Rentrée littéraire franco-turque : à découvrir sans modération !

Sous la double influence d'une créativité de plus en plus diffusée et d'une Saison de la Turquie qui prend son envol, nous assistons, dans le monde littéraire franco-turc, à une rentrée enthousiaste et riche en publications.

Romans, études à caractère autobiographique, livres engagés, recueils de photographies et de poésie, publications spéciales … Au lecteur qui souhaite partir à la découverte de la Turquie contemporaine, cette rentrée littéraire offre un éventail d'ouvrages de qualité.

Viennent en effet de paraître :

« Le lait noir » d'Elif Safak, romancière et enseignante née en 1971 (trad du turc, Ed. Phebus).

Après « la Bâtarde d'Istanbul » et ses personnages extravagants, l'auteure explore un registre plus personnel. Elle relate avec brio les mois de dépression qui ont suivi la naissance de son deuxième enfant. Livre polyphonique, construit comme un jeu de poupées russes, il évoque la difficulté d'être à la fois mère et écrivain.

« Les ombres disparues » d'Hasan Ali Toptas, romancier né en 1958 (trad du turc, Ed. Plon).

Premier roman traduit en français de cet auteur connu comme le « Kafka de la littérature turque contemporaine », ce livre est un « roman fable, un conte chimérique » où le lecteur se laisse entraîner dans « les spirales d'un rêve ».

« Murmures à Beyoglu » de David Boratav, journaliste et traducteur né en 1971, (Ed. Gallimard).

Premier roman d'un passionné de littérature qui raconte le retour d'un émigré à Istanbul, ville que son histoire lui avait fait oublier. Le « chaos vivifiant » de la ville, en dénouant ses angoisses, le ramène à la vie. Remerciements en fin de livre à l'écrivain Orhan Pamuk et à son grand père, Pertev Naili Boratav, spécialiste des littératures orales turques.

« Ebru » par Attila Durak, photographe né en 1967 (trad du turc Ed. Actes Sud).

L'ébru est une technique sur papier marbré qui, associé à la peinture et à l'eau, donne une infinité de formes et de couleurs. Pendant six ans, Attila Durak a photographié les peuples de Turquie et restitue la multitude de leurs visages dans cet album qui a déjà rencontré un vif succès en Turquie.

Istanbul par Ara Güler, photographe né en 1928, et Orhan Pamuk, écrivain né en 1962 (Ed. du Pacifique).

Les deux hommes, originaires d'Istanbul, racontent la ville avec leur art. Les photos d'Ara Güler ont capturé une Istanbul des années 1940 à 1980.

Mention très spéciale au « Dialogue sur le tabou arménien » entre Michel Marian, philosophe français d'origine arménienne, et Ahmet Insel, auteur et professeur d'économie à l'université de Galatasaray. Ce dialogue est animé par la journaliste Ariane Bonzon. Paru aux Ed Liane Levi.

Cet ouvrage interroge les possibilités de dialogues entre Arméniens et Turcs. Au cœur de l'actualité, depuis la signature le 1er Septembre dernier d'une feuille de route entre Turquie et Arménie pour l'établissement de relations bilatérales, ce livre ouvre aussi une brèche dans un mur que certains continuent de vouloir cimenter. Donc bienvenu.

Dans le cadre de la Saison de la Turquie, deux revues consacrent un numéro spécial à la littérature turque :

► La revue des Deux Mondes, disponible en kiosque et librairie. Tirée à 10 000 exemplaires. « Détours anatoliens » par Timour Muhidine, sur l'évolution de la culture littéraire en Turquie ou le portrait, par Aurélie Julia, de Sema Kaygusuz, auteur de l'étonnant et très aérien « La Chute des prières » chez Actes Sud.

La revue Siècle 21 donne la parole à de nombreux auteurs turcs et français sur le thème de la littérature politique en Turquie.

Publiés en Juin dernier, deux ouvrages à mentionner :

« Les Alévis, Bardes d'Anatolie » de Catherine Pinguet, chercheur et écrivain née en 1965 (Ed. Koutoubia).

Servi par une plume vive et précise, cet ouvrage relate les croyances et pratiques religieuses des alévis avec une place de choix « réservée aux achiks, ces bardes d'Anatolie et à leur extraordinaire poésie ». Cet ouvrage est d'autant plus vivant que l'auteur a vécu dans une communauté alévie et y mêle des éléments autobiographiques.

« Va jusqu'où tu pourras » recueil de poèmes d'Orhan Veli (1914-1950), Ed. Bleu Autour. Préfacé par Enis Batur, écrivain.

Orhan Veli est l'un des premiers auteurs à donner ses chefs d'œuvres à la langue turque qui succède à l'ottoman comme langue officielle de la toute jeune République de Turquie, fondée en 1923.

Extrait de mon poème préféré, « Cap sur la Liberté » :

« Mais qu'est-ce que tu attends ?

Jette-toi à la mer.

Tu vas manquer à quelqu'un ? Peu importe.

Ne vois-tu pas la liberté de tous côtés ?

Sois voile, sois rame, sois gouvernail, sois poisson, sois eau,

Va jusqu'où tu pourras. »

Sans modération …

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6 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de leconcombrevert

De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 14H23 | 21/09/2009 | Permalien

Quoi, posté depuis des heures et toujours aucun commentaire !

Bon, il faut dire que ce n'est pas facile de commenter des écrivains turques qu'on ne connait pas …. faudra creuser - et lire : -))

Par contre, le poeme est très beau. On peut le dire. Je le dis.

Merci pour cet article que je lirai plus en profondeur après le boulot.

Portrait de piecam

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De piecam

trav_ind | 15H06 | 22/09/2009 | Permalien

Bonjour leconcombre.

Personnellement, je vais me précipiter sur Hasan Ali Toptas.

Son livre a déjà (il y a longtemps) eu les honneurs de la critique en Allemagne.

http://www.faz.net/s/Rub79A33397BE834406A5D2BFA87FD13913/Doc~E73DE2F31AA…

Une adaptation au cinéma a aussi été faite par Umit Unal. Peut-être que ça explique cette envie de le traduire

Portrait de Unknown

De Unknown

blasé sans rancune | 20H43 | 21/09/2009 | Permalien

Ça valait le coups…de faire un détour par votre article. Car ma curiosité littéraire ne m'aurait pas forcément emmené vers la Turquie. Et là j'avoue que j'ai très envie de lire certains des ouvrages que vous avez décris.
Le poème, ou morceau de poème, est délectable !

Merci.

Portrait de yoruk

De yoruk

au fil de l'eau | 20H56 | 21/09/2009 | Permalien

« Jette-toi à la mer. »

Merci Marie…

Portrait de Alfredocolucci

De Alfredocolucci

salarié | 07H37 | 22/09/2009 | Permalien

Egalement à lire « Le Chant des Tourterelles » de S. Kilickaya, éditions l Arganier, qui a ouvert la saison de la Turquie. Très bon livre, captivant sur l histoire d'une famille turque sur plusieurs générations jusqu'à son émigration en France. Bcp d'aspects sont évoqués : les valeurs, les racines, les rapports homme/femme etc…
Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant « plongé » dans une histoire : )
Des extraits sont même dispos sur google.

Portrait de Voyageur

De Voyageur

11H14 | 23/09/2009 | Permalien

J'ai juste fait un petit detour par votre article qui me donne tout d'un coup l'envie de lire Le livre Murmures a Beyoglu

Merci a vous

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