Loin des fantaisies arlésiennes, le souffle de Dieter Appelt

La tache que laisse le souffle n°2, 3 et 4 (Dieter Appelt).Vingt-cinq ans après avoir été invité par l'écrivain Michel Tournier, co-fondateur des Rencontres d'Arles, Dieter Appelt revient dans la cité provençale et s'installe au musée Réattu.

Dans ce lieu défiant le Rhône et d'où ce dernier, au passage, se transforme en large fleuve africain, les » ramifications » de l'artiste allemand, né en 1935, ne pouvaient trouver de meilleur havre.

L'exposition est certes austère, elle nous change des nombreuses fantaisies arlésiennes, nous en repose, et nous ramène à l'essentiel du temps photographique.

Nous avons vu, il y a plusieurs années, Appelt, propre sujet de sa création, se couvrir de terre, de cendre ou de vase, comme un rappel de l'origine de l'homme, puis en position fœtale sur des rochers.

Sa main et son visage, surfaces prolifiques d'évènements quotidiens (circulation du sang, incursion du temps), sont deux objets particulièrement explorés et exposés. Les poses peuvent varier de la fraction de seconde à plusieurs heures.

Les tableaux photographiques, en triptyques, ou plus, grandes juxtapositions d'images, sont issus de travaux enjambant les années. Avec » La Peur d'être né et de devoir mourir » , Dieter Appelt n'a pas de calendrier. Justement, cette angoisse semble fléchir avec cette exposition.

D'autres pièces, sculptures, dessins, estompent le caractère de la question, ressort désespéré de l'œuvre. Une objectivité ( » La Lentille dorée » ) se fait jour. Pour le coup, l'échange est plus présent, une proximité s'installe plus vite entre les compositions et les spectateurs, pour se terminer en méditation plus tranquille.

Regardons maintenant trois tableaux – sur les douze, réalisés de 1977 à 2007– de » La Tache que laisse le souffle sur le miroir » . Cet autoportrait en série correspond à la définition de la photographie par Dieter Appelt, déterminante de sa vision : » L'instantané dérobe une vie qu'il ne peut restituer, la pose exprime une vie qu'elle ne peut jamais obtenir. »

Ramifications, exposition de Dieter Appelt - Au musée Réattu, 10, rue du Grand-Prieuré - Tlj. de 10h à 19h jusqu'au 15 septembre - 3€/4€ - Visite gratuite commentée les 11, 18 et 25 juillet à 16h - plan.


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3 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de pikasso02

De pikasso02

20H57 | 10/07/2007 | Permalien

En voyant ces photographies, difficile de ne pas penser à Vincent Van Gogh et Paul Gauguin face à face et dialoguant. Ils n'étaient pas d'accord. Peut-être ce voile, ce brouillard, cette brouille entre eux deux ? Pour nous, tout baigne ! De plus en plus de galeries et de magazines. Pourquoi se plaindre !

Portrait de pikasso02

De pikasso02

21H21 | 10/07/2007 | Permalien

Mais où sont les critiques ?

Portrait de pikasso02

De pikasso02

21H27 | 10/07/2007 | Permalien

Excusez-moi ! Les critiques d'art ne peuvent plus exister, puisqu'il n'y a plus de critères ! « Tout le monde il est beau ! Tout le monde il est gentil ! »

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