
Les partis turcs veulent des candidates… pas trop éligibles
(D'Istanbul) Les élections municipales se tiennent ce dimanche en Turquie. Ancienne syndicaliste, militante pour une meilleure représentation de la femme dans les structures municipales, membre du comité d'organisation des marches républicaines et laïques de 2007, Inci Bespinar est candidate. Rue89 a suivi une de ses journées de campagne.
Numéro 2 de la liste CHP (centre-gauche) pour le conseil municipal du nouvel arrondissement d'Atasehir (anciennement Kadikoy) dans la partie asiatique d'İstanbul, cette actrice politique importante dans la mobilisation féminine, est déjà assurée de siéger au conseil métropolitain d'Istanbul (Büyük Sehir Belediyesi).
Dans cette campagne pour remporter l'arrondissement d'Istanbul le plus disputé entre le CHP et l'AKP, elle peut s'appuyer sur ses dix années d'expérience de maire-adjointe de l'arrondissement de Kadiköy (550 000 habitants).
Nous nous retrouvons à la permanence CHP d'Atasehir. Grande, cheveux courts et blonds, sourire avenant et poignée de main chaleureuse, Inci Bespinar est prête pour une nouvelle tournée électorale.
A trois jours de l'élection et parce que les deux partis sont au coude a coude, chaque action est importante.
10h15. A peine arrivée, on lui présente une jeune femme candidate au poste de « muhtar » (élu de quartier). Accompagnée de son mari et de deux amies, celle-ci est venue lui demander son soutien face aux trois autres candidats masculins. Inci la met en contact avec une personne de son réseau qui saura assurer une distribution efficace de ses tracts.

10h30. Nous avons trente minutes avant l'arrivée d'une télévision locale. Nous montons au premier étage de la permanence, des thés fumants sont servis et une petite équipe se réunit. Sur les vingt personnes de la liste CHP, il n'y a que deux femmes, à la deuxième et à la dix-septième place.
Inci Bespinar a été écartée de la candidature au poste de maire au profit d'un quinquagénaire du parti, parce que femme. Les dents grincent. Le CHP, censé incarner une certaine modernité, a présenté des candidats masculins au poste de maire dans tous les arrondissements d'İstanbul sauf un, celui d'Usküdar.
Cet arrondissement est l'un des plus conservateurs de la ville et l'élection se jouera entre l'AKP et le petit parti conservateur Saadet. Aucune chance donc pour la jeune Sema Barlin…
Pourtant, les femmes sont très présentes dans le parti. La branche féminine (Kadin kollari) travaille avec minutie pour visiter chaque quartier, rendre visite aux familles. Là est leur force.
Dans un pays où les femmes ne representent que 23% du salariat déclaré, celles qui restent à la maison sont majoritaires. Il faut donc aller chercher leur vote autour d'une tasse de thé, chez elles.
Comme un candidat masculin ne pourrait être admis dans l'intimité des foyers en l'absence du mari, ce travail revient aux militantes.
Malheureusement, lors de la constitution des listes, les vieux réflexes ressurgissent et être une femme se transforme en lourd handicap. Les campagnes, pourtant dynamiques, comme celle de l'association Kader, n'ont à ce jour pas réussi à inverser la tendance.
Ce constat est partagé avec beaucoup d'amertume par les militantes présentent dans la salle, qui n'hésitent pas à dénoncer certains comportements plein de morgue de leurs homologues masculins.
Inci Bespinar, du haut de son experience, constate et continue d'avancer : elle fait de la politique depuis plus de trente ans et elle aime le contact avec ses électeurs, quelque soit son statut.
12h30. Nous nous rendons dans le quartier d'Atatürk constitué de petites maisons avec jardins et arbres fruitiers cachés derrière un ensemble de hautes tours.
Ce quartier serait presque bucolique s'il ne s'agissait pas en fait d'un « gecekondu » ou constructions sans permis, susceptibles d'être détruites sans préavis meme si elles existent depuis vingt ans.
Les rues sont en terre battue et comme le quartier ne figure sur aucun cadastre, eau et électricité sont des installations de fortune. Inci Bespınar y dénonce l'action de l'AKP : dans une autre quartier de la ville, un « gecekondu » a été rasé, ces habitants relogés à la périphérie de la ville et le terrain transformé en confortables lotissements.
Elle promet aux habitants que la future équipe du CHP fera toutes les démarches nécessaires pour leur obtenir un titre de propriété en bonne et due forme. L'assemblée est composée de femmes, en majorité originaires de la ville anatolienne de Sivas.
Certaines sont alévis et ne portent aucune coiffe. D'autres, plus âgées, ont recouvert leur tête d'un large chale noir. Leurs yeux traduisent l'envie de croire à ces lendemains plus doux, mais leur sourire reste résigné. L'une d'elles intervient :
« Inci, Allah t'entende et je le remercie, Lui d'abord et toi ensuite. »
Une vieille dame s'approche. Son fils a raté l'examen d'entrée a l'université et elle voudrait qu'Inci Bespinar soutienne sa candidature aux cours organisés par la mairie. Inci note sa requete sur un feuillet cartonné et le classe soigneusement.
13h25. Nous arrivons dans une coopérative gérée par sept femmes (Aile Danısma Merkezi, centre de conseil aux familles) et soutenue par la mairie. Cette coopérative est un trois-pièces, deux cuisines et une salle de restauration où sont organisés les événements du quartier (circoncisions, mariages…).
La vente des repas finance la coopérative et celles qui l'animent. Posés sur un plan de travail de marbre gris, trois grands plateaux de baklavas attendent les gourmands.

16h30. Nous arrivons chez des particuliers. Les chaussures restent sur le pas de la porte. L'appartement est humide, seule la pièce principale est chauffée par un poêle alimenté au lignite. Une odeur acre et soufrée flotte dans la pièce. Trois femmes nous attendent. Trente minutes plus tard, nous sommes vingt-cinq dans une pièce de quinze mètres carrés à peine.
Certaines s'assoient à même le sol faute de sièges. Deux adolescentes apportent du thé et des gâteaux secs. On rapporte le cas d'un homme sans ressource et mourant d'un cancer qu'il faut hospitaliser, celui d'un enfant qu'il faut dialiser. Inci Bespinar note les requêtes sur un feuillet cartonné et se tourne vers son aide : « il nous faudra traiter tout cela après les élections. »
Inci Bespinar parle ici de la route que l'AKP n'a pas asphaltée et de lendemains plus gais si le CHP est élu. Une femme au visage fatigué l'interrompt :
« De quels lendemains parlez-vous ? Ici, nous n'avons parfois même pas de quoi acheter du pain ! »
Inci lui rétorque que les solutions ne sont pas immédiates, que du chemin a été fait même s'il reste beaucoup encore à parcourir. Un sourire emprunt d'amertume flotte sur les lèvres de la femme. Elle soupire profondément et se recroqueville sur son coussin.
18h30. On vient de me déposer à l'embarcadère d'Uskudar. Le bateau pointe vers Besiktas, sur la rive européenne. La lumière tombe sur ce somptueux détroit, les lumières de la ville s'allument une à une. L'air est vif, chargé d'odeurs marines.
Ajout le 30/03 : la liste CHP a remporté la mairie d'Atasehir avec 41% des votes contre 39% à son rival de l'AKP.
Photos : Inci Bespinar en campagne pour les municipales turques (Marie Antide).
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De jabier 31087
consultant dans les Landes | 15H36 | 30/03/2009 |
Pourquoi ! Il n'y a qu'en Turquie où cela se passe ? ? ? : -)))
à jabier
De Erdelan
maçon | 17H07 | 30/03/2009 |
Ce blog s'appelle paristambul, on y parle de la Turquie, pas des îles kerguelen. Et l'auteure n'est pas du genre à critiquer pour le plaisir.
Pour ce qui est du CHP ils auraient pu penser à asphalter les routes, entre autres, quand ils étaient au pouvoir.
De emmanuel elgerlani
16H57 | 30/03/2009 |
C'était quoi déjà cette phrase sur le brin de paille dans l'oeil du voisin et la poutre dans son oeil ?
à emmanuel elgerlani
De Marie-Sophie Keller
Rue89 Eco89 | 17H03 | 30/03/2009 |
Bonjour,
pour ce qui est de la France, nous en avons parlé aussi, dans l'article
« Les femmes dans la politique locale : l'alibi de la parité ».
à Marie-Sophie Keller
De emmanuel elgerlani
18H04 | 31/03/2009 |
C'est donc bien l'hôpital qui se moque de la charité !
De Tita
oiseau | 16H59 | 30/03/2009 |
Le titre est un peu réducteur. Il pointe juste un aspect de l'article.
Oui, les femmes sont sous-représentées. Elles rencontrent plusieurs obstacles : la pression normative à ne pas faire ceci ou cela. Quand elles le font quand même, il y a l'effet plafond de verre (le fait que plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de femmes) et si elles parviennent à un certain grade quand même, il y a l'effet « falaise de verre » pour désigner le fait que lorsqu'on donne un poste à responsabilité à une femme, on lui donne préférablement un poste à haut risque d'échec (en cas d'échec, ce « n'est qu'une femme », c'est sans doute « moins grave »).
Hélas, c'est un peu partout pareil. Même en France se cache derrière sa loi sur la parité, le fait que si 50% de femmes sont sur les listes, il n'y a pas 50% de maires qui sont des femmes… loin s'en faut.
Avoir des femmes dans les rangs, ça fait bien, mais tout est fait par ailleurs pour les cantonner dans un rôle … heu… très marginal. La preuve, dans votre texte, les visites de Inci Bespinar sont très sociales et quand c'est de l'économie, c'est cantonné à une coopérative de trois femmes. De là à penser que Inci Bespinar sert de vitrine féminine, il n'y a qu'un pas…
à Tita
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 19H03 | 30/03/2009 |
Bonjour Tita,
Inci Bespinar n'est pas qu'une vitrine, elle est vraiment impliquée dans la vie de son arrondissement et est une militante active. Il se trouve que les visites de la journée pendant laquelle je l'ai accompagnée étaient en effet des visites de soutien plutôt ponctuel. Mais plus tôt dans la campagne, elle avait animé de grands meetings électoraux et le soir, elle allait dans les cafés, souvent uniquement fréquentés par les hommes pour présenter les arguments du CHP. Militante, je vous dis !
Cordialement, Marie
à Marie Antide
De Tita
oiseau | 22H59 | 30/03/2009 |
Ne vous méprenez pas. Je ne remets en cause ni l'engagement ni le courage de Inci Bespinar, mais seulement la place que lui laissent ses collègues masculins.
De yoruk
au fil de l'eau | 19H36 | 30/03/2009 |
Bonjour et merci Marie Antide,
Un témoignage, ici à Finike, gros bourg de campagne sur la côte Sud.
● Une femme a animé vigoureusement la campagne du DSP (Demokrat Sol Parti, parti démocrate de gauche). C'est une première.
● Le maire a été réélu. Candidat indépendant, il a 5ans, après avoir fait une campagne à l'américaine (lâché de tract par avion ! ! ! ), il a rejoint l'AKP (parti islamiste modéré). Sa communication s'est faite beaucoup plus traditionnelle, s'affichant avec insistance, avec sa femme en costume et foulard traditionnel. C'est l'indication d'une évolution étonnante.
● Le MHP (extrême droite) a fait une campagne très vigoureuse et ouvertement nationaliste. Là aussi, c'est une première
Yoruk
De liberationdelevangilepopulaire
sans mandat du ciel ni de quiconque | 21H38 | 30/03/2009 |
« Personne en butte aux sarcasmes, aux mauvais traitements et aux plaisanteries douteuses. »
La définition de femme ? Non, celle de tête de turc…
http://anarchieevangelique.wordpress.com/
De padiran
Chroniqueur mondain | 22H11 | 30/03/2009 |
Quoi de neuf au pays des « démocrates » ? , la Turquie est elle différente de la France
J'ai volontaiement utilisé le terme de « démocrates » en lieu et place de « machos » ou « beaufs » ou « opportunistes » ou « notables » ou « arrivistes » ou « cumulards » ou »… »
Ce genre de situation ou une personnalité qualifiée, compétente, ne peut accéder à une place éligible au pretexte qu'un élu local doit être reconduit est un classique de notre « médiocratie »
Comment rendre accessible les « minorités » compétentes, qu'elles soient noires, musulmanes, handicapées, ou ……féminimes aux postes de responsabilité auxquelles elles peuvent prétendre ?
Seule la loi est à même de répondre à la question car il ne faut pas s'attendre de l'élu local ou national de partager le « gateau » avec quelqu'un d'autre que lui même
La Turquie est elle hors du moule de la démocratie Européenne, hélas non, elle n'a rien à nous apprendre en matière de médiocrité de représentativité démocratique
De yoruk
au fil de l'eau | 09H08 | 31/03/2009 |
Marie Antide, vous nous dite :
« Dans un pays où les femmes ne representent que 23% du salariat déclaré, celles qui restent à la maison sont majoritaires. Il faut donc aller chercher leur vote autour d'une tasse de thé, chez elles. »
C'est quand même bien la preuve de l'antériorité et de la supériorité de la démocratie en Turquie : en France, ce sont les mecs qui sont obligés de faire les bistrots pour ramasser des voix…..
Yoruk
NB : merci pour les photos…
De Umit
09H23 | 31/03/2009 |
Cher Marie Antide..toujours ce problème de titre..trop fort..et puis pschiiit..
Évidemment que la femme n'a pas la meilleure des positions dans la vie politique turque…comment en serait-il autrement dans une démocratie balbutiante au passé tourmenté par de multiples « putschs » ? Mais rassurons-nous, la Turquie est sur la bonne voie et sûrement pas à la traîne des pays de l'UE..la France et l'Italie en tête…
Quand les femme qui veulent faire de la politique apprendront que ce droit ne leur sera pas offert mais qu'elle devront lutter pour gagner ! Que ce soit en Turquie ou en France, 50% de la population est féminine et aucune n'a eu l'idé de créer un parti politique de droite ou de gauche FEMININ !
Attirer les voix de 50% de la population sera peut-être le seul moyen de réveiller ces messieurs !
Cordialement
Ümit Pehlivan
PS : qu'en est -il du déclin annoncé de l'AKP ? Croyez-vous qu'ils pourront rester au pouvoir après les élections de… ? ? ? Peut-être des élections anticipées ? En tout cas la bouée Européenne est là et ils vont s'y accrocher, mais cela suffira-t'il ? Qu'en est il de leur défaite cinglante contre le DTP ? … faudra lire d'autres « journaux » pour s'informer… : )
Très bon article dans : letemps.ch
à Umit
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 11H20 | 31/03/2009 |
Bonjour Umit,
Créer un parti de femmes n'a pas de sens : depuis quand le genre fonde-t-il la raison d'être dans la vie publique ?
Il s'agit ici de reconnaître l'égalité de la réprésentation dans un parti politique donc de faire évoluer les mentalités.
Vous réclamez un article journalistique. Mais j'ai voulu profiter de mon passage à Istanbul pour écrire un article-tranche de vie. Choix de l'auteure ! : -) (et je remercie au passage la rédaction de rue89 pour sa publication).
Quant au titre, l'original est paru sur mon autre blog (Istanbul la Turque).
Cordialement, Marie
à Marie Antide
De Umit
15H59 | 31/03/2009 |
« Il s'agit ici de reconnaître l'égalité de la réprésentation dans un parti politique… »
et ça ne fonctionne pas depuis….très très longtemps ! Il faudra donc changer de discours et agir..sinon les turques ou autres femmes européennes devront se contenter d'un compromis à la française..
Cordialement
Ümit
De JeanBavedeRage
Démocrade Crétin | 10H04 | 31/03/2009 |
n'est-ce pas drole de voir un pays considéré comme mususlman aussi proche de la france sur tant de sujets ?
à JeanBavedeRage
De yoruk
au fil de l'eau | 10H42 | 31/03/2009 |
@ jeanBavedeRage
Je trouve curieuse votre formulation :
1) qu'y a-t-il de drôle à être musulman
2) en quoi serait-ce antinomique
Par ailleurs, mais se rapportant à votre sujet, il est indicatif de noter la signification du nom et de prénom de « Inci Bespinar “ : Perle Cinq Fontaine (ou source)… Ici, en Turquie, les liens au passé récent chamanistes, sont partout présents, en particulier pour le choix des noms et prénoms. Ce qui devrait atténuer nos angoisses et nos fixations sur un Islam extrémiste en Turquie…
Yoruk, marin breton…
à yoruk
De JeanBavedeRage
Démocrade Crétin | 13H40 | 31/03/2009 |
Je ne parlais pas de la turquie mais de la manière dont la france perçoit souvent ce pays, lorsque cela l'arrange.
Icitte pour dénigrer un pays, il suffit de dire qu'il est musulman. Et là tous les délires racistes sont possibles.
Pour ma part je trouve, pour ce que j'en connais, que ce pays est sans doute l'un des plus ressemblant à la france.
'fin bon.
à JeanBavedeRage
De anne12
12 | 22H49 | 31/03/2009 |
Je suis tout à fait d'accord avec vous. La Turquie et la France ont plein de points communs (même modèle ! )
D'où peut-être le machisme des partis politiques.
Mais pour en finir avec l'orientalisme ambiant, d'abord le pourcentage de femmes députées est plus élevé en Tunisie qu'en France. (ça c'est pour l'orientalisme alla française)
Ensuite le DTP - le parti pro kurde- vient de porter près d'une quinzaine de femmes à la tête de mairies. (et ça pour l'orientalisme alla turca)
Et qui connait la région n'est pas surpris : on n'est bien moins conservateur à Diyarbakir qu'à Tokat ! et pour aller dans le sens de Marie Antide, les associations féminines y sont très dynamiques. Ce résultat est d'abord le fait d'un militantisme très actif.
Le CHP qui se revendique le parti d'Ataturk ferait bien d'en prendre de la graine.. ça lui permettrait peut-être de devenir un concurrent sérieux à l'AKP ! 1 seule femme élue maire, à Aydin. Ce n'est pas franchement brillant.
En tout cas, l'exemple kurde, montre que l'électorat lui, suit.
madame le/la maire de Yüksekova élue avec près de 90% des suffrages ! On ne peut pas dire que sa féminité ait constitué un handicap - comme le craignaient les amis politiques de Madame Inci Bespinar à Kadikoy -
Interessant aussi la petite histoire de cette dame briguant un mandat de muktar. Dommage qu'on reste sur sa faim..a-t-elle été élue ?
Qui connait le pourcentage de femmes muktars ?
Tant au niveau des villages que du quartier, c'est un personnage le muktar.
à JeanBavedeRage
De shillom
12H47 | 31/03/2009 |
D'après ce qu'on m'a dit de la Turquie, terre sur laquelle je n'ai jamais mis les pieds, les femmes sont plutôt libres en Turquie, et la religion est loin d'être dictée par des intégristes.
Une amie qui y a eu l'occasion de boire des bières avec des mecs et des nanas de là bas, dans la rue comme en France. Des femmes voilées qui picolent je trouve ça plutôt sain moi : )
Enfin tout ça pour dire que la Turquie est loin d'être un pays radical, et c'est bien pour ça que la possibilité de son entrée dans l'UE a été évoquée. Le mode de vie turc est apparemment plus proche du style « occidental » que du style « oriental ». D'ailleurs le droit de vote a été donné aux femmes en turquie 8 ans avant la France (1936 contre 1944) !
à shillom
De JDep
13H27 | 31/03/2009 |
Votre copain devait crécher au centre d'Istambul, et prendre sa bière dans les cafés happy few, lesquels sont fréquentés par la partie émergée des femmes qui n'est pas tenue de se camoufler.
à JDep
De shillom
17H22 | 31/03/2009 |
Possible, je ne sais pas trop, elle était hébergée chez une amie lorsqu'elle était à Istanbul.
Par contre, j'ai parcouru un peu d'autres pays du Magreb sans jamais rencontrer ce genre de situations, c'est peut-être pour ça que ça m'a marqué.
De mauser
10H27 | 31/03/2009 |
Juste pour mémoire les femmes turques n'ont le droit de vote que depuis 1924 il me semble
Ouf dans notre pays des droit de l'homme elles ont du attendre 1944 ou 45 non mais laissez les femmes se meller de politique et si en plus elles sont aussi eficaces que dans la vie courante en cumulant je ne sais combien de fonctions .
Je connais plus d'un politique pas bien dans ses bottes
à mauser
De Marie Antide
(auteur)
Cadre en entreprise | 11H29 | 31/03/2009 |
Bonjour Mauser,
Elles ont eu le droit de vote en 1936, donné par Atatürk.
Lors de ces élections municipales, les femmes ont été très mal représentées - 3% des candidats-.
Elles se demandent donc pourquoi si peu.
L'une des raisons, outre les réflexes conservateurs, m'a paru intéressante : contrairement au mouvement féministe français, où les femmes ont du lutter pour l'égalité de leurs droits, les femmes de Turquie ont reçu d'Atatürk un cadre législatif qui leur a donné un certain nombre de droits, dont le vote. Et cela aurait entravé la revendication militante, même aujourd'hui.
Cordialement, Marie
à Marie Antide
De Umit
16H05 | 31/03/2009 |
3 novembre 1930 : élections municipales
8 octobre 1934 : femmes éligibles au parlement
: )
Cordialement
ümit
De beuz
sans | 22H21 | 31/03/2009 |
> Numéro 2 de la liste CHP (centre-gauche)
Le CHP n'est-il pas plutôt de centre droit ? Il me semble qu'il s'était rapproché du très à droite « MHP » lors des élections législatives ?
à beuz
De anne12
12 | 22H37 | 31/03/2009 |
Je comparerais le CHP au parti radical de la 3 eme republique française ( très anti clérical, étatiste, nationaliste) et à l'intérieur des courants radicaux de droite et de gauche.
Avec Baykal, c'est la tendance (très) nationaliste qui l'emporte.
Plus anti religieux que franchement « féministe » quoi comme parti.
à anne12
De beuz
sans | 08H23 | 01/04/2009 |
Il me semble que le CHP, en tout cas Baykal, n'a pas de ligne politique très claire, si ce n'est l'opportunisme politique, sur de nombreux sujets.
http://ovipot.blogspot.com/2008/12/deniz-baykal-prend-le-voile.html
à beuz
De anne12
12 | 13H36 | 01/04/2009 |
Mouais..Encore une frasque de Deniz Baykal qui en a dérouté beaucoup ..histoire de montrer qu'il était plus « attaché » à la laicité que réellement anti religieux.
(sa proposition d'être l'avocat des comploteurs du réseau Ergenekon en a dérouté d'autres ou les mêmes. )
J'avoue n'avoir jamais rencontré un seul de ses électeurs affirmant l'apprécier. J'ignore si ça existe.
Cela étant le CHP est le (principal) parti des alévis, qui ont quelques excellentes raisons de se méfier des « religieux » et sont très attachés à la laicité.
Il y a d'ailleurs de fortes communautés alévies dans ce district d'Istanbul.
à anne12
De beuz
sans | 13H54 | 01/04/2009 |
Deniz Baykal est le leader de l'opposition alors qu'il me semble qu'il collectionne les défaites aux élections.
Tout le monde dit le détester mais pourtant il est encore là…
Finalement c'est un peu le « meilleur ennemi » de l'AKP.