
L'entreprise, une amie qui vous veut du bien

Longtemps confiné dans le secret du cabinet du médecin du travail, le stress a fait une entrée fracassante dans les bureaux des DRH et des dirigeants. Au-delà de ce zoom médiatique sur les risques psychosociaux, la santé physique des salariés, leur bien-être général, font aujourd'hui partie des préoccupations affichées par les dirigeants. L'entreprise s'est-elle transformée en Big Mother watching for you ?
Traumatisés par les récentes vagues de suicides, les managers scrutent le visage de leurs collaborateurs, à la recherche de signaux de détresse. Les entreprises qui en ont les moyens s'offrent les services de psychologues en ligne, réalisent des audits sur le climat interne ou créent des observatoires des conditions de travail. Pour les cabinets spécialisés, comme l'Ifas ou Stimulus, les missions pleuvent ; derrière les enjeux de santé se trouve aussi un business du stress.
Cette soudaine activité masque un certain désarroi : les chefs d'entreprise sont démunis sur les solutions à mettre en œuvre pour lutter contre le stress, pourtant dénoncé depuis longtemps comme » le problème de santé le plus répandu dans le monde du travail » par l'Agence européenne de santé et de sécurité au travail. Par rapport au Canada, à la Grande Bretagne et aux inévitables pays scandinaves, la France est en retard ; au royaume du stress (11000 suicides par an, toutes causes confondues), rien ne presse.
En Grande-Bretagne notamment, la Health Safety Commission met à disposition du chef d'entreprise toute une panoplie d'outils pour établir un diagnostic de la santé mentale de ses troupes et enclencher le cas échéant des actions correctives. Une revue de stress pragmatique, aux antipodes des hésitations françaises devant un problème qui se développe » à la frontière entre la sphère privée et la sphère sociale » , et pour lequel » les facteurs de causes et d'effets se croisent à l'infini » , comme le soulignent Patrick Légeron et Philippe Nasse dans leur rapport.
Les entreprises veulent des esprits sains dans des corps sains
Les dirigeants français qui commencent à peine à se sentir concernés par le problème n'en sont pas encore à maîtriser leur questionnaire Karasek sur le bout des doigts et à appliquer une logique de prévention des risques psychosociaux. Par contre, soucieux du bon état physique de leurs troupes, ils mettent en œuvre des actions de santé préventives dans d'autres domaines. Vous êtes fumeur ? Vous voilà fortement encouragé par votre entreprise à suivre une formation pour arrêter. Grâce au DIF, dites non à la cigarette ! La méthode Allen Carr fait un tabac dans les milieux professionnels. Au grand désespoir des choco-addicts, les paniers de fruits remplacent les distributeurs de barres chocolatées. Les cantines d'entreprise se mettent au bio. Les pots de départ sont sans alcool : nul doute, on trinque vraiment à la santé des salariés.
Bien sûr, on est encore loin d'une situation à l'américaine, où les entreprises qui offrent une couverture santé à leurs salariés les mettent au régime pour diminuer le… poids de ces dépenses. En France, il s'agit d'abord de se conformer à la loi : l'employeur a l'obligation de protéger la santé physique et mentale de ses salariés et doit pour cela évaluer a priori les risques professionnels. Cet enjeu juridique peut ensuite se transformer en contrainte économique, y compris pour les risques psychosociaux. En reconnaissant des suicides comme accidents du travail, les Caisses primaires d'assurance maladie ouvrent la porte à des indemnisations pour les ayants droits.
Au-delà de ces différentes contraintes, l'entreprise préfère avoir des salariés bien-portants, détendus, heureux. Le calcul est simple : » On constate que le bien-être et l'épanouissement des salariés sont des facteurs de plus en plus importants pour l'efficacité de l'entreprise » , peut-on lire sur le site jaimemaboite.com, lancé par Sophie de Menthon, présidente de l'association patronale Ethic.
Dans une logique de réconciliation des Français avec l'entreprise chère à Laurence Parisot, il s'agit de mettre en œuvre des mesures tous azimuts pour que les salariés, du moins certains d'entre eux, se sentent bien : conciergerie d'entreprise, locaux gais et conviviaux, challenges sportifs entre collègues, cours de cuisine avec des grands chefs pour cadres dirigeants (dont on se demande quand ils auront le temps de mettre ce savoir en pratique). Le » must » : cette entreprise japonaise qui accorde un jour de congés en cas de rupture sentimentale (et plus on est âgé, plus on a de jours de récupération : enfin une mesure de management des seniors).
Souriez, vous travaillez. Bientôt, tout soupçon de mauvaise humeur sera traqué comme oiseau de mauvais augure, annonciateur d'un risque psychosocial pouvant peser sur l'entreprise. Après les gros et les fumeurs, va-t-on vers un bannissement des présumés dépressifs parce qu'ils seraient moins productifs ? Pourtant, le lien entre bonheur et implication au travail est plus complexe qu'il n'y parait : on peut être très impliqué dans son travail tout en étant malheureux ; et l'on peut être parfaitement heureux tout en y étant peu investi, comme le montrait la première édition du Baromètre Ipsos/Accor Services du » bien-être et de la motivation » (sic).
De toute façon, les tentatives de cocooning n'obtiennent pas de résultats probants. » Depuis 2005, tous les indicateurs liés à l'environnement professionnel se dégradent » , peut-on lire dans le dernier baromètre :
» Les conditions de travail, la qualité de vie au travail, l'ambiance de travail, l'accomplissement, la fierté ou la satisfaction professionnelle, tous ces fondamentaux de la relation à l'entreprise perdent entre cinq et dix points en à peine deux ans. »
L'entreprise est une amie qui vous veut du bien. Mais qui, pour le moment, vous fait encore du mal.
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De TARPON
12H32 | 04/04/2008 |
le stress est le corollaire de la faiblesse psychologique d'une generation qui a peur de Tout.Grandes gueules sur les forum,mais s'ecrasant dans le metro devant un petit loubard .A force d'etre couvée,excusée.on a donné naissance à une generation virtuelle qui ne sait plus affronter les plus petites difficultés de la vie.Courage,fuyons.
à TARPON
De Thiery
12H37 | 04/04/2008 |
Merci docteur pour le diagnostic !
Et comme traitement vous préconisez quoi ?
à Thiery
De Ludhic
12H45 | 04/04/2008 |
Entre nous Thiery, et je n'ai pas peur de te le dire ici en face : le ton hystérique que tu emploies pour répondre au précédent post me stresse énormément.
Bon, ça règle pas le problème, mais ça fait du bien de le dire…
à Ludhic
De Thiery
12H58 | 04/04/2008 |
Heureux de te faire « du bien »
à Thiery
De TARPON
16H51 | 04/04/2008 |
Attention,ça rend sourd !
à TARPON
De CA Not Dead
Glandouilleur Pro | 12H47 | 04/04/2008 |
Ouais, c'est bien vrai !
Il faut virer les vieux, qui ont peur d'être flexible, peur des changements de méthodes de travail, peur des jeunes et qui regarde leur grande messe tous les soirs sur TF1 en y cherchant leur réconfort ! (ironie inside)
à CA Not Dead
De Alexad
15H46 | 04/04/2008 |
Ce sont justement ceux qui ne regardent pas TF1, qui ont tendance à réfléchir, à se remettre en question, à rester dynamiques, ceux qui ont conservé un esprit critique, se cultivent encore et toujours et qui font bien leur boulot, qu'on torture, dont on se débarrasse qui se suicident ou qui y pensent.
Les paresseux politiquement corrects à profils bas ne sont pas concernés.
à Alexad
De DBL8
Retraité | 07H10 | 05/04/2008 |
CA Not Dead | Glandouilleur Pro 13H47 04/04/200 ///
Et parmi eux, il y a des VIEUX ! !
Être vieux c'est de naissance, même VIEUX CON !
Comme le chantait Brassins, ne l'oubliez pas.
à CA Not Dead
De monika
ex secrétaire médicale | 10H28 | 05/04/2008 |
Au glandouilleur de 1ère classe
Un jour vous serez « vieux » également, alors votre patron va vous virer car vous aurez peur des changements et peur de ne pas assumer. HA HA ça me fait rire.
Sachez que les « vieux » ont de l'expérience et que ce ne sont pas des petits jeunes qui vont leur faire peur. Un jeune intelligent va puiser sa richesse auprès d'une personne compétente plus âgée. . Comme dis mon mari, mon métier je l'ai appris auprès du chef d'atelier qui a bien voulu m » apprendre le métier avec patience. Mon mari a fini sa carrière comme chef d'atelier, et après ce fût lui qui enseignait les jeunes. Qu'auraient fait ces jeunes ainsi que mon mari sans une personne expérimentée pour leur apprendre le métier, pour les guider dans leur profession. Eh bien je crois qu'il auraient été virés !
Virés avant d'être vieux. HA HA …. !
à TARPON
De monika
ex secrétaire médicale | 14H34 | 04/04/2008 |
A tarpon (PARIS)
Le stress est un problème bien plus profond que cela.
Je ne pense pas que vous soyez stressé dans votre vie professionnelle et cela le prouve lorsque vous dites que l'on ne sait pas affronter les petites difficultés de la vie.
Difficultés ? : qu'elles soient grandes ou petites lorsque vous êtes obligés de bosser pour payer vos factures vous n'avez pas le choix, alors vous dropez !
Vous êtes parisien et bien je puis vous dire : arrêtez de nous faire des queues de poisson en voiture. Vous êtes stressé ? Ah oui pour aller en Week end !
à monika
De TARPON
16H59 | 04/04/2008 |
On a eu de tout temps des factures à payer .Le « stress » est un manque de confiance en soie ,parce qu'on ne veut pas affronter le quotidien .en entreprise,c'est le refus des responsabilités .L'etre humain est devenu une loque qui se defoule quand il est caché ,au volant d'une voiture qui va lui permettre de s'enfuir ,devant un clavier,masqué.Aucun courage ,des mauviettes .
à TARPON
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H29 | 04/04/2008 |
Votre monde est vraiment étroit TARPON. Un monde étroit de mec qui plus est ! Quant à votre esprit, ça n'est même pas la peine d'en parler, il va forcément avec le reste.
à TARPON
De monika
ex secrétaire médicale | 18H18 | 04/04/2008 |
A tarpon
Le stress est un manque de confiance en soi. Quelle idiotie de votre part. Je suis sûre que vous êtes patron et que vous collaborez avec le MEDEF.
Prenons un exemple si vous le permettez. Une personne dans votre entreprise est en retraite et vous ne remplaçez pas cette personne , alors vous dites à l'un de vos employés : bon aujourd'hui vous accomplissez telles et telles tâches, tâches qui correspondaient auparavant au travail effectué par deux personnes, en l'occurence la personne en retraite et votre employé. Croyez vous que l'employé ne va pas stresser devant un tel labeur ! Alors qu'il connaît son métier ! Moi j'ai connu le stress mais ce n'est pas parce que je n'avais pas confiance en moi mais parce que j'avais trop de travail que je ne pouvais assumer toute seule. Non Monsieur on ne peut pas effectuer le travail de deux personnes sur une seule journée. Ce qui entraîne le stress, pas par manque de confiance, ni pour incompétence mais pour manque de temps. Vous prenez les employés pour des citrons, vous les pressez et quand il n'y a plus de jus vous les jetez ! quelle mentalité. LAMENTABLE !
Le STRESS Monsieur, ce n'est pas un manque de confiance en soi, c'est réaliser que l'on n'aura pas assez de temps pour accomplir le travail demandé, travail que l'employé est plus à même de réaliser que le patron ! mais le patron vous tiens par les couilles puisque les factures qui vous tombent sur le dos eh bien il faut les payer. Allez pressez le citron !
à TARPON
De jac le rat
aventurier | 19H39 | 04/04/2008 |
Tarpon, l'Homme Nouveau ! ! !
à TARPON
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 19H59 | 04/04/2008 |
« Le “stress” est un manque de confiance en soie ,parce qu'on ne veut pas affronter le quotidien . »
….en soie ! ! !
Toujours dans la dentelle , le Tarpon , roi de la Toile !
A quand la « reprise » du travail ?
à TARPON
De Papillon de Guyanne
éxilé en cavale | 06H12 | 05/04/2008 |
Vous parliez d'une « generation », laquelle ?
à TARPON
De monika
ex secrétaire médicale | 09H29 | 05/04/2008 |
Avez-vous vu le film de C CHAPLIN : les temps modernes ? Ce film relate les cadences infernales dans les entreprises, le travail à la chaine dans les ateliers de production. Produire, Produire et encore plus.
Mon neveu travaille comme cela à la production. Il recouvre les sièges de voitures de leurs jolies housses. Eh bien le patron vous accorde un temps très minuté, à la seconde près pour recouvrir un siège.
Voilà c'est ça le stress. Produire, produire de plus en plus vite pour la rentabilité et pour remplir les poches du patron. Aucune humanité !
à TARPON
De Révolutiona
Hawwah | 21H10 | 10/04/2008 |
Il est évident que Monsieur TARPON ne connaît pas le stress, mais a-t-il jamais une fois travaillé ?
La question mérite d'être posée…
à monika
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H34 | 04/04/2008 |
Monika, il ne faut pas faire attention à ce que dit tarpon, il est toujours comme ça sur tous les sujets.
Et en plus il note toujours naze s'il n'est pas d'accord avec vous. Peut-être qu'il n'aimait pas ses parents ? Allez savoir ! Ou alors il habitait dans une caserne ? Qui sait !
à Les Chats
De monika
ex secrétaire médicale | 06H38 | 05/04/2008 |
Merci les chats
Je crois plutôt que Tarpon a des oeillères.
Cordialement.
à Les Chats
De Thiery
19H38 | 04/04/2008 |
Salut « les chats »
Toujours ce petit trait d'humour qui remet les choses à leur juste place ! ! !
à TARPON
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 15H28 | 04/04/2008 |
Franchement TARPON vous n'en loupez pas une.
Ce que vous dites est en parti vrai pour certains, de là à en faire une généralité, il ne faut quand même pas exagérer.
Résumer le stress en 2 lignes, faut le faire !
Et si on suit votre raisonnement, comment expliquer le stress chez des personnes plus mature, donc d'une autre génération que celle dont vous parlez ?
Le stress est provoqué par celui ou celle qui se comporte de manière très autoritaire et injuste, par des situations instables et des sentiments de culpabilité.
Je vous signale aussi qu'on arrive à stresser des personnes qui ne le sont pas, en leur interdisant de plaisanter, de rire ou de parler au travail.
à TARPON
De nada
17H49 | 04/04/2008 |
Batard !
à TARPON
De Foret22
réactionnaire mais pas conservateur | 19H29 | 04/04/2008 |
Pour aller dans le sens de Tarpon, je rajouterai que rien n'interdit dans notre beau pays d'être son propre patron .. et échapper ainsi à la dure condition de travailleur salarié …
Mais, là encore, peu de courageux se présenteront
Et nos schizofrènes habituels préferont le salariat protecteur, malgré son corollaire structurel : la perte d'une partie de sa liberté …
Et rassurerez vous Tarpon, prochainement en plus de faire condamner l'Entreprise parce qu'elle « stresse », nos gentils Blogeurs de Rue89 arriveront à faire condamner leurs propres géniteurs car ils prouveront leur responsabilité dans leurs insuccès scolaires, sentimentaux et professionnels
Bref, vive l'irresponsabilité à tous les étages ….
NB : pour l'idée d'être patron, je garantis tout de même un paquet de stress …
NB2 : donc mieux vaut ne pas naître et ainsi s'éviter de souffrir de la vie …
à Foret22
De existe
20H00 | 04/04/2008 |
Nécessité faisant loi, on trouve une plus grande proportion de « schizo » (phrènes, et non frènes ou fresnes…) ou de caractériels de tous poils, bref de types complètement frappés, chez les patrons que les salariés, car ces cinglés sont incapables de s'adapter, de s'intégrer, de travailler en équipe, de fonctionner en collectif.
De Foret22
réactionnaire mais pas conservateur | 09H00 | 06/04/2008 |
Bravo Existe ! ! ! !
Bien sûr que tous les patrons sont border-line
Bien sûr que tous les salariés sont des gentils saints
Bien sûr que l'autogestion a fait ses preuves
Bien sûr que les patrons sont des parasites …
Bien sûr que le Père Noel existe
Bien sûr que le socialisme est le modèle sociétal idéal
Bien sûr, même si c'est mentir à soi-même
Bien sûr que vous avez raison
Bien sûr que tout autre pensée est intolérable
Bien sûr …
Signé : le gars qui n'est sûr de rien, sauf que tout travail est aliénant ET libérateur
Bref, que la vie est paradoxale et que le manichéisme à 2 sous n'apporte pas beaucoup en sagesse …
à Foret22
De existe
10H16 | 06/04/2008 |
Ajustez vos lunettes et évitez de m'affubler de vos défauts.
Je n'ai pas dit que tous les patrons sont « border-line » ou psychopathes, comme vous voudrez, mais qu'ils le sont en plus grande proportion que les salariés.
De Foret22
réactionnaire mais pas conservateur | 14H00 | 06/04/2008 |
Ah Oui, le mythe du gentil ouvrier et du méchant patron …
Vive le Père Noël ! ! ! ! Votre idole
à Foret22
De existe
15H08 | 06/04/2008 |
Le monde du travail ne se réduit pas à l'ouvrier et son patron, lui-même bien souvent ouvrier s'étant mis à son compte.
à Foret22
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 18H01 | 06/04/2008 |
@Forêt 22,
réactionnaire mais pas conservateur, c'est quoi au juste ? une non-redondance, un non-truisme, une non-contre-vérité (comme on dit chez les socialos…)
je ne suis pas un orateur aussi doué que Victor Hugo (député de la 6e circonscription de Paris) qui, montant à la tribune de l'Assemblée nationale, disait : « Chers confrères, et dans “confrères”, il y a “frères”… », mais je voudrais bien savoir ce qu'il y a dans « mais pas conservateur ».
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/