Ma première question au gouvernement

Chaque semaine, les questions d'actualité sont l'occasion pour l'opposition d'interpeller le gouvernement sur sa politique.

Cet exercice parlementaire est souvent périlleux pour l'orateur de l'opposition, car ce dernier doit faire face aux interpellations et commentaires bruyants des députés siégeant sur les bancs de la majorité.

Pour ma part, j'ai eu l'occasion de m'essayer à cet exercice le mardi 16 octobre.

Avant de poser une question en séance, la répartition des thèmes et des orateurs se fait au sein du groupe socialiste, quelques heures avant la séance des questions. Les socialistes ont pour habitude de réserver une des premières questions de la législature au benjamin.

J'ai donc déposé une demande et Arnaud Montebourg, en sa qualité de vice-président du groupe, m'a conseillé d'interpeler la Garde des sceaux sur son projet de réforme de la carte judiciaire. J'ai accepté de poser cette question d'autant plus que cette réforme menace plusieurs tribunaux dans mon département. La rédaction d'une question peut parfois se révéler complexe car, pour être audible au milieu de la jungle parlementaire, il faut être court et percutant.

Lorsque le président de la séance m'a donné la parole, j'ai tout de même ressenti une légère appréhension. Malgré celà, j'ai souhaité rectifier une erreur de la ministre de l'Economie et des Finances, qui situait la commune de Romans-sur-Isère dans l'Isère, alors qu'elle se situe dans la Drôme. Après cette mise au point géographique qui n'a pas été du goût du Président, ni des parlementaires de droite, j'ai posé ma question sur la réforme de la carte judiciaire.

La concertation que la Garde des Sceaux a mis en avant cet été pour bâtir sa réforme semble s'estomper au profit d'une vision purement comptable du nombre de tribunaux sur le territoire. Mettant de côté la concertation avec les acteurs du monde judiciaire, la ministre annonce à chaque étape de son tour de France la suppression de tribunaux sans que personne ne connaisse la logique des chiffres avancés. Cette réforme va, une fois de plus, pénaliser les plus modestes, qui devront se déplacer à leurs frais pour accéder à un service public de la justice.

La réponse de la ministre n'a pas dissipé les zones d'ombre de cette réforme et n'a pas offert les garanties suffisantes au maintien d'un service public de qualité et de proximité.

Lorsque l'on est le benjamin, il semble donc plus simple de poser des questions que d'obtenir des réponses.


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pene-r
23H01 30/10/2007

Bonjour,
Mon commentaire n’a pas grand chose à voir avec le fond de votre intervention, mais bon merci de cet éclairage sur le fonctionnement de l’assemblée.

« Lorsque l’on est le benjamin, … »
Si en tant que Benjamin vous arriviez à faire taire les vieux grigous qui vocifèrent sur les bancs dès qu’une remarque est faîte ou qu’un ministre ou un député s’exprime, ce serait un grand bien.
A défaut, lorsque vous serez un député expérimenté ou pourquoi pas président de groupe (je vous le souhaite), souvenez vous de ces moments et influencez vos futurs collègues, pour que cessent ces gamineries de cours d’école (pas de classe les gamineries, un tel irrespect de l’orateur en classe, ça vous fait foutre dehors).

 
christila
14H00 31/10/2007

J’ai vu votre prestation : vous n’avez pas démérité, et j’ai apprécié votre remarque géographique à Christine Lagarde. Mais vous avez beau débattre cela ne change rien puisque vous n’avez pas la majorité. Autour de moi chacun trouve la gauche bien inactive : pourquoi ne pas chercher d’autres moyens ? Réunissez vous avec d’autres partis de gauche, invitez le public, les médias… Faites du bruit et pas seulement à Paris, dans chaque région. Pourquoi ne l’avez vous pas fait pour l’ADN, les franchises comme vous l’avez fait pour la TVA sociale ? Pour réunir la gauche il faut plancher sur la répartition des richesses et le respect des valeurs.

 
christila
14H26 31/10/2007

Je complèterai mon message de 12h00 en vous demandant de rapporter au parti socialiste qu’ayant voté non à la constitution il me semble qu’il y aurait un déni de la démocratie si ce projet de maxi traité ne repassait pas devant le peuple. A lire les commentaires sur rue 89 il me semble que je suis loin d’être seule à formuler cette demande.

 
Crevette2000
14H35 31/10/2007

Allez voir c’est édifiant…

moi qui me disait que la qualité des commentaires à la suite des articles devenait de plus en plus insipide, sans argumentation et parfois bien loin du respect… ben là c’est d’un autre niveau : ils sont bons nos députés!!!

Perso, ça me fait un peu flipper (même si je le découvre pas aujourd’hui) !

Bon courage Mr le Député…
C’est tout à votre honneur d’essayer de relever le niveau…

PS : j’hésitais à rajouter « utopiste blasée » à la suite de mon pseudo… je vais de ce pas faire la modification…