Turcs et Kurdes (2/2) : l'interminable face-à-face ?

Après un regain de violence qui a fait plusieurs morts dans les communautés turques et kurdes depuis quelques semaines, et après une déclaration du Premier ministre Erdogan qui jetait de l'huile sur le feu, le gouvernement AKP a réagi avec des arguments qui ne satisfont pas la revendication identitaire kurde :

  • Assimiler le problème kurde à un problème de retard de développement économique et débloquer 2 milliards de YTL (1 milliard d'euros) pour développer les infrastructures, favoriser les investissements et créer 3 millions d'emplois (projet GAP).
  • Refuser de considérer la question kurde comme un problème national qui doit faire l'objet d'un débat national et le circonscrire à une région où un Turc qui n'y est pas né ne mettra jamais les pieds, sauf s'il est militaire, enseignant ou médecin.
  • Tout mettre en œuvre pour détruire le PKK en pensant que le conflit disparaîtra une fois celui-ci éradiqué. L'une des dernières actions en ce sens est la rencontre, pour le première fois, entre une délégation turque et Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien, il y a 10 jours. Or nombreux sont ceux qui pensent la cause du PKK juste mais qui, fatigués par 25 ans de guerre et de violences, sont à la recherche de solutions politiques.

Pourtant, en 2002-2004, une certaine libéralisation se met en place avec le droit de diffuser en kurde quelques heures par jour et le droit d'imprimer en kurde. Ces mesures ont été prises dans le cadre du processus d'ouverture des négociations en vue de l'adhésion à l'UE et n'ont pas été plus loin.

Mais l'obstination du gouvernement d'Ankara à ne pas vouloir entendre la revendication identitaire des Kurdes et y répondre par la force (bombardements en Irak du Nord, arrestations, tortures, etc.) affaiblit dangereusement les partisans d'une recherche de solutions et renforce le PKK dont la stratégie est clairement d'attiser toujours plus les haines communautaires.

Le revirement nationaliste d'Erdogan

La petite phrase de Recep Tayip Erdogan est donc arrivée au plus mauvais moment. Pourtant celui-ci avait un tout autre discours en 2006 quand, à Diyarbakir, il déclarait que :

« Oui, la Turquie a un problème kurde. »

Est-ce le souffle du couperet de l'interdiction de son propre parti cette année ou plus simplement l'arrivée au pouvoir qui ont fait évoluer Recep Tayip Erdogan vers des positions si nationalistes ? Plusieurs éditorialistes ont dénoncé ce revirement, dont Fehmi Koru dans Yeni Safak, accusant Recep Tayip Erdogan :

« D'être devenu comme Bush alors qu'il avait été élu pour être Obama. »

Pour apaiser les esprits, le Président Abdullah Gül a lancé un appel au calme en pointant le danger de monter les communautés l'une contre l'autre et a reçu les représentants du parti kurde DTP. Ce dernier est en effet sous le coup d'une interdiction depuis novembre 2007 et risque d'être fermé. Il a toujours affirmé sa reconnaissance du drapeau et des frontières turques, revendique la reconnaissance de la nation kurde et une éventuelle autonomie de la région.

Toutefois, son refus de dénoncer le PKK comme une organisation terroriste, ce qui aurait mis fin aux rumeurs le qualifiant de vitrine politique du PKK, lui a aliéné bien des soutiens inconditionnels, notamment ceux de l'UE.

La décision devrait être prise dans les jours à venir, mais dans un tel contexte, fortes sont les chances qu'il soit interdit. Il serait le 6e parti prokurde créé et interdit au cours des 16 dernières années et quatre de ses députés, protégés par leur immunité parlementaire mais sous le coup d'accusations de séparatisme et de terrorisme iraient alors en prison.

De plus, si le parti est interdit, les députés DTP ont annoncé leur intention de quitter le Parlement. Leur départ discréditerait celui-ci et mettrait un doute sur sa capacité à représenter l'ensemble des citoyens.

Un problème à résoudre au sein des Etats

La question kurde, si elle n'est plus taboue en Turquie, n'est donc toujours pas réglée. Peut-elle l'être de façon supranationale comme veulent continuer à le croire certaines diasporas ou plutôt au sein des Etats dans lesquels sont présents les Kurdes ?

Selon Ingmar Karlsson, diplomate suédois qui vient de quitter son poste en Turquie, dans son dernier livre « Le problème kurde vu par un diplomate », la création d'un Kurdistan indépendant apparaît de plus en plus comme une utopie car elle entraînerait l'explosion du Moyen-Orient.

La question kurde a été manipulée par les Etats où la minorité est présente ainsi que par les grandes puissances. L'un des facteurs qui a permis cet état de fait est le manque d'unité au sein des différents clans kurdes et l'absence de personnalités fortes et visionnaires pour porter le projet d'une nation tout entière (exemple : les frères toujours ennemis Talabani et Barzani) .

La solution se réglera donc au sein des Etats. En Turquie, les Kurdes sont près de 18 millions de personnes sur une population totale de 72 millions. Plus qu'une minorité, c'est une vraie composante de la Turquie qui ne parle pas que turc et revendique des origines culturelles différentes.

La modernité de la Turquie contemporaine dépendra sans nul doute de sa capacité à écouter et intégrer cette différence, dépassant enfin sa peur viscérale du démembrement, son « syndrome de Sèvres », ce traité qui en 1920 la rayait de la carte du monde.

Lire aussi : Turcs et Kurdes (1/2) : quand Erdogan ravive les tensions

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Portrait de sup. à la demande du riverain 29 juin

De sup. à la demande du riverain 29 juin

bye bye ... | 13H40 | 17/11/2008 | Permalien

« Selon Ingmar Karlsson, […], la création d'un Kurdistan indépendant apparaît de plus en plus comme une utopie car elle entraînerait l'explosion du Moyen-Orient. »

Sauf que la GB, l'Allemagne et les EU jouent en permanence de cette menace.

Et… le MO a déjà explosé : les Kurdes d'Irak se rêvent indépendants et riches, ceux de Syrie sont manipulés, comme ceux d'Iran et de Turquie.

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 16H49 | 17/11/2008 | Permalien

Le premier point est une bonne idée, car c'est bien connu qu'un peuple avec l'estomac plein à moins envie de se battre. Et surtout s'il n'a plus de grief, il n'aura que peu de motivation pour soutenir le PKK, qui viendra à disparaitre de lui même.

Par contre le deuxième point est une belle connerie. Comment veulent-ils dissoudre le kurde dans le turque s'ils ne permettent pas les mélanges ? La logique du « on reste entre nous » est la meilleure manière de créer des communautés et de renforcer le concept d'identité collective qu'ils veulent combattre.

Portrait de Lavrenti

De Lavrenti

17H34 | 17/11/2008 | Permalien

Apres pas mal d'echanges avec des turcs par net interposé, je suis arrivé à un certain nombre de conclusions :

- les kurdes sont des turcs comme les autres, disposant des mêmes droits et soumis aux mêmes devoirs ;

- les kurdes constituent une proportion considerable de la population de la turquie et ne sont pas cantonnés à une zone geographique limitée mais largement melangés ;

- les revendications kurdes sont de nature identitaire, mais elles ne sont presentes que chez une infime fraction des kurdes ;

- la turquie realise depuis des années un effort economique considerable pour equiper et « mettre au niveau » la region kurde ;

- les kurdes « politiques » defendent une forme de particularisme communautariste totalement incompatible avec un etat democratique moderne ;

- un raz le bol turc vis à vis de ce qui est perçu comme des plaintes eternelles sur un sujet mineur d'importance negligeable ;

Bon, ce sont des données orientées et parfois revendiquées comme politiques par des kemalistes ardents, donc pas vraiment fiables.

Si ça vous interesse, pouvez vous me donner votre opinion sur ces points de vue ?

Portrait de anne12

De anne12

12 | 19H08 | 19/11/2008 | Permalien

Je connais un peu la région où je me rends régulièrement ( Turquie-Irak)

-1 Le Kurdistan d'Irak n'est certes pas souverain, mais dans une région où les jeunes de moins de 25 ans ne parlent pour la plupart plus arabe, peut-on vraiment se sentir Irakien ?

Quant aux Kurdes de Turquie, même les militants DTP ou les sympathisants du PKK n'évoquent plus l'indépendance.
La question est réellement une question « turque ».
-même si les lien « affectifs » sont forts et les échanges professionnels et culturels ( étudiants kurdes étudiant dans les universités du Kurdistan irakien )importants.

-2 Réduire la question kurde a un problème de pauvreté et balancer des « aides » à tout va, construire des routes et des hopitaux ( bienvenus) permet certes à l'AKP d'engranger des voix,mais ne réglera certainement pas la question du PKK.

ex : Semdinli (frontière irakienne) où la population reconnaissante au gouvernement AKP de l'ouverture d'une nouvelle route, et très religieuse, a voté majoritairement AKP aux dernières élections.
Après l'attaque d'Aktütün, comme les corps des PKKLi tués lors des combats auraient tardé à être remis à leur famille, tous les commerces de la petite ville ont fermés en signe de protestation. Exactement comme dans la ville voisine de Yüksekova (très-DTP, parti pro kurde)

Sinon on peut crouler sous des comptes en dollars et être pro pkk et être pauvre comme JOB et le détester.

-3 la population de cette région, qui à part la fange très laique de l'électorat DTP - détestant la bigoterie de l'AKP comme les Turcs « laics » de l'Ouest - espérait que l'AKP se montrerait ouvert sur la question kurde et tenterait de trouver des solutions à la guerre est complètement désillusionnée un an plus tard.
remarque souvent entendue : « A l'AKP ,ils ne sont démocrates que pour eux mêmes »

Ex : le président du HAK-Parti (parti pro kurde non sympathisant du PKK), a été aussi trainé en justice pour avoir souhaité la bienvenue en kurde lors d'un meeting politique.

-4 Si à la recrudescence des arrestations (et des tabassages) notamment de jeunes gens, on ajoute la crise économique actuelle qui fait des ravages dans la région : les migrations saisonnières vers les chantiers de l'Ouest sont en chute, faute d'emplois)
la situation est explosive. Les opinions se sont radicalisées ces derniers mois.

L'interdiction du DTP…Ca donnera quoi ?

Quant à exiger des députés DTP de reconnaitre que le PKK est un parti terroriste… s'ils le faisaient actuellement, vous savez Marie Antide, il vaudrait mieux qu'ils aillent se présenter comme députés à l'Ouest du pays - leur électorat ne les suivrait pas.

Portrait de anne12

De anne12

12 | 20H08 | 17/11/2008 | Permalien

Et à Lavrenti

Vous savez, les Turcs de l'Ouest ne vont jamais dans ces régions.

Ils en ont une vision quelque peu « irréelle » (télévisuelle)

Portrait de LaPaz

De LaPaz

technicien | 10H05 | 18/11/2008 | Permalien

Même si certains Kurdes pensent le PKK comme légitime - davantage dans la diaspora kurde qu'en Turquie sinon le DTP aurait eu le triple de députés qu'actuellement - ça ne légitime pas par ailleurs cette organisation, qui est fanatique, la majorité se trompe parfois.

Etrange d'ailleurs qu'en France où on s'affole pour trois étudiants qui dégradent des caténaires, on soit si large d'esprit avec une organisation qui tue tous les jours civils et militaires, brûle des voitures, fait du trafic de drogue etc etc

En fait, aujourd'hui de plus en plus de Kurdes sont portés par des sentiments de puissance dont le rempart principal est, à leurs yeux, la Turquie et les Turcs : le très nationaliste kurde Osman Baydemir n'avait-il pas affirmé : « nous voulons l'eau, les barrages et le pétrole », sachant l'importance stratégique de l'eau ; encore récemment lorsqu'une bombe a explosé à Kirkouk (ville riche en pétrole comme vous savez) que l'autorité kurde d'Irak veut rattacher par référendum, les Kurdes ont attaqué « naturellement » les Turkmènes.

Il n y a pas de volonté irrédentiste (grand Kurdistan) lit-on ici, ah bon ? Il n y a qu'à faire un tour sur les sites du PKK ou même sur Youtube pour voir tout à fait le contraire : l'extrémisme du PKK se nourrit d'ailleurs de ce projet qui, ne pouvant se réaliser, sert de base à la poursuite sans fin du fanatisme anti-turc.

Donc un problème kurde à résoudre en Turquie je veux bien, mais en faisant attention à ne pas mélanger demandes identitaires et fanatisme - représenté par le PKK - identitaire, qui s'appuie sur une identité. Si le PKK devait l'emporter chez les Kurdes, tant pis pour eux, mais on ne peut pas demander de libéralisme à la Turquie à ce sujet.

Portrait de greenworld

De greenworld

13H25 | 19/11/2008 | Permalien

Pour ma part, je pense que le problème kurde est avant tout un problème de justice sociale.

Dans un pays ou l'inégalité est flagrante et ou la démocratie laisse à désirer, le « nationalisme » kurde est un mirage.

C'est vrai qu'il y a un certain « racisme » envers les Kurdes mais c'est davantage une flagrante inégalité sociale qui est le problème.

La plupart des militants pro kurdes viennent d'une longue tradition de mouvements de gauche (Dev Yol, Dev Sol,…) qui ont été écrasés par le coup d'état de 81 et l'armée dans les années qui suivirent. Lors de ces années de plomb, ceux qui ont le plus subis habitent (habitaient…) au Kurdistan turc. C'était le pauvre instit de Diyarbakir ou l'ouvrier agricole qui travaillaient comme un serf pour le baron kurde local.

La paix au Kurdistan turc passe par l'abolition du système féodal qui opprime la grande majorité des Kurdes, les femmes en sont les premières victimes.

Aujourd'hui un mafieux comme Ibrahim Tatlsi est reconnu et adulé par les Turcs, pourtant il est Kurde. Il a le droit de s'exprimer (émissions tv, chansons,…) et d'entreprendre. Le berger Kurde lui est toujours traité comme un chien, a le droit de vendre sa production à un prix dérisoire ou d'être exproprié pour la construction d'un barrage (le barrage d'Ilisu financé par la Société Générale et dénoncé par de nombreuse ONG internationale) dont il ne verra jamais les retombés économiques.

Ce n'est malheureusement pas en distribuant de l'argent aux barons kurdes pour calmer leurs serfs que la paix se fera.

Donner un travail décent aux gens, investir dans des écoles en état de fonctionnement, des infrastructures routières correctes, des coopératives agricoles honnêtes ou dans des programmes socio-éducatifs d'émancipation des femmes et de la famille, et vous verrez les jeunes étudiants Kurdes arrêteront de foutre le feu aux bagnoles à Istanbul et les miliciens du Pkk descendront de leurs montagnes.

@Lavrenti : les dires de tes contacts turcs par Internet sont les clichés du Turc moyen votant CHP, parti kémaliste de « gauche ». Je mets « gauche » car franchement d'un point de vue français, ça fait doucement rigoler (ou pleurer) vu comme ils sont nationalistes et fermés.

Pour eux, l'armée est l'éternel sauveur qui défend la Nation contre, au choix, les Kurdes terroristes qui veulent détruire la Patrie et les islamistes qui veulent la même chose. Ce sont, en gros, les seules propositions de leur programme politique, c'est à dire du vide. Ils aimeraient faire interdire DTP, le parti pro-kurde ayant quelques parlementaires, voir l'AKP, parti au pouvoir composé d'anciens islamistes reconvertis dans « l'islamo-démocratie » (et la finance : D).

Pour ceux que ça intéresse et pour se rendre compte de la situation catastrophique actuellement, je vous conseille d'aller sur youtube pour voir les journaux tv qui parlent du sud est de la Turquie, on se croirait en Cisjordanie.

A voir aussi, sans aucun parti pris, le documentaire « Les femmes du Mont Ararat » disponible sur youtube et dailymotion (je sais c'est mal mais je l'ai vu au ciné en payant ma place d'abord : D). La vie quotidienne d'une unité de combattantes du PKK, leurs espoirs et leurs envies.

Portrait de yoruk

De yoruk

au fil de l'eau | 14H30 | 19/11/2008 | Permalien

Tudieu, Greenworld,
Je ne peux pas laisser passer çà … Mais qu'est ce que vous racontez sur les turcs… Ne connaissez vous la Turquie qu'au travers de youtube et dailymotion ? ? ?
Venez, immergez vous dans le monde turc, alors et alors seulement pourrez vous arrêter sur des positions critiques « objectives », c'est-à-dire les vôtres et non ce fatras d'ides reçues sur le « turc brutal et sanguinaire'. Rassurez vous, V Hugo et Delacroix avaient véhiculé ce genre de stupidité bien avant vous.
Enfin, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que sur son Sud Est, la Turquie est assise sur un fabuleux tas d'or : axe de circulation Caspienne – Méditerranée pour les produits pétroliers et surtout, le formidable réservoir d'eau du haut Taurus, terrible arsenal géo stratégique, commandant l'Iran, l'Irak et la Syrie. Et çà, voyez vous, çà en dérange plus d'un, et Marie Antide le souligne fort bien, çà se règlera entre états…
Yoruk, nomade breton, sur l'eau…

Portrait de greenworld

De greenworld

16H13 | 19/11/2008 | Permalien

Cher Yörük,

Je vous dirais d'aller un peu plus loin que la cote de la mer d'Egée, de mouiller à Bodrum et de partir vers l'est.

Je vis en concubinage depuis des années avec une Turque (Turque hein, pas Kurde), ma belle-famille est turque, je fréquente des Turcs chaque jours et je me rends en Turquie (Istanbul, Trabzon, Ankara, …) plusieurs fois par an. Donc merci pour le dailymotion et pour mes positions apparemment sans fondement…

J'aime la Turquie, ses peuples, ses paysages. Mais j'apprécie beaucoup moins ses gouvernements successifs qui répriment la liberté d'expression (loi 301), qui envoient des gens arbitrairement en prison sous des prétextes divers et variés comme le fait de vouloir briser la nation alors que ce sont juste des militants de gauche, les mensonges et le traitement inadmissible de la population et de l'environnement (gestion de l'eau à Ankara cet été par exemple).

En me plaçant en donneur de leçon comme vous le faites, je vous conseillerais d'aller discuter avec les nombreux réfugiés politiques qui peuplent les ateliers de confections, les kebabs ou autres et voir pourquoi ils ont du quitter leur pays dans les années 80 du seul fait d'être identifié comme « communiste », c'est à dire terroriste.

Après si tout vous semble démocratique et libre en Turquie et que la population vous semble vivre dans le même état de droit que la France, libre à vous de rester dans votre yörük.

Quand à ma littérature de référence sur la Turquie, ça serait plus Nazim Himet que Victor Hugo ou Delacroix.

Greenworld, costarmoricain d'origine : p

Portrait de anne12

De anne12

12 | 07H00 | 20/11/2008 | Permalien

Yoruk, Marie Antide écrit au « sein des Etats » (et non « entre Etats »). L'actuelle « pacification » des relations avec le Kurdistan irakien, trop souvent montré du doigt auparavant par l'opinion turque comme le « fauteur de troubles » devrait y contribuer.

Greenwood, on retrouve les habituels clichés -turcs- sur les « Kurdes, arriérés et féodaux » dans votre vision de la société kurde, autrement plus complexe.

Le PKK libérateur pour les femmes…mouais, pour porter la kalachnikov, certes.
Mais quand elles rentrent à la maison, ce qui arrive, c'est toujours elles qui se tapent TOUTES les tâches ménagères (même si elles ont elles aussi un emploi), même si le conjoint est un ancien « camarade ».

Ces reportages sur le camp de Kandil ont souvent l'air de reportage sur « le dernier camp de vacances du Parti communiste » dans les années 60 (l'entrainement militaire en sus) tourné par un militant du parti.
« ah dieu que la guerre est jolie » .
Ils seraient plus crédibles si la caméra avait aussi filmé ceux ou celles qui viennent de sauter sur une mine..(et leurs gémissements), quelque soit leur camp.

Pour revenir à celui là..les filles qui racontent comment elles vont jusqu'à « rêver d'Apo », quelle libération !
Si vous appelez ça se sortir « du modèle patriarcal »…

Là où je vous suis c'est qu'effectivement,comme dans l'Ouest, il y a toujours eu des mouvements de gauche dans l'Est du pays.
Et que la prison de Diyarbakir -et les autres- célèbre pour ses exactions dans les années 80 avait constitué un parfait centre de recrutement pour le PKK à l'époque.

Portrait de ruelle55

De ruelle55

desperate husband | 18H12 | 19/11/2008 | Permalien

La Turquie a « gagné » ses frontières en versant son propre sang il y a bien longtemps.C'était du temps de la guerre,ou plutôt des guerres.Maintenant c'est fini,les cartes sont dessinées,c'est peut-être la Turquie,mais on est quand même en « zone » civilisée.On ne se bat plus pour gagner des territoires.Maintenant,si c'est ce que veulent les Kurdes(la guerre),je pense que la Turquie a raison d'agir comme ça ; et encore,elle est freinée par la promesse de l'adhesion à l'UE.

Portrait de yoruk

De yoruk

au fil de l'eau | 18H18 | 19/11/2008 | Permalien

Cher Greenworld

Je n'ai as envie, mais pas envie du tout de polémiquer stérilement. J'ai juste envie de témoigner. De témoigner de ce que je vois. De ce que j'observe à longueur d'année, ici, sur notre petit voilier, à Finike, gros bourg rural de la Turquie profonde.
Et ce que je vois ne correspond pas à vos descriptions apocalyptiques de la démocratie turque. Mais alors pas du tout.
Depuis 9 ans nous avons exploré toutes les côtes turques, de Trabzon à Iskenderun, on n« a pas laissé passer ne crique, pas le plus petit port et toujours en visitant l'arrière pays.
L'hiver, nous avons visité toute la Turquie intérieure, y compris l'Est. Pas par avion, pas en luxueuse berline automobile, non… en dolmus… Comme des jeunes
Nomade chez les nomades, on a fait…
Alors, alors on commence a avoir une petite idée de l'espace de liberté que représente la Turquie d'aujourd'hui. Et cet espace de liberté ne ressemble pas à vos descriptions.
On n'est plus en 1980 mon cher Greenworld, c'est fini “midnight express'. En 9 ans ici, personne, vous m'entendez, personne ne m'a demandé à contrôler mes papiers, ici, en mer, ou au fin fond de l'Anatolie.
Et ce soir je déguste le meilleur pain du monde fait par un boulanger turc, et du fromage acheté à l'épicerie ouverte 24h sur 24, 7 jours sur 7, et tenue par une famille kurde parfaitement intégrée… Un espace de liberté, vous dis-je…
Voilà ce dont je peux témoigner. Et merci à Marie Antide de permettre la communication de l'image d'une Turquie moderne et libre…

Portrait de greenworld

De greenworld

21H11 | 19/11/2008 | Permalien

Ne caricaturez pas mes propos, je ne soutiens pas le PKK et j'ai bien conscience de ne pas être dans Midnight Express. Je ne pense pas que le PKK est libérateur pour les femmes.

J'explique juste que c'est dangereux et réducteur de faire passer la cause kurde pour de simples revendications nationalistes et faire l'impasse sur le coté sociale. On voit le bilan de cette politique 25 ans plus tard…

Après votre espace de liberté, il me fait sourire. Ok, vous, citoyen français, on ne vous demande pas vos papiers à chaque coin de vue. Waouh quel espace de liberté. Vous parlez en votre nom, de votre liberté, une personne avec un passeport rouge avec écrit UE en gros dessus. Vous venez en Turquie pour consommer : du gasoil, des nuits d'hotels, de la bouffe. On reparlera de votre liberté quand vous irez à une manif pour le 1er mai, contre les agressions qu'on subit les jeunes femmes à Taksim, une conférence informatif sur la situation environnementale du pays, enfin bref à une manif quelconque.

Deux exemples de la réalité turc, que vous semblez ne pas voir :
-quand ma femme va à la gare à 6 h du mat chercher des colis envoyés par le grand-père et qui arrivent de l'est, la police les contrôle toujours longuement et suspicieusement. La raison ? Deux femmes dehors à 6 heures du mat sont forcément des putes…Je vous passe la suite si elles étaient kurdes…

-une bonne amie à moi part en Turquie voir sa mère à Antalya l'hiver dernier. Elle a une double nationalité et s'est réfugiée en France en 1982. La police débarque dans son bel hôtel. Elle passera plus de deux mois en prison (dont 1 mois et demi à Malatya, je vous laisse goggler) pour activité terroriste (un soit disant attentat dans une école à l'est en 1976). Elle a été relâchée et autorisée à quitter le territoire turc. Elle attend toujours son procès, dossier vide soit dit en passant. Elle ne remettra plus les pieds en Turquie, c'est le but du gouvernement turc qui ne veut pas de « gauchiste » chez eux.

Je ne suis pas entrain de dire que le gouvernement met tout le monde en prison, je dis juste que porter une voix libre et progressiste est toujours très difficile, voir dangereuse en Turquie et spécialement dans le Sud-Est. Alors si la liberté se mesure au fait d'aller acheter du fromage chez des Kurdes à 2 h du mat…

Portrait de yoruk

De yoruk

au fil de l'eau | 09H48 | 20/11/2008 | Permalien

« Je suis arrivée sur Rue89 pour y raconter et expliquer cette société complexe, en pleine mutation et si mal connue en France. »

Voilà la motivation de Marie Antide.
Voilà ce qu'elle écrit en préambule de son blog.
Voilà pourquoi je m'intéresse à sa communication.

Parce que lorsque nous sommes arrivés en Turquie, en 2001, façonnés par la pensée unique en vogue en France, nous nous attendions à y découvrir le monde barbare si bien décrit dans « midnight express'.

Or, nous y avons découvert un tout autre monde, fait de tolérance et de convivialité…
Or, à notre grande surprise, touts nos proches avaient du mal à nous croire…
Or, et à l'évidence la Turquie et le peuple turc présentait un grave déficit de communication…

Alors, le travail que fait Marie Antide est exemplaire…
Alors, il faut bénir les dieux qu'elle ait entrepris ce travail de communication…
Alors, il faut savoir, que c“est sur rue89 que çà se passe
Alors, il faut garder en mémoire qu'il y des liens vers ‘lemonde.fr’
Alors, quand même… Cette communication peut atteindre des milliers de personnes

Alors camarade Greenwood ‘porter une voix libre et progressiste’, n'est pas obligatoirement sortir les kalachnikovs.
Alors camarade Greenwood, je témoigne haut et fort que nous vivons ici, à Finike, en Turquie, avec nos copains matelots, et nos copains turcs dans un espace de liberté, dont nous n‘avons pas idée en France.
Je veux bien que l'on parle de social'…
Mais faudrait peut être se torcher le derrière en France, avant que de se faire donneur de leçon
1) il n'y a pas (ou si peu) de mendiants à labandon en Turquie
2) Combien de suicides, dans les prisons françaises, depuis le début de l'année ? ? ? Pas loin d'une centaine, non ? ? ?
3) Je persiste et je signe, les turcs et les kurdes peuvent vivre en harmonie. J'en témoigne

Portrait de greenworld

De greenworld

15H26 | 20/11/2008 | Permalien

Je n'ai jamais dit qu'il fallait porter une kalashnikov pour porter pour porter une voix libre et progressite.

Pour la seconde fois, je vous répète que je ne soutiens pas le PKK. Vous persistez à dire que les Kurdes et les Turcs peuvent vivre ensemble ? Ai je dit le contraire dans un de mes posts ?

Je n'ai jamais apporté aucun crédit à « Midnight express » qui est un film de propagande mais nettement plus à « Duvar ».

J'apprécie la démarche de Marie-Antide et je soutiens le débat qu'elle suscite, les thèmes qu'elle aborde.

A quel moment vous ai je fait part de mon point de vue sur la politique et la situation démocratique en France ?

Je pointe juste du doigt certaines choses qui me dérange en Turquie. Pourtant j'aime ce pays et son peuple. La preuve, je vais en épouser une et je côtoie ma belle-famille régulièrement ainsi que de nombreux Turcs en France et en Turquie.

Je relaie, moi aussi, ce que j'entends et ce que je vois : un manque de démocratie évident, notamment dans l'approche du « problème kurde » qui se résume trop souvent à dire que le PKK est une bande de terroristes qui réclament l'anéantissement de la Turquie et que cette violence a une cause profonde dont la responsabilité revient, en grande partie, à l'état turc et à sa politique.

Je soutiens d'autre part que la soit disant « remise à niveau » du sud-est turc laisse pour compte toujours les même personnes qui ne profitent en rien des sommes investis.

Je ne crache pas sur les Turcs et la Turquie comme vous le laissez entendre mais je ne fais pas non plus preuve de l'angélisme.

Vous semblez vouloir défendre la Turquie car trop de Français en ont une mauvaise idée. C'est honorable mais personnellement les gens que j'aime bien, je leur dis quand je trouve qu'ils déconnent, c'est mon caractère, et ce qu'ils soient français ou turcs : D

J'ai aussi pris conscience, au fil des années et des discussions politiques en Turquie, que la vie m'avait fait don d'un bien précieux : mon passeport communautaire, qui au-delà du fait que je passe les frontières sans soucis, protège ma liberté de pensée et de parole.
C'est une sacré différence. Quand ça commence à chauffer ou à mal tourner, vos amis, vos amours, qui eux en sont dépourvus, et avec qui vous partagiez cette même espace de liberté, ne bénéficient plus du bouclier qui semblait pourtant les entourer avant.

Quand j'écris un post qui met en cause l'armée turc (gentiment hein, je ne les traite pas d'assasins d'enfants) sur un site politique franco-turc hébergé en France, je franchis toujours aussi facilement la frontière. Mon amie, elle, avec son passeport turc, elle a droit à une interpellation en règle à Istanbul et à une GAV de 24h. Tout ça pour dire que votre espace de liberté semble tout de même bien relatif et surtout valable pour vous et votre passeport bordeaux.

ps : inutile de m'appeler « Camarade », vous faites fausses routes, je ne suis pas communiste : p

Portrait de anne12

De anne12

12 | 22H34 | 20/11/2008 | Permalien

La question n'est pas l'ambiance qui règne dans le port de Finike, mais dans la région kurde.

Il suffit quand même de se balader sur les routes au-delà d'une ligne à l'Est de Malatya pour réaliser que ne ce n'est pas « tout à fait pareil »..

Que la question kurde se limite à un problème de « stuctures féodales » et de pauvreté (donc à une question sociale) c'est ce qu'on entend aussi régulièrement à l'Ouest, Greenwood.
C'est aussi ainsi que l'entend l'AKP,partout de Diyarbakir à Hakkari, on améliore le réseau routier, on construit des écoles, on encourage la politique « papa envoie moi à l'école » (destinée a encourager la scolarisation des petites filles »)etc..

Pourtant ça fait des années que la région n'a pas été aussi tendue. Même si ce n'est pas la bande de Gaza : personne n'applaudit à la nouvelle de victimes parmi les forces armées, d'autant que les victimes sont essentiellement des appelés.
Et personne n'a envie de replonger dans les années 90.

Même s'il apporte un nouvel hôpital à la province d'Hakkari et la promesse de l'ouverture d'une université dans le cadre du projet GAP, on peut douter que c'est en ajoutant « une seule patrie, un seul peuple, un seul drapeau » qu'Erdogan va calmer les tensions.
Ca ferait plutôt l'effet du « nettoyer ça au karcher » qui n'avait pas choqué que les jeunes casseurs.

D'autant que ces « gestes » apparaissent davantage comme un objectif de « conquête des mairies du Sud-Est » que comme une véritable volonté de régler la question kurde.

Quant à l'interdiction du DTP, c'est peut-être aux habitants de la région qui ne votent pas pour ce parti qu'il faudrait demander ce qu'ils en pensent…
Au lieu que ça soit à Ankara qu'on décide de penser pour eux.

Or il est fréquent qu'au sein d'une même famille ou d'un groupe d'amis, les votes se partagent entre les 2 partis (AKP/DTP). C'est le CHP et notamment le discours nationaliste de Deniz Baykal son leader qui était détesté - même chez les Kurdes alévis qui ont donné leur voix…à leur député.

Et surtout, il existe une classe moyenne, et toute une nuance d'opinions dans la région.

Seulement dès qu'on aborde la question kurde, c'est toute une litanie de clichés qui surgissent régulièrement.

Parler « d'intégration de son épicier kurde » comme le fait Yoruk, c'est ridicule, le problème kurde n'a jamais été celui de l'apatheid.

Ni même la situation kurdo irakienne, où les mariages mixtes (Kurdes- Arabes) ont cessé.

Portrait de greenworld

De greenworld

19H45 | 20/11/2008 | Permalien

Merci pour votre post, Anne.

Pour ma part, je reste persuadé que la question sociale est essentielle, sans nier la question de la revendication identitaire. Meme si je parle d'un système féodal, bien sur que c'est différent de l'Ancien Régime, mais le terme est relativement bien approprié vu l'exploitation que subissent la population de la part d'un maire, d'un préfet, ect…

Beaucoup des investissements promis par le gouvernement restent à l'état de projet et fondent comme neige au soleil le temps de faire la route Ankara-Diyarbakir. Par exemple, Gap se fait sans prendre l'avis des populations locales. Vous me direz que c'est la même chose pour divers projets de barrage dans le Pontus sauf que là encore, les violations des règles internationales sont encore plus bafouées dans le sud-est.

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De anne12

12 | 00H01 | 21/11/2008 | Permalien

Et bien Greenworld parlez de notables ou de bourgeoisie locale, c'est moins cliché que de parler de « féodalisme », même si je ne vois pas très bien de quoi vous parler avec ces « maires » exploitant leurs administrés.

Quant au Vali - préfet- représentant de l'Etat, ce n'est pas un notable local.

Pour ma part je pense surtout qu'on n'arrête pas la démocratisation en chemin. C'est comme une porte qu'on voudrait laisser entre-ouverte.
Qualifier les revendications kurdes de question « identitaire », me gêne d'ailleurs, c'est plutôt une question de libertés.

Portrait de LaPaz

De LaPaz

technicien | 17H28 | 21/11/2008 | Permalien

« Deux femmes dehors à 6 heures du mat sont forcément des putes…Je vous passe la suite si elles étaient kurdes… »

Beaux clichés qui parlent à ceux qui sont convaincus d'avance de la « barbarie » turque, mais clichés quand même.

Le gros défi de la Turquie c'est de continuer sur la voie démocratique et du développement économique malgré le terrorisme, et sur cette voie elle ne doit évidement compter que sur elle-même…

Portrait de anne12

De anne12

12 | 19H36 | 21/11/2008 | Permalien

Evidemment qu'elle ne doit compter que sur elle même et sur ses démocrates.
Vaut mieux pas compter sur les autres, les US ont essayé de l'amener en Irak, ça n'a pas marché.

Portrait de LaPaz

De LaPaz

technicien | 20H31 | 21/11/2008 | Permalien

C'est sûr qu'avec des « démocrates » qui pensent à vous bombarder par magnanimité, ça pousse à se défier de cette sorte de bienveillance.

Portrait de anne12

De anne12

12 | 21H26 | 21/11/2008 | Permalien

Pardon ?

Portrait de yoruk

De yoruk

au fil de l'eau | 09H03 | 22/11/2008 | Permalien

Merci, Anne12, merci de me rappeler que Finike est un port, merci de me rappeler que Finike est somme toute assez éloigné de la frontière Sud Est de la Turquie. Cà m'avait totalement échappé….

Merci aussi de m'habiller pour l« hiver du syndrome de “Joe le plombier” avec votre appréciation sur le “ridicule” de l“intégration de l'épicier kurde.

Vous sortez la phrase de son contexte. Le cadre de blog, défini par Marie Antide est : ‘turcs et kurdes, l'interminable face à face.’ Et, dans ce cadre je témoigne tout simplement de ce que je vois. De ce que je vois ici, en Turquie, en ce moment, avec mes yeux, à Finike. Dans quelques mois, en plein hiver, nous irons dans l'Est turc et on verra… Et, après avoir vu, je me forgerai ‘mon idée’ critique et lucide je l'espère, et non une appréciation déformée par les filtres médiatiques du style ‘Youtube ou Dailymotion'. Et je témoignerai de ce que jaurai vu.

Pour tout dire il y a quelque chose qui me dérange dans les commentaires de ce blog, c'est l'utilisation de clichés et de poncifs issus tout droit de la pensée unique. L'archétype est l'approche de la démocratie : la Turquie, doit persévérer dans son approche de la démocratie…’ Quelle définition de la démocratie : la notre, faite d'égoïsme et de brutalité, ou la leur. Personnellement, et encore une fois, sur ce que je constate ici, je ne suis pas certain du tout de la supériorité de notre modèle…
Alors, c‘est vrai que la démocratie turque est confrontée à un dur chalenge avec le problème kurde. Cest celui de la violence. Les militaires sont ils la bonne réponse ? ? ? Les politiques jouent-ils le jeu de lintérêt citoyen ? ? ? Les média respectent ils un minimum de déontologie ? ? ? Marie Antide pose la question.
Par respect pour ce peuple que j'apprécie, pour cette terre qui a vue naître lEurope je me refuse de porter des jugements. Et pour le moment je témoigne et je témoigne que les kurdes peuvent parfaitement s'intégrer.
Tiens, je n'y résiste pas, mais la comparaison est tentante. Je suis breton, francophone et francophile… Ce n'est pas si vieux, votre arrière grand-mère aurait pu en entendre parler par son arrière grand-père… Combien de morts lors de la chouannerie, et à quel titre ? ? ? Ne s'agissait il pas déjà de défendre la démocratie… Alors, faisons confiance aux turcs hein…

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