Adhésion de la Turquie à l'UE: les mensonges de l'UMP

Nicolas Sarkozy l’avait annoncé dans son dernier débat télévisé : « La Turquie n’entrera pas dans l’Union européenne tant que je serai président de la République. Certains députés de sa majorité, emmenés par Frédéric Lefebvre et Patrick Devedjian, se sont donc inquiétés de l' »après-Sarkozy. Il faut dire que le projet de réforme de la constitution prévoit de supprimer l'obligation d'organiser un référendum pour valider l'entrée d'un nouveau pays dans l'UE, mise en place par Jacques Chirac.

Ils ont donc cherché un artifice pour maintenir ce dispositif, pour les pays dont la très importante population peut changer la nature même de l’Union européenne et en modifier les équilibres dans les différentes institutions. Le 29 mai, les députés ont adopté par 48 voix contre 21 un amendement, porté par Richard Mallié (député UMP des Bouches-du-Rhône), porte-parole des 43 signataires, qui rend obligatoire le référendum pour l’entrée dans l’Union Européenne d’un pays représentant plus de 5% de la population totale.

L’adoption de cet amendement a provoqué de vives réactions à droite comme à gauche. Si Rachida Dati s’est montrée favorable à cette adoption, reflétant ainsi la position de l’Elysée, des voix au sein même de l’UMP ont exprimé leur réprobation.

La plus remarquée fut sans doute celle de Bruno Le Maire (député UMP de l'Eure) qui a estimé que les principes d’universalité de la Constitution étaient remis en cause par une disposition ne visant qu’un seul pays, qu’il a jugé choquante.

Une pétition sur le site de l'UMP qui oublie le traité de Lisbonne

Je trouve aussi cet amendement choquant. Mais il n’y a pas que cela. Il y a peu, l’UMP a mis en ligne une pétition pour un oui au référendum obligatoire dans l’espoir de collecter un nombre suffisamment important de signatures pour influencer les discussions au Sénat qui doivent débuter le 17 juin. Le corps de l’argumentaire est le suivant :

Le nombre de sièges accordés à chaque Etat au Parlement européen varie notamment en fonction de sa population. Aujourd’hui, l’Allemagne dispose de 99 sièges contre 78 pour la France, 54 pour la Pologne ou encore 6 pour le Luxembourg. Si un pays comme la Russie ou la Turquie entrait dans l’Union, elle obtiendrait, pour la Russie environ 171 sièges ou pour la Turquie 85 sièges.

La population sert aussi de critère pour définir le nombre de voix d’un Etat au sein du Conseil de l’Union européenne. Si la France dispose aujourd’hui de 29 voix, la Russie en obtiendrait 64 et la Turquie 31.

Il est donc fait état de ce que la Turquie ou la Russie auraient davantage de poids au Parlement et au Conseil que la France ou l’Allemagne si elles devenaient membre à part entière de l’Union.

C’est faux et cette vision est étayée par des arguments biaisés et fallacieux :

  1. La candidature de la Russie n’a jamais été à l’ordre du jour et ne sert ici qu’à noyer la farouche opposition de certains membres de l’UMP à l’entrée de la Turquie dans l’Union.
  2. Le traité de Lisbonne, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2009, stipule que :
  • Le nombre maximum des députés européens est porté à 751, avec un minimum de 6 sièges et un maximum de 96 sièges par Etat membre, quelque soit sa population. Le chiffre de 751 inclut un élargissement, celui de la Croatie. Si la Turquie adhère à l’Union, le nombre de députés sera augmenté de sa quote-part, qui ne pourra en aucun cas dépasser les 96 députés.
  • La pondération des voix au sein du Conseil de l’Union de la Turquie serait de 29 voix, comme celle de la France, comme celle des autres grands pays.

Cette pétition trouvera-t-elle un écho chez les sénateurs ? Certains auraient trouvé très complexe le dispositif mis en place dans le cadre d’un référendum obligatoire sur l’adhésion de la Turquie, ce qui serait annonciateur de leur opposition à cet amendement. L'adhésion éventuelle de la Turquie sème décidément la confusion au sein de la majorité.

Addendum le 11/06/2008 à 17h30. La commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, saisie pour avis sur la réforme des institutions, a supprimé mercredi l'amendement adopté par les députés rendant obligatoire un référendum pour l'adhésion de la Turquie à l’UE. La Commission précise, dans un communiqué, que le dispositif proposé par l'Assemblée nationale (...) pourrait paraître dirigé contre un Etat ami et allié de la France, en l'occurrence la Turquie et était « susceptible de porter un grave préjudice aux relations diplomatiques entre la France et ce pays ».


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Par thierry reboud
13H54    08/06/2008

Qu’on soit pour ou contre l’entrée de la Turquie, il me semble pourtant bien que Marie Antide met le doigt où ça fait mal à droite, c’est-à-dire sur l’accumulation de contorsions destinées à habiller un refus qui n’ose pas vraiment s’affirmer pour ce qu’il est.
En effet, je ne sache pas que la Russie ait si peu que ce soit manifesté son désir de rejoindre l’Union européenne, pas. L’invocation d’une très éventuelle candidature de la Russie n’est guère plus qu’un tour de passe-passe rhétorique.

Toutefois, Marie Antide, vous allez un peu vite en besogne : il me semble que le Traité de Lisbonne n’est pas encore entré en vigueur puisqu’il est, jusqu’au 12 juin, suspendu au résultat du referendum irlandais. Sur le deuxième point, donc, si le Traité de Lisbonne devait être retoqué en Irlande, ne serait-ce pas plutôt le Traité de Nice qui s’appliquerait pour le calcul du nombre de députés et sur la pondération es voix au sein du Conseil de l’Union ? Qu’en serait-il dans cette hypothèse ?

 
Par Fladjo
14H47    08/06/2008

Il faut dire en soi que cela n’est pas étonnant.

D’une part, ceux qui ont voté pour Sarkozy parce qu’il a dit qu’il empecherait la Turquie de faire partie de l’union européenne sont assez stupides… Les processus d’adhesion étaient déjà lancés… La turquie fait déjà partie du conseil de sécurité. Elle entrera quoi que vous en pensiez, c’est simplement une question de temps…

D’autre part, les français font certes la loi dans leur pays mais d’une manière très pacifiste : Ils votent. Et une fois que l’on vote, on désigne des élus qui sont là pour nous représenter. Alors un référendum c’est bien joli et ça fait plaisir, mais en soi ça n’a rien de plus démocratique que de voter pour nos élus. Et puis après, un référendum ça donne une idée de l’opinion des français… Mais Mitterand n’aurait jamais aboli la peine de mort s’il avait suivi l’opinion des français. Il y a certaines décisions qu’il faut savoir prendre sans forcément tenir compte de l’avis de la population car parfois elle est bien arrêtée sur ses idées…

Et puis quoi ? Pourquoi la Turquie n’entrerait pas dans l’union européenne ? Elle fait géographiquement partie de l’Europe… Bien plus que nos dom-tom… Elle a certe une forte population paysanne (35% de la population active) mais ce nombre baisse et on a bien fait entrer des pays de l’est qui ont le même schéma économique et en pire…

Oui, la Turquie a une autre culture… Mais l’Europe n’est elle pas riche de tout ce mélange des cultures et des religions ? L’Europe n’est pas une entité chrétienne et une communauté de blancs à ce que je sache. Bien au contraire. Et culturelement, je ne me sens pas plus polonais que turc ou encore italien ou espagnol… Alors la fausse excuse de la barrière culturelle, c’est une manière un peu bidon de cacher que l’on est raciste.

Je ne vois pas non plus où est le problème de leur religion… De toute manière il y a deja des millions de musulman en Europe. C’est une fausse peur que de croire que la religion musulmane va nous envahir, ou encore croire que les Turc vont soudainement vouloir nous envahir ou poser des bombes. Enfin faut arrêter d’être stupide. La Turquie a beaucoup à nous apporter et rien à nous enlever. L’europe est aussi là pour aider les pays à se développer et à appliquer les droits de l’homme. Et la Turquie fait à ce niveau là, bien plus d’effort que bien des pays…

Tout ce que cela peut nous apporter, c’est un poids au niveau mondial toujours plus important et une économie de plus en plus puissante.

Enfin quoi qu’il en soit, la Turquie sera européenne… C’est ainsi et pas autrement. Donc pas la même d’hurler ou de se plaindre… Il est bien trop tard.

 
Par Mon-Al
15H28    08/06/2008

Pour la simple raison que vers les années 2020, la Turquie si elle continue sa progresssion démographique sera peuplée de 100 millions d’habitants, alors que le reste de l’Europe, avec la Croatie et même avec la Serbie, voire la Bosnie, ne dépassera pas 400 millions… Comment diluer 100 m d’ha dans 400 ? Ce ne sera pas une adhésion mais une absorption !!! Et quand on sait que les cultures sont absolument différentes - et je ne parle pas là de la religion - quid de l’UE ? Quid des valeurs occidentales ? Quant à avoir des frontières communes avec l’Irak, l’Iran et d’autres républiques ex-soviétiques, non vraiment, çà ne le fait vraiment pas !!!

 
Par Laurent-Weppe
19H25    08/06/2008

Quels sont donc les arguments invoqués par ceux qui ne veulent pas de la Turquie dans l’UE:

1. L’argument Russe.
Outre le fait qu’effectivement, l’entrée de la Russie n’est pas à l’ordre du jour, il faut aussi rappeler qu’avec pratiquement 100 subdivisions de son territoire et une surface de 17.075.000 kilomètres carrés (à titre de comparaison la surface de l’UE est de 4.325.000 kilomètres carrés) la Russie est déjà un État continent et n’est tout simplement pas à la bonne échelle pour être intégrée à l’UE.

2. L’argument „géographique“
Voilà l’une des plus belles tartes à la crême du cas Turc: on accuse la Turquie de ne pas être „géographiquement“ en Europe.
Premièrement, il faudra m’expliquer comment une île au large de l’Afrique comme Malte ou une autre île située entre la Turquie et le Liban comme Chypre font dans l’UE. Les îles ont droit à une dérogation, peut-être? Il faudra alors étudier sérieusement le cas de la candidature Malgache…
Plus sérieusement, il est postulé que la péninsule anatolienne n’aurait „jamais fait partie de l’Europe“. Le géographe que je suis a un peu de mal à avaler ce genre de déclaration d’autorité. Je passerai sur le fait que l’anatolie compte nombre de villes datant des époques grecques et romaines, que les romains qui plaçaient par habitude l’Anatolie en Asie étaient de très mauvais cartographes, qu’une bonne part de cette péninsule fut revendiqué par la Grèce jusqu’au XXème siècle… Les mêmes qui vantent l’héritage gréco-romain de l’Europe tendent à décréter que l’Anatolie n’en fait pas partie.
La chose la plus importante dans l’histoire, c’est que l’Europe n’est PAS un continent. On emploie le terme de continent pour la définir, par habitude, mais scientifiquement parlant, l’Europe n’est pas un continent, c’est un sous-continent, situé à l’extrémité occidentale de l’Asie. Et c’est là que cela change tout:
Quelqu’un peu me dire où se situent les frontières „naturelles“ du sous-continent Indien? Le long de l’Indus (mais alors l’Union Indienne déborde de ses „frontières naturelles“), le long de la frontière avec le Pakistan? Le long de la frontière Afghanne, voire Irannienne (il y a des Indiens pour l’affirner) Et le Cachemire, est-ce une région „géographiquement“ incluse au sous-continent indien ou pas? Qu’en est-il de l’Himalaya? On place une partie de l’Himalaya dans le sous-continent, et une partie en dehors, mais dans ce cas, le Népal, le Tibet, sont-ils plutôt côté Indien, ou côté Chinois? Ou peut-être sont-ils partiellement d’un côté et partiellement de l’autre. Et à l’est, la Birmanie, qui fut un temps intégrée à l’Inde, est-elle „géographiquement“ indienne ou non?
Essayons avec un autre sous-continent: Quelles sont les frontières indiscutables qui séparent l’Amérique du Nord de l’Amérique Centrale et l’Amérique Centrale de l’Amérique du Sud. La Frontière Mexicaine? Auquel cas la Californie est au moins partiellement en Amérique Centrale. Et si ce n’est pas la frontière Mexicaine, on place le Yucatan plutôt en Amérique du Nord ou en Amérique Centrale? Et le canal de Panama fait-il une frontière valable, sachant qu’il s’agit d’une structure artificielle? Quant à la frontière entre Panama et la Colombie, elle n’est pas vraiment naturelle. Alors doit-on choisir le Río Atrato, voir la cordillère occidentale? Dans ce cas il faut admettre que la Colombie est également un pays d’Amérique Centrale.
Et n’oublions pas le meilleur: la frontière entre l’Asie et L’Océanie, elle passe où? À La Frontière entre l’Indonésie et la Papouasie Nouvelle Guinée, comme cela apparaît sur bien des cartes? Dans ce cas la frontière „naturelle“ d’un continent peut-être une frontière politique tracée à la règle et qui coupe en deux une surface émergée. Ou peut-être que certaines îles Indonésiennes sont en Océanies et d’autres en Asie… Mais lesquelles choisissons nous? Timor est Asiatique ou Océanienne? Les Moluques sont plutôt au Large de l’Asie ou à l’intérieur de l’Océanie? Peut-être l’Indonésie est „géographiquement“ Océanienne, auquel cas 90% des cartes du Monde la plaçant en Asie sont fausses. Et si l’indonésie est intégralement Océanienne, qu’en est-il de la Malaisie, pays unanimement considéré comme asiatique dont la majorité de son territoire se trouve sur l’île Indonésienne de Bornéo? Et que dire de l’archipel des Mariannes, plus proche du Japon et des Phillipines que de l’Australie et pourtant le plus souvent considéré comme Océanien? (D’ailleurs, tant qu’on y est, le Japon et les Phillipines sont-ils des pays „géographiquement“ asiatiques ou Océaniens?)
On voit bien qu’on ne s’en sort jamais avec ces questions de frontières entre continents et sous-continents. D’ailleurs, pour revenir à l’Europe, la plupart des cartes mettent les Balkans, l’Ukraine, et l’est de la Russie (donc une large majorité des côtes de la Mer Noire) dans l’Europe, mais l’Anatolie, que borde ladite Mer Noire et la Méditérannée n’y serait pas… On place également le plus souvent le Caucase en Europe, et il se trouve que la chaîne du Caucase se trouve… à l’EST de la Turquie. D’ailleurs, on place par convention l’Oural dans l’Europe. Ce qui signifie que des villes telles que Syktyvkar, Berezniki, Vyatka ou encore Yzhevsk qui ne feront jamais partie de l’UE, qui sont toutes situées à plusieurs milliers de kilomètres de la frontière de l’Union la plus proche, serient plus Européennes que des villes telles qu’Edirne, Izmir, Mugla ou Marmaris, toutes situées à un jet de pierre (littéralement) de la Grèce ou de la Bulgarie (et également proches d’anciennes cités greques comme Éphèse ou Pergamme qui sont usuellement associées à l’histoire de l’Europe).
Il n’y a PAS d’argument géographique qui soutienne le rejet de la candidature Turque. Le postulat „Anatolie externe à l’Europe“ tient de la pseudo-science, pour ne pas dire de la malhonnêteté pure et simple.

3. Les Français sont contre l’entrée de la Turquie.
Les premiers sondages donnaient 60% de Français favorables au TCE
Il est intéressant que certains opposants à la Turquie (Dont De Villier) réclament un référendum là, manitenant tout de suite. Sachant que le gros des personnes hostiles à l’entrée de la Turquie se recrutent parmis les plus de 65 ans, plus le temps passe, et plus l’opposition française à l’entrée de la Turquie passe, littéralement, de vie à trépas.
Le but de certains opposants à la Turquie (notamment ceux qui fricottent avec l’extrême droite) et d’obtenir aujourd’hui un Non qui interdise aux Français de dire Oui dans 10, 15, 20 ans. En d’autre terme, il faut voter maintenant contre l’entrée de la Turquie, comme ça, le jour où son entrée sera à l’ordre du jour, il sera possible d’interdire au Français (qui d’ici là seront peut-être majoritairement favorables à une intégration de la Turquie) de se déclarer favorable, parce que le peuple „se sera déjà exprimé“. Il y a donc une hypocrisie manifeste de la part de ceux qui s’opposent à l’entrée de la Turquie dans l’UE, sachant qu’ils invoquent la volonté populaire d’aujourd’hui dans le but de censurer celle de demain.
Un autre aspect qui est rarement pris en compte, c’est que les Français ne forment en aucun cas une aristocratie au sein des citoyens Européens. Si un référendum est concevable, il doit s’appliquer à tous les nouveaux entrants, et bien entendu concerner l’ensemble des citoyens de l’UE. Il est révélateur de constater que ceux qui exigent des référendums franco-français sur les affaires Européenes (TCE, Turquie, etc…) ne réclament pas l’instauration de Référendums pan-européens sur la question (Les verts en ont fait la proposition, une partie de la gauche et du centre droit y sont plutôt favorables, mais, comme par hasard, ce n’est pas chez eux qu’on trouvent les alergiques à l’entrée de la Turquie). La motivation de ces adeptes des référendums nationaux est ridiculeusement transparante: il s’agit de pouvoir détourner ces référendums de leur question première et d’en faire des outils politiques à usage locaux. Maastricht fut un référendum pour ou contre Mitterrand, le TCE fut le prélude raté de la présidentielle de 2007 (raté parce que les „candidats du Non“ y ont obtenus 25%) et il y a fort à parier qu’un éventuel référendum franco-français sur la Turquie devienne à son tour l’occasion d’assister au bal des ambitieux.

4. La Turquie représente un „risque démographique“
Ha
Ha
Ha
Passons sur le fait que le „péril démographique“ est dans la tête de la plupart de ceux qui en parlent un „péril musulman“ et que l’UE comptant déjà plus de musulmans parmi ses citoyens que des pays comme la Malaisie, l’Arabie Saoudite ou la Syrie, il y a déjà un „risque“ de voir un jour un musulman prendre la présidence de la commission de Bruxelles.
Avec 1,9 enfant par femme et un solde migratoire négatif, la Turquie pourrait bien un jour se faire dépasser par la France (il n’y a après tout „que“ 6 millions d’habitants d’écart entre les deux pays). Aucun risque de voir les députés français au Parlement de Strasbourg se faire dévorer par les députés Turcs. (J’en profite pour rajouter que ceux qui espèrent une „salvation démographique de l’Europe“ qui passerait par l’intégration de la Turquie peuvent commencer à chercher d’autres candidats)
Et tant qu’on y est, la Turquie, c’est 70 millions d’habitants, pas 85, 90, ou 100 comme je l’ai trop souvent entendu. Et l’UE compte 500 millions d’habitants et non 400 comme je l’ai lu écrit ici.

5. La Turquie est dirigée par des Intégristes.
Alors, comment dire… l’AKP est un parti lié au PPE. De la même manière que le PS français, le SPD allemand et le PSOE espagnol font partie d’une même organisation transnationalle, l’UMP, le PP Espagnol et l’AKP au pouvoir en Turquie font également partie d’une même organisation transnationale. C’est un donc un parti frère des „intégristes“ au pouvoir en Turquie qui est au pouvoir en France (mais aussi en Italie, peut-être bientôt en Grande Bretagne)
l’AKP est en réalité un parti de politiciens conservateurs qui se cachent derrière la religion pour justifier leurs objectifs. Rien de très plaisant certes, mais un bon nombre de Politiciens d’États membres de l’UE font pareil.
Il est assez amusant de se dire que les dirigeants de l’UMP mettent à l’heure actuelle des batons dans les roues de leurs „camarades“ Turcs, mais si on considère comme extrémiste la majorité actuellement au pouvoir en Turquie, on peut se demander comment la principale organisation conservatrice Français peut rejeter l’entrée de la Turquie tout en étant l’alliée politique de ses dirigeants.

 
Par Alexander Doria
20H21    08/06/2008

Autant je suis d’accord avec la plupart de vos arguments (notamment le fait que vous battiez en brèche les idées reçues sur la démographie et l’intégrisme), autant je ne vous suis pas concernant la géographie. Oui, c’est vrai, les frontières de l’Europe sont mouvantes, mais la frontière du détroit des dardanelle et l’une des plus couramment invoquée depuis l’antiquité. Déjà chez Érathostène, les frontières entre l’Europe et l’Asie étaient délimitées par Byzance au sud, et le Don au nord. Ces limites ne changeront pas, et je doute fort que vous trouviez un manuel de géographie mettant la frontière entre l’Europe et l’Asie sur l’Euphrate.

Après, la vraie problématique est : est-ce que l’Europe est une idée, le cas échéant il suffirait d’avoir un esprit européen pour l’intégrer, ou est-ce un ensemble géographique défini. Vu le flou des limites de l’Europe, la vérité semble plutôt être dans la première affirmation. Mais, dans ce cas-ci, qu’est-ce qui empêche les pays d’Amérique du sud d’y adhérer : ils ont une culture occidentale, parlent une langue latine, et sont pour la plupart respectueux des droits de l’homme.

Dernière remarque sur la Russie. Il n’est pas impossible que si la Russie adhérait à l’UE les limites de l’Europe seraient mieux définies, comme l’a noté le géopoliticien Yves Lacoste. En effet, les chaînes montagneuses du Caucase comme celles de la mongolie constituent des frontières bien plus naturelles que l’Oural qui culmine rarement au-dessus des 1000 m.

 
Par Lorycalque
22H37    08/06/2008

« Un constat. Il existe un désir de rapprochement et de réunion qui vient de la Turquie. Un sourire donc ! Pourquoi ne pas rendre le sourire ? La principale justification d’une future adhésion est dans cette envie. »

Vous pensez que la « fusion » ce fait dans la joie et le bonheur avec le sourire aux lèvres, vous?

Vous croyez que la « fusion » entre européens c’est faite facilement quand il n’y a pas plus de deux générations (ce qui ne remonte pas à la Révolution -je précise parce que vous avez une curieuse notion de l’arithmétique), les pays de l’Europe du sud ne jouissaient certainement pas de celle dont ils jouissent maintenant, et leurs immigrés en France encore moins.

@ Marie Antide

Vous avez des enfants avec la double nationalités française et turque? Vous n’avez pas eu trop de problèmes, pour les élever en Turquie? ça n’a pas été trop difficile? Vous n’avez pas trop souffert du sexisme ambiant, en tant qu’épouse de turc?
Parce que voyez-vous, moi qui ne suis pas de votre génération mais de celle d’avant, j’ai voulais « faire » l’europe en laquelle je croyais. J’ai élevé deux enfants en Italie, et croyez-moi, je ne me suis pas marrée tous les jours. Je me suis colletée avec le catholicisme, et l’emprise de la religion dans la vie publique, je connais. Alors j’imagine sans peine ce que ce doit etre en pays musulman.

La Turquie, vous pouvez me la chanter sur tous les tons: je n’en veux pas. Si vous la voulez, commencez donc par y faire des gosses et on en reparlera. Vous m’excuserez (ou pas, je m’en fous) de vous parler sur un ton trivial, mais j’aime bien appeler un chat un chat et surtout pas prendre des vessies pour des lanternes. Ce que vous proposez. c’est bon pour les autres, parce que vous, qui n’avez probablement pas d’enfants, cadre en entreprise, vous tirerez toujours votre épingle du jeu et ce n’est pas vous qui patirez mais ces autres qui ne sont pas cadres en entreprise mais qui auront des enfants binationnaux à élever.

Faire l’europe a été bien trop difficile, avec des gens de meme culture. Avec des gens d’une autre, c’est selon moi un leurre, quelque chose qui ne peut pas marcher. Il n’y aura aucune fusion,ou alors il faudra des siècles, des siècles d’exactions et de violence. Il n’y aura que des heurts, violents, des situations comme on a connu au Kossovo ou au Liban.