas dit que sa mère était lâche et sans âme.
Et je le fais pour Vous. Pour qu'il ne soit pas dit que vous êtes lâches et sans âme.
Et sans doute enfin de compte, pour les Turcs pour qu'il ne soit pas dit qu'ils sont condamnés à rester lâches et sans âme.
Pour les Tutsis, les indiens d'Amérique, les noirs, les jaunes, les blancs … mon tribut à la lutte contre le crime et la haine généralisée, contre l'exploitation et le mensonge,
Pour l'Humanité, mon tribut à la vérité, à l'honneur, et à la justice.
Alors à tous ceux qui comme vous ne savent pas de quoi ils parlent je dis qu'ils feraient mieux de se taire et d'apprendre.
Oui en 1915 un peuple est mort, une nation est morte. Oui il reste un reliquat qui d'ailleurs n'est pas assuré de demeurer.
Non ceux qui d'Amérique, de Boston ou de Paris (la soit-disant diaspora) croient qu'ils sont encore Arméniens, parlent, posent, mangent des dolmas, apprennent des récitations, militent pour la reconnaissance du génocide ou du Karabagh, non ces gens là ne sont pas a proprement parler Arméniens. En tant qu'Arméniens, ils et leur parents avant eux, sont passés dans la trappe de la fosse et s'ils sont aujourd'=hui ‘quelque chose’, ils sont le ‘quelque chose’ du pays où ils vivent. Ils sont le pays qui les a vu naître, et leur culture est désormais celle de leur Nation adoptive.
En cela oui les Turcs ont bel et bien réussi leur coup (& entre nous soit dit, bien mieux que ces gros ballourds d'Allemands qui tout à leur folle illusion de supériorité raciale, se sont fait piquer la main dans le sac et le sac dans la poche.) Les Turcs bien plus subtils quoique moins raisonneurs, et bien plus prudents quoique très audacieux, après avoir pris soin de faire disparaitre le Corps, sont en passe de faire disparaitre le Crime lui-même.
Circulez il n'y a rien à VOIR puisqu'il n'y a RIEN à voir.
Alors cher ami comptable, ayant tenté de satisfaire à vos attentes arithmétiques, souffrez que je vous laisse à vos considérations. Espérant ne pas vous avoir gâché l'appetit. Cordialement, etc…
De
04H49 | 10/10/2007 |
Bien entendu, ce que vous écrivez est la vérité, mon père était gendarme en Cilicie en 1919 dans la zone d'occupation Française.
Il est ensuite passé en Syrie avec Gouraud, au moment du retrait des troupes Françaises.
Ce qui s'est passé là-bas défie l'imagination.
Le problème des Arméniens, c'est que de nos jours, le mot génocide implique un schéma mental de la deuxième guerre mondiale : chambres à gaz, crématoires etc…
Comme si le fait de faire partir à pied, sans eau, sans vivres, sur des centaines de kilomètres d'un désert impitoyable, à grand renfort de massacres par les pillards kurdes, tout un peuple d'hommes de femmes et d'enfants ne revenait pas au même.
Oui, il serait grand temps que les Turcs reconnaissent ce que Mustafa Kémal lui-même qualifiait de tragédie, mais que son nationalisme empechait de reconnaitre.
Alviano
De
06H53 | 10/10/2007 |
Quel pathos ! ! ! « Je suis l'enfant de rescapés de ces zones dépeuplées de leurs pères. Je suis l'enfant de ces terres dépeuplées de moi-même. » Toujours ces poncifs, ces phrases prétentieuses et incantatoires… interchangeables…
De
08H57 | 10/10/2007 |
C'est un très beau texte qui explique vraiment bien la situtation.
Les arméniens aujourd'hui éparpillés dans le monde entier risquent de s'assimiler aux différentes nations dans lesquelles ils vivent. Mais notre force est justement de pouvoir s'intégrer et de pouvoir vivre avec cette double identité sans jamais réellement s'assimiler, ce qui donnerait la victoire aux TURCS, HORS DE L'UNION.
De
08H54 | 10/10/2007 |
C'est un très beau texte qui explique vraiment bien la situtation.
Les arméniens aujourd'hui éparpillés dans le monde entier risquent de s'assimiler aux différentes nations dans lesquelles ils vivent. Mais notre force est justement de pouvoir s'intégrer et de pouvoir vivre avec cette double identité sans jamais réellement s'assimiler, ce qui donnerait la victoire aux TURCS, HORS DE L'UNION.
De
08H58 | 10/10/2007 |
C'est un très beau texte qui explique vraiment bien la situtation.
Les arméniens aujourd'hui éparpillés dans le monde entier risquent de s'assimiler aux différentes nations dans lesquelles ils vivent. Mais notre force est justement de pouvoir s'intégrer et de pouvoir vivre avec cette double identité sans jamais réellement s'assimiler, ce qui donnerait la victoire aux TURCS, HORS DE L'UNION.
De
09H33 | 11/10/2007 |
je ne comprend pas le courageux anonyme,
certains envisagent d'inviter la Turquie en Europe, mais la Turquie refuse l'un des membre de l'union, la Turquie tolérante, celle où cohabitaient des communautés multiples n'est plus. Je me demande même s'il existe un pays de plus de 5 millions d'habitants en Europe aussi mono-religieux, avec des variantes soit, mais… un pays où les assassinats de la minuscule minorité continuent aujourd'hui même. Alors, laissons faire les historiens mais exigeons comme préalable la reconnaissance de Chypre et de tous les génocides qui ont conduit à la quasi disparition des chrétiens de Turquie, Arménient, Assyro-chaldéens… C'est un service à rendre aux turcs eux-mêmes.
De
08H12 | 10/10/2007 |
cest sur, et comme c'est dit dans l'article si les intérêts économiques et stratégiques n'était pas dans la balance les états unis auraient depuis longtemps reconnus légalement le génocide arménien.
La question est peut être plus profonde, pourquoi aucune nation n'est intervenu pour défendre les arméniens à l'époque du génocide ? par convoitise ? par alliance ?
De Gwillhem
15H43 | 10/10/2007 |
c'etait la 1ere guerre mondiale ! ! ! DUH ! !
Tt le monde etait bien trop occupe a defonce les allemands puis les turques (les francais, les anglais, les italiens, les russes et les tt nouveau grecques voulaient tous un ptit bout de l'empire, normal)
Mais just for the record :
les turques ont autorise l'equivalent americain de la croix rouge de l'epoque pour qu'ils soignent et s'occupent des armeniens qui avaient survecut a l'exode… [sarcasm]Ils sont vraiment cons ces turques, pour faire un vrai genocide digne de ce nom, ils auraient du commencer par ceux habitant Istanbul et ils n'auraient jamais du accepter qu'une aide etrangere s'occupe des survivants[/sarcasm]