Hillary Clinton ou le syndrome de la première de la classe

C'est un syndrome bien connu : les filles sont premières de leur classe, mais les sommets des entreprises ou des Etats sont occupés par des hommes. Le cas d'Hillary Clinton, quoi qu'on pense du fond de sa campagne, est emblématique des difficultés rencontrées par les femmes dans leur accès au pouvoir. Quatre pièges guettent celles qui essaient de conjuguer féminité et leadership :
- Le look, piège le plus grossier mais qui reste efficace
Qu'elles le veuillent ou non, les femmes sont jugées sur ce critère. Les choix artistiques du coiffeur d'Hillary Clinton, les frais de maquillage de Ségolène Royal, les changements de coupe d'Anne Lauvergeon font gloser, alors que je n'ai jamais entendu de commentaires sur les boucles de Bill ou la raie sur le côté de Jean Syrota, prédécesseur de la patronne d'Areva. Si les femmes jouent la neutralité en tentant de se fondre dans la marée de costumes gris-noir, elles courent le risque de commentaires plaisants du type : « Elle ? C'est un vrai mec ! “ Si elles assument leur féminité, elles sont accusées de vouloir séduire par d'autres atouts que leur seule intelligence. Sans compter qu'au moindre accident de Bretzel, tout le monde pensera qu'Hillary est une femme battue.
- La gestion des émotions, scrutée à la loupe
Hillary qui pleure ou qui rit. La première larme de la sénatrice de New York dans la campagne a fait couler beaucoup d'encre et a contribué, dit-on, à sa victoire dans les primaires du New Hampshire. Il faudrait plutôt se demander pourquoi il est si difficile à une femme aspirant à de hautes fonctions de pleurer en public. Les larmes, c'est pourtant ‘un truc de fille’.
Mais un homme qui s'y adonne, à moins qu'il ne se transforme en fontaine, sera jugé attendrissant, touchant. Il aura exprimé son côté féminin et cela sera porté à son crédit comme une preuve d'‘intelligence émotionnelle’. Lorsqu'une femme dans le top management reste de marbre en toutes circonstances, elle apparaît dure comme la pierre, ambitieuse, sèche. Masculine. Mais si, à l'inverse, elle pleure, c'est forcément parce qu'elle aura ‘craqué’. Submergée par ses émotions, sera-t-elle capable de diriger un pays ou une entreprise ? Les larmes, quoi qu'on en dise, sont une arme fatale pour les hommes, pas pour les femmes.
- L'affichage de la vie personnelle
De ce point de vue, Hillary n'a plus de secret, bien malgré elle. Cette charge s'est reportée sur sa fille, et quand Chelsea Clinton refuse de répondre aux questions sur l'affaire Lewinsky, on sent pointer un reproche latent. Les femmes et les hommes publics doivent répondre différemment de leur vie personnelle. Je n'ose imaginer les commentaires si Ségolène Royal, élue présidente, s'était mariée avec un mannequin-chanteur de douze ans son cadet.
Plus généralement, le sacrifice de la vie familiale apparaît comme malheureux mais inévitable et normal pour les hommes. Pour les femmes, c'est presque une tare monstrueuse. Personne ne demande à un futur dirigeant ‘qui va garder les enfants’. Une ministre ou une chef d'entreprise se doit d'expliquer que, malgré un emploi du temps surchargé, elle parvient à passer des moments de qualité avec sa progéniture.
La maternité rassure et doit être prioritaire : d'abord mère, ensuite cadre dirigeante, enfin, femme, voilà la combinaison gagnante des différentes identités féminines. Dans l'ordre décroissant de la menace posée aux hommes. Et encore. Dans une entreprise, le cadre photo avec toute la petite famille est perçu différemment selon qu'il décore le bureau d'un homme ou d'une femme. Dans le premier cas, il est une preuve de normalité : marié, deux enfants, trois s'il n'a pas trouvé la virgule. Dans le second, il est perçu comme un signal d'alerte : attention, sa vie privée compte, elle pourrait ne pas accepter de bonne grâce les réunions à 19 heures.
- Le piège de la compétence, le plus subtil
Quel candidat a le meilleur CV ? Et pourtant, Hillary Clinton ne va probablement pas remporter les primaires démocrates, même si l'écart avec Barack Obama se resserre. Il est fascinant de voir à quel point l'expérience, la compétence, la cohérence dans les dossiers se sont transformés en fardeau pour elle.
Plusieurs facteurs expliquent cette dégringolade. D'abord, personne n'aime les premières de la classe. Il existe une certaine sympathie pour les ‘dummies’ assumés et les cancres repentis. Quand Obama dit qu'il n'est pas le roi de l'ordre, et qu'elle l'attaque sur ce point, pensant avoir trouvé un point faible, elle commet une erreur. C'est l'image d'une institutrice qui vient en tête, devant laquelle on se sent toujours petit et en faute.
De plus, une première de la classe s'enferme dans une logique de perfection dans laquelle seuls les meilleurs, ceux qui savent tout, méritent de continuer. Elle se retrouve donc inévitablement -car oui, elle est humaine- à embellir ou mentir sur ses exploits passés. Or admettre une faute pour une femme, c'est scier la branche méritocratique sur laquelle elle se sent légitimement assise. Cela vaut l'exclusion du circuit quand pour un homme, ce peut être un simple accident de parcours, rien d'irrémédiable.
Récemment, Obama a expliqué qu'il se sentait plus ‘CEO’ (président) que ‘COO’ (directeur général). Clinton a répliqué en disant qu'il fallait que le futur président des Etats-Unis maîtrise ses dossiers. Les numéros deux dans les entreprises sont exactement comme les femmes lorsqu'elles montent dans les hiérarchies de pouvoir : ils sont pris au piège de la compétence. Généralement ils connaissent leur société mieux que personne, notamment que leur numéro un. Mais cette proximité avec les dossiers les condamne à la myopie quand leurs chefs peuvent exprimer une vision, et au désamour de leurs troupes qui les voient quotidiennement prendre des décisions difficiles alors qu'elles révèrent les premiers de loin. Injuste ? Dans la vie, contrairement aux bancs de l'école, ce ne sont pas les meilleurs élèves qui gagnent.
Les femmes sont des invitées récentes à la table de jeu des grands de ce monde. Elles tombent dans le travers que connaissent beaucoup de minorités : prouver à la majorité qu'elles y ont toute leur place en montrant qu'elles maîtrisent parfaitement les règles. Or celles-ci peuvent changer en cours de route. Il y a un côté tragique dans la vie d'Hillary Clinton, si elle échoue, parce qu'elle aura sacrifié beaucoup à la connaissance de lois politiques devenues repoussoirs pour certains électeurs. Et surtout, on n'attend pas d'un leader qu'il suive les règles. Mais qu'il en invente de nouvelles.
PS : si vous êtes un homme, je suis sûre que cette chronique vous a énervé ou mis mal à l'aise. J'attends donc vos théories pour expliquer pourquoi il n'y a pas plus de femmes au pouvoir.
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De Gringo
| 10H02 | 22/04/2008 |
Je ne comprends pas bien les « si Ségolène Royal avait été élue, ce serait bien pire ».
Vous ne trouvez pas que Sarkozy en prend déjà suffisamment dans la tronche pour son look rolex, sa taille, sa chanteuse de femme, son manque de culture, de diplome etc… ?
Pas que je le défende, mais perso, ca m'énerve les « Sarko l'est p'tit, j'aime pas les nains », il y a suffisamment à critiquer sur sa politique je trouve.
à Gringo
De compte supprimé17
13H03 | 22/04/2008 |
Tu as raison mais tout de même la puérilité de la critique (la taille) n'est pas comparable aux deux grands handicaps que représentent le fait d'être noir ou une femme pour accéder au pouvoir.
Si Obama à lentement pris une longueur d'avance c'est qu'Hillary est tombée dans le piège que rencontre toute femme dans sa position.
Indira ghandi,Golda Meir, Tatcher et quelques autres se sont exprimées la dessus. Entrer dans un jeu d'homme, utiliser les mêmes armes, les mêmes concepts, les mêmes stratégies. Ce chemin semble le bon puisque les hommes parviennent à la première place, logique.
Parfois cela réussi (voir les exemples plus haut) mais reste des exceptions.
Apparemment le calcul d'Hillary est celui là. Ressembler à l'homme politique et aller un peu plus loin pour faire la différence, bref ! Devenir une caricature . (là je pense très fort à Tatcher et à la guerre des malouines)
Ségo a bien tenté une expédition en terre macho avec ses drapeaux face à Sarko. Bilan mitigé !
Le pire dans cette aventure (américaine)est que les deux vrais adversaires sont dans le même camp et qu'ils luttent en utilisant comme arguments leurs handicaps respectifs d'être une femme (la femme de bill) et d'être noir.Deux handicaps qui, se ressemblant tant face au monde blanc masculin, devraient les allier les unir. Au lieu de cela ils les tuent
Mortel ! Mortel ! ! !
L'homme blanc(Mc Cain), même vieux même malade ? même délirant ( la guerre a outrance en Irak et ailleurs) risque de l'emporter.
à Gringo
De I.P
Flat4 | 15H59 | 22/04/2008 |
Je ne comprends pas bien les « si Ségolène Royal avait été élue, ce serait bien pire ».
Vous ne trouvez pas que Sarkozy en prend déjà suffisamment dans la tronche pour son look rolex, sa taille, sa chanteuse de femme, son manque de culture, de diplome etc… ?
En attendant ce n'est pas lui qui passait son temps à être montré du doigt parceque sa langue avait fourché (bravitude) ou qu'il ne connaissait pas le nombre de sous-marins.
Là où je ne suis pas d'accord par contre c'est quand on dit que Ségolène Royal été déscendue en flammes à la moindre erreur parcequ'elle est une femme au lieu d'admettre son manque de talent oratoire et son amateurisme.
à I.P
De hoshiko
19H39 | 22/04/2008 |
Ah bon ? Parce qu'un ancien ministre des finances qui dit « héritance » pour « héritage » (de la maison de mamie), c'est pas une langue qui fourche, peut-être ?
Quant aux sous-marins, Ségo avait l'excuse d'être passée la première sur le grill. La semaine suivante, Sarko était invité de la même émission, le journaliste lui pose une question (un peu différente quand même, faut pas pousser) sur les sous-marins, et il s'y rétame autant qu'elle…
Mais personne n'en parlait à l'époque. Oh, c'est peut-être parce que les journalistes voulaient que Sarko soit élu ! M'enfin, les 2 seules différences entre les 2 étant la couleur politique et le sexe, je me dis que le sexe à peut-être à voir… Surtout qu'on ne tapait pas trop sur Bayrou non plus…
à Gringo
De ART MONIKA
14H09 | 23/04/2008 |
Merci, Marianne Saint-Germer. C'est un bel article, clair et net.
Vous avez bien raison : certains hommes n'aimeront pas votre article. C'est pourquoi je mets mon message tout près de celui de Gringo. Au lieu de parler du sujet, il parle de … Sarkozy. Un pauvre chou que certains (ils ont effectivement tort) traitent de nabot et d'autres (ils ont raison) taxent d'inculture.
Or, que dites-vous de si choquant ? Que les femmes sont des êtres humains comme les hommes, mais qu'on les traite toujours d'une autre façon, plus péjorative. C'est prouvé tous les jours, à tous les échelons et dans tous les domaines de la société. Si nous faisions une analyse linguistique des discours sur Sarkozy versus Royal aux dernières Présidentielles, nous tomberions littéralement de notre chaise et nous aurions la HONTE.
Hillary Clinton pourrait être la première femme Présidente des USA mais, le machisme étant ce qu'il est, certains jugent plus « cool » qu'un Noir soit élu. De même, entends-je parfois, certains jugeraient plus « cool » qu'un homosexuel
(Delanoë) soit élu plutôt qu'une femme (par exemple S. Royal) à la présidence de notre république.
Hélas, cette cause là est toujours seconde…
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
10H06 | 22/04/2008 |
J'ai trouvé votre article d'une injustice puérile. Et vlan, un pavé dans la mare et il n'est pas en mousse celui-là.
Hillary Clinton c'est un peu retour en arrière, voilà pourquoi elle a du mal. Elle en a d'autant plus qu'elle fait preuve de quelques oublis, amnésies, incohérences. Elle s'essaye à la larmichette, Sarkozy ne la désapprouverait pas lui qui a passé des années à se plaindre de l'injustice de son sort (Salengro's spirit).
Qu'elle se pomponne ou pas, à mon avis, n'affecte pas le jugement des électeurs américains, ça ne change rien au fait qu'elle soit déjà usée en politique. Les temps changent, les nations veulent des idées nouvelles, faire du neuf avec du vieux ça ne toque personne, la ficelle est élimée.
Et puis Royal était-elle obligée de nous raconter sa vie privée ? Elle s'est montrée passablement gaspilleuse en frais de maquillage, et uniquement de maquillage et de coiffeur, ça ne pardonne guère même si son concurrent avait lui aussi beaucoup à masquer. Quand on avance dans une campagne que « un euro dépensé sera un euro utile », bon là vous avouerez que quelque part quand on reçoit la « petite facture » on s'interroge.
De toutes manières, et quoi que vous en disiez, c'est bien le fond qui est en cause, plus que le fait d'être une femme. Pour Obama tout ne va pas tout seul non plus, mais ce qui ressort des primaires américaines c'est que les électeurs ont soif de renouveau et le facteur âge apparait comme beaucoup plus important que toute autre considération.
Pour moi Clinton fait mémère, Mc Cain c'est carrément la maison de retraite. Obama est un juste compromis.
Si on me demande ce que je préfère aujourd'hui pour la France, Royal, Bayrou, Sarkozy, je continue à dire que je préfère un quadra entouré d'une équipe de quadras donc aucun des 3, tous trop marqués par la politique. Et je ne vous parle même pas des autres partis, bonjour les dégâts.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De petit pain
10H51 | 22/04/2008 |
.
« Quadra entouré d'une équipe »…
Vous pensez à Besancenot d'ici peu ?
.
à petit pain
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
11H12 | 22/04/2008 |
Non, tout au contraire, c'est bien le dernier auquel je pense.
Je voulais dire : il en viendra d'autres, qui bousculeront la hiérarchie et l'ordre établi soigneusement au sein de toute la gauche, du genre « toi tu prends les ultras, moi je prends les modérés, on leur vend la même salade, le même compassionnel et le même culbénitisme sous des formes différentes, ils n'y verront que du feu ».
Voilà ce que je pense.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De yamato
21H38 | 22/04/2008 |
Et Hop !
Un autre poncif ! Il faut être jeune pour avoir des idées neuves…
Hitler est arrivé au pouvoir à 44 ans, avec une équipe de quadras.
Besancenot manipule (mal et superficiellement) des concepts qui ont 150 ans (ce qui ne veut pas dire par principe qu'ils soient à jeter.
Enfin, tout cela pour dire qu'émettre un jugement politique en fonction de l'age, du sexe ou de la couleur des chausettes…
Notre ami Brassens le chantait ; me semble-t-il.
Quand on est con, on est con, et l'age n'y est pour rien (ou à peu près ça, comme je vieillis, vous comprenez…)
De avivelefeu
10H06 | 22/04/2008 |
je suis un homme et cette chroniqueme rappelle juste que le combat contre le sexisme est loin d'être fini.
Maintenant défendre une femme qui veut le pouvoir n'est pas la solution. les hommes ou les femmes qui ont le pouvoir sont des oppresseurs et il faut les combattre également. On ne combat pas une oppression (le sexisme) en favorisant une autre (le pouvoir politique).
De Plipo
blablateur de trolls | 10H09 | 22/04/2008 |
« PS : si vous êtes un homme, je suis sûre que cette chronique vous a énervé ou mis mal à l'aise. J'attends donc vos théories pour expliquer pourquoi il n'y a pas plus de femmes au pouvoir. »
Ne serait-ca pas de l'androginie cette petite remarque cinglante ?
Madame Saint-Germer : non les hommes ne sont pas tous de inconditionnels de la phalocratie.
Vous combattez une injustice qui est basé sur une standardisation très ancienne de l'image de la femme et vous usée d'une même image standardisée pour parler des hommes..
Alors, voilà je suis un homme et je trouve votre article très juste et pertinent, je ne suis pas du tout mal à l'aise et encore moins en colère, à part bien sûr pour ce petit PS : )
Amicalement
à Plipo
De hoshiko
15H17 | 22/04/2008 |
Non, ce n'est pas de la « misandrie » (Wikipédia : Le mot misogynie vient du grec ancien misosgyné. Il est formé de deux mots grecs anciens μῖσος (misos) (haine) et de γυνή (gyné) (femme).) ni surtout de l'« androgynie » (re-Wikipédia : Un androgyne est un être humain dont l'apparence ne permet pas de savoir à quel sexe il appartient. Quand une personne est physiquement porteuse des deux sexes on parle plutôt d'hermaphrodisme. Le terme est aussi revendiqué par certaines personnes qui ont une identité de genre ni tout à fait masculine ni tout à fait féminine, quelque soit leur apparence physique.), c'est une petite pique humoristique pour faire réagir.
Et « ne serait-ce » pas « ne serait-ca », « des inconditionnels » pas « de inconditionnels » (mais j'admets la coquille pour ces deux-là), « phallocratie » pas « phalocratie », « basée » pas « basé », « vous usez » pas « vous usée ».
Vous, vous n'étiez pas « première de la classe », monsieur, moi si… ; )
à Plipo
De Asse42
Posteur Royaliste | 00H53 | 23/04/2008 |
Tout comme Plipo je ne me sens pas mal à l'aise avec cette analyse parce que j'avais fait la même pendant la campagne présidentielle ! Et même avant. Dès la déclaration de candidature de ségolène Royal on a vu ressortir à vitesse grand V tous les clichés masculins sur le féminin. Ca a constitué un obstacle de plus à surmonter sans aucun doute.
La femme est encore une minorité… Ca fait drôle d'écrire cela comme ça.
De Phil2922
Retraite invalidité | 10H10 | 22/04/2008 |
Alors que le dossier des « subprimes » fait beaucoup de dégâts aux Etats-Unis, les deux candidats démocrates sont muets sur les problèmes économiques… Desproges aurait dit : étonnant, non.. ? !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De Valéry
10H20 | 22/04/2008 |
Non, Phil, les deux candidats parlent essentiellement d'économie. Le seul à avoir mis du temps à comprendre l'ampleur de la crise est Mc Cain. Obama et Clinton le lui reprochent quotidiennement.
De Gringo
| 10H11 | 22/04/2008 |
Extrait de « comptes de campagne, les cigales et les fourmis » sur la Rue.
SÉGOLÈNE ROYAL
Rouge à lèvres et gadgets
de sécurité refusés
La candidate socialiste a dépensé près de 21 millions d'euros. La commission chargée de la tenue des bons comptes à, en effet, jugé « excessif » les 51 659 euros de « frais de maquillage et de coiffure » et a décidé de n'en rembourser que le tiers. […]
NICOLAS SARKOZY
Trop de maquillage
et de plateaux-repas
Champion de l'élection, il était aussi le plus riche : 21 038 893 euros dont plus de sept millions de dons de personnes physiques. […]
En revanche, comme Ségolène Royal, il a abusé de poudres et autre pinceaux. Ses 34 445 euros de maquillage -pas de coiffure pour lui- sont divisés par trois.
Mêmes abus, même traitement : x 1/3
à Gringo
De hoshiko
15H30 | 22/04/2008 |
« Mêmes abus, même traitement » ? !
51 659 euros de « frais de maquillage et de coiffure » pour elle, 34 445 euros de maquillage - pas de coiffure - pour lui.
Je suppose qu'on peut penser qu'elle en a eu pour 35 000 de maquillage (oui, j'admets c'est + qu'énorme), seulement, le makeup de Ségo, je l'ai bien vu (normal, une femme pas maquillée « discret mais visible », ça ne fait pas sérieux). Par contre, Sarko, je ne lui ai pas vu de mascara ou de rouge à lèvres, donc, c'est quoi tout ce pognon pour du maquillage ?
N'oubliez pas qu'à chaque fois qu'ils passent à la TV, ils sont (normalement) maquillés par la chaîne.
à Gringo
De Asse42
Posteur Royaliste | 00H55 | 23/04/2008 |
C'est vraiment petit comme argument… Vous savez ce que l'on met dans cette catégorie de maquillage vous ? Il n'y aurait pas le salaire d'une maquilleuse ou autre en plus par exemple ?
Ces justiciers qui jugent sans savoir c'est très énervant.
à Asse42
De Gringo
| 08H31 | 23/04/2008 |
Il n'y a pas d'argument, et encore moins de jugement.
Je réponds à l'affirmation de Marianne Caliméro St Germer qui dit (relisez l'article) :
« Qu'elles le veuillent ou non, les femmes sont jugées sur ce critère. […], les frais de maquillage de Ségolène Royal » ; c'est vraiment trop injuste. Eh bien non, mêmes abus, même traitement.
Et ce n'est même pas moi qui juge cela abusif (quoique si, en l'occurence, mais pas dans mon post), c'est la comission chargée des remboursements de campagnes électorales.
Et si vous voulez mon avis, je trouve qu'autant de frais de maquillage (d'un côté comme de l'autre), c'est indécent. Cela représente combien de mois de salaire d'un électeur ? D'un autre côté, je ne m'y trompe pas, je sais bien qu'il ne s'agit que d'une ligne comptable dans un tableau et que, non, on ne sait pas exactement ce qu'il y a derrière.
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 10H13 | 22/04/2008 |
Vous oubliez juste qu'elle a en face d'elle un homme noir donc par définition victime de plus d'à priori qu'elle.
De clive
10H13 | 22/04/2008 |
Votre théorie à vous, que je partage dans ses grandes lignes, ne me semble pas s'appliquer parfaitement au cas d'Hillary Clinton.
Clinton est une femme, Obama est noir, McCain est agé (et malade ? ).
Le premier qui a utilisé l'argument racial dans la campagne était…Bill Clinton. Tous les coups sont permis, et H. Clinton n'est pas la dernière à utiliser les basses manoeuvres.
Peut-être son premier handicap est d'être l'héritière des dynasties Bush/Clinton au pouvoir depuis 20 ans.
De ClaireChar
10H14 | 22/04/2008 |
Alors je vais sans doute vous surprendre mais il n'y a sans doute pas que les hommes qui vont trouver à redire à votre article.
C'est caricatural et excessif
Par exemple sur le côté première de la classe qu'on pénalise, c'est absolumment réservé aux femmes
Je vous rappelle la victoire de Bush contre Gore en 2000 c'était exactement ça, l'arrogance et superiorité intellectuelle de Gore a énervé les américains moyens qui voyaient dans le raté scolaire et ancien alcoolique Bush qq'un comme eux
Ensuite le côté les femmes doivent rendre davantage de comptes sur leur vie privée que les hommes, je crois vraiment pas que ce soit là aussi un bon exemple Bill Clinton ayant dû rendre beaucoup de compte en la matière et Sarkozy n'étant effectivement pas épargné par la presse sur sa relation avec C.bruni.
Idem pour la gestion des émotions, c'est archi faux puisque les fameuses larmes de Hillary Clinton lui ont effectivement plutôt apporté que coûté en termes d'image donc que l'exemple est mal choisi
Seuls points où je vous rejoins peut être c'est sur le look qui sont davantage scrutés chez les femmes que chez les hommes et la maternité même si cela change très très vite, notamment dans la génération 30/35 ans, les hommes qui ne s'occupent pas de leurs enfants sont très mal perçus au même titre que les femmes
à ClaireChar
De Asse42
Posteur Royaliste | 01H01 | 23/04/2008 |
Clair
Comme d'habitude, parce que vous êtes une femme peut-être, vous ne voyez qu'un côté des choses.
Lorsque vous dites que l'on critique sarko pour Bruni. On dit quoi qu'il fait de la com, mais qu'il a levé quand même une belle pépé, non ? On critique mais avec envie presque.
Imaginez ségolène Royal avec un mannequin de 12 ans son cadet ? Quelles auraient été les critiques selon vous ? Elle a raison de s'éclater avec un jeunot ? Il est beau le premier homme de France ? Il fait honneur à notre pays ? etc… Vous plaisantez j'espère on aurait dit qu'elle est une p… et vous le savez très bien.
C'est ce que je n'accepte pas chez ces femmes qui se veulent modernes en reniant les obstacles dûs à leur genre. Oui vous êtes une femme et oui pour vous ce sera plus dur que pour un homme si vous voulez accéder à des responsabilités. Que vous le niez est symptomatique de l'évolution individualiste et égoïste de cette société.
Vous en êtes le parfait exemple, merci de l'exprimer.
à Asse42
De ClaireChar
09H12 | 23/04/2008 |
Cher ASSE42 votre nom gagne toute ma sympathie en cette fin de saison rassurante !
POur revenir à notre sujet, je vous rejoins absolumment sur le point d'une femme avec un jeune versus un homme avec une femme jeune
100% d'accord avec vous sur ce point.
Je reconnais absolumment la différence de traitement sur un certain nombre de points entre la femme et l'homme, au détriment de la femme le plus souvent
Maintenant pour revenir au centre de l'article, attribuer les échecs d'un certain nombre de femmes (clinton ou royal) au fait qu'elles soient des femmes je trouve ça un peu facile
Ensuite je maintiens que les obstacles majeurs à l'évolution des carrières et encore une fois je travaille dans un milieu exclusivement masculin (la finance) , je suis la seule femme de mon entreprise actuellement et bien l'obstacle à l'évolution de la carrière est principalement celui des enfants.
et le décalage de perception avec la génération du dessus qui visualise encore les femmes comme celles qui vont s'absenter quand le petit est malade, ne pas être fiable, ne pas vouloir faire les déplacements à l'étranger etc…
C'est bien différent dans la génération du dessous
Et encore une fois je ne parle que de la vie des cadres, celle effectivement qui pourronty à un moment prendre le pouvoir, car les discriminations sont beaucoup beaucoup plus fortes dans les postes d'ouvrieres ou employés qui sont à la merci de chefaillon machiste et mongolien ; ce qui est il faut le reconnaitre beaucoup moins le cas dans les cadres supérieurs
C'est horrible à dire mais c'est vrai
De Martin D
10H16 | 22/04/2008 |
je trouve dicriminatoire de vouloir imposer toujours plus de femmes au détriment de la compétence de la personne…
à Martin D
De Asse42
Posteur Royaliste | 01H03 | 23/04/2008 |
Et moi je trouve discriminatoire de vouloir imposer au reste de la société des hommes incompétents, corrompus, lâches et avides. Chacun ses valeurs.
De Valéry
10H17 | 22/04/2008 |
Je suis un homme (noir). Cet article ne m'a pas mis en colère. Je le trouve simplement très pauvre. La parité est une cause essentielle à défendre, mais de grâce, pas comme ça !
Sur le détail, quelques erreurs : Si, Bill a en son temps, été sévèrement attaqué pour avoir immobilisé l'aéroport de Los Angeles à cause d'une coupe de cheveux. L'affichage de la vie personnelle a été une stratégie concertée (bien que fluctuante) du camp Clinton, certainement pas une épreuve imposée. Le reproche de « 1er de la classe » est un contresens savoureux : tous deux sont issus de la « Ivy League », mais c'est à Obama que Mc Cain et Clinton reprochent ensemble d'être « élitiste », « loin du peuple »…
Sur le fond, si je penche pour Obama c'est pour deux raisons. La 1ère, immédiate, affective, c'est qu'il est noir. Ne soyons pas hypocrite, l'arrivée d'un noir à la Maison Blanche agit comme une sorte de catharsis qui laverait l'Amérique de ses péchés. Le message est également très fort pour le reste du monde. Obama, par ce qu'il représente, envoie un tout autre signe qu'Hillary à l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Asie du Sud-Est…etc.
La seconde, plus profonde, c'est qu'Hillary - peut-être par nécessité - a mené une campagne très réac. Son dernier spot de campagne utilisant en vrac des images de Pearl Harbour et Bin Laden aurait pu être commandé par Karl Rove pour la dernière campagne de George Bush ! Obama est le seul candidat à oser dire que les Américains doivent renouer le dialogue avec le monde, TOUT le monde, et que l'époque de l'arrogance du département d'Etat doit s'achever. Obama est le seul (discours de l'Iowa et du New Hampshire) a affirmer que le terrorisme ne doit pas être instrumentalisé à des fins électorales… etc (la liste est longue).
Enfin, Hillary représente, après l'épisode des Bush, un danger dynastique qui ferait régresser l'Amérique. Il se trouve que c'est une femme. Mais autant je suis un farouche partisan des luttes contre les discriminations en général (donc partisan de la parité en politique) autant son utilisation victimaire me semble injuste, contre-productif, et pour tout dire, idiot.
à Valéry
De Asse42
Posteur Royaliste | 01H05 | 23/04/2008 |
Vous dites je suis pour la parité mais pas comme ça, et dans le même temps vous dites : « je soutiens obama parce qu'il est noir… ». Où est la cohérence dans votre système de pensée. Vous pensez qu'il y a égalité de traitement entre les hommes et les femmes vous ? Non ? Alors l'article a raison de pointer du doigt ce qu'on a vécu pendant la campagne présidentielle.
Et pour tout vous dire je soutiens Obama aussi…
à Asse42
De Valéry
10H27 | 23/04/2008 |
Je dis que la « négritude » d'Obama (le mot mérite à son égard d'être employé avec circonspection) rachète quelque chose de l'histoire récente de l'Amérique. Aux USA, en 1965, les femmes avaient le droit de se déplacer librement, de s'installer à l'avant des bus, d'aller dans les meilleurs universités… Pas les noirs. Si autant de libéraux (au sens américain du termes) hommes et femmes votent pour Obama, c'est pour cette raison.
D'autre part, je précise assez clairement que la raison principale de mon choix est qu'Obama mène une campagne plus à gauche et plus rassembleuse et qu'Hillary mène une campagne populiste en usant de toutes les ficelles des républicains ( l'Eglise, les armes à feu, l'utilisation de la peur…etc)
Par ailleurs, pas plus tard qu'hier Bill Clinton accusait Obama de jouer « la carte raciale ». Avant de plus ou moins démentir ses propos. Depuis le début, l'équipe de campagne d'Hillary tente de faire peur à l'électorat blanc avec ce thème. Et depuis le début, ils martèlent à l'ensemble des super délégués : « il n'a aucune chance, il est noir ».
Quant à la parité, je pense qu'elle gagnerait à être défendue avec des articles intelligents, bien argumentés et correctement informés.
PS : j'ai voté Ségolène aux deux tours sans états d'âme. S'il y avait eu une candidat meilleur, homme ou femme, j'aurai voté pour elle/ lui.
De XavierB
10H20 | 22/04/2008 |
« PS : si vous êtes un homme, je suis sûre que cette chronique vous a énervé ou mis mal à l'aise. J'attends donc vos théories pour expliquer pourquoi il n'y a pas plus de femmes au pouvoir. »
Ben non, ni gêné, ni énervé, c'est grosso modo comme ça que ça se passe, surtout sur les 3 premiers points (le 4e point est clairement indiqué comme non spécifique aux femmes, et sort peut-être un peu du sujet).
Maintenant sorti du constat, il y a peu de chances que ça change, parce que tout est à double tranchant. Typiquement au niveau de la vie familiale, on ne peut nier que beaucoup de femmes s'en servent comme d'un bouclier, ce qui en soit n'est pas gênant, mais pèse aussi sur celles qui ne s'en servent pas. Les hommes quant à eux ne peuvent l'utiliser antant et compensent probablement autrement (Cliché pour cliché en faisant la réunion à 19h et en picolant avec le boss à 20h et s'imposer ainsi peu à peu).
Idem pour le look.
@Gringo Sarkozy est certes moqué, mais surtout depuis qu'il est élu ; )