
Développement personnel : jamais sans mon coach

Une vie sans coach est-elle encore possible ? Vous prenez votre petit déjeuner avec Paolo, Jim ou Karl, coachs minceur qui vous font de l'œil dès le matin sur le paquet de céréales. Votre moitié vous rejoint et vous pensez à nouveau que votre love coach s'est quelque peu égarée le jour où elle vous l'a présentée. Mais le problème plus urgent de la nullité en mathématique de votre progéniture se pose ; vous en parlerez à la coach scolaire tout à l'heure. Caricatural ? D'accord, le « life coaching » n'a pas (encore) envahi vos vies, comme c'est le cas outre-Atlantique. Et au travail ? Loin d'être une mode, comme certains l'affirmaient, le coaching semble s'être durablement installé dans les entreprises. Il y a peu, il était encore réservé au top management ou utilisé comme cadeau d'adieu dans le cadre d'un « outplacement » ; l'adoucissant dans le programme d'essorage, en quelque sorte.
Foin de cette discrétion, le coaching est sorti de l'ombre. En se démocratisant, il s'est diversifié. Prise de poste, affirmation de soi, leadership… A tout problème son coaching. Cette démocratisation s'est accompagnée d'une explosion du nombre de coachs et de tentatives d »autorégulation de la profession.
Celle-ci ne parvient pas toujours à maîtriser la créativité sans borne de ses nouveaux membres, prêts à tout pour grappiller un morceau d'un marché qui, lui, n'est pas illimité (90 millions d'euros pour la France en 2005, selon la SF Coach).
Depuis peu, certaines sociétés proposent ainsi des coaching virtuels et téléphoniques. Fini les périodes où l'on se réfugiait aux toilettes pour appeler son meilleur ami parce qu'on avait envie de trucider son boss à coup d'agrafeuse. L'accompagnement s'est professionnalisé.
Bienvenue à Zup de Coach
Pour les plus pressés, on recommandera un « coaching laser » de dix minutes. Sinon, un entretien téléphonique de 30 minutes soulagera les pires douleurs professionnelles, car « une demi-heure est le temps idéal pour garder la relation à son plus haut niveau d'intensité ».
Si un coaching « de visu » coûte en moyenne 150 à 300 euros par heure pour un particulier, le tarif téléphonique, lui, est plus raisonnable. Le virtuel, consolation du miséreux ? Allons donc, il n'est pas question de coacher à n'importe quel prix, mais « l'absence de frais de déplacement et le gain de temps » permettent de réduire la facture à 50 euros en heures creuses, avant 20 heures.
Si vous n'aimez pas les relations par téléphone, reste la Toile. Il suffit d'installer sur votre ordinateur une « zone d'utilisateur protégée » (ZUP), interface avec votre coach, composée de tableaux de bord, d'exercices, d'espaces de discussion. Grâce à l'équation « Plaisir x Productivité = Profitabilité », vous devriez « atteindre vos objectifs » sans problème : bienvenue à Zup de Coach.
L'« aventure prométhéenne » du développement personnel
Il est bien sûr flatteur d'avoir à disposition un professionnel que l'on peut appeler à tout moment. « Même le WE, pendant votre parcours de golf, votre après-midi piscine ou votre jogging matinal », précise l'offre bien nommée « VIP Miroir » de la société Allo Coaching.
Et puis, à l'heure du « story telling », le coaching, c'est un peu l'histoire dont vous êtes le héros : sur un chemin semé d'embûches, aidé par un Sage, vous parvenez à accomplir votre mission en entreprise. En ce sens, il surfe sur la vague du développement personnel, « aventure prométhéeenne », selon le philosophe Michel Lacroix, grâce à laquelle le salariée, longtemps numéro anonyme dans des organisations bureaucratiques, a le sentiment grisant de pouvoir prendre son destin en main.
Mais attention à ne pas se tromper de coach, pardon, de cause. Certains problèmes sont organisationnels et ne peuvent être portés par un individu, coaché ou non. Ce n'est pas parce qu'un manager nouvellement promu à un poste difficile a droit à un coaching, par exemple, qu'il faut s'attendre à ce qu'il soit opérationnel au bout de deux jours, ou que la direction des ressources humaines doit s'abstenir d'analyser les raisons de la difficulté de ce poste.
Bref, le coaching n'a pas vocation à servir d'« infirmerie sociale », pour reprendre l'expression du sociologue Jean-Pierre Le Goff, prompt à dénoncer les « illusions du management » et ses avatars pseudo-thérapeutiques.
Lorsque des sociétés proposent « un accompagnement dans l'urgence pour une prise de décision rapide » (Allo Coaching), une alerte devrait donc clignoter dans le cerveau des managers surbookés. Pas seulement parce qu'aucune décision ne pourra être prise dans les zones où le téléphone ne capte pas. Est-ce qu'au moment où un collaborateur vient demander une augmentation, son chef répondra : « Excuse-moi, il faut que j'appelle mon coach » ? Doit-on investir dans ce projet ? « Ah, mon coach est sur messagerie, on verra plus tard. »
Il ne s'agit pas de crier au loup et aux petits coachons. Simplement, le coach ne doit pas servir d'assurance tous risques. Ce risque de dépendance -surtout lorsqu'il s'agit d'« easy coaching » par téléphone- devrait pousser tout manager à se demander qui porte le poids de la décision : l'entreprise dans son ensemble ? le manager-fusible ? un conseiller extérieur ? Heureusement pour les accros, gageons qu'il y aura bientôt des coachs pour apprendre à « dé-coacher » tout en douceur.
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De marie 75
16H58 | 22/02/2008 |
l'ancien coach de sarko a une convoc :
Affaire du SMS » : Cécilia Ciganer-Albeniz convoquée par la police
swissinfo
22 février 2008 - 15 : 11
« Affaire du SMS » : Cécilia Ciganer-Albeniz convoquée par la police
Paris - L'ex-épouse du président français, Cécilia Ciganer-Albeniz, sera convoquée par la police dans le cadre de la plainte déposée par Nicolas Sarkozy après un article sur un SMS qu'il lui aurait adressé avant son mariage avec Carla Bruni. La date de l'audition n'a pas encore été fixée.
Le parquet de Paris a demandé aux policiers de convoquer l'ancienne Première dame de France pour lui permettre d'apporter son témoignage sur l'authenticité controversée du SMS, a-t-on indiqué de source judiciaire.
Sarkozy a déposé le 7 février une plainte pour « faux, usage de faux et recel » à l'encontre du site nouvel.obs.com, après que le site eut affirmé que le chef de l'Etat avait envoyé à son ex-épouse Cécilia, huit jours avant son mariage avec Carla Bruni le 2 février, un SMS indiquant : « Si tu reviens, j'annule tout ».
SDA-ATS
Le coaching mène à tout !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 17H31 | 22/02/2008 |
Combien coute l » existence de toutes ces professions parasites débiles qui polluent les tetes et la planete ?
Viens petite fille dans mon coaching trip
Viens faire des bulles, viens faire des WIP !
Des CLIP ! CRAP ! des BANG ! des VLOP ! et des ZIP !
SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !
N'aies pas peur bébé agrippe-toi CHRACK !
Je suis là CRASH ! pour te protéger TCHLACK !
Ferme les yeux CRACK ! embrasse-moi SMACK !
SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !
De riverain désinscrit
18H52 | 22/02/2008 |
ce qui m'inquiète n'est pas seulement le coût financier.
Ce sont plutôt les dérives sectaires, l'emprise morale, la manipulation.
Beaucoup d'entreprises sont confrontées aux sociétés de coaching qui sont des « couvertures » de sectes.
à Numerosix
De spartacus1
10H18 | 23/02/2008 |
Vous parlez de coût ? Mais c'est au contraire de merveilleuses opportunités qui s'ouvrent. Et on n'a pas encore exploré toutes les possibilités : coach de coach, coach de coach de coach, …
Plus sérieusement, si quelqu'un, dans n'importe quelle situation, a besoin d'un coach, c'est quelle n'est pas à la hauteur de la dite situation.
Alors, s'il s'agit d'un dirigeant d'entreprise : viré, avec les indemnités légales, comme tout employé ou ouvrier, sans aucun parachute doré. Bon, c'est gratuit de rêver.
De sabine_andre
17H32 | 22/02/2008 |
très bon article, traité avec bcp d'humour et de finesse…
De skalpa
actif et militant ? | 17H40 | 22/02/2008 |
et si vous avez pas les moyens, il reste toujours la DS et ses programmes d'entraînement cérébral ! ! ! !
http://kprodukt.blogspot.com
De vol19
awash | 18H53 | 22/02/2008 |
Amusant… Du moins vu de loin ! Celà me rassure presque d'avoir disparu de cette sphère dans les années 2000.
L'imposture de l'affaire, c'est d'utiliser effectivement cette « idéologie du soin » qui est contemporaine au « développement personnel » lui plus ancien, de renvoyer davantage les problémes rencontrés sur l'acteur (tendence à psychologiser le social) plutôt que sur le système (fonctionnement de l'entreprise en question et logique du capitalisme financier, rapport sociaux)… ni d'ailleurs d'investiguer (et heureusement ! ) dans la boite noire et donc dans le désir authentique de l'acteur concerné.
Le coach est supposé travailler non pas sur la psyché du coaché, moins sur l'analyse de la tâche ou du problème, mais le dit « rapport du coaché au problème/tâche »… un cadre, un espace de discussion, mais ça dérive vite… et bien sûr, celà créée de la dépendance que le coach a besoin d'entretenir,ça fait des honoraires, et puis pour le coaché, c'est si plaisant de régresser, d'avoir papa ou maman en ligne face au monde cruel de l'entreprise.
Le coaching a été une aubaine à la fin des années 90 pour les formateurs en communication/ management dont le marché d'animation s'effondrait, et pour rentabiliser leurs coûteux « masters PNL » ou d'autres tambouilles d'outre atlantique pour d'autres, mais aussi pour des « schizophrènes » capturés entre la psychanalyse et l'entreprise et leurs besoins alimentaires, ou encore une dernière population… des cadres dirigeants dits de « haut niveau », sans compétences psys ou communicatives particulières mais débarqués un peu trop tôt du monde cruel de l'entreprise et supposés « être du terrain ».
La formation au coaching devint vite un marché, tout le monde coach tout le monde…
Utile parfois, cataplasmes sur des jambes de bois souvent. Disons que celà évite de questionner le non-sens du système économique, la débilité de certains fonctionnements organisationnels, des rapports sociaux très stratifiés et la violence sociale, un individu narcissique en souffrance au travail pour des raisons multiples.
Oui, le petit coach çà permet de tenir, de pas trop se poser de questions, de culpabiliser un petit peu celui qui gémit, çà donne un peu de boulot valorisant narcissiquement à plein de gens (de faire dans la relation d'aaaide), et en plus c'est un marché. C'est totalement dans l'idéologie, du soin, de la centration sur l'individu, et ne remet rien en cause sur le plan collectif, le coaché doit « s'adapter » à un « divin marché », le coach n'en est qu'un messager. Ca ne peut que marcher.
à vol19
De sulletjc
19H36 | 22/02/2008 |
25 dans une grande multinat rien de tel pour être totalement en accord avec vous… !
à vol19
De Unstern
23H41 | 22/02/2008 |
@ vol19
Brillantissime analyse ! Merci, vraiment.
Peut-être pourrait-on ajouter que ce que vous écrivez du coaching pourrait aussi — dans une certaine mesure — s'appliquer aux psychiatres, psychothérapeutes et autres psychanalystes.
à vol19
De déluge
menuisier | 08H32 | 23/02/2008 |
Ne peux mieux dire, bravo.
De A.V.
tamagotchi89 | 23H08 | 22/02/2008 |
Moi, j'ai eu un coach pendant pas mal d'années.
Quelques perles :
Motivating : la vie n'est pas une course, vu que tout le monde se casse la figure à l'arrivée, mais il faut bien démarrer ( ? ).
Relooking : mets un pantalon pattes d'éph à carreaux rouges et un trench coat imitation daim. C'est pas encore la mode, mais quand ça viendra, tu seras dedans ( ! ).
Flirting : les filles aiment qu'on les fasse rire. C'est pas très excitant, mais ça rassure ( ! ! ).
Et enfin… cooking : la cuisine à l'huile d'olive c'est meilleur qu'au beurre, mais c'est pas dans mon budget, alors mange !
Bah, oui, mon coach s'appelait « Maman ». 15 ans de coaching non stop, ça suffit. Pour retaper une fois adulte, et à 300 euros de l'heure, il faudrait vraiment être maso !
De Don Matito
23H11 | 22/02/2008 |
he he, article amusant. Ce que j'aime particulierement ce sont les coachs pour coach, les coachs en coaching, une sorte d'arnaque pyramidale… Enfin, je suppose que certains d'entre eux sont de bons conseils, au milieu de beaucoup de charlatans.
De ROBES_PIERRE
rectificateur | 00H36 | 23/02/2008 |
moi, quand j'étais jeune, j'ai été coaché tous les jeudi quand mes parents m'obligeaient à aller au catéchisme, ils me disaient « c'est pour ton bien » … puis je me suis décoaché tout seul, et depuis ça va beaucoup mieux ….sauf que quand je vois un curé, je me méfie, je les reconnais de loin avec leur air faux cul, je change de trottoir ….
De Amococadix
02H58 | 23/02/2008 |
Je n'ai pas pu lire ce texte jusqu'au bout : ( mon coach lecture avait fini sa journée.
De ChrisDeLambe
09H55 | 23/02/2008 |
Ah… formidable ce retour des directeurs de conscience (faites pas ceci, faite celà). Comme la loi est vérifiée : Rien ne se crée, tout se transforme.
Quand je pense qu'il y a eu des années de combat et des milliers de morts pour s'en débarasser…
De Dany-de-montreuil
09H58 | 23/02/2008 |
Cela prouve bien que plus tu as de fric, plus tu as besoin de quelqu'un pour t'aider à penser (voire penser pour toi), ceci pour les coachs persos.
Pour les entreprises, on sait qu'en France au moins les managers sont nuls en relations humaines, ça ne fait pas partie de leur cursus : on ne leur apprend pas comment faire fonctionner une équipe en valorisant chaque individu en fonction de ses compétences, on leur apprend qu'ils seront chefs, et qu'ils auront forcément raison.
Les coachs sont juste la canne qui permet à ceux qui se font casser de se redresser entre deux cassages… Bravo à vol19 pour ton analyse.
De ROBES_PIERRE
rectificateur | 11H55 | 23/02/2008 |
personnellement j'ai tout un tas de coachs…NS,le député Apparu, Rama Yade, Kouchner, JF Copé, C. Boutin, et d'autres du même accabit….dès que je les entends parler, je me dis que quand même je suis loin d'être aussi stupide qu'eux (surtout Rama Yade à qui on devrait donner une caisse de César de la bêtise)…en plus ça me coûte pas un sou, enfin c'est les contribuables qui payent ….
De cverine
fée en berne | 12H29 | 23/02/2008 |
Un coach pour tous vos soucis ? Pas de problème, il nous suffit de regarder certains progammes télévisés pour nous donner une idée de l'ampleur phénoménale que peut prendre la « déresponsabilité » grandissante de certains de nos con-citoyens ! ! ! En un coup de baguette cathodique, plus de problème de couple, ni d'éducation des enfants, ni de dressage de chiens…. ! Ah merveille du monde moderne !
C'est tellement pathétique que cela en devient écoeurant !
De guerzit
Incomprenant majeur | 10H28 | 25/02/2008 |
Un coach… Cela veux donc dire qu'une seule règle s'applique à laquelle nous devons nous préparer pour être meilleur…
Et bien je dirais : Fuck the norm !
De Chou marin
kiné | 12H10 | 25/02/2008 |
Excellent article, bravo et merci !
Hallucinant les prix ! ça me fait penser qu'avant c'était les psychanalystes qui donnaient le plus souvent leur avis et leurs « sages » conseils sur tout (et rien.) Maintenant c'est les coachs qui fleurissent sur les fleurs fanées du divan, un changement dans l'offre pseudo-scientifique, mais il faut cependant pas se tromper car la demande, elle, reste la même, idem les tarifs ! warf warf !
On lit à l'occasion comme certains (qui donc, à votre avis ? ) s'empressent de dénoncer dans ce truc de coaching des pratiques de « dressage » !
En réalité, c'est leur « niche » économique perdue qu'ils déplorent. Ne pouvant reconnaitre leurs professions trop embourbées dans des querelles internes, et de plus, fermées à la démarche scientifique, ils se résument à crier au loup.
Les chiens aboient, la caravane passe !
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 12H41 | 25/02/2008 |
Bien vu : « l'adoucissant dans le programme d'essorage ».
Dans la tendance plus récente de coaching « positif », je vois une forme de dopage institutionnel, ou plutôt la version « contrôle continu » du MBA : plutôt que de voir s'éloigner un cadre à haut potentiel avec risque de rupture de continuité voire de départ pour d'autres horizons, l'entreprise le tient en laisse à distance raisonnable.
Avec la possibilité d'interrompre le programme à tout moment.
Et si nécessaire, d'embrayer sur le programme d'essorage.
De marie 75
14H55 | 25/02/2008 |
on s'en tape… on péfère le panier de la ménagère…
De marie 75
14H57 | 25/02/2008 |
on préfère .. je tape trop vite ….
Notre pouvoir d'achat… et le panier de la ménagère !
Le coaching à la place du cerveau ?
De robindesfoix
cherche une issue | 21H46 | 25/02/2008 |
moi je vais me couacher il se fait tard …
De Tistrom
12H36 | 27/02/2008 |
Moi je dis bravomadame la journaliste pour votre français parfait ! Juste dans les deux premiers paragraphes : coaching, love coach, outplacement, leadership, top management ! Quand les pseudo élites françaises de l'économie arrêteront de baragouiner dans leur charabia « globlish » pour faire tendance et « je suis super pro moua ! », on aura franchit un grand pas dans ce pays ! Je vous consille une petite visite sur les sites des journaux canadiens francophones… Il y a des termes équivalents en français et, que je sache, les Canadiens ne sont pas plus nuls que nous en économie !
Ah si, un petit regret tout de même : vous auriez pu caser aussi B to B et corporate ! Ca m'a manqué !
De otto didakt
citoyen en colère | 20H15 | 27/02/2008 |
y'a des gogos pour payer… donc des escrocs pour en profiter