Accord Turquie-Arménie : la diplomatie du foot marque des buts
Le 10 octobre à Zurich, la Turquie et l'Arménie ont signé un accord historique qui, sous réserve de ratification par leur Parlement respectif, devrait aboutir à l'ouverture de leurs frontières et au rétablissement de leurs relations diplomatiques.
Les pourparlers entre les deux pays, initiés en 2007, ont été officialisés il y a un an lors de la rencontre des équipes de football Turquie-Arménie dans le cadre des qualifications pour le Mondial 2010. Un an plus tard, ils se concrétisent par la signature de cet accord, fêté lors du match retour, le 14 Octobre à Bursa. La Turquie a remporté les 2 matchs par 2-0, mais sans espoir de qualification pour le Mondial.
Une commission internationale d'historiens sur la réalité du génocide
Cet accord entre deux pays séparés par de si lourds contentieux, tout remarquable soit-il, n'en demeure pas moins très fragile. De lourdes concessions ont été faites pour aboutir à des règles de jeu communes
Côté arménien, le président Serge Sarkissian a implicitement reconnu les frontières actuelles de son pays définies par le traité de Kars en 1921, renonçant à celles, plus favorables, définies par le traité de Sèvres de 1920.
Il a aussi accepté la création d'une commission internationale d'historiens pour examiner la réalité du génocide pratiqué sur les populations arméniennes d'Anatolie en 1915. La création de cette commission était une revendication de la Turquie qui, si elle reconnait maintenant l'existence de massacres, nie l'existence d'une entreprise de destruction systématique de la communauté arménienne par le gouvernement Jeune-Turc de l'époque.
La diaspora et les gouvernements arméniens avaient toujours refusé la tenue d'une telle commission. Ils y voyaient une manœuvre de l'Etat turc d'enliser la réalité du génocide dans des querelles pseudo-historiques.
Il semble que la dimension internationale donnée à cette commission définie dans le cadre de cet accord ait amorcé un début de coopération.
En contrepartie de ces concessions, l'Arménie, république enclavée géographiquement et asphyxiée économiquement, obtient la réouverture de sa frontière avec la Turquie, fermée depuis 1993.
Des démarches qui peuvent servir l'adhésion de la Turquie à l'UE
Côté turc, le gouvernement a accepté de dissocier la réouverture de sa frontière avec l'Arménie du règlement du conflit dans le Haut-Karabagh. Cette enclave arménienne dans l'Azerbaïdjan turcophone est à l'origine du conflit qui opposa en 1991 ces deux républiques du Caucase.
Le conflit fit 30 000 morts et 1 million de personnes déplacées. En 1993, la Turquie, alliée de Bakou, fermait sa frontière avec l'Arménie. En 1994, un accord était trouvé entre les deux protagonistes mais l'Arménie occupe toujours plusieurs régions azéries.
En dissociant les deux conflits, la Turquie prive le pays frère azéri de son plus précieux moyen de pression sur l'Arménie. Mais elle gagne en stature géopolitique : membre actif et habile de l'Otan dans son élargissement vers l'Est, convergence d'intérêts avec l'UE, qui, désireuse de s'émanciper des hydrocarbures russes, a relancé le projet Nabucco…
Cela ne peut être que bénéfique pour ses perspectives d'adhésion à l'UE.
Un rapprochement pragmatique, pour améliorer le quotidien
Mais la reconnaissance du génocide peut-elle être reléguée sur le banc de touche ?
Les motivations du gouvernement arménien et de ceux qui ont favorisé ce processus sont d'ordre géopolitique, commercial et économique. Les motivations de ceux qui agissent pour la reconnaissance du génocide par l'Etat turc, pour que celui-ci assume son passé fusse-t-il ottoman, sont d'ordre éthique et/ou politique.
L'ouverture des frontières va permettre le développement économique et la reprise des échanges commerciaux dans des régions asphyxiées au très faible pouvoir d'achat. Le rétablissement des relations diplomatiques entre les Etats va amorcer un dialogue nécessaire à la stabilité de la région. Tout cela est pragmatique, ancré dans le quotidien.
Les victimes du génocide sont tombées dans une trappe de l'Histoire en 1915. Elles y seraient restées sans le travail de mémoire de la diaspora arménienne, sans, malheureusement, les attentats de l'Asala dans les années 70 contre des diplomates turcs, qui rappelèrent au monde et à la Turquie, l'existence d'une « question arménienne ».
Or quel est le poids d'un passé, qui même s'il a resurgi, n'en continue pas moins de s'éloigner inexorablement, face aux colossaux rapports de force en jeu pour assurer à nos sociétés sa prospérité économique ?
Il a fallu beaucoup de courage politique, il en faudra encore plus
A l'approche du dramatique centenaire de 2015, n'y aura-t-il pas tentation d'utiliser ce dialogue et cette politique d'ouverture et de réconciliation entre les Etats et les sociétés civiles pour déminer la question de reconnaissance du génocide ?
Ce sont pour moi des questions qui tempèrent l'enthousiasme que suscite cet accord et qui feront l'objet d'un article dans les semaines à venir.
Quelle troisième mi-temps ? Elle s'annonce en demi-teintes. Dans les deux pays, les majorités en place devraient permettre la ratification des traités. Mais les oppositions demeurent très vives.
En Arménie, deux jours avant les accords, 10 000 manifestants se sont réunis à Erevan pour protester contre la politique de Serge Sarkissian et la diaspora a vivement critiqué cet accord. En Turquie, sitôt l'accord conclu, le Premier ministre turc, Receyp Tayip Erdogan, a réaffirmé son souhait qu'une solution soit rapidement trouvée pour le Haut Karabagh. L'Azerbaïdjan a condamné cet accord.
Il a fallu beaucoup de courage politique pour arriver à ce stade. Il en faudra beaucoup plus pour continuer ce qui a été initié, pour passer des mots aux actions, seule condition pour que ce dialogue ne soit pas stérile.
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De Chamaco
Dans l'ombre | 17H58 | 17/10/2009 |
de gros progrès, de grands espoirs de part et d'autre.
au-delà, une évolution de la politique étrangère turque assez compliquée avec ses derniers développements. Un « jeu » très délicat dont on ne comprend pas encore toutes les conséquences.
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 22H32 | 17/10/2009 |
Très bon article. Merci.
De yoruk
au fil de l'eau | 16H19 | 19/10/2009 |
Belle synthèse, merci Marie...
Et maintenant, tentons de laisser faire les hommes et les femmes de bonne volonté... Vu d’ici, nul doute que le peuple turc ne soit de bonne volonté...
Et il n’y a aucune raison pour que leurs voisins arméniens, soient moins compréhensifs.
Et puisqu’ils ont des intérêts économiques en commun, qu’ils bâtissent un avenir meilleur que celui de leurs pères... Ce que nous avons eu la chance de pouvoir réaliser avec nos voisins allemands...
Et que l’Europe se réjouisse que sur son flanc oriental, deux grandes nations se réconcilient.
à yoruk
De Otreman
Retraité(E-N) | 23H49 | 19/10/2009 |
"Deux grandes nations"
L'une par la surface et la population,
L'autre par les talents multiples et, une Histoire de 3000 ans
De Otreman
Retraité(E-N) | 23H59 | 19/10/2009 |
Marie Antide dixit : "En 1994, un accord était trouvé entre les deux protagonistes mais l'Arménie occupe toujours plusieurs régions azéries. "
Ma pauvre "amie", l'Arménie actuelle représente seulement :
-soit, le 1/5 du tracé du Président Wilson en Aout 1920 (Traité de Sèvres)
-soit, le 1/2 de la République indépendante d'Arménie de 1918 à 1920
L'Arménie se retrouve sous le joug de l'Union soviétique, après une courte rébellion en février 1921 contre les bolcheviks. Par la suite, l'Arménie se voit retirer des territoires à cause de deux traités ; les bolcheviks donnent Kars et Ardahan à la Turquie, en échange de Batoumi, cédée à la Géorgie. Le gouvernement soviétique fait des régions du Haut-Karabagh et du Nakhitchevan des régions autonomes appartenant à la RSS d'Azerbaïdjan.
En Cilicie, la situation est tout aussi dramatique : après la victoire de Mustafa Kemal sur les troupes françaises qui les protégeaient (1921), les Arméniens se réfugient en Syrie ou émigrent dans d'autres parties du monde, notamment en France. C'est une nouvelle diaspora.(Wikipedia)
En conséquence ce sont les Azéris qui occupent les territoires arméniens et une partie seulement a été reprise en 1994 par les troupes Arméniennes.
http://www.netarmenie.com/histoire/dates/dat4.php
Par ailleurs, Je ne comprends pas que ces turcs(azéris) réclament des territoires, ne sont-ce pas eux qui déclarent "ce qui a été conquis par l'épée ne se donne pas"? (Encore moins dans le cas présent...)
Nakhitchevan est un mot en vieil arménien qui veut dire "Là où, IL est descendu". IL y avait 85% d'arméniens. En 1923, un échange de territoire entre l'Iran et la Turquie a permis au Nakhitchevan devenu Azéri d'avoir une minuscule frontière commune avec la turquie. D'où les turcs sont venus tracasser les Arméniens qui ont préférer fuir. Les turcs sont très accueillants. Tu me fais bien rigoler.... Tu les a entendu dans le Stade hurler "turki-yeah" comme des bêtes pendant 90 minutes et siffler l'hymne Arménien. Comme entrée en matière c'est réussi.
Que peuvent-ils reprocher aux Arméniens:
-de n'être pas tous morts,
-d'avoir une mémoire. Cette faculté qui distingue l'homme de la bête!.?..
Demande à tes copains le sens de "Restes de l'Épée".
Bref, tu m'as fatiguée!
Et si on va au bout de l'histoire en l'an Mil, il n'y avait pas de turcs en Anatolie. Toute la turquie actuelle est le fruit de conquêtes guerrières pas gentilles-gentilles pour les populations du cru. Il y a fort à parier que ces turcs t'auraient fait ta fête comme en....1915!
à Otreman
De yoruk
au fil de l'eau | 00H30 | 20/10/2009 |
@ otreman
Référence au (Traité de Sèvres)...
Pfffffff.... mon pauvre "ami"
Décidément c‘est la diaspora, le problème...
Vous ne comprenez rien... En ce moment, deux peuples recommencent à se causer... Pour évitez de recommencer les conneries de leurs parents...
Pourquoi mettre de l’huile sur le feu ???
à yoruk
De Otreman
Retraité(E-N) | 10H52 | 20/10/2009 |
Oui, Pffff
Pourquoi les turcs azéris réclament des territoires qu'ils n'ont plus depuis 15 ans? C'est beaucoup 15 ans!
Il faut repartir à zéro, non ? Ca ne marche pas dans les 2 sens ?
Qu'est-ce que ces hurlement "Turki-yeah" dans le stade et ces sifflets, et l'autocar des arméniens caillassé par les turcs.
Le "problème" c'est les turcs "bons à rien" qui volent les terres, les femmes, les enfants et le travail des autres.
Qui exterminent des Infidèles,
Qui viennent en Europe, chez d'autres infidèles et qui supplient "oubliez la religion"
Et qui veulent comme toi, donner des leçons.
Balaye devant ta porte "Giavour-musulman" TAnt que la turquie n'aura pas réparé le GENOCIDE de 1915 comme les Allemands avec les Juifs, on ne vous LACHERA pas. On mettra le temps qu'il faut mais, le moment venu on vous fera payer avec intérêt
à Otreman
De yoruk
au fil de l'eau | 12H43 | 20/10/2009 |
Oui, Pffff...
Inutile de polémiquer, vous faites la parfaite démonstration de toute l’intolérance, qui jusqu’à maintenant a rendu si difficile le travail des historiens.
Souhaitons que vos frères arméniens restés au pays, à l’image de leur président, fassent preuve de plus de sagesse que vous.
Souhaitons aussi que les nationalistes turcs soient raisonnables, et que le travail des hommes courageux qui on su aborder le problème des massacres turco/arméniens, soit productifs.
Et puis, mais ce n’est qu’une anecdote, merci de noter, que de me qualifier de "Giavour-musulman" est totalement stupide... Je suis breton, marin et profondément laïc...
à yoruk
De Otreman
Retraité(E-N) | 13H19 | 20/10/2009 |
Pour un breton, tu donnes bien le change...
Les vicissitudes de la Bretagne n'ayant rien de commun avec celles de l'Arménie. Et comme tu sembles tout ignorer d'elle!
Les Bretons ignoraient jusque récemment l'existence même des Arménies (territoires de l'est Anatolien ou Arménie soviétique)
Quant aux historiens du Génocide, ça fait belle lurette qu'ils ont terminé leur travaux. Il faut te mettre au parfum avant de te lancer dans une polémique. Tant qu'à utiliser Internet, fais le intelligemment. Je connais assez la BZh pour savoir leurs qualités (et... leurs défauts).
Pour ce qui est du passé de la BZh, je te signale que je connais quelques Lorientais qui n'ont pas digéré l'occupation, les travaux forcés et les bombardements consécutifs à la Base Sous-marine des Allemands. ET ça remonte au siècle passé et les Allemands sont partis, et ILS ONT DEMANDE PARDON.
Je suppose que tu vis en couple avec une turque et, que tu admires son pays avec les yeux de l'AAAmûr et, que Marie-Antide vit (ou a vécu) une situation analogue.
L'AAAmûr rend aveugle!
à Otreman
De yoruk
au fil de l'eau | 13H37 | 20/10/2009 |
Vous rendez vous compte des horreurs que vous êtes en train d'écrire ???
à yoruk
De Otreman
Retraité(E-N) | 17H16 | 20/10/2009 |
Je me demande si tu comprends encore le français ?
Au lieu d'un pseudo turc, tu aurais dû choisir celui de "pierre Loti" je trouve que tu as pas mal de points communs avec lui (en ajoutant ceux que je te devine).
En fait d'horreurs, il faudrait que tu lises celles que ton pote P.L. écrivait sans retenue sur les arméniens, citoyens opprimés de seconde zone de l'empire ottoman.
Bon, toi aussi tu m'as fatigué. Je te trouve trop ...spécial. Irrécupérable!
Entre l'honnêteté intellectuelle et l'obstination têtue, tu as fait ton choix. Deux qualités des BZh que tu as réussi à mettre en opposition. Faut le faire ...
à Otreman
De yoruk
au fil de l'eau | 07H31 | 21/10/2009 |
Hors sujet, et sans intérêt...