Quand Paris rend hommage à André Zucca, photographe collabo

Rue de Rivoli (André Zucca/BHVP/Roger Viollet).

André Zucca (1897-1973) fut le photographe français accrédité de Signal, journal de propagande nazie créé en 1940 à l'initiative de Goebbels. Signal fut diffusé dans tous les pays occupés par l'armée allemande. André Zucca fut poursuivi après la guerre pour collaboration et atteinte à la sécurité extèrieure de l'Etat. Une exposition,
« Les Parisiens sous l'Occupation », à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, dans le Marais, lui rend hommage.
Qu'y voit-on ? 250 clichés couleurs pris entre 1940 et 1944 de la vie quotidienne dans les principaux quartiers de Paris. Des clichés qui pourraient avoir été pris quelques années auparavant, les jours de congés, si les terrasses des grands cafés, les grands boulevards, les kiosques à musiques n'étaient encombrés par les uniformes des armées allemandes et les palaces de drapeaux à croix gammées.

Parce que le photographe ne peut sûrement pas faire autrement, des Parisiens, un vieux monsieur et une dame âgée portant l'étoile jaune, se retrouvent isolés devant son objectif sur deux photos. Alors que les prises de vues de Zucca sont nettes et sans bavures, une de ces photographies est floue ! Gêne passagère ? Des Parisiennes à une terrasse (André Zucca/BHVP/Roger Viollet).

Il y a plusieurs malaises- et c'est un euphémisme- dans cette exposition.

Qu'André Zucca, photographe « réquisitionné » à 16 000 francs par mois (« une très grosse somme », selon l'historienne Françoise Denoyelle), ait photographié « par omission », c'était son boulot de collabo. Il ne devait montrer que ce que l'occupant voulait que l'on montre.

Il le fait d'autant mieux qu'il a sa disposition exclusive une technique couleur inédite (le film inversible, c'est-à-dire un film négatif, peu sensible, qui se transforme après traitement en image positive, sans possibilité de retour). Parfaite par beau temps, cette technique en rajoute dans l'ensoleillement. Ainsi, sous l'oeil de Zucca, Paris est -presque- une fête. De quoi combler la propagande, la communication, dirai-t-on aujourd'hui, des services de Goebbels qui voulait faire de Paris, dès 1940, une « vitrine de l'Europe nouvelle ».

Il le fait d'autant mieux, d'éviter ce qui fâche (signes de la répression, queues aux magasins, tensions de la guerre, manifestations antisémites) que vient à lui une population, des Deux Magots à la piscine Deligny, de la place de la République aux Champs-Elysées, apparemment insouciante, pas plus anxieuse que ça de côtoyer l'ennemi. Que pensent ces passants ? Sont-ils seulement des figurants ? On le sait, à Paris surtout, pendant les rafles et les massacres, le spectacle a continué.

A Belleville (André Zucca/BHVP/Roger Viollet).

Malaise dans l'exposition, où la morne enfilade de photos donne la vision d'une Occupation tranquille. Elle se ferme par des scènes classiques de la Libération faites aussi par Zucca ; on ne sait jamais… Des cartels de textes à peine informatifs soutiennent les cadres. La décontextualisation est ici encore en marche.

Malaise dans la définition même de cette exposition, où les arguments mis en avant ne sont pas des précisions sur le sens de cette histoire, mais le nombre des « inédits » présentés, la qualité de la « restauration » (mot juste), la « restitution des couleurs avec exactitude » (et les faits ? ) et « la démarche très personnelle d'André Zucca », un « chasseur d'image », « esthète »…

Une série d'exposition de la Ville de Paris aux parfums souvent rances

Dans la conclusion de la préface descriptive du livre-catalogue, l'historien Jean-Pierre Azéma, pourtant pas dupe, écrit :

« André Zucca préféra quitter immédiatement Paris, dès mai 45, pour vivre aux environs de Dreux sous un nom d'emprunt. Il put encore, avant sa mort, classer toutes ses photos-ou presque-que la Bibliothèque de la Ville de Paris eut l'intelligence d'acheter en 1986. Pour notre plaisir ».

On espère comprendre que ce « pour notre plaisir » s'adresse exclusivement à ses confrères historiens devant le matériel, des milliers de clichés, du fonds Zucca.

Malaise enfin dans la photographie de Paris à Paris. Devant l'engouement du public pour la photo rétro. nostalgique, dans le sillage de Doisneau, Izis (réfugié à Limoges en 1941, puis engagé dans les FFI) et Ronis (entré dans la semi-clandestinité en 1941), se succèdent les expositions de la Ville de Paris aux parfums souvent rances, incontrôlées historiquement et artistiquement, aux motifs futiles et à l'iconographie bâclée. A l'instar par exemple de « Paris en couleur » (où Zucca fut déjà présent), qu'on ne peut plus voir depuis quelques jours à l'Hôtel de Ville.

Ça ? C'est Paris ? Aussi.

Les Parisiens sous l'Occupation photographies d'André Zucca - à la bibliothèque historique de la Ville de Paris, 22, rue Jean Malher, Paris IVe - jusqu'au 1er juillet - Rens. : 01-44-59-29-60 - entrée libre - catalogue aux éditions Paris-Bibliothèque-Gallimard (176p., 200 illustrations, 35€).

La Photographie d'actualité et de propagande sous le régime de Vichy, de Françoise Denoyelle - CNRS éditions - 420p., 39€.
Paris sous l'Occupation de Gilles Perrault, commenté par Jean-Pierre Azéma - éd. Belfond - 347p. (épuisé) - Un formidable ouvrage documentaire, aux innombrables photos et textes, référence sur cette période.

Place de la Concorde (André Zucca/BHVP/Roger Viollet).

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Portrait de gmajax

De gmajax

15H06 | 02/04/2008 | Permalien

Quoi ? Qu'est-ce qui vous gène ? Je ne comprends pas où vous voulez en venir avec cet article. Oui, les Français ont collaboré avec l'occupant. Ces photos témoignent de scènes de cette époque, c'est tout. Elles sont intéressantes à ce titre.

Pourquoi les gens n'auraient pas un engouement pour les photos rétro ?

Mais quel est votre problème ?

Portrait de pomme

à gmajax Portrait de gmajax De pomme

15H11 | 02/04/2008 | Permalien

demandez aux déportés !

Portrait de gmajax

à pomme Portrait de pomme De gmajax

15H39 | 02/04/2008 | Permalien

Je ne vois pas le rapport avec cet article et ces photos ! Excusez-moi mais vous mélangez tout. Ces photos montrent une réalité. Elles n'ont pas été faites en studio…

Portrait de NuklearCocroach

à gmajax Portrait de gmajax De NuklearCocroach

17H15 | 02/04/2008 | Permalien

la langue française appelle du révisionnisme,et certains on même été condamnés pour ça…mais c'est comme l'ultra-libéralisme prédateur,certain sont convaincus qu'on finira par trouver ça normal..

Portrait de spin590

à gmajax Portrait de gmajax De spin590

17H38 | 02/04/2008 | Permalien

Il existe de superbes photos prises par de très bons photographes Allemands des « camps de travail ». On peut y voir du personnel entretenant des jardins fleuris au son d'orchestres de violons et accordéons.
Aucun hommage a été rendu à ces messieurs, et les photos sont exposées dans lieux où il est expliqué ce qu'était la propagande, et combien il est important de s'en méfier.
Que ce photographe Français ait été réquisitionné ou volontaire, peu importe. Il serait par contre primordial d'expliquer ce à quoi servaient ces « magnifiques » prises de vue. Quelle tranquilité d'esprit pour les « aveugles volontaires » du moment, et d'aujourd'hui.

Portrait de fatalyst

à spin590 Portrait de spin590 De fatalyst

21H01 | 02/04/2008 | Permalien

Bien vue ; -). Nous n'avons pas à regarder ces photos abjectes d'un homme « réquisitionné » ou non. La propagande reste la propagande. Laissons simplement ces photos dans les livres d'histoire pour ne pas oublier ce qu'ont fait certain pendant la guerre, mais c'est TOUT… ! ! !
A tous ceux (et je vais me faire des ami(e)s) qui pense que ces photos sont belle je leur dit vous ne connaissez RIEN à l'art….
Un ignorant reste un ignorant puisqu'il regarde le doigt quand le sage lui montre la lune (et je reste polie). Derrière ces photos, il y a de la souffrance, des larmes….
Mes deux grand-pére y sont « restés » (dans un camp en Allemagne). Une de mes grand-mère est morte aussi fusillé par les Allemands parce qu'elle passait de la nourriture à la résistance sur Bordeaux.
Mon père, paix à son âme, à été photographe pendant plus de 45 ans à la Mairie de Bordeaux (entre autre)…. Alors SVP éviter de dire que ces photos sont belle car pour certain d'entre nous il y a bien un malaise…
PS : @ l'auteur de l'article. Votre article est d'une grande justesse et d'un respect sans nom ; MERCI ! ! ! !

Portrait de fatalyst

à fatalyst Portrait de fatalyst De fatalyst

00H47 | 03/04/2008 | Permalien

« Mon père, paix à son âme, à été photographe pendant plus de 45 ans à la Mairie de Bordeaux (entre autre) ».
Désolé , j'ai fait une erreur ; c'est 35 ans après vérification. Pour ceux que ça intéresse, son nom : Jean GALLARD (moi c'est Jean-Michel GALLARD ; Michel, en mémoire de mon grand-père que je n'ai pas connu : o(.

Portrait de aquoiboniste

à fatalyst Portrait de fatalyst De aquoiboniste

14H29 | 03/04/2008 | Permalien

Grande question que la définition de l'art…

Je comprends la critique qui est faite à cette expo dont la présentation laisse place à une confusion morbide.

Mais, ce n'est pas une raison pour tomber dans le tout émotionnel, on n'avance pas de cette manière.

Portrait de Lautret

à fatalyst Portrait de fatalyst De Lautret

18H24 | 03/04/2008 | Permalien

Ces photos sont magnifiques, et nous sommes désolés de ce qui est arrivé à votre famille il y a plus de soixante ans. Et Céline est un génie ! Et Drieu et Chardonne de remarquables écrivains ! C'est ainsi.

Portrait de amatxo

à Lautret Portrait de Lautret De amatxo

08H54 | 04/04/2008 | Permalien

Vos affirmations concernant le « génie » de certains écrivains dont Drieu La Rochelle peuvent être acceptables( ? ! )mais ne doivent en rien occulter les actes répréhensibles des hommes : les artistes ont un rôle à jouer comme « guides » du commun des mortels…A la même époque René Char,Camus vivaient dans le maquis au péril de leur vie, mettant ainsi en lien leur vie et leur oeuvre.

Portrait de sup. à la demande du riverain 24.09.09

à gmajax Portrait de gmajax De sup. à la demande du riverain 24.09.09

18H47 | 02/04/2008 | Permalien

Je crois que ce que l'article critique , ce ne sont pas les photos elles-même, qui ont un intérêt historique évident, mais la façon dont elles sont exposées et la décontextualisation, le manque d'explications, un point de vue critique, bref le travail d'un commissaire d'exposition. en effet, ça a l'air grave…

Portrait de amatxo

à sup. à la demande du riverain 24.09.09 Portrait de sup. à la demande du riverain 24.09.09 De amatxo

06H54 | 03/04/2008 | Permalien

Photographies dérangeantes dans la mesure où elles donnent une image « positive » de l'occupation qui faussent le sens de l'Histoire…et en cela prouvent que leur auteur est engagé dans un combat et a choisi son camp.Je serai tentée d'établir un parallèle avec L.F Céline dont il est maintenant de bon ton de louer le talent d'écrivain en « oubliant » les pages odieuses qu'il a écrites contre les juifs.
Amatxo

Portrait de mathieu-s2

à gmajax Portrait de gmajax De mathieu-s2

07H17 | 03/04/2008 | Permalien

Il ne suffit pas que des photos « n'aient pas été faites en studio » pour qu'elles « montrent une réalité ».
L'article est fort intéressant. Il montre comment un « fonds » d'images constitué dans le cadre de la propagande visuelle des nazis peut, en étant décontextualisé remplir à nouveau aujourd'hui la fonction d'occultation de la réalité que les mêmes photos remplissaient dans « Signal ».

On se demande pourquoi les commissaires de l'expo ont ainsi affiché ces représentations biaises, unilatérales et univoques…

Pourquoi ne pas avoir mis ces photos en relation dialectique avec d'autres, montrant d'autres prises de vue de l'époque ?

Portrait de mechante langue

à mathieu-s2 Portrait de mathieu-s2 De mechante langue

09H18 | 03/04/2008 | Permalien

« L'article est fort intéressant. Il montre comment un “fonds” d'images constitué dans le cadre de la propagande visuelle des nazis peut, en étant décontextualisé remplir à nouveau aujourd'hui la fonction d'occultation de la réalité que les mêmes photos remplissaient dans “Signal”. »

Ah bon !
C'est ce que vous ressentez ? Vous etes a ce point fragile . Ces photos vous ont rendu sympatiques l'occupation ?

Portrait de cocobelloeil

à gmajax Portrait de gmajax De cocobelloeil

10H50 | 03/04/2008 | Permalien

Elles n'ont pas été faites en studio, certes, mais c'est tout comme. Le photographe ayant soigneusement choisi le contenu de son cadre (ne pas gêner son commanditaire)ce genre de photos peut être assimilé à des photos d'armes.
A quoi servent les armes ? A quoi servent ces photos ?
Pour ma part je ne suis pas un fan de Wagner, et en plus pour moi, entendre sa musique est toujours associé aux nazis. Ne regarder ces photos que dans le registre esthétique relève (à mon sens) d'un manque de conscience.Il n'y a pas de quoi se vanter

Portrait de Petit_ours

à gmajax Portrait de gmajax De Petit_ours

actuellement étudiant en Argentine | 16H54 | 03/04/2008 | Permalien

Et bien,cher gmajax, il y a bien des choses à reprendre. Vous semblez avancer, ce qui est en soit assez juste, l'argument de la réalité de la collaboration. Soit, mais alors, cela doit être mis en avant. Cette exposition est-elle présentée comme, voilà un photographe qui a pris des documents de propagande pour l'occupant, voilà ce que ça donne, voilà quelle réalité il met en avant, quelle réalité, au contraire, il occulte.
Là, non, il ne me semble pas que cette exposition soit présentée aussi clairement sous cet angle de distance critique. Dès lors, on qualifiera la démarche de, au mieux, maladroite.
A l'heure actuelle, la société à changé par rapport à celle de l'après-guerre. La frange de la population qui a connu cette époque est devenue largement minoritaire. Si on ne fait pas l'effort de se souvenir, on risque de laisser passer les réécritures de l'Histoire au propre comme au figuré.
Le fait que rue89 et nombre de ses lecteurs critiquent la tenue de cette exposition suivant en effet une sorte de mode (je crois que ça tiens du Amélie Poulain, aussi, cette recherche d'un Paris d'antan gentillet, et largement idéalisé.), ne me semble pas devoir faire l'objet de votre colère. Il ne s'agit pas de râler pour emmerder le monde, il s'agit de l'empêcher de tourner en rond.

Portrait de eskimo

à gmajax Portrait de gmajax De eskimo

10H40 | 04/04/2008 | Permalien

ce qui gêne est l'enthousiasme de l'expo, le parti pris de la présentation, pas les photos qui en soi font partie de l'histoire

Portrait de Hodie

De Hodie

15H28 | 02/04/2008 | Permalien

Le « problème », semble-t-il, vient de ce que le profil du photographe manque d'être précis. Sur les sites qui présentent l'expo (www.paris.fr, par exemple), il est ainsi question d'un photographe « réquisitionné » par les forces occupantes. De même il n'est fait mention que de la suppression de sa carte de presse à la libération. En outre, le « problème » paraît tenir à l'absence d'approche critique du travail de ce photographe, l'expo s'en tenant à des considérations d'ordre strictement technique. Pour ce qui est du goût pour le rétro (que faudrait-il en penser), j'avoue que là c'est à chacun de se prononcer. Enfin, il aparaît le mieux serait sans doute de se rendre soi-même à l'expo pour juger sur pièces.
Bien à vous cher riverain(e).

Portrait de vincelle

à Hodie Portrait de Hodie De vincelle

15H47 | 02/04/2008 | Permalien

> « le mieux serait sans doute de se rendre soi-même à l'expo pour juger sur pièces »

les 3 photos présentées suffisent pour avoir une idée sur le talent de cet « artiste “ :

il était aussi bon photographe que Résistant.

Portrait de Les Chats

à vincelle Portrait de vincelle De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 15H57 | 02/04/2008 | Permalien

Même si je n'ai pas vu l'exposition et donc qu'il est difficile de porter un jugement global, d'après les photos que nous propose Rue89, vincelle en 3 phrases a tout dit. Bravo !
Qui n'a pas fait de telles photos avec un bon appareil ?
Et ces photos sont de quelle date exactement au tout début de l'occupation ?
On dirait des photos de touristes qui ne vont surtout pas du côté des bidonvilles.

Portrait de vincelle

à Les Chats Portrait de Les Chats De vincelle

21H03 | 03/04/2008 | Permalien

@Les Chats
Merci !
mais il semble que beaucoup de personnes n'ont pas compris ce que j'ai écrit :

« il était aussi bon photographe que Résistant. »

(je n'ose pas penser le contraire : que ces mêmes personnes qui m'ont noté « naze“ont bien compris le sens de ma phrase - ce qui montrerait qu'en 2008 l'esprit de vichy est encore vivant. Dans ce cas, qu'elles sachent que je les méprise).

Portrait de Les Chats

à gmajax Portrait de gmajax De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H02 | 02/04/2008 | Permalien

Indépendamment de la qualité des photos et de l'exposition, les internautes disent collabo pas collabo ?
France-Inter a parlé de cette exposition mais n'a pas souligné le côté collabo du photographe. J'ai donc cherché et voilà ce que j'ai trouvé :

http://www.uvsq.fr/news/publications/publications03.htm

La photographie d'actualité et de propagande
Françoise Denoyelle, CNRS EDITIONS – 512 pages – 39 €
Françoise Denoyelle, professeur à l'ENS Louis Lumière et enseignant-chercheur au Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines, publie, chez CNRS EDITIONS, La photographie d'actualité et de propagande sous le régime de Vichy.

Le régime de Vichy est parmi tous les gouvernements français celui qui a le plus utilisé la photographie comme vecteur de propagande. Les portraits de Pétain, les reportages sur ses voyages entretiennent le culte du Maréchal. Paradoxalement aucune étude d'envergure n'avait été entreprise sur les conditions de réalisation des images et d'exploitation du médium. Françoise Denoyelle détermine dans quels cadres politique, législatif, économique et commercial la photographie d'actualités et de propagande s'est développée et a évolué de septembre 1939 à la Libération de Paris.
Elle analyse le fonctionnement des mécanismes décisionnels, les moyens techniques mis en œuvre et les obstacles rencontrés par les officines de propagande et par le Service central photographique de Vichy dirigé par Georges Reynal, ardent serviteur de Pétain et résistant opposé à l'occupation des Allemands.

De nouvelles structures gouvernementales et privées diffusent la propagande, mais les agences anciennes comme France Presse Voir, Fulgur, Lapi, SAFRA et Trampus ou nouvellement créées comme ABC, DNP, Fama, Nora et Silvestre fournissent l'essentiel des photographies de presse et de propagande. Seule l'agence Keystone participe à la Résistance.

Les autres prospèrent sans état d'âme, plus soucieuses de rentabilité que d'idéologie.
Alors que l'élite de l'École de Paris a émigré ou se cache, aucun photographe d'envergure n'émerge. Les chantres du régime sont souvent des photographes besogneux.
Le plus brillant, André Zucca, devient le correspondant du magazine nazi Signal.
Françoise Denoyelle montre comment la profession, constituée de boutiquiers, d'artisans et de studios, par le biais de ses instances dirigeantes, participe à la spoliation des photographes juifs, soit 10 % des professionnels parisiens, et s'accorde, à la Libération, un certificat de bonne conduite.

Alors faut-il ? Faut-il pas exposer ? Je crois que c'est bien de voir la vérité en face et même de se poser la question : et si cela se reproduisait ? L'histoire se répèterait-elle dans l'attitude de chacun ? Mais bon c'est un autre sujet, même si je pense que ça doit au moins effleurer notre esprit, car jusqu'ici l'histoire n'a jamais servi de leçon…….hélas !

Portrait de Servais-Jean

à Les Chats Portrait de Les Chats De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 02H47 | 03/04/2008 | Permalien

Les Chats

Ouf, un peu d'air pur. Merci.

Portrait de compte supprimé 34

à gmajax Portrait de gmajax De compte supprimé 34

05H13 | 03/04/2008 | Permalien

Ah, la belle époque ! L'ordre régnait, l'air de Paris n'était pas pollué, le vélib » (avant l'heure) triomphait. Les responsables des malheurs de ce monde étaient estampillés (en jaune, avant d'être convoyés). A l'affiche de nos belles salles de cinéma, rien que des coproductions européennes de qualité ou des expositions éducatives (au Berlitz). Hollywood et son ignoble propagande, Raus ! Le petit commerce florissait. Sur ses étals, pas d'OGM. La société de consommation, la malbouffe ? Pas question ! Rien que du bio équitablement réparti avec des timbres d'alimentation. Ce monde merveilleux ne devait hélas pas survivre à l'horrible invasion étasunienne quelques années plus tard…

Portrait de FabiendeMénilmontant

à gmajax Portrait de gmajax De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 12H57 | 03/04/2008 | Permalien

Entièrement d'accord avec gmajax.

Le devoir de mémoire doit se faire dans tous les sens. la sobriété affichée ici :
http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut ? page_id=102&document_type…
par la Ville de Paris donne juste des détails techniques.

A chacun de se faire son idée par rapport à tel ou tel quartier et à l'histoire de la capitale.

Auriez-vous été choqués par la diffusion de « Ils ont filmé la Guerre en couleurs » ?

Avez-vous, la semaine dernière, craché sur ce documentaire de France Télévisions :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/03/la-guerre-de-40.html
qui montrait une France métissée (surtout noire) filmé par la propagande allemande ?

Nous devons nous forger notre propre idée !

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de Tophee

De Tophee

en haut a gauche | 15H10 | 02/04/2008 | Permalien

Que l'on montre ces photos n'est surement pas une mauvaise chose en soit. Il faut. comme toujours, bien les replacer dans leur contexte. Il n'est pas inutile de rapeler que de nombreux francais, du photographe au simple passant, on ete des colabos. D'autre, on bien ete oblige de continuer a vivre.

Donc montrer les photos oui, rendre un homage a Zucca, NON !

Je suis aussi surpris d'aprendre que ce personnage a reussit a monayer en 1986 le fruit de sa collaboration. (et non, cela ne me fais pas plaisir ! )

Enfin, pour chercher la petite bete : Le film inversible, il serait pas plus simple d'expliquer qu'il est connu de tous sous l'appelation « diapositive » ?

Portrait de vincelle

à Tophee Portrait de Tophee De vincelle

15H37 | 02/04/2008 | Permalien

>« Enfin, pour chercher la petite bete : Le film inversible, il serait pas plus simple d'expliquer qu'il est connu de tous sous l'appelation “diapositive” ? »

ça fait plus mieux !

et encore : les pros des pros disent « ekta » …

bon, y'en a qui disent bien « frigidaire » pour réfrigérateur (frigo pour le pékin lambda) . Mais le top du top : « armoire de réfrigération utilisant généralement une pompe à chaleur permettant le refroidissement du contenu par transfert de la chaleur ».

Portrait de jojo1er

à vincelle Portrait de vincelle De jojo1er

16H26 | 02/04/2008 | Permalien

Pas sûr que ce soient des ektas qui étaient utilisés à l'époque…bonne question…ektachrome ou kodachrome ou autre ?

L'apellation la plus juste reste bien film inversible, la diapositive étant le petit cadre de carton ou plastique avec le film traité.

Le photographe utilise donc bien un film inversible et le projectionniste une diapositive.

Jojo1er, vous n'avez pas l'impression que l'on chipote un petit peu là ?

Portrait de compte supprimé 24

à jojo1er Portrait de jojo1er De compte supprimé 24

| 19H15 | 02/04/2008 | Permalien

Ni Ekta, ni Kodachrome dans les années 40. Tout au plus en Europe les films inversibles d'Agfa Gevaert, attribués au compte-goutte par les autorités nazies aux photographes officiels. C'était vraiment un privilège que de pouvoir les utiliser. Mais je ne sais peut-être pas tout…

Portrait de jojo1er

à compte supprimé 24 Portrait de compte supprimé 24 De jojo1er

11H25 | 03/04/2008 | Permalien

Donc il semblerait bien qu'il s'agisse de l'Agfacolor apparu en 1932 ou sa version avec coupleurs (Agfacolor Neue à l'époque, appellation changée ensuite pour Agfachrome) apparu lui en 1936 (la fusion avec Gevaert ne date pas des années 60 ? ).

Agfa ayant beaucoup utilisé la main d'œuvre déportée (Dachau) pendant cette période sombre il ne serait en effet pas étonnant que les autorités nazies en ait distribué à leurs photographes officiels ou accrédités.

Par contre en 1940 le Kodachrome était déjà distribué aux US (le 35mm au catalogue en 1936 si mes souvenirs sont bons, soit un an après le 16mm), l'Ekta n'apparaissant que plus tard (1940 en plans films et 1942 en bobines). Pour le trouver en Europe ce devait être plus dur surtout pour le Reich ou leurs photographes.

Jojo1er, moi c'est pire je ne sais pas grand chose.

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