Quand les agences d'intérim prêchent l'esprit de mission


Dans un cabinet de services financiers de Neuilly-sur-Seine en 2007 (Olivier Culmann).

Vous ne pouvez pas avoir manqué ces pubs de Manpower : « Un jeune Français a deux fois plus de risque d'être chômeur qu'un jeune Allemand. Et quatre fois plus qu'un jeune Danois. Arrêtons le gâchis. Imaginons de nouvelles solutions, vite. » Gros plan sur les efforts entrepris depuis quelques années par les entreprises d'intérim pour acquérir une image d'employeur modèle.

« Dis, raconte-moi l'intérim. » Et bien, c'est l'histoire d'un secteur dont les entreprises étaient qualifiées de « nouveaux marchands d'hommes » (par l'économiste Guy Caire en 1973) et qui aujourd'hui se revendique comme « vecteur important d'insertion professionnelle », selon le Prisme, syndicat du secteur. Beau cas de « storytelling », dira-t-on aujourd'hui pour faire mode ; ou plus prosaïquement, bel effort de marketing RH.

A l'origine, un dispositif pour personnes « en difficultés professionnelles »

L'acte fondateur de cette nouvelle histoire a lieu en janvier 2005. La loi Borloo autorise les entreprises d'intérim à réaliser des placements en CDI et CDD ; en septembre de la même année, un accord de branche facilite les embauches de personnes « en difficultés sociales et professionnelles particulières ». L'intérim joue désormais un rôle plus large que la gestion des pics d'activité ou le remplacement de salariés absents.

Creyf's Intérim change son nom en « Start People : agence d'emploi » et Manpower adopte le slogan « créateur de solutions d'emploi ». Le syndicat des entreprises de travail temporaire (Sett) voit la lumière et se rebaptise Prisme (professionnels de l'intérim, services et métiers de l'emploi). Un petit film édifiant sur le site illustre cette évolution.

Les entreprises du secteur proposent donc désormais des offres d'emploi en CDD, CDI ou intérim. A la carte. D'ailleurs –l'histoire continue- et si l'intérim était une solution choisie ? Pour la liberté, la diversité des expériences menées, la rémunération plus élevée… Cette tentative de séduction s'adresse en particulier aux cadres. Une population investie avec force par les entreprises de travail temporaire, comme Adecco, qui a créé au début de l'année un réseau « Adecco Experts ».

Employeur choisi, donc et même… modèle. C'est le clou de l'histoire. Les intérimaires bénéficient de formation professionnelle, ont accès à une mutuelle et au crédit immobilier par l'intermédiaire du Fonds d'action sociale du travail temporaire (Fastt). Intérimaires sans galère, donc.

Résumons. Vous pensiez qu'intérimaire rimait avec précaire ? Les entreprises de travail temporaire françaises sont à la pointe de « l'innovation sociale », avec « trente cinq accords en vingt ans et le statut de l'intérimaire le plus protecteur d'Europe », selon le Prisme. Elles sont mises en cause, et parfois condamnées pour discrimination raciale ? Elles se dotent d'une charte déontologique, proposent des guides détaillés sur l'attitude à adopter en cas de dérapage du client, bref, s'affichent comme pionnières de la lutte contre les discriminations. Un exemple avec ce spot radio d'Adia.

Le passage « en douceur » des entreprises au « mode projets »

Travailler à coup de missions successives ne vous tente toujours pas ? Pourtant c'est l'avenir, comme le montre l'adoption du CDD « à objet défini » ou l'organisation des entreprises en « mode projet ». Bref, c'est un peu comme si les entreprises du travail temporaires nous montraient le chemin d'une flexibilité heureuse, choisie, responsable. « Better work, better life », comme dit le slogan d'Adecco. La critique est systématiquement retournée. C'est beau comme un revers décroisé.

Il existe tout de même quelques études, quelques chiffres qui grippent cette belle histoire. Un document de la Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques (Dares) notamment, où 75% des intérimaires déclarent qu'ils auraient préféré un CDI. 80% ont recours à ce type de contrat parce qu'ils « ne trouvent pas mieux » et ont besoin d'un revenu rapidement. 87% jugent que leur type de contrat les empêche de faire des projets à long terme.

Il y a aussi des témoignages, comme celui de la journaliste Elsa Fayner (« Et pourtant, je me suis levée tôt », éd. du Panama, 2008), qui s'est immergée trois mois dans le monde du travail précaire. Mais ces témoignages sont peu nombreux. D'après le Fonds professionnel pour l'emploi dans le travail temporaire (FPETT), les intérimaires estiment à 52% que leur situation est une « solution d'attente », 64% pensent qu'elle est « utile mais ne doit pas durer ». Il est vrai que l'on n'a pas tellement envie de (se) raconter d'histoires dans ces moments-là.

56 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Servais-Jean

à N.MARECHAL Portrait de N.MARECHAL De Servais-Jean

Hi-Han | 20H52 | 09/06/2008 | Permalien

« Avec l'intérim la culture d'entreprise s'épuise et le coeur n'y est pas.

Ce sont deux paramètres qui ne sont pas chiffrables donc qui doivent être écartés. C'est ce que pensent les managers de ces sociétés.
Ils ne demandent que la force de travail, les sentiments, pour eux, n'existent pas.
Tant que nous n'accepterons pas cette évidence rien ne sera possible pour l'amélioration de nos conditions de vie.

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 18H05 | 09/06/2008 | Permalien

Un autre regard sur l'intérim :
http://www.missioninterimshow.blogspot.com/

Un esprit de mission ou de démission ?
Après l'immigration jetable, bienvenue dans le travail jetable :
un contrat toutes les deux semaines sur 6 mois qui c'est qui s'y retrouve le plus : le patron ! ! !

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de Triquoise

De Triquoise

rouge de honte | 18H06 | 09/06/2008 | Permalien

ça me fait penser à Total qui fait de la pub pour l'environnement, alors qu'il vend de la pollution.

On vit vraiment une époque où la communication prime sur l'action.

Avant de crier que l'intérim est la panacée, je me demande ce que je préfèrerais pour mes fils… et curieusement, ce n'est pas l'intérim.

Alors comment se fait-il que cette notion du travail qui devrait rester marginale devient pratiquement la norme ?
Parce que ça profite toujours aux mêmes, ceux qui veulent que la flexibilité ou la flexsécurité (peut importe son nom) s'impose à tous (sauf à eux) parce que ça les arrange, eux.

La technique de comm ? On montre quelques gagnants du CDI via l'intérim (comme le loto), on prétend que leur liberté est plus grande alors qu'il payent leur dépendance au prix de leurs repères professionnel et personnel à long terme et enfin, on leur dit que leur situation est meilleure que s'ils étaient au chômage.

Quand cesserons-nous le nivellement par le bas ?

Portrait de Révolutiona

De Révolutiona

Hawwah | 18H20 | 09/06/2008 | Permalien

J'y suis restée cinq ans en intérim entre 2001 et 2006, suite au ralentissement économique après l'attentat des Twin Towers : tous les grands groupes avaient gelé leurs embauches.

Je déplore leurs pubs scandaleuses vous faisant croire qu'ils vont vous faire évoluer, oui, en slalom entre les diverses enseignes, à la pêche aux missions.

Je n'ai toujours pas compris, ni mes amies intérimaires, comment ils géraient leurs fichiers. Il suffit de pointer le nez au bon moment : « c'est tout ! ». Vous leur téléphonez à la recherche d'une mission qui vous permettra de surnager et vous tombez sur la voix mélancolique d'une standardiste qui vous dit : « c'est calme ! »…

Ou vous avez un bon chargé de mission qui vous suit bien, mais comme ils changent tous les deux ans, tout est à refaire, et ce n'est plus une question de compétences, mais de coup de coeur.

Je ne parlerai pas non plus des salaires qui ne correspondent pas à celui de la personne remplacée… L'intérim est un miroir aux alouettes, sauf pour ceux qui débutent… L'expérience n'est pas valorisée, avec ou sans expérience, même tarif…
Il est quelquefois des entreprises qui ont un peu plus de conscience, mais en général, ces agences vous vendent comme des pièces de charcuterie au meilleur tarif, tant pis pour vous, si vous ne bouclez pas les fins de mois : l'important, c'est que le client soit content, et vous, vous avez intérêt quoi qu'il arrive à garder le sourire ! Sinon, gare…

Et je ne parle pas des « fausses offres » diffusées par l'ANPE avec des conditions et salaires attractifs pour des postes qui n'ont jamais existé, rien que pour attirer le chaland et refaire leur fichier… J'ai pas lu tout l'artice (because match de foot ! ), mais j'ai pas fini de « cracher ma valda ».

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Portrait de MAGENTA

à Révolutiona Portrait de Révolutiona De MAGENTA

Pesteux génétique | 20H37 | 09/06/2008 | Permalien

Envoies moi un CV détaillé ,j'aurais peut être une mission pour toi : -))))))

Portrait de Révolutiona

à MAGENTA Portrait de MAGENTA De Révolutiona

Hawwah | 01H15 | 10/06/2008 | Permalien

@ Magenta :

Je crains le pire, mais toi aussi, tu peux t'attendre au pire !

Bon, les bleus sont dans la « gadoue »… PPDA exit…
Les groupies de mon « oeil bleu » veulent monter une association de « ceux qui écoutent »… Pas de bol, tout faux, c'est une de mes qualités « essentielles », plus que ma virginité que j'ai dû perdre sur un tatami !

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Et heureusement parallèlement, des juristes alimentent mon dossier sur l'organisation du temps de travail…

La fin de ma « valda » (en travers de la gorge) pour demain… Je lirai quand même plus l'article avant… parce que je risque malgré mes remarques pertinentes et même « top », de me retrouver encore dans les « inutiles » ou les « nazes ». Cela pas question ! Bigre, bigre !

D'ailleurs, en raison de mes protestations « virulentes », les Assedics ont fini par me compléter mes salaires de mission jusqu'à mon salaire de référence : cette méthode devait être généralisée, mais à ma connaissance, il n'y a que moi qui en ai bénéficié.

En France, c'est toujours celui qui crie le plus fort qui a raison, c'est bien connu.

Allez Magenta… Publie ton offre d'emploi sur le site que je puisse me rendre compte si elle correspond à mes compétences nombreuses et variées… De toute façon, je suis classée pour l'instant dans les « Invalides » pour une durée indéterminée !

Portrait de MAGENTA

à Révolutiona Portrait de Révolutiona De MAGENTA

Pesteux génétique | 07H30 | 10/06/2008 | Permalien

Madame

Je vous remercie de l'intérêt que vous témoignez à ma proposition d'emploi.

Après avoir étudié avec soin votre CV, je regrette de ne pouvoir y donner une suite favorable. Le profil et l'offre ne me semblent pas en adéquation avec mes attentes.

Je vous souhaite tout le succès possible dans votre recherche de partenariat

Sincères salutations.

MAGENTA SA

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Même pas vrai ,je veux bien te prendre à l'essai comme stagiaire sans rémunération bien entendu ! ! ! !

Portrait de Révolutiona

à MAGENTA Portrait de MAGENTA De Révolutiona

Hawwah | 10H54 | 10/06/2008 | Permalien

@ Magenta :

Tu t'es pris une pastille de « Naze », scélérat !

Tu vois, j'ai ma garde rapprochée…

De toute façon, je suis exceptionnelle, ingérable, caractérielle, passionnelle, bref, un petit « amour de coccinelle » !

Et je suis en stage intensif de requinat !

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Les dents de la mer, c'est pour bientôt, un « remake » mieux que Spielberg… J'spère que tu trembles déjà de peur !

Portrait de Révolutiona

à Révolutiona Portrait de Révolutiona De Révolutiona

Hawwah | 10H56 | 10/06/2008 | Permalien

Déjà cinq pastilles rouges, avant que je n'ai fini de poster… C'est trop fort la technique !

Qui tire plus vite que son ombre, dans le coin ?

Portrait de Nya

De Nya

technicienne informatique à Grenobl... | 19H10 | 09/06/2008 | Permalien

he oui, l'interim ce n'est pas rose. Souvent vous etes un numéro, un cv de plus à placer ici ou là. (j'ai vécu. Plusieurs contrat pour une agence avec qui les echanges se sont limité à mes feuilles de paye et mes relevés d'heure).
Mais ça dépend des agences. Il y a quand même des agences d'interim qui gèrent vraiment bien leur affaire. Il y a quelques années j'avais fait une mission un peu longue en interim. La responsable de mon dossier passait de temps en temps. Prenait le café avec moi, demandait si tout allait bien, discutait avec le client, prenait le temps de me tenir au courant de ce qui se passait à l'agence. Bref, une gestion RH qui consiste juste à « échanger », et que je n'ai retrouvé chez aucun autre employeur par la suite.
Alors oui l'intérim c'est pas génial. Mais parfois ça a quand même ses avantages. Moi ça m'a mis le pied à l'étrier. Parce que la responsable d'agence a forcé la main de mes premiers employeurs. Personne ne voulait embaucher de jeunes sans expérience…
Et entre nous, il vaut parfois mieux bosser pour une agence d'interim que pour une SSII. Tant qu'a être un jour ici, un jour là, au moins en interim vous avez la prime de précarité pour compenser.

Portrait de vol19

De vol19

awash | 19H16 | 09/06/2008 | Permalien

Il est intéressant d'observer que ce sont les grands groupes d'intérim qui rachètent actuellement les sociétés de conseil en management (re-organisation, RH, coaching, fusion/acquisitions…) alors qu'il y a aune dizaine d'années ces rachats se faisaient par de grandes SII informatiques.Ce qui veut dire ? Puissance actuelle de l'intérim ou tendance sociale à l'organisation d'un salariat par projets/programmes pracaires avec des logiques d'accompagnement « cadrées » et limités dans le temps ? Intéressant de voir si la personnalité contemporaine hypermoderne justement ce satisfait de ce mode d'organisation ?

Portrait de lycos0702

De lycos0702

jeune actif pragmatique et de gauc... | 20H40 | 09/06/2008 | Permalien

Il faut fusionner dès que possible les agences d'intérim avec l'ANPE UNEDIC.Cet objectif doit être prioritaire du programme de gauche .
Leur prise de pouvoir croissante dans plusieurs secteurs effectivement exigeant en flexibilité (BTP, hôpitaux, industries…) se propage comme une trainée de poudre dans des secteurs beaucoup moins exigeants en flexibilité tels la banque, l'ingénierie, l'assurance, qui y voient par ce biais un moyen de ne pas se décider trop vite et de mettre la pression sur les petits nouveaux …
Comme en 1789( rappelons le la révolution fut menée par les bourgeois : les cadres d » aujourd hui ), la propagation de l'intérim aux cadres dans le cadre des missions va précipiter cette révolution.
En jouant à l'apprenti sorcier , car préférant les grosses marges des contrats pour cadres, l'intérim va tout simplement précariser une part non négligeable des
futurs meneurs…

Portrait de Souris_Verte

à lycos0702 Portrait de lycos0702 De Souris_Verte

aux aguets | 16H27 | 10/06/2008 | Permalien

heu… et comment la gauche va-t-elle s'y prendre pour nationaliser des boîtes d'intérim qui ne sont pas françaises ?

Portrait de Elice

De Elice

20H53 | 09/06/2008 | Permalien

Je suis étudiante en économie-gestion et je m'essaye à l'interim pour financer les études et diverses choses. Pourquoi ? Parce qu'en tant que jeune sans aucune expérience, et sans piston, on ne trouve rien, ou peu, en envoyant ses CV et ses lettres de motivation là où le vent les porte.

Sans expérience donc. On connait le refrain. « Vous avez un très bon bagage mais pas d'expériences, désolés ». Ca pour être désolés… Bref. Les jeunes n'ont pas tellement leurs chances. Il faudrait déjà avoir fait ses preuves et les stages que l'on s'est fatigués à faire ne suffisent jamais.

Mais je m'éloigne du sujet. L'intérim donc. J'ai eu l'occasion de cotoyer de nombreuses personnes au cours de mes missions, et jamais aucune d'entre elle ne m'a dit préférer l'intérim à un contrat déterminé. Alors oui, la paye est peut-être plus élevée mais les missions proposées se ressemblent et certaines sont aussi abrutissantes que leurs précédentes.

Le salaire, c'est une chose. Mais qu'en est-il du moral ? de la culture d'entreprise ? de son intégration dans la société par le travail ? Changer de collègues tous les 4 matins, devoir s'adapter sans cesse à un nouvel environnement, de nouveaux locaux, une nouvelle ambiance… C'est peut-être bien un temps, on acquiert de l'expérience, oui, oui, OUI.

Pourtant, la précarité est bien là. La précarité c'est l'instabilité, c'est un équilibre en faux-semblant. Il est évident que pouvoir s'identifier et s'intégrer dans une entreprise est un facteur de développement de soi et d'épanouissement personnel majeur.

J'ai encore du mal à voir comment l'intérim peut apporter ce genre de choses, pourtant si important !

Portrait de saivo

De saivo

21H27 | 09/06/2008 | Permalien

l'interim je peux en parler je suis inscrit à 10 agences et cela depuis 4 ans et à chaque fois j'ai droit au traditionnel « c'est calme ! » et,ce à n'importe quel moment de la journée ; pourtant je possède 4 diplômes (Bacs, DEUG …) . quant aux envois de CVs+lettres de motivation, j'ai arrêté depuis le début de l'année car j'en ai tellement envoyé avant (=réponses négatives si ils répondent ! ! ) alors comment faire pour trouver du boulot ! ! pub pour l'interim = publicité mensongèere ! !

Portrait de Révolutiona

à saivo Portrait de saivo De Révolutiona

Hawwah | 01H30 | 10/06/2008 | Permalien

Tout à fait, et en plus, tous les « permanents » pensent qu'on gagne plus en intérim : que nenni ! Il y a 30 ans, oui, c'était l'âge d'or, il y avait même des primes d'été…

Maintenant, avec les binômes, trinômes et quadrinômes, le recours aux intérimaires est exceptionnel… Et puis, les salaires sont tirés vers le bas, en TOUTE ILLEGALITE ! Différence parfois de plus de 1000 euros par mois…

La prime de précarité : du vent ! Bon pour les débutants uniquement, pas les chevronnés… Avant seulement la sélection de l'agence comptait… Maintenant, il faut envoyer le CV, sélection entre plusieurs candidates, quand il ne faut pas passer trois entretiens internes à l'entreprise pour une simple mission de 3 semaines, sans possibilité ultérieure de CDI !

Et puis, nous n'avons plus de prénom, ni de nom : nous devenons « l'intérimaire » ! Les autres ne s'appellent pas « CDI »… Sous-emploi par excellence ! Méconnaissance de ce statut… Mes ex-collègues me disaient devant ma charge grandissante, voire galopante de travail : « oh ne te plains pas, maintenant tu as un CDI, avant tu étais intérimaire ! »… Oui, mais maintenant, je suis INVALIDE ! J'ai tout gagné ! ! ! !

Portrait de Ech-picard

De Ech-picard

22H29 | 09/06/2008 | Permalien

J'ai rencontré des intérimaires heureux !
Si Si ! Avec un téléphone portable toujours ouvert de peur de louper une mission. Je me suis posé la question à l'apparition de ces joués fort coûteux surtout pour une population précaire et pas très fortuné. La réponse est tombé pour être le premier à avoir du boulot.
La formation : les boites d'intérim sont comme les autres soumises à cotisation pour la formation professionnelle.
Les « bénéficiaires » de courte mission ne sont pas « formables ». Vous n'allez pas envoyer un maçon en formation pour une mission d'une semaine ou moins.
Il reste des fonds inutilisés pour les autres et il est même possible pour l'utilisateur final de ne rien payer du tout. Tout le monde est content l'intérimaire qui touche 60% du SMIC (il est en formation) l'organisme de formation, la boite d'intérim, la boite cliente.
J'ai connu des intérimaires « éternellement en formation » donc heureux c'est obligatoire.
La boite d'intérim vous aide à acheter la bagnole d'occase pour aller au boulot vous pouvez obtenir un crédit…………. le taux est juste un peu plus élevé qu'un crédit normal !
Et l'intérim dans la fonction publique ?
Ma factrice est contractuelle depuis plus de 7 ans.
Il ne reste plus que 3 titulaires sur 10 dans le bureau de poste de mon coin.

Portrait de gabriel12

à Ech-picard Portrait de Ech-picard De gabriel12

Etudiant en finance | 23H17 | 09/06/2008 | Permalien

Pour La Poste, on peut les comprendre pke quand ils embauchent qqun il savent que ils ne pourront jamais s'en séparer ! C'est pourquoi si on veut faciliter les embauches, il faut aussi faciliter les licenciements.

Portrait de Révolutiona

De Révolutiona

Hawwah | 01H22 | 10/06/2008 | Permalien

Une société d'intérim qui proposait des CDI (soit disant ouverture à l'époque en mode « recrutement CDI » - cela avait toujours existé - la préembauche…), qui m'a riposté un jour : « oh non, nos clients veulent des candidates qui sont déjà en CDI ! ». J'étais alors intérimaire !

Le gag : c'est l'hôpital qui se fiche de la charité : les sociétés d'intérim elles-même renient leur propre job… Elle s'est pris un mail « virulent », le premier moment de surprise passé et j'ai eu pour réponse : « il me semble que vous n'ayez pas compris ce que je vous ai dit ! »… Mais si, si ! J'avais bien compris, hélas !

D'ailleurs, quelle idée de quitter un CDI, pour aller en intérim avant que votre essai ne soit transformé en CDI, si transformation, il y a ?

En plus, indubitablement, le niveau professionnel des intérimaires est supérieur à celui du personnel en fixe, car il faut avoir de la marge pour prendre une mission au pied levé… Surtout en informatique, je me souviens d'un décalage énorme, les formations n'avaient pas eu lieu en interne, alors qu'en tant qu'intérimaires, nous ne sommes que détachées si nous atteignons un certain niveau à leur tests super informatisés (temps de réaction sur la souris : il y avait intérêt que cela clique comme une claque ! ).

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Portrait de jeanG

De jeanG

Une préparation MCSE avec joie | 12H12 | 10/06/2008 | Permalien

J'ai débuté ma carrière comme intérimaire en 1986, travaillé avec toutes les grandes enseignes de France et de Navarre.

Des SMIC j'en ai connu, des plus hauts, des plus bas, puis je me suis spécialisé dans l'Informatique, tout allait bien sauf que le SMIC me suivait presque toujours.

En 2005, j'ai effectué une mission ou je devais me rendre en Europe, base 35h00, contrat d'un mois renouvelable, heures sup. en plus.

A la même date, ma mère est rentrée en hospitalisation « Fin de vie » et je devais, par tout les moyens conserver cette mission.

Alors j'ai fait le dos rond, des heures et des heures et tout le tralala…

J'ai été payé en correspondance le premier mois puis, mission renouvelée, en fin du deuxième mois mon chef de projet m'avertit qu'il va m'enlever des heures sur le deuxième mois car la facture du premier était trop lourde… sic !

Je me suis retrouvé avec, d'un coté, 45h00 par semaine noté 25h00 et de l'autre mes obligations.

Je suis allé rendre compte de ceci à l'agence d'Intérim ; le gestionnaire de compte à favorisé le client…

En 2007, fin de mission SSII, je suis de nouveau inscrit à l'ANPE.

Depuis lors, je danse la « gigue » face à des interlocuteurs qui mettent en concurrence 300 CV pour une mission d'une heure.

De toutes les manières, chaque fois que je rentre dans une agence je peux danser comme je veux car je n'ai jamais les mêmes interlocuteurs…

Plutôt qu'utiliser du papier comme vecteur de communication, je recommanderais aux boîtes d'Intérims le vent… moins polluant, plus proche des accords du Grenelle de l'Environnement et de notre politique de l'emploi.

Portrait de Révolutiona

à jeanG Portrait de jeanG De Révolutiona

Hawwah | 11H08 | 12/06/2008 | Permalien

Terrible expérience, Jean, que n'accepterions-nous pas pour payer notre loyer, nos autres charges, nous nourrir ?

Ils jouent terriblement là-dessus ! et vu la pénurie de missions, je me demande comment ils vivent ? Sont-ils sponsorisés par les clients qui leur confient la tâche de leur trouver de la main-d'oeuvre à bon marché ?

D'ailleurs moins de pub à la TV, celle de l'intérimaire hyper génial, qui monte dans les arbres pour prise de son de chouettes la nuit, des passionnés d'un autre type : des gens sains, intéressants, intrépides.

J'ai connu le temps où les agences nous suppliaient de ne pas partir en vacances dès le jeudi, car ils avaient plein de missions à pourvoir. C'étaient elles qui nous rappelaient…

Maintenant, il faut être inscrit à 10 agences au moins, et renouveler son stock constamment… Une mission en passe de finir et remitraillage sur le marché de l'emploi envoi de CV, entretiens pour de nouvelles missions, en plus de finir l'actuelle…

Pas du tout tranquillou !

Portrait de malampia

De malampia

14H41 | 10/06/2008 | Permalien

Dans Chantier Interdit au Public, Nicolas Jounin présente l'interim comme l'une des première pourvoyeuse de main d'oeuvre dans le secteur du BTP parisien.
l'interim est selon lui le théâtre de toutes les vexations, de tous les racismes, de tous les chantages…
Et puis, l'interim permet aussi aux entreprises clientes de faire travailler une main d'oeuvre à bon marché, souvent en situation irrégulière, corvéable à merci.
La qualité du travail s'en ressent ainsi que la sécurité des ouvrages construits. la santé des intérimaires et leur sécurité passent au second plan, derrière la rapidité d'exécution…
Bref, l'interim est un univers barbare qui profite du malheur des gens pour satisfaire les impératifs de la libre concurrence. C'est la mise en œuvre non mondialisée de la délocalisation.
Attention cependant : ce livre est l'expression d'un point de vue personnel, basé certes sur une expérience vécue, mais qui ne peut être considéré comme une peinture objective de l'interim. Le sujet mériterait d'être débattu en public. Organisez-nous ça, Rue 89.

Portrait de gnagna

De gnagna

15H26 | 10/06/2008 | Permalien

Bonjour, les réformes du service public, secteur culture, prevoient l'emploi d'interimaires dans des établissements comme les bibliothèques par exemple. ça signifie tout simplement que les bibliothécaires qui partent en retraite ne sont pas remplaçés, que les concours sont gelés, les mutations bloquées, mais c'est pas grave, des gentils interimaires vont nous remplacer ! On se demande bien pourquoi on s'est décarcassé pour bucher ces concours alors qu'il aurait suffi de pointer en agence interim ! Bien sur, le statut du fonctionnaire et celui de l'intérimaire sont totalement différent et on voit bien comment l'état y trouve son avantage ! ! ! Fini les syndiqués, les planqués … peut-etre, mais fini aussi l'intéret pour son travail et celui du service public, des collections etc. On ne s'implique pas de la meme façon avec ces types de contrat. Je suis triste de voir cela arriver mais je me prépare à aller moi meme m'inscrire dans ces agences, car le fonctionnaire est un futur intérimaire.

Portrait de Révolutiona

De Révolutiona

Hawwah | 20H12 | 11/06/2008 | Permalien

Pour positiver, je dois dire qu'au cours de ces cinq années galères, j'ai eu trois missions très intéressantes : dans la motivation de cadres supérieurs, dans la mise au point de comptabilité et gestion d'un nouveau service de e-commerce, et dans la communication interne…

Et c'est celles-ci qu'il faut mettre en avant, le reste, aussi haut eûssent-elles été placées ne semblent pas avoir « séduit » mes éventuels futurs recruteurs !

Ils m'ont jugée « sur pièces », « à l'usage »… me découvrant peu à peu, repoussant les limites, se servant de moi comme une locomotive pour traîner celles qui s'enracinaient dans la demeure depuis plus de 25 ans, et le jour où j'ai dit que je souhaitais changer de département : ô malheur !

Cela a dû leur sembler finalement insupportable de me perdre définitivement ; ils ont préféré que je « quitte » définitivement la société, plutôt que de me laisser l'opportunité de mettre mes talents au service d'autres secteurs de l'entreprise : vraiment expérience funeste !

Portrait de MAGENTA

à Révolutiona Portrait de Révolutiona De MAGENTA

Pesteux génétique | 20H58 | 11/06/2008 | Permalien

Tu sais que j'ai connu les premiers contrats intérim chez BIS ! ! ! A l'époque c'était vraiment quelque chose de nouveau ,on connaissait pas mais il y avait du boulot ,on changeait souvent ,c'était interressant de voir d'autres boites ,d'autres gens ,d'autres nanas ! ! ! !
Bon ,si tu cherches un emploi déraisonnable ,fais moi signe : -)))

Portrait de Révolutiona

à MAGENTA Portrait de MAGENTA De Révolutiona

Hawwah | 16H06 | 12/06/2008 | Permalien

Fais-moi un siiiiiigne, fais-moi un cygne…

Non sérieusement, je ne recherche pas, parce ze zouis malade et les Assedics ne veulent pas de moi… J'ai pris pension à la CPAM ! La cantine est bonne !

Et en attendant, je me « paluche » les problèmes judiriques du siècle ! L'emploi, la récidive, les peaux-de-toutous, les malotrus, les Belzébuths…

Aujourd'hui, cela va, je suis inspirée, j'ai la plume facile, elle court, elle court au gré du vent !

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